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21/04/2017

Quand Emmanuel Macron promet l'instauration de la discrimination positive...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Anne-Marie Le Pourhiet, cueilli sur Figaro Vox et consacré à la politique de discrimination positive préconisée par Emmanuel Macron. Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit constitutionnel et de droit public à l’Université de Rennes I.

 

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Anne-Marie Le Pourhiet: «La discrimination positive est un danger pour la paix civile en France»

« La vraie rupture, ce que je propose pour les quartiers, c’est une vraie politique assumée de discrimination positive et de mobilité », a déclaré Emmanuel Macron le 8 mars dans un entretien à l’AFP. Il s’agit là d’une annonce de grande portée de la part du candidat à l’Élysée.

La discrimination positive, que les Anglo-Saxons appellent affirmative action (« action positive »), consiste à adopter des mesures de faveur (priorités à l’embauche, promotions préférentielles, dispenses de concours, épreuves spéciales dérogatoires, points supplémentaires, emplois, contrats ou marchés réservés, quotas, parité, etc.) pour des catégories de personnes désignées par un critère non social (race, ethnie, religion, langue, sexe, orientation sexuelle, handicap, etc.) et dont on affirme qu’elles ont subi des discriminations passées ou présentes ou qu’elles sont « défavorisées ».

Il s’agit donc de passe-droits accordés aux membres de certaines catégories pour leur permettre d’échapper aux critères du droit commun. L’adjectif « positif » est destiné à gommer le caractère négatif de la différenciation puisque toute discrimination est en l’espèce évidemment positive pour son bénéficiaire mais négative pour celui qu’elle exclut. Une discrimination « en faveur » des femmes ou des Noirs se fait évidemment « au détriment » des hommes ou des Blancs. Et dès lors que l’on prétend ériger la « lutte contre les discriminations » en politique publique, il est incohérent de prétendre parallèlement les encourager « en faveur » de certaines catégories et donc au préjudice des autres. Il s’agit d’une application bien connue de la théorie multiculturaliste consistant à repérer dans la société des catégories de « dominés » qui auraient le droit de bénéficier de traitements de faveur en compensation des oppressions subies. On y retrouve aussi la rhétorique marxiste selon laquelle il conviendrait d’écarter l’égalité de « droits formels » pour parvenir au forceps à une égalité de fait, dite « égalité réelle », à cette différence près que le socialisme s’intéressait aux classes alors que le culturalisme se préoccupe des races, des religions et des sexes.

Ces mesures discriminatoires qui évacuent le critère méritocratique sont évidemment contraires aux valeurs et principes républicains inscrits dans notre Constitution, mais elles sont aussi inefficaces et engendrent de graves effets pervers. Notre Constitution, dans la plus pure tradition républicaine issue de la Révolution française, consacre une stricte égalité de droits entre les citoyens : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits (…). La loi (…) doit être la même pour tous (…). Tous les citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents (…) ». « La loi garantit à la femme dans tous les domaines des droits égaux à ceux de l’homme (…). La France (…) assure l’égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction d’origine, de race ou de religion. » C’est sur le fondement de ces principes que le Conseil constitutionnel a jugé que la Constitution « s’oppose à toute division par catégories des électeurs et des éligibles (…) et à ce que soient reconnus des droits collectifs à quelque groupe que ce soit, défini par une communauté d’origine, de culture, de langue ou de croyance ». Il a ainsi censuré la notion de « peuple corse », les quotas ou la parité sexuels, la charte européenne des langues régionales ou les statistiques ethno-raciales. Il a donc fallu réviser la Constitution pour permettre au législateur d’imposer la parité ou la priorité autochtone dans l’accès aux emplois et professions de certaines collectivités d’outre-mer.

Beaucoup de discriminations positives ethno-raciales échappent cependant au contrôle du juge constitutionnel parce qu’elles n’empruntent pas la voie législative ou réglementaire ou que les autorités compétentes camouflent les critères interdits en utilisant des euphémismes sociologiques ou géographiques. Par exemple : « modalités particulières d’admission destinées à assurer un recrutement diversifié des étudiants ». Ou encore :« à aptitude égale la commission de sélection donne la priorité aux candidats qui résident dans un quartier prioritaire de la politique de la ville ». Ou bien encore : « favoriser l’émergence d’une fonction publique plus représentative du bassin de vie qu’elle administre ».

