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26/04/2018

Réquisitoire contre la Super-Classe Mondiale...

Le 5 février 2018, Martial Bild recevait, sur TV libertés, Michel Geoffroy pour évoquer son essai intitulé La Super-Classe mondiale contre les peuples (Via Romana, 2018). Contributeur régulier sur le site de la Fondation Polémia, Michel Geoffroy est aussi l'auteur, avec Jean-Yves Le Gallou, du Dictionnaire de novlangue (Via Romana, 2015).

 

                                 

25/04/2018

Insécurité au quotidien : le grand retour de la chienlit...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli sur Atlantico et consacré à l'absence de réponse sérieuse du gouvernement face à l'explosion de l'insécurité...

Criminologue et spécialiste des questions de sécurité, Xavier Raufer a publié ces dernières années Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014) et a également coordonné l'ouvrage collectif intitulé La première cyber-guerre mondiale ? (Eska, 2015).

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Insécurité au quotidien : le grand retour de la chienlit

Yeux dans les étoiles, l'Europe...Co-gendarme mondial en Syrie, feux d'artifices à la clé... - le président Macron perçoit mal la réalité de la France, sur le terrain, à ses pieds : l'insécurité croît ; les migrants affluent ; le terrorisme revient ; la mondialisation broie les peuples. Prisonnier des médias-des-milliardaires qui souvent dictent sa conduite, il entend peu la colère d'un peuple français en théorie souverain, mais dont l'expresse volonté - mesures répressives, fermeté renforcée - est méprisée et bafouée.

Commençons par ce point.

SÉCURITÉ - (Odoxa-Le Figaro, 3/01/2018) L'insécurité augmente : oui, 58% ; non, 9%. Oui, milieux populaires : 60% ; oui zones rurales : 64%. Sondage révélant que l'insécurité, "au plus haut niveau historique" est désormais la première crainte des Français, devant le chômage.

TERRORISME - (Le Figaro - 30/03/2018) nouvelles mesures d'exception pour mieux assurer la sécurité des Français : oui, 61%. Droite libérale, oui : 78% ! Expulser les étrangers fichés S, oui, 83%. Droite libérale, oui : 92% ! Interdire le salafisme, oui : 88%. (Le Figaro - 30/03/2018) Vous fiez-vous au gouvernement pour assurer la sécurité des Français (crime... terrorisme...) oui : 41%, moins 8 points en un mois.

MIGRANTS - (Reuters - 7/02/2018) Trop d'immigrés en France, oui : 63% (BFMTV - 18/01/2018). La politique migratoire en France est trop laxiste, oui 66%. Milieux populaires, oui : 70%. Zones rurales, oui : 74%. Faut-il accueillir plus de migrants ?  Non : 59%. Milieux populaires, non : 70%. Zones rurales : non, 65%.

MONDIALISATION : (origine du présent chaos), effets négatifs pour l'Europe, oui : 55% ; sur les salaires, oui : 65% ; sur l'emploi, oui : 64%.

Fait-on plus clair ? Devant ce plébiscite sécurité - fermeté - refoulement de la vague migratoire, les médias-des-milliardaires et leurs serfs politiques parlent de "peurs". France-Info, voix du gauchisme bienséant, qualifie de "quartier populaire de la ville rose", le sinistre ghetto narco-djihadiste du Mirail, à Toulouse.

Pourquoi la rage des Français ? Du fait que croissent et s'enracinent - avant peut-être une criminelle "convergence des luttes" - diverses guérillas, sur l'essentiel du territoire de la métropole.

GUÉRILLA URBAINE À TOULOUSE - lugubre retour des articles des guerres coloniales (20 Minutes, 17/04/2018) "Les enfants ont eu peur cette nuit, l'hélico n'a cessé de tourner et il y avait tous ces feux..." (Les habitants) "On est pris en otage... Les dealers squattent les immeubles"...à La Reynerie, Bellefontaine et Bagatelle, véhicules incendiés par dizaines, carcasses parsemant parkings et voies d'accès ; commissariats ciblés, barricades en flamme. Motif ? Un "jeune" mort en prison... Contrôle d'une femme en burqa? Nul ne semble savoir, surtout pas le préfet local, qui radote l'usuel mantra "hommage-à-la-police-et-retour-au-calme".

