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Entretiens - Page 5

  • Alain de Benoist : « la guerre culturelle n’a été gagnée que par défaut »

    Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Alain de Benoist à l'Observatoire du journalisme pour évoquer la question de la guerre culturelle...

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    Alain de Benoist : « la guerre culturelle n’a été gagnée que par défaut »

    Face à l’ « extrême droite », le milliardaire Matthieu Pigasse veut « mener la guerre culturelle », et cela « jusqu’au bout ». D’ailleurs, Les Inrockuptibles (dont il est propriétaire) titrent sur « La culture contre les fachos » avec une pétition signée par les actrices Camille Cottin ou Judith Godrèche, et par l’humoriste Guillaume Meurice. 600 personnalités du cinéma s’indignent dans Libération contre Vincent Bolloré, craignant une « uniformisation » de la production.

    Dans les médias et sur le tapis rouge, la bataille d’influence fait rage. L’OJIM s’est tourné vers Alain de Benoist, souvent mis en cause dans les médias dominants pour avoir théorisé la « guerre culturelle » dès les années 60. Né en 1943, essayiste et journaliste français, fondateur de la revue Éléments, il est le principal théoricien de la Nouvelle Droite et l’auteur d’une œuvre abondante.

    Entretien

    Qu’est-ce qui se joue ? L’hégémonie culturelle ou la survie d’une caste ?

    Les deux sont liées, mais je dirais avant tout la survie d’une caste. Depuis des décennies, l’idéologie dominante a pris la forme, dans le domaine de la culture, d’un micro-milieu politico-idéologico-médiatique qui cultive l’entre-soi comme la chose la plus naturelle du monde. Tocqueville disait que, dans une société égalitaire, même les inégalités minuscules apparaissent comme un scandale. Ici, c’est un peu la même chose : alors que le libéralisme progressiste est, non seulement majoritaire, mais quasiment en situation de monopole dans le domaine culturel, la moindre fenêtre de liberté qui s’ouvre quelque part suscite des protestations indignées sur le thème de : comment est-ce possible ? Mais qu’est-ce qui se passe ?

    CNews, dont il y aurait beaucoup à dire (et pas forcément en bien), est à peu près la seule chaîne télévisée, parmi des centaines d’autres, où l’on entend parfois des propos qui vont à contre-courant. Cela suffit à donner des vapeurs aux fonctionnaires de l’idéologie des droits de l’homme, à susciter des plaintes en rafales, des dénonciations de sycophantes professionnels, des appels à la censure et des listes noires. Et comme nous vivons dans un monde d’hystérisation grandissante des rapports sociaux, on monte tout de suite aux extrêmes : Bolloré a racheté deux maisons d’édition, à quand la réouverture des camps ? Tout cela est évidemment ridicule. Le peuple n’y comprend rien et s’en fout complètement. La seule chose que les gens retiennent tient dans ce simple constat : la vérité est ailleurs.

    Alain de Benoist, Vous avez été journaliste, essayiste, éditeur, vous avez fondé un cercle de réflexion (le G.R.E.C.E.). La « guerre culturelle », vous la vivez depuis un demi-siècle, et d’ailleurs vous en avez fait les frais, ayant été visé par de nombreuses campagnes médiatiques diffamantes. Votre analyse doit-elle être mise à jour ?

    Je ne le crois pas, mais il faut évidemment prendre en compte les faits nouveaux. Le rôle des réseaux sociaux, d’abord, qui favorisent la surenchère dans la brutalité manichéenne et servent de caisses de résonance aux diffamations les plus éhontées en s’érigeant en tribunaux permanents, où toute accusation vaut condamnation. Mais le principe de base est toujours le même : la culture est porteuse d’images, de valeurs et de thèmes qui, à la longue, finissent par imprégner l’imaginaire symbolique et modifier les comportements collectifs. L’enjeu de la culture culturelle, depuis toujours, c’est l’hégémonie.

    Aujourd’hui l’hégémonie appartient toujours, non à « la gauche » comme on le dit trop facilement, mais à un camp progressiste qui, faute d’avoir encore quelque chose à dire, se contente de faire tourner le moulin à prière en répétant les mêmes mantras (« antiracisme », théorie du genre, valeurs « républicaines », universalisme). Ce camp est dominant, mais il se sent menacé. Les privilégiés ont peur de perdre leurs privilèges, les mutins de Panurge (Philippe Muray) de perdre leurs subventions. À force de chauffer la banquise, ils constatent qu’elle est en train de fondre sous leurs pieds. Comme les chiens qui craignent de perdre leur os, ils montrent les dents. C’est tout à fait normal : s’ils étaient vraiment forts, ils pourraient se payer le luxe d’être indifférents. Il faut plutôt s’en réjouir, leur système finira par imploser, la boue accumulée finira par sécher.