De surcroît, cette politique de discrimination positive se révèle également inefficace et engendre des effets pervers que les États-Unis ont éprouvés. Au lieu de créer les conditions permettant à tous de concourir à égalité, elle consiste à dispenser de concours ceux que l’on juge incapables de passer les épreuves communes. Il s’agit donc d’un système de « triche » exactement comme le dopage dans les épreuves sportives. Mais celui qui n’avait pas les compétences requises pour entrer dans l’école ou la fonction ne les aura pas par miracle au lendemain de son admission préférentielle et va donc traîner ses insuffisances par la suite, ce qui ne fait qu’accroître le ressentiment. De tels procédés, d’ailleurs, ne sont pas admis dans le domaine des sciences dures (mathématiques, physique). Et ils sont strictement déconseillés lorsqu’il s’agit de former et de recruter, notamment, des chirurgiens ou des pilotes de ligne. Ça serait trop dangereux. Écartant la méritocratie, ces passe-droits ne peuvent, en tout état de cause, concerner qu’une faible minorité d’individus, car leur généralisation conduirait à baisser gravement le niveau de performance d’une école, d’une entreprise, d’une administration (ou d’un festival de cinéma) et à couler sa réputation.

Enfin et surtout, ce type de mesures préférentielles a un coût social, moral et politique très lourd. Il renforce d’abord le communautarisme dont il est issu en incitant les individus à s’inscrire dans un groupe pour pouvoir bénéficier des avantages accordés et en perpétuant ainsi les assignations à identité. Une société qui remplace la méritocratie républicaine par la médiocratie sociétale et instaure un système où les catégories ethno-raciales et sexuelles se « partagent le gâteau » se met en péril et menace gravement la paix civile.

Qu’est-ce qui arrive fatalement lorsque, à un concours de recrutement de pompiers de Los Angeles, un Noir est reçu avec 9/20 et un Blanc collé avec 15/20 ? Que ressent le citoyen qui lit dans un quotidien ces propos du président d’un grand groupe français : « Lorsque nous rencontrons un candidat qui a un prénom d’origine étrangère, il a plus de chances d’être recruté que celui qui porte un prénom français de souche » ? Inutile de jouer les tartuffes devant la « montée des extrêmes » lorsque à longueur d’actes et de discours démagogiques et clientélistes certaines élites dirigeantes ne font que semer les ferments de l’amertume sociale.

Anne-Marie Le Pourhiet (Figaro Vox, 15 mars 2017)

19/04/2017

La communauté internationale n’existe pas !...

Nous reproduisons ci-dessous une chronique de Richard Millet, cueillie sur son site personnel et dans laquelle il évoque les réactions à l'attaque au gaz qui aurait été menée par l'armée syrienne contre le village de Khan Cheikhoun...

Auteur de La confession négative (Gallimard, 2009) et de Tuer (Léo Scheer, 2015), Richard Millet vient de publier aux éditions Léo Scheer un roman intitulé Province.

 

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La communauté internationale n’existe pas

La « communauté internationale » s’indigne d’une attaque à l’arme chimique qui aurait fait, le 4 avril, plus de 80 morts parmi les habitants du bourg de Khan Cheikhoun, en Syrie, dans une zone « tenue par l’opposition », écrit le journal prostitutionnel Libération, qui « pointe » bien sûr le « régime » et publie en couverture une photo d’enfants qui seraient morts sous l’effet du gaz sarin. Ces enfants seraient-ils en couverture s’ils étaient morts sous des obus ou dans un attentat islamiste, comme c’est le cas chaque jour au Proche-Orient ? Méfions-nous des photos de presse, surtout à l’heure de Photoshop et de la propagande mondialisée. On a vu ce qu’il en était en Palestine, en Yougoslavie, au Kossovo, en Grèce… Les enfants font toujours des victimes spectaculaires, et le Spectacle doit continuer…

