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Science

  • Pourquoi la technologie n’avance plus...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue cueilli sur Rage et consacré à l'étrange ralentissement du progrès technique. Rage est un site culturel se réclamant d'une esthétique euro-occidentale de droite. Vous pouvez découvrir l'entretien donné à l'OJIM par l'un des animateurs du site : Rage, un nouveau site jeune et anti conformiste

     

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    Pourquoi la technologie n’avance plus

    Pour un amoureux de technologie, les cinquante dernières années ressemblent à une longue et ennuyeuse traversée d’un océan de fades innovations incrémentales, magnifiées par un marketing inventif mais incapables de transformer nos vies.

    Nos véhicules dépendent toujours du pétrole, nos réacteurs nucléaires reprennent les concepts des prototypes des années 1950 et l’agriculture s’embourbe entre marketing de la peur et OGM gadgets. Nos foyers bénéficient du confort des années 60, l’électroménager a peu changé, les robots censés nous libérer des corvées sont tout juste capables d’assurer un service minimum d’entretien des sols en conditions standard. Les technologies numériques semblaient échapper au phénomène, du moins jusqu’en 2010 pour les ordinateurs et 2015 pour les téléphones portables. Les futurologues qui ont bercé notre enfance n’ont pas anticipé la phase de timidité technologique que nous subissons.

    Comment expliquer ce ralentissement du progrès technique ? Ce n’est pas une crise de la méthode scientifique, comme le clament les relativistes. Quand la recherche est libérée de toute contrainte, le progrès peut reprendre son rythme normal et défier les diagnostics des déclinistes. Sans la volonté de génies visionnaires comme Elon Musk et He Jiankui, la voiture électrique serait encore un objet de curiosité et les bébés génétiquement améliorés, un pur fantasme de science-fiction. Les quantités sans précédent de publications scientifiques et de dépôts de brevets, l’augmentation de l’effort de recherche, publique comme privée, devraient générer des ruptures technologiques bien plus fréquentes. Quelque chose cloche, non pas dans la doctrine de la science, mais dans la société qui finance et encadre l’activité scientifique.

    Cette situation perd de son mystère à la lumière de l’analyse archéofuturiste. La coïncidence de l’inhibition de notre force prométhéenne et de la perte de nos repères anthropologiques ne peut être fortuite. Si la science patine, c’est que la société n’est plus capable d’offrir à l’animal humain européen les conditions de son épanouissement. Pour défendre cette thèse, je vais m’appuyer en grande partie sur un article publié dans Quillette par Hans Peter Dietz, professeur d’obstétrique et de gynécologie à l’Université de Sydney.

    À force de nous spécialiser nous devenons plus vulnérables… et c’est la mort

    La raison d’être des civilisations est la résolution de problèmes. Elles seules sont capables de former et d’entretenir des spécialistes de plus en plus performants et de les regrouper dans des organisations. L’accumulation de compétences et de moyens d’action au sein des organisations améliore leur efficacité, mais au-delà d’un certain seuil de spécialisation des agents et d’accumulation d’effectifs, l’inertie de l’ensemble finit par réduire son rendement. Concrètement, les fonctions de contrôle et de régulation deviennent trop efficaces et trop envahissantes pour laisser les fonctions d’exécution travailler ; c’est la masse critique paralysante.

    Les grandes organisations, que ce soient les administrations, les entreprises et les ONG, sont toutes affectées par ce phénomène. Pour sortir de cette impasse, les libéraux proposent une recette simple : la privatisation/externalisation. Le New Space (Space X, Blue Origin) peut apparaître comme un exemple réussi d’externalisation d’une activité entravée par la lourdeur bureaucratique, mais cette solution est illusoire si l’entreprise privée qui reçoit le marché a elle aussi dépassé sa masse critique paralysante. Les résultats lamentables de la privatisation de la fourniture en eau potable en France (augmentation du montant des factures et baisse du niveau de service ) illustrent parfaitement l’impasse d’une simple libéralisation. Confier un service gérable par une petite entité locale à une grande organisation multinationale n’apporte pas les gains de productivité attendus, même dans le cadre d’une privatisation.

