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Métapo infos - Page 7

  • Sur l'essence du fascisme...

    Les éditions Ars Magna viennent de publier un recueil d'essais de Michel Schneider intitulé Principes de l'action fasciste. Diplômé de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, auditeur de l'IHEDN, Michel Schneider a été cadre au RPR dans les années 70, puis au FN dans les années 80, avant de retrouver les positions nationalistes -révolutionnaires de sa jeunesse à partir des années 90.

     

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    " Dans les deux écrits qui composent ce livre, Principes de l’action fasciste et Essai de synthèse pour un néo-fascisme, Michel Schneider nous décrit l’essence même du fascisme, celle qui en fait un mouvement universel et éternel.
    Le fascisme, sous la plume de cet auteur, plus qu’une réponse politique aux problèmes du quotidien est avant tout une attitude face à la vie, un refus de la décadence et des choses faciles.
    De nombreuses citations et des phrases ciselées expriment cela à merveille et l’on comprend sans mal à la lecture de ce livre que certains, en Italie comme ailleurs, puissent être nostalgiques d’une période où plus était en nous. "

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  • 1968, 2018, pourquoi c'est différent...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un point de vue de Michel Drac dans lequel il établit les profondes différences qui existent entre Mai 68 et la révolte des Gilets jaunes de 2018...

    Penseur non-conformiste, Michel Drac est l'auteur de plusieurs essais, dont  Triangulation - Repères pour des temps incertains (Le Retour aux Sources, 2015) ou, dernièrement, Voir Macron - 8 scénarios pour un quinquennat (Le Retour aux Sources, 2018).  Il est également le fondateur des éditions le Retour aux Sources, qui publient notamment Piero San Giorgio , Dmitry Orlov ou Howard Kunstler.

     

                                        

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  • Le réveil du tigre nucléaire...

    Les éditions Desclée de Brouwer viennent de publier un essai de Jean-Pierre Dupuy intitulé La guerre qui ne peut pas avoir lieu. Ingénieur et philosophe, Jean-Pierre Dupuy est notamment l'auteur de Pour un catastrophisme éclairé (Seuil, 2004) et de La marque du sacré (Carnets nord, 2009).

     

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    " Nous sommes plus près d'une guerre nucléaire que nous ne l'avons jamais été pendant la Guerre froide, mais la plupart des gens sont aveugles à ce danger. Ils ont appris que les armes nucléaires ne servent qu'à une chose : empêcher que les autres les emploient. C'est ce qu'on appelle la dissuasion. Ils pensent aussi que ces armes sont trop destructrices pour qu'on soit tenté de les utiliser. Telles sont les illusions qui leur permettent de dormir tranquilles.

    Entre l'été 2017 et janvier 2018, nous avons plusieurs fois frôlé une guerre nucléaire que ses protagonistes, Donald Trump et Kim Jong Un, ne voulaient nullement, pas plus que ne la voulurent Kennedy et Khrouchtchev pendant la crise de Cuba. Les intentions des acteurs comptent en effet très peu. Des « machines apocalyptiques » décident aujourd'hui pour nous, des systèmes de déclenchement semi-automatique où le faux calcul, la mauvaise interprétation ou l'accident jouent un rôle déterminant.

    On repose donc ici à nouveaux frais la question de l'efficacité et de la moralité de l'arme nucléaire. "

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  • Pas de destin commun sans enracinement...

    Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Paul-François Schira au Figaro Vox à l'occasion de la sortie de son essai La demeure des hommes (Tallandier, 2019). Juriste et énarque, Paul-François Schira enseigne le droit public à l’Ecole Nationale Supérieure, ainsi qu’à l’Université Panthéon-Sorbonne.

     

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    Paul-François Schira: «Il n'y a pas de destin commun sans enracinement»

    FIGAROVOX.- Votre livre part d'une interrogation sur la réaction de notre société aux attentats terroristes de 2015. Nous n'avons pas su répondre en profondeur à la menace djihadiste?

