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Métapo infos - Page 2

  • Ma douleur est sauvagerie...

    Les éditions Les Arènes viennent de publier un roman de Pierric Guittaut intitulé Ma douleur est sauvagerie. Romancier et chroniqueur pour la revue Éléments, Pierric Guittaut est déjà l'auteur de plusieurs polars dont Beyrouth-sur-Loire (Papier libre, 2010), La fille de la pluie (Gallimard, 2013) et D'ombres et de de flammes (Gallimard, 2016), ainsi que d'une enquête consacrée à la Bête du Gévandan, La Dévoreuse (De Borée, 2017).

     

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    " Un jour de chasse comme un autre, Stéphane croise un grand cerf blanc. Un fugace échange de regards et l’animal disparaît. Quelques jours plus tard, le cerf provoque un accident : la femme de Stéphane est morte.
    Lancé dans une traque obsessionnelle, obsédé par la soif de vengeance, le chasseur se fond dans la forêt. Il en réapprend tous les codes. Chaque pas dans les bois le rapproche du rendez-vous fatidique avec le cerf.
    De l’homme et de la bête, un seul sortira vivant de ce duel sauvage dans le cœur sombre de la forêt. "

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  • Ni progressiste, ni populiste: conservateur ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Matthieu Baumier, cueilli sur Figaro Vox et consacré au conservatisme. Ecrivain, Matthieu Baumier vient de publier Voyage au bout des ruines libérales-libertaires  (Pierre-Guillaume de Roux, 2019).

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    «Ni progressiste, ni populiste: conservateur!»

    Les mots «conservateur» et «conservatisme», efficients dans nombre de démocraties représentatives et libérales modernes, n’auraient, dit-on, pas le vent en poupe en France. C’est faux: notre pays est redevenu conservateur, lassé des marches en avant perpétuelles.

    Ce n’est pas l’avis du Président de la République. Sur le plan électoral, il a peut-être raison: le dogme progressiste pourrait lui permettre de sauver les meubles aux prochaines élections. En face, il a besoin d’un populisme de droite, sans cesse amalgamé au Mal, pour nous conduire à marche forcée dans un mur. Face à ce jeu douteux, le populisme n’est en réalité pas la réponse politique la plus constructive, bien que légitime dans un contexte où, à en croire les chiffres de l’OCDE publiés le 10 avril, le monde est de plus en plus inégalitaire et le sera de plus en plus si nous poursuivons cette grande marche vers le «progrès». Les catégories moyennes et populaires, celles qui le plus souvent travaillent, sont en cours de déclassement et d’appauvrissement, au profit de 2 % des humains de la planète. Face à cela, le populisme est une colère à même de provoquer bouleversements et révolutions. Mais est-ce bien cela que nous souhaitons, de la colère et des bouleversements, nous qui voulons rappeler que l’humain n’est pas hors sol mais enraciné, que les nations ne sont pas un jeu de construction intellectuel, que les civilisations, avec leurs différences existentielles, sont des réalités charnelles, que les cultures et les identités ne sont pas un vain mot, qu’aucun humain n’aspire à être une fourmi au service de la divinité Croissance, que la vie est en premier lieu une limite, que la liberté des échanges peut se faire avec des frontières, qu’il y a des hommes réels dans le monde, bien plus que cet individu virtuel que le progressisme libéral-sociétal encense?

