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04/08/2017

Révolte ?...

Nous reproduisons ci-dessous un billet d'Eric Werner, cueilli dans le n°84 d'Antipresse, lettre d'information gratuite de Slobodan Despot, disponible par abonnement et financée par les dons de ses lecteurs.

Penseur subtil et profond, Eric Werner est l'auteur de plusieurs essais marquants comme L'avant-guerre civile (L'Age d'Homme, 1998 puis Xénia, 2015) L'après-démocratie (L'Age d'Homme, 2001), Douze voyants (Xénia, 2010), De l'extermination (Xénia, 2013) ou Le temps d'Antigone (Xénia, 2015) et de recueils de courtes chroniques comme Ne vous approchez pas des fenêtres (Xénia, 2008) et Le début de la fin et autres causeries crépusculaires (Xénia, 2012). Il vient de publier dernièrement Un air de guerre (Xénia, 2017).

On peut également suivre les chroniques de l'auteur sur L'avant-blog - Chronique de la modernité tardive.

 

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Révolte ?

C’est une question, parfois, qu’on se pose (et aussi que d’autres nous posent: Indiens et Chinois en particulier): pourquoi les Européens ne se révoltent-ils pas? Qu’attendent-ils pour le faire?

Il y a plusieurs réponses possibles. La première est la réponse officielle. Les gens, voyez-vous, n’ont plus besoin aujourd’hui de se révolter, puisque, comme tout le monde le sait, il existe une alternative à la révolte: la participation aux élections. J’ignore, à vrai dire, si beaucoup de gens se satisferaient de cette réponse. En tout cas pas les quelque 50 % d’électeurs qui se sont abstenus lors des dernières législatives en France: élections qui ont fait qu’un parti ayant recueilli 28 % des voix au premier tour (15 % des inscrits) s’est assuré à lui seul la majorité des trois quarts des sièges à l’Assemblée nationale. En théorie, le débat public est ouvert, n’importe qui, quelles que soient ses opinions, même les plus dérangeantes, peut y participer. Mais il y a loin de la théorie à la réalité. Qui ne voit, justement, que le débat public est très largement aujourd’hui verrouillé, en sorte que beaucoup, non sans raison, en sont venus à considérer toute espèce, quelle qu’elle soit, de participation à la vie politique, comme une perte de temps.

Une autre réponse serait de dire qu’il est devenu aujourd’hui très difficile, pour ne pas dire impossible, de se révolter. À la limite, même, ce n’est même plus pensable. Le mot lui-même a un petit air ringard. Camus a écrit autrefois un ouvrage intitulé: L’Homme révolté. Mais c’était en 1951. Il en va de même du mot révolution. Qui parle aujourd’hui encore de faire la révolution? Certains en inféreront que les gens sont au fond satisfaits de leur sort, partant n’ont aucune raison de se révolter, moins encore de faire la révolution. On peut le penser, mais on pourrait aussi penser que la peur joue ici un rôle. Face à l’État total et aux formes, également totales, que revêt aujourd’hui la répression (état d’urgence, lois antiterroristes, etc.), autant se tenir tranquille, n’est-ce pas? Et c’est ce que font les gens. Ils adoptent un profil bas. Cela ne signifie pas qu’ils soient contents de leur sort: en aucune manière. Mais ils sont prudents.

Troisième réponse possible. Adopter un profil bas, ce n’est pas nécessairement ne rien faire, rester passif. À y regarder de près, les gens font en réalité beaucoup de choses: beaucoup plus, en tout cas, qu’on ne le croirait de prime abord. Mais de petites choses. Par révolte on entend, d’ordinaire, une confrontation directe et ouverte à l’État, avec des leaders et une organisation bien huilée. Si l’on s’en tient à cette conception-là de la révolte, on en conclura évidemment que les gens ignorent ce que se révolter veut dire.

Mais la révolte peut s’entendre aussi autrement. Évoquant tous ces phénomènes et d’autres encore, un anthropologue a parlé de résistance «au quotidien» [1]. Cela passe par de petits actes d’insubordination, parfois aussi, il est vrai, de délinquance. En règle générale, ils passent inaperçus, donc restent non documentés. La trace, si trace il y a, s’en efface très vite.