    Des médias comme Radio Nova usent de l’humour, volontiers choquant et brutal. Des médias d’une gauche plus modérée dénoncent un retour à l’antisémitisme ? Peut-on rire de tout ?

    La réponse que donnait Pierre Desproges est bien connue, mais elle ne me satisfait pas. Oui, bien sûr, on devrait pouvoir rire de tout, mais cela ne veut pas dire que tout soit risible. Nous sommes dans une époque où tout ce qui était naguère naturellement honoré et respecté est tourné en dérision. La dérision est une infirmité de l’âme. Charlie Hebdo est libre de publier ce qu’il veut, mais je suis de ceux qui pensent que le rôle de l’école n’est pas de montrer aux élèves des caricatures qu’ils jugent blasphématoires. Dans toute société normale, il y a une zone de sacré ; elle doit être interdite d’accès à ceux qui veulent la profaner comme d’autres pissent sur la tombe du Soldat inconnu. Les humoristes actuels ne font rire que les esprits bas. Et puis, rappelons-le, on n’est pas sur terre uniquement pour rigoler !

    Quelle stratégie métapolitique préconisez-vous aujourd’hui à ceux qui refusent à la fois l’uniformisation libérale-progressiste et le simple miroir inversé d’une « droite de combat » purement réactive ? Vous semblez dénoncer le penchant de nos contemporains pour la facilité.

    La seule stratégie, c’est le travail et la création de qualité. Beaucoup de gens « de droite » pensent aujourd’hui qu’ils sont en passe de gagner la « guerre culturelle » ? Mais de quelle guerre parlent-ils ? Quelle bataille a t-on gagné lorsque ce qui fait autorité dans le système médiatico-politique continue de ne se référer qu’à des « autorités incontestables » qui pensent le contraire de ce que pensent la majorité des gens ? La vérité est que la guerre culturelle n’a au mieux été gagnée que par défaut. La gauche progressiste a perdu, la droite conservatrice n’a pas gagné. L’adversaire n’a pas été battu, il s’est effondré de lui-même. Mais il n’en a pas pour autant perdu le pouvoir. Quand « la droite » pourra aligner quelques dizaines de chercheurs, de philosophes, de sociologues, de politologues, de biologistes et de physiciens susceptibles d’énoncer une conception du monde alternative à celle qui domine aujourd’hui, on pourra en reparler. Mais je ne crois pas que ce soit pour demain.

    Alain de Benoist (Observatoire du journalisme, 21 mai 2026)

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  • Bock-Côté pessimiste joyeux...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Mathieu Bock-Côté à Régis Le Sommier sur Omerta, dans lequel il évoque son dernier livre intitulé Le pessimiste joyeux (Fayard, 2026).

    Québécois, Mathieu Bock-Côté est sociologue et chroniqueur et est déjà l'auteur de plusieurs essais comme Le multiculturalisme comme religion politique (Cerf, 2016), Le nouveau régime (Boréal, 2017), L'empire du politiquement correct (Cerf, 2019) ou Le Totalitarisme sans le goulag (Presses de la Cité, 2023).

     

                                               

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  • Trump - Xi : finance vs industrie, qui prend l'avantage ?...

    Le 18 mai 2026, dans l'émission Politique & Eco sur TV libertés, Pierre Bergerault,  recevait Hervé Juvin pour évoquer avec lui le face-à-face américano-chinois, soit la confrontation entre finance américaine et puissance industrielle chinoise...

    Économiste de formation et ancien député européen, Hervé Juvin est notamment l'auteur de deux essais essentiels, Le renversement du monde (Gallimard, 2010) et La grande séparation - Pour une écologie des civilisations (Gallimard, 2013) et d'un manifeste localiste intitulé Chez nous ! - Pour en finir avec une économie totalitaire (La Nouvelle Librairie, 2022).

     

                                              

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  • Nicolas Pouvreau-Monti : « L’immigration est l’enjeu du siècle pour la France »...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous l'entretien donné à Rodolphe Cart, pour Omerta, par Nicolas Pouvreau-Monti, directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, à l'occasion de la sortie de son enquête Immigration - Mythes et réalités (Fayard, 2026).