Pour Kahn Cheikhoun, on s’en remet au seul témoignage de l’ « opposition », vocable qui donne l’impression qu’on parle d’un fief socialo-hamonien en Haute-Auvergne, alors qu’il englobe des islamistes sur les intentions desquels on ferme pieusement les yeux, puisque « rebelles », et de prétendus démocrates dont la position sur l’échelle de la démocratie post-athénienne oscille entre Erdogan et Kim Jong Un. Et on oublie que si Assad est un « dictateur », ce mot n’a pas le sens qu’on lui prête dans le discours dominant occidental, et que les peuples du Proche-Orient se moquent éperdument des mots-valises et, davantage, d’une démocratie qui présente comme un progrès « sociétal » l’avortement, l’euthanasie, le mariage homosexuel, la tolérance, la transparence, les droits des animaux, l’athéisme, etc. Si le gaz ne passe plus depuis Verdun et Auschwitz, ni le napalm depuis le Vietnam, les obus à sous-munitions, eux, semblent rencontrer, en Occident, une indifférence aussi grande que les attentats islamiques qui ravagent la région. Ce qui est particulièrement insupportable, pour nous, ce ne sont pas les photos (une guerre est une guerre, et il n’en est pas de « propre ») : c’est la monstration de ces clichés et l’utilisation d’enfants morts, tout comme il est obscène, pour un écrivain, d’écrire des livres sur la mort de son enfant, de sa maman ou de son père.

Nul ne se demande, au moment où les Occidentaux se résignaient à laisser Assad en place, pourquoi le maître de Damas aurait lancé une telle attaque, laquelle pourrait être aussi bien le fait des « rebelles » islamistes qui ont tout intérêt à un nouveau revirement de la « communauté internationale » sur le président alaouite. Trump ayant trouvé là l’occasion de montrer sa force à Poutine, au moment où la bataille de Raqqa est imminente et où il s’agit de trouver un équilibre entre les puissances sunnites et chiites, on ne se demande pas davantage si garder Assad au pouvoir, ou dans un simulacre de pouvoir, ne serait pas encore un moindre mal. Raphaël Glucksmann et tous les indignés en costume Zara préfèrent ululer comme des chouettes aveugles.

La « communauté internationale » n’existe pas. Tout comme la notion de « patrimoine de l’humanité », ou les « droits de l’homme », c’est un leurre politique – un slogan du marketing mondialiste, un syntagme journalistique, une expression onusienne destinée à diluer les responsabilités ou mettre au pilori les dirigeants incorrects politiquement. Ainsi la responsabilité de Bush dans le chaos irakien ne sera-t-elle jamais qualifiée de crime de guerre ; et Bush n’est plus qu’un sympathique retraité qui s’occupe de peinture… En revanche, on continue de s’époumoner contre Poutine, Orban, Kim Jong Un, et bien sûr Assad, comme on l’avait fait pour Saddam Kadhafi, Moubarak, Ben Ali, tout en se taisant sur le sort des chrétiens d’Orient et sur les exactions des émirs de la coalition arabe qui pilonne quotidiennement les Kahn Cheikhoun yéménites, et sur les dirigeants chinois, le satrape Mugabe, la momie Bouteflika. On ne dit rien non plus des criminels post-civilisationnels qui ont conduit au naufrage l’Education nationale et la littérature française…

Ne pas appartenir à la « communauté internationale » n’est pas seulement un droit ; c’est un titre de gloire, et un devoir pour l’écrivain qui ne vote pas, qui refuse l’épidémie médiatique, qui appelle encore un chat un chat – et non un(e) chat(te) en attente d’orientation sexuelle -, et aussi pour tous ceux qui cherchent la vérité au-delà de l'information, qu’on présente comme garante de la « vie démocratique ». Cette  « vie »-là suppose une mort : celle de l’esprit, et non seulement sa dimension spirituelle mais aussi la liberté de penser.

Richard Millet (Site officiel de Richard Millet, 7 avril 2017)

18/04/2017

Stratégie de l’attention et stratégie de la tension...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Michel Geoffroy, cueilli sur Polémia et consacré à la stratégie mise en place ^par le système pour amener Emmanuel Macron au deuxième tour de l'élection présidentielle.

 

 

Stratégie de l’attention et stratégie de la tension : les médias, les juges et l’extrême gauche à la manœuvre pour la présidentielle de 2017

Pour l’élection présidentielle française de 2017 l’oligarchie met en œuvre deux stratégies parallèles mais convergentes : la stratégie de l’attention et la stratégie de la tension. Au service d’une seule ambition : faire en sorte qu’au second tour, Emmanuel Macron se retrouve face à Marine Le Pen.

