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Métapo infos - Page 2

  • Les iconoclastes du vent...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Balbino Katz, le chroniqueur des  vents et des marées, cueilli sur Breizh-Info et consacré aux éoliennes...

     

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    Les iconoclastes du vent

    Ayant achevé de repasser toute la lessive rapportée de mon périple dans les Balkans, je gagnai le bar des Brisants, à la pointe de Léchiagat, dans l’espoir d’y trouver quelque délassement. La mer était presque étale. Au-delà du port du Guilvinec, l’archipel des Étocs dessinait sur l’horizon sa modeste géographie de granit, battue depuis des siècles par les vents et les marées, sans réclamer ni subvention ni planification pluriannuelle.

    Mon repos fut de courte durée. Une petite confrérie de dames d’âge mûr venait d’abandonner devant l’établissement des bicyclettes d’un jaune éclatant. Leurs cheveux, bleus pour les unes, verts pour les autres, les désignaient comme les vestales d’une religion contemporaine dont la liturgie consiste à se distinguer du commun jusque dans le choix de la teinture. Elles contemplaient les Étocs avec cette assurance particulière aux gens qui, n’ayant jamais commandé un bateau, cultivé un champ, construit un mur ni produit quoi que ce soit de leurs mains, se sentent néanmoins appelés à réorganiser l’existence matérielle de leurs contemporains.

    L’une d’elles imagina tout haut que ces îlots recevraient admirablement les nouvelles générations d’éoliennes géantes. Ses compagnes opinèrent avec enthousiasme. Elles voyaient déjà les mâts s’élever au large, le port alimenté par un vent inépuisable, les automobiles roulant toutes à l’électricité vertueuse et les centrales nucléaires enfin fermées, comme autant de temples maudits d’une civilisation coupable.

    À les entendre, des machines hautes de deux cents mètres ne défigureraient nullement le paysage. Elles l’embelliraient par la grâce de leur mission climatique. L’industrie est donc laide lorsqu’elle produit de l’acier, du ciment, des automobiles ou de l’électricité nucléaire ; elle devient poésie dès qu’elle dresse des aérogénérateurs subventionnés dans la mer.

    Un ancien patron-pêcheur, assis non loin de là, finit par intervenir. J’étais trop éloigné pour entendre le détail de l’algarade, quoique le ton dispensât de sous-titres. L’homme ne goûtait guère l’idée de voir l’entrée du port hérissée d’immenses éoliennes. Il déclara même, suprême blasphème, qu’il préférerait encore une centrale nucléaire à Plogoff plutôt que ces épouvantails industriels semés jusqu’au large du Guilvinec.

    La querelle fut vive et brève. Les dames repartirent sur leurs bicyclettes couleur de poussin, le marin quitta le bar, et les Étocs retrouvèrent leur antique indifférence aux sottises humaines.

    Je revenais des Balkans, où l’écologisme politique n’a pas encore pris la forme de cette affection bourgeoise qui, chez nous, accable les pêcheurs, les paysans, les artisans et les habitants des campagnes au nom d’une nature abstraite. Là-bas, on sait encore que l’électricité doit être produite, que l’eau doit être captée, que les forêts doivent être entretenues et que les routes ne se construisent point avec de bons sentiments. Ici, une partie des classes tertiaires s’imagine que le monde matériel fonctionne par décret, entre deux colloques sur la sobriété heureuse.

    La scène des Brisants résumait assez bien le malentendu français. Les écologistes prétendent défendre les paysages tout en acceptant de les couvrir de machines gigantesques. Ils dénoncent l’artificialisation du monde, puis transforment des côtes entières en zones industrielles. Ils veulent protéger les oiseaux, sauf lorsque ceux-ci rencontrent les pales de leurs moulins. Ils célèbrent la proximité, tout en soumettant les régions à des plans conçus dans les bureaux parisiens et bruxellois.

    L’État entend aujourd’hui relancer le nucléaire après avoir méthodiquement affaibli la filière pendant plusieurs décennies. Cette ruine ne fut pas le résultat d’une mystérieuse fatalité administrative. Les écologistes y prirent une part décisive. Minoritaires dans les urnes, ils surent monnayer leur présence dans les coalitions de gauche et obtenir, en échange de quelques circonscriptions ou de leur soutien parlementaire, l’abandon de projets, la fermeture de réacteurs, l’interruption de programmes de recherche et le dépérissement de compétences industrielles patiemment acquises.

    Superphénix, Fessenheim, l’abandon progressif de toute ambition en matière de surgénération et les hésitations imposées à la construction de nouveaux réacteurs furent autant de gages offerts à une formation politique qui n’avait jamais reçu du peuple mandat pour désarmer énergétiquement le pays. La fermeture de Fessenheim eut même cette vertu pédagogique de montrer qu’un équipement industriel parfaitement réel pouvait être sacrifié à un accord électoral parfaitement dérisoire.

