Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Entretiens - Page 3

  • Jean-Yves Le Gallou : « Identitaires de tout pays, unissez-vous ! »

    Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Jean-Yves Le Gallou à Breizh-Info à l'occasion de la sortie de son essai Remigration - Pour l'Europe de nos enfants (Institut Iliade/La Nouvelle Librairie, 2026).

    Remigration 4.jpg

    « Identitaires de tout pays, unissez-vous !» : Jean-Yves Le Gallou défend la remigration pour l’Europe de nos enfants

    Breizh-info.com : Vous aviez consacré vos précédents ouvrages à la préférence nationale, puis à la préférence de civilisation. Pourquoi la remigration aujourd’hui, et pourquoi sous la forme d’un livre court — cent vingt pages — que vous revendiquez comme un manifeste plus que comme un essai ? Qu’est-ce qui, dans le contexte politique de 2026, vous a convaincu qu’il était temps de passer de l’analyse à la proclamation ?

    Jean-Yves Le Gallou : L’urgence, l’urgence, l’urgence. Si on poursuit ainsi, entre 2030 et 2050, les nouveau-nés européens seront progressivement minoritaires dans les maternités de tous les pays d’Europe. Il faut s’organiser pour éviter cela (par la remigration) ou y faire face (par la communautarisation). C’est vrai que je traite depuis plus de 40 ans de cette question à travers livres, discours, actions. Cela m’a valu d’être banni pour « extrémisme » par la bien-pensance médiatique alors que mes analyses péchaient par optimisme et ont été démenties par une réalité PIRE que celle que j’entrevoyais .

    Breizh-info.com : Le mot « remigration » reste, pour le grand public, un terme flou, voire repoussoir. Vous en proposez une définition, une généalogie et une justification. Si vous deviez expliquer en quelques phrases à un lecteur qui découvre ce concept — ce parent qui vote encore LR que vous évoquez vous-même — ce que recouvre exactement la remigration, et surtout ce qu’elle ne recouvre pas, comment formuleriez-vous cette définition ?

    C’est simple ! C’est ce qu’on a appelé par le passé l’inversion des flux migratoires : plus de sorties que d’entrées ! Il faut procéder par étape :

    -l’interruption des entrées nouvelles (500 000 par an), la grande pause,

    -l’expulsion des clandestins (plus d’un million),

    -l’expulsion des délinquants,

    -le non renouvellement des titres de séjour de ceux des étrangers qui vivent de l’aide sociale et qui plombent nos systèmes sociaux

    -et à la fin du processus le retour de ceux des immigrés à la deuxième génération qui sont à la fois inassimilés et hostiles.

    Bien sûr les Français d’origine étrangère assimilés ne sont pas concernés par cette politique qui au demeurant sera bienfaisante pour eux.

    Quant au « parent LR » qui hésite demandez-lui s’il souhaite pour ses enfants, ses petits-enfants et tous ces descendants le sort des Blancs d’Afrique du sud. Et accessoirement où habite-t-il et où scolarise-t-il sa marmaille ? Nous nous ne laissons plus culpabiliser, culpabilisons-les !

    Breizh-info.com : Vous rappelez que jusque dans les années 1970, ce que l’on appelle aujourd’hui remigration relevait simplement de la pratique administrative ordinaire en Europe occidentale. Comment expliquez-vous que ce qui allait de soi il y a un demi-siècle soit devenu, en quelques décennies, un tabou absolu ? Y a-t-il eu, selon vous, un basculement identifiable — une décision, une loi, un traité, une doctrine — ou s’agit-il d’une dérive diffuse, culturelle autant que juridique ?

    Jean-Yves Le Gallou : A partir des années 1970, et dans la foulée de mai 1968, on a assisté à la mise en place d’une idéologie dominante, mondialiste, cosmopolite et droit de l’hommiste, ne voulant prendre en compte que les seuls intérêts des individus d’où qu’ils viennent. La distinction entre le national et l’étranger a été progressivement abolie et même condamnée par la loi Pleven de 1972. Là-dessus le Conseil d’Etat a ouvert un droit A l’immigration au titre du regroupement familial et de l’asile. C’est open bar !

