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israël - Page 6

  • Un homme à abattre ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un article consacré à la crise syrienne, traduit par les soins du site Euro-synergies et publié à l'origine par la revue autrichienne de tendance nationale-libérale Zur Zeit.

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    Les Américains veulent absolument imposer un “changement de régime” en Syrie. Leurs principales motivations? Des intérêts économiques et un soutien à Israël!

    Le sol devient de plus en plus brûlant sous les pieds du leader syrien Bachar El-Assad. Fin mars, un sénateur américain très influent, John McCain, a demandé que les Etats-Unis et l’Europe soutiennent militairement les rebelles syriens: “Ils méritent notre soutien et le soutien de la communauté internationale pour pouvoir riposter aux attaques du régime”, a affirmé le candidat républicain à la présidence lors des élections de 2008.

    Le gouvernement d’Obama songe aussi à intervenir militairement. Jusqu’à présent, on mise encore et toujours sur la pression diplomatique et politique à exercer contre Damas. Mais, comme l’a laissé entendre le ministre américain de la défense, Leon Panetta, lors d’une audience au Sénat, “on songe à de possibles démarches complémentaires (...), y compris d’éventuelles interventions militaires, si nécessaire”. C’est clair: les Américains refusent, en ultime instance, de tenir compte de la déclaration du conseil de sécurité de l’ONU, appuyée par la Russie et par la Chine. Cette déclaration demande au gouvernement syrien et aux rebelles de réaliser sans délais le plan de paix de l’envoyé spécial Kofi Annan. Ce plan de paix prévoit un armistice, l’envoi d’aide humanitaire et l’ouverture d’un dialogue entre le gouvernement et les adversaires du régime.

    Washington, en revanche, ne veut pas abandonner l’objectif que les Etats-Unis se sont fixé une fois pour toutes; ils veulent tout bonnement un “changement de régime” à Damas, comme le confirme par ailleurs les nombreuses opérations spéciales que mènent depuis des mois les services spéciaux occidentaux. “Le MI6 et la CIA ont infiltré la Syrie pour connaître la vérité”, expliquait en date du 1 janvier le quotidien “Daily Star”, en  se référant à une source non citée mais considérée comme “bien informée”. Ensuite, les contacts sont étroits entre les rebelles libyens et l’”armée syrienne libre”, comme le signalait le 27 novembre 2011 le journal britannique “The Telegraph”. D’après cette information, Abdulhakim Belhadj, chef du conseil militaire de Tripoli et ancien commandant du “Groupe de Combat Libyen-Islamique”, aurait rencontré à Istanbul et le long de la frontière turco-syrienne des chefs de l’”armée syrienne libre”, pour que celle-ci soit entraînée par des “combattants libyens”. Toujours selon le “Telegraph”, Belhadj aurait été envoyé en Turquie par Moustafa Abdoul Djalil, qui n’est rien moins que le président de transition en Libye.

    Or il est tout de même peu vraisemblable que les Libyens aient agi de leur propre chef. Il est plus plausible de dire qu’ils ont reçu cette mission de Washington, pour camoufler l’immixtion américaine. On peut clairement émettre cette hypothèse si on analyse les déclarations du ministre américain de la défense, Panetta: “le soutien aux réformes politiques et économiques, lesquelles correspondent aux aspirations légitimes des citoyens de la région”, relève des mêmes principes fondamentaux qui ont défini les réponses que nous avons apportées aux événements de Tunisie, d’Egypte, de Libye et, dorénavant, de la Syrie”.

    En déclarant cela, Panetta nous révèle clairement que les Etats-Unis n’entendent pas seulement apporter à la Syrie les bienfaits de la démocratie de facture occidentale mais veulent également imposer à ce pays du Levant le système économique esquissé à Wall Street et qui doit s’étendre à la planète entière par l’effet de la globalisation. Ensuite, d’après un livre récemment publié par la CIA, avant que n’éclatent les troubles en Syrie, il y a environ un an, il n’y aurait eu que de “timides réformes”, tant et si bien que l’économie, y “est encore largement régulée par les milieux gouvernementaux”. Dans l’Egypte de Moubarak et dans la Libye de Kadhafi aussi l’économie, surtout les secteurs clés, était sous le contrôle des gouvernements, ce qui rendait l’accès aux marchés locaux difficile pour les entreprises occidentales.

    Quant à l’imposition, partout dans le monde, de réformes libérales, visant à instaurer en tous points du globe l’économie de marché, Michel Chossudovsky, critique canadien du processus de globalisation, pointe du doigt un aspect important, tu en Occident. On dit et on écrit généralement que les causes premières de ces protestations de masse en Syrie sont l’augmentation du chômage et la détérioration du niveau de vie; or ceux-ci découlent tout bonnement de l’adoption d’un programme de réformes exigé par le FMI et que les autorités syriennes ont tenté d’appliquer à partir de 2006. Les mesures réclamées par le FMI comprenaient des privatisations, des dérégulations dans le système financier et un gel des salaires.

