Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Métapo infos - Page 7

  • Ceux de l'infini...

    Les éditions Calmann-Lévy viennent de publier un court roman d'Erik L'Homme intitulé Ceux de l'Infini. Un voyage en Terre de feu qui ravira les lecteurs de La nuit commence au Cap Horn de Saint-Loup ou ceux de Qui se souvient des hommes... ou de Adiós, Tierra del Tuego, de Jean Raspail.

    Déjà connu comme l'auteur de plusieurs séries de qualité dans les collections de littérature de jeunesse, voyageur méditatif, grand marcheur et esprit libre, Erik L'Homme est déjà l'auteur de quatre romans, Déchirer les ombres (Calmann-Lévy, 2018), Un peu de nuit en plein jour (Calmann-Lévy, 2019), Cosaques blues (Calmann-Lévy, 2022) et Les Murmures du ciel ou quand revient Jeanne (Héloïse d'Ormesson, 2023).

     

     

    L'Homme_Ceux de l'infini.jpg

    « Seuls leurs fantômes désormais hantent les prairies, les forêts humides mangées par les lichens gris, les lacs profonds et les montagnes enneigées, les plages froides, dans l’interminable jour de l’été austral. »

    En cette fin de XIXe siècle, quelques Selk’nam vivent encore en Terre de Feu, à l’extrême sud du continent américain. Mais ils sont toujours trop nombreux au goût des grands propriétaires terriens, qui promettent aux hommes de leurs estancias une livre sterling pour chaque oreille coupée. Dans ces heures sombres où se joue l’anéantissement d’un peuple, l’amour de Saïka et Shon viendra bouleverser le cours des destins.
     
    Huit voix racontent ce drame : quatre Indiens, quatre colons, tous façonnés par l’âpreté de ce bout du monde livré aux vents.
    Lien permanent Catégories : Livres 0 commentaire Pin it!
  • La revanche d'Aphrodite ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Balbino Katz, cueilli sur Breizh-Info et consacré, au travers de la polémique concernant les publicités sur le sport de l'actrice Sydney Sweeney, à l'éternel retour de l'archaïque...

     

    Sweeney_Sport.jpg

    Sydney Sweeney ou la revanche d’Aphrodite

    De Quimper à Pont-l’Abbé, l’autobus ne cahote nullement : il glisse. La voie rapide est impeccable, le revêtement sans reproche, les échangeurs nets et les bas-côtés entretenus avec cette minutie dont on ne songe guère à créditer la Bretagne lorsque, de loin, on continue de se la représenter comme une péninsule de coiffes, de calvaires et de chemins creux. La Bretagne occidentale est entrée tard dans la modernité, puis elle y est entrée à bride abattue. En quelques décennies, elle s’est couverte de routes, d’équipements, de zones d’activité et d’infrastructures souvent meilleures que celles de provinces depuis longtemps industrialisées. À travers la vitre passent maintenant les talus, les lotissements, les champs impeccablement découpés ; l’autocar file vers le Pays bigouden avec la douceur presque irréelle d’un tapis volant. C’est dans ce confort silencieux que, sur ma tablette, je lis Le Figaro et découvre sous la plume d’Eugénie Bastié l’étrange procès intenté à Sydney Sweeney, jeune actrice américaine dont le principal tort paraît être, ces temps-ci, d’être blonde, fort bien faite et de ne témoigner aucune componction à l’idée de le savoir.

    La dernière algarade vient d’une publicité réalisée pour Novig, une plateforme américaine liée aux paris et aux marchés de prédiction sportive. Sydney Sweeney y apparaît nue ou presque, cachant ce qu’il faut cacher derrière divers accessoires de sport. Plusieurs athlètes féminines ont protesté. La nageuse australienne Ariarne Titmus y a vu une offense aux femmes qui consacrent leur existence à la compétition ; d’autres ont dénoncé une nouvelle sexualisation du sport féminin. L’objection n’est pas entièrement sotte. Les unes demandent que l’on regarde leurs chronomètres, l’autre propose que l’on regarde son corps. Il n’existe cependant aucune loi connue de la nature qui interdirait simultanément l’admiration d’un record et celle d’une jolie femme.

    La réclame, depuis qu’elle existe, sait que le regard précède le raisonnement. Elle vend des automobiles avec des routes désertes que l’automobiliste ne rencontrera jamais, des parfums avec des femmes que l’acheteur du flacon n’approchera pas davantage, des vacances sous un soleil qui aura naturellement disparu le jour de votre arrivée. Depuis plus d’un siècle, elle place aussi de belles femmes à côté des objets que les hommes sont supposés acheter. Le procédé est souvent vulgaire, quelquefois sot, toujours intéressé. Il faut pourtant une singulière innocence pour feindre d’en ignorer le ressort.

