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25/01/2018

L'Hypercapitalisme mondial...

Les éditions Odile jacob viennent de publier un essai d'Alain Cotta intitulé L'Hypercapitalisme mondial. Professeur d’économie à Paris-Dauphine, Alain Cotta est l'auteur de nombreux essais comme Le capitalisme dans tous ses états (Fayard, 1991), Le règne des oligarchies (Fayard, 2011) ou La domestication de l'humain (Fayard, 2015).

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" L’hypercapitalisme progresse.

Dans ce livre, Alain Cotta nous explique comment et à quel prix : corruption, inégalités croissantes et émergence d’une superoligarchie appuyée sur les classes moyennes...

« Le triomphe du capitalisme d’entreprise va‐t‐il s’affirmer encore, comme le croient les fanatiques de la mondialisation, au point que le capitalisme d’État disparaisse, que les nations se dissolvent et que la paix universelle réunisse toute l’humanité ? Ou, au contraire, la scission actuelle des deux capitalismes ira‐t‐elle en s’approfondissant jusqu’à provoquer une guerre mondiale entre des pouvoirs inconciliables ? Guerre ou paix ? À moins qu’une autre voie, moins binaire, une lente fusion, redonne à ce système économique et social une identité homogène ? » A. C.

Une réflexion magistrale sur une nouvelle féodalité. "

La recomposition du paysage politique en marche...

Nous reproduisons ci-dessous entretien avec Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire, dans lequel il évoque la recomposition du paysage politique français provoquée par l'élection d'Emmanuel Macron... Philosophe et essayiste, Alain de Benoist a récemment publié Le moment populiste (Pierre-Guillaume de Roux, 2017), Ce que penser veut dire (Rocher, 2017) et L'écriture runique et les origines de l'écriture (Yoran, 2017).

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Alain de Benoist : « L’élection d’Emmanuel Macron a été un véritable fait historique, parce qu’elle a entraîné une recomposition générale du paysage politique »

Depuis quelque temps, vous vous faites un peu rare sur Boulevard Voltaire. L’actualité politique ne vous inspire plus ?

La politique n’a jamais été mon principal centre d’intérêt, et je la trouve en général extrêmement ennuyeuse. Je n’aime pas, non plus, répéter ce que d’autres ont déjà dit : faire du commentaire de commentaire, toujours à propos de péripéties qui, dans trois mois, auront été complètement oubliées, je trouve que c’est une perte de temps. Beaucoup de gens sont des réactifs, qui ne perdent pas une occasion de manifester leurs obsessions. À la réactivité, je préfère la réflexivité. En politique, les seuls événements dignes d’intérêt sont ceux qui ont une certaine portée et qui nous disent quelque chose de l’avenir.

Alors, quelles sont aujourd’hui les tendances lourdes ?

L’élection d’Emmanuel Macron a été un véritable fait historique, parce qu’en mettant fin au clivage droite/gauche tel que nous le connaissions, elle a entraîné une recomposition générale du paysage politique comme on n’en avait pas connu en France depuis cinquante ans. Cette recomposition n’en est, aujourd’hui, qu’à ses débuts. Toute la question est de savoir si Macron, qui n’a pas fait de faute majeure jusqu’à présent, pourra imposer durablement son bloc contre-populiste et libéral-libertaire ou si, à la faveur de quelque événement imprévu, son projet va capoter. Pour l’heure, plus il se tourne vers les centristes, et plus il dégage à gauche un espace que Mélenchon n’a pas encore préempté. Laurent Wauquiez, dans le même temps, n’a de chance de tirer son épingle du jeu qu’en s’employant à rendre irréversible la coupure entre les conservateurs et les libéraux.

Une autre tendance lourde, à laquelle on n’attache pas assez d’importance, c’est la décomposition progressive des classes moyennes, qui se retrouvent aujourd’hui de plus en plus menacées de déclassement. Les bénéficiaires de la mondialisation ont, jusqu’ici, bénéficié du soutien de deux secteurs protégés : les fonctionnaires et les retraités. Or, les fonctionnaires sont en passe de perdre leurs « privilèges » et les retraités, qui ont largement voté pour Macron, sont les principaux perdants des dernières réformes fiscales. Les puissants savent très bien que nous ne sommes plus à l’époque des Trente Glorieuses qui avaient vu enfler les classes moyennes parce que tout le monde finissait par bénéficier peu ou prou des profits accumulés au sommet de la pyramide. Aujourd’hui, la pyramide a cédé la place au sablier : les profits ne redescendent plus jusqu’à la base, les pauvres sont de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux, et les plus riches cherchent à rafler la totalité du gâteau parce qu’ils voient bien que sa taille ne cesse de diminuer.

