Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Points de vue

  • Vers la dictature ?...

    Vous pouvez découvrir une vidéo de Julien Rochedy dans laquelle il évoque les tendances lourdes qui conduisent la France vers l'instauration à court terme d'un régime autoritaire...

    Publiciste et essayiste, Julien Rochedy, qui est une figure de la mouvance identitaire, a déjà publié plusieurs essais dont Nietzsche l'actuel,  L'amour et la guerre - Répondre au féminisme, Philosophie de droite, Surhommes et sous-hommes - Valeur et destin de l'homme (Hétairie, 2023), Qui sont les Blancs ? - Généalogie d'une identité interdite (Hétairie, 2025) et, dernièrement, Le temps du Centaure (Hétairie, 2026).

     

     

                                                 

    Lien permanent Catégories : Multimédia, Points de vue 0 commentaire Pin it!
  • 17 octobre 2026, le jour où la France a pris conscience qu’elle est effectivement devenue la « colonie de ses colonies »...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Bernard Lugan, cueilli sur son blog et consacré aux émeutes urbaines et  ethniques du 17 octobre dernier...

     

    Emeutes_ethniques_17 octobre.jpg

     

    17 octobre 2026, le jour où la France a pris conscience qu’elle est effectivement devenue la « colonie de ses colonies »

    Ce qui s’est passé le 17 octobre 2026 est la démonstration par l’exemple de ce que j’ai écrit et annoncé dans mon livre « Comment la France est devenue la colonie de ses colonies ». A savoir que nous sommes désormais dans la phase finale de cette contre-colonisation parfaitement résumée par Houria Bouteldja dans sa déclaration de guerre aux Français « de souche » :
    « Notre simple existence, doublée d’un poids démographique relatif (1 pour 6) africanise, arabise, berbérise, créolise, islamise, noirise, la fille aînée de l’Eglise, jadis blanche et immaculée, aussi sûrement que le sac et le ressac des flots polissent et repolissent les blocs de granit aux prétentions d’éternité (…) ».
     
    Aujourd’hui, les pillards largement issus de nos anciennes colonies justifient leur conquête territoriale par une phrase traduisant clairement leur volonté de revanche ou même de vengeance historique : « Si nous sommes ici, c’est que vous étiez là-bas ».
     
    Une conquête méthodiquement préparée depuis quatre ou cinq décennies par ces élites ethno-masochistes qui dirigent notre pays et qui ont inventé la notion de la prétendue « culpabilité française ».  
    N’était-ce pas Roselyne Bachelot alors ministre de la Culture, qui osa déclarer, ès-qualités, à un journal algérien « Nous devons reconnaître que la colonisation est un crime, une barbarie et que nous y avons pris notre part » (Roselyne Bachelot à l’Opinion, le 10 novembre 2020) ?
    N’était-ce pas Emmanuel Macron qui, le 17 février 2017, alors qu’il n’était encore que candidat à la présidence de la République, déclara à la télévision algérienne que « la colonisation (…) est un crime contre l’humanité, une vraie barbarie » etc…
     
    Résultat, parmi les millions de néo-Français et de clandestins, nombreux sont ceux qui ne s’identifient pas à une France « criminelle ». Hafsa Askar, alors vice-présidente du syndicat étudiant UNEF fut ainsi été très claire le 15 avril 2019 quand elle déclara à propos de l’incendie de Notre-Dame :
     
    « Je m’en fiche de Notre-Dame de Paris, car je m’en fiche de l’histoire de France…Wallah  …on s’en balek (traduction : on s’en bat les c…), objectivement, c’est votre délire de petits blancs ».
     
    Pour les razzieurs du 17 octobre, la France n’est pas une lente construction historique dont ils seraient les héritiers, mais une terre à prendre, à conquérir. Une terre sur laquelle ils cherchent à réaliser une revanche historique de nature psychanalytique.
    Ne nous y trompons pas, chez eux, il ne s’agit pas de « séparatisme » comme le psalmodient les cocus de l’histoire et les sociologues, mais  de volonté de conquête.  Ils ne veulent pas faire sécession, mais tout au contraire imposer à la France leurs normes philosophiques, sociales, politiques et religieuses, leur mode de vie et leurs mœurs... En un mot, ils veulent la soumettre.
     
    Cela leur semble d’autant plus facile à réaliser que, comme l’a justement annoncé Houria Bouteldja, la démographie va mathématiquement leur assurer une place de plus en plus déterminante dans la vie politique française à travers l’ethnomathématique électorale si bien comprise par Jean-Luc Mélenchon. Or, en face, les Français de « souche » ont été désarmés physiquement, juridiquement et mentalement. Ayant perdu leur instinct de défense avec leurs repères civilisationnels, ils ne croient plus en rien, leurs femmes ne font plus d’enfants et l’exacerbation féministe y a dévirilisé les mâles…
     
    La responsabilité historique de la gauche dite « républicaine » dans le drame existentiel que connaît aujourd’hui la France est abyssale. C’est elle qui, à partir de la décennie 1960, ne cessa, au nom de l’antiracisme, de soutenir l’immigration. Ce furent ses intellectuels qui sapèrent méthodiquement, les-uns après les autres, les principes et les institutions sur lesquels reposaient jusque-là la cohésion et la cohérence de la société française. C’est elle qui a pavé la route des pillards du 17 octobre. Mais en même temps elle s’est suicidée intellectuellement. Elle a en effet organisé, promu et soutenu une contre-colonisation dont les conséquences ont mis à bas ses grands principes fondateurs universalistes.
    Voilà pourquoi, face aux monstres dont ils sont les géniteurs, les hommes de gauche demeurent sans voix, mais tout en refusant toujours de voir la réalité en face. Acculés dans une impasse idéologique et sociétale, ils continuent pathétiquement à s’agripper aux « droits de l’homme », à la « laïcité » et à l’incantation quasi religieuse à la « République ». Autant de bouées crevées qui n’empêcheront pas leur noyade…
     
    Pour la gauche non mélenchoniste le choix est donc désormais clair :
     
    1) Soit la « soumission », comme l’a prophétisé Michel Houellebecq, c’est à dire l’entrée en dhimmitude. Une partie l’acceptera. Certains par masochisme, les autres pour ne pas devoir remettre en cause leurs principes philosophiques. Plutôt l’esclavage que la renonciation aux dogmes fondateurs.
    2) Soit la remise en question de la philosophie et des impératifs moraux qui ont permis et engendré la situation actuelle, donc, le basculement dans un paradigme de survie identitaire qui répudiera les vieilles lunes idéologiques.
     