    Au-delà de ces réformes exigées par le FMI, la “libération” de la Syrie, assortie de la disparition du régime d’El-Assad, va bien entendu dans le sens des intérêts stratégiques des Etats-Unis en tant que puissance hégémonique globale, comme s’est plu à le souligner Panetta lors d’une audience au Sénat: “La Syrie constitue un pays-clef pour l’Iran. La Syrie est le seul pays allié à l’Iran dans la région et elle représente un facteur décisif dans tous les efforts qu’entreprend l’Iran pour soutenir les militants de la région qui mettent en danger Israël et la stabilité régionale. Les désordres en Syrie ont donc contribué à affaiblir considérablement l’Iran et il est clair que, plus El-Assad est affaibli, plus l’Iran sera perdant”.

    Israël espère ardemment que se construira bientôt une Syrie post-Assad. Car, alors, d’une part, la milice libanaise du Hizbollah, soutenue par Damas et par Teheran, sera affaiblie; d’autre part, l’Etat sioniste espère aussi que se constituera, sur son flanc nord-est, un Etat-tampon, qui servira pour toutes éventuelles opérations contre l’Iran. Un tel Etat-tampon pourrait s’avérer fort utile en cas d’attaque israélienne contre l’Iran car il y a peu de chances que des pays comme la Jordanie ou l’Arabie Saoudite ouvrent leurs espaces aériens aux appareils de Tsahal. Avec une Syrie neutralisée, l’aviation israélienne pourrait se servir du territoire syrien et de l’Irak, dépendant des Etats-Unis, pour aller frapper des cibles en Iran. Il faut voir, toutefois, si ce calcul et ces espérances se concrétiseront vraiment. L’expérience libyenne récente, où une nouvelle guerre civile menace après la fin de l’union sacrée des contestataires contre Kadhafi, et les événements d’Egypte, où les islamistes sont désormais la principale force politique du pays, semblent indiquer que le pari sur les “révolutions arabes” n’a pas été le bon. En plus, il faut savoir que l’armée syrienne libre, qui lutte contre Bachar El-Assad, parce qu’il est alaouite, est soutenue par l’Arabie Saoudite, finalement plus anti-chiite ou anti-alaouite qu’anti-sioniste. L’Arabie Saoudite, d’inspiration wahhabite, vise à diffuser un islam particulièrement rétrograde dans le monde arabe. Un islam rétrograde, wahhabite ou salafiste, qui reçoit de grosses quantités d’armes, souvent achetées en Occident, de la pétro-monarchie saoudienne.

    Bernhard TOMASCHITZ (Zur Zeit, n°13/2012)

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  • Quand Günter Grass dit ce qui doit être dit...

    Günter Grass fait à nouveau scandale en Allemagne ! Après le débat sucité par son roman publié en 2002 et intitulé Im Krebsgang - en français En crabe (Seuil, 2002) - qui évoquait la tragédie du Wilhelm Gustlolff, paquebot allemand coulé par un sous-marin russe en 1945 dans la mer Baltique alors qu'il était chargé de plusieurs milliers de réfugiés de Prusse orientale, après la violente polémique provoquée par ses révélations sur son passé de jeune engagé de la Waffen SS, Günter Grass fait à nouveau la une de l'actualité à cause d'un poème publié dans le Süddeutsche Zeitung et dans lequel il prend à parti la politique belligène d'Israël...

    Nous reproduisons ci-dessous la traduction française du poème, cueillie sur le site du quotidien Le Monde, ainsi que la version originale allemande.

    Günter Grass.jpg

    "Ce qui doit être dit"

    Pourquoi me
    taire, pourquoi taire trop longtemps
    Ce qui est manifeste, ce à quoi l'on s'est exercé
    dans des jeux de stratégie au terme desquels
    nous autres survivants sommes tout au plus
    des notes de pas de pages

    C'est le droit affirmé à la première frappe
    susceptible d'effacer un peuple iranien
    soumis au joug d'une grande gueule
    qui le guide vers la liesse organisée,
    sous prétexte qu'on le soupçonne, dans sa zone de pouvoir,
    de construire une bombe atomique.

    Mais pourquoi est-ce que je m'interdis
    De désigner par son nom cet autre pays
    Dans lequel depuis des années, même si c'est en secret,
    On dispose d'un potentiel nucléaire en expansion
    Mais sans contrôle, parce qu'inaccessible
    À toute vérification?

    Le silence général sur cet état de fait
    silence auquel s'est soumis mon propre silence,
    pèse sur moi comme un mensonge
    une contrainte qui s'exerce sous peine de sanction
    en cas de transgression ;
    le verdict d'"antisémitisme" est courant.

    Mais à présent, parce que de mon pays,
    régulièrement rattrapé par des crimes
    qui lui sont propres, sans pareils,
    et pour lesquels on lui demande des comptes,
    de ce pays-là, une fois de plus, selon la pure règle des affaires,
    quoiqu'en le présentant habilement comme une réparation,
    de ce pays, disais-je, Israël

    attend la livraison d'un autre sous-marin
    dont la spécialité est de pouvoir orienter des têtes explosives
    capables de tout réduire à néant
    en direction d'un lieu où l'on n'a pu prouver l'existence
    ne fût-ce que d'une seule bombe atomique,
    mais où la seule crainte veut avoir force de preuve,
    je dis ce qui doit être dit.

