Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Gabriele Adinolfi à Breizh-Info à l'occasion de la sortie de son nouvel essai, décapant et stimulant, La révolution silencieuse (Editions du Paillon, 2026).
Essayiste, théoricien et ancien activiste politique italien, Gabriele Adinolfi, qui est l’auteur notamment des Pensées corsaires (Editions du Lore, 2008), de Années de plomb et semelles de vent (Les Bouquins de Synthèse nationale, 2014) et de Le défi du futur (Éditions Synthèses, 2023), est rédacteur en chef de la revue Polaris et dirige le centre d’études éponyme. Il est aussi l'initiateur et l'animateur du réseau européen des Lansquenets.

Gabriele Adinolfi : « L’utopie simpliste du souverainisme constitue un instrument de sabotage »
Breizh-info.com : Vous écrivez : « Nous assistons à des réajustements naturels, qui ne sont pas immédiatement, ni forcément politiques » tout en évoquant « un risque de logique binaire et antagoniste qui manipule cette pulsion pour la transformer en un dualisme paralysant où ses acteurs se neutralisent« . Qu’est-ce à dire ?
Gabriele Adinolfi : Simplement que la réalité n’a jamais été aussi grossière et manichéenne qu’on la présente aujourd’hui dans le royaume des réseaux sociaux et du web, où l’on choisit systématiquement entre le blanc et le noir, sans plus chercher à développer une pensée qui ne soit pas un assemblage de slogans rageurs et hystériques.
Nous pouvons aisément le constater chez les partis populistes, qui se nourrissent d’accusations simplistes, de plaisanteries dignes du café-théâtre et qui proposent d’absurdes oppositions entre le peuple et les élites. Ils ignorent totalement les processus historiques et civiques et font preuve d’un profond analphabétisme économique. Ils récupèrent ainsi une contestation qu’ils ne parviennent jamais à orienter stratégiquement, mais à laquelle ils attribuent volontiers des accents prophétiques dans un décor d’Apocalypse, comme s’il s’agissait d’une version, à la Woody Allen, du peuple élu en captivité.
Ils n’apportent aucune véritable solution, ni aucune perspective à l’indignation et à l’exaspération générales ; bien au contraire, ils les mettent au service même de ce qu’ils prétendent combattre.
Il suffit de penser au cas grotesque de l’AfD en Allemagne. Alors que la politique et la culture sont en crise à cause du wokisme, le principal parti populiste est dirigé par une lesbienne mariée à une immigrée, qui défend les droits LGBT et Israël, éprouve une certaine nostalgie de la Stasi et bénéficie du soutien des Américains ! En France, on n’en est peut-être pas à ce point, mais il y a aussi de quoi sourire, si l’on ne veut pas sombrer dans le tragique.
Nous vivons une période de transition qui affecte aussi bien les cultures et les sociétés de nos nations que les relations internationales. Pourtant, sous l’effet de la stupidité binaire et du simplisme démagogique, tout cela est gaspillé de manière désastreuse, précisément au moment où des millions de voix se portent sur des forces politiques qui se révèlent dépourvues de sens dès l’instant où elles sont appelées à gouverner.
Le désastre du gouvernement « jaune-vert » en Italie est emblématique [alliance entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue de 2018 à 2019, ndT], mais il ne semble pas avoir beaucoup servi de leçon. Nous n’avons pas besoin de démagogues, mais de responsables capables de réformer, voire de révolutionner. Le problème est que l’on ne pense plus qu’à hurler et à vociférer, en se contentant de se donner mutuellement raison au sein de véritables ghettos virtuels.
Breizh-info.com : Vous opposez l’extrémisme, au radicalisme et à la révolution. Dans un pays comme la France, où, malheureusement le radicalisme est souvent exclusivement associé à l’islamisme, une petite parenthèse s’impose. Pourriez-vous éclairer nos lecteurs ?
Gabriel Adinolfi : Être radical, c’est avoir des racines, s’enraciner et agir à partir de ses racines. L’extrémiste, en revanche, est quelqu’un qui aime jouer les fanfarons, vociférer et, d’une certaine manière, faire le pitre. Pour Lénine, l’extrémisme était la maladie infantile du communisme, et l’on ne peut certainement pas accuser Lénine d’avoir été un modéré !
D’ailleurs, il existe plusieurs formes d’extrémisme. Lorsqu’il procède d’une conscience réelle des principes qui ont façonné une pensée, son exacerbation peut certes provoquer des dégâts, mais ceux-ci demeurent limités. En revanche, lorsqu’il ne repose sur aucun principe fondateur, l’extrémisme se réduit à une simple agitation.