    Pour la « droite », l’heure est également à la profonde redéfinition des concepts, à l’abandon des « Nuées » comme le disait Charles Maurras, donc à la remise en question des anciennes lubies comme l’assimilation ou l’intégration.  Si tant est qu’elle veuille que la France survive, elle devra se laisser guider par les porteurs de forces créatrices, cette avant-garde consciente qui, depuis des décennies, n’a cessé, en vain jusque-là, de l’alerter. Et qui, aujourd’hui, dans le chaos de la tempête est seule à avoir un cap. Celui du courage de dire aux pillards et à certains « Français dits de papier » que si leur sort leur est ici insupportable…elle leur souhaite « bon vent »…et heureux retour « au pays ». Mais que, si, toutefois, ayant tout de même décidé de rester en France pour y jouir de ses largesses, ils persistaient à y indisposer les autochtones, ils devraient alors méditer l’adresse de Cicéron devant le Sénat romain : « Quo usque tandem abutera, Catilina, patientia nostra ? « Jusques à quand, enfin, Catilina, abuseras-tu de notre patience ?».
    Car ce serait alors un autre cri qui jaillirait des profondeurs de notre histoire millénaire :
    « Contre les Huns, tous aux Champs catalauniques !!! »
     
    Bernard Lugan (Blog officiel de Bernard Lugan, 20 octobre 2026)
    Lien permanent Catégories : Points de vue 0 commentaire Pin it!
  • Émeutes et pillages : le prix du renoncement et de la faiblesse des élites...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Bertrand Béraud, cueilli sur Polémia et consacré aux émeutes du 17 octobre. Bertand Béraud a enseigné en banlieue.

     

    Emeutes 17 octobre.jpg

    Émeutes et pillages : le prix du renoncement et de la faiblesse des élites

    De la colère sociale aux violences urbaines

    Le constat des déprédations commises lors des émeutes des 17 et 18 octobre incite à la réflexion quant à leurs auteurs et à leurs motivations. À cette fin et pour éviter tout amalgame, distinguons de prime abord les manifestants pacifiques des casseurs, pilleurs, lumpen et black blocs. C’est sur cette deuxième catégorie que se fixera notre attention.

    Les manifestants respectueux des biens et des personnes ne sont pas moins intéressants — c’est même l’exact contraire — mais ils sont un danger pour l’Extrême-Centre et ses commanditaires oligarchiques et mondialistes. L’urgence est donc de les empêcher de s’exprimer, surtout à quelques mois d’élections présidentielles où le pouvoir risque de basculer.

    Petit historique : comme il se révélait économiquement difficile de reproduire à intervalles réguliers l’enfermement de la tyrannie sanitaire, l’idée a été d’enfermer les ruraux en leur interdisant, au moyen des ZFE, l’accès aux métropoles. Ensuite de leur faire avaler le Mercosur par le biais des aides habituelles ; un moment de répit gagné par l’endettement et la fluidification des rapports sociaux en normalisant la Coordination rurale.

    La précarité pour tous pour seule ligne d’horizon

    Puis il s’est agi de justifier « le pognon de dingue » que coûtaient notre soutien à l’Ukraine, le financement de l’Union européenne (Macron avec un drapeau de l’UE lors de son allocution du 18 octobre) pour étouffer le mécontentement de la population active face à un abaissement drastique de son pouvoir d’achat et à la hausse vertigineuse du coût de l’énergie : choisir entre le caddy et le plein d’essence. Situation inédite que le Français moyen a du mal à s’expliquer : « Pourquoi mes impôts augmentent quand la qualité des services diminue et que je vis de plus en plus dans l’insécurité ? »

    À ces justes revendications, sociales pour les aînés, viennent s’ajouter celles existentielles pour les jeunes, lycéens, étudiants et ouvriers, qui intériorisent la précarité de leurs parents en se projetant dans un avenir qu’ils savent plus sombre encore pour eux : âge de la retraite encore plus reculé en situation de chômage et de « grand remplacement » par l’intelligence artificielle, dont l’usage critiquable qu’ils en font n’éclipse pas le sentiment de se sentir surnuméraires. Ajoutons à cela l’angoisse climatique générée par le pouvoir et ses alliés écologistes les plus dingues : nous obtenons une réelle crise existentielle de la jeunesse.

    Devant la montée des périls, la Macronie choisit d’allumer des contre-feux en soufflant aux lycéens des mots d’ordre d’une pauvreté confondante, alors qu’on devrait entendre ces lycéens réclamer à hauts cris du travail et surtout l’employabilité des formations. Pour connaître le monde scolaire de l’intérieur après quatre décennies d’enseignement dans le public, je peux témoigner que ces voix existent, tout comme les jeunes contestataires sérieux capables de les porter. C’est parce que la Macronie le savait qu’elle a voulu museler ces nouvelles classes dangereuses.

    Comment ? Par la technique du contre-feu en déclenchant par anticipation l’expression du mécontentement ; en faisant appel à tous les moyens qu’offre la manipulation de masse à sa disposition : mobilisation des relais syndicaux lycéens formatés, petits bourges encanaillés, canaux médiatiques de grand chemin mettant la focale sur la chienlit pour discréditer par amalgame les justes revendications existentielles de notre jeunesse, même si elles sont maladroitement exprimées.

    Avec quelle mise en scène ? Manifestants ombrageux contre flics en sous-effectif déployés pour gazer, éborgner, donner du spectacle, nous émouvoir du vidage des magasins comme métaphore de la vacuité du pouvoir : Macron au balcon de Céline Dion ; Madame se trémoussant avant de partir en voyage chez les Arabes de luxe qui doivent s’étonner de notre mansuétude à l’égard de nos Maghrébins, qu’ils exècrent.

