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Métapo infos - Page 2

  • Touchez au grisbi !...

    Les éditions La Manufacture viennent de rééditer sous le titre de Le grisbi la trilogie de Max le menteur d'Albert Simonin. Journaliste, chauffeur de taxi, Albert Simonin (1905-1980) s'est lancé dans l'écriture de polars, après avoir été "épuré" et condamné à 5 ans de prison à la Libération. Premier auteur français à avoir intégré la fameuse Série Noire, il est un de ceux qui ont popularisé l'argot des malfrats et voyous parisien.

     

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    " Max, dit le Menteur, vétéran des truands parisiens, s’apprête à se ranger. Le milieu, il en a fait le tour,  en a tiré le meilleur parti et ne le regrettera pas. D’autant que ce monde est en train de changer : les vendeurs de came gagnent du terrain, les truands s’internationalisent, le code d’honneur n’a pas l’air de préoccuper la jeunesse. Seulement quitter les «affaires», ça ne se fait pas en un clin d’œil. Il y a les vieux amis qui vous demandent un dernier service, la relève à organiser, l’avenir à assurer... Réunis en un seul volume, les romans de la trilogie de Max le menteur sont un monument de la culture française populaire, immortalisés par des films de légende (Touchez pas au grisbi, Le cave se rebiffe et Les Tontons flingueurs). Plongeon dans un Paris qui n’est plus et où résonne la gouaille des truands, l’œuvre de Simonin sublime le monde des voyous et lui a ouvert les portes de la littérature française. "

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  • Les malades au service de l'agenda technologique ?...

    Le 13 novembre 2020, Pierre Bergerault recevait sur TV libertés Olivier Rey pour évoquer les réflexions que lui inspirent la crise du coronavirus et qu'il a exposées dans L'idolâtrie de la vie (Gallimard, 2020), un court essai publié dans la collection Tract. Mathématicien et philosophe, chercheur au CNRS et enseignant en faculté, Olivier Rey est notamment l'auteur de Une folle solitude - Le fantasme de l'homme auto-construit (Seuil, 2006), de Une question de taille (Stock, 2014), Quand le monde s'est fait nombre (Stock, 2016) et de Leurre et malheur du transhumanisme (Desclée de Brouwer, 2018), quatre essais consacrés à la question du progrès et de la technique dans nos sociétés.

     

                                             

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  • Conan le centurion...

    Michel Vial vient de publier chez Indo Éditions, dans la collection Portrait, une biographie de Pierre Château-Jobert intitulée Conan. Collaborateur du magazine Raids, Michel Vial, qui, en 1976, à 20 ans, s'est engagé dans les Phalanges libanaises et a été blessé au combat, est également l'auteur d'un essai, La chute de l'empire occidental (Synthèse, 2020).

     

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    " Peu médiatisé, le colonel Pierre Château-Jobert, de son nom de guerre “Conan”, n’en est pas moins une figure emblématique des troupes aéroportées. 
À l’instar d’un Bigeard, d’un Massu ou d’un Trinquier, c’était un centurion, un de ces hommes durs et intrépides qui ont marqué l’histoire militaire du vingtième siècle en prenant une part active à tous les conflits dans lesquels notre pays a été impliqué. Son action est déterminante dans les combats de la Libération où ses commandos s’illustrent en Bourgogne, affrontant des troupes allemandes d’une supériorité numérique écrasante. En Indochine, il commande les paras coloniaux qui opèrent dans le sud du pays et découvre la guerre révolutionnaire que pratique l’ennemi, ce qui va le marquer profondément. En 1956, lors de l’opération de Suez, il saute avec son régiment sur Port-Saïd, sous le feu des troupes égyptiennes qu’il met en déroute en quelques heures, ce qui lui vaut les honneurs de la presse et la reconnaissance de nos alliés britanniques. 
  

