Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Métapo infos - Page 2

  • Roger Nimier, dernier anarchiste de droite ?...

    Le cinquante-deuxième numéro de la revue Livr'arbitres, dirigée par Patrick Wagner et Xavier Eman, est en vente, avec un dossier consacré à Roger Nimier...

    La revue peut être commandée sur son site :  Livr'arbitre, la revue du pays réel.

    Livr'arbitres 52.jpg

    Au sommaire de ce numéro :

    Éditorial

    Plaisirs solittéraires

    Coup de bambou

    Adélaïde de Clermont-Tonnerre

    Coup de cœur

    François Baget

    David Duquesne

    Christine Pawlowska

    Jacques Robinet

    Coups de téléphone

    Emeric Cian-Grangé

    Audrey Fella

    François Kasbi

    Coup de projecteur

    Pierre Cormary

    Alain Paucard

    François Souvais

    Christine Sourgins

    Portrait

    Roger Nimier (1925-1962)

    Dossier

    Le diable en littérature

    Le surréalisme, un projet philosophique

    Entretien

    Luc-Olivier d'Algange

    Jean-Paul Kaufmann

    Marc Obregon

    Histoire-panorama

    La guerre des Boers de Villebois-Mareuil

    Le monde des idées

    Jean Vioulac

    Présidentielle et populisme

    Domaine étranger

    Jorge Luis Borges

    Carrefour de la poésie

    Peinture en prose

    Poème en prose

    Poème en musique

    Portrait Germain Nouveau

    Portrait Erik Lehnsherr

    Jeux de mots

    La littérature revisitée

    Cinéma

    Orson Welles d'Anca Visdei

    Littérature jeunesse

    Marianne Vourch

    Bande dessinée

    Macbeth

    Nouvelle

    La menace du « H. R. Giger »

    Vagabondage

    Sentinelles de la culture

     

    Lien permanent Catégories : Revues et journaux 0 commentaire Pin it!
  • Cinq raisons de se détourner du culte MAGA...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Bruno Wolters cueilli sur Euro-Synergies et consacré à la nécessité pour les droites européennes de prendre ses distances avec le mouvement MAGA d'outre-Atlantique. Bruno Wolters, né en 1994, est rédacteur de la revue Freilich.

     

    Droite populaire européenne.jpg

     

    Cinq raisons pour lesquelles la droite allemande doit se détourner du culte MAGA

    Ainsi que toutes les droites et les gauches européennes...

     

    Il y a des moments où la proximité politique ne signifie pas la force mais la dépendance. L’enthousiasme actuel pour le fatras idéologique du mouvement MAGA chez une large partie de la droite européenne – en particulier en Allemagne – l'atteste. Ce qui a commencé comme une sympathie tactique s’est, dans certains cas, transformé en une soumission mentale.

    L’une des tentations classiques des mouvements politiques est de considérer les succès étrangers comme des succès à soi. La fixation d’une partie de la droite allemande sur Donald Trump et le milieu MAGA est l’expression exacte de cette tentation: on projette ses propres désirs, conflits non résolus et blocages stratégiques sur un acteur étranger, en oubliant que ses actions ne sont ni destinées ni adaptées à l’Europe.

    Ce n’est pas seulement imprudent sur le plan politique mais aussi stratégiquement dangereux – surtout maintenant que le président américain et ses conseillers veulent, après le Venezuela, aussi contrôler le Groenland. Il s’agit ici d'un territoire danois, donc de l'espace souverain d’un partenaire de l’OTAN, qui s’est montré au fil des décennies comme l’un des alliés américains les plus loyaux.

    Conséquence: selon certains médias, Trump aurait ordonné à ses militaires d’élaborer des plans offensifs, tandis que les généraux tenteraient de le distraire en abordant d’autres sujets. La cupidité de Trump pour le Groenland ne doit pas nous apaiser – et que se passerait-il s’il déclarait que les bases américaines en Europe, comme Ramstein, deviendraient toutes territoire américain? Avec l’instabilité de Trump, tout doit être envisagé. Cela signifie que la droite allemande et européenne doit suivre une voie différente de celle du mouvement MAGA.