    Le préjudice ne se mesure pas seulement en milliards d’euros. Une filière industrielle ne se range pas dans un tiroir pour être rouverte vingt ans plus tard. Elle repose sur des ingénieurs, des soudeurs, des chaudronniers, des bureaux d’études, des entreprises sous-traitantes et une expérience transmise de génération en génération. En affaiblissant le nucléaire, les écologistes ont rompu une chaîne technique, renchéri notre énergie, accru notre dépendance et contraint l’État à reconstruire dans l’urgence ce qu’il avait détruit par complaisance politicienne.

    La France doit désormais financer la relance de l’atome tout en développant parallèlement des milliers d’éoliennes terrestres et maritimes afin de ne point froisser les anciennes puissances de veto écologistes. Six nouveaux réacteurs représenteraient environ 80 milliards d’euros. Les aides aux énergies renouvelables atteignent déjà plusieurs milliards chaque année, tandis que le soutien public aux futurs parcs éoliens en mer se comptera en dizaines de milliards. La France, qui ne sait plus équilibrer ses comptes, entretenir ses ponts ou faire fonctionner convenablement ses hôpitaux, se paie ainsi deux politiques énergétiques à la fois.

    L’une est indispensable : la reconstruction d’une puissance nucléaire capable de garantir une électricité abondante, pilotable et décarbonée. L’autre sert surtout à acquitter la dîme idéologique due aux Verts, aux industriels de l’intermittence et aux collectivités qui ont pris goût aux rentes du vent. Le contribuable finance d’abord les moyens de produire lorsque le vent ne souffle pas, puis les machines qui ne produisent que lorsqu’il consent à souffler.

    La politique énergétique française ressemble ainsi à un équipage qui réparerait son navire tout en perçant de nouveaux trous dans la coque pour ménager ceux qui détestent la navigation.

    Ce dualisme n’est pas une doctrine. Il est un marchandage. On construit du nucléaire pour que le pays continue de fonctionner et de l’éolien pour que les écologistes continuent de se croire indispensables.

    Il importe ici de distinguer l’écologie de l’écologisme. L’écologie est d’abord une science des milieux, des équilibres et des relations entre les êtres vivants. Elle peut aussi désigner le souci légitime de préserver les sols, les eaux, les forêts, la faune, les paysages et la santé des hommes. L’écologisme est autre chose. C’est une idéologie politique qui s’est emparée de ces préoccupations pour promouvoir une vision générale de la société.

    Cette idéologie s’est développée à gauche, ou plus exactement dans les décombres du gauchisme des années 1960 et 1970. Lorsque le prolétariat occidental refusa obstinément de faire la révolution, une partie de l’extrême gauche se mit en quête de nouveaux sujets historiques. Elle trouva successivement les minorités, les immigrés, les femmes, les animaux et finalement la planète. La lutte des classes devint lutte contre le climat, contre la croissance, contre l’industrie, contre la consommation et, au bout du compte, contre l’homme lui-même, présenté comme un parasite pullulant sur une Terre innocente.

    L’écologisme politique ne se contente donc pas d’aimer les arbres. Il transporte avec lui un vieux fonds de ressentiment contre la société technique, la prospérité, la propriété, la transmission et les libertés ordinaires. Il ne veut pas seulement protéger. Il veut interdire, taxer, rationner, surveiller et rééduquer.

    Le vocabulaire change, la disposition d’esprit demeure. Hier, il fallait nationaliser les moyens de production. Aujourd’hui, il convient de réglementer les moyens d’existence. La chaudière, le véhicule, le logement, le repas, le voyage, le chauffage, la climatisation et jusqu’au nombre d’enfants deviennent des objets de délibération administrative. Le commissaire politique a troqué la casquette contre le gilet sans manches et le plan quinquennal contre le bilan carbone.

    Cette écologie par la norme frappe d’abord ceux qui ne peuvent y échapper. Le cadre supérieur parisien prend le train à grande vitesse, télétravaille dans son appartement rénové et se donne une conscience en achetant des légumes biologiques. L’aide-soignante qui habite à quarante kilomètres de son emploi doit conserver sa voiture. L’artisan possède une camionnette. Le paysan travaille avec un tracteur. Le pêcheur brûle du gazole pour gagner sa vie. C’est à eux que l’on explique qu’ils vivent au-dessus de leurs moyens écologiques.

    L’expression d’« écologie punitive » s’est imposée parce qu’elle décrit exactement l’expérience du pays réel : les coûts sont supportés par ceux qui travaillent, tandis que les vertus sont proclamées par ceux qui administrent.

    La même responsabilité apparaît dans la guerre menée contre les réserves d’eau destinées à l’agriculture. Depuis des années, les mouvements écologistes s’opposent à des retenues permettant de recueillir, pendant les saisons humides, une partie de l’eau disponible afin de la rendre accessible au cœur de l’été. Ils ont forgé pour ces ouvrages le terme menaçant de « mégabassines », comme s’il s’agissait de piscines somptuaires creusées pour l’agrément de quelques hobereaux ruraux.