    Patriote intransigeant et catholique fervent, Conan va s’engager ensuite dans le combat pour l’Algérie française et, bien que Compagnon de la Libération, il va s’opposer avec toute son énergie à la politique du général de Gaulle, allant jusqu’à déserter pour rejoindre les rangs de l’OAS. Condamné à mort par contumace, il vit dans la clandestinité jusqu’à son amnistie en 1968. Homme de réflexion, il met à profit ses années de retraite pour coucher sur le papier ses idées personnelles sur la contre-révolution, en publiant six livres de doctrine politique. 
   

    Dans cet ouvrage, l’auteur retrace en détail la très prolifique carrière militaire du colonel Château-Jobert, s’appuyant essentiellement sur son dossier militaire personnel, sur des témoignages et ses écrits, tout en prenant soin de décrire avec précision le cadre historique général dans lequel s’inscrivent les opérations auxquelles il prend part. Nous découvrons ainsi non seulement un officier d’une intelligence remarquable, à la fois discret, humain et audacieux, mais aussi un homme d’honneur et de convictions. "

     

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  • Présidentielle américaine : un saut qualitatif dans la guerre médiatique...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Didier Beauregard, cueilli sur Polémia et consacré au coup de force du système médiatique dans l'élection présidentielle américaine.

     

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    Présidentielle américaine : un saut qualitatif dans la guerre médiatique

    Si le coup de force médiatico-judiciaire a réussi en 2016 en France à faire triompher la candidature d’Emmanuel Macron au détriment de François Fillon, il est clair, cependant, que la victoire électorale de Biden, même si elle est in fine entérinée par l’appareil judiciaire, a montré les limites du progressisme conquérant de par sa dépendance totale à l’outil médiatique. Celui-là depuis des années ne cesse de perdre sa puissance de conviction et, comme un triangle inversé, ne repose plus que sur sa pointe : celle forgée par des minorités activistes dont la force de frappe dépend du contrôle qu’elles exercent sur l’univers médiatique. Ce dernier, au fil des dernières décennies, s’est imposé comme le lieu quasi unique où le pouvoir, sous toutes ses formes, fonde sa légitimité et discrédite ce qui le conteste.

    Le réel et sa représentation

    Le jeu de la représentation politique via l’élection, qui porte le principe démocratique, a été subverti par la mise en scène des représentations médiatiques qui créent une surréalité plus puissante que la réalité elle-même par un processus de conditionnement mimétique des esprits. Cette tension entre la réalité et ses représentations est le fil conducteur du conflit idéologique moderne*. Cette confrontation incessante entre réalité et représentation est un espace instable où se joue un virulent travaille de retraitement du réel qui s’affirme comme le principal enjeu du pouvoir, c’est-à-dire de la domination des masses.

    L’actuelle séquence des élections américaines illustre au plus haut point cette réalité. Elle représente même un saut qualitatif décisif, où l’univers médiatique, massivement mobilisé, prend en charge l’élection d’un nouveau président, et le désigne comme vainqueur avant même la fin du cycle électoral. La réalité construite par les médias, celle d’un peuple en liesse qui se libère d’un bouffon tyrannique, doit s’imposer comme la réalité définitive, en dehors et au-delà du contexte réel de l’élection. Elle doit triompher comme une réalité qui ne peut plus être déconstruite une fois perçue comme un réel indestructible. Triomphe définitif de la représentation sur le réel qu’elle façonne, enfin, à son image et impose à la conscience collective.

    Et pourtant, à l’encontre du matraquage médiatique, Trump a montré une incroyable capacité de résistance. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le président sortant, par rapport à 2016, gagne des points dans quasiment tous les segments de la société ; tout particulièrement auprès des hommes noirs (de 13 à 17%) et des hommes hispaniques qui lui donnent un très bon score de 35%, contre 32% en 2016. Chez les femmes noires qui représentent le segment le plus hostile à sa personne, sa performance, cantonnée à un très faible niveau, a tout de même doublé passant de 2 à 4%. Paradoxalement, la seule catégorie où son résultat a baissé est celle des hommes blancs, à 57% contre 62% en 2016, à comparer à une légère progression de 2 points à 54% pour les femmes blanches.

