Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/03/2017

OGM, le temps du politique...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue stimulant de Laurent Ozon, cueilli sur son blog Centurie News et consacré à la question des OGM. Agitateur d'idées, tenant d'une écologie localiste et identitaire, Laurent Ozon est l'auteur de l'excellent essai intitulé France, années décisives (Bios, 2015).

 

OGM.jpg

OGM, le temps du politique

Les OGM sont des organismes vivants dont les gènes ont été modifiés par intervention humaine avec des techniques de biologie moléculaire. Elles consistent à attribuer des caractéristiques génétiques d’une espèce à une autre espèce ou d’un sujet génétique à un autre sujet génétique. De ce fait, les OGM sont des organismes transgéniques fabriqués pour conformer leurs caractéristiques à des objectifs déterminés par ceux qui les réalisent. Cette pratique a débuté au début des années 70 au nom de visées thérapeutiques. La première application commerciale sera celle de la production de l’insuline dite « recombinante » en 1982 par l’introduction d’un gène humain dans une bactérie qui déboucha sur la production d’insuline à l’origine de la plupart des traitements actuels du diabète. La même année, le transfert du gène d’une hormone de croissance du rat sur une souris aboutit à la naissance d’une souris géante, le premier animal génétiquement modifié. A partir de cette période, les modifications visant à modifier des plantes (1983) puis progressivement l’ensemble des organismes vivants seront utilisés par l’industrie à des fins diverses : résistance aux maladies ou à des insectes et nuisibles, résistance à des traitements chimiques, stérilisation de semences, digestibilité des aliments,  amélioration de productivité, adaptation à des écosystèmes, amélioration de caractéristiques esthétiques ou gustatives, et d’une façon générale, toute modification susceptible de servir des objectifs définis par les chercheurs.

Loin de se justifier pour des questions de productivité agricole, les études de productivité comparées à l’hectare entre les productions OGM aux Etats-Unis et celles des agriculteurs européens (sans OGM) font apparaître que si les gains de productivité de l’agriculture américaine sur ces denrées grâce aux OGM lui ont permis d’approcher les rendements (sans OGM) des cultures similaires des européens, elles ne leurs ont pas permis de les dépasser. Les plantes OGM sont cultivés depuis 1996 aux États-Unis, en Argentine et au Canada. En 2013, les PGM sont cultivées sur 175 millions d’hectares dans 27 pays (sur 197). Toutefois, 87% des surfaces GM sont concentrées sur le continent américain (nord et sud).

Malgré la volonté d’encadrer, de limiter, voire d’interdire ce type de pratiques, le développement de la modification génétique du vivant se généralise et ses répercussions aboutissent progressivement à la conformation du vivant dans son ensemble (directement ou par contamination) aux  objectifs déterminés par les acteurs de celles-ci. Les arguments des opposants à ces pratiques sont à classer en cinq catégories parfois utilisés de façon croisées :

1/ Le principe de précaution à cause des risques liés à une connaissance imparfaite des effets induits par les transferts génétiques, de la contamination de l’ensemble du vivant et des déplacements de pouvoirs induits par la brevetabilité des organismes créés.

2/ Le principe naturel au nom d’une vision conservatrice d’un vivant à préserver en l’état des modifications « aveugles » d’une humanité qui bricole et veut « jouer à Dieu ».

3/ Le principe politique dans la mesure où ces pratiques engendrent la privatisation et la marchandisation du vivant au nom d’intérêts privés engageant l’arraisonnement et la conformation du monde à leurs objectifs et leurs pouvoirs.

4/ Le principe sélectionniste porté par ceux qui considèrent que le « Génie Génétique » est non viable dans la mesure où il ne peut reconstituer les conditions de la sélection naturelle du fait de l’impossibilité des chercheurs et acteurs de ces techniques à mathématiser les effets de leurs « innovations » et des interactions qu’elles génèrent.

5/ Le principe de liberté. De ce fait, les OGM viseraient à court-circuiter les processus de sélection naturelle et à imposer des modifications à des organismes sur la base d’anticipations utilitaristes (obtenir un effet à un instant T), ce qui engagerait l’humanité à résoudre les difficultés qu’elle se crée en poussant toujours plus loin l’ingénierie génétique, comme elle sera tentée de le faire avec l’ingénierie sociale, climatique, etc.

Cette révolution engendrera un effet domino à trois dimensions qui aboutira à la conformation totale du vivant, de ses manifestations, de ses comportements et attributs afin de limiter l’impact des expériences précédentes sur la société.

Si ces arguments sont largement recevables, la probabilité pour qu’ils puissent empêcher la généralisation de ces pratiques est nulle. Les arguments des acteurs de la transformation génétique seront humanitaires (nourrir le monde, soigner les maladies, lutter contre les effets de telle ou telle évolution climatique, environnementale, etc.) et l’argument darwinien (si nous ne le faisons pas, nous laissons aux autres le soin de le faire et de nous imposer leurs règles, leur puissance et leur compétitivité) est et sera le meilleur moteur de la généralisation des OGM. L’apparition de technologies BioGM visant par exemple à attribuer des caractéristiques de résistance à des organismes afin de se dispenser de l’utilisation d’intrants chimiques, achèvera de fragmenter le camp des opposants aux technologies de modifications géniques.

Plus encore, avec les technologies du type CRISPR-Cas9, les outils disponibles pour intervenir sur les gènes deviennent accessibles à des budgets de plus en plus faibles et l’on peut prévoir que ces manipulations deviendront tout aussi accessibles au grand public dans le futur qu’une simple analyse de sang. Les politiques n’ont plus à déterminer s’il faut ou non utiliser ces techniques, mais quels types d’objectifs leur assigner, quels objectifs poursuivre et quels acteurs limiter en fonction de leurs objectifs propres ?