    Ces réserves peuvent naturellement faire l’objet de discussions techniques. Leur implantation, leur alimentation, leurs dimensions et les règles de partage de l’eau doivent être examinées avec soin. Les ressources souterraines ne sont pas infinies et toute mauvaise installation peut aggraver un déséquilibre local. L’écologisme ne discute pourtant guère : il condamne en bloc.

    Il préfère souvent voir des cultures dépérir, des exploitations disparaître et des denrées agricoles importées de pays moins regardants plutôt que d’admettre que l’eau puisse être aménagée, stockée et répartie par l’intelligence humaine. Il exige une agriculture française sans irrigation, puis tolère que les mêmes produits arrivent d’Espagne, du Maroc ou d’Amérique du Sud, après avoir consommé ailleurs une eau dont personne ne vérifie plus les conditions d’usage.

    Là encore, la doctrine l’emporte sur le réel. Le paysan qui souhaite arroser ses récoltes devient un accapareur du bien commun. Le militant urbain qui vient détruire une canalisation ou affronter les gendarmes s’érige, lui, en gardien du vivant. Le résultat est pourtant fort simple : moins d’eau disponible en été, moins de production française, davantage d’importations et des campagnes toujours plus dépendantes de décisions prises loin d’elles.

    Le même esprit se retrouve dans l’opposition aux organismes génétiquement modifiés, à certaines infrastructures, à la climatisation, à la gestion forestière et parfois même au débroussaillement. Le réel oppose cependant aux doctrines ses réponses brutales. Une forêt qui n’est plus entretenue brûle. Une eau qui n’est pas stockée manque en été. Une population vieillissante privée de climatisation meurt pendant les canicules. Une industrie sans énergie disparaît.

    Les incendies récents ont ainsi révélé une étrange inversion. Les mêmes responsables qui avaient multiplié les obstacles à l’entretien des massifs, combattu les retenues d’eau et réduit toute catastrophe au changement climatique ont désigné leurs adversaires comme des « pyromanes ». Le feu réel devenait aussitôt une métaphore électorale. L’incendie n’était plus un sinistre à combattre par des hommes, des avions, des pistes, des citernes et une politique forestière ; il devenait une occasion de dénoncer le capitalisme, les riches, les automobilistes et la droite.

    Marine Tondelier a poussé la comédie jusqu’à réclamer une nouvelle nuit du 4 août pour abolir les « privilèges climatiques ». Aux privilèges de naissance succéderaient les jets privés, les yachts, les actions de TotalEnergies et les plateaux de télévision climatisés. La Révolution française elle-même est désormais sommée de fournir des accessoires à la communication écologiste.

    Il existe assurément des fortunes arrogantes, des entreprises habiles à contourner l’impôt et des comportements somptuaires qui prêtent le flanc à la critique. Seulement l’objectif n’est plus ici d’établir une politique fiscale précise. Il s’agit de désigner des coupables et de fabriquer une morale de guerre. Les uns brûleraient la planète ; les autres incarneraient les victimes vertueuses. Cette dramaturgie permet ensuite de justifier l’impôt climatique, l’interdiction climatique, la surveillance climatique et, pourquoi pas, la censure climatique.

    La présidente des Écologistes a d’ailleurs envisagé les moyens de fermer le réseau X. La tentation n’a rien d’accidentel. L’écologisme politique entretient depuis longtemps un rapport ombrageux à la liberté. Il supporte mal que les hommes puissent choisir des modes de vie, des opinions ou des sources d’information contraires à ses prescriptions. L’urgence planétaire dispense commodément du débat. Puisque le monde brûle, toute objection devient complicité avec l’incendiaire.

    Une autre mutation s’est produite à mesure que l’écologie politique se fondait dans les combats féministes et intersectionnels. Elle est devenue une sorte de gynocratie militante, non parce que les femmes y seraient simplement nombreuses, ce qui ne constituerait en soi ni un défaut ni même un sujet, mais parce qu’elle a adopté une lecture sexuée de la catastrophe écologique.

    L’ennemi n’est plus seulement l’industrie, la croissance ou la technique. C’est l’homme en général, et le sexe mâle en particulier.

    Dans cette mythologie, la planète serait victime d’un principe masculin associé à la conquête, à la domination, à la puissance, au risque et à la démesure. Le mâle européen, blanc de surcroît, concentrerait en lui l’hubris qui creuse les montagnes, maîtrise les fleuves, fend l’atome, construit des villes, lance des fusées et consume le monde. À cette virilité prométhéenne, l’écoféminisme oppose une féminité supposée pacifique, circulaire, frugale, maternelle et accordée aux rythmes de la Terre.