     

                                                 

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  • Élections présidentielles 2027 : Jean-Luc Mélenchon peut-il l’emporter ?...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous l'entretien donné au site de la revue Éléments par Rodolphe Cart, à l'occasion de l'annonce par Jean-Luc Mélenchon de sa candidature à l'élection présidentielle. Rodolphe Cart est l'auteur d'un essai intitulé Mélenchon, le bruit et la fureur - Portraits d'un révolutionnaire (La Nouvelle Librairie, 2025).

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    Élections présidentielles 2027 : Jean-Luc Mélenchon peut-il l’emporter ?

    ÉLÉMENTS. Après avoir feint de vouloir « passer la main » à la jeunesse en 2023, Jean-Luc Mélenchon, 74 ans, a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle. Cette annonce vous a-t-elle surprise ? Quelqu’un d’autre pouvait-il envisager d’être le candidat LFI pour cette échéance ?

    RODOLPHE CART. Absolument pas. Comment l’homme qui a échoué, en 2022, à 400 000 voix pour accéder au second tour de l’élection présidentielle aurait-il pu laisser passer la chance de tenter le coup une nouvelle fois ? D’élection présidentielle en élection présidentielle, Mélenchon est l’homme qui monte en puissance. Dès 2012, il fait 11 % avec son Front de gauche (alliance avec les écologistes et les communistes) – quand, à titre de comparaison et malgré une campagne réussie, Zemmour n’est parvenu qu’à 7 % lors de sa première candidature. En 2017, ce n’est plus que 600 000 voix qui lui manquent pour s’opposer à Macron. Cela aurait provoqué un bouleversement total de la vie politique française. Depuis son départ du PS en 2008, il ne pense qu’à prendre le pouvoir et à l’exercer. Alors qu’il ne lui reste plus qu’une marche pour accéder au second tour, il était inimaginable qu’il laisse sa place.

    ÉLÉMENTS.  Qu’avez-vous pensé de son passage au JT de TF1 dimanche ? Peut-on déduire de sa prestation une ébauche de stratégie en vue de l’élection ?

    RODOLPHE CART. Plutôt bonne. Il est apparu dans la posture du sage, de l’homme conscient de son âge et qui en joue – notamment vis à vis de possibles adversaires plus jeunes comme Jordan Bardella. D’ailleurs, son choix de costume, en délaissant la veste IIIe République pour reprendre un costume plus traditionnel, augure une campagne de surplomb et de volonté de se monter au-dessus de la mêlée – tout en dépendant largement des évènements, comme lors du meurtre de Quentin Deranque. Dernièrement, il a consolidé son socle selon les moments politiques et les élections mineures. L’électorat de Mélenchon est hétéroclite, et il a besoin de mythes politiques divers pour les mobiliser. Si le palestinisme fut incarnée par Rima Hassan, et que le bloc fait autour de Raphaël Arnault permit d’en rajouter une couche sur l’antifascisme, la mise en avant de Bally Bakayoko a offert un visage à la « Nouvelle France ». La figure de Mélenchon doit rassembler tous ces « camps ». Toutefois, il reste un autre électorat à aller chercher : les abstentionnistes, ce fameux « quatrième bloc » théorisé par Manuel Bompart. Ici, la « normalisation » du RN va lui permettre de jouer la carte de la politique de rupture offerte aux Français lassés du « système politico-médiatique ». Ainsi, dernièrement, on l’a vu essayer de séduire les « petits patrons ».

    ÉLÉMENTS.  Quels sont, selon vous, les atouts et les faiblesses de cette candidature ?

    RODOLPHE CART. Mélenchon fait les choses dans l’ordre. Avant de penser à devenir président, il fait déjà tout faire pour accéder au second tour. Rappelons qu’il est un homme traumatisé par 2002, et la « surprise Jean-Marie Le Pen » . Il connaît cet enseignement éternel de la politique : ne jamais jouer le second tour avant le premier.

    Derrière tous les portraits que j’ai fait de Mélenchon dans mon livre, on retrouve toujours le même visage déterminé et implacable : celui du « stratège ». Réduire Mélenchon à sa figure tribunitienne est une sottise. En attendant son heure, Mélenchon voit son parti comme une structure organisée et disciplinée pour influencer le débat politique, par la conflictualité et la radicalité, pour créer un climat favorable à ses idées. Chaque insoumis doit être un sans-culotte, une tricoteuse, un faiseur de journée en puissance. On retrouve ici le trotskiste tendance lambertiste qu’il a été dans sa jeunesse.