     

    1. Le piège canadien: quand la souveraineté nationale devient soudain réalité

    Au Canada, jusqu’à peu près avant les élections de l’été 2025, une victoire claire des conservateurs sur les libéraux au pouvoir était attendue, jusqu’à ce que Trump, avec ses fantasmes d’annexion ("51ème État") et ses taxes punitives, ne bouleverse la rhétorique de la campagne. Début 2025, selon des études, les conservateurs avaient près de 30 points de pourcentage d’avance sur leurs rivaux de gauche et libéraux. Mais ce qui a suivi n’a pas été une révolte de gauche ou une campagne morale, mais une réaction souverainiste des électeurs. Les sondages montraient que la majorité des Canadiens percevaient ces débordements comme une attaque contre leur souveraineté nationale, tandis que, contre toute attente, les supporters conservateurs de Trump au Canada étaient soudain considérés comme des collaborateurs potentiels du futur ennemi américain. Le parti conservateur, proche de Trump, a ainsi perdu son avantage.

    C’est ici que cet exemple canadien devrait servir d'avertisseur pour la droite allemande. S’attacher de manière démonstrative à un président américain dont la rhétorique remet en question la souveraineté d’autres pays, voire la sienne propre, envoie un message à son propre peuple et lui dit que le destin de la nation dépend finalement des caprices d’un autre continent. Les sondages sur le gouvernement Trump montrent à quel point sa personne est polarisante: les républicains l’aiment, les démocrates le détestent, et les indépendants sont divisés. Pour la droite et la mouvance conservatrice allemandes, cela signifie: s’accrocher à une figure aussi divisive consiste aussi à importer une telle division en Europe, sans toutefois posséder les moyens de puissance correspondants.

    Une dépendance trop étroite à l'endroit du mouvement MAGA comporte le danger d’être perçu non pas comme une force nationale indépendante mais comme une formation qui importe des conflits étrangers. Le message des électeurs canadiens est clair: faire de son pays un appendice des projets d'une puissance étrangère, c’est perdre sa légitimité. Nous, Européens, ne devons pas faire cette erreur à notre tour.

    2. La souveraineté mentale comme condition d’efficacité politique

    Trump et son mouvement MAGA mènent une politique selon le modèle de l'«escroquerie populiste de droite»: d’abord, la colère populaire contre l’immigration, le terrorisme et la désindustrialisation est attisée. Ensuite, les populistes de droite sont élus, qui font beaucoup de bruit, puis agissent de manière perturbatrice en politique étrangère en étant principalement au service des intérêts de l’élite politique et économique, sans changer fondamentalement la situation intérieure. Finalement, ils sont houspillés hors des allées du pouvoir, la gauche reprend alors celui-ci, aggravant la situation – et le cycle recommence. Ce mécanisme s’applique désormais au mouvement MAGA, presque comme un cas suggéré par un manuel. En Europe, on a aussi pu voir ce modèle dans le gouvernement de Wilders aux Pays-Bas.

    Après un peu plus d’un an au pouvoir, l’administration MAGA semble politiquement épuisée: le bilan de la remigration promise et annoncée est à peu près le même que celui des gouvernements démocratiques précédents, les chiffres des expulsions réelles restent dans la moyenne, tandis que des "expulsions spectaculaires" et symboliques sont médiatisées. L'inflation, la migration massive et les ruptures sociales ne sont pas résolues, voire empirent – et les premières analyses économiques indiquent que la politique douanière a détruit plus d’emplois qu’elle n'en a créés. Beaucoup de promesses et d'annonces n’ont pas été concrétisées jusqu’à présent. Trump s’en démarque même.

    Cela signifie que MAGA remplit exactement la fonction systémique esquissée par l'effet «scam»: la colère populaire est canalisée, transformée en une politique de type affectif et en une mise en scène médiatique, mais pas en réformes structurelles véritables. Le système d’immigration reste essentiellement inchangé, les structures de soutien au combat anti-blancs ne sont pas remises en question, et l’administration libérale reste intacte. Pour la droite allemande, c’est une leçon: s’aligner sur un populisme de droite de ce type, c’est adopter un mécanisme qui génère de l’indignation pour la neutraliser politiquement.

    Car l’Europe ne deviendra pas une grande puissance ou une puissance spatiale tant qu’elle restera mentalement dans la zone d’avant-garde des États-Unis. Cela concerne non seulement les gouvernements, mais aussi l’opposition. Un mouvement de droite qui tire son énergie politique des batailles culturelles américaines, des cycles électoraux et des rituels d’indignation made in USA, ne pense pas souverainement, mais réactivement: pure agitation sans effets réels.