    Cette opposition doit davantage au catéchisme qu’à l’histoire. Les femmes consomment, voyagent, administrent, entreprennent et participent à la société technique autant que les hommes. Les civilisations ne furent jamais bâties par un sexe contre l’autre, mais par leur coopération, leurs rivalités et la continuité des générations. La fable demeure néanmoins politiquement utile : elle permet d’ajouter à la culpabilité écologique une culpabilité masculine, puis de présenter toute volonté de puissance, toute conquête scientifique et toute maîtrise de la nature comme les symptômes d’une pathologie virile.

    On comprend dès lors pourquoi l’écologie politique combat moins les pollutions concrètes qu’un certain type humain. Elle se défie du bâtisseur, du marin, de l’ingénieur, du paysan qui transforme son sol, de l’ouvrier qui produit, du père qui transmet et de l’explorateur qui repousse les frontières. Elle leur préfère l’homme blanc repentant, sobre, surveillé, débarrassé de son désir de conquête et prié de s’excuser de peser sur le monde. Quant aux hommes d’autres couleurs de peau, ils peuvent agir comme bon leur semble.

    L’écologisme devient ainsi anti-prométhéen jusque dans son anthropologie. Il ne reproche pas seulement à l’homme de mal employer sa puissance. Il lui reproche de vouloir être puissant. C’est en cela qu’il est profondément réactionnaire : sous les dehors de la nouveauté, il rêve d’une humanité diminuée, immobile et réconciliée avec la nature au prix de l’abandon de ses facultés créatrices.

    Les écologistes ressemblent, dans leur furie doctrinale, aux iconoclastes des anciennes querelles religieuses. Ceux-ci détruisaient les images parce qu’elles offensaient leur conception du sacré. Nos nouveaux sectaires veulent abolir les paysages hérités, les techniques qu’ils jugent impures, les habitudes populaires et les paroles dissidentes. Ils ne sont pas toujours violents par les gestes, encore que certains de leurs compagnons goûtent fort le sabotage, les occupations et les affrontements. Leur violence principale réside dans la pensée et dans les lois qu’ils rêvent de faire voter.

    Ils ne brisent pas nécessairement les statues à coups de marteau. Ils les interdisent par circulaire. Ils ne brûlent pas les livres. Ils ferment les réseaux où ces livres pourraient être défendus. Ils ne saccagent pas toujours les maisons. Ils rendent leur chauffage, leur construction ou leur transmission financièrement impossibles. Leur violence est propre, administrative, bardée de formulaires et de bonnes intentions.

    L’écologisme a ainsi conquis une influence sans rapport avec son poids électoral. Dominique Reynié a raison de distinguer l’écologie, préoccupation légitime pour le vivant, de l’écologisme, idéologie mobilisée pour conquérir le pouvoir. Cette idéologie gouverne moins par le suffrage que par l’administration, la réglementation, les agences, les normes européennes, les médias et les appareils culturels.

    Il serait pourtant faux de croire que tout souci écologique appartient à ces gens-là. Dans une autre vie, j’ai contribué au programme d’une liste régionale de centre gauche à sensibilité environnementale. J’y avais proposé la création d’un responsable régional du vivant, chargé de considérer ensemble le monde agricole, le milieu maritime et la vie sauvage. L’idée me paraissait juste. Elle me le paraît encore.

    Cette contribution est aujourd’hui introuvable. Quelque historien facétieux découvrira peut-être un jour que Balbino Katz, honni de certaines chapelles progressistes, avait jadis rédigé et fait adopter une politique publique du vivant à des écologistes modérés. L’histoire cultive ce genre de malices.

    Aimer la nature n’oblige nullement à rejoindre le parti des Verts. On peut vouloir des rivières propres, des mers poissonneuses, des campagnes cultivées, des forêts entretenues et des paysages préservés sans rêver d’une société de pénurie surveillée par des commissaires au carbone. On peut défendre les bêtes sans détester les hommes. On peut protéger une lande bretonne sans condamner l’industrie européenne. On peut refuser que les Étocs soient dominés par des machines gigantesques tout en souhaitant construire des réacteurs nucléaires.

    Guillaume Faye avait employé le mot d’« archéofuturisme » pour désigner la rencontre de l’héritage et de la puissance technique. Le terme conserve ici quelque pertinence. Il ne s’agit ni de retourner à la chandelle ni de livrer le monde aux ingénieurs sans frein. Il s’agit de mettre la technique au service de la continuité des peuples, de leurs paysages et de leur liberté.

    La nature n’est pas un musée immobile. Elle est un ordre vivant que l’homme habite, transforme et transmet. Le paysan qui taille une haie, le forestier qui coupe un arbre, le marin qui prélève du poisson, l’ingénieur qui construit un barrage ou un réacteur ne sont pas nécessairement ses ennemis. Ils peuvent en être les gardiens, précisément parce qu’ils connaissent sa force, ses saisons, ses dangers et ses limites.

    Protégeons donc la nature. Défendons nos côtes, nos eaux, nos terres et les espèces qui les peuplent. Refusons toutefois la vision luddiste, réactionnaire et anti-prométhéenne de ceux qui confondent la sauvegarde du vivant avec l’abolition de la puissance humaine.

