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17/07/2018

L'actualité sans politiquement correct (2)...

Chaque mois, Jean-Yves Le Gallou apportera sur Polémia son éclairage sur les faits les plus marquants de la période.Nous reproduisons ci-dessous cette première revue d'actualité pour le mois de juin...

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Aquarius, Médine, TVL… Le mois de juin vu par Jean-Yves Le Gallou

Polémia : En Italie, Salvini a été nommé ministre de l’Intérieur et a très vite agi avec une priorité : la fin de l’arrivée de migrants et l’expulsion des clandestins. A quand un Salvini français ?

Jean-Yves Le Gallou : La coalition arrivée au pouvoir en Italie avait deux priorités : la réforme de l’UE, de l’euro et de la politique budgétaire italienne mais aussi une priorité en termes de contrôle et de maîtrise de l’immigration.
Il est manifeste que le gouvernement italien de Monsieur Conte avec comme ministre de l’Intérieur Monsieur Salvini agit sur ce qu’on peut considérer comme la priorité des priorités (à la fois du point de vue de l’identité italienne et du point de vue de l’attente des électeurs italiens). Il a donc immédiatement agi pour bloquer l’arrivée de nouveaux envahisseurs dans les ports italiens. Ce qui surprend au fond tout le monde, car voilà un homme politique qui ne se contente pas de paroles mais tient ses promesses.

 

On peut dire qu’il y a là une leçon pour la « droite » française, si tant est qu’on puisse parler de droite s’agissant de LR ou du Front national. Il y a souvent des beaux discours en France mais rarement la mise en œuvre, soit au gouvernement soit dans les pouvoirs locaux ou au Parlement européen.
De ce point de vue-là, la vraie question qui va se poser aux Républicains en France, c’est de mettre en harmonie leurs décisions dans les assemblées avec les discours de Wauquiez. Ils devront agir en fonction des discours qu’ils tiennent. Cela suppose d’arrêter de voter des dispositions favorables aux migrations au Parlement européen et d’arrêter de voter des subventions à des associations antiracistes ou LGBT dans les communes, les départements et les régions. Faute de quoi, ils sont évidemment condamnés car, désormais, les électeurs voient que dans certains pays (Italie, Autriche, Hongrie, Pologne…) il est possible de respecter la parole donnée.

Ce serait pour la France, la seule condition de la survie.
Je pense qu’il y a deux leçons à tirer en France de cette attitude de Salvini.
D’abord, une question à destination de LR : quand vos élus vont-ils mettre en harmonie leurs discours avec leurs décisions ?
Du côté du FN, la leçon est que la vraie priorité c’est la maîtrise de l’immigration et la défense de l’identité. C’est beaucoup plus important que les fariboles monétaires et souverainistes.
La prise de conscience de cela, c’est aussi d’accepter le vocabulaire qui décrit cette réalité.
C’est-à-dire qu’aujourd’hui, quand on est au FN, il faut accepter de reprendre le terme de Grand Remplacement. Car nier qu’il existe un grand remplacement ethnique et civilisationnel, eh bien c’est mentir aux Français. Et passer à côté de l’essentiel.

Donc, il faut faire un pas en avant dans l’action chez LR et un pas en avant dans le discours au FN.

Au sujet d’un Salvini français, le paysage politique actuel est sélectionné par les médias. Les médias ont beaucoup fait pour sélectionner à LR les mous ou les molles. Ils ont beaucoup fait pour promouvoir Juppé, NKM, Calmels, Pécresse et tous les mous. Et les médias ont beaucoup fait pour détruire ceux qui parlent un peu plus haut – je pense notamment au « Wauquiez bashing ».

Au FN, c’est pareil. On a beaucoup fait pour promouvoir Marine qui se distinguait de JMLP. Même chose pour Philippot qui continue d’ailleurs d’être invité dans les médias alors qu’il ne représente strictement plus rien.
Est-ce qu’il y a aujourd’hui sur l’étagère un homme ou une femme politique pouvant être le Salvini français ? Je n’en suis pas sûr.
Celle qui est sans doute la plus proche, – je pense à Marion Maréchal bien sûr – eh bien elle est actuellement en réserve de la République, de la France et de la civilisation européenne. Difficile pour le moment de préjuger de la suite.

Polémia : Concernant l’Aquarius, qu’aurait-il fallu faire ?

Jean-Yves Le Gallou : Première chose : il aurait fallu lui interdire d’accoster dans tout port européen.

Ensuite, à partir du moment où il accostait dans un port européen – et il a accosté à Valence pour livrer sa « cargaison » de clandestins puis à Marseille pour faire le plein – il fallait l’arrêter. J’emploie le terme de « cargaison » car le phénomène migratoire ressemble clairement à une forme d’esclavage moderne.
Il aurait dû être saisi par les autorités au titre de ses manœuvres de transport de clandestins puisqu’il est évident, lorsqu’on regarde le parcours de l’Aquarius, qu’il attend les clandestins à la limite des eaux territoriales libyennes. S’il s’agissait d’une véritable opération de sauvetage, il les ramènerait vers les ports les plus proches, en Libye ou au Maghreb et non pas en Europe.

 

Polémia : Des centaines d’islamistes ayant combattu auprès de l’Etat islamique seront bientôt relâchés en France. Une actualité qui a beaucoup fait débat. Que faudrait-il faire de ces islamistes radicaux ?

Jean-Yves Le Gallou : Il y a 2 hypothèses.
Soit les islamistes radicaux sont étrangers et ils doivent donc être expulsés.
Soit ils sont français et ils se sont conduits comme nationaux d’un pays ennemi en servant un état étranger hostile et, par conséquent, ils doivent être déchus de leur nationalité française puis expulsés.

Leur vocation est donc, si ce n’est pas de retourner en prison, d’être expulsés.

Polémia : Alors que le métier d’enseignant manque d’attractivité, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, réfléchit à baisser le niveau de recrutement pour combler les postes vacants. Quel avenir pour les enfants français dans la France de demain ?

Jean-Yves Le Gallou : Si l’on manque d’enseignants, c’est pour deux raisons : la première c’est que le salaire est peu attractif, ce qui peut déranger alors que l’enseignement, considéré comme un très beau métier pendant longtemps, perd en prestige aujourd’hui ; mais la raison principale, c’est que, lorsque vous êtes jeune enseignant, vous êtes condamné à débuter dans la région parisienne et plus précisément dans les banlieues de l’immigration. C’est ça la raison première.