    Ce qui m’intéresse commence précisément là. Comment une jeune femme jouant volontairement de ses charmes a-t-elle pu devenir, en l’espace de quelques années, une sorte d’icône réactionnaire ? La question aurait amusé les générations qui connurent les années 1950 ou 1960. Toute ma jeunesse s’est déroulée dans un monde où la gauche revendiquait exactement l’inverse. Le corps devait être libéré, les corsets moraux défaits, la chair soustraite aux curés et aux vieilles dames. Brigitte Bardot scandalisait parce qu’elle incarnait un désir délivré du remords. Saint-Tropez, les seins nus et les jupes raccourcies annonçaient, nous disait-on, la défaite prochaine de la morale bourgeoise. Soixante ans ont passé, et voilà qu’une Américaine blonde en petite tenue se retrouve soupçonnée de trahir le progrès.

    Le renversement est moins anecdotique qu’il n’y paraît. Sydney Sweeney ne se contente pas d’être jolie ; elle l’est d’une manière presque outrageusement classique. Elle correspond avec une exactitude désarmante à une représentation ancienne de la beauté féminine européenne : jeunesse, traits réguliers, chevelure claire, taille marquée, poitrine, hanches, féminité immédiatement lisible. Rien ici ne demande d’interprétation savante. Nul besoin d’un glossaire universitaire pour comprendre le spectacle offert au regard.

    Elle rappelle surtout cette chose rudimentaire dont notre époque a fait un sujet de colloque : les hommes et les femmes se désirent. Ils se regardent, se plaisent, se poursuivent, se refusent, se choisissent ; les femmes savent depuis la nuit des temps que leurs appas constituent une puissance, les hommes savent qu’ils y sont sensibles et toute la littérature européenne, des Grecs à Maupassant, aurait beaucoup de mal à subsister si l’on retranchait cette vieille comédie du désir.

    Guillaume Faye, qui fut l’un des esprits les plus turbulents de la Nouvelle Droite, avait très tôt compris combien il était absurde d’abandonner la sexualité aux moralistes ou aux constructivistes. Dans ses réflexions sur le sexe et l’idéologie, il considérait le désir entre les sexes comme l’une des forces profondes qui structurent une société, bien au-delà de la seule alcôve. Il n’était certes pas un puritain : son propos consistait plutôt à rappeler que l’érotisme, la différence sexuelle, la famille, la filiation et le renouvellement des générations forment ensemble un ensemble organique. On peut changer les règles, les mœurs et les costumes ; il est beaucoup plus hasardeux de prétendre modifier sans conséquence la matière humaine elle-même.

    C’est peut-être ce que Sydney Sweeney rend insupportablement visible. Elle ne théorise rien. Elle ne publie aucun manifeste sur la complémentarité des sexes, ne cite ni Aristote ni la psychologie évolutionniste. Elle sourit, cambre les reins, enfile un jean et produit en quelques secondes davantage d’effet sur l’imaginaire collectif qu’une bibliothèque entière d’études consacrées à la déconstruction du genre. Aux yeux de ceux qui pensent que la réalité sociale doit plier devant le vocabulaire, il y a là quelque chose de profondément vexatoire.

    La précédente querelle avait déjà donné la mesure du phénomène. American Eagle avait bâti une campagne autour du slogan Sydney Sweeney has great jeans, calembour élémentaire entre jeans et genes. Comme la jeune femme est blonde et possède des yeux clairs, certains commentateurs avaient découvert derrière cette réclame pour pantalons une évocation de l’eugénisme, du suprémacisme blanc et, puisque notre temps ne sait plus discuter cinq minutes sans convoquer Hitler, une réminiscence de propagande nazie. Il fallait tout de même avoir beaucoup fréquenté les séminaires pour parvenir aussi rapidement du denim aux lois de Nuremberg.

    L’affaire disait pourtant quelque chose d’assez profond : la beauté conventionnelle devient suspecte lorsqu’elle ressemble trop à ce que les Européens ont longtemps représenté sous le nom de beauté. Durant deux décennies, la publicité s’est appliquée à rompre avec ses anciens canons. Elle a montré des corps gros, très maigres, âgés, cicatrisés, androgynes, tatoués, transgenres, volontairement éloignés de tout modèle classique. Le principe de départ pouvait se comprendre : le monde n’est évidemment pas composé de mannequins de vingt-deux ans et personne ne devrait avoir à présenter des excuses pour sa silhouette ou son visage.

    La bizarrerie commence lorsque l’inclusion se retourne contre ce qu’elle prétendait inclure. Après avoir expliqué qu’il fallait ménager une place à tous les corps, on finit par soupçonner celui qui correspond spontanément au vieux canon. La femme obèse devait être « célébrée » ; la jolie blonde doit être « problématisée ». La première pouvait demander que son apparence fût reçue sans jugement ; on cherche chez la seconde les arrière-pensées politiques de ses chromosomes. L’égalitarisme esthétique finit alors par ressembler à ces républiques anciennes qui, après avoir abattu les aristocrates, se méfiaient encore de quiconque avait trop belle allure.