    Les laboratoires de recherche occidentaux ont atteint depuis bien longtemps leur masse critique paralysante. Conscients du problème, les technocrates se sont inspirés du secteur privé et ont imposé la recette faussement éprouvée de la privatisation/externalisation. Des laboratoires regorgeant de physiciens et de techniciens de maintenance sont contraints, par contrat, de faire appel à des entreprises de prestation de services pour installer de simples prises de courant. Surcoûts, retards et malfaçons viennent ralentir le travail des chercheurs.

    En Europe les fonctionnaires ont rivalisé d’imagination pour inventer un système particulièrement lourd. Depuis le début des années 80, les laboratoires ne reçoivent plus qu’une partie de leur budget. Pour obtenir le reste, ils sont contraints, sous prétexte d’interdisciplinarité et de lien avec la société civile, de déposer des demandes de financement dans le cadre de projets. Ces derniers sont analysés et sélectionnés par leurs pairs, le tout étant validé par les bureaucrates d’agences comme l’ANR .

    À ses début, le système des appels à projets aboutissait à l’acceptation de plus de la moitié des dossiers, mais avec le temps, il a sans surprise atteint sa masse critique paralysante et les chercheurs doivent aujourd’hui déposer une dizaine de dossiers pour obtenir un financement. Le temps qu’ils consacrent à préparer, suivre et évaluer des projets est délirant. J’ai moi-même dû subir ce processus de sélection dans le cadre d’un projet de recherche collaboratif public-privé. La rédaction de ma part du dossier m’a occupé pendant trois mois. Ces projets de recherche encadrés sont par la force des choses à court terme (5 ans maximum, plutôt 3 en pratique), marginalisant de fait la recherche fondamentale aux résultats plus aléatoires mais dont le potentiel disruptif est incommensurablement supérieur.

    Pour briser la paralysie des institutions, il convient de leur rendre une dimension humaine en les divisant en sous-unités autonomes avec des effectifs inférieurs au nombre de Dunbar. La gestion ascendante doit être la norme, pas l’exception. Même de grandes organisations comme Toyota sont parvenues à introduire avec succès la gestion ascendante locale : près de 700 000 idées sont adoptées chaque année par l’entreprise. Initier la même démarche dans la recherche paraît encore plus simple et prometteur que dans l’industrie. Les chefs (ou les comités de direction) des laboratoires recevraient des budgets garantis sur des périodes longues (5 ans minimum), une large autonomie dans leurs thématiques de recherche, leur management (y compris le recrutement), leurs investissements et leurs politiques coopérations avec d’autres laboratoires, le secteur privé et les échelons administratifs. L’évaluation se ferait à la fin de la période de financement, sur leurs réalisations concrètes (publications, brevets, problèmes résolus). Les scientifiques sont des gens intelligents et autonomes. Ils n’ont pas besoin d’une superstructure qui vérifie leurs faits et gestes (comme leurs dépenses de fournitures), ils sont déjà jugés par la qualité de leurs publications ou l’expertise qu’ils apportent directement à la collectivité.

    La rupture de l’équilibre entre les valeurs masculines et féminines

    Le second frein est la « féminisation » de la société. Dans les États occidentaux modernes, les valeurs de la troisième vague du féminisme (aversion au risque, culte de la victime, inclusivité) dominent les valeurs masculines (performance, prise de risques, hiérarchie). Cette idéologie politique s’est introduite dans les sciences via la superstructure bureaucratique. Largement féminisée, elle s’inscrit dans le cadre des effets de la masse critique paralysante.

    Les grandes découvertes impliquent de grandes prises de risques. Pasteur serait aujourd’hui jeté en prison, ou au mieux, traîné devant un comité d’éthique soucieux de protéger les virus et les bactéries. Le torrent d’indignation qui a sanctionné les exploits de He Jiankui est symptomatique d’une société qui a peur de résoudre ses problèmes (l’inégalité génétique face au QI et aux maladies), confortablement installée dans l’immobilisme et la victimisation.

    Après avoir ravagé l’éducation, l’obsession de l’inclusivité s’attaque maintenant aux laboratoires et aux universités. Le recrutement est conditionné à l’allégeance du candidat à l’idéologie dominante (marxisme culturel) ou à son appartenance à une minorité sexuelle ou raciale. En Australie, les universitaires hommes cisgenres blancs hétérosexuels sont contraints de rédiger des « déclarations de diversité » dans lesquels ils doivent rapporter leurs actions passées en faveur des femmes, des LGBT et des non-blancs. À la baisse du niveau de recrutement dénoncé par Alessandro Strumia viennent s’ajouter des activités de militantisme inclusifs obligatoires et chronophages. Cette politique est en tous points comparable à la science prolétarienne imposée en URSS sous le règne de Lyssenko. Ces échecs cuisants sont autant d’alertes pour l’avenir de la science occidentale.