GUÉRILLA CRIMINELLE À MARSEILLE - le 17 avril, autre bandit tiré aux jambes ; des morts et blessés chaque semaine, pour contrôler les territoires de la drogue.

GUÉRILLAS TRIBALES DANS LES BANLIEUES - entre bandes criminelles d'usage ethniques. Cette semaine (pierres... sabres... poignards...), une "guerre ouverte entre villes du Val d'Yerres" (Essonne).

GUÉRILLA RURALE À NOTRE-DAME-DES-LANDES - "Enlisement désastreux" disent des gendarmes osant parler. Ils ajoutent "incohérence entre le discours de fermeté des politiques dans les médias et réalité du terrain". Décodeur : rodomontades creuses.

Si la "face noire de la mondialisation" a suscité ce chaos terroriste, émeutier et criminel, les Quartiers de la politique de la ville (QPV) et Zones à défendre(ZAD) sont leurs champs de bataille.

QPV où, depuis 1981, on déverse des milliards pour apaiser racailles et racketteurs (catégories proches l'une de l'autre). QPV à ce point hors contrôle (Aulnay, Le Blanc-Mesnil, La Courneuve) que les Français juifs en fuient (Le Point -10/01/18 "Des familles juives contraintes de déménager"). Et où les médecins sont toujours plus agressés (Le Parisien, 3/04/18, Ipsos, Ordre national des médecins) : les pires zones étant celles où - surprise ! - la "diversité" règne avec la "politique de la ville".

Or face au crucial besoin de reconquérir les "territoires perdus de la République", M. Macron va sous-traiter la "Politique de la Ville" au fort défraichi M. Borloo, sous-Tapie entre Frégoli-Radsoc et avocat-Tefal.

Les habitants des ghettos de Toulouse s'écrient "La rénovation urbaine a bien eu lieu, les immeubles rénovés sont légion. C'est souvent de la cosmétique. Après, il faut de l'accompagnement. Sinon, ça sert à rien". Mais cosmétique encore et toujours - même après l'assassinat du colonel Beltrame. Et un ministère de l'Intérieur qui patine - tous s'en inquiètent à l'Elysée. Loin de Bruxelles et de Damas approche l'heure de vérité.

Xavier Raufer (Atlantico, 19 avril 2018)

24/04/2018

L’étrange suicide de l’Europe...

Les éditions du Toucan viennent de publier un essai de Douglas Murray intitulé L'étrange suicide de l'Europe, qui a eu un fort retentissement au Royaume-Uni lors de sa sortie. Diplômé d’Oxford et Eton, il est journaliste au Wall Street Journal, au Guardian et au Spectator.

 

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" L’étrange suicide de l’Europe est l’histoire d'un continent et d'une culture pris en flagrant délit de suicide. Baisse des taux de natalité, immigration massive, méfiance et haine de soi  se sont conjuguées pour rendre les Européens  de l’ouest incapables de résister aux changements globaux qu’ils ont subis, le plus souvent sans avoir été consultés.

Ce livre n'est pas seulement une analyse des réalités démographiques et politiques, c’est surtout un extraordinaire reportage au long cours à travers le continent entier, sur les lieux où les migrants arrivent et sur ceux où ils aboutissent, au contact des personnes qui les accueillent, dans des endroits qui ne pourront pas les accepter.

Appuyé sur des recherches et des pièces nombreuses, il montre l’échec tragique et patent du multiculturalisme, de Lampedusa à Malmö. L’auteur a passé du temps à Berlin, à Paris, à Rome, en Scandinavie, dans les îles italiennes et les Balkans, en Grèce, pour comprendre et prendre du recul.

Douglas Murray termine par deux visions de l'Europe à moyen terme, qui dressent deux  tableaux possibles du continent d’ici 2040. "

22/04/2018

Feu sur la désinformation... (182)

Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés, consacrée au décryptage des médias et dirigée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, avec le concours d'Hervé Grandchamp.

Au sommaire :

  • 1 : Loi asile immigration : minage médiatique
    Loi asile immigration, depuis plusieurs mois les journalistes préparent et minent le débat politique en surmédiatisant les associations immigrationistes.
  • 2 : Le Zapping d’I-Média 
    Syrie manipulation par l’image : le 12 avril Jean Pierre Pernault interviewait le président Emmanuel Macron. Le réalisateur à incrusté à plusieurs reprises et pendant de longues secondes une image des prétendus enfants victimes des armes chimiques de Bachar el Assad. Une image subliminale pour manipuler l’auditoire ?