De fait, l’opposition parfaitement légitime des opposants aux modifications génétiques a empêché une approche pragmatique et politique de la question de l’utilisation du génie génétique, laissant à des intérêts privés le soin d’investir massivement des champs de recherche pour leurs propres profits et d’accumuler des compétences et des moyens qu’aucune politique d’endiguement n’empêchera durablement de proliférer. Il nous faudra probablement, face à la prolifération incontrôlable des technologies de manipulations génétiques et sans méconnaître les arguments solides des opposants aux OGM, opérer une distinction entre OGM nuisibles aux mains des transnationales de l’agrochimie et de futurs BioGM souverains. Jamais dans l’histoire, une technologie n’a disparu de la surface de la terre sans avoir été dépassée en puissance ou en efficacité ou sans  l’élimination de ses utilisateurs.

Laurent Ozon (Centurie News, 9 décembre 2016)

07/03/2017

De la correction des errants...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de François-Bernard Huyghe, cueilli sur son site Huyghe.fr et consacré à la prétention du système de détenir de détenir la vérité et de pouvoir l'enseigner à ceux qui errent... Spécialiste de la stratégie et de la guerre de l'information et directeur de recherches à l'IRIS, François Bernard Huyghe vient de publier La désinformation - Les armes du faux (Armand Colin, 2015).

 

François-Bernard Huyghe.jpg

Déradicalisation et Decodex

La correction des errants

Hasard de l'actualité : il est beaucoup question en ce moment question de déradicalisation et de Decodex, deux formes de désintoxication spirituelle, promues par le gouvernement dans le premier cas, par les médias (le Monde pour ne pas le nommer) et les grands du Net dans le second.

Pour faire simple, la déradicalisation se présente comme un retour à la normale : un traitement administré à des individus, volontaires, pas encore trop impliqués dans l'action sanguinaire ; elle devrait les reconvertir à des valeurs ou idées sans danger pour la démocratie, à des comportements qui excluent terrorisme ou djihadisme. Bref, à une vision du monde pacifiée sans violence à motivation idéologique.
Quant à Decodex, c'est un dispositif supposé ramener à la vérité ; intégré à un navigateur, il indiquera à l'internaute si les sites sur lesquels il se rend sont fiables ou s'ils risque d'être entraîné dans le processus dit de la post-vérité, des "fakes" ou de la désinformation ... Il est sensé procéder à une "vérification de masse" où les mauvais esprits verront une rectification des masses.

Les deux dispositifs ont suscité un lot de critiques. Pour la déradicalisation, par le rapport de deux sénatrices (ou du moins par ce qu'elles en ont laissé entrevoir avant publication définitive), pour Decodex par nombre d'articles récents s'élevant contre le ministère de la Vérité ainsi établi ; le plus remarquable étant celui de F. Lordon dans le Monde diplomatique. À la déradicalisation, il est permis de reprocher de ne pas être efficace au service d'intentions naïves, à Decodex de risquer de l'être au service d'intentions plus ambigües.

Retour à la normale

La déradicalisation traite les engagements comme des maladies : un processus pathologique, comme une excroissance de la croyance. Certains esprits influençables pourraient se radicaliser comme on tombe dans la délinquance ou dans la drogue, et adopter des convictions intolérables dans une société tolérante. L'imprécision du concept gêne : qu'est-ce qu'il faut empêcher ou annuler ? Certaines idées, relatives par exemple à la loi divine ? Les apologies de la violence qu'en déduisent certains ? Ou encore la tentation de rejoindre une communauté combattante (les djihadistes en Syrie), et d'envisager le plus naturellement du monde de tuer des gens pour imposer son triomphe ?
Le flou de la notion de radicalisation contraste avec le sens qu'avait mot dans les années 80 : à l'époque mener une critique radicale ou radicaliser ses revendications était la marque d'une révolte touchant aux fondements de la domination. Était radical quelqu'un qui visait les bases mêmes de l'ordre établi pour des raisons idéologiques, au nom du prolétariat, de l'Histoire ou de la Révolution, par exemple. La radicalisation, terme désormais presque synonyme de rupture sociale ou de sociopathie, est décrite comme une anomalie individuelle.
Mais réparable. Cela se ferait en injectant au malade de grandes doses de "valeurs", de sociabilité et de vivre ensemble, et si possible en évitant de parler religion. Comme si les djihadistes n'avaient justement pas trouvé des valeurs, une communauté et un idéal de vie... et comme si ce que nous pouvons leur offrir notre société libérale satisfaisait bien mieux leurs aspirations que la promesse du Paradis et du salut du monde.

Les méthodes de déradicalisation varient : les unes reposent surtout sur l'écoute de gens supposés en détresse psychique, d'autres sur le rétablissement de liens avec la société civile, d'autres sur la resocialisation ou la réhabiliation du sujet... Certaines occultent la dimension religieuse du phénomène, d'autres font intervenir des imams qui vont ramener les sujets à une interprétation non djihadiste du dogme (en faire de simple salafistes quiétistes qui ne prendraient plus les armes). En tout cas celles qui ont été employées en France ne doivent pas être les meilleures.
Le rapport parle de pseudo experts, de sommes énormes gâchées, de déradicalisés présumés qui reprenaient le chemin du djihad. Ainsi, il semblerait que 2, 5 millions aient été dépensées, par exemple, pour n'aboutir qu'à l'ouverture d'un centre à Pontourny qui n'aurait accueilli, fort sporadiquement, que neuf candidats dont un repris sur la route de la Syrie.
Attendons les détails du rapport pour savoir s'il s'agit d'un échec bureaucratique ou de la conséquence d'une conception iréniste.


