Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Métapo infos - Page 550

  • Face à l’invasion, les Grecs peuvent compter sur la solidarité des peuples européens !...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Paul Tormenen, cueilli sur Polémia et consacré à la menace d'invasion migratoire qui pèse sur l'Europe à la frontière de la Grèce avec la Turquie. Paul Tormenen est juriste.

     

    Grèce_Frontière.jpg

    Face à l’invasion, les Grecs peuvent compter sur la solidarité européenne

    La France est un pays formidable. Alors qu’en ce début du mois de mars, un pays européen est agressé par la Turquie, les médias français de grand chemin réduisent cet événement majeur à un entrefilet présentant tout au plus des « incidents » à la frontière gréco-turque. L’annulation d’épreuves sportives à cause du coronavirus semble bien plus importante dans la hiérarchie de l’information que la défense du territoire grec.
    Il y a pourtant des motifs d’espérer : les soutiens au peuple grec dans sa résistance à la tentative de submersion migratoire organisée par le gouvernement turc sont nombreux. Et ils ne se limitent pas à un soutien humanitaire, comme celui proposé par les institutions européennes, qui refusent de comprendre que l’on ne défend pas un continent avec de bons sentiments et en donnant de l’argent au pays qui vous agresse.

    Les douaniers grecs, rapidement débordés par la manœuvre du président Erdogan, qui a poussé des milliers de migrants vers la frontière grecque, ont pu compter rapidement sur de nombreux soutiens. Ces soutiens prennent de multiples formes : renforts à la frontière avec la Turquie, propositions d’appui logistique, manifestations, déclarations de solidarité au peuple grec, etc.

    Le renfort en Grèce

    Rapidement après l’annonce du président Erdogan le 29 février de laisser ouverte la frontière gréco-turque et ses manœuvres pour pousser les migrants vers la Grèce, le gouvernement grec déploie l’armée et la police à la frontière. Le 2 mars, l’agence de garde-frontières et de garde-côtes FRONTEX envoie une mission d’intervention rapide en Grèce. Ces renforts « officiels » sont rapidement complétés par de très nombreuses initiatives de pays et de citoyens souhaitant défendre l’intégrité territoriale menacée de la Grèce.

    Le soutien de la population

    De nombreux Grecs sont venus prêter main-forte aux forces de l’ordre : agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, retraités, ils sont plusieurs milliers à patrouiller à la frontière. Ils arrêtent parfois des clandestins qui veulent passer illégalement. Ils bénéficient d’un large soutien de la population, qui apporte des vivres aux forces de l’ordre. À Évros, de nombreux agriculteurs sont venus avec leurs tracteurs pour éclairer la frontière et faciliter le travail des douaniers. Le 7 mars, le chef de l’Église orthodoxe grecque est venu bénir les soldats qui patrouillent à la frontière.Le chef des gardes-frontières d’Évros affirme : « Il y a une grande unanimité et de nombreuses expressions de soutien, une solidarité touchante[…].Des bénévoles, des entrepreneurs, des associations culturelles soutiennent activement les gardes-frontières. » « L’État turc transporte les migrants, les criminels libérés, et parfois ses propres compatriotes aux frontières », ajoute un journaliste de Tichys Einblick, un site d’information allemand.

    Le soutien international

    Rapidement, un soutien international s’organise. Le hashtag #Istandwithgreece sur Twitter rencontre un grand succès et permet à de très nombreux internautes de marquer leur solidarité avec le peuple grec.

    Des militants identitaires allemands sont venus sur place manifester leur solidarité avec les Grecs. Ils se font agresser par des antifas sur l’île de Lesbos le 7 mars. Le chef du parti Les Démocrates de Suède est venu distribuer des tracts aux migrants à la frontière : « Ne venez pas chez nous. Nous ne pouvons pas vous donner plus d’argent ou vous fournir un logement. Désolé. »À Paris, des militants identitaires manifestent le 7 mars leur soutien au peuple grec. Certains sont arrêtés et passent la nuit au poste de police.À New York le 9 mars, plusieurs centaines d’Américains d’origine grecque manifestent leur soutien à la Grèce. L’organisateur de la manifestation affirme qu’il veut envoyer un message fort et amical aux Grecs qui protègent leurs frontières.