Le « capital culturel », disait Bourdieu, joue autant que le « capital économique ». Une grande partie de la moyenne bourgeoisie se sentait, jusqu’ici, en état d’insécurité culturelle, mais non d’insécurité sociale : en clair, elle déplorait l’immigration, mais ne craignait pas pour son pouvoir d’achat, son patrimoine ou son statut social. C’est elle qui a voté pour Fillon, alors que les classes populaires l’ont boudé. Le Front national, au contraire, a surtout recueilli le vote des classes populaires de la France périphérique, c’est-à-dire de ceux qui se sentent à la fois en situation d’exclusion sociale et d’exclusion culturelle : non seulement ils sont frappés par le chômage, mais ce sont eux qui subissent de plein fouet les conséquences de l’immigration. La tendance actuelle devrait logiquement faire basculer une grande partie de la classe moyenne vers les classes populaires. Exclusion sociale et exclusion culturelle vont donc s’ajouter l’une à l’autre dans des proportions croissantes, ce qui va faire s’évaporer une partie de la majorité actuelle. Peut-être est-ce ainsi que l’alliance des conservateurs et des populistes pourra se réaliser.

Quelques questions plus anecdotiques, quand même. L’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ?

Comme Philippe de Villiers, je me félicite de l’abandon de ce projet aussi destructeur qu’insensé. Et permettez-moi d’ajouter, pour être franc, que j’ai beaucoup plus de sympathie pour les « crasseux » zadistes que pour le très convenable PDG du groupe Lactalis !

L’offensive contre les crèches municipales ?

Nous en avions déjà parlé l’an dernier. Tout le monde sait qu’il y a deux sortes de laïcité : celle qui réside dans la simple séparation de l’Église et de l’État : l’État reconnaît tous les cultes, mais ne s’identifie à aucun, formule qui jusqu’à une date récente satisfaisait tout le monde. Et puis, il y a le fanatisme laïciste qui prétend privatiser intégralement la foi en interdisant le moindre signe religieux dans le secteur public, ce qui est à la fois impossible et absurde. La grotesque offensive contre la tradition à la fois religieuse et culturelle 1 des crèches municipales relève évidemment de la seconde catégorie. Il en va de même de la croix de Ploërmel – même si, à titre personnel, je la trouve absolument hideuse tant elle écrase par sa disproportion la statue placée en dessous d’elle !

Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 19 janvier 2018)

24/01/2018

L'imposture du Vivre-ensemble de A à Z...

Les éditions du Toucan viennent de publier, dans leur collection l'Artilleur, un essai Paul-François Paoli intitulé L'imposture du Vivre-ensemble de A à Z. Journaliste et chroniqueur au Figaro, Paul-François Paoli est l'auteur de plusieurs essais comme La tyrannie de la faiblesse (Bourin, 2010),  Pour en finir avec l'idéologie antiraciste (Bourin, 2012) ou Malaise de l'occident (Pierre-Guillaume de Roux, 2014) et Quand la gauche agonise - La République des bons sentiments (Rocher, 2016).

 

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" L’ambition de cet ouvrage est de présenter un panorama de la vie intellectuelle française et du combat des idées, à travers un nombre non exhaustif de termes et de noms propres couramment utilisés par les hommes politiques, les journalistes et les citoyens. En explicitant leurs véritables cohérences, il s’agit de montrer que ces concepts ou ces penseurs ne sont pas exactement ce que l’on veut qu’ils soient et que, loin de servir cette fameuse idéologie du « vivre ensemble », ils peuvent tout aussi bien en montrer l’imposture.

Ce livre veut faire le lien entre des mots et des notions surutilisés, qui n’ont de « valeurs » que le nom.  Comment en effet une société où l’idée de Vérité a disparu du champ philoso­phique et politique pourrait-elle absolutiser des valeurs, fussent-elles républicaines ? Et comment donner de la consistance à ce « vivre ensemble » si ces valeurs sont un mythe qui fonctionne comme un totalitarisme, prêt à exclure du champ de la normalité tous ceux, vivants ou morts qui n’y adhéraient ou n’y adhèrent pas.