    Le conservatisme est à l’ordre du jour

    La colère, pourquoi pas? Elle ne devrait cependant pas faire oublier l’essentiel. Elle ne fait pas gagner les élections. Le moment est à des alliances électorales regroupant ceux qui ont un point commun plus important que les divergences: l’état d’esprit conservateur. Les élections se gagnent sur ce qui est essentiel à un moment précis. Ce qui est essentiel, maintenant? Nous voulons un futur en héritage, pour nous et pour nos enfants. Ce qui nécessite un programme politique à construire, fondé sur des principes: le souci de protéger la personne humaine, dans une démocratie réellement représentative qui ne peut exister si la question de la proportionnelle n’est pas soulevée ; le fait qu’aucune société ne peut être équilibrée sans reconnaître que nous naissons avec un héritage et que nous avons la responsabilité de le transmettre ; nous sommes liés par un commun hérité, culturel, linguistique, civilisationnel et spirituel: c’est à ce commun qu’autrui a le devoir de se plier, ou bien le droit de partir ; les concepts de liberté et d’égalité ne sont rien face aux libertés et aux égalités concrètes ; le bien commun, fondé sur la paix, la justice, pas uniquement conçue comme «justice» sociale, et la concorde, permettant l’existence d’une seule communauté et non de communautés multiculturelles séparées, est ce qui prime. Ce bien commun induit que la vie, sa transmission, tant à l’échelle de l’être humain qu’à celle de la planète ne soient plus négociables ; l’individu et son ego sont secondaires, le «droit de» prime sur le «droit à» des minorités. Un socle de cet ordre doit redevenir le fondement de nos sociétés et la base de notre économie, sans lequel aucune politique par exemple migratoire ou environnementale responsable ne sera possible.

    Pour une alliance des conservateurs

    Ainsi, le conservatisme n’est pas une simple volonté de conserver ce qui est, n’en déplaise à ceux qui ne veulent surtout pas le voir émerger concrètement dans la vie politique française, mais un espoir. Il ne s’agit pas de conserver au sens d’un repli mais de déterminer avec volontarisme ce qui doit ou non être changé, et ce qui doit ou non être limité, toute évolution n’étant pas bonne en soi ou synonyme de «progrès». Il s’agit de décider de ce qui ne doit plus être politiquement et sociétalement déconstruit, le bien de la communauté primant sur celui d’individus autoproclamés «avant-gardistes». La «révolution» voulue par le candidat Macron en 2017 et l’affirmation actuelle d’un dogme progressiste ne seront pas battus en brèche uniquement par des populismes éparpillés, réceptacles de colères légitimes. Ces conceptions seront électoralement battues si le conservatisme est capable de devenir une idée neuve en France ainsi qu’une alliance dépassant l’union des droites. Une alliance électorale des conservateurs et de l’état d’esprit conservateur? L’alliance, cela se pratique dans la diversité des angles de vue mais avec un programme/projet commun et une stratégie politique claire. Au-delà des tabous apparents.

    Alors, qui? Une alliance des conservateurs de droite et de gauche, car ces derniers existent, des conservateurs-libéraux de droite et de gauche (l’économie de marché retrouvant sa place véritable, celle d’être un outil au service d’une vision politique et non plus un but en soi, l’ordre des mots est ici important), des souverainistes, des républicains-souverainistes, des écologistes ne confondant pas le vert et le rouge, des chrétiens, des musulmans républicains, premières cibles après les chrétiens de l’islamisme, des humanistes soucieux de la transmission de notre héritage commun et des populistes de droite à même de comprendre ce qui se joue maintenant: l’époque n’est plus au Grand Bond en avant mais à la prise en compte de nos limites essentielles, qui sont la condition d’un futur commun. Un mot d’ordre: conservatisme, d’abord!

    Matthieu Baumier (Figaro Vox, 15 avril 2019)

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  • Réseaux, hiérarchies et lutte pour le pouvoir...

    Les éditions Odile Jacob viennent de publier un essai de Niall Ferguson intitulé La Place et la Tour - Réseaux, hiérarchies et lutte pour le pouvoir. Historien britannique, professeur à Harvard et à l'université d'Oxford, Niall Ferguson est spécialiste de l'histoire de l'économie et de la finance ainsi que de celle de l'empire anglais. On lui doit aussi avec Virtual history, un recueil d'essais d'histoire contre-factuelle.

