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immigration - Page 2

  • Le lord, le sang et les vieilles murailles...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Balbino Katz, le chroniqueur des  vents et des marées, cueilli sur Breizh-Info et consacré à l'incompréhension des élites britanniques face à l'émergence du parti anti-immigration Restore Britain...

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    Le lord, le sang et les vieilles murailles

    J’étais dans mon salon, ce qui, dans mon extrême Occident, constitue parfois un poste d’observation plus sûr qu’une chaire universitaire. La fenêtre donnait sur ce calme trompeur des jours où l’on se dit que l’Europe tient encore debout parce que les meubles n’ont pas bougé. Sur l’écran défilaient d’abord les images des réjouissances françaises après la victoire du Paris Saint-Germain dans je ne sais quelle compétition sportive, le genre d’événement où l’on voudrait croire que le drapeau, les cris et les maillots suffisent encore à faire nation. Très vite, la fête avait pris son tour habituel. Des vitrines brisées, des scooters incendiés, des groupes courant devant les forces de l’ordre, ces jeunesses périphériques, pour reprendre une formule assez molle pour ne pas troubler le sommeil du ministre de l’Intérieur, transformaient la victoire d’une équipe portant les couleurs françaises en rite de saccage ou en répétition de guerre intérieure.

    J’avais encore ces images en tête lorsque d’autres, venues d’Angleterre, me parvinrent. Elles montraient Henry Nowak, jeune homme blanc de dix-huit ans, gisant au sol, ensanglanté, menotté par une police qui avait d’abord cru la parole de son agresseur. Celui-ci l’avait accusé d’avoir commis une attaque raciste. La formule avait suffi à inverser le monde. Le blessé devenait suspect. Le sang visible comptait moins que l’accusation rituelle. Dans cette Angleterre naguère si jalouse de ses formes, de ses libertés, de son flegme et de sa common decency, des policiers voyaient un jeune homme mourir et semblaient d’abord chercher, non la plaie, mais la faute morale.

    Il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour comprendre ce que ces deux scènes racontent. D’un côté, une France où la victoire sportive devient prétexte à la guerre de rue. De l’autre, une Angleterre où l’accusation de racisme agit comme une clef sacrée ouvrant toutes les portes, y compris celle de l’absurde. Entre les deux, une même maladie européenne : l’État ne protège plus ceux qui devraient l’être, et se montre prodigieusement sensible à ceux qui savent parler la langue de son idéologie.

    C’est dans cette humeur, je le confesse, peu favorable aux billevesées parlementaires, que je me suis attardé sur l’éditorial publié par The Times sous la plume de Paul Goodman, devenu Lord Goodman of Wycombe. L’homme n’est pas un échappé de tribune anonyme. Ancien député conservateur, ancien observateur écouté du monde tory, pair britannique, il appartient à cette caste qui connaît les couloirs, les déjeuners, les amitiés utiles, les rites du pouvoir. Une Angleterre se meurt dans les rues, dans les commissariats, dans les écoles, dans les tribunaux symboliques de la diversité. Le bon lord, lui, s’inquiète de la fragmentation du système partisan.

    Son article est consacré à Restore Britain, le parti de Rupert Lowe, ancien élu de Reform UK, homme d’affaires, fermier, ancien conservateur et figure désormais dissidente du camp populiste britannique. Paul Goodman ne voit pas d’abord, dans cette apparition, le symptôme d’un pays qui bout. Il y voit le risque d’un désordre électoral. Restore pourrait prendre assez de voix pour gêner Reform, affaiblir Nigel Farage et compliquer encore la formation de gouvernements stables à Westminster. La maison brûle, le lord compte les fauteuils.

