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Métapo infos - Page 18

  • Hérétiques !...

    Les éditions Perrin viennent de publier un ouvrage de Jean-Yves Boriaud intitulé Hérétiques ! - Quand l’Église condamnait au bûcher. Professeur émérite à l’université de Nantes, Jean-Yves Boriaud est spécialiste de la Renaissance italienne. Il est l’auteur, chez Perrin, de biographies de Galilée, de Machiavel et de Léonard de Vinci ainsi que de l’ouvrage Les Borgia. La pourpre et le sang.

     

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    " « Dans une religion morte, il n’y a plus d'hérésies. » (André Suarès)

    L’ambition de ce livre est de retracer l’enchaînement logique qui conduisit une institution aussi solide que l’Église catholique à défendre son dogme au prix des innombrables condamnations à mort qui jalonnèrent son histoire. Il est vrai que ce dogme eut, tout au long des premiers siècles de notre ère, bien du mal à s’élaborer, de concile en concile, face à des « sectes » de toutes tailles surgies de partout et vite déclarées hérétiques dès qu’elles s’avisaient de mettre en cause la fragile construction de la Trinité : s’en prendre à elle, fut-il décidé, c’était s’attaquer directement à l’Église, image du Corps du Christ, ce qui légitimait une riposte punitive à la hauteur de ce crime de lèse-majesté. Partant, si les premiers temps de son existence virent les papes multiplier les « simples » excommunications, à partir des années 300, il fut jugé plus efficace d’impliquer dans les processus de répression des autorités politiques habilitées à prononcer des condamnations à mort. Se mit bientôt en place, avec le concile Latran IV (1215), une arme de guerre antihérétique d’une redoutable efficacité, la Sainte Inquisition, qui fit merveille notamment contre les « Parfaits » cathares, coriaces dissidents contre lesquels il fallut organiser une croisade sur le modèle de celles que l’on envoyait alors régulièrement contre les infidèles.

    La Renaissance, censée représenter une modernisation des esprits, fut loin de ralentir la répression contre des « hérétiques » souvent de haute volée, comme Jean Hus et Jérôme de Prague en Bohême, le dominicain Savonarole brûlé à Florence, le libraire Étienne Dolet exécuté à Paris, le carme Vanini à Toulouse, un autre dominicain, Giordano Bruno, à Rome. Et tant d’autres.

    Jean-Yves Boriaud raconte la naissance et les progrès de l’idée même d’hérésie, et examine les mécanismes partout mis en jeu pour rendre patent et aggraver ce péché mortel : diabolisation du dissident, assimilation de sa déviance à de la sorcellerie ou à des pratiques réputées criminelles… en lui laissant le moins d’espace possible pour une potentielle repentance, entendu que le spectacle même de son châtiment, soigneusement mis en scène, devait dissuader les foules spectatrices de tomber dans son infernale erreur. "

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  • L’Allemagne à la croisée des chemins : une crise politique et identitaire ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Nicolas Faure, correspondant de Polémia en Allemagne, consacré à la crise politique et identitaire chez nos voisins d'outre-Rhin.

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    L’Allemagne à la croisée des chemins : une crise politique et identitaire ?

    Une coalition gouvernementale à bout de souffle

    Depuis son arrivée au pouvoir en 2021, le chancelier Olaf Scholz a été incapable de redresser le pays. Son gouvernement, tiraillé entre les exigences idéologiques des Verts et la gestion financière libérale du FDP, a sombré dans l’inaction et la contradiction. L’inflation galopante, le coût exorbitant de la transition énergétique et l’explosion des dépenses sociales liées à l’accueil des migrants ont plongé l’Allemagne dans une crise profonde.

    Alors que la classe moyenne est de plus en plus accablée par des impôts et des réglementations toujours plus lourdes, les grandes entreprises délocalisent leurs activités, attirées par des politiques plus compétitives à l’étranger. Le « miracle économique » allemand n’est plus qu’un souvenir lointain, remplacé par une stagnation inquiétante.