    Pour couper court à tout appel d’air qui serait également préjudiciable à la Grèce, le gouvernement hongrois annonce suspendre les demandes d’asile et interdit l’accès à ses centres aux nouveaux requérants. Le Premier ministre autrichien annonce le déploiement de 2 200 soldats pour assurer la protection des frontières autrichiennes. Le 5 mars, la route des Balkans semble fermée.

    Plusieurs pays manifestent rapidement leur soutien à la Grèce.

    Le gouvernement estonien propose deux patrouilleurs et vingt gardes-frontières. C’est le cas également de plusieurs pays d’Europe de l’Est, qui savent ce qu’est une invasion : la Hongrie, la Pologne qui propose 100 gardes-frontières et 100 policiers, la Slovaquie et la République tchèque.

    Le Premier ministre autrichien envoie à la frontière gréco-turque plusieurs policiers, l’équivalent du RAID, un drone et un véhicule blindé. Il ne mâche pas ses mots : « Il s’agit d’une agression contre l’Union européenne et la Grèce. » Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán se réjouit le 5 mars au sommet du V4 à Prague que l’UE adopte sa politique de migration. « Nous étions les premiers à prendre des mesures contre l’immigration musulmane. » Un député européenpolonais, Dominik Tarczynski, met en ligne une vidéo expliciteà l’attention des clandestins : « Ne venez pas à la frontière polonaise[…].Si vous avez des problèmes avec nos forces de l’ordre, c’est parce que vous essayez de transgresser les lois de notre pays. »

    Le 4 mars, le gouvernement danois propose un soutien au gouvernement grec sous la forme de surveillance aérienne. Le ministre danois des Affaires étrangères affirme que son pays n’acceptera pas une répétition de la situation de 2015.

    Le soutien politique

    Alors que les Verts allemands font pression pour l’ouverture des frontières, c’est une personnalité politique de gauche, Sahra Wagenknecht, qui juge cette position « malhonnête et facile ».

    Le Bundestag allemand vote le 4 mars contre l’accueil d’un contingent de 5 000 migrants en provenance des îles grecques.

    Le Rassemblement national lance début mars une pétition pour le contrôle de nos frontières. Le député européen Jordan Bardella, accompagné par Jérôme Rivière, se rend le 10 mars à la frontière gréco-turque menacée. Sur son fil Twitter, il témoigne : « Agressions, saccages d’église et pillages ont lieu dans la région, obligeant les habitants à s’organiser eux-mêmes pour assurer leur sécurité. Ces migrants ont un seul objectif : l’Europe de l’Ouest[…].Des élus et militaires grecs confirment que les Syriens sont ultra-minoritaires. Les migrants sont en fait Afghans, Pakistanais, Marocains, Somaliens, etc. »

    Si cette liste d’actes et de témoignages de solidarité avec le peuple grec n’est pas exhaustive, elle reflète un fort mouvement populaire européen de soutien à un pays agressé. Contrairement à 2015, la prise de conscience des enjeux d’une immigration débridée a progressé en Europe. Elle s’est manifestée dans les urnes, ce qui prouve que le vote a toute son importance. Gageons maintenant que le rapport de force engagé par le président Erdogan tourne en faveur de la Grèce. Il y va de l’avenir de l’Europe.

    #IstandwithGreece

    Paul Tormenen (Polémia, 11 mars 2020)

    Lien permanent Catégories : Points de vue 0 commentaire Pin it!
  • La géographie, reine des batailles...

    Les éditions Perrin viennent de publier un essai de Philippe Boulanger intitulé La géographie, reine des batailles. Géographe, professeur à l'institut français de géopolitique, Philippe Boulanger a publié , notamment, La Géographie militaire française 1871-1939 (Economica, 2002),  Géopolitique des médias, Acteurs, rivalités et conflits (Armand Colin, 2014) et Géographie militaire et géostratégie (Armand Colin, 2015).

     

    Boulanger_La géographie reine des batailles.jpg

    " « La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre » (Yves Lacoste).