Ce sont les individus qui agissent ainsi, et en règle générale ils agissent seuls. Leurs actions sont informelles, non coordonnées. L’évasion fiscale elle-même, précise notre auteur, est à considérer sous cet angle [2]. Et le travail au noir. On pourrait élargir son propos à ce qu’on appelle aujourd’hui l’économie alternative (troc, systèmes d’échanges locaux, AMAP, etc.) [3]. C’est sous cette forme aussi que se décline, à notre époque, l’esprit de résistance. Mais c’est une résistance au quotidien. Donc non spectaculaire.

Les sociétés ouest-européennes sont aujourd’hui engagées dans une histoire qui va toujours plus vite, histoire, en sens inverse, sur laquelle les individus eux-mêmes ont le sentiment d’avoir de moins en moins prise. Quand on nous annonce que pas moins de 12'000 personnes ont débarqué ces jours derniers en moins de 48 heures sur les côtes italiennes et que ce chiffre n’est rien encore par rapport à ce qui nous attend demain (on parle de millions, quand ce n’est pas de dizaines de millions de personnes), les gens se sentent dépassés.

Ce sentiment est évidemment trompeur. Il est faux de prétendre que les gouvernants n’ont d’autre choix possible que de pactiser avec les extrémistes pro-immigrés, qui poussent à la roue dans ce domaine, ou encore d’envoyer des bateaux de sauvetage en Méditerranée. Ils pourraient très bien faire autre chose. Mais ils ne le veulent pas.

Lors de sa récente intervention au congrès de Versailles, le nouveau président Macron a dit que des «décisions difficiles» allaient devoir être prises dans ce domaine. On voit bien plus ou moins lesquelles. Il pourrait très bien ne pas les prendre. Rien, ni intellectuellement, ni moralement, ne l’y oblige. Mais il les prendra. C’est dramatique à dire, mais on sent qu’il voudrait faire comme Mme Merkel en 2015: répéter en France l’opération allemande de 2015.

C’est dans ce contexte que se posent les questions ici évoquées (et d’autres connexes: mais les évoquer excéderait le cadre de cet article). Elles ne prennent sens que si l’on admet que l’histoire n’est pas déterminée d’avance et que, comme le pensait Bergson, le devenir est changement, donc aussi enrichissement, permanent. Il est vital de le croire, sans quoi rien ne sert à rien, ni rien non plus ne se fera. Ce sur quoi, hélas, parient les Merkel et autres Macron. Eux croient et surtout veulent nous faire croire que l’histoire est écrite d’avance, qu’il n’y a rien d’autre à faire qu’à s’y adapter. Si nous les écoutons, nous sommes évidemment perdus. On pourra tirer un trait. Mais on peut très bien aussi ne pas les écouter: cause toujours. Et tout bonnement, faire ce que nous avons à faire.

Eric Werner (Antipresse n°84, 9 juillet 2017)

 

Notes :

  1. James C. Scott, Weapons of the Weak: the Everyday Forms of Peasant Resistance, Yale Universitiy Press, 1985.

  2. Ibid., p. 295, note 101.

  3. Cf. Eric Dupin, Les Défricheurs, La Découverte, 2014.

 

13/07/2017

Michèle Tribalat et les chiffres de l’immigration...

Le 4 juillet 2017, Martial Bild recevait, sur TV libertés, Michèle Tribalat, le célèbre démographe, ancien directeur de recherche à l’INED,  à l'occasion de la réédition de son essai Assimilation : la fin du modèle français (Toucan, 2017). Celle-ci dénonce l’aveuglement volontaire de l’intelligentsia sur le phénomène de l’immigration en France en s'appuyant sur des faits et des analyses indiscutables...

 

                               

19/06/2017

Quotient Intellectuel et intégration dans les sociétés complexes...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Laurent Ozon cueilli sur le site Century News et consacré à la question du QI, notamment en tant que facteur d'intégration au sein des sociétés complexes. Chef d'entreprise et essayiste, Laurent Ozon est l'auteur de France, années décisives (Bios, 2015).