    L’immigration au cœur du débat

    La question migratoire est devenue le principal sujet de préoccupation des électeurs. Les vagues migratoires massives de ces dernières années ont mis à rude épreuve l’intégration et la cohésion sociale du pays. Les faits divers impliquant des demandeurs d’asile, de plus en plus médiatisés, attisent la colère d’une partie grandissante de la population qui réclame un changement radical.

    Les récents appels de la CDU/CSU pour une politique migratoire plus stricte, voire un rapprochement avec certaines idées défendues par l’AfD, montrent un glissement vers une ligne plus sécuritaire et souverainiste. Friedrich Merz, leader de la CDU, s’est d’ailleurs attiré les foudres des médias « progressistes » en affirmant qu’il fallait mettre un terme aux « abus du droit d’asile ».

    L’AfD : entre diabolisation et popularité croissante

    Face à cet échec du gouvernement, l’Alternative für Deutschland (AfD) connaît une ascension fulgurante dans les sondages. Avec des intentions de vote dépassant les 22 %, le parti national-conservateur incarne désormais une opposition crédible à l’establishment. Son discours en faveur d’une identité allemande forte, d’un rejet du multiculturalisme imposé et d’une souveraineté retrouvée séduit un nombre croissant d’électeurs, notamment dans les Länder de l’ex-RDA, où il dépasse nettement la CDU.

    Cette progression effraie l’élite politique et médiatique, qui multiplie les attaques et tentatives de censure. Des manifestations organisées par des mouvements de gauche aux décisions judiciaires visant à surveiller de plus près certaines branches du parti, l’AfD fait face à une hostilité systématique. Pourtant, loin de ralentir, cette dynamique semble renforcer la détermination de ses électeurs, lassés par ce qu’ils perçoivent comme une manipulation du débat public. L’AfD se montre de plus en plus critique envers l’Union européenne, jugée responsable de nombreuses politiques contraignantes pour l’Allemagne. Certains de ses dirigeants évoquent même la possibilité d’un « Dexit », à l’image du Brexit britannique.

    « L’ingérence »d’Elon Musk et la critique de l’Europe

    Dans un contexte international tendu, même des figures influentes comme Elon Musk s’intéressent à la situation allemande. Récemment, le patron de Tesla et SpaceX est intervenu dans un meeting de l’AfD, dénonçant le déclin industriel du pays et l’idéologie écologiste radicale qui pénalise les entreprises.

    L’AfD, quant à elle, se montre de plus en plus critique envers l’Union européenne, jugée responsable de nombreuses politiques contraignantes pour l’Allemagne. Certains de ses dirigeants évoquent même la possibilité d’un « Dexit », à l’image du Brexit britannique.

    Un tournant décisif pour l’Allemagne

    À quelques semaines du scrutin, l’Allemagne semble plus divisée que jamais. La CDU/CSU pourrait revenir au pouvoir, mais la pression exercée par l’AfD et une frange plus conservatrice de l’électorat pousse le parti vers un durcissement de sa ligne. L’avenir politique du pays dépendra de la capacité des électeurs à choisir entre la continuité d’un modèle en déclin ou un renouveau axé sur la souveraineté, l’identité et la sécurité.

    L’Allemagne est-elle prête pour une révolution conservatrice ? Le 23 février prochain apportera une réponse qui pourrait changer le visage du pays pour les années à venir. Ces évolutions reflètent les préoccupations des électeurs face aux défis actuels, notamment en matière d’immigration et de sécurité. Un sondage DeutschlandTrend indique que 67 % des électeurs soutiennent l’instauration de contrôles permanents aux frontières, y compris plus de la moitié des partisans du SPD du chancelier Olaf Scholz. À quelques semaines du scrutin, l’Allemagne se trouve à un carrefour politique, avec des électeurs appelés à choisir entre la continuité et un changement potentiellement radical dans la gouvernance du pays.