 

Dans beaucoup d’endroits, les gens préfèrent passer les concours de recrutement pour être professeur des écoles plutôt que professeur dans le secondaire car lorsqu’on choisit d’être professeur des écoles on est affecté dans l’académie dans laquelle on a passé le concours. Il y a donc un choix géographique. Par contre, lorsqu’on passe un concours pour le secondaire, c’est un concours national et on est à peu près sûr d’entamer sa carrière en Seine-Saint-Denis ou dans un autre département du même genre.
C’est tellement vrai qu’on ne trouve plus de candidats pour être professeur des écoles dans l’académie de Créteil (Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis, Essonne). En fait, les professeurs ne veulent même pas aller enseigner à des bambins dans ces zones immigrées.

Le système de l’Education nationale est donc proprement détruit par le phénomène de l’immigration.

Polémia : Lors des attentats du Bataclan, on a appris début juin que des militaires de l’opération Sentinelle avaient été empêchés d’intervenir. Aurait-il fallu leur donner un autre ordre ?

Jean-Yves Le Gallou : Ce n’est pas absolument évident puisque du point des vues des gens qui ont pris cette décision, il y avait certainement un manque d’informations sur la situation réelle. Je pense qu’ils ont donc privilégié l’intervention de forces spécialisées dans les attaques terroristes.
Ceci étant, cela a probablement été une erreur puisque la première intervention qui limite les dégâts était celle de policiers lambda qui se trouvent là. Peut-être qu’il aurait mieux valu faire intervenir les militaires de Sentinelle. Il est évident que le bilan en termes de morts aurait été moins élevé car ce bilan désastreux a été en partie dû au fait que beaucoup de blessés se sont vidés de leur sang puisque les services de secours n’ont pu intervenir que plusieurs heures après l’attaque.


C’est incontestable que les choix qui ont été faits n’ont pas été les bons. Maintenant, ceux qui ont pris cette décision n’avaient pas forcément les bons éléments sur le moment. C’est toujours un peu facile de donner des bons et mauvais points a posteriori.

Polémia : Le mois de juin a été marqué par la polémique autour de la venue de Médine, rappeur islamiste, au Bataclan pour un concert. Quel regard portez-vous sur cette polémique ?

Jean-Yves Le Gallou : Il y a une certaine indécence à jouer au Bataclan quand on se réclame du djihad comme le fait Médine, indépendamment des phrases scandaleuses de ses chansons, indépendamment de ses liens avec les frères musulmans via Le Havre de Savoir.


Ce qui est assez extraordinaire, c’est que l’argument de ses défenseurs – dont Edouard Philippe, ancien maire du Havre dont la municipalité a financé l’association Havre de Savoir – est de dire qu’il s’agirait d’une censure.
On peut comprendre ce souci d’éviter la censure mais il aurait fallu d’abord lutter contre la censure de Jesse Hughes, le chanteur du groupe Eagles of Death Metal dont le concert avait été visé par les islamistes au Bataclan. Il avait en effet été interdit de chanter un an après l’attentat lors de Rock en Seine, un festival subventionné par la région Ile-de-France dirigée par Valérie Pécresse. Le chanteur du Bataclan a donc été censuré en France. Et là, ceux qui n’avaient rien dit viennent aujourd’hui parler de lutter contre la censure.

Il y a un phénomène de censure incroyable aujourd’hui en France mais, dans le même temps, on n’hésite pas à justifier le concert de Médine au Bataclan. C’est profondément indécent.

Polémia : La censure de TVL, quelle analyse, 15 jours après la nouvelle ? Quel avenir ?

Jean-Yves Le Gallou : TV Libertés continue, les émissions continuent et tout le contenu est accessible directement sur le site www.tvlibertes.com qui renvoie vers diverses plateformes vidéos.

TV Libertés a fait face. Elle a perdu un peu d’audience, bien sûr, et c’est donc à tous les internautes d’aider à retrouver le niveau passé. Il faut aller sur le site, s’abonner à la newsletter et relayer cette newsletter et les émissions auprès de tous ses amis.
Il faut également continuer à utiliser les réseaux sociaux tant qu’on peut s’en servir mais il faut aussi prendre l’habitude d’utiliser les newsletters.

Le déclencheur de la censure sur Youtube était officiellement des atteintes aux droits d’auteur. Ce n’est pas tout à fait exact. Sur 2 500 émissions (!), il y a effectivement eu 2 réclamations sur droits d’auteur mais, sur une autre vidéo, un autre problème a été sanctionné alors qu’il ne s’agissait pas d’une problématique de droits d’auteur mais d’une pure censure idéologique :
TV Libertés avait fait, en 2017, un reportage sur la Gay Pride parisienne dans lequel apparaissaient, je crois, des hommes à quatre pattes en cuir. Cette scène avait été dénoncée comme homophobe par un certain nombre de délateurs et cela avait été censuré par Youtube.
C’était donc une censure idéologique puisqu’il s’agissait des images de TVL et pas celles d’un autre média.

Cela devient de plus en plus difficile de rester dans les clous du politiquement correct. Les exigences des censeurs sont en effet de plus en plus radicales. Exemple récent avec le dernier numéro d’I-Média : nous avions titré en reprenant l’intitulé du t-shirt du DJ ayant joué à la fête de la musique à l’Elysée. Le t-shirt disait « Fils d’immigré, noir et pédé ». Le titre de l’émission était donc « Fils d’immigré, noir et pédé » : Bienvenue à l’Elysée. Eh bien, la vidéo a été provisoirement suspendue par Dailymotion tant que le terme « pédé » n’avait pas été remplacé par celui de « gay ».
C’est du délire.

 

Pour finir sur TV Libertés, les audiences reprennent rapidement. Le JT a repris du poil de la bête et I-Média se relève également.
Si les internautes continuent à aider TVL en relayant les vidéos et les bonnes pratiques (consulter le site et s’abonner à la newsletter), la censure ne triomphera pas.

 

Polémia : La rencontre Trump-Jong-un assurera-t-elle au président des Etats-Unis un prix Nobel de la paix ? Quid des retombées géopolitiques ?

Jean-Yves Le Gallou : Cela m’étonnerait ! De toute manière, accorder un prix Nobel de la paix à un président américain est complètement injuste puisque ce pays fait la guerre aux quatre coins du monde depuis très longtemps et c’est donc une décision étonnante, quel que soit le président qui le reçoit.

Quant aux retombées géopolitiques d’une telle rencontre, je préfère m’abstenir de me prononcer car je ne maîtrise pas assez le sujet pour avoir un avis éclairé.

Polémia : Le limogeage de Virginie Calmels par Laurent Wauquiez est-il un signe de la droitisation de LR ?

Jean-Yves Le Gallou : Virginie Calmels fait partie de tous ces élus Républicains qui sont mis en avant par les médias car ils ont des idées politiquement correctes. Ils ne représentent rien en termes de demande des militants et des électeurs mais sont promus en permanence. Au fond, il y a un bras de fer entre les médias et les partis politiques pour savoir qui doit décider les représentants des partis.