Monopoliser l’attention pour promouvoir la marque Macron

La stratégie de l’attention vise à promouvoir la candidature d’Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle. Elle consiste à mettre en scène en permanence le candidat surgi de nulle part et son mouvement prétendu, En Marche !, par le truchement des médias et des instituts de sondage. La stratégie de l’attention a correspondu au matraquage publicitaire du produit Macron.

Les médias ont rendu Macron omniprésent pour diffuser dans l’opinion la conviction qu’il serait présent au second tour de l’élection présidentielle, ce qui ne va pourtant pas de soi.

Les médias ont scénarisé ses moindres faits et gestes comme ses meetings préfabriqués. Ainsi, par exemple en février, BFMTV a diffusé au total autant de minutes de meetings du fondateur d’En Marche… que de l’ensemble de ses quatre principaux concurrents réunis ! Comme d’habitude, d’ailleurs, puisque depuis sa déclaration de candidature à l’élection présidentielle, tous les meetings d’Emmanuel Macron sont diffusés en intégralité sur la première chaîne d’information en continu. Ce qui est bien loin d’être le cas pour les autres candidats (1).

Tout comme ils ont scénarisé les ralliements successifs dont Emmanuel Macron bénéficiait, afin de suggérer l’idée d’une dynamique politique à son profit.

Les sondages ont fermé la boucle promotionnelle

Les instituts de sondages ont ensuite donné la réplique aux campagnes médiatiques en faisant apparaître les bons scores du candidat : les commanditaires étant les mêmes (2), la machine promotionnelle fonctionnait donc en boucle !

Elle a donc permis d’enfermer les électeurs dans une bulle médiatique, destinée à leur faire croire ce qu’on leur disait : les sondages paraissant confirmer les dires des journalistes et ces derniers commentant les résultats qui allaient dans le bon sens… CQFD.

Favoriser les outsiders, mais au profit de Macron

La stratégie de l’attention a aussi concerné, dans un second temps, les « petits » candidats.

Tant qu’il s’agissait de promouvoir le produit Macron on les a réduits au silence médiatique. Mais cela a changé à partir du débat télévisé à 11 du 4 avril 2017. En effet, pour exister, les petits candidats, en majorité plutôt à droite, ont tenu à marquer leurs différences critiques vis-à-vis de François Fillon et Marine Le Pen : ils sont donc susceptibles de leur ôter des voix au premier tour et c’est pourquoi on s’efforce aussi de les encourager.

La stratégie de l’attention assure maintenant la promotion de Jean-Luc Mélenchon. Il s’agit de faire croire que l’intéressé talonnerait dans les intentions de vote François Fillon, afin de suggérer l’absence de dynamique au profit du candidat de la droite et du centre. Ce qui serait pour le moins étrange compte tenu de l’état de l’opinion et de la réalité du terrain. Mais le produit Mélenchon a aussi pour fonction de marginaliser un peu plus le candidat du PS, Benoit Hamon, pour présenter le moment venu Emmanuel Macron comme l’ultime recours de la gauche face à la droite ou à « l’extrême droite ».

L’extrême gauche en renfort du Système

Si la stratégie de l’attention bénéficie avant tout à la gauche, la stratégie de la tension vise, elle, prioritairement François Fillon au premier tour. Elle visera, bien sûr, encore plus Marine Le Pen si celle-ci se qualifie au second tour. La tension incombe principalement au service action de l’oligarchie : l’extrême gauche.

L’extrême gauche concentre en effet ses attaques sur ces deux candidats, comme on l’a bien vu lors du débat télévisé du 4 avril 2017. Emmanuel Macron, pourtant le candidat de l’oligarchie financière, du libre-échangisme et du patronat, n’a quasiment pas été attaqué par Philippe Poutou et Nathalie Arthaud !

Comme à son habitude, l’extrême gauche démontre ainsi une nouvelle fois son rôle de brise-glace au service du néo-capitalisme libéral et libertaire, car elle ne combat concrètement en Europe que ceux qui s’opposent à l’avancée de celui-ci : les nationaux, les patriotes et les identitaires, bien sûr au nom de l’antifascisme !