    Nicolas Faure (Polémia, 3 février 2025)

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  • Les crimes du FLN...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous le nouveau numéro de la Revue d'Histoire Européenne, dirigée par Laurent Berrafato. Ce trimestre le lecteur trouvera un dossier consacré aux crimes du FLN pendant la Guerre d'Algérie, des articles variés et les rubriques habituelles : actualités, entretien, mémoire des lieux, portrait, l’autopsie d’une bataille,… 

    Il est possible de se procurer la revue en kiosque ou en ligne sur le site de la Librairie du collectionneur.

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    EXPOSITIONS

    ENTRETIEN 
    « La Carlingue » avec David Alliot

    MÉMOIRE DES LIEUX
    Le château d'Edimbourg

    PORTRAIT 
    Nicolas Machiavel

    A L’ÉCOLE DE L'HISTOIRE 
    Marc Bloch, transmettre l'histoire

    GÉOPOLITIQUE
    Roumanie : quand le peuple vote mal

     

    DOSSIER
    Guerre d'Algérie : les crimes du FLN

     

    JEAN-MARIE LE PEN
    Le dernier tribun

    LA QUESTION PIE XII
    De la manipulation à la vérité

    BATAILLE NAVALE À CHERBOURG
    Quand la Guerre de Sécession s'exporte...

    PREDAPPIO
    Sur les pas du Duce

    À CONTRE-COURANT
    Terroriste ou résistants ?

    AUTOPSIE D'UNE BATAILLE
    Lugdunum, 19 février 197

    L'ABOMINABLE HISTOIRE DE FRANCE
    L'écureuil et le serpent

     

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  • Le retour des dieux ou comment réenchanter le monde...

    Dans cette émission du Plus d’Éléments, diffusée par TV Libertés, l'équipe du magazine, autour d'Olivier François, à l’occasion de la sortie du nouveau numéro, se penche sur la renaissance des religions autochtones païennes, notamment à l’Est de l’Europe, où elles sont à la fois une affirmation identitaire locale et une réponse au nihilisme matérialiste de la post-modernité.

    Au menu également : un focus sur la débâcle française en Afrique et le "tour de France des 14 écoles de journalisme", pouponnière du politiquement correct, à l’occasion de la sortie du livre de Xavier Eman, "Formatage continu"…

    On trouvera sur le plateau Xavier Eman, rédacteur en chef, Patrick Lusinchi, directeur artistique, ainsi que Daoud Boughezala et Christophe A. Maxime...

     

                                                   

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  • Le capitalisme de l'apocalypse...

    Les éditions du Seuil viennent de publier un essai de Quinn Slobodian intitulé Le capitalisme de l'apocalypse. Quinn Slobodian est spécialiste de l’histoire du néo-libéralisme et professeur d'histoire économique et politique globale à l'Université de Boston. Il a notamment publié Les Globalistes - Une histoire intellectuelle du néolibéralisme (Seuil, 2022). 

     

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    Si l’on jette un rapide coup d’œil à un planisphère, nous ne verrons qu’un patchwork d’États-nations, net et bien connu. Et si notre réalité était toute autre ? La mondialisation a bouleversé l’ordre du monde, entraînant un foisonnement de nouvelles entités : paradis fiscaux, ports francs, cités-États, enclaves fermées et zones économiques spéciales. Ces nouveaux espaces, libérés des formes ordinaires de réglementation, de taxation et d’obligations mutuelles, perforent la carte des pays. Là, les fanatiques de l’ultra-capitalisme échappent au pouvoir des gouvernements et au contrôle démocratique.

    C’est ce monde, composé de trous, d’aspérités et de zones grises que Quinn Slobodian décrit, se lançant sur les traces des libertariens radicaux les plus notoires - de Milton Friedman à Peter Thiel et Elon Musk. Cette enquête magistrale nous mène du Hong Kong des années 1970 à l'Afrique du Sud à la fin de l'apartheid, du Sud des États-Unis à la ville de Londres, de Dubaï à la Somalie en guerre, et jusque dans le métavers, révélant de manière vertigineuse les progrès terrifiants du capitalisme sans la démocratie.