    À ce point de la réflexion se présente une idée désobligeante, donc difficile à repousser. Les Américains en ont depuis longtemps tiré des memes : d’un côté, la jeune conservatrice aux cheveux longs, maquillée, vêtue d’une robe, d’un chemisier ou d’une jupe et assumant une féminité conventionnelle ; de l’autre, la militante progressiste caricaturale, cheveux bleus ou violets, septum au nez, piercings divers, tatouages, vêtements informes et surpoids parfois revendiqué comme une déclaration politique. La caricature est évidemment grossière. Toutes les femmes de droite ne sortent pas d’un concours de beauté et toutes les militantes féministes ne ressemblent pas à un manifeste ambulant contre le coiffeur. Une caricature durable n’en fonctionne pas moins parce que chacun reconnaît le code visuel auquel elle fait allusion.

    La chose devient plus piquante encore lorsqu’on observe que plusieurs travaux portant sur des candidats aux élections ont trouvé, dans certains échantillons, une attractivité moyenne légèrement supérieure chez les personnalités classées à droite, avec toutes les précautions statistiques qu’une telle observation commande. Rien ne permet d’en tirer une loi selon laquelle la gauche serait laide et la droite jolie ; cela fournirait tout au plus matière à une opérette. La permanence du thème dans l’imagerie populaire américaine révèle néanmoins quelque chose de plus intéressant : l’esthétique elle-même a fini par recevoir une coloration politique.

    D’où une hypothèse que les bonnes manières commanderaient sans doute de taire. Il se pourrait que certaines égéries du progressisme détestent d’autant plus volontiers le canon traditionnel de la beauté féminine qu’elles en sont personnellement assez éloignées. L’idée n’a rien de scientifique et ne saurait valoir pour des individus que l’on ne connaît pas ; elle appartient plutôt à cette vieille psychologie dont La Rochefoucauld aurait fait son miel. L’humanité possède une prodigieuse aptitude à transformer ce qu’elle ne peut obtenir en chose moralement méprisable.

    Celui qui échoue à s’enrichir découvre aisément que l’argent corrompt ; celui que la compétition sportive n’a jamais favorisé apprend à dénoncer le culte de la performance. Il serait miraculeux que la beauté échappât toujours à ce mécanisme. Notre époque a simplement perfectionné la consolation : on ne dit plus « je ne corresponds pas au canon », on proclame avoir « déconstruit le canon ». On ne dit plus « je séduis peu », on annonce refuser le regard de l’homme. Ce qui fut une déconvenue personnelle devient alors une position philosophique, et l’on sort vainqueur d’une compétition dont on vient avec beaucoup d’à-propos d’abolir le classement.

    Le malheur pour les théoriciens est que le désir ne vote pas et ne lit pas les motions de congrès. On peut transformer le vocabulaire administratif, refaire les programmes scolaires, modifier les campagnes institutionnelles et multiplier les représentations destinées à éduquer le regard. Il reste extrêmement difficile de persuader des millions d’hommes qu’ils devraient éprouver le même désir devant tous les corps au motif que l’égalité civique l’exigerait. L’érotisme est un très mauvais démocrate. Il choisit, hiérarchise, préfère et discrimine avec une souveraine insolence.

    La gauche culturelle rencontre ici une limite qu’elle supporte mal : tout ne se déconstruit pas. La société humaine n’est pas cette page blanche sur laquelle chaque génération pourrait rédiger son propre règlement intérieur. Elle repose aussi sur une matière biologique et anthropologique antérieure à nos doctrines. Le mâle et la femelle précèdent le militant et la militante ; le désir précède le droit positif ; l’enfant continue de provenir d’un homme et d’une femme, quand bien même les techniques médicales permettent aujourd’hui de déplacer les circonstances de leur rencontre.

    Voilà pourquoi la querelle autour de l’ouvrage de Clémence Guetté, Pour une politique de l’amitié, me paraît relever du même mouvement intellectuel. La députée insoumise propose d’étendre aux amis certains droits jusqu’ici attachés à la famille : logement, transmission, congés, mobilité, partenariat social. Son projet ne consiste certes pas à abolir les familles par décret. Il entend cependant revaloriser le lien choisi contre la prééminence accordée au couple et à la filiation, dans une critique explicite du modèle familial défendu par les droites. Chantal Delsol a justement aperçu dans cette entreprise un symptôme plus vaste : le désir de substituer progressivement l’affinité à la filiation, le lien révocable au lien reçu.

    L’amitié est pourtant l’un des biens les plus nobles de l’existence. Montaigne n’a pas attendu La France insoumise pour nous apprendre qu’elle peut atteindre des hauteurs auxquelles bien des amours ne parviennent jamais. Sa nature demeure toutefois différente. L’ami est choisi ; le fils ne l’est pas. L’ami peut s’éloigner et l’on peut, avec douleur, refaire sa vie sans lui. L’enfant introduit dans l’existence une obligation qui survit à l’humeur, à la fatigue, à l’évolution de nos goûts et souvent même à la séparation du couple.

