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24/12/2016

La fête immémoriale...

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Métapo infos

souhaite

un bon Noël

à tous ses lecteurs !

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Le Noël 1915 de Jünger en Artois...

24 décembre 1915, près de Douchy

"C'est le soir de Noël. Je suis assis à mon bureau au-dessus duquel Auguste, mon ordonnance a suspendu une toile de tente, et je me fais préparer un grog. Une branche de sapin est posée sur la table. Oui ! C'était bien différent il y a deux ans ! J'étais vers cette date au fort Saint-Jean à Marseille, attendant les papiers pour rentrer à la maison. Aujourd'hui au moins, il y a une branche de sapin sur la table, et même si les balles sifflent au-dessus de l'abri, les mitrailleuses cognent et l'artillerie lourde n'observe pas la trêve de Noël, j'ai bien d'autres espoirs en perspective. En pensée, je vois le grand fleuve au milieu de vastes espaces ; d'imposantes régions couvertes de sombres forêts, et des étendues où poussent des herbes gigantesques.

A l'instant , quelques uns de nos braves fusiliers chantent « Stille Nacht, heilige Nacht » et d'autres chants de Noël. Une mitrailleuse anglaise tente de couvrir leur voix, mais ils tiennent bon."

Ernst Jünger, Carnets de guerre 1914-1918 (Bourgois, 2014)

12/11/2016

De Gaulle : identité, souveraineté, dissidence...

Nous reproduisons ci-dessous un florilège de citations du général De Gaulle établi et commenté par Jean-Yves Le Gallou pour Polémia...

 

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De Gaulle : identité, souveraineté, dissidence

Tout le monde se presse à Colombey-les-Deux-Eglises, le 9 novembre, pour commémorer la mort du général de Gaulle. Un géant par rapport aux nains qui lui ont succédé et s’en réclament. Indûment. De Gaulle est cité par tous. Récupéré par tous. Mais ses convictions étaient à l’opposé du politiquement correct contemporain. Et ses propos, s’ils étaient tenus publiquement aujourd’hui, lui vaudraient la correctionnelle.

De Gaulle avait une conception essentialiste de la nation, à l’opposé de celle des négateurs de l’identiténationale. Sa conception de la souveraineté populaire était incompatible avec « l’état de droit », cache-sexe du pouvoir des juges.

 

Une conception essentialiste de la nation

Les phrases qui suivent sont connues, régulièrement citées et jugées « controversées » :

« C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoires ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leur djellabas ? […] Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? […] Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Eglises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! » (Conversation entre de Gaulle et Alain Peyrefitte le 5 mars 1959 suite aux événements d’Algérie dans C’était de Gaulle, tome 1, Alain Peyrefitte, éditions de Fallois/Fayard, 1994, ISBN 978‐2‐213‐02832‐3, p. 52).

Cette déclaration est tellement « choquante » pour la bien-pensance contemporaine qu’elle est niée. Or c’est un verbatim d’Alain Peyrefitte, mémorialiste scrupuleux. Un mémorialiste dont personne sur le moment (en 1994) ne contesta la véracité des propos qu’il rapportait.

Au demeurant, cette citation reflète si bien la pensée du général de Gaulle qu’on la retrouve, sous une forme plus littéraire, dans les Mémoires d’espoir, livre qui s’ouvre ainsi : « La France vient du fond des âges » et qui se poursuit ainsi :

« Pour moi j’ai, de tout temps, mais aujourd’hui plus que jamais, ressenti ce qu’ont en commun les nations qui la peuplent. Toutes étant de même race blanche, de même origine chrétienne, de même manière de vivre, liées entre elles depuis toujours par d’innombrables relations de pensée, d’art, de science, de politique, de commerce, il est conforme à leur nature qu’elles en viennent à former un tout, ayant au milieu du monde son caractère et son organisation » (Extraits des Mémoires d’Espoir, Tome 1, Plon, 1970, p. 1 et 181-182).

 

Une conception de la souveraineté incompatible avec l’Etat de droit

Là aussi nous sommes aux antipodes de la doxa dominante qui a fait des juges – européens, constitutionnels, administratifs et judiciaires – les législateurs de fait.

 « Souvenez-vous de ceci : il y a d’abord la France, ensuite l’Etat, enfin, autant que les intérêts majeurs des deux sont sauvegardés, le Droit. »

Difficile de faire plus court et plus bref comme éloge de la raison d’Etat. C’est pourtant la première chose que le général de Gaulle ait dite à Jean

Foyer lorsqu’il l’a nommé Garde des Sceaux en 1962. Et c’est cette phrase qui ouvre les mémoires de Jean Foyer : Sur les chemins du droit avec le Général : mémoires de ma vie politique (1944-1988).

On doit aussi au général de Gaulle cette formule choc :

 « En France, la meilleure cour suprême, c’est le peuple » (Mémoires d'espoir, Plon, 2014)

Bien sûr, les esprits forts ne manqueront pas de dire qu’il s’agit de témoignages et non de déclarations. Mais là aussi les faits et les textes viennent appuyer l’authenticité des propos.

« Le suffrage universel est la seule source du pouvoir » : tel fut le premier principe fondateur de la constitution de la Ve République. Et d’ailleurs, lors de la rédaction du texte constitutionnel, les textes généraux (Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, Préambule de la Constitution de 1946) furent explicitement écartés du contrôle de constitutionnalité.

Et les propos du général de Gaulle sont très explicites.

« La parole est au peuple. La parole du peuple, c’est la parole du souverain  » (Discours du 25 août 1944).

On le voit : rien n’est plus subversif au regard des normes actuelles du politiquement correct que les propos et la pensée du général de Gaulle. Dommage que tous ceux qui vont s’incliner devant son tombeau n’aient pas le courage d’assumer sans peur ses déclarations.