    Le parti pris médiatique, dans ce contexte de tension extrême, ne fait même plus vraiment l’effort de dissimuler ses engagements, tant l’hostilité au camp Trump est manifeste. Outre la litanie du vocabulaire dépréciatif pour décrire le candidat républicain, la mise en scène médiatique est systématiquement orientée. Le plus frappant, classiquement, est le déséquilibre au niveau des intervenants extérieurs ; quasi exclusivement anti-Trump. Le corps enseignant de Science Po est largement mobilisé à cet usage. Il doit bien pourtant exister, quelque part, quelques personnalités académiques favorables à l’actuel président. Mais pour le public français, le savoir et la raison sont forcément les ennemis du Trumpisme. Hasard ou nécessité, les représentants du parti républicain sur les plateaux télé s’expriment souvent dans un français très approximatif, quand les représentants démocrates maîtrisent parfaitement la langue de Molière !

    le langage corporel en dit tout aussi long, avec des sourires moqueurs et complices, ou des mines agacées, entre gens de bonne compagnie, quand on parle du rustre de la Maison Blanche, tandis que le ton devient grave et emphatique quand on évoque ses adversaires : « Sleepy Joe » devient un vieux sage poli par les ans et bonifié par les épreuves (il comprend si bien les gens qui souffrent, lui qui a tant souffert) et Kamala Harris, issue d’une lignée de grande bourgeoisie, devient une icône cool de la diversité bienheureuse, si proche des autres. Enfin, les commentaires des journalistes sont directement normatifs, ne prenant même plus la peine d’être formulés de manière interrogative : dès l’annonce des recours judiciaires contre les fraudes lancées par la Maison-Blanche, la question était tranchée ; le dossier est vide, Trump ne possède aucune preuve sérieuse. Comme si la constitution d’un dossier aussi complexe pouvait se construire en quelques heures ! Le commentaire, même absurde, est répété à l’infini et aucun propos contraire est sollicité.

    Réseaux sociaux vs médias mainstream : une guerre asymétrique

    Ce principe de non-contradiction est désormais la norme médiatique. On vient de le voir à l’œuvre avec la séquence du film hold-up sur la crise sanitaire. Face au succès foudroyant du documentaire, la machine médiatique s’est mise en branle avec une puissance de feu écrasante. Les commentateurs, sans exception, ont utilisé le vocabulaire codé de la doxa médiatique, sur le mode « fake news » et « complotisme ». Mais surtout, dans ce genre de procès d’exécration médiatique, la parole de l’accusé n’est jamais présentée au public*. On peut toujours rêver d’une confrontation en directe entre les auteurs du documentaire dénonciateur et ceux qui les accusent de mensonge et manipulation : face à face, arguments contre arguments, preuves contre preuves, c’est la seule méthode qui permet, sur la distance, d’évaluer la pertinence et l’honnêteté des thèses qui s’affrontent. Les principes de confrontation libre et contradictoire qui fonde le fonctionnement de la Justice, doivent également s’imposer dans l’espace médiatique qui pratique la chasse en meute, sans opposant.

    Des leçons à tirer

    De cet état de fait quelques leçons capitales peuvent être tirées qu’illustrent parfaitement l’exemple des élections américaines :

    Un basculement politique majeur s’avère quasi impossible dans la sphère occidentale tant que l’appareil médiatique dominant soutient inconditionnellement le système en place.

