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Economie

  • Comment une décennie de crise financière a changé le monde...

    Les éditions Les Belles Lettres viennent de publier un essai d'Adam Tooze intitulé Crashed - Comment une décennie de crise financière a changé le monde. Professeur d’histoire à l’université de Columbia, où il dirige l’Institut européen, Adam Tooze est notamment l'auteur d'un brillant essai sur l'économie de l'Allemagne national-socialiste, Le salaire de la destruction (Les Belles lettres, 2012).

     

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    " Nous vivons dans un monde où les soubresauts de l’économie font les gros titres : de l’assouplissement des réglementations bancaires aux États-Unis à l’établissement de tarifs douaniers susceptibles de déclencher des guerres commerciales internationales. Les racines de cette situation sont profondes. Dans Crashed, l’historien Adam Tooze montre que les bouleversements d’aujourd’hui ont une origine commune dans la crise économique de 2008 et ses répercussions.

    Si la crise financière a d’abord été présentée comme une péripétie locale, ce qui s’est passé à Wall Street à partir de 2008 a en réalité bouleversé toutes les régions du globe : des marchés financiers occidentaux aux usines et chantiers en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique latine. La crise a déstabilisé l’Ukraine, semé le chaos en Grèce, suscité la question du Brexit et préparé le terrain à Trump. C’est la crise la plus grave endurée par les sociétés occidentales depuis la fin de la Guerre froide.

    Reconstituant l’histoire, l’auteur analyse en détail les décisions et le positionnement des acteurs qui ont dominé l’actualité économique, politique et internationale de ces dix dernières années. Il le fait au prisme de multiples thématiques originales : itinéraires du développement économique et de la dette à la surface du globe ; inégalités politiques issues de l’interdépendance financière des pays ; effets de la crise sur l’ascension spectaculaire des réseaux sociaux et le malaise des classes moyennes. "

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  • Comment l'hyperpuissance d'une élite financière met États et citoyens à genoux...

    Les éditions Réorganisation du monde viennent de publier un essai de Liliane Held-Khawam intitulé Dépossession. Suisse d'origine libanaise, économiste de formation, Liliane Held-Khawam fait partie du groupe des Econoclastes, aux côtés de Philippe Béchade, de Jacques Sapir, d'Olivier Delamarche, de Pierre Conesa ou encore d'Olivier Berruyer.

     

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    " Le marché global de la dette représente aujourd'hui 230 000 milliards de dollars. Autrement dit, le triple du PIB mondial. À côté de cette dette inconcevable, plus d'un quadrillion de produits dérivés, véritable arme de destruction massive du système financier global, alimentent les circuits de la haute finance internationale. Plus personne ne peut rembourser une telle dette. Plus personne ne contrôle l'émission d'argent scriptural par les institutions financières privées. Les Etats et le secteur public sont dépassés. En clair: ils n'existent plus, sinon lorsqu'il s'agit d'éponger les opérations aventureuses du « casino » planétaire. Illustrant par de nombreux exemples ce constat apocalyptique, DÉPOSSESSION nous plonge dans les mécanismes et les manœuvres de la puissance techno-financière globale. Cette enquête d'une précision inédite nous montre que la dématérialisation, l'abolition des frontières et la démission des institutions politiques ne sont que les multiples noms de l'esclavage de demain. Un ouvrage de choc et d'éveil à lire et à méditer avant qu'il ne soit trop tard. "

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  • Quand l'économie devient religion...

    Les éditions Grasset viennent de publier un essai de Stéphane Foucart intitulé Des Marchés et des Dieux - Comment l'économie devint religion. Journaliste, spécialiste des questions de sciences et d’environnement, Stéphane Foucart est l'auteur de La Fabrique du mensonge. Comment les industriels manipulent la science et nous mettent en danger (Denoël, 2013).

     

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    " 2007-2008  : la crise des subprimes plonge le monde dans la stupeur. Personne, ou presque, ne l’a vue venir, et surtout pas les économistes mainstream. L’économie n'était-elle pas censée être une science infaillible ?
    Peut-être est-ce tout le contraire. Dans l’Occident post-religieux, le discours économique semble avoir pris la place du sacré. Ce culte a pour principe divin le Marché, incarné par une multitude de Marchés dont l’appétit n’est apaisé que par la croissance. Il a pour valeur cardinale la liberté d’entreprendre, pour idéal l’équilibre et pour credo l’infinitude du monde, condition à la satisfaction des dieux. Il a ses temples, ces grandes bâtisses d’allure gréco-romaine où valsent les indices, reflets des humeurs divines changeantes  . Il a ses rites de consommation ; il a son clergé, la finance, et ses archiprêtres, les grands banquiers centraux, seuls capables d’apaiser la colère des dieux.
    Progressivement, depuis le XVIIIe siècle, l’économie a acquis l’autorité dont était investie la religion. Elle ne s’attaque plus à l’astronomie et à la biologie, comme le christianisme avant elle, mais s’en prend à l’écologie et à toutes les sciences qui fixent des limites au Marché. Le nouveau Jupiter, c’est lui.
    Une fascinante enquête historico-économique à la recherche des ressorts profonds du système économique qui nous régit. "

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  • la France sera le premier pays touché par les sanctions américaines contre l'Iran...