    Le soir tombait sur les Étocs lorsque je quittai les Brisants. Aucun aérogénérateur ne découpait encore l’horizon. Les rochers demeuraient à leur place, battus par une mer qui n’avait attendu ni les écologistes ni leurs subventions pour renouveler chaque jour son énergie.

    Balbino Katz, Chroniqueur des vents et des marées (Breizh-Info, 7 août 2026)

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  • Une histoire de la STASI...

    Les éditions Perrin viennent de publier un ouvrage de Jean-Louis de Montesquiou intitulé Histoire de la Stasi - L'outil d'une dictature. Après une carrière dans la finance internationale qui lui a permis de connaître les deux Corées, Jean-Louis de Montesquiou se consacre à l’écriture. Il est notamment l'auteur d'un biographie d'Amin Dada.

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    " Cette histoire de la Stasi (1949-1990) plonge le lecteur au cœur de la machine de surveillance la plus redoutable du bloc de l'Est. L'auteur dévoile comment, pendant près de quarante ans, la police politique de la RDA a infiltré les foyers, les lieux de travail, les salles de classe et même les cercles d'amitié, jusqu'à transformer la peur en outil de gouvernement. Grâce à des archives longtemps inaccessibles, à des témoignages poignants et à une mise en récit fluide, le livre donne à comprendre de l'intérieur comment un État a pu recruter des centaines de milliers d'informateurs, manipuler des vies entières et contrôler chaque geste du quotidien. Il met en lumière les logiques psychologiques, bureaucratiques et idéologiques qui ont permis à la Stasi de devenir un modèle effrayant d'État-surveillant, avant que le système ne se fissure et s'effondre.

    À la fois enquête historique solide et récit captivant, cet ouvrage offre une plongée saisissante dans un régime où la confiance était un risque et où la surveillance façonnait les existences. Un titre essentiel pour comprendre les dérives du contrôle politique, les mécanismes de la peur et les leçons encore brûlantes laissées par la dictature est-allemande."

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  • La Douce France...

    Nous reproduisons ci-dessous une réflexion d'Armand Henri, cueillie sur le site de la revue Éléments, autour du livre de Jean de Viguerie, Les deux patries.

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    Douce France, cher pays de mon enfance…

    La force des Deux Patries de Jean de Viguerie est de ne pas réduire 1789 à un changement de régime. Une patrie révolutionnaire, fondée sur la souveraineté nationale, l’égalité juridique et la sacralisation de la République, aurait recouvert l’ancienne France chrétienne, monarchique, historique et charnelle. La distinction est juste, mais incomplète. Sous ces deux patries demeure une France plus ancienne qu’elles : la « Douce France ».

    Elle apparaît dans La Chanson de Roland, au sein d’un univers carolingien, impérial et chrétien antérieur au royaume capétien. Elle reparaît en 1943 chez Charles Trenet, sous les traits des villages, des paysages et de l’enfance. Entre Roland et Trenet, les frontières, les institutions et les régimes ont changé. Une même France reste pourtant reconnaissable.

    La Douce France précède donc l’État. Elle ne se confond ni avec la monarchie ni avec la République. Elle est le fonds historique que les régimes ont successivement incarné, ordonné ou refondu. Sa première forme politique se trouve dans la communitas regni, communauté du royaume composée de droits, de coutumes, de provinces et de fidélités emboîtées. L’Ancien Régime en conserve une part malgré la centralisation, jusqu’à la suppression des provinces en 1789 et à l’uniformisation juridique du Code civil.

    Compléter Viguerie revient ainsi à retrouver une France palimpseste, gauloise, romaine, chrétienne, médiévale, provinciale et royale, jamais réductible à Paris. Cette profondeur reste particulièrement sensible dans le Grand Ouest, où se superposent les héritages gallo-romain, normand, breton, angevin et plantagenêt.

    Une France aimée avant d’être définie

    Dans La Chanson de Roland, la « douce France » n’est pas encore une nation moderne. Roland sert Charlemagne, souverain d’un ensemble impérial et chrétien plus vaste que le futur royaume capétien. La France peut désigner la terre des Francs, le pays natal, le domaine du souverain ou la communauté des compagnons. Elle est donc aimée avant d’être précisément délimitée. Roland pense à Charlemagne, à sa parenté, à ses compagnons et aux terres quittées. La patrie n’est pas une souveraineté abstraite appliquée à un territoire uniforme. Elle est un ordre de fidélités reliant le prince, la famille, l’honneur, la foi, la mémoire et le sol.