    Pour liquider ces entraves, nous devons libérer la recherche de toute tentative de profilage idéologique, sexuel ou racial du recrutement. Seules les qualités scientifiques des chercheurs et techniciens doivent rentrer en ligne de compte. Le principe de précaution doit être aboli et les laboratoires protégés efficacement des activistes. La destruction d’équipement et de matériel de recherche doit être très durement sanctionnée, tout autant que doivent l’être les campagnes de diffamation. L’asymétrie entre le discours prudent et réaliste des scientifiques et les déclarations hystérisantes des anti-sciences doit être combattue en exigeant des preuves de danger (on ne milite pas sur des hypothèses) et en sanctionnant les discours fallacieux. La fraude scientifique, comme les falsifications de Pr Federico Infascelli, doit faire l’objet de sanctions exemplaires, comme un bannissement à vie de toute activité de recherche et d’enseignement. Dans l’éducation, les valeurs masculines de rigueur, de travail et de discipline doivent reprendre une place centrale, car ce sont des facteurs de performance incontestables, à l’inverse des délires comme la lutte contre le « racisme institutionnel ».

    La science n’est plus qu’un instrument de gestion du stress social

    Les humains, comme tous les animaux sociaux, tolèrent un niveau limité de stress social. Nos sociétés occidentales modernes, qui regroupent des millions d’individus génétiquement et culturellement diversifiés, imposent à leurs citoyens un niveau de stress social trop élevé. Pour ne pas s’effondrer sous le poids de ces divisions internes, elles sont contraintes de consacrer une part grandissante de leurs moyens financiers et humains pour acheter la paix sociale via des mécanismes de redistribution fiscaux, des quotas ethniques et des actions de communication inclusive.

    De ces efforts pour contenir le stress social émerge un mélange étrange de libre-échange mâtiné de normalisations frénétiques, de militantisme d’État LGBTQQ soutenant activement la bigoterie islamique au nom de la convergence des luttes, et d’État-providence soutenant l’immigrationisme absolu. L’idéologie du vivre-ensemble est creuse, sans esthétique, sans volonté commune, incapable de s’inscrire dans le temps long. Elle n’a d’autre but que sa survie au jour le jour. L’absence d’activation des chaînes de conduction du stress l’empêche de mobiliser les masses dans la résolution de ses problèmes collectifs, ce qui ne l’empêche pas d’aligner de vaines promesses de lendemains qui chantent.

    L’idéologie du vivre-ensemble ne supporte pas la critique. Toute contestation de ses dogmes est sanctionnée par la mort sociale, le licenciement (Alessandro Strumia suspendu du CERN, James Damore licencié de Google) et la censure dans les outils de communication numériques (Génération Identitaire exclu des réseaux sociaux). Cette politique du bouc émissaire est indispensable pour maintenir la société en équilibre, car non seulement elle brise la résistance de la majorité européenne, mais surtout, elle soude des minorités qui n’ont fondamentalement rien en commun.

    Dans de telles conditions, la paralysie de la recherche n’a rien d’étonnant : elle n’est plus qu’un instrument de gestion du stress social. Cette situation est particulièrement flagrante dans la recherche agronomique et énergétique. L’ADEME produit des rapports aisément débunkables, mais conformes aux promesses populistes d’un monde sans nucléaire et sans énergies fossiles. L’INRA n’est plus quant à elle qu’une centrale de promotion de l’agriculture biologique, ratant par la même occasion la révolution de l’agriculture écologiquement intensive.

    Une société stable

    La force des Européens est notre capacité à nous remettre en cause, à analyser nos erreurs, à renverser les vieilles traditions et les idées reçues. La société du vivre-ensemble, handicapée par son instabilité fondamentale, dépend de l’uniformité idéologique de surface. Dans ce cadre, nos qualités naturelles n’ont plus d’espace pour s’exprimer, car elles contredisent le software qui soutient à grand peine la société. L’analyse archéofuturiste amène à soutenir le modèle inverse : une société doit bénéficier d’une stabilité fondamentale et hardware, d’une identité, et ensuite seulement elle pourra supporter la conflictualité idéologique et spirituelle au niveau software, d’où elle puisera son dynamisme.

