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04/09/2017

La folie des hauteurs...

Les éditions Infolio viennent de rééditer un essai de Thierry Paquot intitulé La folie des hauteurs - Critique du gratte-ciel. Professeur d'urbanisme, Thierry Paquot est l'auteur de nombreux ouvrages de réflexion sur la ville.

 

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" Méfions-nous des modes, par nature passagères, et chantons la diversité des paysages urbains, la singularité des skylines, l'originalité des formes contrastées, des matériaux et des couleurs aux palettes multiples et joyeuses!

Le gratte-ciel, avec l'étalement urbain, le centre commercial et l'autoroute constituerait-il la négation de ce qui fait une ville? Serait-il l'expression d'un avenir appartenant au siècle passé? Enfin, serait-il une impasse en hauteur, une enclave sécurisée fermée? C'est ce que tente de démontrer Thierry Paquot à travers ce plaidoyer pour la diversité des paysages urbains, l'originalité des formes contrastées loin de cette folie des hauteurs. "

La chasse aux statues ou le nouveau délire pénitentiel de l'Occident...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Matthieu Bock-Côté, cueilli sur Figaro Vox et consacré à la guerre contre le passé, au travers du déboulonnage de statues de personnages historiques, que vient de lancer le camp du Bien aux États-Unis et qui ne devrait pas tarder à gagner nos rivages européens... Québécois, Mathieu Bock-Côté est sociologue et chroniqueur à Radio-Canada et est déjà l'auteur de plusieurs essais comme Le multiculturalisme comme religion politique (Cerf, 2016) ou Le nouveau régime (Boréal, 2017).

 

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Matthieu Bock-Côté : «La chasse aux statues ou le nouveau délire pénitentiel de l'Occident»

Dans la suite des événements de Charlottesville, Bill de Blasio, le maire de New York, a envisagé publiquement de déboulonner la statue de Christophe Colomb, parce qu'elle serait offensante pour les Amérindiens. Elle serait susceptible de susciter la haine, comme la plupart des symboles associés à l'expansion européenne et à la colonisation des Amériques, apparemment. À peu près au même moment, au Canada, un syndicat d'enseignants ontarien proposait de rebaptiser les écoles portant le nom de John A. MacDonald, un des pères fondateurs du pays en plus d'avoir été son premier premier ministre. En Grande-Bretagne, on en a aussi trouvé pour proposer d'abattre la statue de Nelson, à qui on reproche d'avoir défendu l'esclavage. On trouvera aisément bien d'autres exemples de cette chasse aux statues dans l'actualité des dernières semaines.

Certains n'y verront qu'une énième manifestation du péché d'anachronisme, qui pousse à abolir l'histoire dans un présentisme un peu stupide, comme si les époques antérieures devaient être condamnées et leurs traces effacées de l'espace public. Mais il y a manifestement autre chose qu'une autre manifestation d'inculture dans cette furie épuratrice qui excite les foules, comme si elles étaient appelées à une mission vengeresse. Comment expliquer cette soudaine rage qui pousse une certaine gauche, au nom de la décolonisation intérieure des États occidentaux, à vouloir éradiquer la mémoire, comme si du passé, il fallait enfin faire table rase? Nous sommes devant une poussée de fièvre épuratrice particulièrement violente, qui témoigne de la puissance du réflexe pénitentiel inscrit dans la culture politique occidentale contemporaine.

On peut comprendre que dans un élan révolutionnaire, quand d'un régime, on passe à un autre, une foule enragée s'en prenne au statuaire du pouvoir qu'il confronte. L'histoire est violente et il arrive qu'on fracasse des idoles pour marquer la déchéance d'un demi-dieu auquel on ne croit plus. C'est ainsi qu'au moment de la chute du communisme, l'euphorie des foules les poussa à jeter par terre les statues et autres monuments qui représentaient une tyrannie dont elles se délivraient. Il fallait faire tomber les monuments à la gloire de Lénine pour vraiment marquer la chute du communisme. Il n'y avait rien là de vraiment surprenant. L'histoire n'est pas simplement un processus cumulatif: quelquefois, il faut détruire pour créer. Il en a toujours été ainsi. La vie est brutale. On ne se libère pas toujours avec la délicatesse d'un marchand de porcelaine.