  • 3: Macron face à Plenel et Bourdin : le plan com
    Grand oral d’Emmanuel Macron face aux pointures de la bien pensance : Edwy Plenel et Jean Jacques Bourdin. Tout à été pensé par l’Elysée, une belle opération de communication du président de la république.
  • 4 : Les tweets de la semaine
    C’est la débandade pour Patrick Cohen. Il y a pile un an, la radio privée Europe 1 débauchait l’animateur de la matinale de France inter. Mais les audiences ne sont pas au rendez-vous : avec une perte de presque 450 000 auditeurs en 1 an, la station est proche de son plus bas niveau historique. Le censeur des « cerveaux malades » est désormais sur la sellette et dans le viseur du propriétaire d’Europe 1 Arnaud Lagardère.
  • 5 : Portrait piquant de BHL, Botul s’en va-t’en guerre
    Philosophe, écrivain, Bernard-HenryLévy parle dans tous les médias. Il y prône la paix, mais provoque des guerres.

 

                                   

10/04/2018

Alain de Benoist : « Arnaud Beltrame, un héros français »...

Nous reproduisons ci-dessous entretien avec Alain de Benoist, cueilli sur Breizh Info, dans lequel il évoque l'actualité, avant l'attentat de Trèbes... Philosophe et essayiste, Alain de Benoist a récemment publié Le moment populiste (Pierre-Guillaume de Roux, 2017), Ce que penser veut dire (Rocher, 2017) et Décroissance ou toujours plus ? (Pierre-Guillaume de Roux, 2018).

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Alain de Benoist : « Arnaud Beltrame, un héros français »

Breizh-info.com : Tout d’abord, votre réaction à la mort du colonel Arnaud Beltrame et à l’hommage solennel qui lui a été rendu dans les milieux les plus différents ?

Alain de Benoist :  Pour ne pas répéter ce que beaucoup d’autres ont déjà dit, je m’en tiendrai à une seule observation. Dès l’annonce de la mort du colonel Beltrame, un mot a surgi qui s’est instantanément propagé sur toutes les lèvres : c’était « un héros », et plus précisément « un héros français ». Jamais comme dans les jours qui ont suivi, on n’avait autant parlé d’héroïsme et de tout ce qui caractérise le héros : le courage, le sens de l’honneur, la fidélité, le don de soi, le sacrifice, le goût de la mission, le service de la patrie. En un instant, le discours de l’idéologie dominante qui, depuis des décennies, fait assaut de dérision sur toutes ces valeurs « ringardes » parce qu’à l’éthique de l’honneur il cherche à substituer une morale humanitaire invertébrée, a paru s’effondrer et devenir à son tour dépassé.

En outre, à une époque où l’on préfère faire pleurer sur les victimes que célébrer les vertus héroïques, et bien que le colonel Beltrame soit mort égorgé, ce n’est pas d’abord en tant que victime, mais en tant que héros qu’il a été célébré. Je ne me fais évidemment pas d’illusion : l’idéologie dominante va chercher à réaffirmer son emprise dès que l’émotion sera retombée. Les « déconstructeurs », les rigolards et les petits malins vont revenir sur le devant la scène. Mais la façon dont l’opinion, quasiment unanime, a réagi n’en est pas moins profondément parlante, profondément révélatrice. Le peuple aime les héros. Il sait que le culte des héros, dont parlait Thomas Carlyle, lui vient du fond des âges. Instinctivement, il réalise que le bien commun s’ordonne à ce qui est beau, à ce qui est grand et à ce qui est fort. Il attend des exemples plus que de leçons. Merci au colonel Beltrame de nous avoir, grâce à son sacrifice, rappelé aussi cela.

Breizh-info.com : Avez-vous lu le livre de M. Smith, « La ruée vers l’Europe » ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? La démographie sera-t-elle la clé du XXIe siècle et de la survie des Européens en tant que civilisation ?

Alain de Benoist : Je n’ai pas eu le temps de lire le livre de Stephen Smith, mais j’en connais le contenu. L’auteur n’est d’ailleurs pas le premier à estimer que les perspectives de croissance démographique de l’Afrique subsaharienne vont exercer dans les décennies qui viennent une pression migratoire d’une ampleur énorme sur les pays européens. Beaucoup plus encore qu’une « maghrébisation » ou une « islamisation », c’est une africanisation de l’Europe par des populations qui sont très loin d’être toutes musulmanes qui se profile à l’horizon.