Jean-Yves Le Gallou (Polémia, 8 novembre 2016)

 

22/05/2016

A droite et à gauche... (5)

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« C'est à la France, et à elle seule, de dire qui est français, et qui ne l'est pas. C'est à la France, et à elle seule, de décider des conditions d'accès et de résidence sur son territoire, d'acquisition et de perte de la nationalité. Et c'est à elle de faire reconnaître que 1 000, 10 000 réfugiés posent un problème de droit quand 1 ou 5 millions posent une question de défense des frontières – ou d'invasions. »

« A la pression inouïe, violente du changement, il faut opposer le droit à demeurer, à conserver, à préserver et à maintenir. « Je maintiendrai » est la formule révolutionnaire du moment. Et la modernité qui vient allie la tradition et la puissance. A la guerre que le mondialisme financier conduit contre les institutions, les communautés et les sociétés politiques, il faut opposer l'intelligence territoriale, la préférence pour soi et la primauté du collectif. »

Hervé Juvin, Le Mur de l'Ouest n'est pas tombé (Pierre-Guillaume de Roux, 2015)

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« Aucune civilisation n'est détruite du dehors sans s'être tout d'abord ruinée elle-même, aucun empire n'est conquis de l'extérieur, qu'il ne se soit préalablement suicidé. Et une société, une civilisation, ne se détruisent de leurs propres mains que quand elles ont cessé de comprendre leur raison d'être, quand l'idée dominante autour de laquelle elles étaient naguère organisées leur est comme devenue étrangère. Tel fut le cas du monde antique. »

René Grousset, Bilan de l'histoire (1946)

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« La France s'enfonçait doucement dans les eaux grises de la déliquescence, à peine gouvernée par un vieil homme rongé par le cancer de la prostate depuis plus de dix ans et par un autre, de quinze ans son cadet, qui avec son goitre et son maintien britannico-byzantin paraissait presque aussi âgé. Ce pays suintait l'ennui, la bassesse et la mort. Les écrivains qui en avaient fait la grandeur ou la honte, parfois alternativement comme Malraux, Sartre, Aragon ou Céline, étaient morts. D'ailleurs, tout semblait mort. Surtout les vivants. Il fallait être une ombre ou un fantôme pour survivre dans ce pré carré ouvert aux quatre vents qu'était la France, frigide, maquillée comme une vieille pute, dans cette fin de siècle qui voyait les frontières, les croyances, les doctrines, les repères s'effacer. La France avait perdu pied. Elle se résumait à de pathétiques souvenirs que tout le monde avait oubliés ou qui ne signifiaient plus rien. En dix ans, le pays avait pris un siècle. Il aurait fallu le délivrer de cette gangue. Seuls des hommes ne doutant pas, des téméraires que les temps présents réprouvaient, en eussent été capables. Pour la plupart, ils étaient ailleurs en train de se heurter à l'objet. D'autres, tels des clandestins, se frôlaient le long des murs gris, se reniflaient sans oser se reconnaître ni se prendre dans les bras. Ensuite, ils rentraient chez eux, se masturbaient, abattaient leurs femmes et leurs enfants ou s'endormaient en espérant des rêves brutaux. »

Christian Authier, Soldat d'Allah (Grasset, 2014)

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« Pas de tombe pour moi. Pas de fin paisible au milieu des miens. Pas de grande cérémonie royale, pas de sacrifices, pas de bûchers rouges ni de banquet funèbre. Pas de trésors abandonné dans la nuit d'une chambre funéraire. J'irai chercher la mort sur le champ de bataille. Je me détacherai du rang de mes guerriers pour la défier. Une lame longue de cavalier dans la main droite, une lame courte de fantassin dans la gauche. Je lui offrirai une danse des épées. C'est une vieille ennemie, et ce fut parfois une alliée de circonstance. Je connais bien ses ruses, ses lâchetés, ses trahisons. Je lui cracherai toutes ses bassesses, je lui tirerai la langue, je me rirai de sa puissance, je lui affronterai le masque peint du guerrier. J'espère bien que le cœur assourdissant des carnyx et des trompes fera trembler tous les os de son corps. Et puis je me jetterai dans ses bras, dans la troupe la plus épaisse de l'armée adverse. Je veux pour ma fin un éclat et une brutalité comparables aux forces qui ont gouverné ma vie. Je veux goûter la volupté jusqu'au bout, jusque sous la morsure des lances et des haches rasennas. Puis je veux ma dépouille exposée sur le champ de guerre , à pourrir au soleil et à la pluie. Je veux être dévoré par les charognards, défiguré par le bec des corbeaux ; ils me porteront, mort, là où je ne suis jamais allé, vif. Dans le ciel.

La fin que je me réserve n'est pas la mort du roi. C'est celle du héros. »

Jean-Philippe Jaworski, Même pas mort (Les moutons électriques, 2013)

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« N'est-ce pas précisément l'infantilisme du XXIe siècle ? On est à la fois con et snob, binaire et goguenard. On simplifie tout, en clignant de l’œil pour bien montrer qu'on n'est pas dupe. Et au bout du compte, rien ne subsiste, ni du passé ni du présent. Ne reste, en guise de réalité, qu'une dévastation narquoise. »

Alain Finkielkraut, La seule exactitude (Stock, 2013)

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« Un peuple n'est pas un ensemble d'acteurs actuels ou d'institutions présentes, cohérentes seulement dans le présent. Acteurs et institutions sont tendus vers la durée. Si des idéologues ou des démagogues induisent ce peuple à des actes ne servant que l'utilité immédiate ou les passions présentes, s'ils l'induisent à croire possible une consommation sans investissements, une politique au jour le jour, une libération sans contrôle, le peuple ne peut continuer à être un peuple. Il n'est qu'une foule, en train de se détruire, une populace, résidu d'un peuple assassiné ou suicidé. »