     

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    " L’histoire que l’on nous a enseignée est institutionnelle et hiérarchique. Ses acteurs sont les papes, les rois, les empereurs. Mais cette histoire officielle ne passe-t-elle pas à côté des réseaux, tout aussi puissants mais moins visibles, entretenant alors les fantasmes des théories conspirationnistes ?
    Le XXIe siècle a été qualifié d’âge des réseaux. Pourtant, Niall Ferguson le montre dans ce livre, les réseaux sociaux n’ont rien de nouveau. Qu’il s’agisse des imprimeurs et des prédicateurs qui ont fait la Réforme, ou des loges maçonniques et de leur rôle dans la révolution américaine, les réseaux – la Place – ont depuis toujours défié le monde ancien des hiérarchies – la Tour.
    Des Illuminati aux cercles des Lumières, de l’empire colonial britannique aux espions de la guerre froide, des récentes privatisations aux GAFA, Niall Ferguson propose une analyse radicalement nouvelle des organisations humaines. À quelles conditions les réseaux peuvent-ils conquérir les chaires, le pouvoir, la richesse ? Comment expliquer qu’ils supplantent aujourd’hui des structures hiérarchiques en voie d’épuisement ? "

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  • Surpopulation : vers quel monde allons-nous ?...

    Le 4 avril 2019, Pierre Bergerault recevait, sur TV libertés, Philippe Randa, pour évoquer l'essai de Jean-Michel Hermans, Surpopulation : l’alerte mondiale (Dualpha, 2019) qu'il a édité. Philippe Randa est journaliste et éditeur. Auteur de nombreux livres, il a récemment publié un polar intitulé Secret mortel (Auda Isarn, 2018).

     

                                        

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  • Aux Rats des pâquerettes...

    Les Gilets jaunes ne pouvait pas le laisser muet... Après Les porcs, vaste fresque politico-littéraire, Marc-Edouard Nabe revient avec Aux Rats des pâquerettes, un pamphlet consacré à cette révolte, toujours en cours, qui à sa grande déception n'a pas tourné en révolution... Antiédité, le livre est disponible uniquement sur le site de l'auteur et à la librairie Le Dilettante, 7 place de l’Odéon, 75006 – Paris (à deux pas de La Nouvelle Librairie...).

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    " Noir comme un Black bloc, jaune comme le gouvernement qui a eu la peur de sa vie, voici un pamphlet de cent pages où Marc-Edouard Nabe s’adresse aux pauvres Gilets jaunes qui ont tout raté en restant au niveau des pâquerettes.
    Comme Une Lueur d’espoir sur le 11-Septembre (octobre 2001) ou L’Enculé sur DSK (octobre 2011), Aux Rats des pâquerettes est le premier livre d’écrivain sur le mouvement des Gilets jaunes (mars 2019). Un constat colérique et terrible sur un rendez-vous loupé du « peuple » avec l’Histoire. À se tordre de rire… jaune ! "

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  • Autour de Notre-Dame en feu, l'écho d'une âme collective ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Michel Maffesoli, cueilli sur Figaro Vox et consacré aux manifestations de recueillement qui ont été observées autour de Notre-Dame en feu.

    Penseur de la post-modernité, Michel Maffesoli a publié récemment  Les nouveaux bien-pensants (Editions du Moment, 2014) , Être postmoderne (Cerf, 2018) et dernièrement La force de l'imaginaire - Contre les bien-pensants (Liber, 2019).

     

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    Maffesoli: «Que signifie la piété collective au pied de Notre-Dame en feu?»

    En cette nuit funeste Notre-Dame de Paris brûlait! Et tout autour, peu à peu, une immense foule se rassemblait. Impuissante, mais comme en communion de destin avec cet esprit de pierre tout en incandescence. Peuple silencieux. Puis, soudainement, chantant ou priant le «Je vous salue Marie». Place Saint Michel, Quai d’Orléans, Pont Saint Louis, l’émotion se sublimait en un chant n’ayant rien d’offensif, mais où l’on entendait comme un écho d’une âme collective, qui, depuis le Moyen-Âge, entoure cette figure protectrice de la cité.

    Nombreux sont ceux ayant célébré, tel Victor Hugo «Notre-Dame de Paris» (1831). Ne soulignent-ils pas que ses cloches, son bourdon en particulier, émeuvent les esprits les plus rassis et certains jours, enflamment l’ensemble de la ville.

