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Métapo infos - Page 4

  • Le livre du sang...

    Les éditions Le Retour aux Sources viennent de publier un roman de Michel Bugnon-Mordant intitulé Le livre du sang - Sven et l'ancien testament. Docteur ès lettres, professeur émérite de langue et littérature anglaises, Michel Bugnon-Mordant est l’auteur d’ouvrages de géopolitiques, comme L'Amérique totalitaire (Favre, 2000) qui avait été préfacé par le journaliste américain Pierre Salinger, et d’un roman historique Le secret du Céladon (Picquier, 2008).

     

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    " Au second siècle de notre ère, Marcion de Sinope, inspiré par saint Paul, affirmait l’incompatibilité du dieu d’Israël et de celui du Christ. Il élabora le premier canon chrétien, dont il exclut la Bible hébraïque. C’est lui qui donna au mot grec évangélion le sens qu’on lui connaît. Sa doctrine « a envahi la terre entière », se plaignait vers 210 Tertullien de Carthage, inventeur de la Trinité. Au quatrième siècle, combattue par l’orthodoxie triomphante sous tutelle impériale, l’église marcionite fut reléguée dans l’hérésie et se fondit dans d’autres courants influencés par le dualisme perse, tous rejetant l’autorité de l’Ancien Testament.

    Imagine-t-on ce que serait le christianisme si l’église de Marcion n’avait pas succombé à ses ennemis, mais au contraire eu gain de cause ? Nous sommes aujourd’hui tellement habitués à considérer que l’Ancien et le Nouveau Testament forment une seule et même Bible, que nous avons bien du mal à concevoir la résistance que cette idée a suscité jusqu’à la fin du Moyen Âge - résistance toujours réprimée avec une violence digne de Yahvé. "

     

     

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  • Le traçage, un pas de plus vers le totalitarisme numérique ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Patrice Franceschi à Figaro Vox et consacré au traçage numérique que le gouvernement souhaite mettre en place sous prétexte de lutte contre l'épidémie de Coronavirus. Écrivain et aventurier engagé, Patrice Franceschi a publié de nombreux récits et témoignages et quelques essais, dont dernièrement Éthique du samouraï moderne (Grasset, 2019).

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    Patrice Franceschi: «Le traçage est un pas de plus vers le totalitarisme numérique»

    FIGAROVOX.- Dans votre tract, Bonjour Monsieur Orwell, paru chez Gallimard, vous vous insurgez contre l’application StopCovid et plus largement contre le contrôle numérique de masse à l’heure du Covid. Mais nous confions déjà un nombre incalculable d’informations autrement plus intimes aux Gafa, sans aucun des garde-fous proposés par le gouvernement. Dès lors, votre combat n’est-il pas un peu paradoxal? Le danger ne vient-il pas beaucoup plus des Gafa que des États? En outre, après le confinement et à l’heure du déconfinement partiel, ce type d’outil peut aussi être un bon instrument pour retrouver certaines de nos libertés, à commencer par celle d’aller et venir …

    Patrice FRANCESCHI.- Pour commencer, je ne suis pas le seul à m’insurger contre la volonté gouvernementale de traçage numérique des Français. De plus en plus de citoyens sentent que si l’emploie de cette application est votée le 27 mai au parlement, nous entrerons dans une zone dangereuse pour nos libertés futures. La problématique soulevée par la pandémie va bien au-delà de sa dimension sanitaire. De quoi s’agit-il si l’on veut bien regarder cette affaire autrement que par le petit bout de la lorgnette? Dans la mesure où l’État, en nous confinant d’autorité, nous a privé pendant deux mois de nos libertés fondamentales, tout ce qui est rattaché à ce virus pose la question du sens et de la valeur de l’existence. Pourquoi vivre si l’on n’est pas d’abord libre? Telle est la question fondamentale que pose le projet gouvernemental.