    Les études sur le soutien à Trump illustrent ce problème précis. MAGA n’est pas un projet qui intègre la nation, mais un phénomène de constitution de camps fortement polarisés. Même aux États-Unis, le mouvement MAGA ne subsiste que de manière fragmentaire. Le rejet massif par les indépendants, la division selon des lignes culturelles et sociales, ainsi que la diminution du soutien en dehors de la base dure, ne parlent pas en faveur d’un modèle à exporter.

    La souveraineté mentale consiste à analyser la réalité politique de manière objective, plutôt que de s’enivrer d’images où force et dureté sont obscènement mises en exergue. Ceux qui réagissent constamment aux signaux venus d'Amérique perdent de vue leurs propres nécessités stratégiques.

    3. Les intérêts des États-Unis ne sont pas les nôtres – et ne l’ont jamais été

    L’une des erreurs les plus tenaces de la droite européenne est de supposer qu’un président «de droite» aux États-Unis serait un allié naturel. Cependant, cette supposition ignore des faits fondamentaux d’ordre géopolitique. Les États-Unis agissent comme un empire – indépendamment de celui qui siège à la Maison Blanche. Leurs intérêts sont structuraux et idéologiques.

    Les États-Unis poursuivent – indépendamment de leur administration – la stabilisation de leur empire. Un sondage sur une intervention militaire américaine montre qu’au sein même de la population américaine, un équilibre existe entre les réponses «opposition», «soutien» et «indécision», alors que les camps politiques s’opposent. Mais que l’on lise 47% de rejet ou 33% d’approbation: pour Washington, ce qui compte, c’est que la machine de la politique étrangère continue de fonctionner, peu importe si l’Europe en bénéficie.

    Mais: le conflit imminent avec la Chine est perçu par Washington comme existentiel. Pour l’Europe, la Chine est principalement un partenaire économique, moins une menace géopolitique ou idéologique. Pour l’Allemagne, la coopération avec la Chine est cruciale pour l’industrie et l’exportation. Une politique ignorant cette réalité nuit à ses propres bases.

    Il en va de même pour la question énergétique. La dépendance croissante de l’approvisionnement énergétique européen à des intérêts américains crée de nouvelles dépendances. L’énergie devient un levier de pression politique – même sur les alliés. Ceux qui pensent pouvoir désamorcer cela par proximité idéologique se méprennent sur la logique de la politique de puissance.

    L’Europe a d’autres intérêts fondamentaux: la coopération économique avec de nombreux autres pays, une fourniture d’énergie stable et l’évitement de guerres d’intervention coûteuses qui génèrent des flux migratoires. Si la droite allemande se laisse entraîner dans «les combats à mort» qui agitent l’imperium américain – cela va du changement de régime réclamé en Iran à la surveillance des champs pétrolifères vénézuéliens –, elle adopte un agenda qui déstabilise ses propres sociétés.

    Ajoutez à cela la question énergétique et monétaire: avec la perte progressive du pouvoir du dollar américain, l’incitation pour Washington d’exercer une pression politique via des ressources énergétiques et des régimes de sanctions s’accroît. Une dépendance durable de l’approvisionnement énergétique allemand aux diktats américains signifierait que toute politique indépendante envers la Russie ou la Chine pourrait être indirectement sanctionnée. Ceux qui brandissent dans de telles conditions des drapeaux MAGA contribuent involontairement à fixer la République fédérale comme avant-poste industriel d’une grande puissance étrangère. Qui exige la souveraineté doit d’abord la penser. Et ceux qui prennent au sérieux l’indépendance européenne ne peuvent plus se laisser lier aux cycles d’excitation propagés par un empire étranger.

    4. Dommages à la réputation: la menace MAGA comme hypothèque stratégique

    Un problème central de la gouvernance MAGA actuelle réside moins dans ses échecs ouverts dans certains domaines politiques que dans la manière dont le pouvoir est désormais exercé de manière démonstrative: non comme une puissance étatique, mais comme un réseau personnel. Non plus comme un projet politique, mais comme un réseau familial et économique.

    Ce que l’on observe actuellement aux États-Unis, ce n’est pas une renaissance nationale, mais un affaiblissement rapide des intérêts politiques qui y sont liés. L’entourage immédiat de Trump agit de plus en plus comme une structure parallèle d’entrepreneurs: projets cryptographiques non ironiques avec un caractère évident de scam, construction de marques personnelles utilisant la proximité politique, accès privilégié pour les grands donateurs et les oligarques technologiques, qui ne jouent plus le rôle d’alliés mais de co-gouvernants.