    La géographie a toujours été une préoccupation des princes et des stratèges. La connaissance de l'environnement physique, des itinéraires, des ressources, des cités fortifiées, des populations à administrer, notamment, est en effet un des fondements des conquêtes et de la gouvernance territoriale : c'est chose entendue depuis l'Antiquité – Sun Tzu, en particulier, y consacre de longs développements dans L'Art de la guerre et Jules César, dans La Guerre des Gaules, atteste de l'exploitation tactique du terrain dans la manœuvre. Il a fallu cependant attendre le XIXe siècle pour rationaliser les éléments de connaissances géographiques en Europe et assister à la naissance d'une géographie purement militaire : elle devient, parmi d'autres, un moyen de lutter contre l'occupation de territoires par les armées napoléoniennes.
    Engagements militaires sur plusieurs théâtres d'opérations, sécurisation du territoire national face à la menace terroriste, bouleversements géopolitiques et géostratégiques régionaux, cartographies des infections, des virus et des bactéries, gestion des catastrophes naturelles, appui à la connaissance des zones à reconstruire, connaissance des cultures locales... Aujourd'hui au cœur de la révolution numérique et cartographique, et forte de nouveaux outils de haute technologie – comme les satellites de navigation permettant la géolocalisation en temps réel –, la géographie militaire connaît de profondes mutations.
    Philippe Boulanger analyse ces changements avec maestria et nous guide dans ces territoires peu connus de l'historien, revenant sur l'invention de cette géographie spécifique, sur ses liens avec les opérations militaires et sur son avenir. "

    Lien permanent Catégories : Livres 0 commentaire Pin it!
  • Coronavirus : La mondialisation à l’agonie...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous Le Samedi Politique de TV Libertés, diffusé le 14 mars 2020 et présenté par Élise Blaise, qui recevait Philippe Murer, pour évoquer la gravité de la crise du coronavirus. Économiste, Philippe Murer est spécialiste des questions  d'écologie.

     

                                              

    Lien permanent Catégories : Entretiens, Multimédia 0 commentaire Pin it!
  • Pouvoir secret du renseignement...

    Le nouveau numéro de la revue Conflits (n°26, mars-avril 2020), dirigée par Jean-Baptiste Noé, vient de sortir en kiosque. Le dossier central est consacré au renseignement.

     

    Conflits 26.png

    Au sommaire de ce numéro :

    ÉDITORIAL

    La peur et la servitude, par Jean-Baptiste Noé

    CHRONIQUES

    IDÉES

    Guérilla urbaine et contre-guérilla, par Alexis Deprau

    LE GRAND ENTRETIEN

    Fabrice Balanche. Syrie : Turquie et Russie se partagent le terrain

    ART ET GEOPOLITIQUE

    Bilan 2019 du marché international de l'art contemporain : un indice géopolitique signifiant, par Aude de Kerros

    ENJEUX

    HISTOIRE BATAILLE

    Rocroi (19 mai 1643). Le Soleil se lève au nord, par Pierre Royer

    GRANDE STRATÉGIE

    Le projet international de Mussolini, par Frédéric Le Moal

    GÉOPOLITIQUE ET ENTREPRISE

    CARTES

    VUE SUR LA MER

    RIEN QUE LA TERRE

    CHRONIQUES

    CHEMINS DE FRANCE

    LIVRES

    LIRE LES CLASSIQUES

     

    DOSSIER

    Renseignement

    Coordonner les services de renseignement : un défi perpétuel, par Florian Vadillo

    Renseignement et temporalité : mauvais ménage et conséquences cruelles, par Xavier Raufer

    Un exemple de coopération, le SDECE et la PIDE, par Tigrane Yégavian

    A l'ombre du croissant. Le renseignement turc, par Tancrède Josseran

    Israël : le renseignement, une question de survie, par Jacques Nériah

    Renseignement extérieur, ambassades et diplomatie, par Alexis Deprau

    Le cadre du renseignement économique français, par Olivier de Maison Rouge

    Entretien avec le général Eric Bucquet : Quels sont les défis du renseignement français ?

     

    Lien permanent Catégories : Géopolitique, Revues et journaux 0 commentaire Pin it!
  • Crise du Coronavirus et guerre du pétrole...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Jacques Sapir, cueilli sur Figaro Vox et consacré à la guerre des prix du pétrole qui vient de se déclencher parallèlement à la crise du coronavirus et à la tempête boursière... Économiste hétérodoxe et figure de la gauche souverainiste, Jacques  Sapir a publié de nombreux essais comme La fin de l'euro-libéralisme (Seuil, 2006), La démondialisation (Seuil, 2011) ou Souveraineté - Démocratie - Laïcité (Michalon, 2016).