    Paul-François SCHIRA.- La chute du mur de Berlin et la fin des grandes idéologies ont engendré chez nous une méfiance durable à l'égard des mouvements collectifs. Pour ne plus qu'il y ait d'oppression, il fallut réduire les sociétés à un fourmillement d'individus libres de définir, en toute autonomie, leurs propres finalités. La politique ne fut plus le lieu particulier de la délibération en vue d'une finalité commune, mais un système neutre, donc universel, se bornant à réguler les irréductibles antagonismes de chacun. Sur ces décombres ont poussé des instincts grégaires de substitution. Très mobilisateurs, ils trouvent les démocraties libérales désarmées. Le djihadisme n'est pas affaire de précarité économique, ni de désirs individuels d'ascension sociale. Il répond à une triple quête de sens, d'appartenance et de reconnaissance. Notre erreur fondamentale, c'est de considérer que cette triple quête - qui agite aussi les mouvements dits «populistes» partout en Europe et aux États-Unis - est à elle seule la marque d'une déviance. Je pense, au contraire, que ces interrogations fondent la cité politique et expriment un besoin permanent de l'homme. En les délaissant, nous creusons à la fois son esseulement et son désespoir, deux conditions propices à sa radicalisation.

    Faire du terrorisme islamiste un produit endogène de l'Occident, n'est-ce pas faire preuve d'une forme d'autoflagellation?

    Le salafisme, sous-bassement idéologique du terrorisme islamiste, n'a bien sûr aucune trace historique dans notre civilisation. Pour autant, le succès qu'il rencontre aujourd'hui au cœur des populations européennes n'est pas anodin. Les témoignages de personnes qui s'y sont converties à partir d'une vague tradition laïque ou judéo-chrétienne affluent. Les radicalisés issus de l'immigration proviennent quant à eux de la deuxième, voire troisième génération: ils n'ont pas apporté le salafisme dans leurs bagages. Le terrorisme «homegrown» dit quelque chose de nos sociétés: il prospère sur le vide que nous lui laissons. Comme l'écrivait Polybe, «aucune civilisation ne cède à une agression extérieure si elle n'a pas d'abord développé un mal qui l'a rongée de l'intérieur». En se bornant à combattre le salafisme par le culte de l'individu-roi autour duquel elles espèrent que nous rassemblerons l'humanité, les démocraties libérales abandonnent à l'extrémisme ceux de leurs propres membres qui ne se retrouvent pas dans une société éclatée, brassée dans le grand bain de la mondialisation marchande.

    Vous dressez un parallèle inattendu entre totalitarismes et individualisme. Quel lien faites-vous entre ces mouvements a priori plutôt opposés?

    Nous avons intégré que l'individualisme était le meilleur rempart au totalitarisme, et que nous étions acculés à devoir choisir entre ces deux formes politiques. Or, cette summa divisio n'en est pas une. Totalitarisme et individualisme partagent une prémisse: celle de l'irréductibilité des rapports de force qui traversent la société. Ces deux mouvements réduisent la politique à la seule organisation du conflit social - par la domination ou l'indifférence. Entre l'écrasement de la société par un «je» uniforme, sorte de Léviathan collectiviste, et son éclatement en une multitude de «je» individuels qui sont autant de Léviathans autarciques, on professe la même impossibilité du «nous». Pour sortir de ce cycle infernal, il faut remettre en cause sa matrice: l'abdication à faire travailler les hommes ensemble au service de causes communes.

    Vous prônez le retour des finalités communes pour lutter contre l'individualisme. Mais n'est-ce pas trop tard? La possibilité même d'un Bien commun n'a-t-elle pas été sapée par un relativisme désormais ancré profondément dans les mentalités?