    Breizh-info.com : Vous identifiez dans votre livre le principal obstacle à toute politique de remigration : non pas l’opinion publique, mais le pouvoir des juges — Conseil d’État, Conseil constitutionnel, CEDH. D’où votre formule, appelée à faire date : plutôt que le FREXIT, un « JUGEXIT ». Concrètement, à quoi ressemblerait ce JUGEXIT ? S’agit-il de réviser la Constitution, de dénoncer des traités, ou de porter un rapport de forces politique qui obligerait le gouvernement des juges à reculer ?

    Jean-Yves Le Gallou : Le JUGEXIT c’est le retour de la souveraineté du peuple à travers ses lois qui doivent s’imposer aux juges. Comment ? Par une réforme de la constitution :

    -interdisant, comme l’avait voulu le général de Gaulle, au Conseil constitutionnel de censurer le contenu des lois,

    -rétablissant la suprématie de la loi postérieure sur le traité antérieur,

    -interdisant aux juges -administratifs et judiciaires – sous peine de forfaiture de ne pas appliquer le texte des lois votées sous prétexte qu’elles seraient contraires à l’idée que ces fonctionnaires de justice se font de textes généraux.

    Breizh-info.com : Vous citez la Suède et le Danemark comme des exemples de politiques que l’on peut déjà qualifier de remigratoires. Or ces deux pays ont mené ces politiques sans sortir ni de l’Union européenne, ni de la CEDH. Cela signifie-t-il que la marge de manœuvre juridique est plus large qu’on ne le dit, et que ce qui manque à la France n’est pas le droit, mais la volonté politique ? Qu’est-ce qui, selon vous, distingue la situation scandinave de l’impuissance française ?

    Jean-Yves Le Gallou : Il y a plus que de l’impuissance française, il y a de la part des oligarchies médiatiques, administratives, judiciaires françaises la volonté d’en faire toujours plus pour les « migrants ». Le parlement européen a adopté à la majorité des droites (groupes patriotes et PPE) une directive-retour plus restrictive : les autorité macronistes ont immédiatement fait savoir qu’elles ne l’appliqueraient pas. Vous le voyez, pas besoin de FREXIT pour être encore plus laxiste que l’Union européenne… Et pour mémoire en Grande Bretagne il y avait 300 000 entrées annuelles d’étrangers du tiers-monde avant le BREXIT, 600 000 après. Il ne faut pas opposer les Européens entre eux, il faut les unir autour de la défense de leur identité commune.

    Breizh-info.com : Parmi vos propositions figurent l’arrêt de l’immigration (« la Grande Pause »), le renvoi des clandestins, la déchéance de nationalité pour les criminels et des aides au retour. Ces mesures, prises séparément, figurent déjà dans les programmes de plusieurs formations européennes, y compris modérées. Qu’est-ce qui, dans votre livre, transforme cet inventaire pragmatique en véritable doctrine de rupture ? Est-ce l’ensemble, la cohérence, ou la philosophie qui les sous-tend ?

    Jean-Yves Le Gallou : Il ne faut pas seulement pérorer, il faut agir. Rompre avec la doxa universaliste. Et réaffirmer le droit du peuple historique à la continuité. Le peuplement européen vient du fond des âges : 40 000 ans pour nos ancêtres chasseurs cueilleurs (Chauvet, Lascaux), 9 000 ans pour nos ancêtres agriculteurs anatoliens (Le mégalithes, Cnossos), 5 000 ans pour les Indo-Européens (nos langues, notre vue du monde). La chrétienté s’est constamment protégée des invasions musulmanes au sud-ouest (la Reconquista, 9 siècles), en méditerranée (Lépante, 1571) à l’est dans les Balkans (Vienne, 1683). Le peuplement européen est resté à l’abri des invasions extérieures jusqu’aux années 1960 quand la Grande Bretagne et la France se sont ouvertEs à l’immigration.

    Breizh-info.com : Les contradicteurs de la remigration lui opposent deux arguments récurrents : un argument moral — on ne peut pas défaire ce qui a été fait, notamment pour les personnes nées en France — et un argument pratique — c’est irréalisable à l’échelle voulue. Comment répondez-vous à ces deux objections ? Et quelle distinction établissez-vous entre l’étranger en situation régulière, le binational, le naturalisé récent et le citoyen né sur le sol français ?