    De plus, la FI est une organisation structurée, avec une équipe de parlementaires nombreux, sans parler d’un réseau de cadres formés qui peut s’appuyer sur une logistique impressionnante.

    ÉLÉMENTS. Dans l’hypothèse d’une confrontation entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ou Jordan Bardella au second tour de l’élection présidentielle, l’ensemble des sondages prédisent une large voire très large victoire du candidat du Rassemblement national. Êtes-vous d’accord avec ces prévisions ?

    RODOLPHE CART. Pas tout à fait. Diverses études politiques nous l’ont démontré, la mémoire électorale d’un électeur est d’environ 6 mois. Même si je pense que la victoire serait difficile pour la FI, l’écart serait moindre que celui acctuellement annoncé. L’affaire du meurtre de Quentin Deranque nous en a donné l’exemple : le mythe antifasciste tourne encore à plein (médias, politiques, société civile, syndicats, Université, monde scientifique, influenceurs, sportifs, culture, etc.). Quant à l’électorat social-démocrate ou libéral du Centre, même s’il peut détester Mélenchon, une fois dans l’isoloir, il votera sans doute néanmoins à gauche. Je pense donc que l’on verra, au second tour, un recentrage de Mélenchon, mais surtout un nouveau  et énième « barrage » républicain contre la « menace fasciste ».

    ÉLÉMENTS. En cas de défaite dans les urnes du candidat « insoumis » face au RN, un « appel à la rue » et une situation de violence révolutionnaire sont-ils envisageables ?

    RODOLPHE CART. Mélenchon a impulsé quelque chose dans la gauche et la jeunesse, c’est indéniable. Mais cela peut-il entraîner une bascule dans une forme de résistance – et pourquoi pas violente ? – d’une partie de la gauche militante et des banlieues en cas d’arrivée au pouvoir du camp national ? Difficile à dire… En tout cas, depuis des années, Mélenchon multiplie les appels à la désobéissance, à la résistance, et même à l’insurrection – morale, dans un premier temps – en cas d’« arrivée au pouvoir de l’extrême droite ». Si Mélenchon sait qu’il doit tenir sa langue pour ne pas déraper, on sent, derrière lui, que toute une frange de ses soutiens n’a pas les mêmes pudeurs.

    Sur le sujet, on se souvient des mots Raphaël Arnault, ancien porte-parole de la Jeune Garde antifasciste et désormais député Nouveau Front populaire de la première circonscription du Vaucluse (après un parachutage). Devant une quarantaine de personnes, accompagné par Mathieu Molard, journaliste au média d’extrême gauche StreetPress, les deux hommes discutaient d’une possible arrivée au pouvoir en 2027 du camp national. Après la proposition d’un membre du public de « viser les leaders [d’extrême droite] », Arnault sourit : « Je ne vais pas dire ça ici… » Enivré par l’auditoire, il finit par se laisser aller : « On a du mal avec la violence à gauche parce qu’on rêve d’un monde sans violence. Mais face à des collectifs qui sont ultra-violents, la violence est justifiée !».

    En tout cas, Jean-Luc Mélenchon chercherait certainement à faire aboutir une nouvelle configuration de la politique française avec un affrontement Droite/Gauche exacerbée, afin d’en finir avec la tripolarisation de la France qui induit des blocs relativement étanches, un manque d’électorat pivot capable de faire basculer une élection, et surtout l’absence de majorité claire). Aussi, Mélenchon veut tout faire pour sortir de l’affrontement Bloc populaire/Bloc élitaire, qui le dessert largement – les insoumis disent souvent que ce sera « Eux » ou « Nous » et donc, en clair, dans leur imaginaire fantasmatique, « Hitler ou le Front populaire ». C’est sûrement dans cette perspective que l’on pourrait voir éclater des « violences » de toute sorte. Car tout bon marxiste le sait : « la violence est l’accouchement de toute vielle société grosse d’une société nouvelle».

    Rodolphe Cart, propos recueillis par Xavier Eman (Site de la revue Éléments, 7 mai 2026)

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  • Iran, Liban : le chaos de Trump ?...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous Le samedi politique de TV Libertés, diffusé le 9 mai 2026 et présenté par Élise Blaise, qui recevait Régis Le Sommier pour évoquer la situation géopolitique provoquée par la guerre des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran...

     

                                             

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