Là où le livre de Smith est le plus intéressant, c’est qu’il s’attaque à deux idées reçues. La première est celle qui consiste à croire que les migrants « économiques » viennent des couches les plus pauvres de leurs pays d’origine. En réalité, les plus pauvres n’ont tout simplement pas le moyen d’émigrer, car la migration coûte relativement cher (plusieurs milliers d’euros). Ceux qui émigrent sont ceux qui, sans être riches, ont au moins pu accumuler suffisamment pour tenter de partir.

Deuxième idée reçue, qui s’articule d’ailleurs à la précédente : s’imaginer qu’on ralentira les flux migratoires en favorisant le « développement » des pays africains, alors que celui-ci ne fait que stimuler le désir d’émigrer en même temps qu’il donne plus de moyens de se déraciner. Stephen Smith le dit explicitement : en faisant ce calcul, les pays riches se tirent une balle dans le pied, car le « développement » revient à aider des pays pauvres à atteindre un seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposeront en nombre croissant des moyens de partir s’installer ailleurs.

Mais la démographie n’est pas seule en cause. Il faut aussi prendre en compte les facteurs écologiques. Croire que l’épuisement programmé des ressources naturelles et l’aggravation des dérèglements climatiques n’auront pas d’effet sur les mouvements migratoires est une grande illusion. Certains experts annoncent déjà 150 millions de « réfugiés climatiques » pour le milieu du siècle.

Stephen Smith estime que la « ruée vers l’Europe » est inéluctable. Cela pose en réalité une question politique : les dirigeants européens ont-ils la volonté et l’esprit de décision nécessaires pour faire face à un tel défi ? Alain Finkielkraut disait récemment qu’une Europe africanisée ne serait plus l’Europe. C’est l’évidence même, mais pour éviter que les rapports démographique relèvent du seul modèle des vases communicants, il faut au moins vouloir s’y opposer. Ceux qui pensent que les cultures comptent pour rien, et que les hommes sont indéfiniment substituables les uns aux autres, ne sont pas les mieux placés pour le faire. Quant aux Européens dont vous parlez, la question qui se pose est moins de savoir s’ils veulent voir survivre leur civilisation que de savoir s’ils ont eux-mêmes la volonté de la faire se poursuivre.

Breizh-info.com : Que vous inspire la situation à Mayotte ? N’est-ce pas une grave erreur de d’avoir fait de cette île un département français ?

Alain de Benoist : C’est en mars 2011, donc sous la présidence de Nicolas Sarkozy, que l’île de Mayotte est devenue le 101e département français. Je suis de ceux qui ont estimé dès le départ que c’était une erreur. En moins de dix ans, la gestion de Mayotte est tout simplement devenue impossible. Pourquoi ne pas lui donner son indépendance ?

Breizh-info.com : La situation internationale semble bouger énormément ces derniers temps entre la réélection de Vladimir Poutine, les tensions avec le Royaume-Uni, la guerre de la Turquie contre les Kurdes, etc. Quel regard portez-vous sur cette évolution ?

Alain de Benoist : Les choses bougent beaucoup en effet, et d’autant plus que depuis la chute du Mur de Berlin nous vivons dans une époque de transition où tous les repères tendent à s’effacer. Il est difficile dans ces conditions de faire des pronostics qui ne relèvent pas du doigt mouillé. Mon sentiment est que le Proche-Orient reste plus que jamais le foyer de tension principal qui peut demain mettre le feu aux poudres. Dans ce contexte, et singulièrement depuis l’élection de Donald Trump, on voit se développer une campagne russophobe de vaste ampleur qui trahit la peur des Américains de voir la Russie d’abord, la Chine ensuite, les destituer d’une hégémonie qui n’est déjà plus ce qu’elle était autrefois. On est en train de revenir à la guerre froide, mais cette fois-ci sans l’alibi d’un « anticommunisme » qui, chez beaucoup, n’a finalement jamais été que le cache-sexe d’une vieille hostilité visant la puissance continentale russe.