    Il faut lui rendre justice. Son éditorial n’est pas dépourvu d’intelligence tactique. Il observe que Restore Britain peut prospérer sur la décomposition des vieux partis, que les conservateurs et les travaillistes n’ont pas su relever le niveau de vie, maîtriser les frontières ni combattre l’extrémisme islamiste. Il comprend que les réseaux sociaux permettent à Rupert Lowe et à ses partisans de contourner la presse classique. Il note l’importance de X, la puissance de Facebook, l’appui ou la bienveillance d’Elon Musk, la capacité nouvelle d’une droite insurrectionnelle à parler directement aux Anglais sans passer par le filtre des journaux comme il faut, des chaînes qui pensent bien, des éditorialistes agréés.

    Toutefois, cette lucidité s’arrête précisément là où elle devrait commencer. Paul Goodman voit le mécanisme. Il ne veut pas regarder la cause. À ses yeux, Restore serait moins un parti qu’une nostalgie monétisée, une industrie du ressentiment, un divertissement sombre offert à des électeurs provinciaux, âgés, blancs, égarés dans une chambre d’écho algorithmique. Le peuple, lorsqu’il ne vote plus convenablement, devient toujours une pathologie de communication.

    Les griefs du lord sont nombreux, et ils méritent d’être exposés parce qu’ils dessinent un portrait parfait de la peur des élites. Restore, dit-il en substance, naîtrait d’une querelle venimeuse entre Rupert Lowe et Nigel Farage. Lowe serait un homme d’un autre temps, un rescapé des années 1980, incertain de ce qu’il a lui-même créé. Son parti serait animé par des activistes plus jeunes, plus rudes, plus efficaces dans la publicité numérique. Ses messages, souvent grossiers, exciteraient les passions plutôt qu’ils ne construiraient une politique. Ses militants croiraient former une majorité silencieuse alors qu’ils ne pèseraient, dans les sondages nationaux, qu’une poignée de points. Ils seraient portés par des comptes étrangers, des robots, des mauvais génies numériques, des puissances hostiles, tout cet attirail commode qui permet d’expliquer que des citoyens pensent mal sans devoir se demander pourquoi ils pensent ainsi.

    Le reproche le plus révélateur concerne pourtant l’immigration. Paul Goodman accuse Restore de flotter dans un rêve des années 1950, un Royaume-Uni d’avant l’immigration de masse, avec ce slogan brutal, « millions must go », que l’on pourrait traduire sans grâce par « des millions doivent partir », une remigration sauce à la menthe. Il y voit un nativisme repoussant, une sorte d’illusion blanche, provinciale, vieillissante, incapable d’accepter le pays réellement advenu. À l’entendre, le Royaume-Uni de naguère serait un fantasme, et celle d’aujourd’hui une donnée de fait devant laquelle chacun doit s’incliner.

    Or c’est précisément ici que s’ouvre l’abîme.

    La question n’est pas de savoir si l’on peut revenir mécaniquement à l’Angleterre de 1950. Nul peuple ne rentre dans son enfance par décret. La question est de savoir si les Anglais avaient consenti à devenir minoritaires dans des quartiers entiers de leur propre pays, à voir leurs villes transformées, leurs écoles bouleversées, leur police paralysée par la peur du soupçon racial, leurs jeunes filles abandonnées dans les affaires de grooming gangs, leurs frontières ouvertes comme les portes d’une gare de province. La question est de savoir qui a décidé, au nom de quoi, et avec quel mandat.

    Paul Goodman appelle cela nostalgie. D’autres l’appelleraient mémoire.

    C’est l’un des tours les plus redoutables de notre époque. Celui qui veut transmettre devient nostalgique. Celui qui veut demeurer devient extrémiste. Celui qui remarque que son pays a changé au point de ne plus se reconnaître est invité à consulter au mieux un sociologue ou au pire un psychiatre. À l’inverse, celui qui célèbre la dissolution générale se voit paré des vertus de l’ouverture, de la modernité, de la tolérance. Il y a dans cette inversion quelque chose de presque soviétique, le réel est faux s’il contredit la doctrine.