 

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Quotient Intellectuel et intégration dans les sociétés complexes

Le quotient Intellectuel ou QI est un mot employé depuis 1912 pour désigner une valeur mesurée par des tests psychométriques. Le plus courant en France et dans le monde est le Wechsler Adult Intelligence Scale ou WAIS pour la mesure de l’intelligence chez l’adulte et le Wechsler Intelligence Scale for Children ou WISC pour les enfants à partir de six ans. S’il ne mesure évidemment pas la sociabilité, l’empathie, le sens moral ou la créativité, le QI cherche à mesurer le Facteur g ou l’intelligence générale (efficience cognitive mesurée), c’est à dire la capacité à résoudre des problèmes plus ou moins exactement et plus ou moins rapidement. Il se compose en général de trois catégories : les tests verbaux, les tests de performance et les tests logiques. En France, ces tests sont passés auprès d’un psychologue et durent approximativement deux heures. Le QI mesuré chez l’enfant est stable toute sa vie à l’exception des accidents de santé susceptibles de stimuler (bipolaire en phase maniaque) ou de détériorer ses capacités (maladie avec fièvre, dépression, etc.). De bons résultats aux test de QI sont corrélés positivement à la réussite sociale ou au niveau d’étude (ce qui ne signifie pas que le niveau d’étude mesure le QI) et corrélés négativement à l’exclusion sociale et à la pauvreté (ce qui ne signifie pas que la richesse mesure le QI). La valeur 100 fixe la moyenne (ou valeur médiane) dans une population donnée. Par exemple si le test est passé en France, la valeur moyenne de 100 fixera la médiane des notes mesurées sur le territoire national. En comparaison de la moyenne internationale, la moyenne française est aujourd’hui de 97. Les personnes qui obtiennent des notes élevées aux tests de QI sont plus « douées » de fonctions cognitives ; on utilise le terme « surdouées » pour désigner celles qui se trouvent dans les 2% les mieux notés de la population (autour de 130 points). Le terme de « précocité intellectuelle » est généralement utilisé en lieu et place de « surdoué » pour des raisons de susceptibilité culturelle liée à la perception de la mesure ou de l’appréciation hiérarchique, même si ce mot est discutable dans la mesure où le QI est considéré comme stable à partir de l’âge de 7 ans.

Le QI est une mesure comparative (par rapport à la somme des autres personnes testées) et indirecte (car il estime la valeur de réussite à partir des questions posées plutôt qu’à partir d’un instrument de mesure directe comme le thermomètre ou le baromètre). Les tests de QI ne prédisent ni les bonnes actions, ni la réussite sociale, ni la valeur subjective d’un individu mais uniquement sa capacité à traiter des informations et apprécier un problème pour y répondre de façon rapide et exacte. De nombreuses études effectuées durant 40 ans sur des milliers de jumeaux homozygotes et vivants dans ou hors du foyer de leurs parents biologiques ont démontré qu’une part importante de la valeur du QI est héréditaire. Le facteur environnemental (éducation, alimentation, etc.) a une influence certaine sur les résultats mesurés ; mais cet « environnement » est lui-même déterminé chez les humains par les caractéristiques cognitives de ceux qui l’aménagent.

Le QI  mesure donc une efficience cognitive mais les tests permettent progressivement de dégager des constantes de caractère et de comportement chez les sujets testés aux notes les plus extrêmes. En synthèse, les surdoués sont des personnes qui présentent des fréquences importantes de particularités communes. Parmi les caractéristiques les plus fréquentes, on trouve l’hypersensibilité (sens aigu de la « justice », anxiété précoce, perceptions sensitives plus aiguisés, grande attention simultanée, etc.), le besoin d'une plus grande précision dans les informations échangées ; une fréquence plus élevée que la moyenne de pathologies psychiatriques (TOC, paranoïa, hyperactivité, psychoses maniaco-dépressives, sociopathie, etc.) qui influent parfois à rebours sur les capacités d’intégration et de réussite sociale ; des cycles de sommeils différents (phases de sommeil paradoxal plus longues et plus nombreuses) ; une mémoire plus rapide et plus ample, la capacité plus fréquente d’effectuer des déductions logiques rationnelles instantanées et non-décomposables ou non-explicables ; un traitement de l'information (sorte de « mémoire tampon « ) qui permet des connexions mémorielles plus nombreuses et complètes qui offre ultérieurement une grande vitesse de traitement des informations complexes mais peut aussi présenter un handicap lorsque la problématique est basique et la réponse attendue, simple ; enfin des degrés de précocité sexuelle et des taux de reproduction plutôt inférieurs. Ces valeurs de fréquences ne fournissent que des corrélations statistiques et non des rapports de cause à effet. 