    Le danger qui nous menace avec cette application, sous des apparences incroyablement anodines, est celui d’une intrusion de l’État dans nos vies privées et notre intimité, ce qui revient à une nouvelle réduction de nos libertés individuelles et collectives du fait de cette surveillance. Tout cela au prétexte d’un peu plus de sécurité. Ce projet de loi a quelque chose de très particulier et d’absolument nouveau qui risque de nous faire basculer dans un monde qui, à moyen terme, sera celui du totalitarisme numérique dont la réalité ne peut échapper qu’aux étourdis. Voilà l’enjeu: c’est la première fois dans l’histoire de notre démocratie que nous sommes face à un tel défi. Mais, bien entendu, cela ne nous est pas présenté ainsi et l’on joue sur deux de nos culpabilités supposées pour nous faire accepter l’inacceptable: n’être pas assez «modernes» et ne pas vouloir tout faire pour sauver nos semblables. On veut même nous faire croire des choses pourtant invalidées par les faits, comme l’anonymisation des données collectées ou leur caractère «agrégé». Quant au volontariat sur lequel il serait basé, qui ne voit pas les effets pervers qu’il engendrerait? Je rappelle qu’il y a trois semaines, 472 experts en cryptologie et sécurité informatique issus des plus prestigieux instituts scientifiques français, ont publié une mise en garde publique qui dit textuellement ceci: «Toutes ces applications induisent en fait des risques très importants quant au respect de la vie privée et des libertés individuelles. L’un d’entre eux est la surveillance de masse par des acteurs privés ou publics… Les risques d’atteinte à la vie privée liés aux technologies Bluetooth sont reconnus depuis bien avant la crise sanitaire.»

    Pour nous faire accepter l’entrée dans ce nouveau monde, on ne cherche pas seulement à nous anesthésier par des propos lénifiants. On joue depuis le début sur la sacralisation de la santé et sur la peur qui caractérise l’esprit de notre temps. La peur s’est révélée être aussi un virus dont la propagation a été fulgurante dès lors qu’on nous a affirmé que nous étions en guerre - mais la guerre, c’est véritablement «autre chose», notamment parce qu’elle tue majoritairement des hommes dans la fleur de l’âge et non majoritairement des personnes âgées comme avec le Covid-19. C’est à cause de la peur que nous nous sommes tous retrouvés en résidence surveillée, hypothéquant l’avenir de notre jeunesse par l’effondrement économique résultant de cette panique, injustifiée au regard des faits. Des pays européens comme la Suède s’y sont refusés, montrant qu’il y avait d’autres choix.

    En ce qui concerne les GAFA et leurs dangers pour les libertés, vous avez parfaitement raison. Il est tout à fait exact que nous sommes entrés depuis longtemps dans une époque de surveillance généralisée permise par l’extension sans fin des nouvelles technologies et le piétinement des progrès de l’humanisme. Nous vivons sous algorithme et ce n’est pas une bonne nouvelle pour notre vie intérieure, lieu premier de notre liberté. N’est-ce pas une raison supplémentaire pour avoir la sagesse de refuser d’aller plus loin? Mais il est vrai que l’effet d’accoutumance joue à plein et que la résignation est proche, même quand nous comprenons que le projet de loi StopCovid franchit une étape cruciale puisqu’il ne provient pas d’un géant privé des Gafa, mais de l’État lui-même, ce qui est très différent. Une digue serait rompue si ce projet de loi était voté et nous ne pourrions plus revenir en arrière. Il ne s’agit pas d’un fantasme. Toute l’histoire des sciences montre qu’une invention, lorsqu’elle est efficace, ne cesse de s’étendre. Il y a un effet de cliquet constant. En matière de contrôle, il n’est pas de retour dans le passé quand celui-ci est le fait d’un progrès technologique. La surveillance numérique serait si efficace que les pouvoirs publics y reviendraient à la première occasion car il y aura toujours un «virus» quelconque pour nous menacer. Il portera même toutes sortes de noms - à commencer par celui de terrorisme - permettant de justifier la poursuite du contrôle des citoyens, jusqu’à ce que ce contrôle devienne la norme.

    Vous me demandez enfin si ce type d’outil peut quand même être un bon instrument pour retrouver certaines de nos libertés, à commencer par celle d’aller et venir. Oui, sans doute au départ. Mais, honnêtement, ce ne serait que reculer pour mieux sauter. Une illusion de plus, en quelque sorte. Car aller et venir en étant constamment surveillés est-ce réellement aller et venir?

    Vous vous érigez en défenseur inconditionnel de la liberté. Mais la première des libertés n’est-elle pas la sécurité?