« Les progressistes sont d'accord avec les entrepreneurs et capitalistes pour accueillir n'importe quel immigrant lorsque manque la main d’œuvre, en postulant qu'une fois instruit (par l'école) il sera substituable à un natif, quelles que soient ses habitudes ancestrales, ses empreintes infantiles, ses traditions, ses croyances. Si l'on est en panne (de voiture ou de santé), on souhaite avant tout avoir affaire à un bon spécialiste, quelle que soit sa mentalité ou sa couleur. Mais ce qui vaut pour un cas individuel et momentané ne vaut pas pour l'avenir d'un peuple. »

« La ruine d'un peuple civilisé peut s'opérer par des chocs extérieurs, par des défaites militaires accidentelles, ou par des révolutions et des désordres toujours aggravés, avec règlements de comptes indéfinis, ou par l'effet d'immigrations déréglées, de plus en plus massives, qui changent d'abord invisiblement l'esprit des institutions lorsque les promotions sociales, accélérées par l'anti-natalité des classes autochtones, y amène les immigrants en rangs serrés et leur permet de tout submerger, de parler de plus en plus haut et de tout détraquer. »

« L 'assimilation des immigrés ne se fait pas régulièrement, contrairement aux illusions du melting pot et aux croyances en la toute-puissance de l'éducation. Elle s'opère dans des convulsions, qui mettent en péril la civilisation même. Les immigrés trop nombreux imposent comme malgré eux, leurs manières de vivre, choquantes pour les autochtones. Ou ils refusent consciemment de se laisser assimiler, en prétendant assimiler à leur tour la population accueillante, découragée ou endoctrinée.

Il est puéril de s'imaginer que les U.S.A. resteront les U.S.A., avec leur style, lorsque les Anglo-Saxons n'y représenterons plus qu'une faible minorité, ou que la Suisse restera la suisse si les Turcs ou Yougoslaves y deviennent prédominants, ou qu'Israël sera toujours Israël si les Juifs européens, fondateurs, par départ ou dénatalité, ne sont plus là. »

Raymond Ruyer, Les cent prochains siècles (Fayard, 1977)

 

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« L'exotisme, ça a pas que des bons côtés. C'est pas pour rien que la Seine-Saint-Denis voit refleurir la tuberculose. Comme au dix-neuvième siècle. Des souches tchétchènes sacrément coriaces, même, à ce qu'il paraît. Tous ces braves gens, ils l'ont importé avec eux, le tiers-monde. Ces garages clandestins et ces vendeurs de maïs, c'est vraiment un truc qu'on s'attendrait à voir uniquement dans les pires pays sous-développés d'Afrique. Ben non, c'est à Saint-Denis, juste à côté de Paris. Saint-Denis, la ville dont la basilique abrite les tombeaux des rois de France. Quelque part, ça fout les boules. Et pour le coup, c'est la fine fleur des crevards qui s'est donné rendez-vous ici. Que des hommes, pas de femmes, ni même de jeunes. Des types qui ont entre 25 et 50 ans, parfois plus Les plus vieux, ils ont des dégaines de marabouts avec des barbiches grises et des djellabas. Les plus jeunes, ils sont habillés comme des apprentis rappeurs de Lagos. »

« Là-aussi, tout le trajet, c'est folklo. Une architecture sinistre, la plupart du temps. On passe systématiquement à l'aller et au retour, sur une vaste place avec un bâtiment dans le style carrelage de chiottes, tout droit issu des années quatre-vingts. Et là, à chaque fois, une bande de petits Noirs. Des gamins de huit à douze ans, ils doivent être une bonne vingtaine. Habillés quasiment en loques, l'air agressif. Regards mauvais et arrogants. Une vraie meute. Étrangeté radicale. Pas rassurant. On se croirait danse ne sais quel bled du tiers-monde, et la chaleur ambiante ne fait rien pour adoucir le tableau. Ça sent le fait divers, la violence rampante. L'hostilité franche frontale. Brutale, arrogante et sans pitié. On est chez eux, et ils y font ce qu'ils veulent.. Et pas que du bien. Je suis pas fâché d'être bien planqué dans la cabine du camion pour le coup. Entre eux et le reste du monde,, un mur de haine et de méchanceté. Palpable. Pour rien au monde je ne voudrais passer à pied. Putain.

Y'a aussi Tremblay en France, des cités immenses. Avec beaucoup d'espaces verts. Beaucoup de Noirs, surtout des femmes, uniformes tongs et boubou de rigueur. Et des tas de gamins. Et des Arabes en djellabas, avec des barbes à la Ben Laden. Un mélange entre Kaboul, Alger et Bamako. »

Paul Fortune, Poids lourd (2015)

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« Le multiculturalisme des gigantesques sociétés contemporaines prétend mettre lea diversité à portée de main. Mais le multiculturalisme est en réalité, et par la force des choses, un anticulturalisme ou, au mieux, un multi-sous-culturalisme: il n'y a plus en effet, en sus des règles minimales de coexistence et des appareils policiers et judiciaires qui s'emploient, avec plus ou moins de succès, à les faire respecter, que le commerce pour transcender l'hétérogénéité des modes de vie en un même lieu. Enchantez-vous de la diversité : vous êtes tous dans l'économie de marché. Celle-ci occupe alors la place centrale et déterminante (c'est bien pourquoi le capital est favorable audit multiculturalisme)., et toutes les cultures, ainsi satellisées, s'en trouvent dévitalisées. De plus, les tenants des sociétés multiculturelles ignorent la question de la distance adéquate pour un rapport fécond : en deçà d'un certaine distance, c'est la volonté de prendre ses distances qui domine – de sorte qu'en même temps que les différences culturelles s'affaiblissent, les différentes communautés s'ignorent, se retranchent ou s'affrontent. »

Olivier Rey, Une question de taille (Stock, 2014)

 

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« En dépit des catastrophes qui ont fait de l'Europe un ensemble veule, amnésique, informe et culpabilisé, cherchant à se prémunir des Barbares par des implorations et de viles flatteries, la révolte contre cette indignité a commencé sous nos yeux, venant souvent de là où on ne l'attendait pas, traçant les présages d'une reconquête intérieure. Redevenir maître de soi et chez soi, tel est l'espoir. Pouvoir regarder ses enfants sans blêmir de honte, et, le jour venu, quitter la vie en sachant l'héritage assumé.