    De toute évidence, une opération de sidération qu’il nous faut décrypter. Pour ce faire, revenons aux éléments les plus violents et volontairement surexposés par le pouvoir et ses relais médiatiques.

    Ces derniers nous intéressent ici comme tentative de réponse à la question que la majorité des gens se pose : « Qu’est-ce qu’ils ont dans la tête pour commettre de tels délits ? » Cela revient à sonder prioritairement l’imaginaire des « jeunes des quartiers ».

    Pour y avoir vécu et y avoir enseigné si longtemps, le premier élément de réponse que je risquerai est de sonder leur intelligence. Seraient-ils ainsi sondés, ils comprendraient qu’ils sont un lumpen d’importation et qu’ils sont en France, non par humanitarisme mais d’abord par incurie de leur pays d’origine, ensuite comme ferment de reproduction, après destruction, de la consommation dictée par le capitalisme. Mais force est de constater qu’ils sont, pour la plupart, dotés d’une expression verbale très pauvre alors qu’ils ont été exposés dès la maternelle, durant des années, à raison de 6 heures par jour, à des enseignants bienveillants qui leur ont parlé un français acceptable. Comment expliquer dès lors cette pauvreté de langage et de pensée, indépendamment de la pauvreté culturelle de leur milieu, concession faite ici aux émules de Bourdieu à laquelle il serait oiseux d’opposer tous les enfants issus de milieux économiquement défavorisés mais riches de traditions culturelles et d’affection parentale. Alors y aurait-il un problème purement intellectuel ? Question politiquement incorrecte à laquelle on vous répond par l’argument d’autorité : « S’ils vont tous dans le secondaire, n’est-ce pas la preuve qu’ils en sont capables ? » Vous contestez ce raisonnement spécieux ? Vous êtes un raciste ! Argument nul et non avenu du fait de mon expérience de classes d’enfants intellectuellement précoces de toutes origines ethniques ; ce qui ne signifie évidemment pas que tous les « racisés », pour parler comme Jean-Luc, sont tous intellectuellement précoces. Fermons la parenthèse.

    Quelle place pour les « gamins des cités » dans notre société ?

    Revenons à beaucoup de ces jeunes des banlieues, gavés de bribes de religion, dont ils ne retiennent que la part de détestation de la chrétienté ; abrutis de jeux vidéo débiles, de films violents, de musique rap singeant leurs cousins d’Amérique, de la sous-culture des réseaux sociaux ou de films porno exhibant des femmes improbables, alors qu’on est voué à épouser sa cousine ou une bimbo de cité et que, sous la pression communautaire, il faudra voiler.

    Pour les plus nantis d’entre eux, la Thaïlande devient le lieu où ils pourront exercer des jeux érotiques que leur morale religieuse réprime. D’où une fausse conscience douloureuse qui doit trouver un exutoire dans la détestation de notre monde. Avec quelque raison car ce mal-être touche aussi notre jeunesse incapable de l’exprimer avec les mots que l’École leur refuse.

    Quel avenir pour beaucoup de ces jeunes des cités, toujours plus nombreux puisqu’on accueille et naturalise de plus en plus d’immigrés ? Travailler sur un chantier, dans l’arrière-salle d’un restaurant ou comme livreur — qu’on veut remplacer par des automates — alors qu’il est tellement plus lucratif de dealer, ce qui au passage engendre du mépris envers les gwers qui se fournissent auprès d’eux. À défaut de pouvoir s’intégrer par un travail honnête, comme le font ceux d’entre eux à qui il faut rendre hommage, il leur reste la solution fantasmée d’un retour au bled qui ne veut pas d’eux, sauf pour engranger quelques devises le temps d’un été.

    Ajoutons une appétence pour la consommation de produits de luxe qu’on ne pourra pas s’offrir par le travail. De quoi pousser beaucoup de ces êtres frustes et frustrés à des accès de rage. En peu de mots : quelle place pour eux dans notre société ? Aucune ou presque. Et quand on ne trouve pas cette place, que l’on soit blanc ou noir de peau, jeune des quartiers ou des centres-villes, quel que soit notre QI, ça finit par produire de gros dégâts aggravés par les moins dotés. Nous y sommes.

    Dans ce cas, la question qui se pose est de savoir pourquoi le pouvoir continue de faire venir en masse des personnes qui n’ont aucun avenir chez nous : pression à la baisse sur les salaires, c’est connu mais ça ne marche que quand il y a du travail. Dès lors, pourquoi continuer en situation de grande crise économique ? La réponse se trouve chez Pierre Vermeren (La France qui déclasse) : les immigrés, indépendamment de toute autre considération, sont les consommateurs que réclame notre société de consommation.

    En dix ans de Macronie, on en a fait — ou laissé — entrer 10 × 500 000, soit 5 millions d’allogènes. C’est comme ça qu’on en arrive à dénombrer 30 000 pillards à Marseille. L’équivalent d’une ville moyenne. En face, on a vu une police en sous-nombre et tétanisée par le syndrome Malik Oussekine.

    Une priorité : retour à la culture du travail

    Poursuivons cette approche par celle des lycéens, quels qu’ils soient. Aucune culture du travail pour l’écrasante majorité d’entre eux et aucune appétence pour le savoir et la culture. Constat que j’ai pu faire moi-même et largement documenté. Et une aporie irréductible dans le message qu’on leur envoie : « Il faut que tu fournisses un énorme travail — dont tu es incapable et qu’on ne t’a d’ailleurs jamais appris — pour acquérir des connaissances (que l’on trouve du reste en un clic avec l’IA), sans quoi tu ne seras pas admis (par Parcoursup) à prolonger tes vacances dans l’enseignement supérieur que tu souhaites climatisé ». Je caricature ? À peine. Bien sûr, il reste encore des jeunes qui échappent à cette caricature mais il faut reconnaître à leur décharge que ça devient extrêmement difficile d’étudier dans ce contexte de laxisme organisé aggravé par la disparition de toute sélection pendant le cursus scolaire, les redoublements étant interdits en fait.