    Répartir l’humanité en unités homogènes concurrentes ne sera en rien un frein au progrès. Dans son livre « De l’inégalité parmi les sociétés », Jared Diamond explique le retard technologique et industriel de la Chine à partir du 16ème siècle par un excès d’unité politique en Asie. Sans État concurrent (les seules puissances susceptibles de la bousculer, le Japon et la Corée, avaient choisi l’isolationnisme total après la guerre de 1592-1598), l’État impérial chinois, sous l’influence des eunuques, a fait le choix de maximiser sa stabilité interne (55 minorités ethniques doivent cohabiter au sein de la Chine contemporaine) au détriment de son dynamisme économique et technologique. À la même époque, l’Europe était divisée en une dizaine de nations concurrentes soumises à une rude compétition militaire et économique, qui interdisait toute politique d’isolement et de statu quo technologique. Le projet mondialiste censé libérer la croissance et l’innovation place l’Occident dans la situation de la Chine du 17ème siècle. Géant bedonnant, castré, l’Occident est confortablement étourdi dans son espace de confort mental. Espérons que nous n’ayons pas à attendre un sac du Palais d’Été pour nous réveiller.

    Techno-prêtre Liet-Kynes (Rage, 28 mars 2019)

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  • Philosophie et idéologies trans/posthumanistes...

    Les éditions Vrin viennent de publier un essai de Gilbert Hottois intitulé Philosophie et idéologies trans/posthumanistes. Philosophe, spécialiste de la question de la techno-science, Gilbert Hottois a notamment dirigé l'Encyclopédie du trans/posthumanisme (Vrin, 2015).

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    " Jusqu'ici, c'est principalement outre-Manche et outre-Atlantique que des philosophes se sont efforcés d'élaborer la nébuleuse trans/posthumaniste en un discours cohérent argumenté prenant en charge des questions indispensables à notre temps et fécondes pour l'avenir. Le transhumanisme n'est pas la pensée d'un seul. Ses idées s'expriment à partir de nombreux champs disciplinaires : médecins, ingénieurs, entrepreneurs, biologistes, philosophes, théologiens, informaticiens, roboticiens, etc. En même temps, il ouvre la voie pour une approche intégrée, unifiée, d'idées autrement éparses et morcelées : de la métaphysique à l'éthique et au politique en passant par des analyses relatives à l'épistémologie, à l'anthropologie, à l'esthétique, aux philosophies de la technique, du langage et de la religion. Est propre au transhumanisme l'accentuation des technologies matérielles qui invitent à repenser l'anthropologie philosophique sous l'angle de la technique. Prendre au sérieux le transhumanisme invite à se méfier également de sa rhétorique technolâtre, prophétique ou commerciale, et des procès faciles et répétés qui lui sont adressés. Loin du court-termisme idéologique et utopiste, le trans/posthumanisme renvoie à la temporalité de l'Evolution ainsi qu'à celle de la science elle-même, empirique, laborieuse, provisoire, invitant à un transhumanisme prudent, patient, persévérant et modeste. "

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  • Le peuplement de la planète et la diversité de notre espèce...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous une conférence donnée au Musée de l'homme en juillet 2016 par Evelyne Heyer, biologiste française spécialisée en anthropologie génétique. Dans cet exposé passionnant, l'oratrice rappelle notamment que la répartition de la population humaine entre les différents continents coïncide avec des différences génétiques marquées et qu'on peut ainsi identifier cinq (et même sept) groupes distincts, qui correspondent aux groupes raciaux classiques que les anthropologues avaient définis dès le milieu du XIXe siècle.

     

                                       

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  • Notre existence a-t-elle un sens ?...

    Les éditions Fayard rééditent, dans leur collection de poche Pluriel, un essai de Jean Staune intitulé Notre existence a-t-elle un sens ?. Diplômé en mathématiques, sciences politiques et paléontologie, Jean Staune, qui enseigne la philosophie des sciences à HEC, est l'auteur de Au-delà de Darwin (Jacqueline Chambon éditions, 2009).