     

    Pétrole_coronavirus_crise.jpg

    Derrière le Coronavirus, la guerre du pétrole ?

    Derrière l’épidémie du Coronavirus (COVID-19) se profile une nouvelle guerre sur les prix du pétrole. La chute de la production en Chine a eu des conséquences importantes sur les marchés des matières premières, et celui du pétrole en particulier. Mais, depuis le vendredi 6 mars, on assiste à l’éclatement de l’accord qui unissait l’OPEP, emmené par l’Arabie Saoudite, au groupe dit «non-OPEP» conduit par la Russie. Nous sommes donc entrés dans une autre logique.

    L’échec de la réunion de Vienne

    Une réunion se tenait à Vienne le vendredi 6 mars pour étudier les réponses à apporter à la baisse des prix engendrée par la chute de la demande chinoise et par le ralentissement de l’activité économique. Le ministre Russe de l’Énergie, Alexandre Novak, arrivé de Moscou vendredi matin déclara alors à ses collègues ministres qu’il était en faveur du maintien de la réduction de l’offre aux niveaux actuels jusqu’en juin, date à laquelle il conviendrait d’étudier des coupes plus profondes. Les ministres de l’OPEP, sous la direction du Ministre Saoudien avaient proposé jeudi à la Russie de réduire la production de pétrole de 1,5 million de barils supplémentaires par jour afin de compenser l’impact du coronavirus. Quelques heures plus tard, l’OPEP avait de nouveau fait pression sur Moscou, pour une réduction immédiate des volumes de production. La déclaration d’Alexandre Novak fut l’équivalent d’une fin de non-recevoir.

    Malgré les efforts du secrétaire général de l’OPEP, Mohammad Barkindo, le marché pétrolier est entré dans une crise profonde. Le prix du pétrole brut, en conséquence, a chuté brutalement.

    L’impasse à laquelle on est arrivé constitue la plus grande crise depuis que l’Arabie saoudite, la Russie et plus de 20 autres pays ont créé le groupe appelé «OPEP +» en 2016. Ce groupe, qui contrôle plus de la moitié de la production mondiale de pétrole et a remodelé la géopolitique du Moyen-Orient est aujourd’hui en crise. Le risque pour les Saoudiens est que si leur stratégie consiste à faire céder la Russie par une baisse de production, ils ont en fait plus à perdre que ce dernier pays car ils ont besoin des prix du pétrole bien plus élevés pour financer leur budget que la Russie.

    La décision russe

    Pendant trois ans, le président Vladimir Poutine a maintenu la Russie au sein de la coalition OPEP +. Cette alliance a été décisive pour permettre à la Russie de traverser la crise engendrée par la baisse brutale des prix du pétrole de 2015 mais elle a aussi apporté à la Russie des gains importants de politique étrangère. On peut se demander pourquoi la Russie, alors, veut y mettre fin.

     

    Cette alliance, cependant, a également aidé - indirectement - l’industrie du schiste américain. Or, la Russie est en pleine confrontation avec les États-Unis. La volonté de l’administration Trump d’utiliser l’énergie comme un outil politique et économique est mal vue par la Russie. La Maison-Blanche a ciblé les activités vénézuéliennes du producteur de pétrole russe Rosneft. Le gouvernement russe a, certes, trouvé une solution de substitution. Mais, cet épisode a cristallisé un conflit avec les États-Unis.

    La décision de la Russie de sacrifier l’accord serait donc la réponse à cette politique américaine. Il faut aussi ajouter que l’accord dit OPEP + n’a jamais été très populaire auprès de nombreux acteurs de l’industrie pétrolière russe. Le Kremlin a également été déçu par son alliance avec Riyad. La stabilité de Mohammed Ben Salman ne semble pas assurée si l’on en croit des observateurs moscovites. La décision de prendre le risque d’une guerre commerciale avec l’Arabie saoudite et de provoquer une baisse importante des prix du pétrole brut aurait donc été prise lors de la réunion entre Vladimir Poutine et les dirigeants de l’industrie pétrolière le samedi 29 février.