    Mais pourquoi me suis-je tu jusqu'ici ?
    parce que je pensais que mon origine,
    entachée d'une tare à tout jamais ineffaçable,
    m'interdit de suspecter de ce fait, comme d'une vérité avérée,
    le pays d'Israël, auquel je suis lié
    et veux rester lié.

    Pourquoi ai-je attendu ce jour pour le dire,
    vieilli, et de ma dernière encre :
    La puissance atomique d'Israël menace
    une paix du monde déjà fragile ?
    parce qu'il faut dire,
    ce qui, dit demain, pourrait déjà l'être trop tard :
    et aussi parce que nous - Allemands,
    qui en avons bien assez comme cela sur la conscience -
    pourrions fournir l'arme d'un crime prévisible,
    raison pour laquelle aucun
    des subterfuges habituels
    n'effacerait notre complicité.

    Et admettons-le : je ne me tais plus,
    parce que je suis las
    de l'hypocrisie de l'Occident ; il faut en outre espérer
    que beaucoup puissent se libérer du silence,
    et inviter aussi celui qui fait peser cette menace flagrante
    à renoncer à la violence
    qu'ils réclament pareillement
    un contrôle
    permanent et sans entraves
    du potentiel nucléaire israélien
    et des installations nucléaires iraniennes
    exercé par une instance internationale
    et accepté par les gouvernements des deux pays.

    C'est la seule manière dont nous puissions les aider
    tous, Israéliens, Palestiniens
    plus encore, tous ceux qui, dans cette
    région occupée par le délire
    vivent côte à côte en ennemis
    Et puis aussi, au bout du compte, nous aider nous-mêmes.

    Traduit de l'allemand par Olivier Mannoni

    Günter Grass, Prix Nobel de littérature allemand

     

    Et pour les germanistes :

     

    Was gesagt werden muss

    Warum schweige ich, verschweige zu lange,
    was offensichtlich ist und in Planspielen
    geübt wurde, an deren Ende als Überlebende
    wir allenfalls Fußnoten sind.

    Es ist das behauptete Recht auf den Erstschlag,
    der das von einem Maulhelden unterjochte
    und zum organisierten Jubel gelenkte
    iranische Volk auslöschen könnte,
    weil in dessen Machtbereich der Bau
    einer Atombombe vermutet wird.

    Doch warum untersage ich mir,
    jenes andere Land beim Namen zu nennen,
    in dem seit Jahren - wenn auch geheimgehalten -
    ein wachsend nukleares Potential verfügbar
    aber außer Kontrolle, weil keiner Prüfung
    zugänglich ist?

    Das allgemeine Verschweigen dieses Tatbestandes,
    dem sich mein Schweigen untergeordnet hat,
    empfinde ich als belastende Lüge
    und Zwang, der Strafe in Aussicht stellt,
    sobald er mißachtet wird;
    das Verdikt "Antisemitismus" ist geläufig.

    Jetzt aber, weil aus meinem Land,
    das von ureigenen Verbrechen,
    die ohne Vergleich sind,
    Mal um Mal eingeholt und zur Rede gestellt wird,
    wiederum und rein geschäftsmäßig, wenn auch
    mit flinker Lippe als Wiedergutmachung deklariert,
    ein weiteres U-Boot nach Israel
    geliefert werden soll, dessen Spezialität
    darin besteht, allesvernichtende Sprengköpfe
    dorthin lenken zu können, wo die Existenz
    einer einzigen Atombombe unbewiesen ist,
    doch als Befürchtung von Beweiskraft sein will,
    sage ich, was gesagt werden muß.

    Warum aber schwieg ich bislang?
    Weil ich meinte, meine Herkunft,
    die von nie zu tilgendem Makel behaftet ist,
    verbiete, diese Tatsache als ausgesprochene Wahrheit
    dem Land Israel, dem ich verbunden bin
    und bleiben will, zuzumuten.

    Warum sage ich jetzt erst,
    gealtert und mit letzter Tinte:
    Die Atommacht Israel gefährdet
    den ohnehin brüchigen Weltfrieden?
    Weil gesagt werden muß,
    was schon morgen zu spät sein könnte;
    auch weil wir - als Deutsche belastet genug -
    Zulieferer eines Verbrechens werden könnten,
    das voraussehbar ist, weshalb unsere Mitschuld
    durch keine der üblichen Ausreden
    zu tilgen wäre.

    Und zugegeben: ich schweige nicht mehr,
    weil ich der Heuchelei des Westens
    überdrüssig bin; zudem ist zu hoffen,
    es mögen sich viele vom Schweigen befreien,
    den Verursacher der erkennbaren Gefahr
    zum Verzicht auf Gewalt auffordern und
    gleichfalls darauf bestehen,
    daß eine unbehinderte und permanente Kontrolle
    des israelischen atomaren Potentials
    und der iranischen Atomanlagen
    durch eine internationale Instanz
    von den Regierungen beider Länder zugelassen wird.