    Pour commencer, je ne suis heureusement pas le seul à «m’ériger en défenseur inconditionnel de la liberté» Nous sommes nombreux à ne pas vouloir «aller à Munich» et c’est heureux. Regardez les débats autour de nous actuellement. C’est rassurant. En second lieu, l’argument que la première des libertés est la sécurité est un argument contradictoire dans les termes. Car que vaut l’idée de vivre en sécurité si l’on est dépourvu de liberté? Voyons les choses de plus près: la recherche de sécurité a toujours été l’une des quêtes essentielles de l’humanité. Cependant, elle n’avait encore jamais autant pris le pas sur tout le reste. L’une des équations de la vie nous enseigne pourtant qu’il existe un rapport constant entre sécurité et liberté - un rapport en forme de vase communiquant: augmenter l’une, c’est diminuer l’autre dans la même proportion. Longtemps, nous avons su doser intelligemment ce rapport pour nous assurer une vie à peu près sure et à peu près libre, dans un monde imparfait, fugace et volatil. Depuis peu, nous avons rompu cette sorte de pacte pour faire de la sécurité le nouvel étalon de nos sociétés, et de la liberté un accessoire optionnel. A mes yeux, cela ne permets pas de constituer de véritables communautés humaines. Nous devons reprendre l’ascendant sur notre destin. C’est pour cette raison que le texte «Bonjour monsieur Orwell - en libre accès de lecture sur le site Gallimard - s’adresse à tous les Français qui veulent demeurer des citoyens libres et refusent d’être ravalés au rang de simples consommateurs que les puissants mènent à leur gré comme des troupeaux craintifs. Il concerne tous ceux qui ne placent rien au-dessus de la liberté et considèrent que c’est cette valeur supérieure qui donne sens à toutes les autres. Et qu’ainsi, elle ne supporte aucune aliénation. On ne peut pas être libre à moitié ou au trois-quart. On l’est ou on ne l’est pas.

    Toute société doit-elle accepter une part de risque?

    Il faut d’abord rappeler que le risque est consubstantiel à la vie - et que nous naissons pour mourir. Le risque - et particulièrement celui de mourir - appartient à notre humble condition. Pénétrées de cela, toutes les sociétés, jusqu’à il y a peu, admiraient les hommes capables de prendre les risques nécessaires à l’accomplissement de grandes choses. Il fallait en passer par là pour progresser, inventer, découvrir et conquérir. Tout cela est terminé - surtout en Occident où nous vivons une époque définitivement post-héroïque. Raison pour laquelle on ne cesse de théoriser depuis trente ans la fin du courage. Le risque a ainsi changé de statut. Devenu répréhensible et condamnable, il est ce qu’il faut éviter à tout prix, quelles que soient les circonstances et les raisons. Le temps présent des sociétés contemporaine nous enjoint donc de tout faire pour vivre sans risque - ce qui, fondamentalement, est absurde. Dans le domaine militaire, ce rejet a conduit au concept de «guerre zéro mort» dont on constate aujourd’hui l’impossibilité manifeste - sauf à accepter de perdre toutes les guerres, ce qui est en train de nous arriver. En la matière, si j’étais cruel, je pousserais le raisonnement encore plus loin, jusque dans ses derniers retranchements, en demandant: l’existence d’une armée digne de ce nom sera-t-elle encore possible dans l’avenir si le soldat occidental de demain, abandonnant le vieux consentement à donner la mort comme à la recevoir, place sa sécurité au-dessus de sa mission par refus du risque tel qu’on le lui a inculqué dans sa société?

    Durant cette crise du coronavirus a-t-on assisté à une dérive du principe de précaution?