    Ce cocktail explosif se traduit chez les Blancs par des dépressions avec une forte hausse (très largement documentée elle aussi) des scarifications, des addictions et des tentatives de suicide ; une manière de retourner contre eux la violence du système, quand les racailles la retournent contre les nôtres.

    Tout ça produit de la frustration, du mal-être, du nihilisme. Notre système économique donne ses derniers feux. L’endettement perpétuel montre qu’il n’est pas viable. La transition se fera de plus en plus dans la violence à bas bruit, comme celle à laquelle nous venons d’assister. Je dis « à bas bruit » parce que les racailles n’ont pas encore tiré dans la foule. Ils se contentent de voler des fringues, de la bouffe, des jeux vidéo et des téléphones. Ambitions à la mesure de leur appréhension du réel, des valeurs qu’on leur a inculquées, et les parents, j’insiste, ne sont pas seuls en cause. Un imaginaire nourri des déchets de la société de consommation, et de représentations délirantes : le caïd, le rappeur et le footballeur, que l’on reçoit à l’Élysée. La came pour oublier que tu n’es rien et acquérir « la marque » que ton père, ouvrier de chantier, ne peut te procurer ; le maillot de foot de l’Algérie quand tu n’as pu être Zidane ; la limousine avec la radio qui gueule du rap pour montrer que tu es devenu un caïd.

    Idiots utiles et maintien du désordre

    Portrait à charge pour tous ? Soyons justes et reconnaissons, non pour faire bonne mesure mais par souci de la vérité, qu’ils ne sont pas les seuls ; la liste est longue des idiots utiles du système et des prédateurs de tout poil, de haut et de bas étage, qui contribuent à sa perpétuation. Les premiers deviendront intéressants et véritablement dangereux lorsqu’ils voleront des livres dans les librairies. Ce n’est pas pour demain car, dès l’école, on les acculture à la consommation numérique. Aux tablettes ont succédé les smartphones qui ont permis aux uns d’organiser tranquillement leurs rapines et, aux autres, leurs razzias. Sans distinction de classe ! Tous unis comme les États-Unis d’Europe que nous promet Attal, le ministricule, pas l’acteur. « Prédateurs de tous les pays, unissez-vous ! Nous pourrons ainsi continuer d’organiser la prédation financière de haut niveau et compter sur vous pour faire diversion quand ça tanguera de notre côté. »

    Alors, que conclure provisoirement ? Ces émeutes ont été spectaculaires mais ce n’est pas la guerre civile. D’ailleurs cette prédation engendrera de l’activité économique, les assurances augmenteront leurs primes et nous ne pourrons même pas émettre de plainte radicale puisque les organes les plus critiques sont menacés, voire interdits, et les voix fortes réduites au silence ou en passe de l’être. Hier déjà, les commentateurs de plateau TV demandaient la promulgation de l’article 16 : open bar pour Macron… La boucle se referme comme une nasse, cette technique de maintien du désordre qui enferme les braves gens tandis que les casseurs accomplissent les basses œuvres du régime.

    Quelle part de hasard dans cet enfumage médiatique et de gazages policiers ? Qui pour recevoir la trique, à l’image de cette femme seule, acculée contre un mur et sauvagement matraquée ? Pourquoi ? Pour qui ? Comment pouvoir trancher le nœud gordien qui nous étouffe au quotidien quand on voit la douteuse efficacité des forces de l’ordre et les réponses données par les grands partis de pouvoir qui ne considèrent qu’une partie de la question, l’ethnique, abhorrée ou adulée, quand il conviendrait de la penser conjointement avec la question sociale ?

    « Aux larmes citoyens ! » À moins que…

    Le pire n’est jamais sûr et nous savons qu’il existe « l’imprévu de l’Histoire ».

    Bertrand Béraud (Polémia, 21 octobre 2026)

    Lien permanent Catégories : Points de vue 0 commentaire Pin it!
  • Émeutes du 17 octobre : la France brûle, ses élites regardent ailleurs...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Balbino Katz, cueilli sur Breizh-Info et consacré aux émeutes et aux pillages des 17 et 18 octobre derniers...

    Mairie_Limoges.jpg

    Émeutes du 17 octobre : la France brûle, ses élites regardent ailleurs

    Samedi soir, dans mon salon de Lechiagat, j’avais allumé la télévision après une  longue journée de travail. Les images se succédaient, d’abord familières : barricades, poubelles incendiées, policiers casqués, jeunes hommes masqués courant dans les rues, vitrines fracassées. La France nous a si bien accoutumés à ces spectacles que nous finirions presque par les considérer comme une  particularité de son folklore politique. Puis un immense brasier apparut à l’écran. L’hôtel de ville de Limoges brûlait. Ce bel édifice de la fin du XIXe siècle, avec sa  façade monumentale et sa toiture ouvragée, disparaissait partiellement dans les flammes. Je songeai  aussitôt à l’incendie de l’Hôtel de Ville de Paris par les communards, en mai 1871. La comparaison historique s’arrête naturellement là : les acteurs et les circonstances sont différents. Il demeure cette puissance symbolique de  la destruction, cette volonté, consciente ou non, de porter le feu jusque dans les monuments qui incarnent l’autorité publique.

    Les chiffres du lendemain achevèrent de donner à cette journée sa véritable dimension : 1 200 interpellations, 150 policiers et gendarmes blessés, des commerces pillés à Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Nantes et Nice, des bâtiments municipaux attaqués, un hôtel de ville en grande partie détruit. À Paris, les groupes violents avaient débordé les itinéraires prévus, parcourant des avenues où les services d’ordre n’étaient pas censés les laisser parvenir. Il fallut attendre 23 heures pour que la préfecture annonce une situation stabilisée. On nous expliquera que la police a inalement repris le contrôle. C’est possible. Le problème est qu’entre-temps les casseurs avaient fait ce qu’ils voulaient faire. Les incendies étaient allumés, les magasins éventrés, les policiers blessés. L’État était revenu, certes, mais après la bataille.