    Nur so ist allen, den Israelis und Palästinensern,
    mehr noch, allen Menschen, die in dieser
    vom Wahn okkupierten Region
    dicht bei dicht verfeindet leben
    und letztlich auch uns zu helfen.

    Günter Grass (Süddeutsche Zeitung, 04. April 2012)

     

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  • La parabole d'Esther...

    Les éditions de la Demi Lune viennent de publier un essai du musicien et romancier Gilad Atzmon, intitulé La parabole d'Esther - Anatomie du Peuple Élu. Cet ouvrage, qui, comme ceux de Norman Finkelstein et Rony Brauman ("L'industrie de l'Holocauste"), de Mearsheimer et Walt ("Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine") ou de Shlomo Sand ("Comment le peuple juif fut inventé"), devrait ouvrir quelques brèches dans le discours politiquement sur Israël, est préfacé par le scientifique et intellectuel belge, Jean Bricmont.

    Parabole d'Esther.jpg

    "Qu’est-ce que l’identité juive, et quels en sont les fondements ? À travers cette question, dérangeante, ATZMON nous entraîne dans une réflexion sur les concepts légitimes de judaïsme et de judéité, mais également sur les déviances qui leur sont aujourd’hui associées.

    Dans la lignée des études menées par Shlomo SAND et les nouveaux historiens, cet ouvrage apporte une analyse critique et rigoureuse de la radicalisation de l’identité juive, amorcée au début du XIXe siècle et ayant pour seul fondement l’idéologie anti-goyim.

    Ce livre n’est pas une simple critique acérée du sionisme de plus : l’auteur y dénonce le discours martelé par les politiques israéliennes face à l’Histoire et à ses « vérités », ainsi que l’utilisation du drame de l’Holocauste, relayé par des groupes de pression et un lobbying puissants, dans un but unique : légitimer l’existence d’un État et son héritage tribal.

    Ayant grandi en Israël dans un milieu ultra-sioniste, Gilad ATZMON dénonce aujourd’hui la négation, par la société dont il est issu, de l’existence de ce pays où il est né : la Palestine."


     

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  • Aux défenseurs du Grand Israël !...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue corrosif et grinçant de Rudi Barnet, cueilli sur Investig'Action, le site de Michel Collon, et consacré à la politique sioniste d'Israël...

     

    Jérusalem.jpg

     

    Tout va bien ! Aux défenseurs du Grand Israël

    Cher militant de notre grand projet, tout va bien, l'avenir s'annonce radieux ! Après plus de 60 ans d'efforts, notre conquête du territoire palestinien sera bientôt complète. Le plan de nettoyage ethnique que nous avions élaboré et lancé en 1948 est en bonne voie de finition.

    Avec le soutien actif des USA, notre indéfectible allié, et la collaboration silencieuse des pays européens, nous sommes devenus – et de loin – la plus grande puissance militaire du Moyen-Orient et la 6ème puissance nucléaire du monde !
    Ces soutiens des Occidentaux sont parfois décriés alors qu'ils sont totalement légitimes et justifiés... Il aurait en effet été scandaleux de ne pas les voir soutenir l'œuvre civilisatrice d'autres Occidentaux !
    Dernière bonne nouvelle : la préparation de l'attaque contre les mécréants iraniens, s'accélère... Pas question qu'un autre Etat que nous développe le nucléaire, même civil, au Moyen-Orient !
    Tout va bien, donc !

    Cependant, la perfection n'étant pas de ce monde, il faut bien constater une certaine réticence de l'opinion publique internationale à approuver le développement de notre œuvre colonisatrice et reconnaître notre rôle moteur dans la défense de l'Occident.
    Devant ces critiques absurdes et hostiles, il est primordial que chaque sioniste se mobilise pour modifier la vision négative d'Israël qui se répand actuellement et fasse taire ceux qui osent nous blâmer !
    Comme vous le savez, de nouveaux moyens financiers ont été dégagés par notre gouvernement pour soutenir cette campagne de réhabilitation et donner à nos antennes de propagande les armes pour écraser toute velléité de s'opposer à notre suprématie. 
    Comme sioniste, n'oublions jamais que notre seule véritable patrie est Israël... et que tout sioniste doit remplir son rôle de lobbyiste dans le pays où il réside !
    Tout va bien !

    Afin de mieux épauler nos militants dans cette croisade, il est nécessaire de leur donner quelques outils pour museler les critiques et étouffer les révélations nuisibles au sionisme : les informations qui suivent doivent vous permettre de clouer le bec à ceux qui ont l'arrogance de contester.
    Mais les mensonges et calomnies utilisés par nos ennemis antisémites pour délégitimer notre mouvement étant très nombreux, nous n'aborderons ici que quelques thèmes... pour cette fois !

    Mais avant tout, n'oubliez pas que tout antisioniste est un antisémite !
    Martelez ce slogan à toute occasion, qu'il devienne une évidence pour le citoyen lambda... Ainsi il ne verra pas l'absurdité et le ridicule de l'expression (suivant cette logique... antinazi = anti Allemand, anticommuniste = anti Russe, antifranquiste = anti Espagnol, etc).