Je crois que le vrai défi de Laurent Wauquiez n’est pas seulement de limoger les mous.
Il sera crédible dans deux hypothèses : quand ses élus au Parlement européen voteront comme les élus de Monsieur Orban et quand ses maires et élus régionaux arrêteront de subventionner SOS Racisme, la Licra, les LGBT et les associations immigrationnistes.
Ce n’est pas très compliqué, il suffit juste d’un peu de courage : un peu de courage pour faire le ménage.

Polémia : Angela Merkel, fragilisée sur la question migratoire, est-elle le symbole d’un retournement général d’opinion sur les migrants ?

Jean-Yves Le Gallou : Oui, je crois qu’il y a un vent nouveau qui souffle sur l’Europe sur la question de la crise migratoire.
Le renouveau vient de la Hongrie, de la Pologne, de l’Autriche et même de l’Italie.
Ce sont les mouvements identitaires qui sont en train de mener la danse.
En Allemagne, c’est la CSU bavaroise qui se rallie à ce mouvement, sous la pression extrêmement forte de l’AfD qui a le mérite d’avoir posé dans le débat politique la question de l’immigration en Allemagne.

 

La chute de Merkel n’est pas encore acquise mais serait un événement politique majeur. Mais que ce débat fasse rage en Allemagne au point de la fragiliser comme jamais démontre déjà que quelque chose est en train de se passer en Europe.

Si Merkel venait à tomber, cela justifierait bien d’ouvrir force bouteilles de champagne et de schnaps !

Polémia : Les USA ont décidé de quitter le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. La France devrait-elle faire de même ?

Jean-Yves Le Gallou : Oui, absolument ! La Commission des droits de l’homme de l’ONU n’a de toute manière aucune légitimité. Il y a des gens qui siègent et qui dirigent cette commission qui représentent des pays dictatoriaux voire totalitaires. Et c’est une ingérence permanente dans la souveraineté des Etats.

C’est donc une excellente mesure prise par Donald Trump.

Polémia : Macron s’est rendu à Rome, notamment pour évoquer la question des migrants. L’Eglise est-elle complice de l’invasion de l’Europe ?

Jean-Yves Le Gallou : L’Eglise dans sa globalité, sans doute pas. Mais François, absolument !
Il faut savoir que son conseiller immigration était, jusqu’à son décès en début d’année, Monsieur Sutherland : un homme dont le parcours est typiquement celui d’un immigrationniste forcené ! A la fois en tant que commissaire européen mais aussi en tant que représentant de Goldman Sachs en Europe. C’est proprement hallucinant.

La ligne de Monsieur Macron est un peu celle de Sutherland avec la limite qu’il est obligé d’être plus prudent que le pape François car, lui, a des électeurs. Et ces électeurs sont très réservés sur l’immigration. Le pape, lui, n’a pas ce type de contrainte démocratique. Il peut donc se focaliser entièrement sur le discours immigrationniste pour se donner une image médiatique de gentil à peu de frais.

Jean-Yves Le Gallou (Polémia, 5 juillet 2018)

14/07/2018

Censure sur la criminalité en Europe ?...

 Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli sur Atlantico et consacré à la censure de faits qui règne dans la presse sur la vraie nature de la criminalité en Europe... Criminologue et auteurs de nombreux essais, Xavier Raufer a récemment publié Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) ou encore Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014).

 

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Campagne d'affichage de l'AfD :" L'Allemagne a besoin de sécurité ! "

 
Censure sur la criminalité en Europe ? Pourquoi la baisse évoquée en Allemagne et en Suède est en trompe l’œil
A la lecture de la presse, le criminologue que je suis est saisi par un étrange malaise sur le traitement réservé aux enjeux de sécurité en Europe. Que d’oublis et d’ignorance et, partant, d’incapacité à comprendre le ressenti des citoyens européens face à la terreur et au crime.

Prenons ainsi l'étude récente d'un think tank américain selon lequel de janvier 2014 à fin 2017, l'Europe a subi 194 attentats (réussis ou non). Bilan : 357 morts, 1 660 blessés. 32 de ces tueries ayant toute de même causé 1 000 morts ou blessés étaient pour tout ou partie le fait de migrants (Maghreb, Soudan, Irak). Pas exactement rien… 

Désormais, ces "oublis" frôlent la censure. Fin mai en Allemagne, Susanna Feldman, 14 ans, est violée et tuée par un hybride migrant-irakien (braquage, mars 2018, droit d'asile, rejet en mars 2016).

Le site israélien I24News révèle qu'elle est juive. Une Juive assassinée en Allemagne - outrage garanti ! Or googlez "Susanna Feldman": sur les cinq premières pages, pas trace du Monde, de Libé ou de France Info. 

Mais place aux chiffres sur la mondialisation et la réalité de la criminalité dans certains pays d’Europe dont de nombreux articles –relayant sagement des propos officiels- ont expliqué récemment qu’elle était en forte baisse. 

Allemagne – A en croire, une majorité de nos grands médias d'information, tout va bien et même très bien en matière de sécurité au pays de Mme Merkel puisque les chiffres sont à la baisse ! Voyons voir.

"No-go areas" (quartiers hors-contrôle) - Mme Merkel l'avoue en février 2018 (RTL-Deutschland,) "Il y a des lieux en Allemagne où les gens ne sont plus en sécurité...Il faut le dire clairement". C'est si clair qu'en juin 2018, 90% des Allemands veulent un durcissement de la politique migratoire. Sur cela, censure des médias précités. 

Baisse statistique factice de la criminalité - Pour le syndicat policier allemand GdP, les statistiques nationales (PKS) incluent tout passage illégal de la frontière ["infractions liées à la loi sur les étrangers"] donc si en 2015, 890 000 clandestins entrent en Allemagne, et 280 000 en 2016, on a fin 2016... 610 000 infractions de moins ! Fine astuce.

Ce qui monte malgré tout - Crimes violents en 2015 et 2016, + 7% [homicides & tentatives + 14%, viols + 12%, coups & blessures + 10%] ; en 2017, homicides + 3,2%. 90% de ces hausses sont dues à des migrants mâles de 14 à 30 ans.

Crimes dans les länder et villes (où la censure d'Etat est moins écrasante) :

- Leipzig, attaques à l'arme blanche : 2011, 33 cas ; 2017, 138.

- Sigmaringen (Souabe), 2017 : 57% des infractions connues sont dues aux migrants, dont 49% des vols dans les commerces et 39% des vols violents.