    Cette irréversibilité est précisément ce que l’individualisme contemporain tolère le moins bien. Nous voulons des appartenances que l’on puisse quitter, des communautés dont on puisse se désabonner, des identités que l’on puisse recomposer et des liens que l’on renouvelle, comme un abonnement téléphonique, à la seule condition qu’ils continuent de nous convenir. La famille est importune parce qu’elle nous précède. L’enfant est plus importun encore : il est la personne que l’on a fait naître et dont l’existence constitue désormais, qu’on le veuille ou non, une objection permanente à notre souveraineté personnelle.

    L’amitié possède à cet égard, pour l’idéologie moderne, une vertu singulière : elle ne reproduit pas la société. Deux amis peuvent s’aimer admirablement, s’aider, vieillir ensemble et se sauver mutuellement du désespoir ; leur amitié ne fera pas naître, par elle-même, un troisième être qui demandera vingt ans d’attention et prolongera leur lignée. Une civilisation peut parfaitement honorer l’amitié. Elle ne peut pas se renouveler par elle.

    Nous arrivons ainsi à la question démographique, derrière laquelle toutes les élégantes théories finissent par rencontrer la pesanteur des nombres. Une société où l’idéal collectif devient celui de l’individu sans descendance, entouré d’un réseau d’affinités choisies, peut être extraordinairement agréable durant une génération. À la suivante, elle vieillit. À la troisième, elle doit soit retrouver le goût de l’enfant, soit accepter que d’autres populations occupent l’espace démographique qu’elle a abandonné.

    C’est là que le débat sur le désir, la famille, l’immigration et l’identité cesse d’être une juxtaposition de querelles. Une civilisation est-elle décidée à continuer ? La pensée identitaire pose cette question avec une brutalité qui choque précisément parce que le progressisme s’était accoutumé à ne plus la poser. Un peuple n’est pas seulement l’addition des individus vivants à un instant donné. Il est une chaîne, une continuité, une conversation entre des morts, des vivants et des enfants qui ne sont pas encore nés. Guillaume Faye revenait constamment à cette donnée élémentaire : une culture qui prétend rompre toutes les transmissions finit par découvrir qu’elle a également interrompu sa propre possibilité de durer.

    Le désir entre les sexes prend alors un aspect beaucoup moins frivole qu’une publicité de jeans. Un garçon regarde une fille, une fille éprouve le plaisir d’être regardée ; ils se rapprochent, se séduisent, se querellent, s’aiment, quelquefois se marient et quelquefois ont des enfants. La chose a fonctionné des milliers d’années sans commission parlementaire. Il fallait une civilisation extraordinairement savante pour découvrir dans cette banalité une conspiration culturelle.

    Une contradiction supplémentaire rend le spectacle délicieux. Certaines fractions de la gauche qui scrutent chez Sydney Sweeney les traces du patriarcat font preuve d’une remarquable prudence lorsqu’elles rencontrent, dans certains milieux musulmans conservateurs, des conceptions autrement plus rigoureuses de la pudeur féminine. Il serait absurde de réduire l’islam, immense ensemble religieux et civilisationnel, à une interprétation unique ; il reste tout de même piquant d’observer que la femme voilée puisse être célébrée comme maîtresse souveraine de son corps tandis que la femme dénudée est parfois présentée comme prisonnière du regard masculin.

    Le brouillage n’est pas uniquement doctrinal. Il est aussi politique. Une partie de la gauche européenne, après avoir perdu une fraction considérable des classes populaires autochtones, a construit dans les grandes métropoles des alliances électorales nouvelles avec des populations issues de l’immigration dont les mœurs sont parfois infiniment plus conservatrices que celles du bourgeois catholique qu’elle combattait naguère. Les contradictions qui en résultent sont recouvertes du vocabulaire savant de l’intersectionnalité. On pardonne ainsi au fidèle musulman ce qui provoquerait une tempête médiatique chez un curé vendéen.

    Sydney Sweeney, dans ce paysage, est une petite grenade culturelle. Elle est blanche sans demander pardon, blonde sans second degré, féminine sans guillemets, sexuelle sans théorie et désirable selon des critères que plusieurs décennies de rééducation esthétique ne sont manifestement pas parvenues à abolir. Elle ne réclame pas que le monde célèbre ses imperfections ; elle exploite, avec un sens fort américain du commerce, les avantages que la nature et sans doute beaucoup d’exercice physique lui ont accordés.

    Voilà peut-être ce que les marques commencent elles-mêmes à redécouvrir. Après des années durant lesquelles la publicité s’est voulue séminaire d’inclusion, confession morale et instrument de transformation sociale, certaines entreprises paraissent se souvenir de leur objet premier : vendre. Or la beauté vend, le désir vend, la jeunesse vend, un sourire vend, un beau corps vend. Ce constat n’est ni noble ni ignoble ; il appartient au commerce, qui n’a jamais reçu mission de préparer le salut de l’humanité.