Pousser la droite à la faute

Les médias mainstream se transforment également en procureurs dès qu’il s’agit d’interviewer François Fillon ou Marine Le Pen : car ces entretiens combatifs, autre composante de la stratégie de la tension, ont pour but de pousser ces candidats à la faute, alors que, bien sûr, on ne procède jamais ainsi avec Emmanuel Macron. Bien au contraire, on vole à son secours !

La classe médiatique cherche en réalité à renouveler, 30 ans après, l’affaire du « détail », qui fut instrumentée contre Jean-Marie Le Pen en 1987.

Mais la stratégie de la tension ne se limite pas à la propagande télévisée : elle se déroule aussi dans la rue, comme on l’a vu à Bordeaux ou à Nantes. Les groupes d’extrême gauche s’efforcent de perturber systématiquement les réunions des candidats : celles de François Fillon avec des casseroles et celles de Marine Le Pen avec des manifestations et des violences de la part des prétendus antifas.

Les antifas : un ballet bien rodé

Le scénario de ces opérations de guérilla politique et urbaine est désormais bien rodé :

Les violences cherchent d’abord à intimider les soutiens des candidats pour les dissuader de se rendre à leurs réunions. Elles peuvent servir ensuite de prétexte à une interdiction des réunions au motif de « troubles à l’ordre public », par les élus ou les préfets bien-pensants. Elles suggèrent surtout qu’une victoire des candidats de droite ouvrirait la voie à l’affrontement civil et social.

Les médias couvrent, en outre, systématiquement ces opérations d’obstruction, en particulier lorsque les perturbateurs sont expulsés, afin de suggérer que la violence se situe du côté des organisateurs de la réunion (3) et, donc, que les vrais extrémistes, ce sont eux. Le but inavoué et cynique de ces violences est aussi de fabriquer des martyrs antifas qui permettront d’enclencher de grandes manifestions émotionnelles « contre le racisme, la xénophobie et l’extrême droite » entre les deux tours pour remobiliser le peuple de gauche (4).

Dans la majorité des cas, enfin, et bien que nous soyons sous un régime d’état d’urgence, l’action des groupes d’extrême gauche bénéficie d’une abstention bienveillante des pouvoirs publics, qui ressemble beaucoup à une complicité.

Quoi de plus normal quand l’appareil d’Etat se mobilise en faveur du candidat officiel du Système : Emmanuel Macron !

Quoi de plus normal, puisque l’extrême gauche fait, toujours, le jeu du pouvoir et qu’elle se compose, pour l’essentiel, des rejetons de l’oligarchie !

Attention et tension marchent de concert

Attention et tension se complètent. Attention au profit de la gauche, tension contre la droite.

La stratégie de l’attention a, par exemple, permis de mettre le projecteur, dès le début de la campagne, sur les démêlés judiciaires prétendus du couple Fillon. L’attention a, en d’autres termes, été focalisée sur la tension créée par le pouvoir judiciaire contre le candidat de la droite et du centre, et a renforcé les effets de la manœuvre. Et l’attention focalisée sur ces affaires a permis de mettre sous tension la candidature de François Fillon, afin de suggérer qu’il n’était plus le bon candidat.

Comme la médiatisation systématique des menées de l’extrême gauche renforce ses effets en lui donnant une dimension nationale qu’elle n’a pas.

On fera évidemment de même contre Marine Le Pen, si nécessaire, le moment venu, et sans doute, en pire.

Reste à savoir si ces belles machinations, qui restent avant tout des créations médiatiques et donc des artifices, réussiront à modifier en profondeur l’électorat. Réponse les 23 avril et 7 mai prochains.

Michel Geoffroy (Polémia, 14 avril 2017)

 

Notes :

  1. Marianne du 21 février 2017.

  2. L’IFOP a même publié, le 6 avril dernier, un sondage en oubliant… d’ôter le logo En Marche ! qu’il portait.

  3. Comme on l’a vu, par exemple, lors de la réunion de Marine Le Pen à Ajaccio.

  4. Cette expression est un oxymore puisque la gauche a abandonné le peuple et que le peuple vote désormais principalement à droite !

12/04/2017

Rien ne se perd, rien se crée, tout se transforme...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Laurent Ozon, cueilli sur son blog Centurie News dans lequel il nous livre une synthèse de déclinologie inspirée par Thorstein Veblen, Joseph Tainter, Oswald Spengler et ... l'actualité.