- Rhénanie-Nord Westphalie, 2e semestre 2017, 500 attaques à l'arme blanche connues.

Fautives statistiques allemandes sur la sécurité : 

- Pour le syndicat de la police (Bund Deutscher Beamter), 90% des infractions sexuelles et 88% des "crimes de haine" sont hors-statistiques. Confirmation d'études académiques que le BKA ignore 20% des infractions connues - voire "oublierait" 50% des homicides car nul ne vérifie la mention "mort naturelle" d'un médecin légiste, peut-être soudoyé ou étourdi.

- Pire, les données du BKA incluent les seules infractions fédérales élucidées "Aufgeklärten Straftaten" ; or 45% des infractions connues ne sont pas élucidés ; ni bien sûr le "chiffre noir" (écart entre infractions connues et vécues). Joli effet d'entonnoir - ignoré des médias.

- Enfin, les comptages du BKA omettent les actes terroristes, relevant du Renseignement intérieur, loin des yeux indiscrets.

Gros scandale au service fédéral de l'immigration (BAMF) qui - submergé ou corrompu ? - a des années durant accordé à l'aveuglette des titres de séjour à des Zuwanderer - dont nombre de criminels violents.

Que sait-on de la criminalité des migrants/étrangers en Allemagne ?

- 40% des infractions qu'ils commettent sont le fait de 1% d'entre eux - ce qui prouve la présence parmi eux de criminels endurcis,

- Crimes sexuels imputables aux migrants : 2013, 2/jour ; 2014, 3/jour ; 2015, 5/jour ; 2016, 9/jour ; 2017, 13/jour.

- En Allemagne, 1 habitant sur 8 est étranger ; sur 3 inculpés de crime, 1 étranger ; Sur 5 victimes d'un crime, 1 étranger.

Parquet fédéral allemand, enquêtes pour "extrémisme" : 68 en 2013, 1 200 en 2017. Inculpations pour "terrorisme" : 2016, 66 ; 2017, 316.

Suède (10 millions d'habitants) Sondage pour les législatives de l'automne 2018, sur les colères des électeurs : 1 - l'immigration ; 2 - la santé ; 3 - la loi et l'ordre. Dans ce pays jadis si paisible, la vague migratoire a provoqué un séisme criminel oublié des médias.

Zones hors-contrôle : selon le syndicat du personnel paramédical (Ambulandförbundet), on en compte 60 autour de Stockholm, Gothenburg et Malmö.

Omniprésence des armes de guerre : 

- Attentats à la grenade, 4 en 2014, 20 en 2017. Au marché noir, de meurtrières grenades défensives sont à 30 € pièce ; même, gentil geste commercial, on en a deux gratis pour l'achat d'une kalachnikov. En 2017 à Malmö, des commissariats reçoivent deux de ces engins - dégâts énormes. 

- Usage d'armes de guerre sur la voie publique : 300 en Suède, en 2017 ; 17 homicides par arme à feu en 2011 ; 41 en 2017 plus 135 blessés. En juin 2018 à Malmö, une fusillade fait 3 morts et 3 blessés graves ; les douilles jonchent le sol, près du commissariat central.

Voilà ce qu'ignorent nos médias d'information - Fake news, non - censure, plutôt.

Xavier Raufer (Atlantico, 3 juillet 2018)

12/07/2018

Les marqueurs de l’effondrement de l’empire...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Dmitry Orlov, cueilli sur le blog francophone du  Saker et consacré aux signes annonciateurs de l'effondrement de l'empire américain... De nationalité américaine mais d'origine russe, ingénieur, Dimitry Orlov, qui a centré sa réflexion sur les causes du déclin ou de l'effondrement des civilisations, est l'auteur d'un essai traduit en français et intitulé Les cinq stades de l'effondrement (Le Retour aux sources, 2016).

 

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Les marqueurs de l’effondrement de l’empire

En réfléchissant à l’effondrement de l’empire américain qui se déroule (jusqu’à présent) graduellement, l’effondrement de l’URSS, qui s’est produit il y a près de trente ans, continue d’être une utile mine d’exemples et d’analogies. Certains événements survenus pendant l’effondrement soviétique peuvent servir de panneaux de signalisation utiles dans le contexte américain, ce qui nous permet de formuler de meilleures hypothèses quant au calendrier des événements qui peuvent soudainement transformer un effondrement graduel en sa version accélérée.

Quand l’effondrement soviétique s’est produit, la réaction universelle a été « Qui aurait pu le savoir ? » Eh bien, je le savais. Je me souviens distinctement d’une conversation que j’avais eue avec un chirurgien au cours de l’été 1990, juste au moment où j’allais passer sur le billard pour me faire opérer de l’appendicite, en attendant l’anesthésie. Il m’a demandé ce qu’il adviendrait des républiques soviétiques, de l’Arménie en particulier. Je lui ai dit qu’elles seraient indépendantes en moins d’un an. Il avait l’air positivement choqué. Je ne m’étais trompé que de deux mois. J’espère pouvoir prévoir l’effondrement américain avec le même degré de précision.

Je suppose que j’étais bien placé pour le savoir, et je suis tenté de deviner comment j’ai réussi cela. Mon domaine d’expertise à l’époque était l’électronique de mesure et d’acquisition de données pour les expériences de physique des hautes énergies, pas la soviétologie. Mais j’avais passé l’été précédent à Leningrad, où j’avais grandi, et j’avais une bonne idée de ce qui se passait en URSS. Pendant ce temps, toute la cohue des experts professionnels sur la Russie,  payés pour le faire, qui étaient installés dans divers organismes gouvernementaux à Washington ou qui consommaient de l’oxygène dans diverses fondations et universités des États-Unis, n’avaient absolument aucune idée de ce à quoi s’attendre.

Je soupçonne qu’il y a un principe là-dedans : si votre carrière dépend de l’existence de X, et si X est sur le point de cesser d’exister, alors vous ne serez pas très motivé pour prédire avec précision sa fin. Inversement, si vous parveniez à prédire avec précision la fin programmée de X, alors vous seriez également assez intelligent pour changer de carrière à l’avance, donc vous ne seriez plus un expert sur X et votre opinion sur le sujet serait négligée. Les gens penseraient que vous avez quitté un excellent travail et que vous êtes maintenant aigri. À l’heure actuelle, j’observe le même phénomène à l’œuvre chez les experts de la Russie aux États-Unis : ils ne peuvent pas imaginer que les diverses choses qu’ils ont passé leur vie à étudier ont rapidement perdu de leur pertinence. Ou peut-être qu’ils le peuvent, mais qu’ils gardent cette prise de conscience pour eux-mêmes, de peur de ne plus être invités pour des talk-shows.