Sous nos yeux, une page d'histoire a commencé de tourner. Nous sommes entrés dans une époque qui connaîtra d'intenses bouleversements. Ceux-ci exigeront de nouvelles "représentations", de nouvelles visions du monde et de nouvelles énergies. Leurs prémices suscitent dès maintenant le besoin, pour les Européens, du retour à soi, à l'esprit de leur esprit. »

Dominique Venner, Un samouraï d'occident (Pierre-Guillaume de Roux, 2013)

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08/12/2013

A droite et à gauche... (4)

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"Je retrouvai la maîtrise de moi-même dans l'abstinence d'alcool et de tabac et une excellente forme physique dans la pratique de la culture physique et des sports de combat. La lecture du Bushido, ou code des samouraïs, me portait vers une exaltation du combat, un goût pour le stoïcisme guerrier, la mort les armes à la main. J'aurais aimé être parachuté au siège de Diên Biên Phu, qui faisait la une de France-soir, pour prêter main-forte. J'aimais chez Dürer Le Chevalier et la Mort, la charge des chevaliers teutoniques sur le lac gelé dans Alexandre Nevski, d'Eisenstein, exaltée par la musique de Prokofiev m'enthousiasmait. J'aurais aimé faire partie de ceux qui chargeaient, dans cette puissante course vers le choc. Je trouvais l'Allemagne attirante à cause des Réprouvés d'Ernst von Salomon et des corps-francs combattant aux marches de de Courlande... Je trouvais imposant le film vu à la Cinémathèque de Leni Riefenstahl sur Nuremberg (1934). [...] Je lisais Nietzsche en prenant des notes : « Il faut dominer les passions et non point les affaiblir ou les extirper. Plus grande est la maîtrise de la volonté, plus on peut accorder de liberté aux passions. »

« Il faut avoir gardé en soi un peu de chaos, pour enfanter une étoile dansante. » "

Gérard Chaliand, La pointe du couteau (Robert Laffont, 2011)

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" Les cris d'une centaine d'oiseaux blancs sur une lagune, au loin, me paraissaient préférables à la voix de mes compatriotes – des touristes culturels, pourtant, de ces professeurs à la retraite qui, visitant consciencieusement le monde, ne font qu'arpenter les décombres de la culture : ils semblent partout chez eux et consomment du culturel comme on fait une cure thermale ou ce que les théologiens de l'hygiénisme nomment, en France, un « parcours de santé ». Le monde entier ne sera d'ailleurs bientôt plus, gageons-le, qu'un parcours de santé politique et moral, un cauchemar totalitaire, une dégénérescence de l'idée de Bien. "

Richard Millet, Eesti – Notes sur l'Estonie (Gallimard, 2011)

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Alain Finkielkraut, dans un numéro de l'Express consacré aux Français juifs (10 octobre 2012) :

« Nous avons pu jouer un rôle dans le désamour de la France vis-à-vis d'elle-même en contribuant à répandre une vision unilatérale et pénitentielle du devoir de mémoire ».

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Du même :

« Aussi inconséquents que tranchants, [les bobos] se prémunissent de cela même qu'ils font profession de vouloir. Ils prônent l'abolition des frontières tout en érigeant soigneusement les leurs. Ils célèbrent la mixité et ils fuient la promiscuité. Ils font l'éloge du métissage mais cela ne les engage à rien sinon à se mettre en quatre pour obtenir la régularisation de leur « nounou » ou de leur femme de ménage. L'Autre, l'Autre, ils répètent sans cesse ce maître mot, mais c'est dans le confort de l'entre-soi qu'ils cultivent l'exotisme. Sont-ils cyniques ? Sont-ils duplices ? Non, ils sont leurs propres dupes. Ils croient ce qu'ils disent. Seulement, ce qu'ils disent les mystifie et les égare en magnifiant ou en camouflant les dispositifs prosaïques du monde réel. A l'expérience qu'ils vivent, ils substituent un récit édifiant et ils sont les premiers à être abusés par ce tour de passe-passe. Mobiles, flexibles, fluides, rapides, ils choisissent pour figure tutélaire Mercure, le dieu aux semelles de vent, alors même que les immeubles où ils habitent sont protégés comme des coffres-forts par une succession de digicodes et d'interphones. La bigarrure dont ils s'enchantent, l'ouverture dont ils s'enorgueillissent sont essentiellement touristiques. Ils rendent grâce à la technique d'avoir aboli les distances et, avec celle-ci, l'opposition du proche et du lointain : tout ce qui avait le cachet mystérieux de l'ailleurs est disponible ici, toutes les musiques, toutes les cuisines, toutes les saveurs, tous les produits et tous les prénoms de la terre sont en magasin. Le temps des blinis et de la mozzarella est aussi celui où nul n'a plus besoin d'être russe ou italien pour appeler son enfant Dimitri ou Matteo : il suffit de se servir. Au moment précis où le monde commun éclate et s'ethnicise, la consommation se mondialise et les bobos font au nom de celle-ci la leçon à celui-là. Ils aiment à regarder leur déambulation gourmande dans les allées du grand bazar comme une victoire du nomadisme sur les préjugés chauvins. Ils impriment ainsi le sceau de l'idéal à la société de la marchandise. »

Alain Finkielkraut, L'identité malheureuse (Stock, 2013)

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Une scène de rue célinienne, tirée d'un roman de Jean Cau, Les paroissiens, écrit en 1958 alors que ce dernier était encore secrétaire de Jean-Paul Sartre :

"  Si vous voulez y comprendre, je vous enseigne le truc, moi. D'un côté les Amerlos, de l'autre les Russes. Même farine. Les uns et les autres ne pensent qu'à une chose : nous posséder. Et si çchange pas, vous verrez, nous finirons par être cuits.