 

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Rien ne se perd, rien se crée, tout se transforme

Plus une société gagne en puissance, plus elle gagne en étendue, en nombre et doit accompagner cette évolution en se dotant d'institutions et d'infrastructures, d'idéologie et de moyens de contrôles, pour assurer la coexistence de ses parties. Dans un premier temps, l’accès à des ressources abondantes et peu chères (ressources issues de ses conquêtes et contrôlées par sa puissance militaire et technologique notamment), permet de ne pas faire peser le coût de cette complexification aux membres de la société. A ce stade, ce processus semble profitable à chacun. La société s’étend, procède à de nouvelles conquêtes, agrège ou soumet des populations de plus en plus différentes, et administre des territoires de plus en plus étendus. Le maintien des services publics (prise en charge des plus faibles, administration, éducation, puissance militaire, police intérieure, justice, etc.), dans une société étendue, hétérogène et complexe pèse de plus en plus lourd.

A mesure de l'accroissement de puissance et de l'augmentation de l'étendue des territoires et des populations à administrer, si la société ne trouve pas d’accès à de nouvelles ressources abondantes et à bas coûts (soit parce qu’elles sont épuisées, soit parce qu’elles sont inaccessibles), un mécanisme de dégradation des services et des avantages fournis par l’Etat et une augmentation de la pression fiscale se met en place. Logiquement, il faut faire peser sur le corps social et ses actifs les coûts de fonctionnement d'une société qui a changé de nature et est devenue progressivement et structurellement déficitaire. 

Cette augmentation de la pression économique par la diminution progressive des mannes des conquêtes, des énergies facilement accessibles à bas coûts (or, esclavage, pétrole, dette, etc.) et par l'augmentation des coûts de fonctionnement de la complexité sociale, entraîne la hausse des revendications corporatistes et suscite de plus en plus de comportements individualistes et asociaux. En réaction, le cœur du pouvoir renforce ses moyens de coercition, d’éducation ou de contrôle (armées, éducation, propagande) pour maintenir le "vivre-tous-ensemble", mater les révoltes fiscales et territoriales etc.  Ces efforts génèrent alors des coûts de fonctionnement supplémentaires qui pèsent à nouveau sur ses membres. Simultanément, les institutions encouragent l’hyper-sociabilité pour renforcer leur cohésion. Elles s'attaquent à leurs "alphas" pour assurer leur pacification interne de plus en plus menacée. Ce processus de domestication, assuré par des institutions de plus en plus maternantes et, de fait, de plus en plus liberticides, devient indispensable au fur et à mesure de la perte de cohésion ethno-culturelle.

L’État pratique alors une politique de population, visant à brasser, défaire ses parties encore différenciées pour prévenir les menaces sécessionnistes et garantir la cohésion et l’homogénéité de l'ensemble politique. C'est souvent à ce stade que les institutions, prélèvent dans des populations extérieures les ressources de travail ou les troupes de combat qu'elles ne peuvent plus constituer à l'intérieur en toute confiance, du fait de la progression de la communautarisation. Comme l’écrivait Michel Drac,"Les déplacements de population sont, depuis des millénaires, une stratégie des cœurs impériaux pour fragiliser leur périphérie. Il accompagne cette politique d'un éventail de justifications idéologico-religieuses pour promouvoir cet objectif et les intérêts de ses élites par une redéfinition des critères d'attribution de la citoyenneté ou de l'exercice des fonctions institutionnelles.

A un certain stade, des composantes de plus en plus nombreuses de la société n’ont plus intérêt à se maintenir dans l’organisation (pertes de liberté, pression fiscale, etc.) et aspirent à recouvrer leur autonomie dans des ensembles qu'elles espèrent plus homogènes, plus efficaces et plus conformes à leurs aspirations culturelles ou religieuses. L’État n’assure plus correctement ses missions régaliennes et perd progressivement le contrôle de la situation tout en tentant de maintenir à flot un système devenu structurellement déficitaire et en jouant sur la monnaie et la dette (dévaluation, dilution métallique, etc.). Un phénomène de dislocation lente se met alors en place (pertes de compétences, dégradation des infrastructures, perte d’autorité des institutions, etc.). Ayant fait la chasse aux « alphas » (pour renforcer l’obéissance sociale et le vivre-tous-ensemble) et aux normes fondatrices qui les ont fait naître, les sociétés complexes perdent progressivement leurs défenses immunitaires (préjugés vitaux communs) et s'effritent par l’incapacité à maintenir leur cohésion interne et leur capacité à faire face aux rapports de forces internes et externes.