Ministère de la vérité

Quant à Decodex, ce n'est pas une liste de sites (comme il en existe déjà) exprimant une opinion sur leur objectivité, leurs tendances complotistes, leur sérieux, etc., ce qui serait parfaitement légitime. Ce n'est pas non plus un site de fact-checking allant vérifier à des sources qu'il site des informations données par des confrères ou des affirmations d'hommes politiques. Decodex est le nom d'un dispositif technique : une extension qui "évalue" le site sur lequel vous êtes, plus un moteur de recherche, plus un "bot" (robot) Facebook qui vous dit que penser d'une information pendant que vous explorez certains réseaux sociaux, etc. Page verte, page orange, page rouge, page bleue (pour les contenus ironiques ou parodiques). Menteur, complotiste, désinformateur : vous voilà prévenus.

Il ne s'agit donc pas d'un jugement au premier degré - comme pourrait l'exprimer un site concurrent qui dirait, par exemple que l'article que vous êtes en train de lire est mal écrit, son raisonnement fallacieux, son auteur nul... (ce qui me vexerait, mais resterait une controverse normale en démocratie). Decodex s'introduit sinon dans votre cerveau, du moins entre votre cerveau et le message. Des pastilles apparaissent pendant que vous naviguez, que vous consultez un compte ou visionnez une vidéo d'une chaîne You Tube, pour vous faire savoir si vous êtes sur une page généralement fiable, peu fiable, orientée et cachant ses buts idéologique ou sur un site parodique... Vous ressentez donc en permanence la manifestation d'une sorte de Surmoi virtuel qui vous dit si vous risquez d'être induit en tentation. Et non pas ce que vous devez penser, mais ce à quoi il est mauvais de penser. Decodex ne fonctionne pas par controverse, par dialectique et réfutation, à égalité, fait contre fait, argument contre argument mais en faisant intérioriser les règles (ou plutôt en la faisant intégrer à votre outil d'information). Ni censurer, ni combattre, formater, c'est mieux.

Passons sur quelques objections qui ont été faites à ce système :

Éditorialement parlant, Decodex en se donnant le droit d'évaluer ses confrères rivalise avec l'œil de Dieu, parfait et discernant tout. Sans opinion au sens où La Tseu dit que "le sage est sans opinion", puisqu'il saisit tout. De mauvais esprits se demandent si, par le passé, Dieu/ le Monde n'a pas lui-même répandu quelques fausses nouvelles et s'il n'a pas quelques intérêts (concurrentiels, idéologiques ou autres) à dévaloriser ses concurrents. Voire s'il na pas fait quelques choix partisans. Mais poser cette question, n'est-ce pas risquer de se faire classer parmi les sites complotistes ?


Philosophiquement, Decodex se place en position transcendentale : une pure rationalité, formant les conditions de connaissance des objets. Sa devise pourrait être la phrase de Kant : "J'appelle transcendentale toute connaissance qui ne porte point sur les objets, mais sur notre manière de les connaître, en tant que cela est possible, a priori". Les conditions d'exercice de la raison critique et partant de l'exercice sincère de la démocratie passeraient donc par ce processus, de surcroît délégué à un algorithme, et qui permettraient d'accéder au Vrai, au Bien, au Juste. Mazette, que n'y a-t-on songé plus tôt !

Épistémologiquement, le critère de sélection est tout sauf clair : mentir délibérément, rapporter des informations non vérifiées qui flattent vos préjugés idéologiques, être engagé et rapporter systématiquement ce qui va dans le même sens, etc.

- Idéologiquement, Decodex, le vengeur démasqueur, s'auto-attribue le monopole de l'établissement des faits vrais, donc de la désignation des systèmes faux. Toute proposition contredite par lui, et affublée d'une pastille de la mauvaise couleur, ce qui renvoie au mieux au purgatoire des intentions utopiques, au pire à l'Enfer de la désinformation, généralement imputable au complot russo-populiste. Mais une affirmation validée (pastille verte : vous pouvez circuler, il y a quelque chose à croire) échappe à l'idéologie, exclut les intentions coupables et monte immédiatement au ciel de l'évidence. Par ailleurs, rappelons que l'idéologie ne se caractérise pas par sa propension à soutenir des choses fausses ou utopiques, mais par la cohérence de sa vision du monde qui classe automatiquement les faits en évidents ou pas et lui permet de dénoncer les autres interprétations du monde comme idéologiques, fausses, crimogènes, etc...

Qu'y a-t-il de commun entre le fait que les détenteurs du pouvoir politique tendent à se tourner vers la déradicalisation et ceux du pouvoir médiatique vers la désintoxication ?
Sans doute une forme d'incompréhension de ceux d'en bas : si les gens se convertissent au djihad ou n’adhèrent pas à nos valeurs, ce ne peut-être que par l'effet d'une tromperie. S'ils pensent mal, c'est qu'ils sont mal informés ou influencés ; au contraire, s'ils raisonnaient normalement et savaient la vérité, ils ne pourraient que reconnaître la légitimité de notre monde. Mais notre pédagogie les sauvera.

On savait déjà que les élites possédaient un capital de pouvoir, un capital culturel, un capital moral (elles préconisent l'altruisme et l'ouverture face à des masses qu'elles trouvent enclines au repli identitaire). Il va falloir inventer un nouveau mot (capital "véritaire" ?) pour désigner ce nouveau monopole que viennent de s'attribuer les bons maîtres : voir le vrai et empêcher la plèbe de penser faux.

François-Bernard Huyghe (Huyghe.fr, 26 février 2017)

02/03/2017

Meklat, Théo, Traoré: la lumpenisation des esprits...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Régis de Castelnau, cueilli sur Causeur et consacré à l'affaire Mehdi Meklat et à sa signification. Avocat, Régis de Castelnau est responsable du blog Vu du droit...

 

Lumpenisation.jpg

 

Meklat, Théo, Traoré: la lumpenisation des esprits

Finalement ce que raconte l’épisode du fameux Mehdi Meklat, c’est une vieille histoire. Marx (toujours lui) nous en parlait déjà, en 1852, dans le 18 brumaire de Louis-Napoléon. C’est l’utilisation du « lumpenprolétariat » à son profit exclusif par l’oligarchie et les dominants.