    Jean-Yves Le Gallou : Pour les titulaires de la carte d’identité issus d’Afrique ou d’Asie je distingue trois cas :

    -ceux qui sont à la fois inassimilés et hostiles - les racaillisés en quelque sorte – ils doivent être déchus de la nationalité et être rapatriés sur la terre de leurs ancêtres ;

    -ceux qui sont inassimilés sans être hostiles, il faut les encourager, pour leur bien (et le nôtre) à repartir et les aider s’il le faut dans cette démarche volontaire ;

    -ceux qui sont assimilés et qui bien sûr peuvent rester.

    Breizh-info.com :  Martin Sellner signe la préface de votre livre en écrivant : « Rien ne peut arrêter une idée dont l’heure est venue. » Votre ouvrage s’inscrit donc explicitement dans une dynamique européenne — autrichienne, allemande, italienne, scandinave — qui dépasse le strict cadre français. Diriez-vous qu’il existe aujourd’hui une véritable internationale de la remigration, avec ses réseaux, ses penseurs, ses points d’appui politiques ? Et la France, dans ce paysage, est-elle à l’avant-garde ou à la traîne ?

    Jean-Yves Le Gallou : OUI ! Identitaires de tout pays, unissez-vous ! Voilà ma recommandation. La France a été plutôt à l’avant-garde du combat intellectuel avec des penseurs comme Guillaume Faye ou Renaud Camus et les travaux des identitaires. Aujourd’hui l’autrichien Martin Sellner et la néerlandaise Eva Vlaardingerbroek sont à la pointe de ce combat métapolitique. Et certains grands partis comme l’AFD en Allemagne ou le FPOE en Autriche ont inscrit la remigration à leur programme. Bravo ! A part Reconquête ce n’est pas le cas en France. Par paresse intellectuelle ou manque de courage moral, les lubies assimilationnistes complètement ringardes servent encore de béquilles à d’autres.

    Breizh-info.com : Vous présentez la remigration comme un « mythe mobilisateur » capable de dépasser les divisions internes au camp national — souverainistes, identitaires, chrétiens, laïcs, écologistes, libéraux, étatistes. N’y a-t-il pas un risque que cette fonction fédératrice dilue, à l’usage, la radicalité du propos ? Et concrètement, comment amener à la même table un catholique traditionaliste et un libéral agnostique, un jacobin et un régionaliste — un Breton attaché à sa langue et à sa terre, par exemple — autour d’un même horizon politique ?

    Jean-Yves Le Gallou : Comment se mettre à la même table ? C’est simple : autour de l’essentiel : la défense de l’identité ethnique, culturelle, civilisationnelle, religieuse, des Européens. Regardez : la plus grande manifestation identitaire en France, c’est le colloque de l’Institut Iliade, plus de 1500 personnes autour de conférences, de stands, de libraires et d’artistes. Chacun y vient avec sa sensibilité mais tous sont en accord avec la défense de notre identité.

    Breizh-info.com : La conclusion de votre livre affirme que « toutes les grandes victoires des deux derniers millénaires ne vaudront rien si nous perdons ce combat. Ni les Thermopyles, ni Poitiers, ni Vienne, ni Lépante ne furent plus importants que notre lutte. » C’est une déclaration d’une extrême gravité. À quelle échéance pensez-vous qu’il sera trop tard ? Quel est, selon vous, le point de non-retour démographique, culturel, politique — et sommes-nous déjà en train de le franchir, ou reste-t-il une fenêtre ouverte pour « l’Europe de nos enfants » ?

    Jean-Yves Le Gallou : Il ne sera jamais trop tard ! tant qu’il restera des Européens de sang et d’esprit alors la grande aventure européenne pourra repartir !

     

    Jean-Yves Le Gallou, propos recueillis par Yann Vallerie (Breizh-Info, 24 avril 2026)

    Lien permanent Catégories : Entretiens 0 commentaire Pin it!
  • Qu'est-ce que la Nouvelle Droite ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par François Dambelin au site de la revue Éléments à l'occasion de la publication de son essai intitulé La Nouvelle Droite - Un panorama historique et métapolitique (Institut Iliade/La Nouvelle Librairie, 2026).

    Dambelin_La Nouvelle Droite.jpg

     

    François Dambelin : qu’est-ce que la Nouvelle Droite ?

    ÉLÉMENTS : Comment définiriez-vous la Nouvelle Droite : un courant de pensée, une école, une sensibilité, une méthode ?