    Le bon lord s’inquiète aussi du fait que Restore puisse affaiblir Reform UK. Voilà son obsession centrale. Si Rupert Lowe mord sur le même électorat que Nigel Farage, si les voix se dispersent, si la droite protestataire se fragmente, alors les travaillistes pourraient demeurer au pouvoir, ou du moins le système britannique deviendrait plus ingouvernable encore. Ce raisonnement a sa cohérence. Il appartient à la vieille science des appareils. Seulement il oublie que les peuples ne sont pas nés pour simplifier la vie des partis.

    C’est toujours la même plainte des castes installées. Les électeurs devraient se comporter de manière responsable, c’est-à-dire voter selon les nécessités du système qui les a trahis. On leur demande de ne pas diviser les conservateurs, comme on demandait hier aux Français de ne pas diviser les républicains, de ne pas affaiblir le centre, de ne pas troubler la digue, de ne pas faire le jeu de l’adversaire. À la fin, le citoyen n’est plus souverain. Il est gestionnaire adjoint de la panique des élites.

    La vraie division britannique n’est pas entre Reform et Restore. Elle est entre ceux qui subissent le pays nouveau et ceux qui l’administrent depuis des lieux protégés.

    Paul Goodman appartient, par sa position, par sa fortune sociale, par son monde, à cette Angleterre capitonnée qui ne croise presque jamais les conséquences humaines de ses principes. Ces hommes peuvent disserter sur le nativisme depuis un fauteuil ancien, sous un portrait de famille, dans un salon où les bruits de la rue n’entrent pas. Ils trouvent toujours excessif que les autres se plaignent. Ils peuvent condamner les simplifications de Restore sans jamais se demander pourquoi un tel parti trouve un public. Ils peuvent sourire de la « nostalgie monétisée » sans voir que la modernité qu’ils défendent, elle aussi, nourrit ses bureaucraties, ses ONG, ses consultants, ses avocats, ses universitaires, ses policiers de la pensée, ses entrepreneurs de diversité.

    Ce qui frappe surtout, dans l’éditorial du Times, c’est l’absence. Paul Goodman parle de stabilité gouvernementale, de réseaux sociaux, d’Elon Musk, de sondages, de duopole partisan, de concurrence électorale, de fragmentation. Il parle même de l’échec des partis traditionnels à contrôler les frontières et à combattre l’extrémisme islamiste. Il ne s’attarde pourtant pas sur le martyre concret qui donne chair à ces mots. Il ne regarde pas longtemps Henry Nowak menotté dans son sang. Il ne regarde pas longtemps les jeunes filles de Rotherham, Rochdale ou Oldham, livrées pendant des années à des prédateurs pakistanais que les autorités n’osaient pas nommer correctement de peur d’être accusées de racisme. Il ne descend pas dans le bas monde. Il reste au balcon.

    C’est ce balcon qui a perdu l’Angleterre.

    On peut contester Rupert Lowe. On peut trouver Restore brutal, insuffisant, brouillon, verbalement imprudent. On peut craindre qu’un parti né de la colère produise davantage de clameur que d’État. Ces réserves ne sont pas absurdes. La colère ne suffit pas à gouverner. Le cri n’est pas un programme. La dénonciation, à elle seule, ne fait ni une police, ni une frontière, ni une politique industrielle, ni une école. Jünger eût dit, peut-être, qu’il ne suffit pas de haïr les ruines pour savoir bâtir au milieu d’elles.

    Cependant la colère n’est pas née d’un caprice. Elle est le retour du refoulé national.

    Depuis des décennies, les élites britanniques promettent que l’immigration de masse enrichira la nation, que la diversité sera une force, que les frontières sont des anachronismes, que les inquiétudes populaires sont des préjugés, que les victimes de la transformation doivent se taire par délicatesse. Puis, quand un parti surgit pour dire avec brutalité ce que des millions d’hommes murmurent depuis longtemps, les mêmes élites feignent de découvrir un monstre sorti de nulle part.

    Le monstre n’est pas sorti de nulle part. Il sort de leurs politiques.