     

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    " Jean Staune nous fait voyager à travers l'infiniment petit et l'infiniment grand, les sciences de la vie et les sciences de la conscience. Un parcours fascinant qui nous amène à une incroyable conclusion : la vision classique que nous avons aujourd'hui de l'homme et du monde est aussi inexacte que pouvait l'être au Moyen Âge celle d'un Univers de petite dimension dont la Terre occupait le centre ! La vision nouvelle issue de cette synthèse nous décrit un monde ouvert sur d'autres niveaux de réalité, où notre conscience ne se résumerait pas à l'activité de nos neurones, où la vie serait inscrite dans les lois de l'Univers.
    De telles découvertes, qui selon de nombreux scientifiques permettent un " réenchantement du monde ", ont de très grandes implications philosophiques et sociétales. Parmi celles-ci, la possibilité d'un rapprochement, après des siècles de séparation, de nos connaissances rationnelles et des intuitions des grandes traditions religieuses, pour contribuer à donner aux hommes du XXIe siècle une vision unifiée et cohérente du monde. "

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  • La liberté dans l'évolution...

    Les éditions Wildproject viennent de publier un essai de Kinji Imanishi intitulé La liberté dans l'évolution. Ecologiste, anthropologue et primatologue japonais, mort en 1992, Kinji Imanishi est l'auteur d'une théorie écologique de l'évolution. Le même éditeur a déjà publié en 2011 un autre de ses essais, Le monde des êtres vivants.

     

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    " Le testament philosophique du plus célèbre naturaliste japonais. Peut-on réduire l'évolution du vivant aux mécanismes extérieurs de la sélection . L'évolution pourrait-elle être conçue, non comme un simple mécanisme, mais comme une initiative du vivant ? À la fin d une vie consacrée à l'étude de la nature, Imanishi examine et met au clair ses convictions sur l'évolution. En revendiquant pour le vivant la qualité de sujet, il choisit de s'opposer au dualisme néo-darwinien. Pour Imanishi, il s'agit d entrer dans le monde de chaque espèce, où elle forme avec son milieu une unité concrète qu il appelle sumiwake, écospécie. Le travail d'Imanishi converge avec la mésologie d Augustin Berque (étude des milieux vécus), qui travaille aujourd'hui à l'articulation entre histoire naturelle et histoire humaine. "

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  • Génétique et criminalité, contre la chasse aux sorcières...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli sur le site du Nouvel Économiste et consacré aux recherches scientifiques sur l'existence d'une prédisposition génétique à la criminalité...

     

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    Génétique et criminalité, contre la chasse aux sorcières

    Publiée en octobre 2014 dans la revue Molecular Psychiatry, sous la direction du professeur Jari Tiihonen (service des neurosciences du Karolinska Institutet, Suède), une étude majeure relance une fondamentale question, presque aussi ancienne que la criminologie elle-même : y a-t-il d’irrémédiables “gènes de la violence” ? Naît-on criminel en raison de ses gènes ? Le devient-on du fait des circonstances, ou bien de son enfance ?

    Avant de présenter cette étude, le criminologue doit ici lancer un cri d’alarme, visant à éviter à la société française un désastre analogue à celui qu’elle a subi, et subit encore, dans le domaine voisin de l’autisme.

    Voisin, car dans les deux cas, de sectaires idéologues ont usé et usent de violences verbales, de menaces et d’intimidations – voire lancent de vraies chasses aux sorcières – pour interdire toute approche génétique et imposer une vision archaïque, purement psychanalytique (autisme) ou fondée sur le seul déterminisme social (criminologie).

    Un utile rappel car pour l’autisme, les adeptes du tout-psychanalytique font tout pour occulter la catastrophe qu’ils ont provoquée. Pendant trente ans et plus en effet, ces extrémistes de la psychanalyse ont imposé à la psychiatrie française une doctrine pour laquelle “le facteur qui précipite les enfants dans l’autisme est le désir de ses parents qu’il n’existe pas”. La terrible sentence est de leur gourou Bruno Bettelheim, qui popularisa aussi celle, toute aussi affreuse, de “mère frigidaire”.

    Au passage, on reconnaît ici la commune passion de tous ces ayatollahs psy ou sociologues-critiques : celle de culpabiliser ; la mère dans le cas de l’autisme, les citoyens honnêtes, dans celui du crime.

