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Métapo infos - Page 2

  • Le réveil de la France oubliée...

    Les éditions du Rocher viennent de publier une enquête d'Anthony Cortès intitulée Le réveil de la France oubliée. Originaire d'un petit village des Pyrénées-Orientales, Anthony Cortes est journaliste et traite régulièrement de sujets portant sur le monde rural.

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    " Dans nos campagnes désertées, l'heure du sursaut a sonné. Face à des commerces qui ferment, des services publics qui se raréfient, agriculteurs, ouvriers, employés, enseignants, retraités... résistent. Ils investissent le champ politique et pensent la ruralité de demain. Dans cette France oubliée, des initiatives, des projets, émergent, souvent hérités de l'ère paysanne et du mouvement des Gilets jaunes.
    C'est le retour de l'autogestion : relocaliser, favoriser les enjeux écologiques et le circuit-court, regrouper les atouts de communes voisines, créer des services ambulants (dans le domaine alimentaire, médical ou culturel), reprendre les écoles fermées par l'Etat, réinventer une démocratie locale... Pour mener à bien son enquête, Anthony Cortes a sillonné la France et interrogé Annie, Didier, Marine, Mickaël... sur leur vision de la ruralité, leur engagement et leurs espoirs. Un reportage passionnant qui met en lumière les actions de ces combattants pour redynamiser leurs territoires. "

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  • Retrouver l'alliance de la liberté et du pouvoir...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Alexis Feertchak, cueilli sur Geopragma et consacré à une récente déclaration de la ministre de la défense, Florence Parly, à propos des relations que doit entretenir la France avec l'OTAN et l'Union européenne. Alexis Feertchak est journaliste au Figaro et membre fondateur de Geopragma.

     

     

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    La France, fille des États-Unis et de l’Europe

    On pourrait appeler ça un lapsus géopolitique. « Hésiter entre autonomie stratégique (européenne, NDLR) et alliance atlantique, c’est un peu comme demander à un enfant s’il préfère sa mère ou son père », a déclaré la ministre des Armées, Florence Parly, lors d’un long entretien avec la revue Le Grand Continent

    L’on comprend intuitivement ce que veut dire Madame Parly : dans l’esprit de ceux qui nous gouvernent, particulièrement depuis Nicolas Sarkozy, l’OTAN et la construction européenne sont deux processus qui auraient pour l’avenir force de destin. Il n’y aurait pas d’autre ligne d’horizon que cette double intégration de la France dans deux ensembles plus grands qu’elle mais qui, entre eux, ne seraient pas pour autant en concurrence. A l’Union européenne, l’édification des normes juridiques, politiques, économiques et sociales ; à l’OTAN l’expression de la puissance par le biais de l’outil militaire. Ce sont deux logiques impériales distinctes, mais compatibles l’une avec l’autre, dont les centres respectifs se situeraient respectivement à Bruxelles et à Washington. Nous sommes tellement habitués à cette subordination à deux têtes qu’elle nous apparaît des plus naturelles, même si elle est rarement formalisée comme telle. Attention, quand je parle d’empire, je ne pense pas à une hégémonie totale qui s’exercerait en tout lieu avec la même force. Un empire ne demande pas à chacun de ses membres – notamment aux plus éloignés – d’être des Romains à part entière. Qu’ils soient des Gallo-Romains suffit largement à la logique impériale. C’est un régime de semi-liberté au sens où, sur toutes les questions d’ordre secondaire, l’ancien barbare a la chance de pouvoir le rester un peu. Mais le centre de l’empire rayonnant, il perd un peu de sa barbarie par l’action de cette force d’attraction qui l’influence. Plus on se rapproche du centre, plus les Gallo-Romains sont romains et moins ils sont gaulois. Plus on se rapproche du centre, moins cette semi-liberté se manifeste, mais, en échange, plus le pouvoir au sein de l’empire est grand. Dans les marches de l’empire, où la force d’attraction est la plus faible, la liberté y est la plus grande, mais le pouvoir le plus faible. On y vit comme en Gaule, mais on n’y écrit pas l’histoire. Ce qui y manquera toujours, c’est l’alliance de la liberté et du pouvoir. On peut avoir plus de l’un et moins de l’autre, mais pas les deux. Ce qui manquera donc toujours, c’est la souveraineté politique, ligne rouge infranchissable de la logique impériale.