    Nous avons pris l'habitude de ne percevoir le monde qu'à travers notre subjectivité. À l'incertitude de ce qui lui est extérieur- le beau, le juste, le bon - a succédé la certitude de ce que le sujet décide pour lui-même. Nous ne cherchons plus à faire le bien, puisque nous décidons de ce qu'il est. Et quiconque remet en cause cet individualisme est renvoyé à sa propre individualité. Mais autant nous semblons désarmés face à cette hégémonie intellectuelle, autant les insatisfactions qu'elle engendre peuvent servir de point d'appui pour revoir notre conception du monde. Car l'individualisme précipite de lui-même un appauvrissement économique - en sapant la confiance nécessaire à l'échange marchand, en généralisant la loi de la concurrence et en favorisant les comportements spéculatifs - ainsi qu'un ensauvagement social - en creusant le fossé entre ses perdants et ses gagnants, en laissant chacun seul et envieux de ceux qui réussissent mieux, sans autre idéal que l'obsession de l'égalité et des possessions matérielles. C'est pourquoi nous sommes à un tournant: tous ces phénomènes menaçants que nous percevons aujourd'hui, partout en Occident, signent un échec de la part des démocraties libérales, mais si ces échecs agissent comme sonnette d'alarme alors tout n'est pas perdu.

    Vous prônez une «politique de l'enracinement», mais est-ce vraiment réaliste? N'est-il pas au contraire une lente sédimentation culturelle qui ne saurait faire l'objet de politiques publiques?

    La recherche des finalités communes, seule à même de vraiment rassembler les hommes, ne pourra jamais se traduire par un consentement parfait entre individus autonomes: cela, ce sont des utopies que nous laisserons à Rousseau et Kant. Il faut plutôt susciter l'attachement des hommes au-delà du résultat qu'ils sont susceptibles d'atteindre collectivement. Il faut donc qu'ils se reconnaissent dans des ensembles auxquels ils peuvent se donner. Une telle amitié ne se décrète pas: elle vient de mœurs partagées, de fréquentations durables, ancrées dans une histoire qui nous est proche. La «société ouverte» aboutit bien souvent à l'enfermement des individus sur eux-mêmes. Les démocraties ne peuvent être aussi désincarnées que les tenants de la bien-pensance le prétendent. Pas de paix sans destin commun, et pas de destin commun sans enracinement dans une communauté d'appartenance.

    Quelles pistes concrètes proposez-vous?

    La politique de l'enracinement suppose tout d'abord d'assumer la spécificité de chaque «commun», et de reconnaître la supériorité affective que certains peuvent avoir sur d'autres. Elle oblige par exemple à préserver ce qui fait la singularité de chaque culture, que ce soit par un soin apporté à la transmission de son patrimoine, y compris naturel, ou par une capacité à redonner du sens à ses frontières - sur la question migratoire comme en matière de commerce international. Elle suppose ensuite de permettre aux hommes de réellement habiter ces «communs», en multipliant les occasions d'y éprouver concrètement leurs responsabilités: ici, le rôle des collectivités locales, des entreprises, des familles et des associations dans la vie de la cité prend tout son sens. L'État ne peut pas être le seul acteur de l'intérêt général. La politique de l'enracinement exige par ailleurs de résister à toute appropriation de la chose publique par des groupes d'intérêts orientés par un vulgaire agenda de lobbyistes. Elle nécessite enfin une nouvelle échelle des mérites - économiques, sociaux - incitant l'homme à dépasser le «chacun fait ce qu'il veut, tant que cela ne nuit pas à autrui».

    On le voit pendant la crise des «gilets jaunes»: une demande paradoxale émerge de la société qui demande à la fois moins d'État et plus d'État. Comment expliquez-vous ce paradoxe? Libéralisme débridé et État-providence s'alimentent mutuellement?

    La poursuite illimitée de l'enrichissement des individus produit des «gagnants» et des «perdants». L'État, qui n'assume plus d'orienter le fonctionnement spontané du marché et des désirs individuels, est alors obligé de constamment courir derrière les inégalités engendrées par ces rapports de force afin de les corriger. Lorsque cette dynamique de déchirement est trop puissante et que la collectivité ne peut financièrement plus satisfaire les besoins des perdants de la mondialisation, ceux-ci commencent à se demander ce qu'ils lui doivent: ils s'en détachent alors, pour se reconstituer en classes d'individus tous semblables. Ce clivage théorisé par Guilluy n'est pas un clivage d'idées, car parmi les gagnants et les perdants de la mondialisation individualiste il y a consensus sur le droit de chacun à jouir librement. Il est un clivage sociologique: les perdants veulent remplacer les gagnants au sommet de la pyramide. Or ce type de clivage ne se résout que par la violence.