    Ce qui frappe est le climat de piété régnant autour de la cathédrale. Quelque chose d’une pensée méditante. Me vient à l’esprit la remarque de Heidegger, considérant «la pensée comme un exercice de piété». Piété caractéristique de ceux qui sont pieux. Le pieu c’est, également, cette pièce de bois droite permettant d’être assuré et solide.

    Notre-Dame comme un pieu fiché en terre, pour servir de fondation à tout être.

    On entend ça et là des personnes déplorer cet incendie, car il met en danger l’attraction qu’exerçait cette église, mondialement connue et attirant 14 millions de touristes par an. La mettant, ainsi, sur le même plan que Disneyland.

    Réduction utilitariste à bien courte vue, ne saisissant pas la force de l’imaginaire, cause et effet d’une telle construction. Les bâtisseurs des cathédrales étaient animés par un autre objectif: une incarnation du sacré. Et l’émotion collective éprouvée en voyant cette cathédrale brûler n’est pas autre chose que l’irréfragable perdurance de ce que Joseph de Maistre nommait «le résidu divin».

    Résidu comme solide substrat de toute société, voire de toute culture. Résidu qui comme le pieu de la piété est, certes, enraciné en un lieu donné, mais ne manque pas de rayonner d’une manière on ne peut plus large. Et il suffisait d’entendre , dans la foule compacte, les murmures prononcés en nos langues latines, pour comprendre «l’unidiversité» dont Notre-Dame de Paris est le symbole. Elle rassemble ce qui est épars. C’est le prototype de l’enracinement dynamique. Celui du «commerce», en son sens large, qui était pré-moderne, et qui sera, certainement, postmoderne.

    «Commerce» que l’on retrouve dans le roman de Victor Hugo, où Quasimodo, Esmeralda, la Gitane et le beau Phoebus de Châteauperce se mêlent en une symphonie baroque où le parler en langues diverses n’en souligne pas moins l’unicité fondamentale autour d’un principe commun. En la matière, la nostalgie de l’ailleurs, celle de l’homme de désir, toujours taraudé par la transcendance.

    C’est bien cela que les prières, les chants jaillissant spontanément, les pleurs surgissant sans honte traduisaient: une transcendance immanente, confortant, réconfortant un peuple rassemblé.

    Durkheim parlait des «rites piaculaires»: rites de pleurs. Moments où l’émotion collective a une fonction charismatique, c’est-à-dire une fonction d’union, de communion. Renaissance d’un lien que l’individualisme moderne n’a pas réussi tout à fait à rompre et qui à certains moments retrouve une force et vigueur indéniables. Certes le bavardage médiatique ou politique «pérore» sur l’attraction touristique de la cathédrale, ce qui est bien loin d’être essentiel. Car au-delà ou en deçà du tourisme, la véritable attraction est spirituelle ou même sacramentelle. C’est-à-dire à l’image du sacrement, ce qui rend visible une force invisible. En la matière le besoin d’un au-delà à l’enfermement égotiste propre à la modernité. Dialogie du visible et de l’invisible faisant fi de la marchandisation dominante.

    Ainsi, au-delà de la destruction d’un joyau du patrimoine de l’humanité, la crainte se lisant sur les visages apeurés, c’était celle de voir disparaître un véritable «matrimonium» collectif. Lieu servant de matrice spirituelle à toute vie en société.

    Mais tout comme dans une carrière humaine, il faut, selon l’expression de Saint Augustin: «In te ipsum redi», rentrer en soi-même afin de renaître à un plus-être. Tout est symbole. Dans la nef, la croix lumineuse sur l’autel central a continué à briller. Peut-être faut-il comprendre cet incendie comme une «catabase»: une descente aux enfers qui est aussi l’indice d’une résurrection à venir. C’est bien cela que l’on ressentait dans la piété collective autour de Notre-Dame de Paris en feu !

    Michel Maffesoli (Figaro Vox, 16 avril 2019)

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