    Viguerie saisit cette France comme une personne morale, tour à tour douce, noble, miséricordieuse, humiliée, coupable ou relevée. Sa valeur dépend moins de sa puissance que de ses vertus. La clergie unit les livres, les écoles, la mémoire antique et la sagesse chrétienne. La chevalerie soumet la force à l’honneur, au courage, à la fidélité et à la protection du faible. La douceur française désigne ainsi une civilisation de la mesure, où la puissance sert la justice, le savoir la morale et l’autorité le bien commun. Pendant la guerre de Cent Ans, cette France est blessée, mais non déclarée innocente. Les auteurs dénoncent ses divisions, ses mauvais gouvernants, son orgueil et sa perte de vertu. La défaite extérieure révèle un désordre intérieur. La Douce France n’est donc pas une essence confortable, mais une exigence morale.

    Trenet reprend cette intuition dans une langue sécularisée. Sa France n’est définie ni par le droit divin ni par la souveraineté populaire. Elle est faite de chemins, de villages, de paysages et de souvenirs. On ne l’aime pas pour son programme, mais parce qu’on la reconnaît. La continuité entre Roland et Trenet révèle la limite des Deux Patries. Les deux patries de Viguerie sont des constructions politiques et spirituelles rivales. La Douce France est le sol qui leur préexiste. La monarchie l’a incarnée sans l’épuiser. La République peut en hériter sans l’avoir créée.

    Elle la menace lorsqu’elle prétend que la France commence en 1789 ou se confond avec ses principes. La critique barrésienne de la République déracinante prend ici son sens. Une patrie suppose une terre, des paysages, des habitudes, des générations et des morts, non la seule adhésion à des valeurs. La citoyenneté permet d’entrer juridiquement dans la communauté politique. Elle ne transmet pas mécaniquement une civilisation. La Douce France peut être adoptée par celui qui ne l’a pas reçue à la naissance, mais cette adoption exige l’entrée dans une continuité historique, non son effacement.

    La communitas regni et les trois France hors de Paris

    La Douce France trouve une première forme politique dans la communitas regni. Avant l’État moderne, le royaume n’est ni la propriété personnelle du roi ni une juxtaposition anarchique de fiefs. Il est une communauté de communautés. Le roi en est la tête, non le propriétaire absolu. Il doit maintenir la paix, rendre la justice, protéger les églises, arbitrer les conflits et servir le bien commun. Il gouverne donc un ordre qu’il reçoit autant qu’il le dirige. Cet ordre rassemble princes, évêques, abbayes, seigneuries, villes, métiers, paroisses et pays coutumiers. Le droit combine héritage romain, droit canonique, coutumes, droit féodal, ordonnances royales et jugement prudentiel. Cette pluralité repose sur une justice supérieure à la volonté du souverain.

    La France se construit ainsi par emboîtement. L’homme appartient à une famille, une paroisse, une ville, un pays coutumier, une province, un royaume et à la chrétienté. La monarchie se renforce lorsqu’elle ordonne ces appartenances sans les abolir. L’Ancien Régime conserve cette architecture. Les provinces gardent leurs institutions, leurs coutumes, leurs fiscalités, leurs privilèges et leurs mémoires. Même sous Louis XIV, l’absolutisme reste limité par les parlements, les offices, les pays d’états, les corps et les droits locaux. La souveraineté est une, mais la société demeure composée. Cette France forme un palimpseste organisé autour de trois grands ensembles hors de Paris.

    Le Midi est romano-occitan. Les cités antiques, le droit écrit, les langues d’oc, les échanges méditerranéens et l’empreinte urbaine de Rome y demeurent particulièrement visibles. Sa continuité est plus directement romaine que celle du domaine capétien du Nord. L’Est est une France de contact avec le monde germanique et impérial. Marches, villes, principautés et évêchés vivent dans la proximité du Saint-Empire. La frontière y est une zone de circulations, de fidélités croisées et de souverainetés superposées. Cette France se construit face à un autre héritage de Charlemagne. L’Ouest est atlantique et plantagenêt. Normandie, Bretagne, Anjou, Maine, Touraine, Poitou et Aquitaine ne sont pas des marges dépendantes de Paris, mais des centres politiques, juridiques, aristocratiques et littéraires.

    Le Grand Ouest relie la Loire, la Manche, l’Angleterre et les routes atlantiques. Il transmet les matières bretonne et arthurienne, projette le français dans les îles Britanniques par les voies normandes et anglo-normandes et porte des dynasties capables de rivaliser avec les Capétiens à l’échelle européenne. La France médiévale n’est donc pas née d’une expansion régulière de Paris vers des périphéries passives. Elle est un volume polycentrique progressivement royalisé. Les Capétiens lui donnent un axe, une justice supérieure et une continuité dynastique, mais n’en créent pas seuls la substance. Le Grand Ouest les oblige à composer avec des droits, des coutumes et des puissances antérieurs à leur administration. Il ralentit la centralisation tout en donnant à la France profondeur territoriale, ouverture maritime, culture aristocratique et projection insulaire. Cette histoire explique la persistance des identités bretonne, normande, angevine, mancelle, poitevine et vendéenne. Elles ne sont pas plus françaises que les autres. Elles rendent seulement plus visible l’existence de sociétés antérieures à l’administration centrale.