    Il y a quelques jours encore, Laurent Nuñez expliquait que perdre le contrôle, ce serait laisser des hordes piller les magasins et commettre des exactions. Ses adversaires se sont empressés de rappeler cette déclaration. L’ironie est cruelle. La véritable question est désormais de savoir combien de villes françaises peuvent encore être protégées lorsque plusieurs milliers d’individus décident simultanément d’en découdre avec la police. Limoges a fourni une réponse peu rassurante. Il n’est même plus nécessaire d’habiter les grandes métropoles pour voir surgir ces scènes de guérilla urbaine. La province profonde, celle qui croyait encore vivre à l’écart de la décomposition des banlieues, découvre à son tour qu’aucune distance ne constitue une garantie.

    Ce que les Français voient et que leurs élites ne veulent pas nommer

    Je suis frappé, en parcourant les longs comptes rendus du Figaro, par cette manière de décrire minutieusement les événements tout en laissant presque entièrement de côté certaines questions qui sautent aux yeux. On sait combien de vitrines ont été brisées, combien de policiers ont été blessés, combien de véhicules ont été incendiés. On connaît les déclarations du ministre de l’Intérieur, les indignations des maires, les protestations des syndicats. En revanche, la composition sociale, culturelle et religieuse des groupes violents demeure un sujet beaucoup moins exploré. C’est un étrange journalisme que celui qui décrit avec tant de précision les conséquences et paraît parfois si peu curieux des hommes qui les produisent.

    Le vice-président américain JD Vance, observant les images venues de France, a aussitôt mis en cause les conséquences de l’immigration et les difficultés de l’assimilation. Sa lecture ne saurait tenir lieu d’enquête judiciaire. Elle a néanmoins le mérite de poser une question que les responsables français abordent volontiers avec mille précautions oratoires. L’appartenance nationale peut-elle réellement se réduire à un titre juridique ? Suffit-il de naître en France, d’y recevoir une instruction et d’en posséder les papiers pour partager les mêmes fidélités culturelles, le même rapport à la loi, la même conception des rapports entre les sexes ou la même idée de la communauté politique ?

    Les sociétés européennes découvrent que ces questions ne se résolvent pas par décret. Les normes juridiques françaises peuvent entrer en contradiction avec des traditions familiales, communautaires ou religieuses. Le phénomène est particulièrement sensible lorsque l’autorité paternelle, les prescriptions confessionnelles ou les solidarités de quartier prétendent conserver une préséance sur la loi civile. Il serait hâtif d’en conclure que les jeunes issus de l’immigration partagent tous une même hostilité envers la France. Ce qui mérite examen, c’est précisément la diversité des trajectoires et les raisons pour lesquelles certains milieux demeurent traversés par de fortes tensions avec les institutions.

    Le contraste entre les expériences masculines et féminines mérite ici une attention particulière. Certaines jeunes filles élevées dans des familles religieuses musulmanes découvrent dans les libertés européennes un instrument d’émancipation : le droit de choisir leur conjoint, de poursuivre des études, de travailler, de se soustraire à des contraintes matrimoniales ou vestimentaires. Les mêmes institutions peuvent être ressenties par certains garçons comme une remise en cause de leur autorité traditionnelle. Ce conflit des normes n’explique évidemment pas à lui seul les violences urbaines. Il révèle toutefois combien le discours administratif sur l’intégration demeure superficiel lorsqu’il feint d’ignorer les affrontements culturels qui traversent parfois les familles elles-mêmes.

    Les émeutes d’hier ne ressemblent décidément plus aux manifestations à la papa de la CGT, ni même aux colères autrement rugueuses des agriculteurs et des sidérurgistes. Ces derniers défendaient leur place dans le monde où ils avaient grandi. Ils voulaient conserver leur usine, leur terre, leur métier, leur salaire. Les violences contemporaines sont plus composites. Certaines expriment une revendication sociale, d’autres une hostilité politique délibérée ; d’autres encore ne sont que l’occasion de piller, de défier la police ou de défendre les intérêts d’une économie criminelle. C’est cette convergence qui leur confère leur physionomie nouvelle. Il ne s’agit plus simplement de négocier avec le gouvernement. Pour certains acteurs, c’est l’autorité même de l’État qui devient l’adversaire.

    Le pouvoir des mafias et la souveraineté en lambeaux

    La territorialisation des organisations criminelles d’origine allogène ajoute à cette crise une dimension autrement inquiétante. Les réseaux de stupéfiants disposent d’argent, d’hommes, de moyens de surveillance et parfois d’une capacité d’intimidation considérable. Dans les territoires où ils sont solidement implantés, la police n’apparaît pas seulement comme l’instrument d’un ordre public abstrait. Elle est l’ennemie concrète d’une économie parallèle qui nourrit des familles, distribue des revenus et impose ses propres hiérarchies.

    Le policier qui entre dans un quartier dominé par ces réseaux ne pénètre pas simplement dans une zone urbaine défavorisée. Il intervient dans un espace où d’autres pouvoirs prétendent exercer une autorité de fait. Les violences destinées à empêcher les arrestations ou à dissuader les patrouilles ne procèdent pas de la même logique que les manifestations sociales. Elles relèvent d’une lutte pour le contrôle du territoire. Voilà ce qui rend singulièrement dérisoires certains commentaires sur le manque de médiateurs sociaux ou l’insuffisance des équipements culturels.

    Il existe naturellement des responsabilités policières, des erreurs de commandement et des fautes individuelles. Encore faut-il ne pas transformer leur examen en prétexte pour escamoter les violences commises. Samedi, 150 policiers et gendarmes ont été blessés. Deux agents ont été transportés inconscients à l’hôpital. Ces hommes n’étaient pas venus manifester leurs opinions politiques. Ils accomplissaient une mission de protection des personnes et des biens. Que l’on puisse discuter les conditions de leur intervention est une chose. Que leur présence même soit présentée comme une provocation par un contre-pouvoir naissant en est une autre.

    La gauche radicale et les apprentis sorciers

    C’est ici qu’intervient La France insoumise. Jean-Luc Mélenchon a fini par condamner les pillages et les saccages, en affirmant que ceux qui partageaient son combat n’avaient rien à y faire. Dans le même mouvement, il a accusé le commandement de la préfecture d’avoir largement contribué au chaos. L’opération politique est habile : on désavoue les casseurs tout en faisant porter le gros de la responsabilité sur ceux qui devaient les contenir. La distinction peut se défendre lorsqu’elle repose sur des fautes établies ; elle devient beaucoup plus discutable lorsqu’elle contribue à entretenir, sans preuves suffisantes, le soupçon d’une violence provoquée ou recherchée par les autorités.