    Invité du journal télévisé de RT France, Hervé Juvin est revenu sur les conséquences pour la France d'éventuelles sanctions élargies des Etats-Unis à l'encontre de l'Iran, notamment sur le plan économique. Économiste de formation, Hervé Juvin a publié des essais essentiels tels que Le renversement du monde (Gallimard, 2010), La grande séparation - Pour une écologie des civilisations (Gallimard, 2013), Le Mur de l'Ouest n'est pas tombé (Pierre-Guillaume de roux, 2015), Le gouvernement du désir (Gallimard, 2016)ou dernièrement France, le moment politique (Rocher, 2018).

     

                                     

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  • L'Hypercapitalisme mondial...

    Les éditions Odile jacob viennent de publier un essai d'Alain Cotta intitulé L'Hypercapitalisme mondial. Professeur d’économie à Paris-Dauphine, Alain Cotta est l'auteur de nombreux essais comme Le capitalisme dans tous ses états (Fayard, 1991), Le règne des oligarchies (Fayard, 2011) ou La domestication de l'humain (Fayard, 2015).

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    " L’hypercapitalisme progresse.

    Dans ce livre, Alain Cotta nous explique comment et à quel prix : corruption, inégalités croissantes et émergence d’une superoligarchie appuyée sur les classes moyennes...

    « Le triomphe du capitalisme d’entreprise va‐t‐il s’affirmer encore, comme le croient les fanatiques de la mondialisation, au point que le capitalisme d’État disparaisse, que les nations se dissolvent et que la paix universelle réunisse toute l’humanité ? Ou, au contraire, la scission actuelle des deux capitalismes ira‐t‐elle en s’approfondissant jusqu’à provoquer une guerre mondiale entre des pouvoirs inconciliables ? Guerre ou paix ? À moins qu’une autre voie, moins binaire, une lente fusion, redonne à ce système économique et social une identité homogène ? » A. C.

    Une réflexion magistrale sur une nouvelle féodalité. "

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  • Bitcoin : au risque du secret...

    Nous reproduisons ci-dessous une analyse éclairante de François-Bernard Huyghe consacrée au Bitcoin, cette monnaie virtuelle et autonome, dont le cours connait des évolutions spectaculaires... Spécialiste des questions de médiologie et directeur de recherches à l'IRIS, François Bernard Huyghe a publié notamment Les maîtres du faire-croire (Vuibert, 2008), Think tanks - Quand les idées changent vraiment le monde (Vuibert, 2013) ou La désinformation - Les armes du faux (Armand Colin, 2015).

     

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    Bitcoin : au risque du secret
     
    Crashera, crashera pas ? L’auteur de ces lignes est incapable de juger de l’avenir du bitcoin : comme pour les tulipes d’Amsterdam dont les promesses de vente se valorisaient chaque jusqu’à effondrement de la bulle spéculative en 1637, on peut penser que tout ce qui monte sur la foi d’un espérance (valoir plus demain) peut tomber... ou pas, ou plus tard. Une monnaie qui s’apprécie de mille pour cent en quelques mois, ne repose sur rien dans l’économie réelle, et est sensée échapper à tout pouvoir politique de régulation, pose, pour le moins, quelques problèmes.

    N’étant émis par aucun État et n’ayant valeur imposée sur aucun territoire, le bitcoin vaut ce que vaut la confiance que lui accordent ses utilisateurs ; ce sont les gens qui acceptent - peut-être par commodité, souvent par anticipation de profits futurs, voire par souci de branchitude - d’évaluer des biens en bitcoins, d’en échanger et d’en conserver. Les trois fonctions de la monnaie sont théoriquement remplies. Tout repose sur une convention - par cette opération informatique je transfère ou garde la possibilité de transférer demain tel montant - mais convention suppose mode de preuve.
    Le billet de banque prouve qu’il vaut tant parce qu’il est réputé authentique et produit en quantité limitée par un autorité qui décrète qu’il a le pouvoir de payer ; surtout, après avoir changé de poche, il ne peut plus être à deux endroits ; l’opération irréversible ne peut plus être contestée. Le chèque ou le payement par carte reposent sur un enregistrement matériel ou numérique différé et à distance : quelque part, une banque ou une organisation de crédit a bien noté que A promettait de donner tant à B et est d’accord. Ce sera effectif demain ou dans quelques secondes.