    FRANÇOIS DAMBELIN. Le GRECE, groupement de recherches et d’études pour la civilisation européenne, qui est le noyau originel de ce que l’on appelle la Nouvelle Droite, s’est toujours vu comme une communauté de travail et de pensée, ayant la volonté de développer une nouvelle vision du monde s’appuyant sur un corps de doctrines, jamais figées, abordant tous les domaines de la vie de l’esprit et de la science. L’ambition initiale est bien de devenir une école de pensée, « une sorte de synthèse de l’École de Francfort, de l’Action française et du CNRS », comme le rappelait Alain de Benoist, presque cinquante ans plus tard dans Mémoire vive. Ce n’est évidemment pas un hasard s’il donne à la revue d’études qu’il fonde en 1968, à côté du GRECE, le titre de Nouvelle École.

    Aujourd’hui, alors que le GRECE s’est effacé depuis près de vingt ans, il est plus juste de qualifier la Nouvelle Droite de courant de pensée.

    Mais la méthode d’action reste la même, celle du combat des idées pour défaire l’idéologie dominante, qui combine économisme, individualisme et universalisme et qui étouffe l’Europe.

    ÉLÉMENTS : Quels en sont les grands axes intellectuels qui la distinguent des autres droites, conservatrice ou libérale ? Quelle est sa singularité ?

    FRANÇOIS DAMBELIN.

    Parmi les grands axes intellectuels que l’on peut citer et qui la distingue des autres droites :

    • la vision de l’Europe comme une communauté de peuples frères partageant des origines communes mais aussi une culture, un imaginaire et des mythes communs ;

    • l’attachement à l’idée d’empire, qui, mieux que l’idée de nation, est à même de garantir l’organisation souveraine de l’espace géopolitique européen en respectant sa complexité et sa diversité ;

    • la place accordée au réalisme biologique, qui n’est pas un réductionnisme, mais la simple reconnaissance de la part animale de l’homme et de l’importance de l’héritage génétique ;

    • la reconnaissance de l’appartenance identitaire comme enracinement dans une communauté humaine organique, une histoire, une culture, un terroir, des paysages ;

    • le choix de l’antiracisme différentialiste, qui consiste à prendre en compte et à accepter les différences qui existent entre les individus et entre les groupes d’individus pour permettre leur coexistence harmonieuse ; il en découle évidemment le refus de tous les formes de colonisation ;

    • la recherche systématique de la tierce voie pour s’affranchir des alternatives « bétonnées » ;

    • le refus de la marchandisation du monde (quand tout a un prix et plus rien n’a de valeur, selon la formule d’Alain de Benoist) qui passe par un rejet absolu du libéralisme et par la recherche d’une économie organique, encastrée dans la société et soumise au politique ;

    • et enfin, pour terminer, la conception polythéiste (ou païenne) du monde. Il s’agit là d’une singularité profonde et essentielle de la ND, comme l’ont très bien vu deux observateurs étrangers, auteurs de livres solides sur notre courant de pensée1, et non d’un simple « folklore » comme semble le penser Mathieu Bock-Côté (Éléments n° 218). C’est parfaitement cohérent, en effet, de rejeter des monothéismes universalistes qui arasent les différences et les identités et de leur préférer les valeurs et les normes qui se cachent derrière les visages de nos dieux et de nos héros ancestraux. Il ne s’agit pas de mettre entre parenthèse les deux millénaires chrétiens, il s’agit de les dépasser pour « reprendre le fil d’une culture trouvant en elle-même ses raisons suffisante ».

    C’est une simple esquisse, très personnelle. Il faudrait écrire un livre pour répondre !

    ÉLÉMENTS : Pourquoi avoir fait le choix de la métapolitique plutôt que celui de l’engagement politique direct ? Comment définiriez-vous cette « métapo » ? La Nouvelle Droite aurait-elle renoncé au pouvoir ? Vous montrez néanmoins que ses idées ont infusé : peut-on parler aujourd’hui d’une victoire culturelle sans victoire politique ?