     A propos du sionisme

    Depuis la fondation de notre mouvement à la fin du XXème siècle, les critiques n'ont pas manqué et des traîtres comme Albert Einstein et Hanna Arendt ont même osé, en compagnie d'une bonne vingtaine d'intellectuels juifs renégats, affirmer que notre idéologie était fasciste. 
    Heureusement, personne ne les a écoutés. Ainsi nous avons pu occulter l'image de conquérants et continuer à nous poser en victimes.
    Là, Ben Gourion a été génial !
    Lui qui, en 1942 (!), disait que "le désastre qu'affronte le Judaïsme européen n'est pas mon affaire !" a su merveilleusement utiliser le sentiment de culpabilité provoqué par le génocide hitlérien pour emporter le morceau à l'ONU.
    Certains, tel Norman Finkelstein (encore un traître) , ont dénoncé cette utilisation du massacre à des fins politiques... Méprisez-les ! 
    Et si on vous casse les pieds avec le soi-disant problème des survivants de l'Holocauste qui vivent en Israël sous le seuil de pauvreté (± 200.000), rappelez les paroles du rabbin Yosef Ovadia : C'est la punition de Dieu pour leurs péchés !
    Si notre grand rabbin le dit, c'est que c'est ainsi !
    Tout va bien !

    Vive Ben Gourion !
    Grâce à lui et à ses compagnons, le mythe de la petite nation pacifique obligée de se défendre contre des Arabes sanguinaires a pu se propager !
    Ce statut nous a permis de dédaigner les lois internationales, de snober les résolutions de l'ONU et les condamnations du tribunal de La Haye sans entraîner la moindre sanction contre nous.
    Comme disait notre grand Ariel Sharon : Israël peut avoir le droit de juger les autres, mais certainement personne n’a le droit de juger le peuple juif ou l’État d’Israël !
    Faut dire que Ben Gourion avait déjà évité pas mal d'écueils depuis les années 30 et nos premiers attentats à la bombe contre les civils arabes à Jérusalem et à Jaffa.
    Il avait, entre autres, fait taire Simon Wisenthal, le chasseur de nazis, qui l'apostropha au congrès sioniste de 1946 : Cela ne nous aurait pas fait de mal d’organiser notre propre procès de Nuremberg contre tous ceux (les dirigeants sionistes) qui n’avaient pas accompli leur devoir envers nous, nos familles et le peuple juif 

    D'autres juifs renégats, tel Marek Edelman, le soi-disant héros du ghetto de Varsovie, ont rejoint les opposants à notre glorieuse colonisation, mais l'efficacité de notre service de propagande est bien connue... Et cela n'a pas fait trop de vagues.
    Nous sommes aussi parvenus à masquer pas mal de faits gênants pour notre image... même à faire oublier que nos dirigeants avaient collaboré avec le régime nazi – Itzak Shamir, futur premier ministre, fit même de la prison pour ça.
    Mais tout va bien : sionisme n'est toujours pas assimilé à fascisme !
    C'est fort, non ?
    Aujourd'hui encore les traîtres pullulent (Daniel Barenboim, Amos Oz, Noam Chomsky, Richard Gere, Naomi Klein...). Ne laissez pas ces juifs honteux injurier notre noble cause et fermez le caquet à tous ceux qui, juifs ou non, nous critiquent et nous traitent de fascistes !
    Il n'y a qu'une seul vérité : la nôtre !
    ... Et comme le disait un de nos éminents représentants en Europe : Ceux qui sont contre Israël sont des animaux, des chiens enragés, des hyènes !
    Pas de pitié pour tous ceux qui osent dire que le Grand Israël est une utopie criminelle !


    A propos de l'apartheid

    On nous accuse en plus d'avoir une politique d'apartheid.
    Honteux !
    Tout ça parce que, pour optimiser la vie en commun avec les 20% d'Arabes vivant dans l'Etat des juifs, nous avons été amenés à instaurer des tribunaux particuliers, une carte d'identité spécifique, restreindre l'utilisation des transports publics, limiter l'accès au travail et aux études universitaires, interdire les mariages mixtes (... manquerait plus qu'on se mélange !)... Etc, Etc.
    Il faut bien contrôler ces indigènes, non ?
    On nous reproche aussi les quelques centaines de kilomètres de mur découpant la Judée-Samarie (la "Cisjordanie" pour nos ennemis), le rationnement de l'eau... et même les 800 check-points qui empêchent la libre circulation des autochtones.
    Faut bien nous défendre contre les terroristes, non ?
    C'est vrai qu'il y a parfois des dommages collatéraux inévitables, comme la mort de ces 35 bébés et de ces 5 mères décédées pendant leur accouchement sur la route. 
    N'ont qu'à pas faire autant d'enfants ces... crocodiles, comme les qualifiait Ehud Barak, notre glorieux ministre. 