    Comme l’a bien montré Régis Debray, cette logique impériale est celle qui s’impose aujourd’hui dans l’ordre occidental. Que des vieux Etats souverains se réveillent aujourd’hui – Russie, Turquie, Iran, Inde, Chine – nous laissent aussi pantois que décontenancés. Mais comment peut-on ne pas vouloir de la douceur d’être gallo-romain ? Comment peut-on être seulement gaulois ?

    C’est bien là que ces quelques mots de Florence Parly, si clairement exprimés, nous sautent à la figure. « Hésiter entre autonomie stratégique (européenne, NDLR) et alliance atlantique, c’est un peu comme demander à un enfant s’il préfère sa mère ou son père. » Voici que la France millénaire, par un étonnant retournement chronologique, devient la fille de l’OTAN, née en 1949, et de l’Union européenne, née en 1958. Dit autrement, la France est la fille des Etats-Unis et de l’Europe. Va encore pour les Etats-Unis, cela peut se comprendre comme la simple traduction d’un rapport d’autorité entre deux autorités distinctes, l’une l’emportant sur l’autre. Mais quid de l’Europe ? La France et les autres pays européens (il faudrait quand même demander aux Allemands ce qu’ils en pensent…) seraient filles de l’Europe, qui, elle-même, a été engendrée par la France et ces autres pays européens ? Un psychanalyste se régalerait d’une telle filiation enchevêtrée.

    Si encore la France acceptait en conscience de n’être plus que la fille de l’Europe et des Etats-Unis, soit. Nous rentrerions sagement dans la logique impériale et profiterions ainsi de la douceur de vivre du barbare qui ne l’est plus complètement. Mais, en France, quelque chose résiste, dont Emmanuel Macron est lui-même la plus pure incarnation. Se vit-il comme le gouverneur d’une satrapie éloignée ou comme le président de la cinquième puissance mondiale ? Ai-je besoin de répondre ? A l’étranger, le président français fait doucement sourire avec son ego surdimensionné, sa prétention à régir le monde entier, à refonder l’Europe, à réinventer le capitalisme (Angela Merkel a bien ri en prenant la parole après lui lors du dernier sommet de Davos, il y a un mois environ) et à se ceindre (aucune petite gloire n’est à négliger) du titre de Haut-commissaire de France au Levant (eh oui, réglons le problème libanais puisque les Libanais eux-mêmes n’en sont pas capables). You’re so French, Hubert.