Au contraire de Bakounine fasciné par la pègre, Marx n’y allait pas par quatre chemins, écoutons le décrire la petite masse de manœuvre dont s’était servi Louis-Napoléon pour son coup d’État : « des roués ruinés n’ayant ni ressources ni origine connues… […] les rebuts et laissés pour compte de toutes les classes sociales, vagabonds, soldats renvoyés de l’armée, échappés des casernes et des bagnes, escrocs, voleurs à la roulotte, saltimbanques, escamoteurs et pickpockets, joueurs, maquereaux, patrons de bordels, portefaix, écrivassiers, joueurs d’orgue de barbarie, chiffonniers, soulographes sordides, rémouleurs, rétameurs, mendiants, en un mot toute cette masse errante, fluctuante et allant de ci-de là que les Français appellent « la bohème ». »

L’alliance de la bourgeoisie et des couches moyennes privilégiées

Avec Mehdi Meklat et son compère Badrou nous avons le concentré d’un « lumpen » modernisé, des garçons qui se rattachent à cette culture et ces comportements de petits voyous violents et sans cervelle. La lecture de leur tweets et de leurs grotesques bouquins en est une preuve irréfutable.

Ils sont comme ceux qui ont mis en coupe réglée des quartiers entiers, qui pourrissent la vie des gens, qui affichent des casiers judiciaires longs comme le bras, désorganisent des établissements scolaires entiers, agressent professeurs, policiers et pompiers et sont instantanément transformés en victimes par les belles âmes dès lors que la République essaie de temps en temps, de remettre un peu d’ordre. Le plus grave étant qu’ils pourrissent d’abord la vie de leurs voisins, obligeant ceux qui le peuvent à partir, et d’autres à la résignation et à l’impossibilité d’une intégration qu’ils sont pourtant nombreux à souhaiter.

Et ce sont ainsi des quartiers entiers qui doivent porter le stigmate de «sensibles» ou de «difficiles», que cette petite pègre a classiquement retourné pour en faire un étendard. Et que les  duettistes brandissent fièrement sous le regard énamouré de petits-bourgeois avides de sensations.

Un prolétariat de substitution

Parce que ce pourrissement ne gêne en rien les couches dominantes, cette alliance de la bourgeoisie et des couches moyennes privilégiées qui, calfeutrées dans leurs métropoles connectées, savent qu’elles ont besoin d’éboueurs, de livreurs, de femmes de ménage, caissières à temps partiel, plongeur dans les restos branchés. Payées au lance-pierre, si possible au noir, toutes ces activités de services  rendent la vie dans les centres de ces grandes villes si agréable. Et puis c’est pratique, on ne les voit pas, les éboueurs et les femmes de ménage, c’est tôt le matin, les plongeurs c’est tard le soir, et pour circuler c’est sous la terre comme à Paris, parce que les pauvres n’y ont pas le droit de rouler en surface. On voit d’ailleurs se dessiner une ethnographie particulière de cette immigration de service. Les nouveaux domestiques des habitants des villes mondialisées sont en général originaires d’Asie, Pakistan, Inde, Sri Lanka, Philippines, et d’Afrique subsaharienne aussi. L’immigration maghrébine y est peu présente, et dans sa partie désocialisée vit assez mal cette cohabitation dans les cités. Les asiatiques en savent quelque chose.

Que ces gens vivent dans une périphérie dégradée et sous la coupe de la pègre et de la racaille, les bourgeois bohèmes pourraient s’en moquer, mais en fait ça les arrange. Ceux qui vivent dans ces ghettos sont trop exploités, trop divisés, trop fatigués pour se révolter, mais comme on ne sait jamais, on va laisser le gauchisme culturel et politique et sa bêtise crasse porter au pinacle la part désocialisées et violentes de ces populations. Jamais on n’entend un mot des belles âmes quand un chinois se fait massacrer, un Pakistanais agresser, ou une Philippine violer. En revanche c’est un concert de glapissements dès lors que l’on effleure un de leurs protégés.

Voilà des gens, mélange de jobards et de Marie-Chantal, que le matérialisme rebute, que les couches populaires révulsent, et qui passent leur temps à se chercher des prolétariats de substitution pour faire genre, et surtout pour que rien ne change. Dans leur jargon, Foucault et le dernier Deleuze nous disaient déjà il y a un moment, que c’était les fous, les psychopathes, et les tueurs qui étaient les rédempteurs. Aujourd’hui, ce sont des abrutis acculturés violents et des religieux intégristes qui seraient le sel de la terre. Il suffit de lire les invraisemblables défenses et justifications de Meklat, toutes de contorsions ridicules, que nous ont délivré ses soutiens, pour mesurer la gravité du mal.

La révolte gronde

Malheureusement, cette passion pour Meklat se rattache à deux précédents récents, ceux des affaires Adama Traoré et Théo. Les Français n’aiment pas leur police, c’est une tradition culturelle, on le sait depuis François Villon en passant par Georges Brassens et Renaud. C’est en jouant sur ce réflexe qu’on a monté en épingle ces deux affaires en veillant à mettre le plus d’huile possible sur le feu. Des informations fiables établissent que Traoré était un de ces petits caïds au casier judiciaire chargé redouté dans son quartier, décédé au moment d’une arrestation sans que jusqu’à présent les causes de sa mort puissent être rattachées à des violences commises par les gendarmes à cette occasion. Pour bien connaître la façon dont se passe une information judiciaire, brandir le « mensonge d’État » pour faire instantanément de Traoré un héros martyr, relève du réflexe pavlovien. Concernant Théo, l’IGPN qui n’est pas connue pour être tendre avec les flics, a retenu la thèse de l’accident confortée par des témoignages et des images de vidéosurveillance. De toute façon une information judiciaire a été ouverte et l’auteur du coup à l’origine d’une blessure grave a été mis en examen pour viol. Mais de la même façon, Théo a immédiatement été canonisé saint et martyr, sans que les informations sur son comportement, les causes de son interpellation, et son passé, n’intéressent grand monde.