    La roue culturelle a peut-être accompli son tour complet. Ce qui était transgressif en 1965 est devenu conventionnel ; ce qui était conventionnel devient désormais transgressif. Une blonde sexy peut choquer davantage qu’une installation subventionnée destinée à déconstruire la binarité sexuelle. Une mère de trois enfants passe parfois pour plus anticonformiste qu’une militante queer. L’homme qui dit simplement aimer les femmes paraît presque plus suspect qu’un colloque universitaire de trois jours consacré à l’abolition du genre.

    L’autobus a quitté Pont-l’Abbé et poursuit maintenant sa route vers la côte. Le ciel s’élargit, les maisons prennent cette allure basse que leur imposent les vents du large et je devine déjà, avant même de la voir, la proximité de la mer. Dans peu de temps, il y aura Léchiagat, le port, les Brisants et cette odeur d’iode et d’algues doucement en décomposition qui possède l’incomparable vertu de ne rien savoir des études de genre. Je referme ma tablette avec une certaine reconnaissance envers cette Sydney Sweeney dont je ne suis même pas certain d’avoir jamais vu une production.

    Il est d’ailleurs fort probable qu’elle ne pense rien de tout ce que je viens d’écrire, et c’est peut-être ce qui rend son cas si savoureux. Son corps suffit à rappeler ce que des sociétés saturées de discours réussissent parfois à oublier : les sexes existent, le désir choisit, la beauté n’est pas démocratique, la transmission suppose des enfants et la vie ne demande pas notre autorisation pour obéir à ses antiques lois. Guillaume Faye aurait sans doute reconnu dans cette petite bataille de réclame l’un de ces retours de l’archaïque qu’il aimait tant discerner sous la croûte brillante de la modernité.

    Aphrodite n’a jamais lu Judith Butler. Il suffit parfois d’une jolie fille en jean pour s’en apercevoir.

    Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées (Breizh-Info, 22 septembre 2026)

    Lien permanent Catégories : Points de vue 0 commentaire Pin it!
  • Géopolitique de l'empire romain...

    Les éditions Ellipses viennent de publier un essai de Yann Le Bohec intitulé Géopolitique de l'Empire romain.

    Professeur émérite à la Sorbonne, Yann Le Bohec est un des meilleurs spécialistes de l'histoire romaine. Il a déjà publié, notamment, César, chef de guerre (Rocher, 2001), une Histoire militaire des guerres puniques (Rocher, 2011), Alésia (Tallandier, 2012), Géopolitique de l'Empire romain (Ellipses, 2014), Histoire des guerres romaines - Milieu du VIIe siècle avant J.-C. - 410 après J.-C (Tallandier, 2017) et Vercingétorix - Stratège et tacticien (Tallandier, 2023).

    Le Bohec_Géopolitique de l'Empire romain.jpg

    " Comment s’est constitué et comment a pu s’installer, dans la longue durée, un empire rassemblant les peuples les plus divers, dont les frontières s’étendaient sur 17 000  kilomètres, et dont la sécurité n’était assurée, dans les conditions de l’époque, que par une trentaine de légions représentant, avec leurs auxiliaires, une force de 250  000 hommes ?
    Cet ouvrage analyse les conditions politiques, militaires, économiques et idéologiques qui ont permis à la petite cité du Latium de s’imposer à l’Italie puis à l’ensemble du bassin méditerranéen. Il permet de comprendre comment, au fil des siècles, le pragmatisme des généraux et des empereurs leur a permis d’exploiter au mieux les moyens dont ils disposaient et les conditions géographiques très diverses que présentait ce vaste ensemble territorial, pour en assurer l’expansion et la préservation. Des guerres puniques aux invasions barbares, en passant par les guerres contre les Germains et l’Iran, et par la défense du pseudo limes, cet ouvrage nous offre une passionnante découverte des ressorts de la puissance romaine."

    Lien permanent Catégories : Livres 0 commentaire Pin it!
  • La droite peut-elle être identitaire et libérale ?...

    Vous vous pouvez découvrir ci-dessous un débat organisé le lundi 28 septembre 2026 dernier par Romain Petitjean et Gabrielle Fourquet dans « Vive la civilisation européenne ! »,  leur Libre journal du lundi soir sur Radio Courtoisie, sur le thème :

    « Identitaire et social ? Le peuple et la terre face à l’anthropologie libérale ».

    Autour de la table pour en parler : Jean-Eudes Gannat, Raphaël Ayma, Xavier Eman et Loup Viallet.