    FRANÇOIS DAMBELIN. Les fondateurs du GRECE ont été pendant les années 60 de jeunes militants révolutionnaires, des soldats politiques, qui ont tout sacrifié à leur engagement pendant près de dix ans. Les échecs qu’ils ont rencontrés, comme la lecture collective de Gramsci, leur ont permis de comprendre qu’aucune victoire politique sérieuse n’était envisageable sans avoir, au préalable, conquis le pouvoir culturel. Ils se sont donc lancés dans le combat des idées, le combat métapolitique, en forgeant d’abord une vision du monde novatrice et cohérente pour défier les idéologies dominantes.

    Comme le disait Jean-Claude Valla, grand journaliste, qui fut le premier secrétaire général du GRECE, la métapolitique, c’est « le domaine des valeurs qui ne relèvent pas du politique, au sens traditionnel de ce terme, mais qui ont une incidence directe sur la constance ou l’absence du consensus social régi par le politique ». Le travail métapolitique, c’est, en quelque sorte, ce qui permet de faire bouger la fenêtre d’Overton.

    Ceux qui mènent le combat métapolitique n’ont donc pas pour objectif de prendre le pouvoir, mais d’imposer une nouvelle vision du monde. Ce sera à d’autres de donner une traduction politique à ce basculement.

    Pour le moment, malheureusement, on en est encore loin. Il y a des prises de conscience (la « politique civilisationnelle »), des percées ici ou là, des escarmouches victorieuses et quelques succès tactiques, mais la victoire n’est pas encore à portée de main. Le système idéologique de la gauche morale, libérale et universaliste tient toujours et conserve le soutien de la très large majorité des élites. On peut donc se demander sur quels changements concrets pourra déboucher dans ces conditions une victoire du courant national-populiste dont les « convictions » évolutives restent de toute façon assez éloignées de celles de la ND…

    ÉLÉMENTS : La Nouvelle Droite est souvent associée à certaines figures, à commencer par Alain de Benoist : peut-on parler d’une école structurée ou d’un archipel de penseurs ?

    FRANÇOIS DAMBELIN. L’école structurée de la ND française a plus ou moins disparu au début des années 90. Il reste un courant ou une mouvance. Alain de Benoist, avec son œuvre imposante riche et diverse et ses revues Krisis et Nouvelle École, en est le pôle principal. Mais il y a aussi la revue Éléments qui est devenue un pôle d’attraction en fédérant autour d’elle des essayistes, des journalistes et des publicistes et l’Institut Iliade qui, avec sa mission de formation, fait émerger de nouveaux talents et devient également un pôle de production d’idées avec sa revue théorique, Cahier d’études pour une pensée européenne. Parmi les jeunes plumes qui ont émergé au cours des dix dernières années dans notre mouvance, c’est sans conteste Guillaume Travers qui m’impressionne le plus. Ses essais ou ses articles pour Nouvelle École et Éléments sont toujours remarquables et novateurs.

    Mais il serait réducteur de ne parler que de la France. La ND est depuis longtemps un courant de pensée européen, une « Révolution conservatrice » à l’échelle du continent. Et depuis quelques années, grâce, notamment, au travail de l’Institut Iliade et d’un réseau de maisons d’éditions comme La Nouvelle Librairie, JungEuropa, Passagio Al Bosco, Arktos et d’autres, les essais importants publiés ici ou là en Europe deviennent accessibles à tous les néo-droitistes européens. C’est une véritable révolution, que je trouve particulièrement enthousiasmante !

    ÉLÉMENTS : Le double moment, populiste et identitaire, contemporain valide-t-il certaines intuitions anciennes de la ND ?

    FRANÇOIS DAMBELIN. La montée en puissance de la question identitaire a été perçue très tôt par la ND. Je me souviens du texte d’une allocution prononcée par Alain de Benoist au colloque du GRECE en 1985, intitulé « Réflexions sur l’identité nationale » qui se terminait par la formule suivante : « SOS Racisme disent certains. Nous répondons : SOS Racines. »

    Quant à la question du populisme, il me semble qu’elle est apparue dans un numéro d’Eléments (n° 84) du milieu des années 90 dont le dossier était consacré à l’insécurité sociale. Dans son éditorial, Robert de Herte notait « une désaffection de plus en plus générale de la société globale vis-à-vis des élites, et tout spécialement d’une classe politique convaincue de ne plus être aujourd’hui qu’un relais politique des marchés financiers ». Les germes de la révolte populiste étaient là et Alain de Benoist a approfondi cette thématique tout au long des années qui ont suivi.