    Il est aussi scandaleux qu'un Nelson Mandela ose nous accuser de racisme... Encore un antisémite que nous aurions mieux fait d'éliminer du temps de notre collaboration suivie avec Willem Botha !
    Savez-vous qu'il n'a pas hésité à comparer notre œuvre civilisatrice au régime d'apartheid de l'Afrique du Sud et a osé écrire : Les Palestiniens ne luttent pas pour un "Etat" mais pour la liberté, la libération et l’égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud (...)
    Si vous suivez également le système judiciaire en Israël, vous verrez qu’il y a discrimination contre les Palestiniens, et si vous considérez plus particulièrement les territoires occupés en 1967, vous verrez qu’il y a déjà deux systèmes judiciaires à l’œuvre, qui représentent deux approches différentes de la vie humaine : une pour la vie palestinienne et l’autre pour la vie juive (...)
    Les soi-disant "Zones autonomes palestiniennes" sont des Bantoustans. Ce sont des entités restreintes au sein de la structure de pouvoir du système israélien d’Apartheid (...) La discrimination raciale d’Israël est la vie quotidienne de la plupart des Palestiniens (...)
    L’Apartheid est un crime contre l’humanité. Israël a privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de leur propriété. Il perpétue un système de discrimination raciale et d’inégalité.
    Il a systématiquement incarcéré et torturé des milliers de Palestiniens, en violation du droit international. Il a déclenché une guerre contre une population civile et en particulier contre des enfants. 

    Heureusement ce propos abject est contredit par nos amis politiques d'Europe et par la plupart des journalistes occidentaux qui, eux, considèrent que c'est une calomnie de nous accuser de pratiquer l'apartheid. 
    Merci à tous ces parlementaires et à la presse pour leur bonne collaboration.

     

    A propos du nettoyage ethnique

    Quelques historiens félons sont allés farfouiller dans nos archives militaires et ont découvert que, deux mois avant le vote de l'ONU nous accordant un territoire, nos dirigeants avaient élaboré un "Plan D" (Daleth en hébreu) de nettoyage et l'avaient lancé dès l'annonce de la création de notre Etat. 
    Cette révélation est inacceptable !
    Elle ne peut être le fait que d'antisémites juifs qui veulent salir notre image.
    C'est vrai que 800.000 indigènes prirent la fuite à cette époque... Mais c'était leur choix !
    C'est vrai que quelques 500 villages furent détruits... IIs gênaient notre avancée !
    C'est vrai qu'il y eut quelques bavures (appelées indûment "massacres")... Ils n'avaient qu'à ne pas protester !
    Nous étions parvenus à cacher l'existence de ce plan de nettoyage ethnique (idem pour la bombe atomique !) que nous avons poursuivi sans anicroches jusque ces dernières années... Et il a fallu qu'un Ilan Pappé, et d'autres traîtres à notre cause, vendent la mèche !
    Que faire ?
    Niez ! Dites que tout ça est inventé, que ces révélations sont fabriquées par un esprit malade !
    Ne négligez aucun moyen ou argument !
    La vérité est secondaire, seul notre projet est important !
    Tout va bien !

    A propos des origines

    Nous pouvons être fiers de nos services de propagande. Ils sont d'une redoutable efficacité !
    Je n'en veux pour preuve que les nombreuses fariboles que nous avons fait gober aux naïfs.
    Par exemple, ils croient toujours que les Romains ont chassé les juifs de Palestine... Alors que nos propres historiens reconnaissent que c'est pure invention et qu'il n'y a quasi aucun citoyen de notre Etat qui peut revendiquer un quelconque ancêtre issu de la terre que nous avons maintenant conquise.
    Il faut absolument clouer le bec à ces Shlomo Sand ou Israël Bartal, ces professeurs d'universités israéliennes qui ont admis que nous sommes tous essentiellement les enfants d'Européens, d'Orientaux et de Nord-africains convertis à la religion juive. 
    Heureusement, ces révélations ont pu, jusqu'à présent, être plus ou moins étouffées et nous arrivons encore à maintenir la fiction du peuple retournant dans la terre de ses ancêtres... Mais il est fondamental de contredire violemment les découvertes de ces soi-disant historiens, de les réduire au silence ! Menteurs ! Faussaires ! Affabulateurs ! Paranoïaques ! Négationnistes !... Ne négligez aucune injure contre ces chiens !
    La vérité historique ne compte pas ! Seule compte la Torah qui dit que c'est Dieu qui nous a donné cette terre ! Nous sommes son peuple élu, non ?
    Tout va bien !