    Disons qu’il s’est révélé au grand jour... Mais le mal était déjà profond. Et il vient de loin. Bien des idées honorables au départ sont détournées de leur fonction initiale par leur simple application pratique. De manière générale, le dévoiement est la règle. Mais autre chose se rajoute au principe de précaution pour le renforcer: notre perception de la mort. Celle-ci est véritablement devenue le tabou des tabous. La mort ne nous est plus familière, c’est un fait. L’effroi qu’elle inspire nous pousse à accepter sans peine ce que nous aurions jadis refusé sans crainte. Soixante-dix ans de paix et de prospérité nous ont éloignés, nous autres Occidentaux, du tragique de la vie et de sa finitude - les réservant aux autres peuples dont nous contemplons de loin les épreuves incessantes. Il ne s’agit pas, bien sûr, de remettre en cause les progrès inestimables apportés par la paix, ce serait pour le moins saugrenu, mais de constater qu’ils ont aussi fait de la mort ce tabou des tabous dont j’ai parlé plus haut, et que cela a des conséquences sur le prix que nous sommes prêts à payer pour demeurer libre.

    D’une certaine manière, nous devons nous rappeler que l’on se sait rien si l’on ne sait pas que la vie est tragique. Nous devons repenser ce tragique de la mort comme nos anciens, ceux de la philosophie grecque et latine pour qui «la mort n’était pas à craindre.» Ainsi, la seule chose dont nous devons avoir peur est de ne rien faire de valable du peu de temps que la vie nous concède avant cette mort annoncée. Et que faire de valable si l’on ne vit pas en liberté? Nous devons accepter notre finitude et en faire quelque chose de positif. L’esclavage et la servitude volontaire naissent avec la peur de la mort, c’est ainsi. Il ne faudrait pas que nous ayons un jour à demander, comme Bernanos: la liberté, pour quoi faire?

    Au-delà de la crise du coronavirus, diriez-vous que notre monde est plus orwellien que jamais? Pourquoi cette référence à l’écrivain britannique?

    Le fait qu’Orwell soit un écrivain britannique est indifférent. Ce qui importe c’est ce qu’il a écrit et le monde futur qu’il a décrit. De ce point de vue, les faits qui nous entourent sont là pour dire crûment qu’il avait raison. Ceux d’entre nous qui veulent demeurer lucide - première vertu de l’homme libre, pensant et agissant par lui-même - s’en rendent compte chaque jour. Le pire serait d’être dans le déni alors que tout se passe sous nos yeux avec évidence. Le totalitarisme numérique à venir, si nous le laissons pénétrer dans nos vies, est orwellien en ce sens qu’il prendra toujours pour prétexte le bien commun pour se justifier et s’imposer. C’est sa caractéristique centrale. Pour lui, la société est comme une vaste termitière où il peut considérer les termites heureux puisque qu’il les infantilise et les déresponsabilise. Ce type de totalitarisme qui transforme l’homme en animal domestique, rappelle également Huxley et son «Meilleur des mondes». C’est le chemin que suit la Chine, par exemple. Elle est en train de devenir, avec la mise en œuvre de son projet de «Société apaisée», un gigantesque camp de rééducation - dont les musulmans Ouïgours sont les premières victimes de masse à l’heure où nous parlons. Nous devons refuser de faire un seul pas dans cette direction où l’on ne pourra bientôt plus nous appeler «citoyens». Par conséquent, ce n’est pas parce que le projet de traçage numérique de nos vies est difficilement attaquable sur le fond puisque conçu pour notre bien, que nous devons l’accepter. Le maintien des libertés publiques doit se faire de manière inflexible, au détriment, si nécessaire, d’un surcroît d’efficacité sanitaire. La liberté, parfois, coûte cher - et la vie des hommes libres n’est pas une cour de récréation.

    Pour conclure, je formule un vœux. Celui que les hommes et les femmes qui partagent mon refus de nous diriger vers une société aux relents totalitaristes, envoient sans attendre un mail à leur député pour lui demander de voter contre StopCovid le 27 mai. Il reste peu de temps. Mais plus nous serons nombreux à agir moins ce projet de loi liberticide aura de chance de passer au parlement. Pourquoi vivre si l’on n’est pas d’abord libre, telle est, encore une fois, la question face au projet gouvernemental.

    Comme toujours, notre destin est entre nos propres mains.

    Patrice Franceschi, propos recueillis par Alexandre Devecchio (Figaro Vox, 22 mai 2020)

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  • Un guerrier nommé Julian Tannhäuser...

    Édité chez Amazon, Victor d'Usclat vient de publier les deux premiers tomes de sa série Tann, intitulés Thanatos et Dans la nasse, qui mettent en scène un guerrier libre décidé à s'attaquer à sa manière au terrorisme islamique en France. L'auteur, dans un entretien donné au magazine Réfléchir & Agir, se définit comme un mâle blanc de plus de cinquante ans, bourlingueur et lucide sur les réalités de ce monde. A découvrir !