    Le Capitalisme de l'apocalypse nous offre une histoire inédite des dernières décennies et une vision alarmante de notre futur proche.

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  • Petit bestiaire à l’usage de nos gouvernants...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Jean-Philippe Duranthon, cueilli sur Geopragma et consacré à l'inquiétude que provoque la réélection de Donald Trump chez les Européens. Jean-Philippe Duranthon est haut-fonctionnaire et membre fondateur de Geopragma.

     

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    Petit bestiaire à l’usage de nos gouvernants

    A l’évidence la réélection de D. Trump justifie l’inquiétude des Européens. Au-delà de l’instauration de droits de douane destinés à rééquilibrer le commerce entre les deux zones et des incertitudes sur le positionnement des États-Unis dans l’OTAN, c’est, de manière plus générale, la façon dont le président américain structure la planète qui peut soucier. Il semble en effet considérer que la paix repose, non plus sur un multilatéralisme mondial, mais sur un équilibre entre quelques grands empires faisant chacun la loi dans sa zone géographique. Le problème est qu’on ne voit pas la place que l’Europe, trop faible pour constituer à elle seule un empire, peut occuper : sans doute une sorte de glacis protecteur, à l’instar des « marches » qui jadis protégeaient l’empire carolingien. Ce n’est pas bien exaltant pour nous.

    Mais la façon dont les « leaders d’opinion » ont, en France, accueilli l’avènement de D. Trump a donné lieu à quelques moments savoureux, les prises de position déclinant à l’envi deux émotions :

    – Le mépris. D. Trump est vulgaire, c’est un voyou. Il ne pense pas comme nous, il néglige, bouscule ou conteste les « valeurs » que nous affirmons porter (droits de l’homme, environnement, inclusion…), c’est donc un être instable et sans doute un peu dérangé mentalement ; selon certains c’est même un « monstre », une « ordure absolue » ou un « gros dégueulasse qu’il faut supprimer littéralement »[1].

    – La peur. Les journalistes et les politiques brodent sur le thème du règne de la force ou de la loi du plus fort et parlent de « guerre » commerciale. Ursula von der Leyen découvre que, même à Davos, les bons sentiments dont elle se pare suscitent moins d’intérêt que les carottes et les bâtons agités par D. Trump. Quant à C. Lagarde, pourtant à la tête d’un organisme majeur de la « souveraineté européenne » tant chérie, la Banque centrale européenne (BCE), elle est d’ores et déjà prête à claquer des talons : dans une interview au Financial Times elle déclare que « l’Europe pourrait discuter de l’achat de plus de gaz naturel liquéfié aux États-Unis. Il y a évidemment des équipements de défense dont certains ne sont pas en mesure d’être produits ici en Europe et qui pourraient être achetés » ; Pascal Lamy, l’ancien directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), réputé pour son calme et sa courtoisie, s’en étrangle et estime qu’elle « cède à un chantage de mafieux ». François Bayrou résume excellemment l’ambiance en déclarant à ceux qu’il appelle les « commentateurs » : « Vous êtes devant Trump et Musk comme le petit oiseau devant le serpent dans “Le Livre de la jungle”. Vous êtes hypnotisés».

    Nos dirigeants semblent apprécier les références animales puisque le Président de la République a déclaré, en novembre à Budapest (sans préciser qu’il empruntait la métaphore à un ancien ministre des affaires étrangères allemand), que « le monde est fait d’herbivores et de carnivores » ; au cas où l’on aurait mal compris, notre ministre délégué chargé de l’Europe fait deux mois plus tard le perroquet et rappelle qu’« il faut être un peu plus carnivore ». Trump est donc le grand méchant loup qui s’apprête à croquer les gentilles et paisibles brebis broutant dans un joli pré appelé Europe.

    L’analyse est un peu courte. Peut-être faudrait-il rappeler deux évidences.