Mais ce qui est grave, comme le soutien apporté à Meklat, c’est l’attitude des belles âmes. Le président de la République en fonction (?), à ce titre patron de la police, n’a pas jugé bon de se déplacer au chevet des deux policiers grands brûlés à Viry-Châtillon. Cela ne l’a pas empêché de se précipiter au chevet du jeune Théo, prenant ainsi parti par cette provocation indigne, dans une affaire dont la justice était pourtant saisie. Que dire des appels à la manifestation de Bobigny dont on savait très bien qu’elle dégénérerait grâce à la petite pègre, de cette obscène pétition des artistes, de l’attitude de la presse nationale ?

Mais enfin, ne voyez-vous pas cette insurrection qui monte, ces couches populaires qui sont en rage et ne vous supportent plus ? Cette police aujourd’hui hors de contrôle, cette gendarmerie dont les études assez fines montrent que ses membres votent majoritairement Front national, Marine Le Pen annoncée à près de 30 % au premier tour de la présidentielle ? Vous ne sentez pas que cela pourrait très mal tourner ? Vous pensez vraiment que l’élection de Macron va vous permettre de continuer comme si de rien n’était ? Et c’est pour cela que vous continuez à jouer les boutefeux ?  Mais enfin, mesurez-vous votre responsabilité ?

Comme d’habitude, on voit à quoi sert cette alliance millimétrée de l’oligarchie et des gauchistes culturels ou politiques, les libéraux et libertaires main dans la main. Qui rêvent d’une société acculturée, communautarisée, divisée et segmentée, gibier facile pour l’exploitation,  au sein de laquelle on laisse se développer, voire porter aux nues, une délinquance violente chronique, que l’on va actionner pour contrôler ou déconsidérer ceux qui auraient vraiment envie de se révolter face au sort qui leur est fait et à celui qui les attend.

Ils se révolteront quand même, et pas sûr que cela soit festif.

Régis de Castelnau (Causeur, 24 février 2017)

01/03/2017

Zemmour : "Macron, un fils de Madelin et de Cohn-Bendit"...

Vous pouvez découvrir ci-dessous une chronique d'Éric Zemmour sur RTL, datée du 21 février 2017 et consacrée à Emmanuel Macron, après ses fracassantes déclarations sur la colonisation de l'Algérie et sur la culture française (ou du moins sur son inexistence !)...

 

                                  

27/02/2017

«Macron, c'est la globalisation et le gauchisme culturel»...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Mathieu Bock-Côté, cueilli sur Figaro Vox dans lequel il évoque la ligne politique d'Emmanuel Macron qui associe mondialisme décomplexé et gauchisme culturel. Québécois, l'auteur est sociologue et chroniqueur à Radio-Canada et vient de publier en France Le multiculturalisme comme religion politique aux éditions du Cerf.

mathieu bock-côté, macron, macronisme, hypermodernité, multiculturalisme, gauchisme culturel, mondialisme

Mathieu Bock-Côté : «Macron, c'est la globalisation et le gauchisme culturel»

Alors qu'elle se croyait vaincue d'avance, une partie importante de la gauche française s'est prise pendant un temps à rêver d'une victoire surprise avec la candidature d'Emmanuel Macron. On lui prêtait même la capacité de moderniser la gauche, en la délivrant des structures aussi rigides que celles du Parti socialiste, où les figures importantes doivent encore donner, de temps en temps, des gages de fidélité à une forme désuète d'orthodoxie idéologique. Le macronisme serait l'autre nom d'une gauche moderne et libérale, réconciliée avec la mondialisation et s'opposant frontalement à ce qu'il est bien vu d'appeler le repli national.

La victoire de Benoît Hamon a d'ailleurs confirmé la validité des caricatures les plus sévères du Parti socialiste, comme si ce dernier, à défaut de se maintenir au pouvoir, se repliait sur sa base la plus étroite, en contemplant dans l'entre-soi militant une utopie régressive. On s'imaginait donc Macron s'imposer au premier tour en laissant de côté une gauche folklorique et en recevant l'appui de cette frange de la droite étrangère au conservatisme, déçue de l'échec d'Alain Juppé. Ce néo-giscardisme annonçant une France enfin heureuse dans la mondialisation car libérée du souvenir de sa gloire perdue n'était pourtant pas étranger au fameux programme de Terra-Nova, prétendant rassembler en une même coalition la France prospère des métropoles et celle des banlieues.

Se présentant avec culot comme un candidat antisystème alors qu'il était adoubé par les grands médias, et promettant une révolution sans prendre la peine de donner le programme l'accompagnant, Emmanuel Macron s'est revendiqué d'une pensée complexe, faisant éclater les clivages, alors qu'il ne fait qu'assumer une forme de mondialisme correspondant aux nouveaux clivages engendrés par notre époque. Ses appels répétés à l'innovation, son style à la fois prophétique et managérial, son usage revendiqué de l'anglais pour s'adresser aux Européens, reflète bien la psychologie des élites mondialisées qui réduisent la politique à un exercice d'adaptation à un monde en mutation. On assistait à la grande revanche des élites mondialisées! On aurait tort, pourtant, de ne pas voir son flirt de plus en plus poussé avec la gauche idéologique.

Le fondateur d'En marche, on le sait, a d'abord décrété l'inexistence de la culture française. Mais ce qui peut sembler une aberration effrayante aux yeux du commun des mortels est conforme à la vulgate universitaire qui au nom du pluralisme identitaire, fait éclater toute référence possible à la nation. Il n'y a plus d'identité culturelle partagée et d'œuvres exemplaire témoignant du génie d'une civilisation: il n'y a plus qu'un no man's land juridique. L'histoire de France ne raconte plus l'histoire d'une nation mais celle d'une population qu'on ne saurait unifier sans faire violence à sa diversité. À quoi intégrer les immigrés, si la France n'est plus qu'un grand vide? Qu'est-ce que les voyageurs du monde entier viennent chercher en France, si elle n'existe pas?