    Il sort des quartiers où les Anglais ont appris à baisser la voix. Il sort des commissariats où l’on craint davantage l’accusation de racisme que l’évidence d’un corps blessé. Il sort des tribunaux médiatiques où le mot « blanc » devient suspect dès qu’il désigne une victime. Il sort des hôtels remplis de migrants illégaux pendant que des familles modestes n’arrivent plus à se loger. Il sort de cette impression, terrible, que l’État britannique aime davantage l’idée morale qu’il se fait de l’étranger que les siens propres.

    Paul Goodman voudrait qu’on appelle Restore une industrie du divertissement. C’est commode. Le divertissement n’a pas de racines. Il passe, il amuse, il choque, il se vend, puis il disparaît. Il est possible, d’ailleurs, que Restore disparaisse. La politique britannique est capricieuse. Les partis naissent, gonflent, se déchirent, s’évanouissent. Le sort organisationnel de Rupert Lowe m’intéresse moins que le phénomène dont il est le nom provisoire.

    Car même si Restore venait à s’effacer, ce qu’il exprime ne s’effacerait pas.

    Le Royaume-Uni est entré dans l’âge post-impérial de la dépossession intérieure. Il ne domine plus les mers. Il ne tient plus son industrie. Il ne contrôle plus véritablement ses frontières. Il n’a plus la vigueur morale de son ancienne classe dirigeante. Les conservateurs ont trahi sans courage, les travaillistes dissolvent avec componction, la police s’agenouille devant les fétiches de l’époque, les juges tremblent devant les mots interdits, les médias chassent le dissident plus volontiers qu’ils ne poursuivent le mensonge officiel. Ce n’est pas un accident. C’est un régime.

    Un Euro-Argentin de Bretagne, qui lit chaque matin la presse britannique comme d’autres consultent le baromètre, ne peut regarder ce spectacle sans mélancolie. J’ai connu, comme beaucoup d’hommes de ma génération, l’Angleterre à travers ses marins, ses écrivains, ses officiers, ses explorateurs, ses clubs, ses bibliothèques, ses rites un peu froids, sa manière de tenir debout sous la pluie. Il y avait là un peuple, avec ses duretés, ses injustices, ses grandeurs. Aujourd’hui, on nous parle d’une « nouvelle Angleterre », comme Mélenchon parle d’un « nouveau peuple ». Cette Angleterre nouvelle n’est pas la continuation de l’ancienne. Elle en est parfois la négation administrative.

    À ceux qui s’étonnent que des partis comme Restore apparaissent, il faudrait répondre simplement : que vouliez-vous qu’il arrivât ?

    Pensiez-vous qu’un peuple disparaîtrait sans bruit, entre une campagne de sensibilisation et un atelier de diversité ? Pensiez-vous que les vieux Anglais provinciaux accepteraient d’être traités comme les vestiges gênants d’un pays périmé ? Pensiez-vous que les familles des victimes, les habitants des villes moyennes, les policiers encore sains, les ouvriers remplacés, les électeurs méprisés, les jeunes hommes accusés avant d’être secourus, se contenteraient éternellement de lire les homélies des lords dans The Times ?

    Ce que Paul Goodman appelle désordre est peut-être le commencement tardif d’une vérité politique. Les vieux partis se fragmentent parce qu’ils ne représentent plus le réel. Les médias traditionnels sont contournés parce qu’ils ont trop longtemps filtré le réel. Les réseaux sociaux prospèrent parce qu’ils donnent, au milieu du fracas et du mensonge, une issue à des paroles interdites ailleurs. Ce n’est pas toujours beau. Ce n’est pas toujours juste. C’est souvent brutal. C’est surtout inévitable.

    La tâche d’un homme politique sérieux serait de transformer cette colère en restauration, non en spectacle. C’est ici que Rupert Lowe sera jugé. S’il n’est qu’un entrepreneur de fureur numérique, il passera. S’il comprend que l’Angleterre ne se sauvera ni par les invectives ni par les nostalgies mal peignées, mais par la frontière, la police, l’école, la justice, la préférence nationale, la remigration organisée, la renaissance des mœurs communes et le courage de nommer les choses, alors il aura peut-être une place dans l’histoire qui vient.