    La stratégie russe

    La Russie vise deux objectifs. Le premier est de mettre les producteurs américains en difficulté. On sait que les petites compagnies, qui produisent une partie du pétrole de schiste, ont besoin d’un prix du brut supérieur à 50, voire 60 dollars, pour pouvoir rembourser les emprunts qu’elles ont contractés envers les banques (et ces emprunts couvrent souvent 90% du capital de la société). Compte tenu des réserves accumulées, la Russie pourrait s’accommoder de prix de l’ordre de 30 $ pour une période assez longue. De tels prix mettraient les petites sociétés américaines, mais aussi les banques qui leur ont avancé l’argent, dans de grandes difficultés. Ces prix bas accentuent la tendance baissière de Wall Street car des prix du pétrole faibles signifient aussi une chute des dépenses d’exploration et d’exploitation du pétrole, et donc une moindre valorisation pour les entreprises qui fournissent le matériel et la technologie pour ce faire. D’ailleurs, l’EIA a annoncé le 11 mars que la production de pétrole des États-Unis baisserait en 2021, une première depuis 2016.

    Mais, on ne peut exclure un autre objectif de la stratégie russe. L’Arabie saoudite, s’est lancée dès dimanche dans une politique très agressive de guerre des prix en réduisant massivement les prix de son brut. Le géant de l’énergie saoudien ARAMCO a ainsi offert des remises sans précédent de 6$ à 8$ en Asie, mais aussi en Europe et aux États-Unis dans l’espoir d’inciter les raffineurs à utiliser le brut saoudien. Car, le pétrole saoudien est ce que l’on appelle un pétrole «lourd» qui demande un raffinage bien plus complexe que le pétrole produit par la Russie. Ces remises ont été immédiatement imitées par les autres producteurs de la région comme le Koweït et les Émirats Arabes Unis.

    Le pays a désespérément besoin d’argent. Le budget saoudien pourrait avoir un déficit de 100 milliards de dollars dans la situation actuelle, et la privatisation d’une partie de la société pétrolière ARAMCO dépend étroitement de prix élevés. En contraignant l’Arabie Saoudite à chercher des fonds par l’accroissement des volumes de production, les dirigeants russes escomptent que d’ici quelques semaines à quelques mois, la chute des prix du pétrole pourrait créer des problèmes insupportables pour Mohammed Ben Salman. D’ailleurs, ce dernier a fait arrêter il y a quelques jours trois membres de la famille royale saoudienne pour «haute trahison». La stabilité de son pouvoir, minée par les échecs au Yémen, dans les relations avec les pays du Golfe, mais aussi éprouvée par la timide libéralisation du régime saoudien, pourrait bien être fragile.

    Alors qu’Erdogan a dû venir à résipiscence à Moscou le jeudi 5 mars et accepter un accord qui est en réalité favorable au gouvernement syrien et au gouvernement russe, l’idée d’affaiblir l’autre pôle du Moyen-Orient, l’Arabie saoudite, a pu traverser l’esprit du gouvernement russe.

    Jacques Sapir (Figaro Vox, 12 mars 2020)

    Lien permanent 0 commentaire Pin it!
  • Tour d'horizon... (183)

    coronavirus, Daniele Macchini, Frédérique Leichter-Flack

     

    Au sommaire, autour de la crise épidémique du coronavirus :

    - sur Le grand Continent, Daniele Macchini, médecin hospitalier à Bergame (Lombardie), raconte son expérience dans les derniers jours dans la lutte contre le coronavirus...

    Coronavirus, un témoignage du front

    Italie_Coronavirus_Crise.png

     

    - sur le blog Nec pluribus impar, Julien Lemoine, doctorant en logique et philosophie des sciences, livre une analyse percutante de la crise...

    L’épidémie de coronavirus : chronique d’un désastre annoncé

    coronavirus,daniele macchini,frédérique leichter-flack

     

    - sur The Conversation, Frédérique Leichter-Flack qui enseigne les humanités, l'éthique et l'histoire des idées à Sciences-Po Paris

    Coronavirus et triage de catastrophe : faudra-t-il choisir qui sauver et qui laisser mourir ?

    italie_coronavirus_Choix.jpg

    Lien permanent Catégories : Tour d'horizon 0 commentaire Pin it!