Je suppose que puisque l’expertise est une question d’en savoir beaucoup sur un sujet circonscrit, tout savoir sur rien – une chose qui n’existe pas – est son point final logique. Quoi qu’il en soit, je pense que nous autres non-experts, armés du recul parfait que nous offre l’exemple de l’effondrement soviétique, nous pouvons éviter d’être pareillement aveuglés et abasourdis par l’exemple américain. Ce n’est pas une question académique : ceux qui jaugent la situation avec précision peuvent être en mesure de se faufiler et sortir de l’enfer à l’avance, alors que les lumières sont toujours allumées, pendant que le monde ne se promène pas encore dans une brume mentale induite par la drogue et des fusillades de masse et que d’autres types de chaos sont toujours considérés comme dignes d’intérêt par les médias.

Ce recul nous permet de repérer certains marqueurs qui se sont manifestés à ce moment-là et qui se manifestent maintenant. Les quatre dont je veux discuter maintenant sont les suivants :

1. Les alliés sont aliénés ;
2. Les inimitiés se dissipent ;
3. L’idéologie devient non pertinente ;
4. La posture militaire devient flasque.

Tout cela est évident à voir dans l’effondrement américain. Comme pour l’effondrement soviétique, il y a une certaine période d’incubation pour chacune de ces tendances, pouvant durer peut-être un an ou deux, au cours de laquelle peu de choses semblent se produire, mais quand c’est le moment, tout décolle d’un seul coup.

1. Alliances

Au fur et à mesure que l’effondrement soviétique s’est déroulé, les anciennes amitiés se sont détériorées, d’abord à cause d’un manque de pertinence, puis ont tourné a une inimitié pure et simple. Avant l’effondrement, le rideau de fer a couru entre l’Europe de l’Est et de l’Ouest ; trois décennies plus tard, il court entre la Russie et les pays baltes, la Pologne et l’Ukraine. Alors que dans l’après-guerre, les pays du Pacte de Varsovie tiraient de nombreux avantages de leur association avec la Russie et sa puissance industrielle, vers la fin leur adhésion au camp soviétique devenait de plus en plus gênante pour le progrès, entravant leur intégration avec les pays prospères et moins troublés plus à l’ouest et avec le reste du monde.

De même, avec les États-Unis et l’Union européenne, ce partenariat montre également des signes majeurs de tension alors que Washington tente d’empêcher l’Europe de s’intégrer au reste de l’Eurasie. La menace particulière de sanctions économiques unilatérales dans le cadre d’un effort vain pour bloquer d’autres gazoducs russes vers l’Europe et forcer les Européens à acheter un projet de gaz naturel liquéfié américain incertain et surévalué a mis en évidence le fait que la relation n’est plus mutuellement bénéfique. Et alors que la Grande-Bretagne se sépare de l’Europe et se rapproche des États-Unis, un nouveau rideau de fer émerge peu à peu, mais cette fois, il traversera la Manche, séparant le monde anglophone de l’Eurasie.

Des développements similaires sont en cours à l’Est, affectant la Corée du Sud et le Japon. La volte-face de Trump entre tweets tumultueux et rhétorique conciliatoire vis-à-vis de la Corée du Nord a mis à nu le vide des garanties de sécurité américaines. Ces deux pays voient maintenant la nécessité de prendre leurs propres dispositions de sécurité et de commencer à réaffirmer leur souveraineté en matière militaire. Pendant ce temps, pour les États-Unis, être incohérent n’est qu’un « arrêt au stand »sur le point de devenir insignifiant.

2. Les inimitiés

Pendant toute la période de la guerre froide, les États-Unis étaient l’ennemi juré de l’Union soviétique, et tout effort de Washington pour donner des conseils ou dicter sa volonté se heurtait à des aboiements bruyants, synchronisés et idéologiquement fortifiés de Moscou : encore l’agresseur impérialiste ; n’y faites pas attention. Ce bruit vertueux a très bien fonctionné pendant une période étonnamment longue, et a continué de fonctionner pendant que l’Union soviétique réalisait de nouvelles conquêtes impressionnantes – dans l’espace, la technologie, la science et la médecine, dans des projets humanitaires internationaux, etc. Mais lorsque la stagnation s’est installée, il a commencé à sonner creux.

Après l’effondrement soviétique, cette immunité contre la contagion américaine a disparu. Des « experts » et des « conseillers » occidentaux ont envahi le pays et proposé des « réformes » telles que le démembrement de l’URSS en 15 pays distincts (piégeant des millions de personnes du mauvais côté de la frontière nouvellement inventée) avec une thérapie de choc (qui a appauvri presque l’ensemble de la population russe), les privatisations (qui mettaient des biens publics importants entre les mains de quelques oligarques politiquement associés, pour la plupart des oligarques juifs) et divers autres projets visant à détruire la Russie et à faire disparaître sa population. Ils auraient probablement réussi s’ils n’avaient pas été arrêtés à temps.

Symétriquement, les Washingtoniens considéraient l’URSS comme leur ennemi juré. Après sa disparition, il y a eu un peu de confusion. Le Pentagone a essayé de parler de « mafia russe » comme d’une menace majeure à la paix mondiale, mais cela semblait risible. Puis, à l’occasion de la démolition de quelques gratte-ciels à New York, peut-être en plaçant de petites charges nucléaires dans le soubassement sous leurs fondations (ce sont les plans de démolition qui étaient enregistrés 1), ils ont embrassé le concept de « guerre contre le terrorisme », bombardant divers pays qui n’avaient pas de problème de terrorisme avant mais en ont certainement maintenant. Puis, une fois que ce plan stupide a suivi son cours, les Washingtoniens sont retournés à leur premier os à ronger pour harceler la Russie.

Mais maintenant une odeur étrange flotte dans le vent à Washington : l’odeur de l’échec. L’air commence à fuiter de cette campagne pour calomnier la Russie, et c’est putride. Pendant ce temps, Trump continue à faire des bruits qu’un rapprochement avec la Russie est souhaitable et qu’un sommet entre les dirigeants devrait avoir lieu. Trump emprunte aussi quelques pages du livre de règles russe : tout comme la Russie a réagi aux sanctions occidentales par des contre-sanctions, Trump commence à réagir aux barrières douanières occidentales par ses propres barrières douanières. Nous devrions nous attendre à ce que l’inimitié américaine contre la Russie se dissipe quelque temps avant que l’attitude américaine à l’égard de la Russie (et de beaucoup d’autres choses) ne devienne insignifiante. Nous devrions également nous attendre, une fois la bulle de la fracturation hydraulique [pétrole de schiste, NdT] explosée, à ce que les États-Unis deviendront dépendants du pétrole russe et de son gaz naturel liquéfié, qu’ils seront forcés de payer avec de l’or. (La fracturation implique un processus de combustion en deux phases : la première phase brûle de l’argent emprunté pour produire du pétrole et du gaz, la seconde brûle le pétrole et le gaz.)