    À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, cette ambiguïté prend un relief particulier. Nous ignorons naturellement ce qui se produira si le Rassemblement national remporte le scrutin. Pourtant, la question mérite d’être posée : quelle place une partie de la gauche radicale accordera-t-elle alors à la légitimité des urnes ? Acceptera-t-elle une alternance qu’elle présente volontiers comme une catastrophe historique, ou assisterons-nous à une multiplication de mobilisations destinées à rendre le pays ingouvernable ? Les émeutes du 17 octobre ne démontrent nullement l’existence d’une répétition générale organisée. Elles montrent en revanche de quels désordres une mobilisation nationale peut être le théâtre lorsque des groupes violents entreprennent de s’en emparer.

    Une partie des intellectuels d’extreme gauche entretient ce climat d’exaspération par un usage proprement extravagant du vocabulaire historique. Dans Libération, Paul B. Preciado publiait samedi une tribune intitulée « Saturne dévorant les lycéen·es ». Le philosophe y compare la répression des manifestations de jeunes à une entreprise  fasciste par laquelle les générations anciennes sacrifieraient leurs enfants pour préserver leur pouvoir. Tout y passe : Goya, Saturne, le patriarcat, le capitalisme, les corps, la colonisation, l’infanticide. La prose est chargée comme un mulet. L’histoire, elle, disparaît sous les métaphores.

    Preciado semble avoir oublié que les fascismes historiques ne se caractérisaient nullement par une hostilité aux jeunes générations. Le fascisme italien et le national-socialisme allemand avaient précisément fondé une grande partie de leur puissance sur la mobilisation, l’organisation et la formation de la jeunesse. Les organisations juvéniles occupaient une place centrale dans leurs systèmes politiques. Identifier le fascisme à la seule répression policière des adolescents revient à faire du mot un épouvantail dépourvu de substance historique. Les violences illégitimes de l’État doivent être dénoncées lorsqu’elles sont établies ; elles n’acquièrent pas pour autant, par une mystérieuse transmutation philosophique, la nature du fascisme ou du bolchevisme. Ce genre d’acrobatie conceptuelle renseigne davantage sur les obsessions de son auteur que sur les événements qu’il prétend éclairer.

    Une jeunesse sans avenir, entre conversion et fuite

    Il serait pourtant bien commode de réduire ces troubles à quelques bandes criminelles et à leurs apologistes politiques. Il existe, au sein de la jeunesse française, une angoisse autrement profonde. Elle traverse aussi bien les enfants des milieux populaires que ceux des classes moyennes, les habitants des anciennes régions industrielles que les étudiants sortis d’universités où l’on distribue des diplômes dont le marché du travail ne sait plus que faire. La perspective de devenir propriétaire s’éloigne, les carrières se précarisent, les rémunérations stagnent. À ce tableau déjà peu riant s’ajoute l’irruption de l’intelligence artificielle, qui menace de rendre inutiles une multitude de petits métiers intellectuels, administratifs et tertiaires auxquels se destinaient les nouvelles générations.

    Ces jeunes gens sentent confusément que le monde promis par leurs parents se dérobe sous leurs pieds. Certains nomment cela le capitalisme, parce que c’est le vocabulaire que leur fournissent les organisations de gauche. D’autres parlent d’injustice sociale, de discrimination ou de crise écologique. Ces mots ne sont pas toujours dépourvus de pertinence, mais ils ne suffisent pas à décrire ce sentiment plus général d’un avenir confisqué. Une société qui ne promet plus à ses enfants une existence au moins aussi enviable que celle de leurs parents voit nécessairement se fissurer la confiance sur laquelle reposait son équilibre.

    À cette inquiétude matérielle s’ajoute, pour certains jeunes Français de souche, ceux que le vocabulaire identitaire désigne comme bio-européens, une autre angoisse, plus difficile encore à formuler publiquement. Dans des établissements ou des quartiers marqués par les violences entre groupes, des adolescents peuvent vivre quotidiennement sous la menace de l’intimidation, du racket ou des humiliations. Certains garçons éprouvent alors une alternative terrible : chercher leur protection dans une communauté plus puissante, jusqu’à envisager la conversion religieuse, ou quitter cet environnement pour trouver ailleurs une existence moins exposée. La conversion n’est pas ici une aimable adaptation à des usages locaux. Elle peut, dans certaines circonstances, être vécue comme le prix d’une appartenance protectrice, voire comme une capitulation devant un rapport de force. Il serait toutefois téméraire d’en faire une destinée générale de la jeunesse européenne sans mesurer l’ampleur réelle du phénomène.

    Cette dimension des violences demeure trop rarement examinée. Elle oblige à considérer la question identitaire autrement que sous l’angle des proclamations politiques. L’identité n’est pas seulement une affaire de drapeau, de folklore ou de discours électoral. Elle concerne la possibilité concrète de vivre dans un milieu où l’on ne se sent pas continuellement sommé de justifier ce que l’on est. La France républicaine, si prompte à rappeler que tous les citoyens sont égaux devant la loi, peine parfois à reconnaître combien les expériences vécues peuvent différer selon les territoires et les rapports sociaux qui s’y établissent.

    De Terra Nova à la « Nouvelle France »

    Cette fracture renvoie à une évolution politique déjà ancienne. En 2011, une note de Terra Nova proposait de reconstruire la coalition électorale de la gauche en tenant compte de l’éloignement d’une partie du monde ouvrier et de l’importance croissante des diplômés, des jeunes, des femmes et des minorités. Ce document n’ordonnait pas à la gauche d’abandonner les ouvriers. Il donnait cependant une expression doctrinale à une transformation qui allait profondément modifier son imaginaire politique.