    La force grandissante des réseaux sociaux et de l’internet dans l’espace public ne permet pas, à ce stade, de contrecarrer la puissance d’influence des médias dominants. Deux raisons principales expliquent cette situation. Les médias alternatifs n’ont aucune cohérence idéologique et de reconnaissance qualitative qui les distinguent les uns des autres. Ils n’ont donc pas acquis de valeur légitimante auprès d’une large proportion du public, notamment les seniors qui n’ont pas nécessairement intégré la culture du net. Ils sont donc vulnérables face aux attaques déligimantes du système qui a su imposer l’accusation disqualifiante de complotisme dans les consciences collectives. Mais, surtout, l’information en ligne est consommée de façon éparpillée et individualiste, et ne provoque pas le même effet de masse que l’action concertée des médias mainstream, capable de toucher dans le même espace/ temps des foules considérables. On a pu voir les effets radicaux de cet affrontement asymétrique avec la contre-offensive massive lancée par le système médiatique contre le documentaire hold-up. La multiplication du même point de vue entre les différents médias produit un effet de sidération collectif qui annihile l’esprit critique. La puissance mimétique de l’unanimité devient irrésistible. Dans le jeu de la guerre médiatique, l’information dissidente sur internet joue un rôle similaire à celui de la guérilla dans les conflits armés. Elle inquiète et affaiblit l’ennemi, mais elle ne peut porter le coup décisif à l’adversaire.

    Fake news et occultation

    En conséquence, s’il est vain d’attendre un souci éthique de l’objectivité ou de la neutralité de l’univers médiatique institutionnel, ou une reconnaissance par le système de la valeur d’une info alternative sur le net, il ne faut cependant jamais renoncer à exercer une critique systémique sur l’espace médiatique dans le cadre exploitable du débat public. Toute occasion doit être saisie pour en souligner les partis pris et les méthodes de manipulation. La première d’entre elle, plus que la fausse information, la fameuse « fake news » disqualifiante, est la simple occultation de l’information qui dérange la vérité officielle. Comme le système a crée un délit de fake news, il faut aussi créer un délit d’occultation. Pour marketer ce nouveau concept par un anglicisme incontournable, on pourrait le qualifier de « fake reality ».

    Le système médiatique doit être mis sous la pression constante de courants d’opinion puissants qui prennent le public à témoin de ses dysfonctionnements. Tous les canaux d’expression possible doivent être utilisés à cette fin. Le combat pour une juste parité des points de vue dans le cadre des débats contradictoires doit s’imposer comme une exigence première. Il ne devrait plus être possible, pour exemple, d’assister à des débats sur les Etats-Unis ou la Russie, avec des participants qui expriment quais systématiquement des positions anti-Trump ou anti-Poutine.

    Dans l’affrontement idéologique contemporain le combat pour la légitimité médiatique est le plus décisif et donc le plus virulent. Trump est le premier dirigeant occidental a avoir assumé un conflit frontal avec l’univers médiatique. Cela lui a couté cher en termes d’image et peut lui valoir la perte de sa réélection ; ce qui n’est pas, en dépit de l’unanimisme des commentateurs, encore acté. Toutefois, sur la durée, les médias ne sortent pas indemnes de ce bras de fer. Leur image ne cesse de se dégrader aux yeux d’un public de plus en plus critique et ils sont poussés à radicaliser leurs engagements pour défendre leurs positions idéologiques. Cette dynamique les contraint à dévoiler leurs partis pris et les expose d’autant. Chacun a pu constater que la vague bleu annoncée était une illusion médiatique et que le dénigrement obsessionnel du personnage Trump, s’il avait radicalisé ses ennemis et probablement influencé les indécis, n’avait nullement entamé l’engagement de ses partisans. En conditionnant l’opinion mondiale à l’idée d’une défaite irréversible de Trump, les médias, alors que la bataille judiciaire n’était pas encore vraiment engagée, ont pris un risque majeur, qui entrainerait un effet dévastateur pour eux, si les tribunaux renversaient la sentence médiatique. L’apparente victoire des médias sur « l’ogre » de la Maison Blanche restera peut-être dans la mémoire collective comme un point de basculement dans l’histoire tumultueuse de la manipulation des foules.

    Didier Beauregard (Polémia, 20 novembre 2020)

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  • Shakespeare et l'Europe...

    Les éditions de La Nouvelle Librairie viennent de publier, dans leur collection Longue mémoire, patronnée par l'Institut Iliade, un essai de Henri Suhamy intitulé Shakespeare et l'Europe - Quatre siècles de mémoire vivante.