Mais sommes-nous vraiment dans une situation semblable? Le cas du sud des États-Unis, à l'origine de la présente tornade idéologique, est certainement singulier. La mémoire qui y est associée ne s'est pas toujours définie exclusivement à partir de la question raciale, mais elle a aujourd'hui tendance à s'y réduire. Surtout, ceux qui revendiquent explicitement son héritage sont souvent associés au suprémacisme blanc. Mais la manie pénitentielle, on le voit, frappe partout en Occident. Elle pousse à démanteler des statues, à réécrire les manuels scolaires, à prescrire certaines commémorations pénitentielles, à multiplier les excuses envers telle ou telle communauté, à pendre symboliquement certains héros des temps jadis désormais présentés à la manière d'abominables salauds et à censurer les représentations du passé qui n'entrent pas dans la représentation caricaturale qu'on s'en fait aujourd'hui.

Cette vision de l'histoire, terriblement simplificatrice, prend la forme d'un grand procès qui vise d'abord les héros longtemps admirés. Des grands personnages, on ne retient que les idées qui heurtent les valeurs actuelles. L'Occident en vient à se voir avec les yeux de ceux qui le maudissent. Tôt ou tard, on s'en prendra aux statues du général de Gaulle, de Churchill, de Roosevelt et de bien d'autres: d'une certaine manière, Napoléon a déjà été victime d'une telle entreprise lorsqu'on a refusé en 2005 de commémorer la victoire d'Austerlitz. Il ne s'agira plus seulement de réduire en miettes la statue de tel ou tel général qui a servi la cause de l'esclavagisme: tous finiront par y passer d'une manière ou d'une autre, comme si nous assistions à une nazification rétrospective du passé occidental, désormais personnifié par un homme blanc hétérosexuel auquel il faudrait arracher tous ses privilèges. À son endroit, il est permis, et même encouragé, d'être haineux.

On le sait, l'Europe ne sait plus quoi faire de son passé colonial, que plusieurs sont tentés d'assimiler à un crime contre l'humanité. En s'accusant, ils croient n'accuser que leurs pères, alors qu'ils excitent la tentation victimaire de certaines populations immigrées qui n'hésitent pas ensuite à expliquer leur difficile intégration dans la civilisation européenne par le système postcolonial qui y prédominerait. L'histoire de l'Europe serait carcérale et mènerait directement au système concentrationnaire. Dans le cadre américain, c'est l'arrivée même des Européens qu'il faudrait désormais réduire à une invasion brutale, que certains n'hésitent pas à qualifier d'entreprise génocidaire. On invite les jeunes Américains, les jeunes Canadiens et les jeunes Québécois à se croire héritiers d'une histoire odieuse qu'ils doivent répudier de manière ostentatoire. On les éduque à la haine de leur propre civilisation.

Nous sommes devant une manifestation de fanatisme idéologique s'alimentant à l'imaginaire du multiculturalisme le plus radical, qui prétend démystifier la société occidentale et révéler les nombreuses oppressions sur lesquelles elle se serait construite. Chaque représentation publique du passé est soumise aux nouveaux censeurs qui font de leur sensibilité exacerbée le critère à partir duquel ils accordent ou non à une idée le droit de s'exprimer. Comment ne pas y voir une forme de contrôle idéologique marquée par une intolérance idéologique décomplexée? On y verra une illustration de la racialisation des rapports sociaux dans une société qui se tribalise au rythme où elle se dénationalise. Chacun s'enferme dans une histoire faite de griefs, puis demande un monopole sur le récit collectif, sans quoi on multipliera à son endroit les accusations de racisme. Il faudra alors proposer une représentation du passé conforme au nouveau régime diversitaire.

Ce qui est frappant, dans ce contexte, c'est la faiblesse des élites politiques et intellectuelles, qui ne se croient plus en droit de défendre le monde dont elles avaient pourtant la responsabilité. On le constate particulièrement dans le monde académique. Très souvent, les administrations universitaires cèdent aux moindres caprices d'associations étudiantes fanatisées, pour peu que celles-ci fassent preuve d'agressivité militante. On l'a vu en juillet avec le King's College de Londres décidant de retirer les bustes de ses fondateurs «blancs» parce qu'ils intimideraient les «minorités ethniques». Encore une fois, l'antiracisme racialise les rapports sociaux. C'est un nouveau dispositif idéologique qui se met en place et qui contribue à redéfinir les contours de la respectabilité politique. Ceux qui s'opposent au déboulonnage des statues controversées sont accusés d'être complices des crimes auxquels elles sont désormais associées.