- Si ça change pas quoi ?

-Tout. Les ministres, le gouvernement, les responsables ? Trop de partis, trop de politique !

- Parfaitement, dit le voyeur, de plus en plus excité. Du balai ! Tous à la porte !

- D'abord, il y a trop d'étrangers, dit un type sans visage, blanc avec des yeux d'eau. Des bicots, des nègres, des Polonais, des Italiens, des Espagnols, la France est devenue une poubelle... des Chinois, des juifs. De ceux-là, on en voit plus qu'avant la guerre. Ils ont sans doute fait des petits dans le maquis.

Il parle haut, le type. Il n'a pas peur. S'il y en a autour de moi qui se sentent morveux, qu'ils se mouchent ! Voilà ce qu'il a l'air de dire.

- Vous ne croyez pas qu'ils ont faut des petits ?

Le voyeur et un type de quarante-cinq ans aux oreilles poilues ont un rire sec , un peu gêné. Sûr, ils sont d'accord, mais dire des choses pareilles, ils n'oseraient pas. Ça leur fait plaisir de les entendre, c'est tout.

- J'ai été à Dachau, Monsieur, et je n'y ai pas fait des petits. Je vous montrerai mon pyjama rayé si vous tenez à le voir.

- Mets-le dans la naphtaline, il resservira.

Le juif a ouvert de grands yeux, si grands qu'ils en étaient mouillés.

- Salaud, espèce de salaud, de sale fasciste !

L'homme l'a secoué, lui a fourré sous le nez une carte qui disait – le juif a lu – sous-officier, 1ère Armée et d'autres machins comme ça...

- Tu vois, a dit le type. Eh bien, si je te blaire pas, c'est mon droit. Tu as peut-être été à Dachau, par force, parce qu'on en voulait à ta peau, à ton fric, parce qu'on t'a coincé, un jour...Alors, tu n'as pas à en être fier. Moi, tu vois, là (il frappe sur le carton avec son index), j'y suis allé volontaire! On ne me demandait rien. J'aurais pu rester chez moi, tranquille, au chaud et acheter du pain blanc et du sucre à tes copains qui se débrouillaient pour en vendre même en 43. J'y suis allé et j'ai risqué ma peau, tu comprends ? Et quand je suis revenu, vous en étiez sorti de Dachau, vous repreniez des kilos à toute allure, et vous recommenciez à foutre la pagaïe...

Le juif s'éloigne, très vite, disparaît au coin de la rue. Personne ne dit plus rien. L'ex-sous-officier toussote et déclare :

- Des fois, y'en a marre ! "

Jean Cau, Les paroissiens (Gallimard, 1958)

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" Nous avons vécu une société de la liberté, et nos libertés sont labourées par des exploitants industriels qui mesurent le profit à en tirer. L'histoire dira quelle part ont prise les intérêts des industriels de la vie et de la reproduction au combat pour le droit au « mariage pour tous », qui cache le transfert de la reproduction humaine vers l'industrie, la machine et le procédé. L'histoire dira quelle part ont prise les intérêts des industriels de l'appareillage du corps humain à la fabrique de sportifs handicapé et de performances des prothèses, voire au montage des jeux Olympiques pour handicapés, les jeux Paralympiques, salon payant des dernières techniques de remplacement du corps. Il est entendu que l'industrie permet de fabriquer des corps qui vont plus vite, sautent plus loin et qui déploient une force supérieure, une fois que leurs membres sont remplacés par leurs équivalents de synthèse, en titane ou en fibre de carbone. Et il est entendu que les mécanismes de la nature, la gratuité des écosystèmes le hasard de la reproduction humaine ou animale, les déterminations de l'origine, du sexe ou de l'âge seront heureusement remplacées par les prestations de l'industrie de la vie et des services du corps – que la disparition de la gratuité est le moyen le plus prometteur et le plus radical de la croissance. Peu avant la faillite de Lehmann Brothers, les humanistes de Goldman Sachs avaient annoncé que désormais, soucieuse du bonheur de ses employés, la banque remboursait les opérations de changement de sexe ! Voilà qui devrait pour le moins nous rendre défiants sur la liberté de sortie de la nature qui nous est offerte. "

Hervé Juvin, La grande séparation - Pour une écologie des civilisations (Gallimard, 2013)

 