    Lord Goodman, lui, appartient déjà à l’histoire qui s’en va.

    Il voit dans Restore un danger pour la stabilité parlementaire. Je vois dans son éditorial un document précieux sur la stabilité des aveugles. Il y a des hommes qui continuent de discuter l’ordonnancement des bancs pendant que la nef prend l’eau. Ils appellent cela responsabilité. Le peuple, lui, commence à appeler cela abandon.

    Dans mon salon, les images de Paris et de Southampton se mêlaient encore. Les voitures brûlées après la victoire. Le jeune Henry Nowak menotté dans son sang. Le visage impeccable du lord dans le journal. Trois images, une seule leçon. Nos élites ne craignent pas le chaos qu’elles ont produit. Elles craignent que quelqu’un, enfin, ose le nommer.

    Balbino Katz, Chroniqueur des vents et des marées (Breizh-info, 3 juin 2026)

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  • Jean-Yves Le Gallou sur la remigration : « Il faut rendre le pouvoir aux peuples européens ! »...

    Nous reproduisons ci-dessous l'intervention de Jean-Yves Le Gallou au Sommet européen pour la remigration qui s'est tenu à Porto le samedi 30 mai 2026 en présence de nombreuses personnalités européennes.

    Ce sommet a également donné lieu au lancement de la première pétition européenne ("Save Europe Act") pour stopper l'immigration, sécuriser les frontières et protéger l'identité ethnoculturelle des nations européennes

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    Jean-Yves Le Gallou sur la remigration : « Il faut rendre le pouvoir aux peuples européens ! »

    Le rôle paralysant du pouvoir judiciaire

    Les deux tiers des Européens trouvent qu’il y a trop d’immigration en Europe et pourtant, l’an dernier, plus de 4 millions d’étrangers extra-européens, issus du monde arabo-musulman, d’Afrique ou d’Asie, sont entrés en Europe pour y séjourner. Comment peut-il y avoir un tel écart entre le souhait des peuples et la réalité des politiques conduites ? Trois explications sont possibles : la malveillance ou la lâcheté des dirigeants politiques, l’ampleur de la doxa médiatique, mais aussi le rôle paralysant du pouvoir judiciaire. C’est ce dernier point que je voudrais aborder devant vous.

    Je vais commencer mon propos en prenant deux exemples français : en 2023, le Parlement a adopté une loi sur l’immigration. Elle comportait des éléments plutôt favorables aux immigrés et d’autres plus restrictifs quant aux conditions de séjour et d’installation. Le Conseil constitutionnel a été appelé à juger de la validité de cette loi et il a annulé les trois quarts des dispositifs un tant soit peu restrictifs. Bilan : Parlement zéro, pouvoir judiciaire 1.

    Voulez-vous un autre exemple ? Le voici ! Un haut fonctionnaire français, aujourd’hui député européen du Rassemblement national, a été, durant sept ans, le patron de Frontex, le service de contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne. Fabrice Leggeri a tenté de faire son travail en limitant l’immigration clandestine, mais il a été poussé à la démission par les autorités européennes et se retrouve aujourd’hui poursuivi par la cour d’appel de Paris. Pour, tenez-vous bien, « crime contre l’humanité » (sic). Il s’agit évidemment de dissuader hommes politiques et fonctionnaires de tenter de réguler l’immigration.

    Ce phénomène du pouvoir judiciaire n’est pas particulier à la France : tous les pays européens sont plus ou moins concernés à travers les actions de leurs hautes cours de justice ou de leurs cours constitutionnelles, ou tout simplement des organisations judiciaires plus classiques.