    Ce reliquat de puissance française, qui prête à sourire quand il n’exaspère pas, est la marque un brin pathétique de notre ambivalence : nous vivons selon la logique impériale, sans l’accepter pleinement. Reste alors le déni, les actes manqués et les lapsus pour faire remonter à la surface cette phrase du juriste Jean de Blanot (1230-1281) : « le Roi de France est empereur en son royaume ». Toute l’histoire de France a représenté un mouvement de résistance à la forme impériale, et en particulier l’édification de notre nation par un Etat souverain qui l’a précédée, de Philippe IV le Bel à Charles de Gaulle en passant par la Révolution française. Cette histoire séculaire ne sait aujourd’hui comment s’exprimer sinon par l’expression d’une grandeur un peu fantoche et par la présence réconfortante d’un président de la République qui – au-delà du cas extrême d’Emmanuel Macron – conserve l’apparence d’un monarque tout puissant. Notre droit conserve lui aussi une certaine force d’inertie. Si l’intégration du droit de l’Union européenne diffuse jusque dans les plus lointaines juridictions et administrations, notre Constitution, elle, demeure légèrement épargnée. Certes, diront les plus eurosceptiques, l’Union européenne fait depuis 1992 l’objet d’un passage entier, le titre XV, aujourd’hui intitulé « De l’Union européenne » et dont l’article 88-1 dispose que « la République participe aux Communautés européennes et à l’Union européenne, constituées d’États qui ont choisi librement, en vertu des Traités qui les ont instituées, d’exercer en commun certaines de leurs compétences ». Mais justement, l’on comprend à travers ces mots – n’en déplaise à Madame Parly – que c’est l’Europe qui est la fille de la France et des autres pays qui la constituent ! Quant à l’OTAN, on a beau chercher, mais on n’en trouve trace (en revanche, l’organisation nord-atlantique est inscrite dans les Traités européens). Lors, la France pourrait-elle être la fille de deux organisations dont notre Gründ Norm nous dit pour l’une, qu’elle en est la mère et pour l’autre, qu’elle n’existe pas ? Par ailleurs, bien avant le Titre XV, vient le Titre I intitulé… « De la souveraineté » où l’on peut lire en son article 3, que « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice ». Ni aucune organisation ou Etat, a fortiori. Si la France peut bien sûr lier son destin à celui d’autres nations – et cela est même souhaitable, notamment avec pays les plus proches d’elle culturellement et historiquement, dont les Etats-Unis – elle ne pourra jamais le faire en tant que « fille », même avec le réconfort narcissique de se dire qu’elle est la « fille aînée ». Cela ne signifie pas que l’on doive sortir de l’OTAN ou de l’UE, seulement que l’on vive ces coopérations comme l’expression même de notre propre souveraineté et non comme celle d’une filiation qui, comme l’expression présidentielle de « souveraineté européenne », ne repose que sur du sable. Il n’y a ni mère ni fille, ni père ni fils, mais des Etats souverains disposant d’un pouvoir plus ou un grand et d’une histoire plus ou moins longue. La souveraineté n’est pas la croyance mégalomane que l’on peut faire ce que l’on veut, mais un choix premier d’où découle toute l’action politique. 

    Alexis Feertchak (Geopragma, 1er mars 2021)

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  • Des nouvelles du Bas-Empire...

    Les éditions Robert Laffont viennent de publier dans leur collection Bouquins La nef des fous - Des nouvelles du Bas-Empire, un éphéméride de l'année 2020 établi, à sa façon, par Michel Onfray.

    Philosophe populaire, polémiste, tenant d'un socialisme libertaire, Michef Onfray a publié de nombreux ouvrages, dont dernièrement sa trilogie  Cosmos (Flammarion, 2015), Décadence (Flammarion, 2017) et Sagesse (Flammarion, 2019), ou encore Théorie de la dictature (Robert Laffont, 2019).

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    " Sous la forme d'une éphéméride, et ce sur presque tous les jours de cette année 2020, je consigne chaque délire dont notre temps est capable.
    Dans ce journal se croisent une petite fille de huit ans qui veut changer de sexe depuis l'âge de quatre ans ; des égorgeurs présentés comme de pauvres victimes d'elles-mêmes ; une jeune fille qui ne va plus à l'école et prophétise la catastrophe climatologique dont le clergé de son pays nous dit qu'elle est le Christ ; des femmes qui vendent des enfants pendant que d'autres les achètent ; l'Église catholique qui court après les modes du politiquement correct ; le journal Libération qui se dit progressiste en célébrant la coprophagie et la zoophilie ; des végans qui militent contre les chiens d'aveugles ; une anthropologue qui trouve qu'il y a trop de dinosaures mâles et pas assez de femelles dans les musées ; des pédophiles qui achètent des viols d'enfants en direct sur le Net ; un Tour de France qui commence au Danemark et un Paris-Dakar ayant lieu en Amérique du Sud ; un parfum élaboré par une femme à partir des odeurs de son sexe ; un chef de l'État qui, entre autres sorties, se félicite que ses ministres soient des amateurs ; Le Monde qui estime courageuse une mise en scène théâtrale qui présente Lucien de Rubempré en femme ; le pape et Tariq Ramadan pour qui le coronavirus est une punition divine – et autres joyeusetés du même genre... Entre rire voltairien et rire jaune, cette Nef des fous est un genre de journal du Bas-Empire de notre civilisation qui s'effondre.
    M. O. "

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  • Valeurs héroïques contre valeurs bourgeoises !...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous une vidéo d'Ego Non qui évoque l'opposition entre les valeurs héroïques et l'esprit marchand au travers de l'essai de Georges Valois, La révolution nationale, récemment réédité par les éditions de La Nouvelle Librairie.