    Paul-François Schira, propos recueillis par Eugénie Bastié (Figaro Vox, 22 février 2019)

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  • Vilfredo Pareto, génie et visionnaire...

    Les éditions Dualpha viennent de publier un essai de Jean-Pierre Blanchard intitulé Vilfredo Pareto, génie et visionnaire, avec une préface de Georges Feltin-Tracol. Pasteur, fondateur d'une association d'aide aux Français démunis, Jean-Pierre Blanchard est également l'auteur de L’Alternative holiste ou la grande révolte antimoderne (Dualpha, 2017).

     

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    " C’est en 1916 qu’est paru à Florence l’œuvre majeure de Vilfredo Pareto, le Traité de sociologie générale. Il n’a été lu, pour autant qu’il l’ait été, qu’après la guerre de 1914-1918. Pareto devait mourir en 1922.Tout se passe comme si cette œuvre puissante avait été censuré en Europe. Elle fut honorée du bout des lèvres en Italie. En France, le Traité fut publié en 1917-1919 dans la traduction de Pierre Boven revue par l’auteur. Les professeurs de sociologie ne parlent pas de Pareto, ils ne le mentionnent pas dans les bibliographies.

    On explique cette censure, ce phénomène de résistance, par le fait qu’il était fasciste. On oublie que le fascisme, dans les années 1920, avait droit de cité et qu’il était couvert d’éloges par des hommes d’État de pays démocratiques. D’ailleurs quand Mussolini prit le Pouvoir, le Traité était déjà paru, et tout ce que Pareto avait à dire, il l’avait dit. Certaines attitudes vis-à-vis de lui ressemblent plus à des rites de conjuration, des entités sociales qu’il aimait bafouer, ce ne sont que des pratiques propitiatoires.

    Il est temps de réhabiliter cette pensée qui a vaincu l’oubli, on peut de moins en moins impudemment l’ignorer. "

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  • La Géopolitique, c’est la Vie !...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un point de vue de Ghislain de Castelbajac cueilli sur Geopragma et consacré à la géopolitique comme enjeu dans la vie des citoyens. Après avoir débuté sa carrière au SGDN, Ghislain de Castelbajac est désormais conseil en stratégie.

     

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    La Géopolitique, c’est la Vie !

    Le président d’une grande puissance serre frénétiquement la main d’un dictateur en col Mao à 10 000 kilomètres de Paris. Des banquiers centraux se réunissent en secret au fin fond des Etats-Unis, et des personnalités politiques en vue se mêlent dans une station de montagne surprotégée (voir #BDL du 4 février 2019). Un puissant décide d’un conflit, d’un changement de frontières. D’autres le punissent par un boycott, dont des agriculteurs et éleveurs en Bretagne et en Picardie subissent les conséquences.

    La géopolitique n’est-elle qu’un théâtre d’ombres, un billard feutré à bandes multiples joué par une poignée d’hommes de pouvoir cyniques et manipulateurs ? Les colloques d’universitaires décortiquant cette science pour d’autres universitaires préconditionnés ou des diplomates en roue libre sont-ils la seule voie possible de la géopolitique vers l’agora ?

    Bien sûr, de grands reporters font un travail remarquable en zone de conflit, mais les audiences de ces médias sont si faibles que beaucoup jettent l’éponge. Les peuples seraient-ils trop bêtes pour s’intéresser à autre chose qu’à des ragots de caniveau où à la vitesse de leur diesel ?