    Ce n’est pas un argument moral mais un argument qui doit évoquer la réputation. Ceux qui se lient de manière démonstrative au mouvement MAGA ne s’attachent pas à «l’Amérique» ou à une transformation de l’État dans un sens idéologiquement conservateur, mais à un milieu de plus en plus étroit d’intérêts familiaux, de capital-risque, de monopoles technologiques et de patronage politique. La frontière entre pouvoir politique et avantage privé n’est plus dissimulée mais ostentatoirement acceptée.

    Plutôt que d’être perçue comme une contre-force souveraine, une telle alliance, étiquetée nationaliste, populiste ou conservatrice, risque d’apparaître comme la branche provinciale d’un milieu oligarchique américain. Non comme une force sérieuse avec ses propres réponses mais comme spectatrice enthousiaste de jeux de pouvoir étrangers. Cela nuit non seulement à la crédibilité, mais aussi à toute stratégie à long terme.

    Précisément parce que la confiance dans les institutions politiques s’effrite, la crédibilité devient la ressource la plus rare de toute opposition. Toute proximité visible avec un réseau de fraude cryptographique, de deals d’oligarques et de patronage familial affaiblit cette ressource – non seulement auprès des opposants mais aussi auprès des électeurs potentiels qui espèrent restaurer l’ordre, la transparence et la justice sociale. Une droite européenne souveraine doit donc maintenir ses distances: aussi bien vis-à-vis du culte MAGA en tant que figure cultuelle que vis-à-vis des réseaux environnants d’argent, de glamour et de spectacles numériques.

    5. Solutions propres – la droite multipolaire plutôt que l’importation MAGA

    Pour la droite européenne, un rare créneau temporel s’ouvre actuellement: celui de la possibilité de maintenir une distance dans la dignité. Ceux qui abandonnent maintenant leurs illusions gagnent du temps pour la théorie, l’organisation et la construction stratégique. Ceux qui persistent dans le culte du mouvement MAGA risquent une perte massive de crédibilité. Il est temps de formuler une stratégie européenne indépendante qui associe remigration, souveraineté et rationalité économique, sans s’attacher aux cycles de la politique intérieure américaine.

    De plus, l’usure intérieure du camp MAGA est manifeste: le «tournant» promis n’a pas eu lieu, des scandales majeurs n’ont pas été élucidés, et économiquement, ce sont surtout les grands donateurs, les réseaux néocon et l’entourage familial immédiat de la direction qui ont profité. La collusion apparente avec le grand capital et les intérêts lobbyistes n’est même plus dissimulée mais célébrée comme une expression de «puissance». Le prix en est la déconnexion avec les électeurs qui rêvent d’une véritable renaissance sociale ou nationale.

    Le danger est réel que des acteurs américains tentent d’utiliser le populisme de droite européen comme le vecteur d'une vassalisation renouvelée. La dépendance énergétique, les exigences de loyauté géopolitique et la pression économique en seraient les conséquences. La démocratie chrétienne classique est aujourd'hui épuisée – une nouvelle mouvance porteuse doit être trouvée.

    Une stratégie européenne indépendante devrait, en revanche, être sobre et orientée par ses propres intérêts. Elle n’éviterait pas des questions difficiles telles: la relation avec la Russie, la coopération économique avec la Chine, le rejet d’une politique extérieure uniquement basée sur le moralisme niais au profit de calculs politiques réalistes. Une démarcation consciente par rapport aux luttes simulées et mimétiques, le tout au profit d’une conquête silencieuse mais résolue des institutions nationales, voilà ce qui serait nécessaire.

    Conclusion: contre le fallacieux populisme de droite

    Le populisme de droite d’aujourd’hui n’a pas disparu mais s’est adapté. Il utilise un langage, des codes et des affects de droite sans en réaliser les objectifs. Il canalise l’énergie de la protestation, la neutralise, puis la ramène dans le système existant de façon contrôlée. Ceux qui veulent un changement réel doivent apprendre à reconnaître aussi le populisme de droite comme une impasse potentielle. MAGA en est l’exemple le plus visible. Pour la droite allemande, ce serait un signe de maturité de tourner froidement la page de ce culte – non pas par anti-américanisme, mais par simple conscience que les peuples qui ne se représentent pas eux-mêmes sont gérés par d’autres.