    A propos des idiots utiles

    Une de nos grandes forces a été de parler de paix depuis 60 ans, de proposer des négociations, d'afficher une volonté de solution pacifique... tout en continuant notre expansion territoriale.
    Nous sommes les rois du "faire traîner", les experts du piétinement !
    Et ça marche toujours !
    De nombreux idiots utiles nous ont été, et nous sont toujours, d'un grand secours pour propager ce discours lénifiant "Ils ne demandent qu'à négocier" nous évitant ainsi de devoir parler de justice et de droit... de répondre de nos actes !
    La plupart des politiciens européens de la gauche "bon chic, bon genre" soutient, par exemple, le projet de deux Etats... alors qu'un simple coup d'œil sur la carte montre que c'est devenu impossible.
    Merci à eux ! Pendant qu'ils discutaillent, nous on agit et on donne un coup de fouet à l'extension de nos colonies et au nettoyage ethnique.
    De nouveaux alliés nous sont aussi arrivés : les groupuscules d'extrême-droite européens et les évangélistes créationnistes américains !
    Eux, ils ont compris que nous étions la citadelle du monde occidental face aux barbares !
    Ils pensent comme nous et sont nos frères dans la lutte contre nos détracteurs.
    C'est à bras ouverts que nous les avons accueillis !
    Collaborez avec eux dans votre pays ! Ils nous soutiennent pour ameuter la presse et l'opinion publique dès qu'un événement quelconque, même mineur, se révèle utile à notre cause (injure raciste dans une école, jet de roquette près d'une colonie...etc), pour pousser les hauts cris à chaque information négative (rapports de l'ONU, émissions télévisées...) et récuser avec force la réalité de tous les faits, présents ou passés, nuisibles à Israël.
    Ce sont des potes !

     

    A propos des perspectives

    Elles sont ensoleillées !
    Des colonies (pardon, des "implantations dans les territoires contestés") se construisent chaque jour avec la bénédiction de nos rabbins pendant que nos braves colons détruisent les oliveraies palestiniennes sous la protection de notre glorieuse armée.
    Nous occupons de plus en plus le terrain, au point qu'on ne voit plus très bien ce qu'il y a à négocier avec ces Arabes qui prétendaient vouloir un pays. Quand nous aurons tout nettoyé, il ne leur restera plus qu'à se soumettre ou partir.
    On leur laissera la bande de Gaza (toujours "contrôlée", bien entendu). Promotionnée comme les réserves apaches, ça peut être intéressant pour le tourisme.
    Tout va bien !
    Chaque jour, on tue quelques Palestiniens sans le moindre écho dans les medias occidentaux, on lance quelques bombes sur Gaza, on assassine quelques opposants ou gêneurs à l'étranger (très bonne collaboration Mossad/CIA !), on arrête quelques indigènes (faut bien refaire le stock après la libération du millier de Palestiniens de fin 2011), on édifie un nouveau check point, on coupe l'eau à quelques villages, on détruit quelques maisons, on construit un grand camp de concentration pour les immigrés clandestins...
    Tout va bien !
    La population israélienne n'est pas au courant ou préfère ne pas le savoir.
    A part quelques rares journalistes, la presse occidentale a adopté la politique des trois singes (mains sur les yeux, les oreilles et la bouche) et informe le moins possible.
    La plupart des politiques européens n'en ont rien à foutre ou se manifestent mollement.
    Seuls les Droitsdel'Hommistes invétérés (antisémites, évidemment !) s'informent et protestent.
    Les USA viennent de renforcer notre armement... Ça ne peut pas aller mieux !
    Nous n'attendons plus que le Docteur Folamour pour lancer la grande offensive !


    Rudi Barnet (Investig'Action, 2 février 2012)

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  • A propos du conflit israélo-palestinien...

    Les éditions Le Retour aux Sources viennent de publier un essai de Jean-François Goulon, intitulé Le conflit israélo-palestinien - Des origines cananéennes de la Palestine à sa demande d'adhésion à l'O.N.U. Jean-François Goulon est l'animateur du site Questions critiques, consacré à la géopolitique.

     

    Conflit israelo-palestinien.jpg

    "Alors que les officines de propagande israéliennes ont bien failli faire supprimer toute référence à la « Nakba » des manuels scolaires français (c’est déjà fait aux Etats-Unis ou en Israël…), que le président de la République française, s’entretenant en privé avec Barack Obama laisse échapper : « Je ne supporte plus Netanyahou, c’est un menteur ! », que la France a voté « OUI » à l’adhésion à part entière de la Palestine à l’UNESCO, il était temps de rétablir certaines vérités qui auraient pu tomber dans les oubliettes de l’histoire.

    Pour rappel, la Nakba est « la catastrophe » pour les Palestiniens qui furent chassés de chez eux en 1948, parfois dans d’horribles massacres, lors de la guerre d’Indépendance d’Israël. Le 15 mai 1948 est, pour les Israéliens, jour de fête nationale et, pour les Palestiniens, jour de deuil.

    Cet ouvrage, « Le Conflit Israélo-Palestinien, des origines cananéennes de la Palestine à sa demande d’adhésion à l’ONU », démonte pas à pas la thèse « officielle » d’Israël en apportant des preuves écrites noir sur blanc et en faisant voyager le lecteur à travers près de quatre millénaires d’histoire."

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  • Où mène la logique guerrière contre l'Iran ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un excellent point de vue de Pierre Conesa et Thierry Coville, cueilli sur le site du quotidien Le Monde et consacré aux menaces de l'Occident contre l'Iran. Chercheur associé à l'IRIS, Pierre Conesa a récemment publié un essai intitulé La Fabrique de l'ennemi (La Découverte, 2011).