Les Américains ne reculeront devant rien – fake news, coups montés, désinformation, provocations, etc. – pour empêcher la Russie de redevenir une grande puissance susceptible de leur faire de l’ombre. Vladimir Poutine est devenu le symbole de tout ce qu’ils exècrent. La popularité dont il jouit, la façon dont il a redonné la fierté à son peuple, les succès politiques et militaires qu’il a enregistrés récemment, la montée en puissance de ses forces militaires, sa réélection triomphale enfin dans un pays où les partis « pro-occidentaux » représentent désormais moins 5 % des suffrages, tout cela est pour eux insupportable. La situation compliquée du Proche-Orient, la Syrie, l’Irak, le Yémen, le jeu saoudien, les ambitions de l’Iran, la stratégie israélienne, sont autant d’occasions pour eux de tenter de rétablir la situation à leur avantage. Le problème est que ce jeu peut très bien déboucher sur une nouvelle guerre mondiale. Faut-il s’y attendre ? Disons que si ce n’est pas encore probable, c’est au moins de plus en plus possible.

Breizh-info.com :  Cinquante ans après Mai 68, si vous deviez dresser un bilan de cette époque et de ses conséquences, quel serait-il ?

Alain de Benoist :  Essayons de faire bref. D’abord, on l’oublie trop souvent, Mai 68 n’a pas été seulement une révolte étudiante de grande ampleur, mais aussi la dernière grande grève générale que la France ait connue. Il y a sans doute plus de leçons à tirer de la seconde que de la première. Ensuite, d’un point de vue idéologique, deux tendances contradictoires au moins se sont manifestées en Mai 68. La première, sympathique mais minoritaire, mettait en accusation la société de consommation et la société du spectacle, le « système des objets » et le capitalisme libéral, avec des références au situationnisme, à Guy Debord, mais aussi à Jean Baudrillard, Henri Lefebvre, Herbert Marcuse et quelques autres. L’autre, nettement majoritaire, se voulait purement individualiste et hédoniste. Son programme se résumait dans le slogan : « Jouir sans entraves ».

C’est le Mai 68 des enfants gâtés de la bourgeoisie et des révolutionnaires en peau de lapin, qui allaient rapidement réaliser que c’est en se ralliant à la logique du Capital qu’ils pourraient le mieux satisfaire leurs « désirs ». La seconde tendance l’a malheureusement très vite emporté, engendrant toutes les pathologies sociétales qu’on a pris l’habitude d’attribuer aux « soixante-huitards ».

Depuis un demi-siècle, j’ai vu se mettre en place tous les dix ans le même train de commémorations obligées des journées de Mai 68. A chaque fois, c’est l’occasion de publier de nouveaux livres, de donner la parole aux « anciens » des barricades, et autres exercices rituels qui ennuient prodigieusement la jeunesse d’aujourd’hui. Mai 68 a pesé sur l’évolution de la société, mais le monde a changé. Les anciennes militantes du MLF ont aujourd’hui dépassé l’âge de l’avortement et les ex-« révoltés » se préoccupent surtout de leur prostate. Il serait temps de passer à autre chose.

Alain de Benoist, propos recueillis par Yann Vallerie (Breizh Info, 2 avril 2018)

02/04/2018

Radouane Lakdim, le quartier Ozanam et la politique de la ville...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli sur Atlantico et consacré au quartier Ozanam de Carcassonne, dont le terroriste islamiste Radouane Lakdim est un pur produit...

 Criminologue et auteurs de nombreux essais, Xavier Raufer a publié ces dernières années Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014) et a également coordonné l'ouvrage collectif intitulé La première cyber-guerre mondiale ? (Eska, 2015).

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Opération de police dans le quartier Ozanam après l'attaque terroriste de Trèbes

 

Le lieutenant-colonel Beltrame égorgé par Radouane Ladkim ET victime de la "Politique de la Ville"

On entend d'ici les pleureuses, "flocons de neige" et indignés à répétition, trépigner et attiser une de leurs fameuses tornades morales. Qu'ils prennent plutôt le temps de lire et méditer ce qui suit - dans l'intérêt même de leur propre sécurité, argument qui devrait les séduire.

24 mars matinée : l'hybride racaille-salafiste Radouane Lakdim vient d'assassiner quatre innocents et d'en blesser 15 autres. Des journalistes affluent à la cité Ozanam de Carcassonne, dont Lakdim est un pur produit. Réaction de la milice narco-islamiste locale "Casse-toi, je vais t'éclater"... "Barre-toi d'ici ou je te casse les jambes". Regards haineux ; des journalistes sont molestés, leur matériel, volé. Milice vraiment ? Oui : "Toutes les issues sont contrôlées... Les journalistes fuient... des jeunes les poursuivent à bord d'un véhicule"...