    Quinze ans plus tard, La France insoumise a poussé très loin cette recomposition en faisant des quartiers populaires et des Français issus de l’immigration une composante centrale de sa stratégie. Jean-Luc Mélenchon invoque volontiers la «nouvelle France », expression qui désigne une société profondément transformée par les migrations et la diversité des origines. Les succès électoraux de LFI dans certaines circonscriptions montrent l’efficacité de cette orientation. Ils ne prouvent pas que les électeurs concernés votent mécaniquement selon leurs origines, mais ils confirment l’existence d’une nouvelle géographie politique.

    La difficulté survient lorsque la défense de certaines catégories devient si exclusive qu’elle paraît reléguer les autres au rang de survivances embarrassantes. La gauche avait autrefois l’ambition de rassembler les travailleurs autour de leurs intérêts communs. Elle risque désormais de ne plus voir, dans une partie des classes populaires européennes, que des populations mal acquises à son idéal progressiste. Le vieux peuple ouvrier, avec ses attachements familiaux, territoriaux et culturels, lui apparaît parfois comme un obstacle à l’avènement du monde nouveau. Voilà une étrange conclusion pour une tradition politique qui prétendait parler au nom des humbles.

    Le danger est que la compétition électorale se transforme progressivement en confrontation entre appartenances réputées irréconciliables. La démocratie suppose pourtant que les adversaires politiques acceptent de continuer à vivre sous des institutions communes après avoir perdu une élection. Lorsque cette conviction s’affaiblit, chaque scrutin prend les allures d’une bataille existentielle. Les violences de rue risquent alors de devenir, non plus un accident de la vie politique, mais l’un de ses prolongements ordinaires et un avant goût de ce qui nous attend : une guerre intérieure entre des populations qui se haïssent.

    Le Rassemblement national, ou la souveraineté sans l’identité

    Ceux qui attendent du Rassemblement national une solution définitive à ces fractures feraient bien d’examiner avec attention sa doctrine. Marine Le Pen a maintes fois distingué l’islam de l’islamisme et défendu la compatibilité de la pratique musulmane avec les institutions républicaines. Jean-Philippe Tanguy incarne, quant à lui, une sensibilité davantage préoccupée par les questions économiques, sociales et institutionnelles que par une définition ethnoculturelle de l’identité française. Ces positions ne signifient pas que le RN renonce à ses projets de restriction de l’immigration ou de renforcement de l’autorité publique. Elles illustrent toutefois la distance qui sépare son nationalisme civique des conceptions identitaires européennes.

    Pour le RN, la nation demeure principalement un cadre de souveraineté politique, doté de frontières, de lois et d’institutions. Pour un identitaire, cette définition ne suffit pas. Il reste à savoir comment se transmettent les langues, les coutumes, les formes de sociabilité, les mémoires et les fidélités qui donnent à une communauté historique sa physionomie particulière. Le document administratif peut établir la nationalité ; il ne saurait, à lui seul, garantir la transmission de cet héritage. Cette opposition entre deux conceptions de la nation est ancienne. Elle ne sera pas résolue par quelques discours sur l’autorité retrouvée.

    Un gouvernement RN pourrait modifier la politique migratoire, les moyens de la justice ou les doctrines de maintien de l’ordre. Il ne ferait pas disparaître d’un trait de plume les séparations culturelles, les économies criminelles, les fractures territoriales ni les incertitudes de la jeunesse. La prise du pouvoir ne se confond pas avec une restauration de la cohésion nationale. Ce serait même une singulière déconvenue pour ses électeurs que de découvrir, après tant de promesses, que les institutions peuvent changer de titulaires tandis que la société poursuit ses transformations à peu près au même rythme.

    C’est probablement cette perspective qui devrait inquiéter davantage les milieux identitaires que les sempiternelles invectives de la gauche radicale. Une victoire électorale peut ouvrir une possibilité politique ; elle ne dispense ni de définir les fins poursuivies ni de comprendre les conditions historiques de leur réalisation. Ceux qui attendent de l’alternance une sorte de miracle risquent de découvrir que l’exercice du pouvoir est un art beaucoup moins spectaculaire que sa conquête.

    Les flammes de Limoges et la fin des illusions

    Je reviens à mon écran de télévision et à ces images de Limoges qui continuent de me hanter. L’hôtel de ville, inauguré en 1883, appartenait à cette époque où la République croyait encore à la permanence de ses institutions et à la puissance civilisatrice de son école, de son administration et de ses lois. Elle construisait des monuments destinés à traverser les générations. Elle était persuadée de pouvoir faire d’une multitude de provinces, de traditions et de fidélités locales un ensemble politique cohérent.

    Ce monde-là n’a pas disparu, mais il traverse une crise dont les émeutes du 17 octobre ont fourni une représentation saisissante. Les bâtiments peuvent être réparés, les vitrines remplacées, les véhicules rachetés. Il est autrement difficile de restaurer une autorité contestée, de recréer des solidarités défaites et de convaincre des générations inquiètes que l’avenir leur réserve encore quelque chose de désirable.

    Dehors, à Lechiagat, les bateaux reposent contre le quai. La mer demeure indifférente aux incendies de la capitale limousine et aux querelles des partis parisiens. Cette tranquillité ne doit pourtant pas faire illusion. Les événements de samedi montrent que les fractures françaises ne sont plus enfermées dans quelques quartiers périphériques, ni même dans les grandes métropoles. Elles peuvent surgir jusque dans les villes qui se croyaient préservées. Il serait dérisoire de répondre à ce bouleversement par quelques milliers de policiers supplémentaires, par une nouvelle loi de circonstance ou par les proclamations indignées d’un ministre.

    Ce que les flammes de Limoges éclairent, c’est moins la faiblesse passagère d’un gouvernement que la difficulté croissante d’une société à définir ce qui la rassemble encore. Les uns invoquent la révolution, les autres l’ordre républicain, d’autres enfin l’identité et la continuité historique. Aucun de ces mots ne possède le pouvoir magique de résoudre les contradictions accumulées. La France pourra toujours changer de majorité, de ministres et de musique. Elle devra tôt ou tard regarder en face les conflits de normes, les divisions sociales et les appartenances concurrentes qui traversent désormais son territoire. Faute de quoi, les prochains incendies risquent de trouver des pompiers mieux équipés, mais une nation tout aussi désemparée.