    Sous cette couche médiévale apparaît un fond plus ancien. La Gaule romanisée n’était pas une matière informe. Des cités, des sanctuaires, des territoires et des réseaux politiques existaient avant la conquête. Rome les a transformés et intégrés, non créés à partir du néant. La France palimpseste plonge donc dans les cités gauloises, leur romanisation et leur christianisation, bien avant Clovis et les Capétiens.

    De l’unité capétienne à l’abstraction jacobine

    La seconde limite de Viguerie concerne la chronologie de la rupture. La Révolution supprime les provinces et les corps, remplace les pays historiques par les départements et impose l’uniformité de la loi. Le Code civil prolonge cette tabula rasa par un cadre juridique commun. Cette mutation ne surgit pourtant pas dans un royaume étranger à la centralisation. Le jacobinisme n’est pas le prolongement direct du capétianisme, mais une généalogie relie les deux. La monarchie capétienne attire vers le roi la justice, la guerre, la fiscalité et la définition du bien commun. Cette concentration sert d’abord la communitas regni. Le roi protège les communautés, limite les violences privées et fournit un recours supérieur. Mais le centre peut cesser d’ordonner la pluralité pour vouloir la remplacer. Ce risque précède 1789, sans que l’on puisse projeter l’État jacobin sur les premiers Capétiens.

    Le tournant s’affirme avec les Bourbons, à partir d’Henri IV. Après les guerres de Religion, la reconstruction du royaume renforce un pouvoir central placé au-dessus des appartenances particulières. Le gallicanisme accompagne ce mouvement. Il défend l’autonomie de l’Église de France face à Rome, mais accroît sa dépendance envers le souverain. Le royaume tend ainsi à nationaliser le christianisme et à rapprocher le sacré du centre politique. Louis XIV pousse cette logique sans atteindre l’uniformité jacobine. Provinces, coutumes, parlements, privilèges fiscaux et corps intermédiaires subsistent. La souveraineté est indivisible, mais le royaume reste composé. La Révolution reprend cette unité et la retourne contre les médiations historiques. Elle substitue la nation au roi, l’individu aux corps, les départements aux provinces et la loi générale aux coutumes. L’appareil centralisateur devient égalitaire, abstrait et impersonnel. La deuxième patrie de Viguerie apparaît ainsi comme la sécularisation radicale d’une tendance monarchique. La royauté avait concentré la souveraineté. La Révolution la transfère à la nation et refuse tout corps durable entre le citoyen et l’État.

    La France risque alors d’être réduite à la République. Être français ne signifie plus d’abord recevoir une langue, des paysages, une mémoire et une civilisation, mais appartenir juridiquement à une communauté définie par le droit civil et administratif. Cette conception possède une force d’intégration réelle. On peut devenir français sans appartenir à un lignage ou à une province ancienne. La citoyenneté n’est pas réservée au sang. Elle devrait toutefois fonctionner comme l’entrée dans le catholicisme romain. Par le baptême, le converti rejoint une Église qui lui préexiste. Il ne la refonde pas. De même, le nouveau citoyen entre par le droit dans une continuité déjà constituée. La République devient déracinante lorsqu’elle nie cette antériorité et prétend que l’adhésion à quelques principes suffit à produire la France.

    C’est le cœur de la critique de Barrès. Toute construction politique exige un sol humain. La volonté ne remplace pas la transmission. Une nation réduite aux droits individuels, aux procédures et aux valeurs déclarées perd la matière qui les rend habitables. Compléter Viguerie ne revient donc pas à réfuter les Deux Patries. La monarchie chrétienne et la République révolutionnaire sont deux interprétations rivales d’une France qui les précède. La première a conservé la Douce France tout en préparant la centralisation qui la menacerait. La seconde a ouvert juridiquement la citoyenneté tout en réduisant souvent la patrie à sa forme administrative.

    Le dépôt du Grand Ouest

    Au-delà des deux patries de Jean de Viguerie subsiste une patrie plus ancienne : la Douce France. Ni régime ni idéologie, elle est une continuité de paysages, de langues, de provinces, de rites et de mémoires. Elle précède l’État dans l’univers carolingien de Roland, la monarchie capétienne dans les communautés dont le royaume est issu, et la République, puisque la citoyenneté hérite d’une histoire qu’aucun décret ne crée. La retrouver suppose moins la nostalgie que la redécouverte de la communitas regni, des libertés provinciales, des coutumes et des corps intermédiaires. La chanson de Trenet pourrait en devenir l’hymne. La Marseillaise exprime la guerre révolutionnaire et la souveraineté populaire. « Douce France » nomme ce qu’elles prétendent défendre : une terre familière, une mémoire et une manière d’habiter le monde.

    L’attrait pour le Grand Ouest ne tient peut-être pas seulement à l’océan ou aux vacances. Bretagne, Normandie, Anjou, Maine, Poitou et Vendée conservent l’image d’une France où la province n’a pas entièrement disparu sous l’administration. Bocages, manoirs, clochers, ports et chemins creux portent un inconscient chouan : non un projet de restauration, mais l’intuition qu’une société peut être française sans être fabriquée par Paris, qu’une fidélité locale renforce l’appartenance nationale et que la liberté peut aussi résider dans l’enracinement.