     

     

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    " Après avoir travaillé pour une société de sécurité privée dans les zones de conflit en Asie et au Moyen-Orient, et suite à une mauvaise expérience qui le grille dans la profession, Julian Tannhaüser regagne la France. Ne pouvant se résoudre à vivre une vie normale, il découvre par ailleurs la réalité des attentats terroristes. Bientôt, il devient Thanatos, l’ange exterminateur, exécuteur de djihadistes. Mais aussi ennemi numéro un pour la République légaliste... sauf quand elle se sert de lui, parfois à ses dépens. De Paris, à Toulouse, en passant par les Cévennes, la lutte sera acharnée. "

     

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    " Julian Tannhäuser est plus que jamais décidé à éradiquer le danger du terrorisme islamique qui plane sur la France. Mais la situation n'est pas si simple. Ses options ne se résument pas à abattre des djihadistes. Il devra se méfier des nombreux pièges qui lui sont tendus. Il est plus que jamais l'homme à abattre, le chasseur chassé.Dans son combat, il sera assisté par des alliés insoupçonnés. Tandis que d'autres qu'il pensait acquis à sa cause vont tenter de le faire plonger. "

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  • Déconfinement, délinquance, banlieue : le coup d'oeil de Xavier Raufer...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Xavier Raufer à Boulevard Voltaire, dans lequel il évoque les suites du confinements en matière de délinquance et d'ordre public.

    Criminologue et auteurs de nombreux essais, Xavier Raufer a publié ces dernières années Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014) et, tout récemment, Le crime mondialisé (Cerf, 2019).

     

     

                                           

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  • L'esprit des polythéismes...

    Les éditions de La Nouvelle Librairie viennent de publier, dans la collection Longue mémoire, patronnée par l'Institut Iliade, un court essai de Jean-François Gautier intitulé A propos des dieux - L'esprit des polythéismes. Docteur en philosophie, essayiste, musicologue et historien des sciences, Jean-François Gautier collabore à différentes revues et a notamment publié  L’univers existe-t-il ? (Actes Sud, 1994) et Le sens de l'histoire (Ellipse, 2013).

     

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    " Sur les terres d’Europe, les religions antiques ont toujours présenté le divin de manière plurielle. Jean-François Gautier s’attache ici à restituer le sens oublié de ces polythéismes. Les complémentarités entre les figures divines, par exemple les couples Hestia / Hermès ou Apollon / Dionysos, ouvrent vers un cosmos composite, sans finalité propre, sans valeurs universelles, qui ne prend forme que par l’action raisonnée et courageuse des humains. La permanence de ces visions du monde dans les philosophies européennes et leurs implications politiques sont également mises au jour. "
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  • Coronavirus : fin de modèle et nouvelle donne ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Guilhou cueilli sur le site de la revue Conflits et consacré aux conséquences géopolitiques de la crise sanitaire. Spécialiste de la gestion des crises, Xavier Guilhou a exercé des responsabilités au sein de la DGSE puis au sein de grandes entreprises privées.

     

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    Coronavirus : fin de modèle et nouvelle donne ?

    Un simple virus, au demeurant connu, très contagieux, a réussi à mettre à genoux toutes les puissances du monde en à peine trois mois. Avec l’entrée de l’Inde, nous avions au mois de mars près de 3 milliards de personnes et une cinquantaine de pays sur 175 en logique de confinement total ou partiel, soit près de la moitié de la population, mais 95 % du PIB mondial. Il ne s’agit pas d’une « crise » au sens propre du terme. Nous sommes confrontés à quelque chose de beaucoup plus important qui touche pour le moment la globalité de nos systèmes de vie à l’échelle de l’hémisphère nord. La perspective d’une contamination par le Covid-19 de l’hémisphère sud nous fera rentrer assez rapidement dans d’autres scénarios sanitaires qui seront moins mercantiles et financiers dans leurs conséquences et plus préoccupants sur les plans humanitaires et sécuritaires.