    En matière d’autisme, il faudra attendre 2012 – alors que partout ailleurs dans le monde, le tyrannique et manipulateur M. Bettelheim était discrédité – pour que le tout-psychanalytique soit enfin désavoué en France, au profit d’approches génétiques et épidémiologiques. Pour la présidente d’Autisme-France, le résultat est clair : notre pays “a quarante ans de retard, le chantier est phénoménal”.

    Évitons le même triste sort pour l’approche génétique de la criminologie, car à coup sûr, notre biologie, nos gènes et notre anatomie cérébrale influent sur nos comportements violents ; et des études comme celle du prof. Tiihonen et de ses collègues européens et américains aideront à expliquer et motiver l’acte criminel violent.

    Même si aujourd’hui rien – et surtout pas l’étude du prof. Tiihonen – ne laisse augurer de futurs dépistages génétiques anti-crime, il importe donc, dans l’intérêt même de notre vie sociale, d’étudier au plus près la part génétique dans les comportements criminels.

    Le cadre de l’étude

    C’est la première de ce type portant sur un si grand nombre de criminels violents : environ 900 Finlandais emprisonnés pour de tels crimes ; eux-mêmes comparés à des malfaiteurs non violents et à la population générale. Notons ici que les violeurs sont exclus de cette étude et que 20 % des détenus sollicités ont refusé d’y participer.

    L’étude intègre d’éventuels facteurs environnementaux (alcoolisme, toxicomanie, personnalité antisociale, maltraitance infantile, etc.), mais qui n’affectent pas vraiment ses résultats.

    Une question cependant : la Finlande est un pays ethniquement homogène ; quel résultat attendre d’un pays hétérogène comme le Brésil ? Pour de tels pays, une autre étude serait nécessaire.

    Résultat de l’étude

    Deux gènes mutés ont l’effet le plus important sur des comportements agressifs violents. Ils sont présents avec “une fréquence nettement plus élevée” chez les malfaiteurs violents.

    Les gènes en cause :

    – Maoa : il commande la production d’un enzyme (monoamine-oxydase) intervenant dans l’élimination de neurotransmetteurs comme la sérotonine ou la dopamine. La déficience de cet enzyme du fait du gène muté provoque une hyperactivité de la dopamine, cas déjà décrit et relié au risque d’épisodes violents.
    – CDH 13 (Cadherin 13) : ce gène est impliqué dans les troubles du contrôle de l’impulsivité (poussant à l’abus de l’alcool ou à l’usage de stupéfiants, amphétamines, surtout).

    Constatations positives :

    - De 5 à 10 % minimum de tous les crimes violents commis en Finlande le sont par des porteurs de ces gènes mutés.

    - Les porteurs de ces gènes mutés ont 13 fois plus souvent un passé d’agresseurs violents que les non-porteurs.

    - L’association gènes mutés-violence est la plus étroite pour les criminels les plus agressifs. Au sommet du groupe violent, les 78 individus ayant (au total) commis 1 154 homicides ou tentatives, agressions violentes, etc. sont tous porteurs du gène Maoa muté.

    - Idem, pour un groupe de contrôle de 114 auteurs d’au moins un homicide ; les malfaiteurs non violents n’ont en général pas ce profil génétique.

    Motifs de prudence

    Ces gènes mutés abondent dans la population générale considérée : jusqu’à un individu sur cinq les porte. Or la grande majorité de ces porteurs, même de combinaisons génétiques à haut risque, n’agressera ni n’assassinera jamais.

    Directement ou non, des dizaines, voire des centaines d’autres gènes peuvent influer sur l’agressivité ou la violence, mais pas autant.

    Le groupe le plus violent de l’étude comprend quand même des non-porteurs des gènes mutés.

    L’effet des gènes mutés porterait sur 5 à 10 % de la centaine de facteurs théoriques de risque de violence estimés, pour un individu.

    Cette étude révèle ainsi un modèle nouveau, selon lequel divers facteurs génétiques prédisposeraient (à quel point ?) au crime.

    Mais la justice, dans tout cela ?
    Intéressantes pour des magistrats, de telles études ne sauraient, à court terme, les bouleverser. Rappelons pour conclure que le juge doit d’abord établir si l’accusé comprend ou non les conséquences de son acte ; s’il contrôle ou pas ses pulsions et son comportement. La justice apprécie ainsi la responsabilité pénale d’un individu, et pas un risque génétique.

    Xavier Raufer (le Nouvel Économiste, 12 janvier 2015)

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