    Henri Suhamy est professeur des universités, spécialiste de littérature et d’histoire anglaises,  et auteur de nombreux ouvrages consacrés à Shakespeare.

     

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    " Shakespeare a légué à l’Europe une production théâtrale considérable devant laquelle il semble s’être effacé. De l’homme, en effet, on ne sait presque rien, de sorte que tout ou presque a pu être dit. Quant à son œuvre, la pensée qui la sous-tend est constamment réinterprétée. Si la « langue de Shakespeare » est anglaise, tous les grands thèmes qui traversent son théâtre réactualisent des mythes européens. Et l’Europe, en retour, ne cesse depuis quatre siècles de se nourrir de la poésie du « Barde immortel ». Dans ces pages, Henri Suhamy démêle le vrai du faux sur Shakespeare, et évoque les liens intimes qui unissent son œuvre à l’Europe. "

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  • Terrorisme et immigration selon Le Monde : pas d’amalgame !...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de l'Observatoire du journalisme consacré à un article récent du quotidien Le Monde cherchant à minorer le lien entre terrorisme islamique et immigration...

     

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    Terrorisme et immigration selon Le Monde : pas d’huile sur le feu et pas d’amalgame

    Y a t-il un lien entre terrorisme et immigration ? Le quotidien Le Monde s’est posé cette grave question dans un article publié le 12 novembre 2020. En appelant à la rescousse plusieurs spécialistes patentés ou désignés d’office, le journal entend mettre ce lien « à l’épreuve des faits ». Ses arguments sont loin d’être convaincants.

    Tu parles d’où, camarade ?

    Dans les années 1960 et 1970, lorsqu’un intervenant prenait la parole dans une Assemblée Générale dans une salle de cours enfumée d’une université, il était très fréquent qu’on lui demande : « Tu parles d’où, camarade ? », afin de connaitre le courant idéologique qu’il représentait. À la même période, le quotidien Le Monde bénéficiait aux yeux de certains de la réputation de « quotidien de référence ». S’il s’agit d’une autre époque, bien lointaine, il est toujours utile de savoir dans quel courant de pensée s’inscrit un journaliste avant de lire son article.

    La journaliste Julia Pascual écrit de nombreux articles sur l’immigration dans le quotidien du soir. Leur point commun : présenter les migrants comme des victimes et les moyens considérables que déploie l’État français pour leur accueil comme insuffisants. C’est une opinion que l’on peut ne pas partager mais qui est respectable. Il est néanmoins utile de l’avoir à l’esprit lorsqu’on lit un article de la journaliste.

    Le lien entre terrorisme et immigration : un véritable tabou

    La journaliste donne comme exemples de ceux qui établissent un lien entre immigration et terrorisme des leaders de partis à la droite de l’échiquier politique et des populistes.

    « Ces propos suscitent un certain malaise, notamment au sein du secteur associatif ». En employant une telle formulation, Julia Pascual se focalise sur ceux qui rejettent ce lien réel ou supposé. Sont-ils nombreux ? Elle aurait pu également rappeler qu’un sondage de l’IFOP réalisé en 2018 fait ressortir qu’une majorité de Français estime que l’immigration « maximise le risque terroriste ».

    Un panel bien choisi

    Pour tenter de répondre à la question, la journaliste interroge un responsable d’une association aidant les migrants, un universitaire qui a tenté de cerner le profil des terroristes, un représentant du Centre d’analyse du terrorisme (CAT) et le directeur du Centre migrations et citoyennetés de l’Institut français des relations internationales.

    Leurs témoignages vont essentiellement dans le même sens : certains discours feraient un lien abusif entre les deux phénomènes.

    Julia Pascual rappelle les propos du ministre de l’intérieur : « Sur les 30 derniers terroristes confondus pour des actes commis sur notre sol, 22 étaient français, 8 seulement étrangers ».

    Le représentant du CAT estime que « nous sommes face à un terrorisme essentiellement endogène, conçu et exécuté dans le pays d’origine ».