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    Où mène la logique guerrière contre l'Iran ?

    L'Iran est seul pays du monde contre lequel 5 livres en vente en librairie appelle à faire la guerre rapidement, certains d'ailleurs écrits par ceux là même qui avaient justifié l'attaque américaine en Irak pour y trouver les armes de destruction massives.

    L'embargo sur le pétrole que discutent les Européens constitue sans nul doute un casus belli pour Téhéran qui tire des hydrocarbures 60 % de ses recettes budgétaires (et financent aussi le logement, l'éducation, etc.). La république islamique y a donc répondu de la même façon, par des menaces de blocage du Détroit d'Ormuz. Le décor est donc planté pour un conflit. Au regard des insuccès obtenus par les Occidentaux en Afghanistan et en Irak, on peut se demander qu'est ce qui pousse nos décideurs à repasser les plats ? Que cherche-ton en Iran ? Le Washington Post du 10 janvier citant un responsable du renseignement américain dit que c'est le changement de régime (regime change) par une révolte contre les autorités. Espérer qu'une population durement marquée par un embargo stupide par son étendue et sa généralité (sur les pièces détachés d'avion, sur les médicaments…) va se révolter contre son gouvernement est méconnaitre l'histoire. Comme on l'a vu en Irak et en Afghanistan, le mécano qu'utilisent les responsables occidentaux pour changer un régime ne marche pas.

    Cela est d'autant plus immoral que les Iraniens ont marqué leur volonté de changement pacifique en 2009. En outre, la politique de sanctions ne contribue qu'à affaiblir la société civile iranienne et à renforcer le poids des filières proches du régime qui contrôlent les filières d'importations de contrebande. Faut-il encore une fois penser que quelque conseiller secret garantit le résultat positif de l'opération comme en d'autres temps Monsieur Ahmed Chalabi pour l'Irak ou de monsieur Karzai pour l'Afghanistan auprès de l'administration Bush ? C'est peu probable. Arrêter le programme nucléaire ? L'objectif est louable mais est ce le droit de pays qui ont soutenu l'agression de l'Irak de Saddam Hussein en mettant sous embargo l'Iran agressé, avant de se retourner contre leur protégé et ont tout fait pour que l'ONU ne condamne pas Bagdad, de définir la sécurité de la région ? Apparemment oui puisque monsieur Kouchner avait vertement rappelé à l'ordre le Brésil de Lula et la Turquie de Erdogan qui avaient trouvé un accord avec Téhéran sur l'enrichissement. Le résultat de l'accord avait moins d'importance que les signataires apparemment.

    Annoncer que la bombe iranienne serait déstabilisante doit faire se retourner le Général de Gaulle dans sa tombe, lui qui avait justifié le programme français par la volonté de notre pays de ne plus jamais se soumettre à une puissance étrangère. Lutter contre le terrorisme ? Mais la république islamique a fourni moins de terroristes et de prédicateurs salafistes que les universités saoudiennes ou les madrasas pakistanaises. Et la République islamique a été souvent la cible privilégiée des terroristes sunnites radicaux. Défendre les droits de l'homme régulièrement violés en Iran ? Objectif louable qui devrait être étendu à l'Arabie saoudite qui dispute avec succès le titre à Téhéran ainsi qu'à la Chine, à la Russie (la liste est malheureusement longue).

    Quant à dénoncer l'usage de le peine de mort, on s'en étonne venant du gouvernement américain. Protéger Israël ? De quelle menace ? Si l'Iran avait la bombe qui peut penser qu'il l'utiliserait contre qui que ce soit sans menace vitale sur le pays, alors que les rétorsions militaires occidentales vitrifierait le pays dans sa totalité. Si une bombe devait préoccuper nos stratèges, ce devrait être celle du Pakistan, pays instable et fournisseur de terroristes. Donc il faut en conclure que nous allons à la confrontation directe. La guerre a d'ailleurs commencé puisque 6 ingénieurs et responsables du programme nucléaire iranien ont été assassinés, le dernier Monsieur Ahmadi Roshan en date le 10 janvier 2012.

    Que dirait-on si des ingénieurs français, israéliens ou américains étaient assassinés dans leur propre pays ? Avant le début des hostilités, un blocage du détroit d'Ormuz additionné à la crise nigériane, générerait une hausse brutale du prix du pétrole, exactement le genre de conjoncture qui nous aidera à sortir de la crise économique. Excluons enfin une indigne intention électoraliste américaine ou française dans cette brutale montée de fièvre. L'embargo unilatéral décidé par l'Europe ne sera jamais appliqué par l'Asie, Chine en tête.

    Il faut probablement chercher l'explication des décisions récentes de nos dirigeants dans la vieille croyance que la terre est toujours plate et que nous en sommes le centre. En attendant, la politique iranienne des Occidentaux ne fait qu'affaiblir leur légitimité chez les nouvelles puissances émergentes qui ne supportent plus cette politique de double standard.

    Pierre Conesa et Thierry Coville (Le Monde, 16 janvier 2012)

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