Un individu exalté qui s’en prend à ce qu’il considère, dans sa construction mentale et celle de son propre ghetto idéologique, comme la cause de tous les maux et qu’il estime devoir éliminer n’est, au fond, qu’un être qui s’agite et se consume dans l’amertume de sa propre impuissance chronique. Il n’a jamais une perception juste de son adversaire, ne connaît rien au véritable terrain d’action et, surtout, ne possède aucune alternative idéale ou existentielle à lui opposer — chaque jour, dans le réel, et non dans un hypothétique lendemain. Il n’est rien : il est un « anti- », mais il n’est pas.
Ce n’est pas un hasard si, dans cette droite que je qualifie de « terminale », chaque débat finit par tourner autour de la question de savoir qui est le véritable ennemi. Plus personne ne sait qui il est lui-même, à quelle tradition il appartient ni quelles perspectives créatrices il est capable d’offrir.
C’est pourquoi cette « droite terminale » vit, depuis des décennies, dans la frustration, le ressentiment, l’aigreur et le désespoir. Peut-être pourrait-on dire que son trait le plus caractéristique est tout simplement le malheur.
S’enraciner signifie bien d’autres choses, toutes positives. Cela signifie aussi exorciser le spectre du « deep power », cette découverte récente du populisme, qui semble oublier qu’il a toujours existé et qu’il est bien plus important que des institutions interchangeables au gré des élections. Être radical ne consiste pas seulement à incarner une autre vision idéale ; cela signifie aussi construire, dans la vie quotidienne, des réalités solides, structurées et durables, afin de contester concrètement le monopole exercé par d’autres au sein du « deep power ».
Celui qui s’enracine ne fait pas de bruit : il consolide. Évidemment, ceux qui ne voient que les apparences ignorent qu’il existe, à travers l’Europe, différentes réalités national-révolutionnaires profondément enracinées dans leur environnement, agissant à contre-courant avec efficacité. J’en parle dans mon livre.
Breizh-info.com : « Les défauts, les limites, les distorsions comme les potentialités de Bruxelles sont déterminés par nous tous — et non l’inverse « . À rebours des discours souverainistes et anti-européistes, vous prétendez que l’édifice européen est le reflet des politiques nationales et l’expression des classes dirigeantes de chaque pays. Les citoyens ont donc tort de voir en cet édifice une superstructure qui impose ses directives sans véritable consultation démocratique ?
Gabriele Adinolfi : Indépendamment du fait que le processus historique de l’Union européenne trouve ses origines en 1940 et que, contrairement à ce qu’affirment les souverainistes, il a toujours été combattu par les Américains, ce que j’avance n’est nullement une affirmation philosophique. La Commission européenne, à Bruxelles, est élue par le Parlement européen, lequel est élu par les citoyens des États membres. Elle reflète donc l’ensemble des réalités nationales, avec toutes leurs limites et leurs déformations. Qu’elle devienne ensuite une sorte de porte-voix ne signifie pas que ce qu’elle diffuse ne provienne pas directement de ceux qui la portent, c’est-à-dire des différents systèmes nationaux européens, avec leurs bourgeoisies atteintes d’un véritable SIDA spirituel et culturel, un mal qui ne vient pas de l’Union européenne mais qui s’y déverse, comme partout ailleurs.
La fable selon laquelle on ne sait trop qui — et je sais bien que certains, à coups de clins d’œil partagés et de coups de coude complices, prétendent « savoir » de qui il s’agit ; c’est tellement plus commode… — aurait construit l’Union européenne dans le but de détruire les nations, est totalement dépourvue de fondement.
Comme je l’explique en détail dans mon livre « La Révolution silencieuse« , il faut distinguer la dynamique européenne — que je considère depuis toujours comme profondément positive — du modèle institutionnel, lequel, lui, doit être révolutionné. Mais prétendre que, parce que nous rejetons un certain modèle, la dynamique européenne elle-même, et plus encore l’appartenance à l’Europe, seraient condamnables, revient à dire que si quelqu’un n’aime pas la Ve République, il devrait quitter la France ou chercher à la détruire.
Sans même prendre en compte la dimension historique et politique, cette dynamique est précisément ce qui a permis de dépasser, au moins en partie, la condition de servitude qui nous a été imposée à Yalta à partir de 1945. C’est aussi pourquoi l’utopie simpliste du souverainisme constitue un instrument de sabotage entre les mains des puissances qui sont hostiles à notre civilisation.
Breizh-info.com : L’Union européenne est fréquemment perçue comme une instance décisionnelle fantomatique, voire nocive, dont les décisions ont fortement sapé les structures industrielles nationales à l’instar des sanctions économiques suicidaires imposées à la Russie, qui impactent de plein fouet les entreprises en provoquant une augmentation drastique de leur facture énergétique. Dans votre livre, vous faites au contraire la liste des avancées, des programmes et des partenariats réalisés au sein de l’UE. N’allez-vous pas vite en besogne ?