D’autres inimitiés sont aussi sur le déclin. Trump vient de signer un document intéressant avec Kim Jong-un, président de la Corée du Nord. L’affaire (si nous l’appelons ainsi) est un acte de capitulation tacite. Il a été orchestré par la Russie et la Chine. Il affirme ce que la Corée du Nord et la Corée du Sud avaient déjà accepté : la dénucléarisation éventuelle de la péninsule coréenne. Tout comme Gorbatchev a consenti à la réunification de l’Allemagne et au retrait des troupes soviétiques de l’Allemagne de l’Est, Trump s’apprête à accepter la réunification de la Corée et le retrait des troupes américaines de la Corée du Sud. Tout comme la chute du mur de Berlin a marqué la fin de l’imperium soviétique, le démantèlement de la zone démilitarisée coréenne marquera la fin de l’ère américaine.

3. Idéologie

Alors que les États-Unis n’ont jamais rien eu d’aussi rigoureux que le dogme communiste de l’Union soviétique, leur mélange de propagande pro-démocratie, de capitalisme du laissez-faire, de libre-échange et de domination militaire a été puissant pendant un certain temps. Après avoir cessé d’être la plus grande puissance industrielle du monde, cédant la première place à l’Allemagne et au Japon, puis à la Chine, les États-Unis accumulent des dettes prodigieuses, confisquant et dépensant l’épargne mondiale tout en défendant le dollar américain sous la menace de rétorsion militaire. Il fut pendant un certain temps compris que le privilège exorbitant de l’impression monétaire sans fin devait être défendu avec le sang des soldats américains. Les États-Unis se voyaient et se positionnaient comme le pays indispensable, capable de contrôler et de dicter des conditions à la planète entière, terrorisant ou bloquant divers autres pays selon les besoins. Maintenant, tous ces schibboleths idéologiques sont en ruines.

La rhétorique en faveur de la démocratie est toujours utilisée consciencieusement par les porte-parole des médias politiques, mais dans la pratique, les États-Unis ne sont plus une démocratie. Ce pays a été transformé en un paradis des lobbyistes qui ne sont plus confinés dans le hall en bas mais se sont installés dans les bureaux du Congrès et rédigent des quantités prodigieuses de lois pour répondre aux intérêts privés des entreprises et des oligarques. Le penchant américain pour la démocratie n’est pas non plus visible dans le soutien que les États-Unis prodiguent aux dictatures du monde entier ou dans sa tendance croissante à promulguer et appliquer des lois extraterritoriales sans le consentement international.

Le capitalisme du laisser-faire est également bien mort, supplanté par le capitalisme de copinage nourri par une fusion complète des élites de Washington et de Wall Street. L’entreprenariat privé n’est plus libre mais concentré aux mains d’une poignée de sociétés géantes, alors qu’environ un tiers de la population active aux États-Unis travaille dans le secteur public. Le département américain de la Défense est le plus grand employeur du pays et du monde entier. Environ 100 millions d’Américains en âge et en capacité de travailler ne travaillent pas. La plupart des autres travaillent dans des emplois de service, ne produisant rien de durable. Un nombre croissant de personnes garde des moyens de subsistance précaires en travaillant de manière sporadique. Tout le système est alimenté – y compris les parties qui produisent le carburant, comme l’industrie de la fracturation hydraulique – par de la dette. Aucune personne saine d’esprit, si on lui demandait de fournir une description réaliste du capitalisme, ne fournirait u plan aussi délabré.

Le libre-échange était prôné jusqu’à très récemment, même si de nos jours le mouvement est en perte de vitesse. Le commerce sans entraves sur de grandes distances est la condition sine qua non de tous les empires, y compris l’empire américain. Dans le passé, des navires de guerre et la menace d’une occupation ont été utilisés pour forcer des pays, comme le Japon, à s’ouvrir au commerce international. Tout récemment, l’administration Obama a été très active dans ses tentatives de faire passer divers partenariats transocéaniques, mais aucun n’a réussi. Et maintenant, Trump s’est mis à détruire le libre-échange en combinant sanctions et barrières douanières, dans une tentative malavisée de raviver la grandeur perdue de l’Amérique en se tournant vers l’intérieur du pays. En cours de route, les sanctions sur l’utilisation du dollar américain dans le commerce international, en particulier avec les principaux pays exportateurs d’énergie tels que l’Iran et le Venezuela, accélèrent le processus par lequel le dollar américain est détrôné en tant que monnaie de réserve mondiale, démolissant le privilège exorbitant de l’impression monétaire sans fin.

4. Militarisme

L’effondrement soviétique était dans une certaine mesure déjà acté avec le retrait soviétique de l’Afghanistan. Avant cela, il était encore possible de parler du « devoir international » de l’Armée rouge pour rendre le monde (ou du moins les parties libérées) sûr pour le socialisme. Après cela, le concept même de domination militaire a été perdu, et les interventions qui étaient possibles auparavant, comme en Hongrie en 1956 et en Tchécoslovaquie en 1968, n’étaient même plus pensables. Lorsque l’Europe de l’Est a connu une rébellion en 1989, l’empire militaire soviétique s’est simplement replié, abandonnant ses bases et son matériel militaire en se retirant.

Dans le cas des États-Unis, pour l’instant, ils restent capable de faire beaucoup de dégâts, mais il est devenu clair que la domination militaire de la planète entière n’est plus possible pour eux. L’armée américaine est encore énorme numériquement, mais elle est déjà bien flasque. Elle n’est plus capable de déployer une force terrestre d’une quelconque envergure où que ce soit et se limite aux bombardements aériens, à l’entraînement et à l’armement de « terroristes modérés » et de mercenaires, et au patrouillage inutile des océans. Aucune des aventures militaires récentes n’a abouti à quelque chose ressemblant à la paix à des conditions que les planificateurs américains avaient initialement envisagées ou que l’on aurait pu juger souhaitables : l’Afghanistan a été transformé en incubateur de terroristes et en usine d’héroïne ; l’Irak a été absorbé par un croissant chiite continu qui s’étend maintenant de l’océan Indien à la mer Méditerranée.