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" Une écologie humaine est l'inverse de l'utopie de l'unité du genre humain. Elle repose sur la prise en compte des forces de séparation, des logiques de distinction et des passions discriminantes qui font l'honneur et la vie des sociétés humaines. Une nation qui ne décide pas des conditions d'accès à la nationalité et de résidence sur son sol n'est pas une nation libre. Il est permis de critiquer certaines, de juger que certaines sont meilleures que d'autres, que nous avons choisi des règles et que nous en refusons d'autres. Il ne l'est pas de dénier à une nation ce pouvoir. Une nation qui se voit dicter de l'extérieur les conditions d'accès à la nationalité, de résidence sur son sol, n'est plus une nation libre. C'est une nation ouverte à l'invasion. C'est une nation dont la langue, les lois, les mœurs ne sont plus siennes, mais celles que des mouvements de population, qu'elle constatera sans les avoir choisis, qu'elle subira sans les avoir voulus, vont décider à sa place. Il ne s'agit pas d'enfermer les uns et les autres dans un essentialisme borné, qui attribue des caractères définitifs à la religion, l'origine, la race ou la nationalité. Il n'est pas question non plus d'enfermer chacun dans son ethnie, dans sa foi ou dans ses origines et dans un déterminisme absolu. Mais il n'est pas davantage question de les identifier tous à un modèle unique, de les réduire au même, à la conformité et à la règle de l'unique. Elle se poursuit par l'expression politique de la primauté, de la diversité culturelle et identitaire sur l'unité opérationnelle des techniques et des règles. Une loi bonne au Texas n'a aucune chance de s'appliquer heureusement en Grèce. Une règle, un mode de "gouvernance" satisfaisants à Munich n'ont aucune chance d'être à Luanda ou Lusaka autre chose qu'un faux-semblant, ou un mensonge – et d'entraîner la société toute entière dans le mensonge institutionnel de la conformité des apparences. Notre tâche historique est considérable ; nous devons faire renaître la diversité collective ! Redécouvrir que l'histoire, l'origine, la race, la langue, la foi, la culture ont un sens – et que ce sens n'est pas celui des hiérarchies, des stades de développement et des barreaux successifs sur l'échelle du progrès. Ce qui allait de soi, de l'histoire, des dieux ou des fondations mythiques des pères passés, nous allons devoir l'inventer. "

Hervé Juvin, La grande séparation - Pour une écologie des civilisations (Gallimard, 2013)

 

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" L'adhésion à l'immigration et au multiculturalisme dépend avant tout de la capacité que l'on a d'ériger des frontières avec l'Autre à travers ses choix résidentiels ou scolaires. Quand on n'a pas les moyens de contourner les cartes scolaires ou de choisir l'endroit où l'on habite, on demande à un État fort de le faire pour nous. En clair, on ne perçoit pas l'immigration de la même manière selon que l'on gagne 10 000 euros ou 1000 euros par mois! [...] 

Quand on me demande de parler de l'immigration, je raconte toujours l'histoire d'un village qui accueille une famille d'étrangers. Ça commence bien, puis arrivent les cousins, le reste de la famille, les choses se gâtent... Et à la fin, j'explique que le village dont je parle se situe en Kabylie et qu'il s'agit de l'immigration chinoise. Posez la question de l'immigration dans n'importe quel pays du monde, vous obtiendrez la même réponse: « Je ne veux pas devenir minoritaire.» Ce rapport à l'Autre est universel. Et c'est un enjeu d'autant plus crucial que nous vivons dans une société ouverte et mondialisée. Jusqu'aux années 1970, dans la France assimilationniste, la question ne se posait pas puisque l'« autre» devenait «soi ». Mais quand on est sûr que l'« autre » ne va pas devenir « soi », on veut savoir combien d'« autres » il y aura. C'est important de savoir si, dans son immeuble, on va vivre avec une ou douze familles tchétchènes ..."

 

Christophe Guilluy (Causeur, novembre 2013)

 

11/11/2012

A droite et à gauche... (3)

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"L'homme social ne va pas sans une part maudite, sans le prélèvement opéré par le Minotaure collectif sur les jouissances individuelles. Pour le dire autrement, une société a besoin pour survivre de se donner des objectifs collectifs et, pour être aimée, de s'appuyer sur les sacrifices qu'on lui consent. En un mot, le nihilisme petit-bourgeois qui se cache derrière les objectifs grotesques du tueur norvégien, c'est la philosophie individualiste poussée à ses dernières conséquences."

Jacques Julliard, « La part du Minotaure », (Marianne, été 2011)

  

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"Si tous les métèques voulaient tous une blonde à gros seins, un 4x4, un gros frigidaire, un écran large à plasma, une connexion Internet Wifi, alors les États-Unis avaient gagné, car tout ça, ces gadgets qui améliorent la vie, c'étaient eux. Rien qu'eux. En les copiant, en les imitant, on devenait comme eux. On partageait les mêmes conforts, les mêmes soucis, les mêmes pannes. On finissait par adopter leurs idées sans s'en apercevoir. Le confort, mes frères et mes sœurs, est subversif. La télévision est un préservatif, le canapé une arme anti-émeute."

Jean-Luc Marret, Guerre totale (L'Éditeur, 2011)

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"Hélène aimait les étrangers, ce qui n'était pas elle, la différence, l'Autre.

Elle s'en était fait une espèce de religion, bien à l'abri dans son quartier chic parisien, protégé par la caméra couleur qui filmait la rue devant son loft et sa porte blindée, design scandinave. Elle aimait les étrangers mais pas dans son quartier. Elle participait aux fêtes officielles, soutenait les sans-papiers, employait au black une femme de ménage ivoirienne – son principal lien avec l'Afrique, et voyageait dans le Sud, comme on allait jadis à l'Église – pétrie de recueillement, l'âme sensible ; elle se sentait coupable de tout.

Coupable de la colonisation, de la faim dans le monde, du racisme. De tout. Dans le souk, un homme l'approcha et lui parla. Il avait un beau sourire. Des dents blanches. Il sentait bon le Sud. Il n'était pas comme les parisiens un peu grisâtres et efféminés.