    Nous sommes face à une catastrophe mondiale provoquée par un épisode pandémique qui impacte les puissants et les riches du monde, avec un pilotage sur le terrain qui ressemble étrangement sur le plan politico-médiatique à celui d’une quasi-guerre bactériologique. Et pourtant, nous ne sommes pas confrontés à une « guerre » classique avec un ennemi désigné. Au-delà des querelles d’experts, que pouvons-nous retenir d’ores et déjà de la lecture des événements comme points fondamentaux ?

    Dans un premier temps, la fulgurance de cette épidémie qui balaye tous les méridiens de la planète pose la question des limites de la globalisation comme clé de voute de l’organisation des facteurs de puissance au niveau mondial. Cette pandémie démontre que les marqueurs de la globalisation, appelés aussi « chaîne de la valeur », peuvent voler en éclats instantanément dès que des questions vitales se posent pour les populations. Elle fait non seulement ressortir la fragilité de nos interdépendances avec les ruptures des supply chain, la vulnérabilité de nos réseaux de communication et surtout l’extrême fébrilité des dispositifs financiers qui vivent sur l’instrumentalisation de spéculations virtuelles. Or ce simple coronavirus fait la démonstration que, dès que tout s’arrête pour des questions vitales, cette utopie de l’uniformisation bascule immédiatement en mode échec. De fait, la vraie catastrophe qui se cache derrière cette pandémie va être vraisemblablement l’explosion des bulles financières. Elle interpelle aussi nos populations sur la validité à terme de nos modèles de vie qui risquent d’imploser, notamment en termes de gouvernance, tant ils se révèlent superficiels et peu robustes face à de tels événements. Mais ne prenons pas trop nos rêves pour des réalités, la pratique des crises montre qu’il y a une propension à oublier rapidement et à réitérer les mêmes erreurs, la nature humaine et la cupidité étant ce qu’elles sont…

    Du retour des frontières

    Le second constat que nous pouvons faire en observant les postures adoptées sur les différents continents est le retour incontestable des frontières. Les grandes organisations internationales qui ont porté le multilatéralisme et le multiculturalisme ont disparu des écrans. Les plates-formes intergouvernementales ont été inefficientes et inaudibles, qu’il s’agisse du G7, du G20, de l’Union européenne, ou étrangement absente comme l’OMS. Tout ce qui faisait illusion sur les débats climatiques ou énergétiques s’est évaporé au fil des semaines. Les procédures éditées par des armées de bureaucrates pour normaliser les relations internationales ont été contournées pour rallier des postures adaptées à chaque territoire. À cet égard, l’Union européenne a été sûrement l’organisation la plus inconséquente et indolente face à cette urgence sanitaire, ce qui n’a fait qu’aggraver les fractures entre les membres et contribuer à accentuer son discrédit en plus de son impuissance. De fait, nous avons assisté à un repli quasi immédiat de tous les pays sur leurs frontières historiques avec la réémergence des principes de souveraineté attachés à chaque peuple. Ceux qui ont pratiqué le refus ou le déni ont été vite rattrapés par la brutalité de la réalité, voire l’intransigeance de leurs voisins immédiats. À l’angélisme un peu infantile porté par les tenants d’une mondialisation heureuse s’oppose désormais le retour brutal de la question de fermetures des frontières, voire de la construction de murs sur nos glacis stratégiques, pour ne prendre que l’exemple du chantage turc avec ses cohortes de migrants sur le flanc oriental de l’Europe.