Macron s'est aussi permis de nazifier implicitement l'histoire de la colonisation, en l'associant à un crime contre l'humanité. Rares sont ceux qui aujourd'hui, entretiennent une mémoire heureuse de la colonisation, ce qui se comprend. La fameuse pensée complexe est rarement revendiquée en la matière. Mais si plusieurs intellectuels s'étaient déjà permis cette simplification grossière de l'histoire coloniale, aucun homme politique ne s'était permis une formule aussi brutale, qui heurte non seulement de grands pans de la population mais aussi le simple bon sens historique, comme si chaque expérience négative devait être rabattue sur celle des grands crimes du vingtième siècle.

Plusieurs se sont demandés s'il s'agissait simplement d'une stratégie pour gagner le vote des banlieues. L'immigration massive a constitué dans les banlieues une population qui se sent étrangère à la France et qui répond favorablement à ceux qui entretiennent cette identité victimaire, d'autant qu'elle est cultivée par une mouvance islamiste qui s'oppose à toute forme d'assimilation. Macron avait déjà invité la France à assumer sa part de responsabilité après les attentats de novembre 2015, comme si elle était finalement coupable des crimes dont elle était victime. Chose certaine, il adhère sans état d'âme au multiculturalisme. On peut croire aussi que Macron, au-delà de tout calcul, a témoigné de l'état d'esprit d'une jeunesse qui ne comprend tout simplement plus l'histoire occidentale autrement que dans le langage de la repentance.

Macron a aussi embrassé les grandes revendications sociétales qui sont aujourd'hui jugées comme des symboles de progrès pour les différentes minorités dans lesquelles la gauche croit trouver les nouvelles catégories sociales à émanciper. C'est une forme de libéralisme sociétal décomplexé qui prétend toujours étendre les droits de l'individu en le détachant de tout ancrage anthropologique. On chante la souveraineté de l'individu: à terme, il devrait pouvoir circuler librement à travers le monde en connaissant autant de mue identitaire qu'il le voudra, comme s'il n'était rien d'autre qu'un nomade flottant dans un monde sans le moindre point fixe. Le libéralisme sociétal et le gauchisme culturel, lorsqu'ils s'accouplent, dynamitent toute forme d'appartenance héritée.

On ne saurait jouer au devin et annoncer qui remportera la présidentielle de 2017. Mais une chose semble à peu près certaine: c'est une forte poussée conservatrice qui s'est fait sentir en France depuis près de cinq ans, et pour peu qu'on s'intéresse à ses origines intellectuelles et politiques, on constatera qu'elle s'enracine dans un malaise par rapport à l'hypermodernité qui s'est déployé sur près de deux décennies. Le macronisme semble être une synthèse de tout ce dont la France veut s'extirper. Le mondialisme à outrance et le gauchisme culturel sont en contradiction avec les aspirations qui semblent venir des profondeurs du pays. Pour cela, certains voient déjà la candidature de Macron se désintégrer. Ce n'est pas inimaginable. Il serait étrange que la France reconnaisse un sauveur dans un homme qui finalement, semble la dédaigner.

Mathieu Bock-Côté (Figaro Vox, 22 février 2017)

24/02/2017

L’islamophobie, nouveau péché capital ?...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Guillaume Faye, cueilli sur son site J'ai tout compris et consacré à l'interdiction de la critique de l'islam qui s'impose par le biais de la lutte contre la soit-disant islamophobie...

 

islamophobie.png

L’islamophobie, nouveau péché capital

L’islamophobie, une variante du ”racisme” pour l’idéologie dominante soft–totalitaire, est aujourd’hui poursuivie ; comme l’anti–nazisme pendant l’Occupation ou l’antisoviétisme dans l’ex–URSS. La même logique de soumission et de collaboration (dont la peur est le ressort) du dominé envers l’envahisseur est à l’œuvre. L’islam est devenu intouchable, surtout pour les pouvoirs de gauche, même si ses racines sont liées à la dictature, à l’antisémitisme, à l’oppression des femmes, à l’obscurantisme ; sans oublier l’explosion de la délinquance, de la criminalité et du terrorisme, dont l’immense majorité des auteurs est d’origine musulmane. L’accusation d‘islamophobie vise à intimider et à soumettre. Au nom de la démocratie et de la liberté. Bonjour Orwell.

Un désir masochiste d’être envahis et soumis

Plusieurs manifestations de musulmans, soutenus par des islamo–collaborateurs, répètent ce slogan (parfaitement totalitaire) inscrit sur des banderoles : « l’islamophobie n’est pas une opinion, c’est un délit ». Le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France), officine militante d’islamisation de la France et de colonisation migratoire, poursuit en justice pour ”racisme” (!) l’historien George Bensoussan parce qu’il a déclaré que les Arabo–musulmans sont élevés dans l’antisémitisme (voir plus bas). Nous vivons ce paradoxe : l’islamophobie est condamnée alors que l’islam et les musulmans sont, partout dans le monde, les principaux acteurs de terreur, de meurtres, d’oppression et d’obscurantisme ! Et la christianophobie est parfaitement autorisée ! (L’islamophobie est même punie de mort par les musulmans eux–mêmes : voir le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo qui, pourtant, s’en prenait très rarement à l’islam mais répétitivement au christianisme)

L’antisémitisme (ou judéophobie) n’est poursuivi que s’il provient (les cas sont rares) des milieux d ‘”extrême droite” et français de souche, mais pas des musulmans, qui bénéficient d’un privilège d’innocence. La judéophobie, comme le racisme anti–Blanc, d’origine arabe, musulmane, africaine sont très généralement ignorés et impunis par les autorités françaises objectivement collabos. Alors que, partout dans le monde, et jusqu’en France, les agressions, meurtres et persécutions contre les chrétiens sont commis au nom de l’islam. On marche sur la tête. Il s’agit de servitude volontaire. (1)

Peu répandue, l’islamophobie mériterait-elle de l’être ? 