     

     

                                                 

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  • Récits de la mythologie celtique...

    Les éditions Mimésis viennent de publier Récits de la mythologie celtique, un recueil de textes de la tradition légendaire irlandaise rassemblés par Elia Young.

    Poétesse irlandaise et mythologue celte active dans le mouvement littéraire gaélique et néo-celtique du début du XXe siècle., Elia Young a enseigné Mythes et traditions irlandais à l’Université de Californie à Berkeley.

     

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    " Récits de la mythologie celtique, première collection de contes d’Ella Young, datent de 1910 et ont été publié en traduction française en 1966. Bien qu’elle continue à écrire de la poésie, c’est surtout avec ces rédactions de légendes irlandaises traditionnelles que Young se fait connaître. L’auteure a essayé de s’approcher de ce que devaient être les légendes originales, traditionnellement con­finées à la transmission orale, scandés et chantés, puis plus tardivement rédigés – dans les siècles chrétiens-carolingiens – donc bien altérés, chaque copiste y apportant sa petite variante. Ces récits merveilleux décrivent l’origine du monde avec la venue sur la terre d’Irlande des dieux et des Dê Danaan, les attaques des puissances des ténèbres qu’ils subissent, les combats formidables qui s’ensuivent. "

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  • Université française : le règne du politiquement correct, du conformisme et de l'autocensure...

    Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Renée Frégosi au Figaro Vox et consacré au climat de dogmatisme qui règne au sein de l'université française, prise en main par les différentes sectes du gauchisme culturel... Renée Frégosi est philosophe et politologue.

     

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    Université française: ton «univers impitoyable»

    FIGAROVOX. - La polémique autour de l'islamo-gauchisme a permis au grand public de découvrir le monde universitaire. Vous avez vu ce milieu évoluer en deux décennies...

    Renée FREGOSI. - À la fin des années 1990, le groupe, devenu hégémonique en sciences sociales, n'en était qu'au début de son offensive. Il se revendiquait de «la pensée critique» de Pierre Bourdieu mais la dénonciation de toutes les formes de «domination» n'était pas encore l'alpha et l'oméga de la recherche. C'est pourquoi, bien que n'ayant pas suivi un parcours classique, j'ai pu être admise sur la liste d'aptitude des maîtres de conférences, premier sésame pour postuler sur des postes universitaires. L'ambiance qui régnait au CNU (NDLR, le Conseil national des universités chargé de la gestion de la carrière des enseignants-chercheurs) n'avait rien à voir avec celle d'aujourd'hui : les professeurs faisaient preuve d'ouverture d'esprit et de tolérance à l'égard des personnes qui ne venaient pas du sérail et publiaient des articles pas uniquement dans des revues universitaires ou du moins, pas reconnues comme telles

    Qu'est-ce qui a changé ?

    L'atmosphère. Je constate le retour d'une forme de raidissement, de puritanisme dans la société française et les affrontements intellectuels sont plus violents. L'université n'est qu'un prolongement du politiquement correct et des attitudes conformistes d'autocensure généralisée ; il s'agit surtout de dénoncer, bâillonner plutôt que d'analyser et débattre. Mais le monde intellectuel porte une grande responsabilité dans la diffusion des idées. Si l'enseignement et la recherche deviennent aussi des lieux où règnent le dogmatisme et l'idéologie avec l'agressivité que cela comporte, c'est la production et la diffusion de théories importantes, de savoirs scientifiques qui sont menacées.

    Or, c'est ce qui se passe depuis deux décennies. L'institution universitaire a peu à peu été prise en main par des groupes sectaires. Le pluralisme des approches et des méthodes, comme la diversité des origines et des parcours ou l'originalité des propos sont systématiquement bannis. Ce ne sont pas seulement les idées qui sont combattues, mais également les personnes qui les incarnent. Ceux qui n'appartiennent pas au clan devenu majoritaire sont rejetés ou exclus du recrutement, des promotions et des financements de la recherche. Sous prétexte d'un manque de scientificité, de défendre un point de vue «essentialisant», d'adopter des méthodes qui seraient éloignées du terrain, ou de n'avoir jamais publié dans des revues à comité de lecture (NDLR, une revue qui publie des articles scientifiques évalués par des relecteurs).