Les bases militaires américaines sont toujours présentes dans le monde entier. Elles étaient destinés à projeter le pouvoir américain sur les deux hémisphères du globe, mais elles ont été largement neutralisées par l’avènement de nouvelles armes de précision à longue portée, d’une puissante technologie de défense aérienne et d’une magie de guerre électronique. Ces nombreux « nénuphars », comme on les appelle parfois, sont à l’opposé d’actifs militaires : ce sont des cibles inutiles mais coûteuses situées dans des endroits difficiles à défendre mais faciles à attaquer pour des adversaires potentiels. Ils ne peuvent être utilisés que pour faire semblant de combattre, et la série interminable d’exercices d’entraînement militaire, tels que ceux dans les États baltes, juste à la frontière russe, ou ceux en Corée du Sud, sont des provocations, mais ils sont des Parangons d’inutilité, car attaquer la Russie ou la Corée du Nord serait un geste suicidaire. Ce sont essentiellement des exercices de renforcement de la confiance, et leur intensité croissante témoigne d’un déficit de confiance prononcé et croissant.

Les gens ne se lassent jamais de souligner la taille énorme du budget militaire américain, mais ils oublient presque toujours de mentionner que ce que les États-Unis reçoivent par unité d’argent est dix fois moindre que, par exemple, la Russie. C’est un plan d’extorsion boursouflé et inefficace qui produit de grandes quantités de gaffes – une éponge d’argent public sans cesse assoiffée. Peu importe combien d’argent elle absorbe, cela ne résoudra jamais le problème fondamental de l’incapacité à faire la guerre à un adversaire adéquatement armé sans subir des dommages inacceptables. Partout dans le monde, les États-Unis sont maintenant détestés, mais on les craint de moins en moins : une tendance fatale pour un empire. Par contre l’Amérique a très bien réussi à militariser ses services de police locaux, de sorte que le moment venu, elle sera prête à faire la guerre … contre elle-même.

Conclusion

Cette analyse peut se lire comme une enquête historique détachée de considérations pratiques et quotidiennes. Mais je crois que cela a un mérite pratique. Si les citoyens de l’URSS avaient été informés, avant les événements de 1990, de ce qui allait leur arriver, ils se seraient comportés différemment, et beaucoup de tragédies personnelles auraient pu être évitées. Une distinction très utile peut être faite entre l’évitement des effondrements (ce qui est futile, tous les empires s’effondrent) et l’évitement des scénarios les plus défavorables, qui deviendra, lorsque l’effondrement va s’accélérer, votre préoccupation la plus importante. Votre approche peut impliquer de fuir vers un terrain plus sûr, ou de vous préparer à survivre là où vous êtes. Vous pouvez choisir vos propres marqueurs d’effondrement et faire vos propres prédictions sur leur calendrier au lieu de compter sur le mien. Mais, ayant été témoin d’un effondrement, et étant témoin d’un autre, la seule approche que je ne recommanderais vraiment pas, est de ne rien faire et d’espérer le meilleur.

Dmitry Orlov (Le Saker francophone, 19 juin 2018).

10/07/2018

Je ne suis pas...

Vous pouvez lire ci-dessous un point de vue de François-Bernard Huyghe, cueilli sur son site Huyghe.fr et consacré à l'analyse de la vidéo présentée ci-dessous, que nous vous laissons découvrir... Accrochez vos ceintures !

Spécialiste de la stratégie et de la guerre de l'information et directeur de recherches à l'IRIS, François Bernard Huyghe, auteur de nombreux livres, a récemment publié La désinformation - Les armes du faux (Armand Colin, 2015), Daech : l'arme de la communication dévoilée (VA Press, 2017) et Fake news - La grande peur (VA Press, 2018).

 

                      

Je ne suis pas...

Une récente vidéo devenue virale illustre un étonnant mécanisme idéologique. Au cours de l’excellente émission Arrêts sur images, Daniel Schneidermann s’apprête à diriger un débat sur la journée des fiertés LGBT et remarque que ses quatre invités sont des hommes (aucune lesbienne n’ayant semble-t-il été disponible pour ce plateau). L’un des intervenants, petit, barbu, chauve, à lunettes et l’air tout aussi viril que n’importe qui que vous croisez dans un bureau ou le métro, s’exclame alors « mais je ne suis pas un homme, Monsieur ». Argument développé : il ne se sent pas homme mais ni homme ni femme et ce serait un horrible préjugé que de déduire de son apparence qu’il appartient à tel ou tel genre (si vous employez le mot sexe, j’appelle la police). Dire qu’il y a « quatre hommes sur le plateau, ce serait genré et pas très agréable », assène-t-il. Le crime de Schneidermann, on l’a compris, est d’avoir confondu « identité de genre et expression de genre » ce qui le place directement sur la pente savoneuse que l’on sait. Il contribuerait donc à répandre des stéréotypes, crime majeur s’il en fut. Crimepensée !

Un peu plus tard, quand la rédaction regrette qu’il n’y ait que des blancs sur le plateau, le même barbu se réindigne et affirme qu’il n’est pas blanc, puisqu’à moitité libanais.

On peut sourire de genre d’incidents qui démontrent que l’on est jamais assez politiquement correct : les journalistes, qui pourtant débordaient de bonne volonté pour apaiser toutes les minorités, ne se le sont pas envoyé dire. On notera au passage que le professeur de tolérance continue à appeler Schneidermann « Monsieur » et à lui parler en français sans le moindre souci de la douleur que cela lui causerait si, dans le fond de son âme, l’animateur était persuadé d’être un bébé femelle kangourou moldo-valaque.

Au-delà de l’aspect comique de la scène - dont on image qu’elle va donner lieu à des détournements, « Mais au nom de quoi prétendez-vous que ceci est une émission de télévision ? », « Qui vous dit que nous sommes des êtres humains et non des anges ou des martiens ? En voilà bien des préjugés ! », ce petit incident a valeur de symptôme.

D’abord d’une logique imparable : je ne me sens pas donc je ne suis pas. Mon désir ou mon sentiment l’emportent sur le fait que j’aie un zizi et un chromosome XY, que je n’aie ni les yeux bridés ni de la mélanine dans le sang, sur le fait que le sens commun nous dit qu’un chauve barbu s’appelle Monsieur et qu’un véhicule à essence doté de quatre roues et d’un volant est usuellement désigné comme voiture, même si c’est d’un conformisme patriarcal désolant. L’hyper individualisme mène à l’idée que l’on est une sorte d’entité pure qui peut choisir tous ses attributs : au réel, dont le biologique, de se conformer à mes décrets. Je change les code du langage et de la réalité. J’échappe à toute détermination, je suis mon propre démiurge...