    Tout cela suppose un secret et une autorité. Secret de la fabrication du billet et autorité émettrice (banque nationale, par exemple). Secret d’une signature physique, d’un code ou d’un identifiant électronique qui rendent la transaction unique identifiable ; mais aussi l’autorité des institutions qui garantissent que l’argent sera transféré de tel compte à tel autre, ou que tel crédit croîtra ou diminuera.
    Dans le cas du bitcoins et des cryptomonnaies, la logique est totalement différente. Certes, en amont, on n’échappe pas à la règle secret plus autorité : pour participer, il faut acquérir un porte-monnaie électronique et se doter d’un code pour entériner ses transactions. Ou plus exactement, il faut une adresse conventionnelle (une suite de chiffres) à laquelle les autres participants pourront faire des envois.

    Si des précautions ont été prises (l’identité physique du propriétaire du compte n’est pas connue, il est seul à connaître son code de donneur d’ordre et la cryptographie asymétrique lui permet de recevoir de n’importe qui des messages/payements que lui seul est capable de décrypter/toucher ), il réalise toutes sortes d’opérations anonymement, y compris pour des activités criminelles. Quant au code valant signature, tout va s’il ne se fait pas voler par quelqu’un qui se substituerait au légitime propriétaire du porte-monnaie virtuel. L’opérateur peut se rendre intraçable, mais l’opération, elle, est ultra-visible, mémorisée et même surabondamment enregistrées par la « foule » : la sécurité est ainsi assurée par les blockchains qui assurent que le passé est bien enregistré.
    En clair : énormément d’ordinateurs enregistrent les opérations, de telle sorte que l’archive est conservée et que toute opération est attestée une fois pour toutes. Donc, en principe impossible de réécrire le passé (comme dans le cas d’une escroquerie où l’on fait croire que A a signé ce chèque ou ordonné cette transaction) puisque les traces sont à la disposition de tous, comme l’est le logiciel ouvert, l’algorithme, seul détenteur ici de ce que l’on pourrait nommer autorité. Le bitcoin a, en quelque sorte, résolu par de la complexité organisée et partagée, ses problèmes de limitation et sécurité: il n’y a plus quelque part des choses à voler ou à contrefaire, ni un disque dur unique dans lequel pénétrer pour le pirater et fausser l’information -A a tant, B donne tant-.

    Mais toute monnaie combine un acte matériel et un acte déclaratif. Moi l’État émets ce billet et dis qu’il vaut tant. Moi, la banque, enregistre que telle carte a touché tel terminal et permets que ces électrons valent crédit pour l’un, débit pour l’autre.
    C’est ici que le principe de complexité /publicité propre au bitcoin se révèle plus paradoxal encore. Comment faire des bitcoins sans institution politique ou financière centralisée pour énoncer le performatif « Je déclare que ceci est un bitcoin » ? Réponse : du travail, beaucoup de travail, compliqué et ne servant rigoureusement qu’à cela. Si vous possédez un ordinateur suffisamment puissant, ou faites partie d’une chaîne (un pool) vous pouvez commencer à travailler comme « mineur » à « extraire » des bitcoins avec un programme ad hoc. Et vous travaillez en résolvant des opérations complexes, des énigmes cryptographiques dont le seul but est d’être difficiles à résoudre : on crée ainsi une friction artificielle pour que vous puissiez être « salarié ». Vous recevrez une compensation en nouveaux bitcoins pour l’investissement et l’effort que vous avez fait en participant à cette sorte de comptabilité démente.
    Le but - pour raréfier et contrôler la production de monnaie- est que votre travail soit aussi long et difficile que possible, qu’il pousse votre programme dans ses derniers retranchements. D’où l’idée que, pour être modérée et ne pas reproduire un effet « planche à billets » dans le virtuel, la production de bitcoins doit coûter beaucoup, en machines sophistiquées, en temps de production, et, accessoirement en électricité et chaleur dégagées par cette pénibilité délibérée. Il faut littéralement transpirer -les machines chauffent beaucoup - pour miner. Entre l’enregistrement en commun du gigantesque livre de comptes qui retrace toutes les opérations - sécurisé par le nombre de « témoins » plus une bonne cryptologie - et le ralentissement délibéré de la production, le système se révèle paradoxal. Il doit compenser la fluidité du système - je t’envoie un message et, hop, tu es crédité sans qu’aucune bureaucrate ait à en connaître - par la production de détours et d’artifices. Trois risques potentiels, donc, contre la cryptomonnaie : la panique spéculative, l’intervention de l’État trouvant le moyen de contrôler le système qui, pour moment, lui échappe, et la logique même de complexité qu’engendre la bitcoin. Crashera, crashera pas ?
     
    François-Bernard Huyghe (Huyghe.fr, 31 décembre 2017)
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