    Jean-Baptiste Duroselle nous a montré le contraire en théorisant, à la Braudel ou Renouvin, un modèle quasi sériel de la géopolitique dans son magistral ouvrage « Tout Empire périra, théorie des relations internationales » publié en 1981. Duroselle y dénonce déjà la tendance des penseurs et intellectuels à enfermer la géopolitique dans une discipline déconnectée de la vie des hommes.

    Pour Duroselle, la politique étrangère doit englober tant les « relations internationales » (l’Etat comme acteur dans le Système), que « la vie internationale » (l’individu comme acteur dans le Système). Le liant entre ces acteurs est constitué par ce qu’il appelle les « groupes réels » qui assurent le relai entre les aspirations des individus et les politiques d’Etat.

    Mais si la géopolitique est perçue comme un jeu d’illusion, renforcé par un certain angle médiatique enclin à ne traiter qu’en surface un enjeu stratégique, un sommet ou une rencontre bilatérale, elle est en fait un rapport de force, non entre puissants, mais entre ce que Duroselle appelle les forces profondes et les forces organisées, c’est-à-dire entre les « groupes réels » et les Etats.

    Cette analyse permet de mettre en perspective les rapports de forces géopolitiques sur un angle de l’événement, du slogan, de l’action et donc de « l’acceptable qui devient inacceptable ».

    Le développement actuel des nouveaux médias, réseaux sociaux et divers groupes d’influence donne bien entendu raison à Jean-Baptiste Duroselle, et les « groupes réels » possèdent aujourd‘hui une force décuplée, qui risque parfois de mettre en péril cet équilibre des forces, non entre les Etats, ni même entre les Etats et les peuples, mais bien entre les Etats et ces groupes que l’on pourrait aujourd’hui définir comme des « influenceurs », groupes de pression, groupes d’intérêts ou communautés.

    Théorie des systèmes et centres de gravité

    Bien entendu nos Etats, fondés eux aussi sur un contrat social ou une communauté de destin, déploient des contre-pouvoirs et des défenses, mais le concept d’Empire est aujourd’hui à prendre au sens d’organisation étatique ou inter-étatique, et celui de « groupes réels » comme agents d’influence ou d’action de plus en plus puissants. Le tout constituant le destin national.

    Si l’on calque sur cette vision historique celle de l’analyse systémique, ou théorie des systèmes de Morton Kaplan, l’on obtient un rapport de forces générateur d’événements accumulateurs ou destructeurs, basés sur des « centres de gravité ».

    Le colonel américain John Warden III théorisa avec « The Enemy as a system » l’analyse systémique appliquée aux conflits pour une nouvelle forme de rapport de forces. L’influence, ou la guerre psychologique étant l’un des effets de leviers les plus efficaces pour agir sur les centres de gravités de l’ennemi.

    Si l’approche historique nous enseigne de manière empirique les évolutions et les régularités des événements et des conflits internationaux, l’approche systémique nous en donne les moteurs et leviers d’actions autres que purement militaires.

    Le sédiment nourricier de l’action géopolitique est défini par la géographie. Elle est en quelque sorte la mère de la géopolitique, elle définit le « théâtre », le champ des intérêts et des projections.

    Mais la prédictivité du conflit ou de l’événement international est peut-être à prendre du côté des sociologues et démographes. Des points de rupture dans la société, tels qu’une transition démographique achevée, une pyramide des âges vieillissante, une transhumance de fond (gentrification des villes, migrations de masse…), une structure familiale particulière (patrilocale, nucléaire, communautaire…), tous ces éléments liés à la structure de la société et à leur évolution permettent de poser le champ de projection, d’action, voire de manipulation si le système analysé est adversaire, des « forces profondes » constituant les groupes d’individus.

    Une révolution dans un pays donné à un instant donné ne prendra donc corps que si les éléments démographiques et sociologiques y permettent son développement, même si ladite révolution est téléguidée de l’extérieur.

    C’est alors que la géopolitique prend tout son sens social, dans la mesure où l’événement générant le fait géopolitique ne peut plus être uniquement Clausewitzien, mais bien basé sur des tendances lourdes liées à l’évolution des sociétés et à leurs capacités à se mobiliser sur des sujets ou des thèmes dont les enjeux portent les conséquences concrètes sur les populations.