L’État et les institutions chargées de la cohésion sociale et politique sont impossibles à réformer, faute d’une unité de vue et d’intérêts communs dans un espace politique perçu comme artificiel et en sursis, peuplé de groupes humains aux intérêts disparates. La société finit alors par se disloquer lentement en blocs qui cherchent à refonder leur cohésion plus ou moins affectée par des siècles de biopolitique. Bientôt, de nouveaux stress (guerres, famines, épidémies, invasions, révolutions technologiques, etc.) produiront de nouvelles réponses et de nouvelles alliances. L’apparition d’un nouvel ensemble reprenant les attributs de la puissance et de l’ordre engagera alors de nouvelles synergies historiques.

La France, épuisée, s'est fondue à la fin de la dernière guerre mondiale, dans un ordre politique suscité par une nouvelle puissance impériale : les Etats-Unis. Elle s’est occidentalisée, abandonnant son Empire pour devenir elle-même une banlieue militaire et culturelle du système occidental. 

Certains ont voulu voir dans la construction européenne une façon de construire la paix et d’assurer la puissance des nations européennes, exsangues du fait de leurs rivalités. En vain. Quelles que soient les aspirations contradictoires des artisans de la construction de l’Union Européenne, celle-ci elle a été sabotée puis annexée par l’État profond occidental et titube sous les coups de l’affaiblissement de son empire. 

"Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles" grondait Paul Valery au lendemain d'une guerre qui marqua la fin d'un monde. Pourtant, l'histoire nous l'a montré, les peuples survivent souvent aux civilisations, pour peu que l'on ne les définissent pas comme des sociétaires mais comme des substances historiques et sensibles. Entre déconstruction, communautarisation, dé-compétence et apparition de nouvelles communautés politiques activées par les éternels stress historiques (territoire, ressources, reproduction), "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». 

Laurent Ozon (Centurie News, 3 avril 2017)

11/04/2017

Quand les petits trotskistes français sont les idiots utiles du grand capital...

Vous pouvez découvrir ci-dessous une chronique d'Éric Zemmour sur RTL, datée du 6 avril 2017 et consacrée à la participation des candidats trotskistes à l'élection présidentielle...

 

                                     

10/04/2017

Des Chinois à Paris...

Nous reproduisons ci-dessous une chronique de Richard Millet, cueillie sur son site personnel et dans laquelle il évoque les manifestations de la communauté chinoise à Paris...

Auteur de La confession négative (Gallimard, 2009) et de Tuer (Léo Scheer, 2015), Richard Millet vient de publier aux éditions Léo Scheer un roman intitulé Province.

 

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Des Chinois à Paris

Les émeutes ethniques qui ont suivi la mort d’un ressortissant de Chine populaire, à Paris, au cours d’une intervention de la police pour un « différend familial », montrent que la « communauté » chinoise n’a rien à envier à la racaille issue d’autres ethnies immigrées : même stratégie de victimisation, même violence urbaine, même refus de laisser la justice suivre son cours, même mise en accusation de la police. A croire que la police est profondément raciste et qu’elle dérange un ordre communautaire dont la transparence n’est pas l’apanage. Que Pékin ait soufflé sur les braises communautaires, c’est évident, selon la DGSI, tout comme pour Alger et d’autres capitales du Tiers-Monde qui vouent à la France une haine « historique » que la repentance officielle n’apaise pas. Après les Gitans, après Adama Traoré et le bon « Théo » (dont les familles sont d’ailleurs en délicatesse avec la justice), voici donc les Chinois, en attendant les Turcs, les Eskimos, les Papous, les crocodiles et je ne sais quelle ethnie minoritaire encore... La rue communautariste, soucieuse de préserver ses privilèges victimaires et ses trafics, dicte sa loi à un personnel politique incompétent, lâche, sourd au désarroi du vrai peuple. Un peuple souverainement méprisé dès lors que Macron fait l’éloge du multiculturalisme, et déclare qu’il n’existe pas de culture française ou que la Guyane est une île. Il en va de même quand un hologramme macronien, l’ineffable Pigasse, propriétaire des Inrockuptibles et du Monde, organes de conditionnement post-civilisationnel, acquiert un festival de rock. L’acquisition, qui est présentée comme un « événement culturel », ne saurait faire oublier que le rock est une arme particulièrement active de la dé-civilisation en cours, tout comme les émeutes ethniques, les prix littéraires, le mariage homosexuel, l’abandon de la grammaire, la prostitution de la langue à la « communication », et le terrorisme à quoi on s’habitue comme aux accidents de la route. Ainsi l’attentat du métro de Saint-Pétersbourg n’a-t-il pas suscité de grand spectacle lacrymal, avec interventions d’« experts », de « héros », de « témoins », d’amis de victimes : après tout, cela se passe en Russie, n’est-ce pas, le pays de Poutine, qui paie ainsi son soutien à Assad… Le mensonge règne ; c’est pourquoi il est tordant de voir le « monde de la culture » (c’est-à-dire une phalange de la boboïtude ordinaire) appeler à « faire barrage » à Marine Le Pen : qu’importe les signataires – interchangeables, increvables, insignifiants ; ils jouent leur rôle d’arroseurs arrosés par un peuple qu’ils passent leur temps à mépriser par leur absence de talent et leur prostitution au système.