    Cette profondeur plonge enfin sous le Moyen Âge. Lyon fut Lugdunum, capitale des Trois Gaules, mémoire encore portée par le titre de « primat des Gaules ». Dans La Cité des druides, publié chez Gallimard, comme dans son entretien avec Pierre Coutelle, Jean-Louis Brunaux montre une Gaule déjà structurée par des cités, des institutions, des sanctuaires et des réseaux territoriaux. Rome n’a pas civilisé un vide. Elle a intégré un monde organisé.

    La Douce France est le nom de cette sédimentation : gauloise par ses cités, romaine par ses villes et son droit, chrétienne par ses institutions, carolingienne par sa mémoire, médiévale par la communitas regni, plantagenêt par son Grand Ouest et capétienne par son unité royale.

    Armand Henri (Site de la revue Éléments, 5 août 2026)

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  • Les eaux glacées de la modernité...

    Les éditions Michalon viennent de publier, dans leur collection Le bien commun, un essai de Richard Bellin intitulé Houellebecq - Les eaux glacées de la modernité.

    Richard Bellin est haut fonctionnaire. Il est l'auteur d'un Stendhal paru dans la même collection.

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    " Houellebecq divise parce qu’il nous ressemble : désabusé, lucide, parfois cruel. On l’accuse d’être misogyne, nihiliste, réactionnaire ; on le lit pourtant comme on regarde un miroir qui tremble. Ce livre refuse à la fois l’apologie et le procès. Il propose un Houellebecq politique, analysé dans la construction de son rapport au monde autant que dans son style.
    Derrière les scandales, il interroge le grand récit moderne : celui de l’individu libre, rationnel, promis au bonheur par la science et le marché. Ses personnages en incarnent l’impasse — solitaires, désorientés, soumis au désir et à la norme. À la lumière du conservatisme qu’il revendique, l’auteur des Particules élémentaires apparaît comme le critique le plus acéré du libéralisme contemporain.En mêlant philosophie, économie et littérature, cet essai donne des clefs pour comprendre pourquoi l’on aime, ou au contraire déteste, Houellebecq : parce qu’il met à nu notre propre contradiction entre soif d'absolu et fatigue du monde."
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  • Insécurité : l'Etat est-il coupable ?...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Xavier Raufer à Omerta dans lequel il évoque la question de l'insécurité et les responsabilités de l’État...

    Criminologue et auteurs de nombreux essais, Xavier Raufer a publié ces dernières années Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014), Le crime mondialisé (Cerf, 2019) et Jeffrey Epstein - L'âme damnée de la IIIe culture (Cerf, 2023).

     

                                             

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  • La croix celtique et le croissant...

    Les éditions Ars magna viennent de publier un essai d'Andrea Biondo intitulé La croix celtique et le croissant - Histoire secrète des rapports entre le néofascisme italien et le monde arabo-musulman (1950-1990).

    Andrea Biondo vit et travaille à Rome, où il exerce une activité dans le domaine de la communication. Dès son plus jeune âge, il s'est passionné pour l'histoire contemporaine, en particulier celle des « années de plomb » et de la droite radicale italienne.

     

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    Embrassant une temporalité allant des années 1950 au début des années 1990, La croix celtique et le croissant explore cinq décennies de relations politiques tissées entre le nationalisme arabe, les mouvements islamistes et les milieux néofascistes italiens.

    Alors que les conflits s’exacerbent actuellement au Proche et au Moyen-Orient, ce travail offre une perspective inédite sur une aire géographique et une période historique marquées par la guerre froide, l’affirmation militaire d’Israël et les rêves d’émancipation de populations désireuses de prendre en main leur propre destin. Le néofascisme italien, soucieux d’inscrire ses combats dans la modernité et d’asseoir sa crédibilité à l’échelle mondiale, ne manqua pas l’occasion de s’arrimer aux luttes des nations arabes, perse et afghane, dans une perspective tout à la fois anticommuniste et « spirituelle », le réveil de l’Islam lui ayant fourni l’occasion d’un retour vers certains éléments propres à la prétendue « Tradition ».

    Mais ce panorama révèle aussi des questionnements qui n’ont eu de cesse de traverser le monde de la droite radicale, tout autant italienne qu’européenne : l’anticommunisme peut-il justifier le soutien au sionisme ? Le soutien apporté aux nationalismes arabes correspond-il aux intérêts de l’Europe ? L’intérêt pour l’Islam permet-il une authentique régénération de la « Tradition » ? Autant d’interrogations auxquelles Andrea Biondo apporte des réponses à travers un grand nombre d’archives et de documents, le tout soutenu par de nombreux témoignages narrant une histoire tout à la fois proche et lointaine.

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