Chez les sujets qui disposent des notes d’évaluation les plus basses (plus petits QI), on trouve des capacités mémorielles et analytiques significativement plus réduites, un temps de traitement de l’information complexe significativement plus long, un taux de sociopathie plus élevée et ce qui en découle (violence, interactions avec la justice, faible capacité d’intégration sociale, etc. ; mais aussi des preuves évidentes de corrélations négatives entre la précocité sexuelle et l’intelligence mesurée. Pour faire simple, le QI est corrélé à la stratégie de reproduction (maîtrise des capacités de reproduction ou choix culturels qui les influencent), à la capacité d’intégration ou d’adaptation sociale (professionnelle, culturelle,) et à la capacité d’acquisition de compétences.  Celles-ci influencent la capacité générale à une coexistence harmonieuse dans des sociétés complexes comme les nôtres (fort niveau de différentiation fonctionnelle, d’auto-domestication des comportements et hiérarchie sociale) dans la mesure où le mode de production des ressources et des richesses est devenu plus dépendant de la capacité cognitive générale des individus. L’exclusion dans les sociétés modernes résulte le plus souvent d’une inadaptation entre les capacités cognitives et caractérielles des exclus et les demandes de leur système économique et social. En témoignent par exemple les corrélations régulièrement constatées entre QI et niveau d’études, niveau de revenus, criminalité etc. comme déjà évoqués plus haut.

La plupart des analyses basées sur le Quotient Intellectuel font ressortir des différentiels de résultats selon les populations. Ces résultats montrent une différence de résultats moyens tant au niveau des moyennes nationales comparées (voir ci-dessus), que pour des pays multi-ethniques, à l’intérieur des populations testées. Ces données, significativement corrélées à des facteurs qui impactent directement la capacité de cohabitation sociale, d’intégration économique et culturelle, influencent, en fonction des dynamiques démographiques de chaque population, les caractéristiques générales mesurables de cette société (PIB, IDH, Taux d’alphabétisatisation, etc.)

L’apport massif de populations provenant de zones dont le QI moyen est faible dans les sociétés occidentales qui ont externalisé les fonctions de production pour se concentrer sur les fonctions de services (qui sont de fait plus abstraites, conceptuelles et intellectuelles) semblent être incohérent sur le strict plan économique et plus que risqué sur le plan de la stabilité sociale. Si ce choix politique emporte l’adhésion des élites dirigeantes depuis quarante ans, on peut donc imaginer que ce n’est pas pour les effets positifs attendus pour les pays dont elles ont la charge. Ne restent alors que trois explications : l’impuissance, l’incompétence/ignorance ou la volonté de nuire.

Laurent Ozon (Century News, 14 juin 2017)

15/06/2017

Assimilation : la fin du modèle français...

Les éditions du Toucan viennent de rééditer dans leur collection de poche l'essai de Michèle Tribalat intitulé Assimilation : la fin du modèle français et publié initialement en 2013. Michèle Tribalat est démographe et fut directrice de recherche à l’INED (Institut national des études démographiques). Elle a été membre du Haut Conseil à l’Intégration et a publié plusieurs livres remarqués dont Les Yeux grands fermés (Denoël, 2009).

 

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" Le modèle d’assimilation français a-t-il encore un avenir ?

La démographe Michèle Tribalat répond par la négative après une analyse en trois points. Tout d’abord démêler le vrai du faux dans les chiffres qui circulent sur l’immigration étrangère, ensuite examiner en quoi l’islam change la donne et enfin constater que les classes moyennes refusent désormais massivement le modèle multiculturaliste préconisé par l’UE. "

13/06/2017

Identité ou souveraineté ?...

Vous pouvez découvrir ci-dessous un excellent débat entre Eric Zemmour et Jacques Sapir, organisé sur Sputnik par Edouard Chanot, à propos de la défaite stratégique de Marine Le Pen et des questions d'identité et de souveraineté.