    C’est ce qui vient d’arriver à notre ami Dries Van Langenhove, condamné par un tribunal belge qui reconnaît qu’il a scientifiquement et statistiquement raison dans son analyse de l’immigration, mais que critiquer celle-ci révèle une intention d’incitation à la haine qui doit être condamnée. Par une interprétation liberticide d’une loi déjà liberticide.

    Ce pouvoir judiciaire a de multiples effets : un effet retardateur, un effet de censure et, ce qui est encore pire, un effet d’autocensure, car la peur d’être désavoué intimide et paralyse la parole des lanceurs d’alerte comme l’action des gouvernements et des législateurs : cela conduit à l’adoption de demi-mesures par crainte de la censure d’une action réellement utile.

    Souvent présenté comme la quintessence d’un « État de droit », porteur de hautes valeurs morales, ce pouvoir judiciaire accumule les biais antidémocratiques :

    1 — Sauf en Suisse, ce n’est pas un pouvoir élu et c’est même souvent un pouvoir corporatiste qui s’autopromeut.

    2 — C’est un pouvoir qui se déploie en fondant ses décisions sur l’application ou, plus exactement, l’interprétation de textes généraux — conventions internationales et autres — qui se prêtent à toutes les manipulations.

    3 — Ce pouvoir est soumis à des influences idéologiques progressistes : à titre d’exemple, 20 % des juges à la Cour européenne des droits de l’homme — dont les jurisprudences inspirent celles de tous les États — sont proches d’associations liées à la galaxie Soros.

    4 — Le pouvoir judiciaire est irresponsable : il ne prend pas en compte les conséquences pratiques de ses décisions de principe. À titre d’exemple, en France, la Cour nationale du droit d’asile a décidé que toutes les femmes afghanes avaient par nature un droit à l’asile en France et, par là même, au séjour en Europe. Est-il responsable de décider qu’il serait possible d’accueillir 30 millions de personnes venant d’Afghanistan elle-même, ouvrant droit à 30 millions de personnes supplémentaires au titre du regroupement familial ? C’est tout simplement déraisonnable, mais lors des audiences, les avocats qui font valoir les droits des particuliers demandeurs d’asile — qu’ils soient homosexuels togolais, albinos congolais, musulmanes sri-lankaises ou transsexuels péruviens, je cite des jurisprudences — expliquent aux juges qu’ils ne doivent en aucun cas prendre en compte les conséquences collectives de leurs décisions individuelles.

    5 — C’est le point aveugle du pouvoir judiciaire : se prononcer exclusivement du point de vue d’individus étrangers, sans jamais prendre en compte l’intérêt général, le bien commun.

    Vers le JUGEXIT !

    C’est pourquoi l’identité européenne ne pourra être sauvée que si les peuples européens reprennent la pleine souveraineté sur leurs lois et leurs décisions administratives. Cela suppose ce que j’ai appelé, dans mon ouvrage Remigration pour l’Europe de nos enfants, le JUGEXIT. Qu’est-ce que le JUGEXIT ? C’est la suprématie de la loi sur les jurisprudences arbitraires. Cela suppose plusieurs préalables :

    1 — Sans doute la dénonciation de conventions internationales abstraites, remontant aux années 1950 et adoptées dans des contextes infiniment différents de la situation d’aujourd’hui : je veux parler ici de la Convention européenne des droits de l’homme, de la Convention internationale des droits de l’enfant ou de la Convention de Genève sur les réfugiés. Celle-ci était prévue pour protéger les populations européennes déplacées à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, pas pour accueillir le monde entier en fonction de considérations pseudo-humanitaires.

    2 — Il faut aussi que nos pays réaffirment la suprématie de leur loi interne postérieure sur les traités internationaux postérieurs.

    3 — Il faut enfin que les juges soient — sous peine de forfaiture — tenus d’appliquer les lois votées et qu’il leur soit interdit de les censurer en fonction de leur humeur ou de leurs sensibilités idéologiques.