C'était un vrai homme. Ils couchèrent ensemble. Elle se donna au Sud, tenta quelques caresses osées qui confortèrent les fantasmes de l'homme sur les Occidentales, ces putes. Il éjacula vite et bien. Trop vite, peut-être. Puis, il la donna à ses amis, qui la baisèrent, sodomisèrent, corps contraints, chairs tordues, possessions. Puis, ils la donnèrent à l'Armée islamique de Libération, qui exigea une rançon. Elle fut décapitée dans une décharge, au milieu d'enfants qui cherchaient à bouffer."

Jean-Luc Marret, Guerre totale (L'Éditeur, 2011)

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"Une société est un éparpillement de mémoires, un amoncellement de poches à rancune et de comptes à régler ; un peuple est une histoire longue, ou plus exactement l'unité de cette histoire. Les deux coexistent, bon an mal an, et il n'est pas bon que l'un chasse l'autre. Le peuple sans société devient une mystification et la société sans peuple, un capharnaüm. Or à force d'encenser la diversité, les identités et les « nouveaux mouvements sociaux », on exalte le social au point de découper le corps du peuple à la tronçonneuse, en Landru électoraliste et arithméticien."

Régis Debray, Rêveries de gauche (Flammarion, 2012)

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"On a beaucoup dit en France que le Parti communiste était le principal parti de la Résistance. Moi, j'ai vu le Parti communiste détruire des foyers de résistance parce qu'ils n'étaient pas communistes. En mars 1944, j'ai vu, dans notre région, un maquis communiste détruire et tuer tous les membres d'un maquis gaulliste, simplement parce qu'ils étaient gaullistes."

Jacques Ellul, Ellul par lui-même – Entretiens avec Willem H. Vanderburg (1979)

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"Vais-je peiner Jahid en lui disant que je n'ai jamais pu supporter le rap, avec ses révoltes conformes. Ce sont de faux méchants et de vrais cons, démagos, rebelles pour show-biz... c'est de la variétoche sauce pseudo-voyou, du mainstream cuisiné en superradical, bientôt il y aura une rap Academy. Au moins l'autre ne triche pas . Ils font les marioles avec leur vocabulaire violent, mais ils sont dans un créneau d'assistante sociale. Ils sont forts pour organiser des combats de pitbulls dans des caves mais ils se chient dessus à l'idée de ne pas passer sur Skyrock. On connaît le système. La radio s'enrichit sans état d'âme en passant des disques « radicaux », et les groupes formatent leurs disques en fonction de leurs possibles passages. La culture rap, des brutes en short avec des chaînes en or et des voitures attrape-meufs, c'est la culture de la possession des signes extérieurs de richesse... sur une musique inexistante, toujours le même discours. Un univers de menaces, morsures, armes à feu, gangsters, bastons, baskets, ghetto-blasters, gangs, crans, crew, machos, beuh, DJ, platines, scratch, radio, radiateur, clans, clous, thune, Nike, nique, playlist, hip-hop..."

Marc-Edouard Nabe, L'homme qui arrêta d'écrire (2010)

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Le récent accueil, empressé et quelque peu servile, de Benjamin Netanyaou par François Hollande me refait penser à ces deux citations tirées d'une lecture estivale de Marianne (4 au 10 août 2012) :

«Les immigrés volent, les immigrés violent, les immigrés propagent le SIDA et la tuberculose. » Elie Yishaï, ministre de l'Intérieur d'Israël

« L'immigration est un danger stratégique menaçant le caractère juif et démocratique de l'État d'Israël. » Benjamin Netanayou, premier ministre d'Israël

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La démocratie dans une civilisation industrielle complexe est une plaisanterie – puisque ça ne signifie rien d'autre que la concentration de toutes les ressources entre les mains de quelques ploutocrates doués et le gouvernement souterrain par ce groupe sous des formes extérieures de démocratie

 

Lovecraft, Lettre à Miss E. Toldridge du 25 juillet 1931

 

 

 

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Le général De Gaulle disait : « La dégradation de l'État entraine infailliblement la perte de l'indépendance ». La perte de l'indépendance, pour un peuple, c'est la perte de son identité. Or, un peuple, c'est un tout. Un ensemble clairement situé, un perpétuel devenir, mais qui ne se transforme qu'en restant lui-même. Un peuple se grandit en se donnant une forme, et en cherchant pour cette forme à se donner un destin. Mais, il n'y a pas de forme sans institutions, pas de forme sans Etat. L'Etat, c'est le moyen pour un peuple de se donner un rythme. Et c'est vrai que le rythme crée du sens, que la forme crée du contenu.

Alain de Benoist, « Nostalgie du futur » (Le Figaro-dimanche, 24-25 décembre 1977)  

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13/06/2011

A droite et à gauche... (2)

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"En raison de la la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leur familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables.

La cote d’alerte est atteinte. (…) C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage.
Je précise bien : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine.
Il faut résoudre l’important problème posé dans la vie locale française par l’immigration.

Se trouvent entassés dans ce qu’il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes.
Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficiles leurs relations avec les Français.
Quand la concentration devient très importante (…), la crise du logement s’aggrave.
Les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles françaises ne peuvent y accéder. Les charges d'aide sociale nécessaires pour les familles immigrées plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes." 

 Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste français, dans L'Humanité du 6 janvier 1981

  

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"Ce n'est pas tant l'Europe qui est fatiguée, ou vieille (selon un fantasme américain), que nous, esprits libres, qui sommes las de ce que l'Europe est devenue par son américanisation : non pas une poubelle ethnique, comme certains le soutiennent avec excès, mais, au contraire, un espace de disneylandisation ethnique, Disneyland n'étant pas seulement un parc d'attraction mais le modèle du « parc humain » de l'avenir, où l'esprit est mis à mal par le divertissement et le spectacle : Disneyland comme résurgence hédoniste des camps de concentration, en même temps que superstition née de la peur du vide. Cette intransigeante gestion de la sous-culture dominante nous en dit plus que bien des traités sur ce que nous sommes appelés à devenir."