L'aveuglement volontaire de Jacques Sapir sur l'immigration et le changement de peuple est sidérant...

 

 

                                 

07/06/2017

Pour un référendum sur l'immigration !...

Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Laurent Ozon à Breizh info, et consacré à la question de l'immigration. Chef d'entreprise et essayiste, Laurent Ozon est l'auteur de France, années décisives (Bios, 2015).

 

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Laurent Ozon : « Imposons un référendum sur l’immigration, maintenant ! »

Lors du dernier sommet du G7 de Taormine (Italie), Donald Trump, le président des Etats-Unis, a tenu à rajouter deux éléments au texte de six pages intitulé « Vision du G7 sur la mobilité humaine », élaboré par le Conseil italien, en collaboration avec différents services gouvernementaux d’autres pays membres, pour tenter de donner un cadre collectif à la gestion des crises migratoires :

« En même temps, tout en garantissant le respect des droits de l’homme des migrants et des réfugiés, nous réaffirmons les droits souverains des États à contrôler leurs propres frontières et à fixer des limites claires sur les niveaux de migration nette, en tant qu’éléments clés de leur sécurité nationale et de leur bien-être économique. Cela peut consister en un renforcement des contrôles douaniers, en le développement de processus de retour au pays et une amélioration des dispositifs de coopération avec les pays d’origine. »

De quoi recadrer sévèrement les dirigeants européens de l’Ouest et la Commission européenne, qui n’ont jusqu’ici mis en oeuvre pour faire face à l’immigration qu’une politique d’accueil massif qui montre chaque jour son échec (les migrants continuent chaque jour d’arriver). Au grand dam des dirigeants des pays de l’Est qui eux, souhaitent protéger leurs populations face à l’immigration.

Laurent Ozon – qui anime le blog Century News et qui est par ailleurs essayiste et chef d’entreprise – plaide lui pour l’imposition d’un référendum européen sur l’immigration, de façon urgente, pour sonder nos peuples. Nous nous sommes entretenus avec lui.

Breizh-info.com : Comment analysez-vous les positions d’Angela Merkel et d’autres dirigeants européens prônant une politique européenne plus souveraine ?

LO : Les politiques et orientations de Trump et Poutine poussent progressivement l’Open Society à endosser un discours de puissance pro-européen pour solidifier ses positions en attendant de pouvoir compter sur un renouvellement des élites aux États-Unis et en Russie qui leur soit à nouveau favorable. A l’instar de Staline, levant l’étendard du patriotisme russe en 1942 pour éviter la déroute, elles s’engagent dans une rhétorique euro-souverainiste qui ne trompe que les simples d’esprit. Ce discours n’empêchera pas les dirigeants des États et institutions de l’UE de poursuivre leur politique de destruction des fondamentaux de la civilisation européenne et en premier lieu de sa population.

Breizh-info.com : Que mettez-vous derrière ce terme Open Society ?

LO : Les élites de la « Société ouverte », autre nom pour un projet de liquidation économique, démographique et culturelle de l’Europe et qui sont aux commandes de la totalité des États de l’Ouest européen et des institutions européennes elles-mêmes. L’ensemble du dispositif médiatique émergé et des ONG financées par ces réseaux et qui oeuvrent à la démoralisation, à l’immigration, à la déconstruction sociale et culturelle et à la censure des opinions de la population.

Breizh-info.com : Cette situation est-elle durable ?

LO : Je ne le sais pas. Les tentatives pour déstabiliser Donald Trump peuvent finir par réussir. Vladimir Poutine semble solide. Maintenant que les alternatives électorales ne paralysent plus les velléités d’action, la situation internationale n’a jamais été plus favorable à l’apparition d’une dynamique de libération dans toute l’Europe de l’Ouest et plusieurs gouvernements de pays membre du groupe de Visegrád sont de fait, des alliés potentiels des Européens de l’Ouest qui engageront un rapport de forces avec les institutions de l’Open Society.

Breizh-info.com : Que voulez-vous dire ?