Nos sociétés n'ont pas à se reconnaître dans le portrait absolument avilissant qu'on fait d'elles. Surtout, elles doivent raison garder. Il faudrait voir dans ces statues tout autant de couches de sens à la fois superposées et entremêlées: elles témoignent de la complexité irréductible de l'histoire, qui ne se laisse jamais définir par une seule légende, et ressaisir par une seule tradition. C'est pour cela qu'on trouve souvent des statues et autres monuments commémoratifs contradictoires au sein d'une ville ou d'un pays. Ils nous rappellent que dans les grandes querelles qui nous semblent aujourd'hui dénuées d'ambiguïté, des hommes de valeur ont pu s'engager dans des camps contraires. Ils illustrent des valeurs et des engagements qui ne se laissent pas réduire aux idéologies auxquelles ils se sont associés. L'histoire des peuples ne saurait s'écrire en faisant un usage rageur de la gomme à effacer et du marteau-piqueur.

Matthieu Bock-Côté (Figaro Vox, 29 août 2017)

 

03/09/2017

Tour d'horizon... (131)

 

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Au sommaire cette semaine :

-sur Theatrum Belli, Paul-Georges Sansonetti évoque la figure du chevalier et sa place essentielle dans l'identité européenne...

Le chevalier dans l’imaginaire européen

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- dans la Lettre de Comes Communication, Pierre Conesa, répondant aux questions de Bruno Racouchot, revient sur la "machine de guerre feutrée" que constitue la diplomatie religieuse saoudienne...

Diplomatie religieuse, soft power saoudien et fabrication de l'ennemi

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Feu sur la désinformation... (151)

Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés, consacrée au décryptage des médias et dirigée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, avec le concours d'Hervé Grandchamp.

Au sommaire :

  • 1 : Bruno Roger Petit : Le journaliste lèche-bottes à l’Elysée.
    Les journaliste Bruno Roger Petit nommé porte-parole de la présidence de la république, une récompense pour l’éditorialiste lèche-bottes. Portrait d’un ex journaliste de « qualité » roulant pour la censure et le sectarisme.
  • 2 : Le Zapping d’I-Média

  • 3 : Politiciens éditorialistes : tout sauf le Front National
    Raquel Garrido, Axel Lemaire, Jean Pierre Raffarin, ces professionnels de la politique qui deviennent chroniqueurs médiatiques. L’ensemble de la classe politique est-elle représentée ? Non, l’arrivée de Jean Messiha membre du Front National provoque chez les journalistes une levée de bouclier. Est-ce l’échec de la politique de dédiabolisation ?
  • 4 : Les tweets de la semaine.
  • 5 : Notre Drame de Paris : les médias au secours d’Hidalgo
    Notre Drame de Paris, l’enquête sur les dossiers noir d’Hidalgo. Une enquête rapidement qualifiée de « raciste et d’homophobe ». Les médias quant eux n’hésitent pas à prendre position et consacrent des tribunes en guise de droit de réponse.

 

                                    

02/09/2017

Le nouveau pouvoir...

Les éditions du Cerf viennent de publier un court essai de Régis Debray intitulé Le nouveau pouvoir. Penseur républicain, Régis Debray est l'auteur de nombreux ouvrages, dont, dernièrement un essai remarquable intitulé Civilisation - Comment nous sommes devenus américains (Gallimard, 2017).

 

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" Comment comprendre l'événement Macron ? Le changement politique apparent signale en fait une mutation souterraine de civilisationnel. Elucidant les ressorts de la marche triomphale du marketing et du management, du nudge et du numérique qui a balayé le monde ancien, Régis Debray en dégage les raisons cachées. Derrière toute culture, il y a un culte. Sous un effet de génération, la France du catholicisme et de la République vient à son tour de s'inscrire dans l'avènement planétaire de la civilisation issue du néo-protestantisme.
De Gutenberg à Google, de Luther à Ricoeur, du sacrement au signe, du sens au symbole, en passant par le marché, la finance, la transparence, mais aussi la morale, le pluralisme, le sentiment, c'est la présente révolution des esprits et de des mœurs que décrypte cet essai fulgurant. Un livre indispensable pour comprendre ce qui s'est passé. Et pour anticiper ce qui va arriver. "

Cette année-là... (2)

Dans Cette année-là, l'équipe de la revue Éléments, autour de Patrick Péhèle,  nous fait découvrir sur le plateau de TV Libertés des livres, des chansons, des films, des évènements qui ont marqué la société française en bien ou en mal et qui marquent encore notre présent. Un rendez-vous classé par année, sous le signe d’un retour sur notre passé, dans la joie et la bonne humeur ! Et on retrouve sur le plateau Ludovic Maubreuil, David L’Épée , Thomas Hennetier et Olivier François...