Richard Millet, Fatigue du sens (Pierre-Guillaume de Roux, 2011)

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"Quand le terrestre – le matériel – ne dispose plus d’une vocation propre à l’élever quelque peu au-dessus du sol et que son niveau ne dépasse guère celui des pâquerettes, les mots cultes tels "humanisme" ou "droits de l’homme" commencent à sonner singulièrement creux. La morale, démonétisée, n’a plus vraiment cours et l’on espère seulement que les poncifs médiatiques habituels feront illusion. Le langage, à son tour, se corrompt. A quoi se réduit alors la politique ? A la gestion empirique, au jour le jour, au coup par coup. Le critère est la réussite : quel que soit son objet, quels que soient les moyens, la fin les justifie. L’étrange est que les politiciens pour qui tout se mesure en productivité, statistiques et rentabilité, n’aient pas abandonné les cérémonies et symboles évoquant d’autres temps. On n’aura jamais autant salué le général de Gaulle en commémorations que depuis l’abandon de toutes ses leçons. On n’aura jamais autant invoqué ses principes depuis qu’ils sont tellement oubliés. Ont-ils une telle peur du vide ceux qui se travestissent en des servants d’un culte qu’ils ne professent plus ? Quand le vertige les saisit, ils parlent des valeurs qu’il convient de maintenir ou même de restaurer. L’ennui est qu’ils en parlent comme de valeurs boursières, en suivent leur cote dans l’opinion et ses fluctuations, en fonction de quoi ils en déterminent l’importance."

Marie-France Garaud, Impostures politiques (Plon, 2010)

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"Tant qu'on n'aura pas compris que les droits de l'homme ne peuvent être qu'une conséquence des droits des peuples, les droits des peuples à exister, à perdurer, à avoir leur terre, leur langue, leur autonomie, leur identité, leurs mœurs, leur façon d'écrire l'histoire et ainsi tout simplement leur avenir, on ne fera jamais avancer concrètement les droits humains. Car l'homme concret appartient à un peuple. C'est par la mise en oeuvre des droits des peuples – le droit notamment de contrôler leurs ressources-, de s'émanciper de la dictature mondiale des marchés, de l'empire de la finance – que les droits humains peuvent être pris en compte. L'homme est d'abord un être social, un être en communauté, un être politique."

Pierre Le Vigan, La tyrannie de la transparence (L'Aencre, 2011)

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"[...] BHL est certainement le modèle même du « faussaire », le maître absolu, le mètre étalon. Il a créé le prototype et en a fait une référence. [...] Il a bâti sa carrière en maniant sans vergogne le mensonge. Pour autant, il se présente comme l'archétype de l'intellectuel pesant sur la vie des idées et montrant par son engagement un dévouement désintéressé et sans limite pour les causes les plus nobles.

BHL passe pour un intellectuel éclairant le public alors que c'est un désinformateur. Il passe pour quelqu'un de profondément engagé en faveur de la morale alors que c'est le cynisme même. Il passe pour un défenseur intransigeant de la liberté alors que c'est un maccarthyste virulent. Il passe pour un universaliste alors que c'est un communautariste forcené."

Pascal Boniface, Les intellectuels faussaires (Jean-Claude Gawsewitch, 2011)

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"Grâce à Internet, c’est la première fois que l’on voit la société à l’état brut. Sans la mince couche de civilisation qui fait que les relations humaines restent correctes. La violence sur le Net est extraordinaire. C’est l’état primitif de la vie ! C’est le point ultime de la modernité qui nous montre l’état primitif de la société. C’est fascinant. La société sophistiquée peut voir ce qu’elle serait sans sa sophistication.[...] Et cela me rend partisan du suffrage censitaire..."

Alain Minc, dans un entretien donné à Paris Match (28 septembre 2010)

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"Il s'est constitué à cette occasion dans la société française une superclasse dirigeante dont, pour parler comme le sociologue Pierre Bourdieu, la droite constitue la fraction dominante et la gauche, la fraction dominée, mais qui, en toute occasion, défend avec âpreté ses intérêts propres, transcendants par rapport aux péripéties de la démocratie électorale. C'est d'elle que je disais ici même, il y a quinze jours, qu'elle fait régner une connivence de tous les instants entre la banque, les affaires, l'administration, le barreau, la politique, le journalisme, parfois les arts, l'université, l'édition ...

Si vous ne me croyez pas, allez faire un tour, à condition que l'on vous laisse entrer, à l'Automobile Club de France (hôtel Crillon), place de la Concorde, un soir où Le Siècle, le club de cette superclasse dirigeante, se réunit pour dîner. A défaut, vous verrez au moins les chauffeurs des limousines noires qui attendent patiemment la sortie de leurs maîtres. A l'intérieur, des hommes en costume gris et quelques femmes en tailleur sobre échangent des opinions, des adresses, des tuyaux, des services, parfois des fonctions, des positions sociales, voire des amants ou des maîtresses. Dans ce milieu fermé où les socialistes ont leur place à côté des gros bataillons de la droite française, fermente l'idéologie de la classe dominante: modernisme discret, bien-pensance sociale et culturelle, conformisme économique, respect absolu de la puissance de l'argent. La pensée unique, comme dit Jean-François Kahn, est là, et bien là. Il existe, derrière les apparences successives des combinaisons ministérielles, un gouvernement de facto, un gouvernement invisible des élites financières et institutionnelles, qui à défaut de dicter sa loi, fournit la pensée et inspire l'action des élites françaises."

Jacques Julliard, dans l'article DSK, la gauche et l'argent, publié dans Marianne (4 au 10 juin 2011)

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