LO : Aujourd’hui et pour un laps de temps incertain, l’élite de l’Open Society est privée de l’essentiel de ses poumons extérieurs (Américains notamment) en cas de détérioration grave de la situation sociale. Elle reste de plus, globalement coupée des bases civiles de ses administrations, en particulier de celles chargées de la stabilité et de l’ordre (armées, police). Les militants connaissent le peu de zèle des forces du maintien de l’ordre depuis quelques mois et la sociologie électorale a démontré le degré de non-alignement des personnels de l’armée, de la gendarmerie et de la police avec les élites politiques et médiatiques. Seul le haut de ces hiérarchies répond encore correctement.

Breizh-info.com : Cela peut-il changer ?

LO : L’attitude plus pragmatique et le style d’Emmanuel Macron visent pour l’essentiel à résorber cette fragilisation. L’Open Society a mesuré l’étendue de la décrédibilisation de ses représentants et les dangers que faisait courir à ses projets cette crise de confiance. Après cette élection présidentielle qui doit en avoir éveillé plus d’un, l’espoir d’une solution électorale s’évanouit pour quelques années et c’est une excellente nouvelle. C’est en effet l’attente toujours différée d’une victoire électorale qui dissuade les plus convaincus d’agir concrètement dans la société civile depuis des décennies. Un véritable paradoxe si l’on y pense bien. Mais enfin, Emmanuel Macron est inexpérimenté. Il commettra des erreurs et ne pourra combler le fossé d’intérêts entre la population et les élites Open Society.

Breizh-info.com : Vous pensez que le contexte est favorable à l’apparition d’un mouvement civil de défense des intérêts des populations contre l’immigration de peuplement par exemple ?

LO : Ce qui est probable, c’est que si un mouvement civil se lève, l’élite Open Society ne pourra compter que sur des moyens limités, sur des hiérarchies affaiblies pour rétablir l’ordre. À l’inverse, sans imaginer immédiatement, l’appui direct de la Russie ou des États-Unis, les forces populaires européennes, si elles parviennent à créer un front intérieur, pourront compter ad minima, sur un manque de zèle des forces de l’ordre et sur les dysfonctionnements que 40 années de trahison des intérêts de la population ont générés. C’est l’efficacité de leurs méthodes qui leur attirera ultérieurement des soutiens. C’est donc maintenant et pour les quelques années qui viennent, qu’un espace d’action s’ouvre à ceux qui ne se résignent pas.

Breizh-info.com : Vous le voyez comment ?

LO : Un mouvement polycentré, fédéral, porté par des gens normaux, décidés et s’adressant à tous. Un mouvement qui ne se divisera pas sur la question de l’euro, de la retraite à 60 ans ou d’autres questions subalternes. Un mouvement qui visera seulement à imposer un référendum européen sur la question migratoire. Le reste est secondaire. Ce mouvement non électoral, doit viser à déployer une opposition concrète, non pas symbolique mais pratique, pour paralyser le fonctionnement des institutions, des ONG et de l’action des élites Open Society où qu’elles se trouvent, jusqu’à ce que les Européens puissent se positionner en toute liberté sur cette question vitale : « souhaitez-vous l’arrêt de l’immigration de peuplement extra-européenne ? ».

Breizh-info.com : Qu’entendez-vous par opposition concrète ?

LO : C’est assez simple, il faut partout empêcher les administrations, médias, associations et ONG de fonctionner avec une seule et unique revendication : « referendum européen sur l’immigration ». Rien de plus, rien de moins. Le reste c’est du vent.

Breizh-info.com : Vous n’évoquez plus la remigration ?

LO : Chaque chose en son temps. Il y aura un travail d’explication et de propositions à faire à l’avenir. Je persiste à penser qu’un partenariat stratégique euroméditerranéen avec des aspects militaires, économiques et sociaux permettra d’aborder cette question de façon calme et réaliste pour régler l’inversion des flux migratoires et le codéveloppement simultanément. La remigration impliquera des pouvoirs stabilisés de l’autre côté de la méditerranée et la prise en compte des besoins des pays et des populations. Pour le moment, il ne sert à rien de faire des plans sur la comète. Il faut forcer le système politique et médiatique de l’Open Society en Europe à organiser ce referendum. C’est le moment, ils sont faibles et l’histoire ne repasse pas les plats.

Laurent Ozon, propos recueillis par Yann Vallerie (Breizh info, 2 juin 2017)