     

                                               

    " Identitaire et social ? Le peuple et la terre face à l’anthropologie libérale
     
    Depuis vingt ans, le mouvement identitaire s’est construit sur des bases relativement claires : les peuples européens ne sont pas des abstractions interchangeables. Ils sont des communautés historiques, enracinées dans des terres, des langues, des paysages et des mémoires collectives qu’il s’agit de défendre face au rouleau compresseur marchand et à la menace de submersion migratoire.
    Sous la plume de nombreux auteurs ou sous l’impulsion d’activistes se sont imposés le concept d’identité bien sûr, mais aussi d’ethno-différentialisme, de patries charnelles ou d’un « nous » concret face au Grand Remplacement. En parallèle, la dimension sociale de ce combat est revendiquée et cultivée. La solidarité populaire, la capacité des autochtones à rester maîtres chez eux face à l’immigration et à la prédation capitaliste, la dignité des indigènes sont parties prenantes du combat identitaire.
    Or, une tension est apparue depuis quelques années au sein de cette mouvance. L’émergence d’une porosité à l’anthropologie libérale en son sein : l’individu comme unité première, l’identité comme choix ou style de vie, la terre comme décor plutôt que comme héritage contraignant, le peuple comme agrégat de consommateurs ou d’électeurs.
    La question est donc posée : comment défendre durablement une terre et un peuple si l’on accepte, même implicitement, que l’homme soit un atome sans racines, libre de se réinventer hors de tout cadre collectif ?
    C’est ce nœud que nous voulons démêler au cours de l’émission en mettant sur la table un certain nombre de questions qui prennent une tournure particulière dans le contexte actuel : déni démocratique et blocage politique, émergence de l’intelligence artificielle, dépossession économique, pression migratoire et crise démographique.
    L’identité est-elle encore un fait historique et charnel, ou n’est-elle qu’une préférence individuelle parmi d’autres ?
    La défense des classes populaires européennes, l’enracinement, ou le souci écologique propre aux identitaires peuvent-ils survivre à l’absorption de grilles libérales : individualisme, marché, droits abstraits ? Comment protéger le peuple concret face à l’immigration et à la mondialisation ?
    Et comment, après les nombreux coups pris par la mouvance identitaire, reconstruire un mouvement militant capable de porter cette articulation sociale et identitaire ?"
    Lien permanent Catégories : Débats, Multimédia 0 commentaire Pin it!
  • Dans la lumière d'Apollon...

    Les éditions Les Belles Lettres viennent de publier un nouvel essai de Michel De Jaeghere intitulé Dans la lumière d’Apollon - Aux origines du miracle grec.

    Journaliste, directeur du Figaro Histoire, Michel De Jaeghere a notamment publié Les derniers jours - La fin de l'empire romain d'Occident (Les Belles Lettres, 2014), Le Cabinet des antiques - Les origines de la démocratie contemporaine (Les Belles Lettres, 2021) et La mélancolie d'Athéna - L'invention du patriotisme (Les Belles lettres, 2022).

     

    De Jaeghere_Dans la lumière d'Apollon.jpg

    " Pourquoi la Grèce ?
    De Chateaubriand à Jacqueline de Romilly en passant par Renan ou Barrès, ils sont nombreux à s’être posé la question.
    Comment expliquer qu’un même peuple ait pu inaugurer en quelques siècles le règne de la raison, inventer ou réinventer les mathématiques et la philosophie, l’histoire et la science politique, le théâtre et l’urbanisme, la poésie lyrique, la rhétorique, la grammaire, tandis qu’étaient portées à un point indépassable de perfection l’architecture et la sculpture, définis les canons d’un classicisme destiné à traverser les siècles ?
    Associant journaux de voyage, essais, récits, dialogues, notes de lectures, reportages, Michel De Jaeghere fait revivre ici la Grèce dans son histoire, ses couleurs, ses parfums, ses paysages et le charme incomparable de sa population. Rendant un témoignage de gratitude à l’égard d’un pays à nul autre pareil, il prend appui sur cet exercice d’admiration pour mener, dans la variété des approches, une quête des origines de notre civilisation."

    Lien permanent Catégories : Livres 0 commentaire Pin it!
  • Michel Foucault, le soupçon au pouvoir...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Alain de Benoist cueilli sur le site de la revue Éléments et consacré à Michel Foucault...

    Philosophe et essayiste, Alain de Benoist a récemment publié Un autre Rousseau - Lumières et contre-Lumières ( Fayard, 2025), Souveraineté nationale et souveraineté populaire (Krisis, 2026) et Indo-Européens - A la recherche du foyer d'origine (La Nouvelle Librairie, 2026).

    foucault_soupçon.jpg

    Michel Foucault, le soupçon au pouvoir

    Le philosophe Paul Ricœur a popularisé l’expression de « philosophes du soupçon » pour désigner Karl Marx, Friedrich Nietzsche et Sigmund Freud. Leur point commun est d’avoir remis en cause l’idée que la conscience humaine est transparente, libre et maîtresse d’elle-même, alors que nos pensées et nos valeurs cachent des motivations inconscientes et sont l’objet de manipulations que nous ne voyons pas. Michel Foucault, dont on célèbre en ce moment le centenaire, est un héritier de la « philosophie du soupçon ». Et c’est à ce titre qu’il est encore aujourd’hui l’un des penseurs les plus cités dans le monde, alors même que son œuvre n’a peut-être pas l’importance qu’on a voulu lui attribuer.