    Vous critiquez aussi le fait que les enseignants-chercheurs soient jugés par leurs pairs...

    Dans ce système paritaire, celui qui détient la majorité des voix et/ou la plus grande influence peut acquérir un pouvoir sans partage et sans contre-pouvoir dont il peut abuser. Il est censé garantir une impartialité quant aux personnes et une qualité scientifique de la recherche et de l'enseignement, mais il est perverti par la volonté de puissance de groupes organisés. La montée en puissance d'une «idéologie diversitaire» à laquelle on assiste à l'université est donc facilitée par ce mode de fonctionnement. Ces dérives militantes sont aussi présentes dans le monde de la culture, des arts et des médias. Elles sont portées, se diffusent et imposent leurs règles de vie à travers des stratégies de prise de pouvoir dans les institutions et les organisations de la société civile. La naïveté, l'inadvertance et la lâcheté du plus grand nombre facilitent alors la tyrannie des minorités sur la majorité. Ainsi, un vieil ami aujourd'hui décédé, grand professeur à la Sorbonne, m'avait avoué que lui et ses collègues de la même génération et appartenant à diverses écoles de pensée, avaient tous, par négligence et par manque de clairvoyance, laissé s'infiltrer un clan de jeunes loups qui les ont ensuite dépossédés de leur département de sciences politiques. Ces professeurs-militants recrutent désormais exclusivement leurs protégés, leurs affidés, leurs obligés.

    La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a-t-elle pris conscience de la situation ?

    Elle en a pris conscience semble-t-il, mais bien tardivement. Et on peut douter de sa sincérité puisque les responsables du dévoiement de l'institution sont eux-mêmes requis pour en faire l'état des lieux… Aujourd'hui, les sciences sociales principalement la sociologie, la science politique et l'anthropologie, sont prises en main, et d'autres disciplines comme l'histoire ou la philosophie et même la médecine et la santé publique par exemple commencent à être touchées par les dérives décolonialistes, racialistes, indigénistes, néo-féministes et islamo-complaisantes. Leurs partisans s'emparent de la direction des départements d'universités et des laboratoires du CNRS (Centre national de la recherche Scientifique) ainsi que des plus hautes instances comme le CNU, la CPU (Conférence des présidents d'universités) ou le HCERES (Haut conseil de l'évaluation de la recherche et de d'Enseignement Supérieur). Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche a depuis longtemps abdiqué devant ces organismes prétendument indépendants parce que paritaires, mais de fait largement dominés par les idéologues.

    Que préconisez-vous ?

    Au lieu d'annoncer ou de réclamer des enquêtes sur la nature et le niveau de scientificité, difficile à définir objectivement, des enseignements, des projets de recherche, des thèses et autres travaux universitaires, il serait plus important de garantir le pluralisme des approches théoriques et des méthodes d'analyse. Pour cela il serait urgent de réclamer au ministère de soutenir les recours des postulants et des équipes lorsqu'ils sont refusés sur des postes ou pour des projets de recherche par les fameuses «instances indépendantes» et le jugement par les pairs. Car le ministère se défausse systématiquement en répondant aux recours gracieux formulés que « les commissions sont souveraines ».Et comme cela existe pour l'enseignement primaire et secondaire, même si sa mise en œuvre est loin d'être satisfaisante, il faudrait instituer des bureaux permettant de porter plainte contre des atteintes concrètes à la liberté académique (refus de sujets de thèse ou d'objets de recherche) et pédagogique (exclusion de certains thèmes d'enseignements et d'auteurs de référence). Il ne s'agirait pas d'instituer là des «tribunaux de police de la pensée» (puisqu'il n'est pas question d'interdire des thématiques) mais au contraire, de lutter contre ceux déjà mis en place par ces intellectuels dogmatiques qui « annulent » (cancel culture) et excluent des personnes, des libres débats, des modes de pensée.

    Renée Frégosi (Figaro Vox, 26 février 2021)

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