Le second aspect de ce système idéologique délirant (est vrai et dicible ce que je décide), est sa redoutable utilisation stratégique. Si vous vous pensez que je semble tel ou tel, ou si vous me faites rentrer dans telle ou telle catégorie sur la base de mes attributs (ce qui est quand même une des fonctions du cerveau humain, soit dit en passant), vous m’agressez. Donc vous me causez une souffrance. Donc vous n’êtes quand même pas loin du discours de haine et de la stigmatisation. Donc il faut vous fermer la gueule. Le processus, sinon de criminalisation (cela viendra), du moins de moralisation (qui oblige l’interlocuteur à se repentir des douleurs que provoquent ses mots et ses stéréotypes) offre ainsi le double avantage de se donner le monopole de la parole ou du sens des mots et de se désigner un ennemi d’autant plus facile à vaincre qu’il déborde de bonne volonté.

François-Bernard Huyghe (Huyghe.fr, 1er juillet 2018)

04/07/2018

Europe, terre à prendre...

 

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Bernard Lugan, cueilli sur Médias-Presse.infos et consacré à l'afflux de migrants africains en Europe. Historien et africaniste, Bernard Lugan a publié de nombreux ouvrages, dont dernièrement Osons dire la vérité à l'Afrique (Rocher, 2015), Histoire de l'Afrique du Nord (Rocher, 2016), Algérie - L'histoire à l'endroit (L'Afrique réelle, 2017), Heia Safari ! - Général von Lettow-Vorbeck (L'Afrique réelle, 2017) et, dernièrement, Mai 68 vu d'en face (Balland, 2018).

 

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Bernard Lugan analyse la migration africaine dans une Europe « terre à prendre »

Les actuelles arrivées de migrants africains en Europe constituent les prémices d’un phénomène massif qui va connaître une amplification considérable dans les prochaines décennies.

Laissons parler les chiffres :

- Avec un taux de croissance de 4 % la population africaine double tous les 18-20 ans.
- Au Niger, pays désertique où le taux de fécondité est de 7 enfants par femme, la population était de 3 millions d’habitants en 1960 et elle sera de 40 millions en 2040, puis de 60 millions en 2050.
- En Somalie, le taux de reproduction est de 6,4 enfants par femme et en RDC, il est de 6,1.
- En Algérie le programme de planification familiale avait permis de faire baisser l’indice synthétique de fécondité de 4,5 enfants par femme en 1990, à 2,8 en 2008. Or, avec la réislamisation du pays, depuis 2014, il a rebondi à 3,03.

Résultat :
D’ici à 2030, l’Afrique va voir sa population passer de 1,2 milliard à 1,7milliard, avec plus de 50 millions de naissances par an.
- En 2100, avec plus de 3 milliards d’habitants, le continent africain abritera 1/3 de la population mondiale, dont les trois quarts au sud du Sahara.

Pour des centaines de millions de jeunes africains, la seule issue pour tenter de survivre sera alors l’émigration vers l’Europe.

Bloqués par leurs pré-supposés idéologiques et moraux, les dirigeants européens qui s’obstinent à ne pas tenir compte de cette réalité, ont choisi de s’accrocher au mythe du « développement ». En France, des Insoumis au Front national, tous défendent ainsi – certes à des degrés divers –, le postulat du développement ralentisseur migratoire. Et tous sont dans l’erreur. Comme je l’ai expliqué dans mon livre Osons dire la vérité à l’Afrique [1], le développement de l’Afrique est en effet une illusion et parfois même une escroquerie intellectuelle et politique.

Pour deux grandes raisons :

1) À supposer qu’il ait une efficacité, le « développement » ne pourrait en effet avoir que des résultats à très long terme. Or, il y a urgence.

2) Tout a déjà été tenté en ce domaine depuis les indépendances, il y a plus de six décennies de cela. En vain car, en dépit des sommes abyssales déversées pour tenter de la faire « démarrer », l’Afrique régresse.

Loin de se développer, l’Afrique s’appauvrit globalement année après année

Selon les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) adoptés en 2000 par 189 États, aucun recul de la pauvreté africaine ne peut être envisagé sans un minimum de croissance annuelle de 7 % soutenue durant plusieurs années. Conclusion : comme il faut une croissance de 7 % par an pour simplement commencer à réduire la pauvreté, le calcul est vite fait, année après année, il manque donc à l’Afrique entre 3 et 4 % de croissance pour atteindre l’objectif des OMD. Donc, loin de se combler, la pauvreté africaine augmente et cela d’autant plus inexorablement que la démographie galopante y efface les quelques gains de croissance.

Comment prétendre développer l’Afrique quand les investisseurs s’en détournent ?

Le discours politique répétitif est l’appel à l’investissement « moteur du développement », mais comme les investisseurs n’investissent pas en Afrique, nous restons donc dans le domaine incantatoire.

Dans son rapport de mai 2018, la BAD (Banque africaine de développement) souligne ainsi que pour les investissements dans le seul domaine des infrastructures, l’Afrique a besoin annuellement de 170 milliards de dollars d’IED (Investissements étrangers directs), alors que, au total de tous ses postes, elle n’en reçoit que 60 mds.

Début juin 2018, à la lecture du rapport sur les IED publié par la CNUCED (CNUCED, World Investment Report 2017), nous apprenons qu’en 2017, sur les 2000 milliards (mds) de dollars d’IED mondiaux, l’Afrique n’en recueillit en effet que 60 mds, un volume dérisoire en baisse de 3 % par rapport à 2016 (Banque mondiale). L’Afrique, dans l’ensemble de la globalité de ses 54 pays et de son 1,2 milliard d’habitants a donc reçu presque autant d’IED que Singapour (61,6 mds pour 6 millions d’habitants), et moins que l’Irlande (79,2 mds pour 5 millions d’habitants)… Voilà qui en dit plus que les longs discours lénifiants sur le devenir de l’Afrique et sur son « développement »…

Une chose est donc certaine, le credo du « développement » ne freinera pas le déversement du surplus démographique africain sur l’Europe. Comment en serait-il d’ailleurs autrement alors que rien ne peut être entrepris sans un strict contrôle des naissances que les Africains refusent d’envisager et que l’Europe n’est pas en mesure de leur imposer ?

Vue d’outre-Méditerranée, l’Europe continuera donc d’être considérée comme une terre à prendre. D’autant plus facilement qu’elle est peuplée de vieillards repus ou épuisés, d’hommes s’interrogeant sur leur virilité, de femmes n’enfantant plus et dont les dirigeants sont soumis au diktat permanent de l’émotionnel…

Bernard Lugan (Media-presse.info, 27 juin 2018)
 
Note :

29/06/2018

Franco, symbole des féroces guerres de mémoire...

Vous pouvez découvrir ci-dessous une chronique d'Éric Zemmour sur RTL, datée du 21 juin 2018 et consacrée à la guerre des mémoires autour de Franco relancée par le nouveau premier ministre socialiste espagnol...