    Aujourd’hui dans nos sociétés occidentales et particulièrement en France, différents groupes de pression, plus ou moins spontanés, plus ou moins téléguidés, occupent le nouveau champ médiatique sur des sujets internationaux et offrent une grille de lecture de plus en plus concrète en termes d’effet de levier entre l’action, au sens d’activisme, et le résultat attendu.

    Des référendums ?

    Les récents événements en France ayant abouti à la mise en place d’un « Grand débat national » par le gouvernement permettent aux Français de s’exprimer sur divers sujets, dont l’organisation des institutions. La pression de la rue et plusieurs partis politiques d’opposition, font valoir la revendication de la mise en place d’un Referendum d’Initiative Citoyenne (« RIC ») sur le modèle helvétique.

    La réticence du pouvoir et de certains intellectuels à mettre en place un tel mécanisme en France est mû par l’inadaptation de certains thèmes, des questions graves et stratégiques, à une question simple, voire simpliste et binaire.

    Verrait-on un jour un référendum en France dont la question serait « souhaitez-vous que la France participe à une coalition armée pour changer le pouvoir en place en Syrie par la force ? », ceci juste après la manipulation, maintenant avérée, de l’attaque chimique en Ghouta ? Il est vrai que dans ce cas précis, le peuple français aurait sans doute été bien plus sage que les dirigeants de l’époque si la question leur avait été posée ainsi…

    Pourtant, la géopolitique comme la définition de la politique étrangère de la France et de sa stratégie méritent certainement un traitement bien plus direct entre les forces profondes et les forces organisées, dans le cas de la France contemporaine, entre l’Etat et son peuple.

    Un nouveau pacte d’action et de projection de la France à l’étranger pourrait, être mis en place dans le cadre du Grand débat. Notre cohésion nationale, la crédibilité politique et le niveau d’adhésion démocratique aux choix de nos gouvernants en sortiraient renforcées.

    Si le gouvernement et les institutions décidaient de le mettre en place, la perspective d’un RIC n’aurait de sens que si les questions posées l’étaient dans un débat dénué d’influence extérieure et d’immédiateté, et si les Français avaient toutes les cartes en main pour un éclairage de leurs choix et de leurs convictions.

    Un référendum aurait par exemple dû se tenir en France sur le rôle de notre pays dans l’OTAN lorsque qu’il fut décidé d’en réintégrer le commandement militaire sans consultation démocratique préalable.

    De la même façon, il serait éclairant de connaitre le résultat d’une question posée sur l’intérêt de maintenir des sanctions économiques contre la Russie après 5 ans d’un entêtement qui n’a abouti qu’à développer l’agriculture russe et a fortement handicapé les agriculteurs et éleveurs français. Sans même parler de l’intérêt géopolitique, quel intérêt économique la France y trouve-t-elle ? Nul doute que ces questions concrètes préoccupent en Picardie ou en Bretagne et ont fait l’objet de débats au sein du mouvement des gilets jaunes, mais pas seulement.

    Geopragma peut, par les travaux et débats organisés en son sein, être l’un des facilitateurs de cette mise en lien des enjeux géopolitiques avec ceux – économiques, culturels et sociétaux – qui touchent nos concitoyens au quotidien.  En permettant de dégager du manichéisme ambiant une grille de lecture à froid, loin de la doxa officielle comme des influences extérieures, Geopragma aspire à incarner ce lien entre « les relations internationales » et « la vie internationale » qui ne serait plus seulement subie par les Français, mais éclairée lucidement et pragmatiquement par la présentation du champ des possibles et des dangers d’influence et de manipulation.

    Plus que jamais, le champ géopolitique fait partie de la vie des citoyens. Il est donc temps d’apporter aux forces profondes et aux forces organisées de notre pays les outils d’analyse qui leurs permettront d’éclairer leurs choix.

    Ghislain de Castelbajac (Geopragma, 18 février 2019)

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