    La droite allemande doit faire un choix : continuer à agir dans l’ombre de puissances étrangères – ou agir enfin de manière indépendante. La souveraineté n’est pas une pose. C’est une séparation délibérée.

    Bruno Wolters (Euro-Synergies, 26 janvier 2026)

    Lien permanent Catégories : Points de vue 0 commentaire Pin it!
  • Lovecraft, un maître de vie...

    Les éditions Perspectives libres viennent de publier un essai de Vincent-Pierre Angouillant intitulé Lovecraft, un maître de vie. Vincent-Pierre Angouillant est traducteur de grands auteurs anglo-saxons, dont James Fennimore Cooper, William M. Thackeray, Edgar Allan Poe et Charles Dickens.

     

    Angouillant_Lovecraft, un maître de vie.jpg

    " Ce livre n’est ni une thèse ni un essai sur le géant américain de la littérature Howard Phillips Lovecraft. C’est un portrait par touches du maître de l’horreur et du fantastique à travers ses textes rares et son immense correspondance. Il nous révèle un Lovecraft penseur, épistolier et attachant. Il nous appelle à revoir l’œuvre du maître comme celle d’un passeur, d’un ami et d’un compagnon face à la vie dont les leçons sont inscrites en filigrane dans ses fictions et en toutes lettres ici même."

    Lien permanent Catégories : Livres 0 commentaire Pin it!
  • La Néoréaction (NRx) ou les Lumières sombres : analyse d’un nouveau courant politique...

    Dans cette nouvelle vidéo, Ego Non évoque le courant politique de la Néoréaction (encore appelé Les Lumières sombres) qui a émergé aux États-Unis dans le monde des entreprises de technologies numériques autour de figures comme Peter Thiel, Nick Land ou Curtis Yarvin...

     

                                              

    Lien permanent Catégories : Multimédia, Points de vue 0 commentaire Pin it!
  • 1979...

    Les éditions Denoël publient cette semaine un roman de Christian Kracht intitulé 1979. Suisse alémanique, né en 1966, Christian Kracht est l'auteur de plusieurs romans grinçants comme Eurotrash ou Imperium.

     

    Kracht_1979.jpg

    " L'année de la chute du shah et de la révolution islamique. Un sale moment pour faire du tourisme en Iran. Candide chaussé de Berluti, le narrateur sillonne Téhéran en écoutant Blondie, à la recherche de soirées festives clandestines et de bons trips en tous genres. Ni les Gardiens de la révolution, ni le climat d'extrême tension qui règne dans la ville ne semble pouvoir troubler sa dérive mondaine. Cette quête improbable conduit notre dandy au Tibet, où il est arrêté par des soldats chinois et envoyé au Lao Gaï ; destination propice à un régime amincissant radical... Drôle et cruel, 1979 stigmatise tout ce qui rend l'Occident odieux aux yeux de l'Orient. Modèle d'autodérision, la farce de Kracht évoque le Huysmans d'À rebours. La peinture impitoyable d'une humanité décadente. "

    Lien permanent Catégories : Livres 0 commentaire Pin it!
  • Ce que Trump nous dit...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Bastien Frimas, cueilli sur le site de la revue Éléments et consacré au message de puissance et de volonté politique que Trump adresse à l'Europe...

    Trump_Ice.jpg

    Ce que Trump nous dit

    Il est naturel de vouloir, pour se rassurer, se dire que l’on est bon quand on est faible. Et il est profondément pervers de se complaire dans cette fausse bonté contrainte. Il est, enfin, malsain de vouloir imposer aux forts cette faiblesse déguisée en morale. C’est la grande leçon de Nietzsche.

    C’est aussi ce que nous rappelle Trump dans son dialogue mélien avec l’Europe : « Les forts font ce que peuvent, les faibles ce que doivent », nous dit Thucydide. Est-ce aimable ? Équitable ? Intelligent ? Ce sont des questions que ne se posent, en matière de relations internationales, que ceux qui subissent.

    Le moment schmittien

    Trump nous fait entrer dans un moment schmittien. Depuis cinquante ans, la Nouvelle Droite glose non sans raison Carl Schmitt et Julien Freund, pense le décisionnisme et la distinction ami/ennemi pour récuser certains fondamentaux du libéralisme philosophique ou juridique, conspue le légalisme étriqué, qui étouffe la démocratie authentique et la volonté politique tout en favorisant la tyrannie de l’individu. Trump applique tout ceci. C’est chez lui instinctif, et pour une partie de son entourage c’est même réfléchi et conscient. Il nous force en retour à penser réellement en schmittiens et à être conséquent avec nous-mêmes.