    Balbino Katz, chroniqueur des vents et des marées (Breizh-Info, 19 octobre 2026)

    Lien permanent Catégories : Points de vue 0 commentaire Pin it!
  • 17 octobre : l’État face aux conséquences de ses actes...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Jean-Yves Le Gallou cueilli sur Polémia et consacré aux émeutes et aux pillages organisés des centres-villes qui sont intervenus les 17 et 18 octobre.

    Lyon_Emeutes 20261017.jpg

    17 octobre : l’État face aux conséquences de ses actes

    Le 17 octobre : qui sème le vent récolte la tempête !

    Le 17 octobre 2026 restera comme une date clé. Pourquoi ? Parce qu’il marque un nouveau palier. Depuis vingt ans, la France vit sous un régime d’« anarcho-tyrannie » où l’État réprime sélectivement les honnêtes citoyens et les forces conservatrices et identitaires, tandis qu’il protège et subventionne les forces de destruction et les racailles. Aujourd’hui, ce sont les lieux de l’État qui sont attaqués : des mairies de gauche, à Limoges et à Marseille, et des préfectures, dont celle de Bordeaux, où la préfète Sophie Brocas a fait carrière en raison de son engagement à gauche. Arroseurs arrosés !

    Le chaos du 17 octobre porte la double signature de Mélenchon : le matin, avec ses troupes d’assaut des black blocs ; l’après-midi et le soir, avec les pillages organisés par des bandes de racailles proches de beaucoup de ses électeurs.

    Le deux poids deux mesures de l’État

    Pour comprendre ce désastre, il faut revenir au traitement réservé aux uns et aux autres. Les groupes d’extrême gauche sont les chouchous du régime : subventions à tous les étages, rond de serviette dans les médias de service public, meetings dans les locaux universitaires, complaisance de la direction des affaires juridiques du ministère de l’Intérieur et du Conseil d’État, indulgence d’une justice militante pour leurs exactions.

    A contrario, les groupes et les personnalités identitaires qui ne commettent pourtant aucune violence subissent des entraves administratives, commerciales et bancaires, des interdictions de salle et de manifestation, des dissolutions d’associations sans fondement, des gardes à vue pour des tweets ou des banderoles et des poursuites judiciaires pour des délits d’opinion.

    Ce deux poids deux mesures est une cause majeure du désastre français. Ceux qui font régner l’insécurité et le désordre sont protégés. Ceux qui défendent les libertés et l’identité sont persécutés.

    Le cas de Nuñez illustre cette logique. Comme préfet de police et comme ministre de l’Intérieur, il a fait preuve d’une incroyable capacité de répression contre… les groupes et les personnalités identitaires qui n’ont jamais rien cassé. Nuñez, c’est juste du gauchisme en uniforme de préfet.

    À Bordeaux – où la préfecture a été envahie –, la préfète Sophie Brocas, issue du troisième concours de l’ENA (concours idéologique), qui a fait carrière chez Hollande et avec les socialistes, était en campagne pour la présidence de l’association du corps préfectoral. On ne peut pas tout faire…

    La dérive fatale

    Le 17 octobre s’inscrit aussi dans une succession de seuils franchis.

    1986 : la mort de Malik Oussekine. Résultat : l’impunité pour les manifestations de gauche.

    2005 : les émeutes immigrées à la suite de la mort de deux jeunes délinquants dans un transformateur électrique. Les émeutes durent, mais restent cantonnées dans les quartiers.

    2023 : les émeutes consécutives à la mort d’un délinquant routier, Nahel, atteignent les centres des villes concernées et commencent à déborder.

    Octobre 2026 : razzias massives dans toute la France.

    La prochaine étape sera la mise à sac complète – pillages, viols, meurtres – comme lors de la chute de Constantinople.

    Mais peut-être, dans les jours qui suivront, en saura-t-on davantage sur tout ce qui s’est réellement passé le 17 octobre.

    Aujourd’hui, le pillage des commerces. La prochaine fois, celui des appartements. Le coup d’après, les meurtres et les viols. Et ce n’est pas la ridicule « loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles » qui empêchera quoi que ce soit.

    Ce sont les minorités qui font l’histoire

    Reste la question de l’immigration et de son rôle dans ces violences. JD Vance a raison : l’immigration comme une origine majeure des violences en France, c’est juste factuel !

    Sur X, JS Ferjou lui oppose cet argument : « Il y avait quelques milliers de casseurs hier, il y a des millions d’immigrés en France. Assimiler inconsidérément les uns aux autres comme le fait JD Vance ne fait qu’aggraver la fracture creusée par Jean-Luc Mélenchon. »

    Mais ce sont les minorités qui font l’histoire. Certes, tous les immigrés ne sont pas narcotrafiquants, islamistes ou pillards. Mais ce sont ces minorités-là qui imposent leur loi. Le propos de JS Ferjou qui le nie ne relève pas du cercle de la raison mais du cercle de la déraison.

    Face aux pillages, pas de solution sans remigration

    De ce constat découlent les mesures à prendre. Face aux pillages, pas de solution sans remigration : celle des étrangers, légaux ou non, qui y participent, et celle des binationaux qui y participent, après déchéance de la nationalité française.

    Les pillards étrangers doivent être expulsés. Les pillards binationaux doivent être déchus de la nationalité française, puis expulsés.

    Jean-Yves Le Gallou (Polémia, 18 octobre 2026)

    Lien permanent Catégories : Points de vue 0 commentaire Pin it!
  • Saxe-Anhalt : l’AfD gagne, le système se bloque...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous la chronique de David Engels sur Ligne droite, la matinale de Radio Courtoisie, datée du 14 octobre 2026, dans laquelle il évoque la situation inédite en Saxe-Anhalt après la victoire historique de l’AfD (43,8 % des voix, 39 sièges sur 83). Malgré ce score écrasant, le parti se trouve dans l’impossibilité de former un gouvernement à cause du refus systématique des autres formations de coopérer avec lui...

     

                                               

    Lien permanent Catégories : Multimédia, Points de vue 0 commentaire Pin it!