Gabriele Adinolfi : Je réaffirme que je ne suis pas un défenseur du modèle actuel de l’Union européenne et que je suis favorable à son dépassement. À son dépassement, non à son démantèlement.
À l’exception des sanctions contre la Russie qui, du point de vue économique et énergétique, peuvent être interprétées de différentes manières mais qui, sur le plan politique, représentaient le minimum indispensable de ce qui devait être fait, on continue à présenter les décisions économiques des prétendues élites comme si elles relevaient de simples caprices ou de complots. Or, ce sont malheureusement les lois du capitalisme qui sont à l’œuvre, et nous subissons tous — autre point que j’explique dans mon livre — la montée en puissance de l’Asie ainsi que notre propre déclin démographique.
Certaines décisions, qui me paraissent désastreuses, notamment dans le domaine industriel, ne sont pas prises ainsi parce qu’il existerait une volonté dirigiste de l’Union européenne ; elles le sont précisément parce que cette volonté fait défaut et empêche une stratégie commune.
J’explique également dans mon livre que, parmi les deux grandes lignes de fracture qui structurent la situation internationale, l’une d’elles remet en jeu certains « players » dans le cadre du multialignement et se révèle, de ce fait, plutôt favorable à l’Europe. Les agressions inconsidérées de la Russie contre l’Ukraine et au Sahel, menées avec le large assentiment des États-Unis, ont contribué à relancer un protagonisme européen qui se développe parallèlement aux institutions existantes et en contournant les traités.
Cela démontre qu’il est nécessaire d’aller au-delà de l’Union européenne telle qu’elle existe aujourd’hui, mais surtout que les trajectoires américaine et européenne sont, objectivement, divergentes.
Breizh-info.com : Vous appelez de vos vœux une transformation en profondeur de l’Union européenne, sans « la démolir, ni la saboter ». Mais avec des systèmes démocratiques complètement verrouillés, comment de nouvelles classes dirigeantes pourraient-elles s’imposer ?
Gabriele Adinolfi : Il n’existe pas, et il n’a jamais existé, de système qui ne soit pas « verrouillé ». Pourtant, tous finissent par changer sous la force des choses, à travers la crise spirituelle et culturelle de ceux qui les administrent, ainsi que par le réveil vitaliste d’avant-gardes au sein des peuples.
Ce sont là des signes que je crois discerner. Encore faut-il être capable de respirer avec son époque, de percevoir les ferments du réveil lorsqu’ils apparaissent, sans plaquer sur le réel des schémas momifiés et en dépassant les réflexes conditionnés.
Sur ce point également, je constate l’effondrement d’un certain milieu enfermé dans la logique de ce que j’appelle la « droite terminale ». On reproche aux systèmes qui nous déplaisent de ne pas être démocratiques et l’on poursuit une sorte de pureté démocratique qui, non seulement n’a jamais existé, mais constitue en elle-même une aberration. Ce n’est pas ainsi que l’on entre en concurrence avec un système ; la confrontation se joue à un niveau bien plus profond.
Comment faire ? Je ne suis pas un visionnaire, mais certaines choses me paraissent parfaitement claires et, pour ma part, je m’efforce d’y contribuer concrètement. Là encore, dans mon livre, les exemples pratiques ne manquent pas. Je crois même qu’il s’agit de la partie la plus intéressante de l’ouvrage, bien que ce soit aussi celle sur laquelle on m’interroge le moins.
Breizh-info.com : Vos détracteurs vous reprochent une forme de « russophobie ». En affirmant que la critique de l’OTAN repose sur des « mystifications » et en qualifiant la Russie de puissance « anti-européenne » historiquement hostile à nos libertés, ne risquez-vous pas de sous-estimer l’impérialisme américain au sein de l’alliance atlantique ?
Gabriele Adinolfi : Mais c’est précisément l’inverse ! Quiconque m’a écouté ou lu depuis le 24 février 2022 ne peut pas ne pas avoir compris que mon accusation envers la Russie est d’être le « collègue junior » et le service CRS des Américains !
Ce sont les Russes qui ont ressuscité l’OTAN et qui ont provoqué son élargissement ; ce sont eux qui ont rompu les ponts avec nous, et non l’inverse. Ce n’est pas ma faute si l’histoire n’enseigne rien et si presque personne ne prend le temps d’observer les éléments, de relier les faits et d’en tirer les conséquences.
Je comprends que, pour un courant qui ne possède pas d’idées propres mais seulement des contre-idées, disposer d’un parrain, éventuellement capable de le financer avec quelques sous, comme la Russie, soit très pratique. Mais si, au lieu de lire ce que disent des propagandistes sectoriels comme Douguine (tout en détournant le regard lorsqu’il affirme que les Africains sont supérieurs aux Européens), ils suivaient la propagande officielle du Kremlin et les décisions politiques qu’il prend réellement, ils ne pourraient plus être pro-russes.