    Mais nous ne l’entendons pas. Parce qu’il est « fou » et « malpoli ». Parce que ses méthodes sont « brutales ». Pourtant, comment croire que la restauration de la primauté du politique et de son autonomie vis-à-vis des autres « activités originaires » selon Julien Freund (telles que l’économie ou la morale) puisse ne pas être brutale et sembler folle ?

    Voyons l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), la police chargée de lutter contre la criminalité transfrontalière et l’immigration illégale. Depuis quelques semaines, une certaine droite reprend sans honte les éléments de langage des Démocrates américains : agents mal formés, violents, surarmés, masqués (car menacés dans un pays où il est facile de se procurer des armes, rappelons-le)… Une police inquiétante. Brutale.

    Elle va même jusqu’à – horresco referens – traquer et expulser les clandestins. Elle obtient des résultats assez spectaculaires certes, avec plus de deux millions d’expulsions ou de départ volontaires, des centaines de milliers de criminels arrêtés et donc de nombreuses vies sauvées. Mais parfois, sur des photos ou à la télévision, des enfants pleurent. Et, parmi les manifestants qui ont interféré avec des opérations visant à arrêter des criminels – certains étant des tueurs et des pédophiles –, deux citoyens américains sont morts dans des circonstances regrettables.

    Ce n’est pas très gentil. Nous ne ferions pas cela en Europe, non Madame. Nous ne détruirions pas non plus les embarcations de trafiquants de drogue avant qu’ils n’aient accosté et peut-être vendu leur cargaison. Il faut un procès, il y a des règles. Les criminels ont le droit d’être convoqués, puis remis en liberté par des juges que personne ne peut tenir responsables. Les clandestins et terroristes ont le droit de rester dans notre pays après un sermon républicain. Nous ne sommes pas des Américains !

    La droite aux mains propres

    Nous, à la vraie droite intelligente et morale, nous sommes scrupuleux. Nous avons des principes et refusons de nous abaisser à faire preuve de violence, même symbolique. D’ailleurs, nous refusons de défaire ce qu’ont fait nos adversaires. Restons purs, gardons les mains propres et restons des oies blanches, ils ne l’emporteront pas au Paradis. Perdons avec honneur ; ou plutôt, mettons un point d’honneur à perdre.

    Ah certes, si nous parvenions au pouvoir… L’école, l’administration, la criminalité, l’immigration, l’économie… Nous avons les solutions. Mais aussi des valeurs. Les solutions seront donc appliquées dans le respect des règles juridiques, médiatiques et morales, bien que celles-ci soient imposées par d’autres.

    Peu importe que ces mêmes règles soient allègrement bafouées par la gauche lorsqu’elle est au pouvoir et veut nous nuire. La gauche est violente, menteuse, injuste. Son indignation est à géométrie variable. Elle ne pipait mot quand Obama était le « déporteur en chef ». Elle ne prend pas la rue quand un conservateur ou un trumpiste sont tués par la police ou un assassin ; elle s’en réjouit même bruyamment.

    La gauche est organisée et cherche systématiquement à entraver l’action de la droite. Elle a un projet total et l’applique au pas de charge. Si elle le pouvait, elle exécuterait les moins soumis d’entre nous et rééduquerait nos enfants dans des camps ; elle l’a déjà fait, et la radicalisation de son discours montre qu’elle n’hésiterait pas à recommencer. Si Trump échouait, la réplique serait bien plus terrible que tout ce qu’il s’autorise à faire.

    Et la gauche réagit toujours sur un critère simple : quand on ne se soumet pas à ses règles. Faire le choix de n’agir que dans le cadre légal et rhétorique principalement délimité par l’adversaire n’est pas une preuve de raison, mais de soumission. Il est tragique de se persuader que faire preuve de bonne volonté, de modération ou d’ouverture est un choix qui permettra de démontrer, par notre bénévolence, que l’autre a tort car il est plus radical ; on travestit en choix la défaite.