Une "retraitée" [décodeur : l'ultime Française du coin] : "Une minorité pourrit le quartier... Ils ont pris le pouvoir". Notons que tout ceci provient de la notoirement bienséante France-Info.

Ozanam, cloaque en sécession, coup de tonnerre dans un ciel bleu ? Non : le 30 juillet 2012, une association d'habitants du lieu écrit au président de la République (les pauvres, c'était Hollande...), au ministre de l'Intérieur, etc. (La Dépêche, 12/08/2012) Ces habitants veulent juste "vivre en paix". Or au quotidien, disent-ils, agressions de citoyens et de policiers... cambriolages... rodéos... vols dans les véhicules... trafics multiples... Le programme de réhabilitation urbaine d'Ozanam et autres coupe-gorge devait apaiser le climat ? A Ozanam en tout cas "le résultat est moins probant" [Décodeur : total échec]. Précision : ces habitants avaient déjà appelé au secours en 2008 - ce qui fait bientôt dix ans.

Accélérateur avant. Que fait-on aujourd'hui pour nettoyer ces repaires de trafiquants, d'islamistes et d'assassins-terroristes ? (Coulibaly N°1, de l'Hyper-Cacher, venait de la Grande-Borne, célèbre cité hors-contrôle de l'Essonne). Lisons (décembre 2017) le "Contrat de ville de Carcassonne, appel à projets 2018" (il figure sur Internet).

Bienvenue dans le gentil petit monde de la Politique de la Ville. Pas d'islamistes ! Nuls trafiquants de drogue ! Ni bandes, ni racailles.

Mais procédons par ordre :

1 - La Conte-Ozanam est bien un "Quartier prioritaire de la politique de la ville". Le confirme, le décret N°2014-1750 du 30/12/2014.

2 - L'assassin et terroriste Redouane Lakdim est bien un pur produit d'Ozanam.

3 - "Contrat de ville" : 16 bonnes fées se sont penchées sur son berceau : Carcassonne-Agglo - L'Etat (CGET) - Ville de Carcassonne - Conseil départemental de l'Aude - Conseil régional d'Occitanie - Ministère de la Justice - Pôle-Emploi - Caisse d'allocations familiales de l'Aude - Direction académique de l'Aude - Agence régionale de la santé - Caisse primaire d'assurance-maladie - Caisse des dépôts et consignations - Chambre des métiers de d'artisanat de l'Aude - Chambre de commerce et d'industrie - Mission locale ouest-audois - 3 bailleurs sociaux.

Alors qu'ils ignoraient le coupe-gorge et repaire salafiste, voici ce que ces nobles organismes et brillants sujets ont pondu : "lutte contre les discriminations et le racisme...vivre ensemble... travail de mémoire... Construction d'une image positive du quartier (!!)...prises en charge individualisées des jeunes les plus fragiles (bonjour la culture de l'excuse)... Valeurs de la République... Conseils citoyens". 24 "critères de discrimination" aimablement étalés (si un racketteur venait à en oublier un...).

Bref, l'usuelle ratatouille, boy-scouts attardés, Abbé-Pierre-gaga-terminal et néo-dames patronnesses.

Résultat : l'aveuglement. Une invisible zone de guérilla où l'on expédie les gendarmes, comme dans la bonne vieille banlieue d'antan. Pourquoi se méfieraient-ils ? "Vivre ensemble... valeurs de la République" ? Face à eux bien plutôt, un fauve. Ainsi périssent quatre innocents ; ainsi souffrent quinze autres malheureux, victimes d'une collective impuissance à regarder en face le réel criminel et terroriste.

Ne pas régler une fois pour tous le sévère problème des Ozanam & co. ; ne pas y rétablir cet "ordre républicain" promis depuis TRENTE-SEPT ans, c'est l'assurance d'autres attentats, d'autres victimes.

C'est la certitude d'autres Beltrame. Gloire à lui et honte à ceux qui, par lâcheté ou bienséance, ont laissé pourrir la situation, à Ozanam et ailleurs.

Xavier Raufer (Atlantico, 26 mars 2018)