    À la réaffirmation de la culture

    De fait, chacun a réimprimé sa marque en termes de gouvernance en s’appuyant sur une affirmation de ses fondamentaux culturels, voire civilisationnels entre l’Asie et l’Occident, dans le traitement des événements. La Chine, à l’instar des autres pays asiatiques concernés par la pandémie, a pratiqué la méthode coercitive autoritaire, que nous pouvons toujours contester avec notre vision des libertés en Occident, mais qui correspond parfaitement à l’esprit asiatique où le collectif l’emporte sur l’individu. Il suffit de relire La tentation de l’Occident d’André Malraux pour bien comprendre les ressorts de l’adhésion des populations soumises en Chine, ou civiques comme en Corée, au Japon ou à Singapour, face à des événements où la valeur de la vie n’a pas la même signification que sur nos rivages imbibés de monothéismes. Cette prégnance des différences culturelles est encore plus explicite dans nos postures européennes. En Allemagne, comme en Suisse, ou dans les pays de l’Europe du Nord, tout est piloté à partir des Landers, des provinces, des cantons et des villes avec une très forte décentralisation et une responsabilisation de chacun, du fait de la culture protestante. Les pays latins qui sont très marqués par l’individualisme et le catholicisme sont aux antipodes. C’est aussi le cas de la France, avec son mode de fonctionnement État-nation centralisé avec une vision régalienne, protégé par des corps d’experts accrédités. Il est intéressant aussi d’observer l’organisation nord-américaine qui est singulière, notamment en termes de résilience. Les Américains ont une véritable culture du risque, associée à leur pratique de la démocratie soutenue par une croyance évangélique que l’on ne peut pas sous-estimer. C’est un peuple issu d’une culture de migrants qui « fait face » et qui a une véritable éducation des crises majeures. Même chose pour la Russie qui, en plus de sa très grande rusticité, incarne une vision salutaire de sa mission, celle de la troisième Rome, lui permettant d’accepter des niveaux d’abnégation et de patriotisme comme peu de peuples en sont capables. Après il y a le reste du monde, soit quasiment la moitié de la population mondiale, où le pilotage se fait sur des critères communautaires, claniques, ethniques, religieux et où la gouvernance est marquée par une corruption endémique. Sur ces territoires de l’hémisphère sud, voire sur nos propres zones grises, nous ne sommes plus sur des approches rationnelles avec des moyens sanitaires sophistiqués et la résilience se confond avec la précarité des logiques de vie.

    L’hystérie dans la gestion

    Enfin, nous ne pouvons pas occulter le côté hystérique de la surmédiatisation de cette actualité. Le monde a vécu de multiples pandémies avec des niveaux de mortalité que nous ne connaissons plus depuis un siècle. Les dernières en date qui sont présentes dans l’inconscient collectif sont les vagues de grippes asiatiques en 1957/1958 et en 1968/1970 qui ont fait au niveau mondial 1 million de morts, voire la grippe espagnole avec ses 50 millions de morts en 1918. Le VIH depuis les années 1980 totalise à lui seul entre 25 et 35 millions de morts. Plus personne n’a une idée de ce que fut la mortalité mondiale sur ces questions épidémiologiques rapportée à la démographie au cours des siècles du fait des progrès de la médecine et de la science. Pourtant, les modes de représentation qui sont véhiculés actuellement avec quelques dizaines de milliers de victimes au niveau mondial sont quasiment apocalyptiques pour celui qui n’a pas un peu de capacité de recul et d’esprit critique. Cette question des ressentis et des imaginaires collectifs est fondamentale dans ce type d’événements. Comme le dit très bien Michel Maffesoli, nous avons quitté le monde de la rationalité pour entrer dans celui de la postmodernité où l’émotion et l’instantanéité deviennent les éléments dimensionnant de nos modes de perception du réel. Tous les bilans chiffrés qui sont énoncés par les scientifiques ou les politiques à l’écran sont systématiquement interprétés comme l’annonce d’un effondrement immédiat du monde. Nous ne pouvons que constater actuellement la surcharge d’irrationalité qui règne à tous les niveaux, peut-être encore plus dans les étages décisionnels qui sont pris dans leurs dilemmes à la fois idéologiques, corporatifs et technocratiques. Il y a une vraie difficulté pour prendre en compte le réel d’autant que nos sociétés, notamment européennes, n’ont plus connu de véritables catastrophes depuis sept décennies. Elles n’ont connu que des crises de bien-être et n’ont plus de vrais référentiels en termes de maîtrise des risques. Elles sont au contraire imprégnées quotidiennement de « risque zéro » et de « zéro mort ». C’est ce choc entre la brutalité de la réalité et la virtualité des concepts qui fait exploser les peurs et développe de façon virale la défiance envers les élites. Les peurs générées deviennent quasiment plus dangereuses et pernicieuses que le virus lui-même. Elles saturent les écrans, submergent les réseaux sociaux, sidèrent les opinions et affolent les populations !

    Un gagnant, la Chine ?