    Né le 15 octobre 1926 à Poitiers, dans une famille très bourgeoise, Michel Foucault a commencé par s’associer à la mode du structuralisme dans les années 1960 et 1970, avant de devenir aux États-Unis l’une des figures phares de la « French Theory », avec Roland Barthes, Gilles Deleuze et Jacques Derrida. Dans le livre qui l’a rendu célèbre, Les mots et les choses (1966), il théorise la « mort de l’homme » comme Nietzsche avait théorisé la mort de Dieu. Le monde intellectuel applaudit, mais Jean-Paul Sartre, furieux que Foucault, en récusant l’histoire comme praxis, ait indirectement visé le marxisme, le traite de « réactionnaire » !

    À partir de cette date, Foucault va exercer une influence considérable qui tient moins à sa doctrine qu’à sa manière de poser des questions. Dès 1969, il est nommé professeur d’« histoire des systèmes de pensée » au Collège de France. Sa leçon inaugurale s’intitule L’ordre du discours.

    Derrière les normes, le pouvoir

    On a tort, dit Foucault, quand on parle de « folie », de « délinquance » ou de « sexualité », de croire qu’il s’agit là de réalités simples, alors que ce sont leurs savoirs, leurs institutions et leurs pratiques qui contribuent à donner de ces réalités la description la plus exacte. Dans son Histoire de la folie à l’âge classique (1961), comme dans Naissance de la clinique (1963) ou dans Archéologie du savoir (1969), Foucault ne prétend pas que la souffrance psychique, les actes de délinquance ou les désirs sont imaginaires, mais il se demande comment certaines façons de les nommer, de les examiner et de les gouverner, sont devenus possibles. C’est dans cet écart que se développe toute sa philosophie. Il s’intéresse à la formation du regard médical moderne, aux conditions historiques dans lesquelles a été pensée l’institution judiciaire, et nomme « archéologie » la recherche des règles, souvent tacites, qui rendent certains énoncés recevables dans une époque donnée.

    Foucault privilégie l’analyse des classifications, des procédures d’observation et des catégories savantes qui organisent ce qu’une époque peut dire et penser pour s’instituer elle-même. Son livre Surveiller et punir (1975) donne à cette démarche une illustration exemplaire. Foucault y conteste l’idée selon laquelle la prison aurait succédé à des formes de punition plus cruelles, l’enfermement s’accompagnant, selon lui, de nouvelles formes d’emprise sur les individus, formes « disciplinaires » de surveillance et de correction des conduites, dont le modèle est le célèbre Panoptique de Jeremy Bentham. D’où la thèse selon laquelle le pouvoir n’appartient pas à l’État, mais s’exerce avant tout par le moyen de savoirs, de normes et de pratiques quotidiennes.

    Fortement influencé par les événements de Mai 68, qu’il a suivis de loin (il se trouvait alors en Tunisie), il s’associe dès son retour à Paris à toutes sortes de mouvements politiques, notamment les luttes autour des prisons et l’antipsychiatrie.

    Ce faisant, Foucault apparaît comme l’un des premiers grands théoriciens d’une « déconstruction » de la normalité, qui le porte spontanément à se focaliser et à prendre parti pour les marginaux, les « anormaux », les exclus, les prisonniers, les fous, les sans-papiers, les néo-féministes, les minorités sexuelles et ethniques, les immigrés, les chômeurs, les « sinistrés du progrès » (Herbert Marcuse), le Lumpenproletariat (ou l’under class de Margaret Thatcher) – au détriment des travailleurs et de la classe ouvrière traditionnels jugés « trop conservateurs ». Le wokisme se situera dans la même perspective quand il abandonnera la défense des travailleurs pour mettre à l’honneur toutes les formes de déviances et de causes marginales. Foucault n’ayant jamais dissimulé son homosexualité, sa faveur pour les pratiques sadomasochistes, ses tentatives de suicide et son séjour de jeunesse en psychiatrie, on peut évidemment voir là une forme de plaidoyer pro domo.

    Dans cette phase militante, Foucault se donne pour objectif de critiquer les institutions « apparemment neutres et indépendantes » et de les attaquer « de telle manière que la violence politique qui s’exerçait obscurément en elles soit démasquée ».

    C’est à peine caricaturer sa pensée à cette époque que de dire qu’elle se résume à quelques idées simples : supprimons les asiles et il n’y aura plus de fous, supprimons les médecins et il n’y aura plus de malades, supprimons les prisons et il n’y aura plus de délinquants. Foucault dit tout cela dans une écriture assez bavarde, inutilement délayée, où l’on trouve à la fois des idées purement provocatrices et une réflexion de haute tenue sur les mécanismes du pouvoir.