Tel est le paradoxe général que fait apparaître ce livre, unique en son genre. "

Natalité en baisse et Grand Remplacement en marche ?...

Vous pouvez découvrir ci-dessous L'Hebdo politique de TV Libertés, présenté par Élise Blaise, qui, le 20 janvier 2018, recevait Jean-Paul Gourevitch, pour évoquer les derniers chiffres de la natalité française... Essayiste, spécialiste de l'Afrique et des migrations, Jean-Paul Gourévitch est l'auteur de plusieurs essais marquants comme La France africaine (Le pré aux clercs, 2000), L'économie informelle (Le pré aux clercs, 2002), qui ont valu à leur auteur d'être ostracisé. Il a également publié récemment Les migrations pour les nuls (First, 2014) et L'islamo-business vivier du terrorisme (Pierre-Guillaume de Roux, 2016).   

 

                                   

23/01/2018

Madame Céline...

Les éditions Tallandier viennent de publier un essai biographie de David Alliot intitulé Madame Céline. Spécialiste de l’œuvre de Céline, David Alliot est l'auteur de plusieurs livres ou recueils consacrés à cet auteur, comme D'un Céline l'autre (Robert Laffont, 2011), Mots, propos et aphorismes de Louis-Ferdinand Céline (Horay, 2016) ou Le Paris de Céline (Alexandrine, 2017).

 

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" « Tu es un petit ange de génie et de fidélité. » Ainsi Céline parlait-il de sa femme, Lucette Almanzor, connue sous le nom de Madame Céline.
De leur rencontre en 1936 dans un studio de danse jusqu’à la mort de l’auteur de Voyage au bout de la nuit en 1961, la danseuse et l’écrivain ne se sont jamais quittés. Toute en grâce et en légèreté, elle a vingt ans de moins que lui. Célèbre, il l’aide pour sa carrière. Elle est dépensière, il est radin, elle est charmante, il est bourru, elle est élégante, il est mal habillé. En 1943, ils se marient, pour le meilleur parfois, comme pour le pire souvent. L’Occupation à Montmartre, la fuite à Sigmaringen, l’exil au Danemark, elle a tout supporté par amour et fidélité. Quand le couple rentre en France après six années d’exil, avec le chat Bébert, il s’installe dans un pavillon à Meudon où il ouvre un cabinet médical, tandis qu’elle donne des cours de danse.
Grâce à des archives inédites et des témoignages surprenants, David Alliot, spécialiste de Céline, perce le mystère de cette étrange alchimie qui unit ce couple pas tout à fait comme les autres. Gardienne de sa mémoire, elle veillera à la postérité de l’oeuvre de son mari.
Jusqu’à son dernier souffle, Madame Céline recevra chez elle le tout Paris des lettres, admiratif et nostalgique, qui l’écoute raconter ses incroyables souvenirs. Pour la première fois, l’extraordinaire destinée de cette femme aussi discrète que mystérieuse nous est dévoilée."

Criminalité : quand la justice triche en silence...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli sur Atlantico et consacré à la "correctionnalisation",  pratique des magistrats qui permet d'envoyer des auteurs de crimes, passibles de la Cour d'assise, devant le tribunal correctionnel normalement réservé aux auteurs de délits...

 Criminologue et auteurs de nombreux essais, Xavier Raufer a publié ces dernières années Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014) et a également coordonné l'ouvrage collectif intitulé La première cyber-guerre mondiale ? (Eska, 2015).

 

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Criminalité : quand la justice triche en silence

Devant le banditisme, la justice de notre pays a une tendance à "correctionnaliser". Une pratique hautement contre-productive.

D'abord, brève explication pour les profanes. Le vol à main armée, ou "braquage", n'est pas un crime anodin. Bien plutôt, le "braquage" est au centre de la vie des bandits, ce que savent policiers, magistrats et criminologues : besoin de s'affirmer, de montrer qu'on est un "homme", un vrai ;  et de pratiquer l'"accumulation primitive du capital" criminel. Exemple, il faut de l'argent frais pour acheter de la drogue - les narcos ne font pas crédit. Or comment obtenir du cash pour amorcer la pompe du trafic ?

Par le braquage, bien sûr.