    Comment croire que la remigration sera polie ? Que, quelle que soit la dureté ou la bienveillance dont ferait preuve un gouvernement de droite, la gauche politique et médiatique n’organiserait pas des heurts violents pour l’empêcher ? Il faudra les reins solides pour rendre leur avenir aux Français et aux Européens. Et l’on voit pourtant que, déjà, une partie de la droite chancelle à la vue d’une action déterminée outre-Atlantique. Si, effarouchée, elle combat et délégitime ce qui est nécessaire là-bas, de quel côté sera-t-elle demain ici ?

    De la volonté en politique

    Ce que Trump dit de nous, c’est que nous n’avons plus la volonté, corsetés que nous sommes par des principes et des apparences qui nous sont imposés. Les appels à la puissance se multiplient, mais celle-ci doit toujours rester mesurée, restreinte, encadrée. Or, la puissance est avant tout la capacité à définir de façon autonome le cadre de l’action, à changer les règles pour accomplir des objectifs que l’on peut viser. Il y a une antinomie formelle dans l’aspiration à la puissance pour n’en rien exprimer.

    Le droit international par exemple est largement une fiction : il n’est que le cadre défini par l’hégémon dans lequel s’exprime sa puissance et dont il peut s’émanciper à loisir, précisément car il en est à la fois la force normative (potestas) et le garant (imperium). Il est absurde de vouloir être en capacité de réaliser ce qu’a fait Trump avec Maduro si c’est pour s’interdire de le faire. Les moyens n’existent virtuellement pas s’il n’y a pas la volonté de les employer ; pas plus qu’il n’y a de réel projet de puissance sans velléité impériale.

    Il ne s’agit pas d’admirer Trump, de croire qu’il est un sauveur, un modèle, ou, plus ridicule encore, qu’il nous veut du bien. Aucun Européen lucide ne peut plus le prétendre. En revanche, il faut moquer les cris d’orfraies de la droite molle face au trumpisme, cette réaction d’honnête bourgeois conservateur se pinçant le nez face à la volonté en acte. La propension à se vautrer dans le confort moral et la conviction que nous valons mieux parce que nous sommes prêts à ne rien accomplir caractérisent assez tristement les vaincus et cocus de la droite.

    Trump ne gagne pas sur tout, c’est une évidence. Parfois, il abîme même au lieu de consolider et renforcer sa position. Il lui arrive aussi de reculer. Mais il ose, tente de s’imposer et progresse. Il pratique le pouvoir comme la gauche, avec les mêmes limites. La gauche n’a jamais reculé que temporairement, engrangeant des victoires au passage par effet de cliquet.

    La brutalité de Trump n’est que la réalité nue de la volonté appuyée sur la puissance. Elle ne s’embarrasse d’aucun faux-semblant qui ferait passer la pilule. Que fait-il qui n’ait été fait par ses prédécesseurs ? Humilier, exploiter et contraindre ses partenaires-vassaux, expulser en masse les clandestins même si certains pleurent… Ce que l’on reproche vraiment à Trump est d’avoir brisé une illusion, celle que la force et l’autorité devaient être civilisées et polies pour que les faibles puissent quand même, eux aussi, croire qu’ils sont un peu forts. Il est vain de brandir un cérémonial qui passe avec l’empire qu’il servait, comme si la forme seule suffisait à maintenir la grandeur. La réaction émotionnelle et morale à Trump est une fuite en avant dans l’impuissance et la sortie de l’Histoire.

    La morale ne fait pas une politique

    Est-ce à dire qu’il faut abolir les convenances et tout ce qui fait l’homme civilisé ? Abandonner la noblesse, la décence, la retenue ? Ou bien que nous devons docilement suivre et applaudir Trump en tout car il est l’homme fort du moment ? Certainement pas. Il n’est pas non plus question de vénérer la force excessive, aveugle ou tyrannique, pas plus que la force pour la force, sans frein ni télos.

    Mais il faut prendre conscience du message que Trump nous envoie involontairement. D’abord, il montre la volonté en action car politiquement capable, non entravée par la morale des autres quand elle empêche de faire ce qui est nécessaire ; il s’autorise à faire, à droite, ce qu’a toujours fait la gauche. Ensuite, il dit que l’éthique et l’esthétique auxquelles nous tenons sont elles-mêmes un cadre défini par la force que nous avons longuement possédée. La hauteur morale ne suffira pas à la retrouver. Elle ne pourra que jeter un voile pudique sur des ruines.

    Bastien Frimas (Site de la revue Éléments, 29 janvier 2026)

    Lien permanent Catégories : Points de vue 0 commentaire Pin it!