    On monte d’un cran avec les propos du directeur du Centre migrations et citoyennetés de l’Institut français des relations internationales : « la problématique est davantage que la société française produit cette violence » (sic).

    Pour parachever le tout, la parole est donnée au directeur des études migratoires du think tank libertarien américain CATO qui estime que le terrorisme est un « phénomène rare » et qu’il n’y a pas d’« association significative entre la part des migrants dans un pays et une activité terroriste ». Il est utile de préciser que le think tank américain est un fervent défenseur de l’immigration, comme en témoignent les nombreux articles à ce sujet sur son site internet.

    Parmi les personnes interrogées sur le sujet, aucun n’établit donc de lien direct entre terrorisme et immigration. Par respect du pluralisme et du contradictoire, la journaliste aurait pu confronter ces positions à celles d’autres spécialistes de la question. Comme celle de Thibault de Montbrial par exemple. Le Président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure affirme dans un récent essai que « si l’islamisme découle de l’immigration, le terrorisme est le résultat de l’islamisme ». Mais poser le débat dans ces termes aurait peut-être fait vaciller des certitudes solidement pro-immigration…

    Les informations que vous ne trouverez pas dans l’article du Monde

    À ce stade, face à cette avalanche de chiffres, le lecteur du Monde ne peut que se rallier à la thèse selon laquelle, non, il ne peut pas être établi de lien entre terrorisme et immigration. Pourtant, d’autres informations toutes aussi « sérieuses » méritent d’être mentionnées :

    • Le think tank Fondapol a mis en avant dans un rapport publié en novembre 2019 que « La France a été le pays le plus touché de toute l’Union européenne, avec 71 attentats islamistes commis sur son sol entre 1979 et 2019. Ces attentats ont fait au moins 317 morts ». Le fait que la France ait la communauté musulmane la plus importante d’Europe n’est pas mentionné dans le rapport. Ce n’est d’ailleurs pas son propos. Parmi cette communauté, on peut trouver des islamistes à velléités terroristes. Chacun est libre d’établir les corrélations qu’il souhaite.

    • Le terrorisme ayant causé des morts dans notre pays dans les dernières années est exclusivement à motivation islamiste. Pour rappel, 263 Français ont péri en 5 ans pour ce motif. Le journal le Monde aurait été bien inspiré de rappeler que cette forme de terrorisme n’existait pas il y a quelques décennies. La multiplication des actes terroristes islamistes en France est étroitement liée à la propagation de l’islamisme, qui s’est lui-même développé avec l’immigration extra-européenne massive organisée et subie depuis les années 1960. Le terrorisme islamiste dit « endogène » concerne très majoritairement des jeunes d’origine immigrée de la deuxième génération.

    • Un internaute, Pont d’Arcole, a fait un minutieux recensement des islamistes ayant commis un attentat terroriste durant les cinq dernières années. Le résultat de son travail figure sur Twitter.
      On y constate que sur les 45 terroristes ayant organisé des attentats depuis 2015, seuls 5 sont des français convertis. Les autres sont soit des étrangers, soit, beaucoup plus rarement, des français d’origine étrangère (souvent maghrébine).

    • Un autre internaute Walker, a recensé « quelques déséquilibrés ayant tué en France ces 25 dernières années. Si vous trouvez leur point commun, merci de me le dire en commentaire », écrit-il, de façon espiègle…

    Déni du réel

    Le déni du réel n’est pas nouveau. En 2015, de nombreux médias dénonçaient déjà en bloc le « fantasme de l’infiltration terroriste », avant de rétropédaler laborieusement. Entre la généralisation hâtive et le déni, il y a un espace que n’a pas exploré le Monde. Désormais, c’est en niant le caractère exogène du terrorisme islamiste et son lien avec l’immigration que « pas d’huile sur le feu » et « pas d’amalgame » sont brandis à l’opinion publique. Il n’est pas sûr que même les lecteurs du Monde croient encore à ces sornettes.

    Observatoire du journalisme (OJIM, 18 novembre 2020)

     

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