Ainsi, le Code pénal réprime durement ce crime : "311-8 - Le vol est puni de vingt ans de réclusion criminelle et de 150 000 euros d'amende lorsqu'il est commis... avec usage ou menace d'une arme". D'autant que les hybrides islamistes, Merah, Coulibaly & co. sont d'ex-voyous passés par la case braquage.

Or au quotidien et en silence, la Chancellerie regardant ailleurs, les vols à main armée sont, dit-on en langage judiciaire, "correctionnalisés", dévalués de la catégorie "crime-Cour d'assises" à celle de "délit-tribunal correctionnel", au point qu'il est rare qu'un braquage soit jugé comme il se doit, par une cour d'assises.

Cette pratique scandaleuse est connue : le 24 avril 2013, l'Assemblée nationale publie un "Rapport d'information de la Commission des Lois" où on lit ceci : "Les statistiques judiciaires en matière de crime peuvent être faussées par la correctionnalisation de certaines affaires, pratique consistant à modifier la qualification d'une infraction, de sorte qu'elle ne soit pas jugée par une Cour d'assises mais par un tribunal correctionnel... les vols avec armes sont ainsi fréquemment minorés par cette procédure"

Avant d'établir cette entourloupe judiciaire, montrons combien escamoter les braquages est contre-productif. Après une vague de vols avec arme en 2011-2012, le procureur du Vaucluse renvoie par principe les braqueurs aux assises, où ils écopent souvent de peines de réclusion (dix ans et plus). Résultat, en 2016 (sur 2015) les braquages s'effondrent : - 23,6%

A l'inverse, les peines vénielles (deux ans de prison par exemple) infligées en correctionnelle aux braqueurs, deviennent d'usage des mesures-bidon, bracelet électronique ou semi-liberté. De cela, une preuve - parmi tant d'autres : Bayeux, braquage à l'arme de poing d'un tabac par un bandit (six mentions au casier judiciaire). Escamotage-correctionnel en octobre 2017 : le braqueur risquait 20 ans de prison aux assises ? Il prend 2 ans dont un avec sursis. Tel est au quotidien le laxisme d'une justice qui, elle aussi, tend à "perdre ses repères".

Maintenant, revue de détail de récentes horreurs judiciaires.

- Cambrai. Omar B (12 mentions au casier judiciaire), Rabat H. (30 mentions), Sidi-Mohamed L. (10 mentions) et leurs complices du même acabit, sont jugés pour 8 braquages à domicile ou de véhicules, vols avec armes - avant un autre procès pour 12 autres crimes. Correctionnelle - quand c'est clairement du crime organisé avec "répartition des rôles", partage du butin, etc.

- Supermarché à Brioude, braquage par 3 hommes armés et cagoulés. La "bande très organisée multiplie les braquages dans l'hexagone". Casiers judiciaires fournis, victimes lynchées et menacées de mort par armes à feu. Correctionnelle. Sauvant l'honneur des magistrats et avouant un gros secret, le procureur gémit qu'"il ne faut pas non plus alléger la peine simplement parce que la Cour d'assises est débordée".

- Haute Loire, Beauzac, tabac braqué par 2 héroïnomanes cagoulés munis d'armes à feu. Bande armée, préméditation... Correctionnelle pour "vol avec violences".

- Nord , braquage d'une boulangerie par un récidiviste, casier judiciaire fourni, armé d'un coutelas de 20 cm, victimes épouvantées : correctionnelle.

- Nord encore, 3 héroïnomanes cagoulés et armés braquent trois friteries et violentent leurs victimes. Correctionnelle - et gros mensonge du président du tribunal de Béthune : "En principe, c'est la Cour d'assises quand on monte au braquage". Ah bon ? Voir plus haut.

- Marly, un braqueur de 23 ans avec un coutelas de 30 cm. menace de mort sa victime "je vais te planter". Arrêté, il casse le pouce d'un policier. Jugé en correctionnelle, le fauve (deux fois condamné pour violences) entend le procureur mentir derechef "ces faits sont d'usages jugés aux assises". Tel est le fonctionnement de la justice post-Taubira. 

Effrayant ? Voici pire encore. Septembre 2017, Marwan (10 mentions au casier judiciaire) et un complice, braquent un supermarché à Orléans. Jugé en correctionnelle, il prend 4 ans de prison, deux avec sursis et ressort libre du tribunal. 

NB : "Décodeurs", "Décryptage" : les sources de cet article sont à votre aimable disposition.


Xavier Raufer (Atlantico, 16 janvier 2018)