    Ne nous laissons pas abuser par ce qu’ils appellent « l’État de droit », qui n’est trop souvent que la dictature judiciaire, elle-même apparentée à La Nef des fous, puisque les jurisprudences de nombreux États européens, dont la France, sur le droit d’asile, ouvrent le droit à l’entrée et au séjour en Europe à 600 millions de personnes, ce qui supposerait de bétonner la moitié de notre continent.

    Il faut rendre le pouvoir aux peuples européens : directement par référendum pour les pays qui le pratiquent ou à travers leurs parlementaires pour les autres. C’est dans cet esprit qu’un grand événement européen se tiendra à Paris le samedi 31 octobre prochain.

    Européens, libérez-vous !

    Jean-Yves Le Gallou (Polémia, 1er juin 2026)

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  • Tour d'horizon... (306)

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    Au sommaire :

    - sur le site de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie, une étude sur l'impact des récentes décisions du parlement européen en matière de lutte contre l'immigration...

    La réforme européenne des retours : un tournant dans la politique migratoire de l’UE ?

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    - sur Persée, une étude de Jacques Le Rider sur les liens qui existent entre Baudelaire et Nietzsche...

    Nietzsche et Baudelaire

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  • Nicolas Pouvreau-Monti : « L’immigration est l’enjeu du siècle pour la France »...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous l'entretien donné à Rodolphe Cart, pour Omerta, par Nicolas Pouvreau-Monti, directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, à l'occasion de la sortie de son enquête Immigration - Mythes et réalités (Fayard, 2026).

     

                                                 

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  • Penser à l'endroit...

    Les éditions FYP viennent de publier un essai d'Antoine Estissac intitulé Penser à l'endroit - Pour un réarmement intellectuel de la droite, avec une préface de David Engels.

    Juriste et historien, Antoine Estissac travaille sur les questions de défense et de sécurité internationale. Après quinze années au service de la France à l’étranger, notamment au sein du réseau diplomatique, il a acquis une expérience de terrain au contact direct des enjeux migratoires et géopolitiques.

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    " Ne combattez plus avec les armes de l'adversaire. La droite perd moins par manque d'arguments que par soumission au vocabulaire d'en face. Quand vous adoptez les mots de l'autre camp, vous adoptez son cadre mental, ses interdits, et souvent ses conclusions. Vous vous retrouvez à plaider en défense, à vous justifier, à demander la permission d'exister. Penser à l'endroit propose une méthode pour sortir de cette nasse : reprendre les repères, refuser le tribunal moral, et reconstruire une pensée politique autonome. Antoine Estissac remonte aux racines des controverses et met à l'épreuve des faits les récits dominants : souveraineté, immigration, économie, héritages historiques, idéologies contemporaines. Dans sa préface, David Engels souligne l'urgence de ce préalable intellectuel. C'est un livre pour ceux qui veulent cesser de subir l'époque et reprendre la bataille des idées. "

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  • Immigration : l’Europe face à une transformation sans précédent...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous la chronique de David Engels sur Ligne droite, la matinale de Radio Courtoisie, datée du 27 avril 2026 et consacrée à la submersion migratoire de l'Europe...

    Historien, essayiste, enseignant chercheur à l'Instytut Zachodni à Poznan, à l'Institut Catholique de Vendée ainsi qu'au Mathias Corvinus Collegium de Bruxelles, David Engels est l'auteur de trois essais traduits en français, Le Déclin - La crise de l'Union européenne et la chute de la République romaine (Toucan, 2013), Que faire ? - Vivre avec le déclin de l'Europe (La Nouvelle Librairie, 2024), Défendre l'Europe civilisationnelle - Petit traité d'hespérialisme (Salvator, 2024) et, dernièrement, d'un roman, Le retour du roi (Le Verbe-Haut, 2026). Il a  également dirigé deux ouvrages collectifs, Renovatio Europae - Plaidoyer pour un renouveau hespérialiste de l'Europe (Cerf, 2020) et Aurë entuluva! (Renovamen-Verlag, 2023), en allemand, consacré à l’œuvre de Tolkien.

     

                                               

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