Pour Pascal Bruckner, auteur d’un récent essai, Un racisme imaginaire (Grasset), l’islamophobie est une invention, qui ne correspond pas à un sentiment répandu en Occident : cette fiction servirait à neutraliser les résistances à l’ ”islamisme” et à culpabiliser, comme ”racistes” (accusation magique et paralysante) les opposants au salafisme. C’est parfaitement exact. Mais cette position est ambigüe. Car Bruckner rejette par là même l’islamophobie comme immorale, et en élimine la possibilité. Il sous-entend que ” ce n’est pas bien” d’être islamophobe ; pourquoi l’islamophobie ne serait-elle pas légitime, alors que nous sommes objectivement agressés par l’islam chez nous, son invasion, ses exactions et ses crimes ?   

Bruckner cède à la première étape de la soumission à l’islam invasif. Les islamophobes sensés sont donc condamnés par cet intellectuel prétendu adversaire de l’ ”islamisme ”. Bruckner obéit à l’esprit munichois : surtout pas de conflit ! L’angélisme politique et l’optimisme des bons sentiment sont le psoriasis mental des intellectuels élégants, qui pensent que la cohabitation, le ”vivre ensemble” en langue de bois, sont possibles dans l’harmonie.

L’oxymore de l’ ”islam modéré et tolérant”

La fable de l’ ”islam modéré” (pourquoi pas le ”nazisme centriste”, le ”stalinisme libéral”, le ”catholicisme athée”, etc. ?) est diffusée par l’idéologie officielle. Les premiers à s’élever contre cette idiotie sont d’ailleurs des écrivains et intellectuels arabes lucides, femmes et hommes, très minoritaires, mais courageux face aux menaces de leurs coreligionnaires obscurantistes et fanatisés, pour lesquels les ”apostats”, coupables de trahison, sont les pires ennemis.     

L’historien George Bensoussan (2) est poursuivi pour racisme par le CCIF – Collectif contre l’islamophobie en France, association militante objectivement alliée à l’islam radical, suivi des idiots utiles collabos habituels : la Licra, la Ligue des droits de l’homme, Sos Racisme et le Mrap (le marché de l’ ”antiracisme”). On l’attaque pour avoir déclaré que dans les familles musulmanes, l’antisémitisme était inculqué culturellement dès l’enfance, ce qui est une évidence sociologique.

Ivan Rioufol (Le Figaro, 03/02/2017) note : « La trahison des mouvements antiracistes qui trouvent chez des magistrats l’appui pour poursuivre ceux qui dénoncent la nouvelle judéophobie, fait mesurer l’emprise de l’idéologie conquérante sur les esprits. Elle fait répéter […] que le musulman est le juif des années trente, en dépit des attentats au nom d’Allah. Une même inversion des réalités permet aux embrigadés de soutenir que l’antisionisme, qui dissimule souvent la haine du mécréant, est un antiracisme. » Il déplore la « désintégration de la nation, sous le poids du communautarisme surprotégé ». Ce qui signifie, en langage journalistique correct, que la nation est menacée par l’immigration en majorité musulmane. « La désislamisation de la France reste un objectif atteignable à la condition que l’État cesse de reculer devant une contre-société agressive ». Certes. Mais cette nécessaire ”désislamisation” ne pourra en aucun cas être pacifique…

La pathologie islamophile

L’idéologie dominante affirme que la France et l’Europe auraient une dette culturelle envers l’islam. La valorisation de l’islam – au prix d’énormes mensonges historiques– est proportionnelle aux dégâts qu’il cause en Europe, aux États–Unis et dans le monde et à son indigence intellectuelle et culturelle.

Témoigne de cette pathologie mentale le livre collectif Histoire mondiale de la France, dirigé par Patrick Boucheron  (Le Seuil). C’est un bréviaire de l’ethno – masochisme, de la repentance et de la haine de soi, qui raconte que la France et l’Europe auraient depuis le haut Moyen–Âge une part brillante de leur identité due à l’islam. Alors que ce dernier a toujours été l’adversaire le plus acharné et le plus destructeur.

Dans la revue identitaire belge Renaissance européenne (N°110, premier trimestre 2017), on apprend que le bulletin de la paroisse universitaire de Louvain–la–Neuve se félicite que la communauté musulmane inaugure une nouvelle mosquée. Vive l’invasion ! Le bulletin catholique parle de « nos frères et sœurs musulmans » et appelle à s’ouvrir à « la face lumineuse de l’islam ». Les chrétiens d’Orient persécutés, spoliés, massacrés apprécieront ce masochisme pathologique, angélique et délirant des autorités catholiques européennes. Ces malheureux savent, pour l’avoir vécu et le vivre, que l’islam n’est pas lumineux mais obscur et sanguinaire. Il brûle les églises, égorge les prêtres, et produit fort peu d’œuvres culturelles. Détruire et non pas construire, c’est la logique intrinsèque de l’islam et de ses racines anthropologiques.

Paradoxe : plus l’islam tue, plus on réprime l’islamophobie

Les médias, la classe politique, en Europe et en Amérique du Nord, sont très souvent, par bêtise, naïveté et culpabilisation, victimes de la propagande des idéologues islamiques. Même la hiérarchie catholique tombe dans le panneau. Voici les trois arguments mensongers intimidants : 1) critiquer l’islam et faire remarquer que tous les attentats terroristes ont été commis par des musulmans au nom de l’islam est une ”stigmatisation” des musulmans, donc relève du péché capital de racisme. 2) Il ne s’agit pas de terrorisme musulman mais de ”terrorisme” tout court, non imputable à l’islam. 3) L’islam est une religion de paix et d’amour et la critiquer est, là encore, du racisme. Ces sophismes favorisent discrètement la terreur islamique, ainsi que l’immigration invasive. L’antiracisme ? La principale source de racisme (anti–Blanc) et d’antisémitisme en France, parfaitement tolérée, provient des immigrés musulmans. Les idéologues musulmans ont pour stratégie (depuis le VIIIe siècle) de se présenter en victimes alors qu’ils sont des agresseurs. Les premiers persécutés dans le monde sont les chrétiens (par les musulmans) ; les seconds sont les musulmans (par leurs coreligionnaires). Dans les deux cas, l’islam est un facteur de mort, de guerre, de destruction.       