    ÉLÉMENTS : La Nouvelle Droite est-elle toujours vivante ? Sous quelle forme : mouvement, héritage ou climat d’idées ?

    FRANÇOIS DAMBELIN. Comme j’ai devant moi le directeur de la revue Éléments, qui vient de sortir son deux-cent-dix-neuvième numéro et que nous sommes au colloque de l’Institut Iliade qui grouille de monde, avec beaucoup de jeunes et une quasi-parité entre les sexes, je pense que vous ne me démentirez pas si je dis que la ND est bien vivante. Elle a évidemment évolué, s’est parfois un peu diluée, mais une chose est sûre, elle empêche toujours de dormir les flics du politiquement correct et les curés de la bien-pensance !

    François Dambelin, propos recueillis par François Bousquet (Site de la revue Éléments, 20 avril 2025)

    Note :

    1. Tomislav SUNIC, Against Democracy and Equality: The European New Right, Peter Lang Publishing, New York, 1990 ; et Pawel BIELAWSKI, European apostasy – The role of religion in the european New Right, Arktos, London, 2025.

    Lien permanent Catégories : Entretiens 0 commentaire Pin it!
  • Iran : décrypter le conflit...

    Dans son émission Fenêtre sur le monde, Jean-Baptiste Noé, rédacteur en chef de la revue Conflits, recevait Xavier Raufer, criminologue, directeur d'études au CNAM et bon connaisseur du Moyen-Orient, pour évoquer avec lui le conflit qui oppose les États-Unis et Israël à l'Iran.

                                                   

    Lien permanent Catégories : Entretiens, Multimédia 0 commentaire Pin it!
  • Moyen-Orient, terrorisme, élites : comprendre le chaos mondial...

    Le 14 avril 2026, Pierre Bergerault recevait, sur TV libertés, Pierre Conesa à l'occasion de la publication de son essai intitulé Petit traité de géopolitique pour les (vraiment) nuls (et les décideurs politiques) (L'aube, 2026).

    Agrégé d'histoire et énarque, Pierre Conesa a fait partie dans les années 90 de la Délégation aux affaires stratégiques du Ministère de la défense. Il est l'auteur de plusieurs essais, dont, notamment, Dr. Saoud et Mr. Djihad - La diplomatie religieuse de l'Arabie saoudite (Robert Laffont, 2016), Hollywar - Hollywood, arme de propagande massive (Robert Laffont, 2018), Le lobby saoudien en France - Comment vendre un pays invendable (Denoël, 2021), Vendre la guerre - Le complexe militaro-intellectuel (L'aube, 2022) et État des lieux du salafisme en France (L'aube, 2023).

     

                                                  

    Lien permanent Catégories : Entretiens, Multimédia 0 commentaire Pin it!
  • Guerres à répétition : peut-on isoler Israël ?...

    Le 7 avril 2026, Edouard Chanot recevait, sur TV libertés, Laurent Ozon pour évoquer avec lui les hypothèses de sortie du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran.

    Essayiste et analyste politique, tenant d'une écologie localiste et identitaire, premier promoteur de l'idée de remigration, Laurent Ozon est l'auteur de l'excellent essai intitulé France, années décisives (Bios, 2015) et tout récemment de Les néoconservateurs - Une élite impériale (Géopolitique profonde, 2025).

     

                                                

    Lien permanent Catégories : Entretiens, Multimédia 0 commentaire Pin it!
  • Face au Grand Remplacement, une seule solution : la remigration !...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Jean-Yves Le Gallou à Tocsin le 24 mars 2026 dans lequel il évoque la nécessité de la remigration pour stopper le Grand Remplacement.

    Ancien haut-fonctionnaire, président de la Fondation Polémia, Jean-Yves Le Gallou a, notamment, publié La tyrannie médiatique (Via Romana, 2013),  Immigration : la catastrophe - Que faire ? (Via Romana, 2016), Européen d'abord - Essai sur la préférence de civilisation (Via Romana, 2018), Manuel de lutte contre la diabolisation (La Nouvelle Librairie, 2020), Mémoires identitaires (Via Romana, 2025) et, dernièrement, Remigration - Pour l'Europe de nos enfants (Iliade/la Nouvelle Librairie, 2026).

     

     

                                             

    Lien permanent Catégories : Entretiens, Multimédia 0 commentaire Pin it!