Les émeutes ethniques sont la version light des attentats. Elles révèlent à quel degré de décomposition politique est parvenue la France. Une décomposition en grande partie liée à la déchristianisation. Une forme de politique qui ne dit pas son nom, mais très active, pourtant, par le biais de l’indifférence. On le voit dans celle qui accueille le caillassage puis la tentative d’incendie d’une église évangélique arménienne, à Alfortville, la semaine dernière. Les Arméniens ? C’est quoi, ça ? Existent-ils en dehors d’Aznavour ? Le génocide de 1915 n’a pas réussi à faire entrer l’abomination turque  dans l’opinion publique : il est déjà oublié. Et puis on a assez de problèmes avec Erdogan. L’islamisme a de bien beaux jours devant lui. La presse officielle, si elle a fait état de ces agressions, s’est bien gardée d’établir des relations de cause à effet entre le discours d’un pasteur arménien sur le sort des chrétiens d’Orient et les musulmans « locaux », dont on sait l’amour qu’ils vouent au christianisme, en général et à celui d’Orient, en particulier. Le même type d’agression contre une mosquée eût engendré des émeutes communautaires qui eussent été considérées par la presse avec toute la bienveillance due à ses maîtres sunnites.

Il est vrai que les chrétiens d’Orient n’intéressent pas même mes amis catholiques, lesquels participent donc, eux aussi, à la déchristianisation puisque, je suis las de le répéter, seuls les imbéciles et les traitres refusent de voir que notre destin de catholiques est lié à celui de nos frères d’Orient, et non aux évêques qui nous enjoignent d’accueillir favorablement les musulmans. Nous sommes las des musulmans en Europe, particulièrement en France. Nous sommes également las des hommes politiques qui leur permettent d’ériger le territoire en proto-califats.

 Je n’accepterai pas davantage de dire, désormais, selon la décision de l’Eglise, «  Ne nous laisse pas entrer dans la tentation » au lieu de « Ne nous laisse pas succomber à la tentation. » D’abord, je ne tutoie pas le Seigneur. Il n’est pas un pote. Ensuite il y a dans le verbe succomber quelque chose de plus fort, de plus subtil, navrant et profond que ce très laid « entrer en tentation », qui rappelle « entrer en conférence » ou « en lévitation », et qui suppose la souveraineté de l’homme face au Démon, donc la diminution de la puissance de ce dernier, voire sa disparition élocutoire au profit d’un psychologisme du mal, évidemment réducteur, et qui fait le jeu du Démon.

« Entrer en tentation », c’est, par exemple, voter pour l’un des candidats à l’élection présidentielle. C’est se faire le zélote du pouvoir culturel et abdiquer toute forme de pensée, d’effort vers la vérité.  Lisons ou relisons donc Tertullien, que les éditions Les Belles Lettres publient, ces jours-ci, sans doute pour se faire pardonner la publication des œuvres complètes de Mitterrand dont la momie n’en finit décidément pas de puer.

Richard Millet (Site officiel de Richard Millet, 4 avril 2017)