    Des marges au marché

    La volonté de savoir (1976), premier volume d’une grande Histoire de la sexualité, applique le même raisonnement au domaine sexuel. Parler de simple « répression du sexe » est une erreur selon Foucault, qui montre que ce sont bien plutôt les discours médicaux, éducatifs et psychiatriques, qui ont progressivement normé et médicalisé la vie sexuelle. La sexualité est ainsi devenue un objet sur lequel la société a subtilement imposé aux individus de parler et de se confesser pour « avouer » leur vérité. Foucault appliquera ensuite sa méthode à la « gouvernabilité », c’est-à-dire aux façons d’influencer les conduites, et à la « biopolitique », qui prend pour objet la santé, la natalité ou d’autres caractéristiques des populations.

    Tout au long de sa carrière, Michel Foucault s’est finalement donné comme objectif d’étudier la manière dont les êtres humains sont progressivement devenus des sujets d’un savoir, des sujets soumis à des rapports de pouvoir, mais aussi des sujets capables d’agir sur eux-mêmes pour se transformer. L’idée qui l’obsède est celle du « gouvernement de soi ».

    À la fin de sa vie, Michel Foucault s’est de plus en plus ouvertement rallié au néolibéralisme, ce qui a choqué nombre de ses partisans. Cette évolution était pourtant parfaitement prévisible. Elle a d’ailleurs aussi été le fait de bien des anciens acteurs de Mai 68 qui, par leur mépris du peuple et leur haine de la gauche classique, étaient prédisposés à embrasser la doxa libérale. Profondément anti-étatiste, Foucault a tout simplement vu dans le néolibéralisme une alternative moins normative et autoritaire que la gauche socialiste et communiste classique, qu’il trouvait totalement dépassée. Dans cette perspective, le marché était perçu par lui comme espace de liberté face à la normalisation étatique. Il a d’autre part très bien perçu la parenté de sa conception du sujet avec l’idée libérale d’un sujet « entrepreneur de lui-même » (l’idéal du self-made man, qui se construit lui-même à partir de rien). En incitant chaque individu à devenir son propre capital, le libéralisme offrait à Foucault l’illusion d’un espace d’autonomie et d’« invention de soi » libéré des injonctions morales traditionnelles.

    Au début des années 1980, il ira jusqu’à se déclarer favorable à l’« impôt négatif » proposé par Milton Friedman pour remplacer la sécurité sociale. L’un de ses principaux traducteurs et commentateurs anglais, Colin Gordon, a même vu en lui un précurseur de la « troisième voie » de Tony Blair, tandis qu’en France Geoffroy de Lagasnerie, auteur de La dernière leçon de Michel Foucault, lui prêtait l’intention d’« utiliser le néolibéralisme pour réinventer la gauche » !

    Foucault à l’épreuve du soupçon

    L’œuvre de Michel Foucault a fait l’objet de multiples critiques. Les premières ont été le fait des historiens, qui ont contesté certaines de ses généralisations ou sa lecture de certains faits institutionnels. Une seconde objection touche au fondement de la critique : si le pouvoir est absolument partout, au nom de quoi condamner l’une de ses formes ? Cet argument a été avancé par la féministe socialiste américaine Nancy Fraser et en Allemagne par Jürgen Habermas, qui ont reproché à Foucault de mettre en lumière des « dominations » abstraites sans expliquer clairement les principes qui permettent de les juger. D’autres philosophes, comme Pascal Engel, lui ont également reproché de dissoudre la notion de vérité objective en réduisant la connaissance à de simples rapports de pouvoir.

    Le sociologue belge Daniel Zamora n’a pas eu tort de reprocher à Foucault d’avoir abandonné la critique des inégalités de classe et de la redistribution des richesses au profit d’une analyse centrée, non plus sur l’exploitation, mais sur la seule « domination » dont seraient victimes les minorités et les exclus. Ce glissement a dans une large mesure désarmé intellectuellement la gauche face au capitalisme financier – ce qui explique aussi que tant d’anciens électeurs communistes et socialistes aient aujourd’hui rejoint les partis populistes.

    Foucault est mort du sida le 25 juin 1984. En dépit d’un engagement passager dû à son amitié avec Louis Althusser, il n’a jamais été socialiste ni communiste, mais il a contribué à la formation du gauchisme postmoderne par son travail de « déconstruction » et sa façon de miser sur les minorités pour récuser la souveraineté du peuple. Ses analyses sont à la fois fines, séduisantes et contestables. On l’a comparé à cet égard à Jean-Paul Sartre – qui est aujourd’hui bien oublié.

    Alain de Benoist (Site de la revue Éléments, 2 octobre 2026)

    Lien permanent Catégories : Points de vue 0 commentaire Pin it!