    En conclusion, la conjonction de tous ces processus de délitement des utopies, du retour des frontières et de l’emprise de l’irrationnel dans le fonctionnement de nos sociétés, ne peut que nous interpeller sur ce que sera « la sortie de crise » de cette pandémie mondiale. Il est à craindre que la sortie soit le prétexte de l’ouverture d’un nouveau grand jeu international où, forts de tous les effets dominos générés par ces événements, les puissants de ce monde soient tentés de réactualiser les postures en termes de rapports de force. Cela paraît inévitable, d’autant que nous étions, juste avant l’arrivée du Covid-19, face à un agenda géopolitique très incertain avec entre autres les inconnues liées au Brexit, à l’élection américaine, à la succession de Poutine et aux critiques internes envers Xi Jinping. Il est clair que l’agenda provoqué par cette vague épidémique au niveau mondial arrive paradoxalement à un moment opportun, si ce n’est décisif pour Xi Jinping. Après sa communication planétaire autour de la route de la soie, il est temps pour lui de bien faire comprendre que la Chine va enfin devenir en 2020/2021 la première puissance mondiale. La tentation est très forte de profiter de cet espace-temps stratégique avec des élections américaines qui pourraient être déstabilisées par une récession inattendue. L’Amérique ne serait donc plus first and great again ! Comment pourrait réagir l’oncle Sam face à un tel déclassement ? Et pourtant, cette crise révèle au monde combien tous nos pays sont devenus dépendants et redevables de la Chine ! Les grands groupes mondiaux le savent, ils ont tout fait pour que les États abandonnent toute souveraineté et valident délocalisations et transferts de richesse. Nous payons aujourd’hui le prix de ce pacte faustien !

    On ne peut qu’essayer de se projeter en termes d’anticipation stratégique. Pour Xi Jinping cette actualité lui permet non seulement de réduire à néant ses oppositions internes, de réduire toute dissidence au sein de ses instances dirigeantes et désormais de se porter en quasi sauveur du monde. De façon symbolique, il se montre « chevaleresque » en produisant et distribuant aux Européens des milliards de masques, mais il va beaucoup plus loin en démontrant au monde qu’il est aussi devenu leader sur les systèmes d’information et sur les questions de santé grâce à sa maîtrise de l’intelligence artificielle, seule réponse à un monde interconnecté avec 60 % de la population urbanisée. Ce n’est pas pour rien que Donald Trump est entré dans le pilotage de cette pandémie entouré, non pas de généraux, mais des patrons de la Silicon Valley et des grandes compagnies pharmaceutiques. Les guerres du xxie siècle ne se jouent plus avec de la métallurgie, mais avec des algorithmes. Finalement, à qui va profiter le crime ?

    Cette pandémie va contribuer à redistribuer les cartes à très grande vitesse et de fait toutes les instrumentalisations vont être bonnes pour désigner qui sera demain dans le bien ou le mal. Les Chinois ont commencé en accusant les Américains d’être désormais à l’origine du virus ! Et un leader comme Trump n’hésite pas pour sa réélection à parler du « virus chinois ». Il faudra bien expliquer aux électeurs du Middle West pourquoi des Américains sont morts alors que la reprise économique et le plein-emploi étaient au coin de la rue. Et surtout pourquoi l’Amérique ne pourra plus être great again. Il n’est pas inimaginable que dans cette perspective, Trump bouscule les conventions internationales et discute ouvertement avec Poutine, désormais assuré de sa propre succession, de la construction d’un nouveau leadership des vieux mondes chrétiens sur l’hémisphère nord pour faire face aux prétentions chinoises. D’autant que Vladimir Poutine verrouille l’ancien monde, celui issu des énergies fossiles du xxe siècle, avec ses victoires tactiques sur le nœud syriaque et son pilotage de la crise actuelle sur les cours du pétrole face à l’Arabie saoudite. Le Coronavirus est peut-être une bonne illustration de cet art subtil pratiqué par les Asiatiques qui consiste à gagner des guerres sans avoir à livrer bataille. Mais dans cette partie à trois, il ne faut pas sous-estimer l’oncle Sam et le tsar, ils n’ont pas encore été frappés d’impuissance comme l’Europe…

    Xavier Guilhou (Conflits, 18 mai 2020)

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