Il suffit de penser à l’exaltation de l’immigration subsaharienne qui a accompagné, au Niger, l’abolition du délit de trafic d’êtres humains dès la chute du pays sous influence russe. Cette évolution a également été accompagnée par les déclarations officielles de Lavrov et de Poutine lui-même sur les Européens qui devraient être punis pour les crimes coloniaux, ainsi que sur la nécessité de l’avènement, chez nous, d’une civilisation parfaite qui serait, selon eux, métissée.
Que les Russes n’aient jamais considéré les Américains comme leurs véritables ennemis — eux qui leur fournissent d’ailleurs de l’uranium destiné à leurs bombes atomiques — est une évidence. Tout comme il est évident que leur ennemi déclaré c’est nous, les Européens. Pas l’Union européenne : l’Europe.
Le Kremlin a précisé qu’il s’agissait de l’Europe des cinq derniers siècles, allant même jusqu’à y inclure les Croisades.
Mais il y a plus encore. On a volontairement ignoré toutes les déclarations et toutes les décisions israéliennes qui, dès le premier jour du conflit, ont été systématiquement favorables à la Russie. On n’a pas compris qu’il existe une chaîne de pouvoir, héritière de celle de Yalta, qui relie des centres de décision américains, russes et israéliens, tous unis avant tout — et de manière fanatique — contre l’Europe.
Je retourne donc la critique aux pro-russes : ne comprenez-vous pas que c’est précisément vous qui, en réalité, soutenez l’impérialisme américain ?
Breizh-info.com : Vous faites état du manque de colonne vertébrale idéologique et de formation au sein des mouvements populistes et identitaires et vous déplorez que la conscience doctrinale ait été remplacée par une forme d’instinct. On ne saurait vous donner tort, mais comment y remédier ?
Gabriele Adinolfi : La tentation qui me vient spontanément est de dire : aller voir un psychiatre. Car depuis la chute du mur de Berlin, au moment même où les faits nous ont donné raison sur tant de points, on a préféré l’antagonisme bavard à toute forme de protagonisme. Et ce n’est pas un problème idéologique, mais un symptôme psychique préoccupant.
Si l’on effaçait tout ce qui a été affirmé dans un certain milieu depuis 1990, ce ne serait peut-être pas une mauvaise chose : car presque tout cela ressemble à une sorte de virus provoquant une immunodéficience.
Cependant, parce que je vois dans de nombreux pays d’Europe de très jeunes personnes à l’esprit libre, dotées d’une juste perception des choses et capables de s’orienter vers les fondamentaux de notre civilisation ainsi que vers la tradition historico-politique qui devrait être la nôtre — pas seulement sous la forme de tatouages — je suis devenu optimiste. Mais il faut malgré tout agir sur soi-même pour sortir de la torpeur acide que nous nous sommes imposée.
Là encore, je crois avoir apporté une réponse dans mon livre. Je ne suis pas en train d’en faire la promotion, ce qui me répugne ; c’est simplement que je devrais faire des copier-coller et qu’à la fin l’interview deviendrait interminable.
Breizh-info.com : Vous avez coutume de dire que notre pire ennemi, c’est nous-mêmes. Mais, votre ouvrage, loin d’être un simple constat de nos faiblesses, est aussi un message pour les nouvelles générations de militants et celles qui ont vocation à le devenir. Un mot de la fin à leur attention ?
Grabriele Adinolfi : En réalité, je ne m’adresse pas aux jeunes générations : j’essaie plutôt de recevoir le message qu’elles portent, un message qui existe, parfois de manière subtile, mais qui est bien réel et souvent positif. Lorsque je rencontre des jeunes lors de mes conférences — beaucoup de lycéens, mais parfois même des adolescents de treize ou quatorze ans — j’ai l’habitude de leur dire que ce sont précisément les réseaux sociaux qui les ont sauvés. Ceux-ci se sont développés en séparant des générations qui, en utilisant certains réseaux et pas d’autres, finissent par s’ignorer complètement. Car nous, avec notre lourdeur, notre aigreur et notre défaitisme cosmique, n’avons pas eu la possibilité de les déformer.
Je suis heureux de contribuer à leurs croissances autonomes et singulières avec mon expérience, mais c’est leur message concret que je cherche à percevoir, bien davantage que d’en lancer un moi-même.
Une révolution silencieuse repose avant tout sur la capacité à écouter et à vibrer ensemble, non sur la prétention d’endoctriner de la part de ceux qui généralement n’ont jamais l’honnêteté, humilité ni le courage de se remettre continuellement en question.
Nous devons sortir de la mentalité et de l’existence fossilisées qui se sont imposées à nous dans cette phase terminale.
Gabriele Adinolfi, propos recueillis par Audrey d'Aguano (Breizh-Info, 31 juillet 2026)