L’islamophobie est poursuivie à mesure que l’islam s’impose comme la principale source de terreur, de crimes, d’obscurantisme dans le monde. Paradoxe démentiel. L’islamophobie est même punie de la peine de mort, comme on l’a vu avec le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo, après un meurtre semblable en Europe du Nord, voici quelques années ; actuellement, en Europe, nombre d’ ”islamophobes”, souvent journalistes, sont sous le coup d’une fatwa (appel au meurtre) et sous protection de la police. (3)

L’ ”islamophobie” de Trump choque, malgré sa modération 

La mesure minimaliste de Donald Trump, prise par décret fin janvier 2017, annulant (provisoirement et timidement) des visas de séjour aux Etats-Unis pour sept pays musulmans hébergeant des terroristes (bien en dessous de ses promesses d’interdire toute immigration musulmane, ce qui serait pourtant indispensable), a provoqué au Congrès et dans le monde, un vague de réprobation démesurée, auxquels se sont joints les immigrationnistes, la chancelière Merkel et son subordonné français Hollande.

Le décret de Trump, qui a d’ailleurs été annulé par les juges, preuve de leur dictature contre le peuple, est assimilé à un crime islamophobe. Hollande a sermonné que « l’accueil des réfugiés est un fondement des démocraties », alors que c’est l’inverse, cet ”accueil” invasif imposé étant parfaitement antidémocratique puisque refusé massivement par les peuples européens autochtones et les Américains. Pour l’idéologie dominante devenue folle, bannir les immigrants musulmans est un péché – et la lutte antiterroriste ne saurait y servir de prétexte, même si 100% des terroristes sont musulmans.

Les démocrates du Congrès ont accusé Donald Trump de discriminer les musulmans. Et le chef du groupe démocrate au Sénat, Charles Schumer, a déclaré que « les larmes coulaient sur les joues de la statue de la Liberté ». Elles ne coulent pas quand des migrants musulmans installés aux USA massacrent régulièrement des citoyens américains ? Décidemment, il faudrait que la couronne posée sur la tête de la statue de la Liberté à l’entrée du port de New–York soit remplacée par un voile islamique, ce serait important pour ne pas offenser l’islam, non ?   

Le vice–premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a intimé au président Trump, avec une sereine impudence, de revenir sur son décret, motivé selon lui par «  l’islamophobie, les sentiments anti–immigration et la xénophobie croissante de l’Occident ». Les musulmans revendiquent donc le droit de nous envahir. Deux poids deux mesures : l’Europe, les États–Unis, le Canada sont sommés d’accueillir les ”migrants” de Syrie et d’ailleurs, mais les riches monarchies arabes absolutistes, pas plus que d’autres pays musulmans n’en accueillent un seul. Cherchez l’erreur.

L’ ”islamophobie” assimilée aux persécutions antijuives

Les idéologues musulmans et leurs collaborateurs de gauche comparent les persécutions antijuives entre 1940 et 1945 et la prétendue ”islamophobie” qui règnerait en France et en Europe, notamment à la suite de l’interdiction (théorique, limitée, et peu suivie d’effets) des tenues vestimentaires imposées aux femmes, tchador intégral et ”burkini”.

Cette comparaison est d’autant plus insultante pour les Juifs qu’ils sont la cible d’un antisémitisme musulman meurtrier depuis les crimes de Merah et de Coulibaly. Les abominables ”identitaires” ou le FN, ni les très supposés dangereux et subversifs cathos intégristes ne sont impliqués dans cet antisémitisme meurtrier. Dans de récentes déclarations, Vincent Peillon, Jean–Christophe Cambadélis (le patron du PS, le plus bête de la bande), Jean–Luc Mélenchon, Edwy Plenel, Tarik Ramadan ont défendu l’idée, avec l’aide des médias américains démocrates, que les musulmans sont persécutés en France et victimes de ”racisme” comme les Juifs du temps de Vichy. Alors qu’ils sont privilégiés ! Contrôler, arrêter ou condamner un voyou arabe ou africain qui vient de commettre un délit équivaudrait aux rafles antijuives de la Seconde guerre mondiale.

Qu’on puisse, en France, être poursuivi pour ”islamophobie”, mais non pas pour ”christianophobie”, est un signe suicidaire de démission et de soumission face à l’islam.

Guillaume Faye (J'ai tout compris, 18 février 2017)

 

Notes :

(1) Le christianisme est, aujourd’hui, dans le monde, la religion et l’appartenance la plus persécutée et poursuivie. Hors Chine et Corée du Nord, l’islam en est la principale cause. Les atteintes contre les lieux de culte chrétiens en France entre 2008 et 2016, (églises, cimetières, etc.) ont augmenté de 245%. En 2016, pour la première fois dans l’histoire, un prêtre (le Père Hamel) a été égorgé par des musulmans pendant sa messe. Mais, bien sûr, le grand péril, c’est l’islamophobie, n’est-ce pas ?

(2) Une France soumise, est le dernier essai de Georges Bensoussan, ( Albin Michel, 2017)

(3) Les poursuites judiciaires contre l’hebdo de droite Valeurs actuelles (le seul en progression de ventes par rapport à ses concurrents, ce qui inquiète l’oligarchie) simplement pour avoir dénoncé une islamisation et une invasion migratoire, prouvent que les médias résistants sont assaillis par une justice politisée et partiale. État de droit ?