    La première est que l’Amérique n’a pas attendu D. Trump pour se montrer dominatrice. De Gaulle a fait de la résistance active aux empiètements américains l’un des principaux fondements de sa politique et, dès 1964, V. Giscard d’Estaing a dénoncé les « privilèges exorbitants » du dollar. Depuis longtemps l’extraterritorialité du droit américain permet à nos « cousins » d’outre Atlantique, à la fois de nous imposer leurs politiques de sanctions et de pénaliser, voire contrôler de l’intérieur, nos grandes entreprises. Il est évident également que les États-Unis ne sont pas le seul loup qui nous regarde avec convoitise. Ce que Plaute a, il y a 23 siècles, dans sa Comédie des ânes, dit des hommes (« l’homme est un loup pour l’homme »), vaut pour les États. A Budapest E. Macron, en déclarant que D. Trump « a été élu par le peuple américain et il va défendre les intérêts des Américains, et c’est normal », s’est souvenu de De Gaulle rappelant que « les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ».

    La seconde évidence est que le déséquilibre de puissance entre les États-Unis et l’Europe est largement dû, non aux manœuvres américaines, mais à nos choix politiques souverains. Si les entreprises européennes paient leur énergie deux à cinq fois plus cher que leurs homologues américaines, c’est parce que l’Union européenne a choisi comme modèle énergétique celui de l’Allemagne, dont la fragilité était pourtant évidente[2]. Si l’Europe s’est, pour les panneaux solaires et les batteries, mise entre les mains de la Chine et perd aujourd’hui son industrie automobile, c’est parce que, habituée à vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, elle s’est fixé des objectifs environnementaux extrêmement ambitieux, voire irréalistes, sans se préoccuper de savoir comment son industrie pouvait les atteindre. Si l’Europe est absente, ou quasiment, du numérique et de la tech, et perd pied dans le spatial, c’est parce qu’elle ne s’intéresse qu’à la répartition des richesses existantes alors que l’Amérique cherche à en créer de nouvelles. Si de nombreuses entreprises envisagent de délocaliser leur outil industriel aux États-Unis, c’est parce que les dispositifs d’aide y sont puissants et rapides à mettre en œuvre alors que les européens sont bureaucratiques, coûteux et largement inefficaces[3]. Si la croissance et les gains de productivité sont beaucoup plus faibles en Europe qu’en Amérique[4], c’est pour l’essentiel parce que les charges sociales et fiscales y sont sensiblement plus fortes.

    En d’autres termes, ceux de Pascal Bruckner : « L’Amérique colonise le futur quand l’Europe lui tourne le dos ; elle est une promesse quand l’Europe est un chagrin ; elle est un projet quand nous baignons dans le regret. »

    La « menace » Trump ne fait que confirmer les analyses du rapport Draghi : la surenchère réglementaire, normative et fiscale pénalise les entreprises européennes et, à travers elles, les Européens eux-mêmes. Peut-être assistons-nous à l’esquisse d’un début de prise de conscience : la Commission a accepté d’engager des discussions avec les constructeurs automobiles ; certains Etats réclament la révision des textes relatifs au devoir de vigilance des entreprises, à la transposition de Bâle III et au reporting extra-financier ; en France et en Allemagne les chefs d’entreprise s’insurgent contre les projets d’alourdissement fiscal ; la Commission elle-même a même reconnu qu’elle était incapable, pour ses propres opérations financières, d’appliquer le nouveau label qu’elle vient d’adopter pour les green bonds. Enfin, elle a élaboré un document programmatique qu’elle a étrangement appelé sa « boussole économique » : faut-il y voir l’aveu qu’elle avait perdu le Nord ?

    Ne faisons donc pas du méchant loup Trump le bouc émissaire de nos faiblesses, de nos renoncements, de nos lâchetés. Ne nous contentons pas de bêler plaintivement dans notre pré hexagonal. Ne faisons pas valoir qu’avec les jeux du théâtre politique national nous avons d’autres chats à fouetter. Ne cherchons pas d’excuses. Prenons le taureau par les cornes et donnons-nous un mal de chien pour réussir !

    Jean-Philippe Duranthon (Geopragma, 3 février 2025)

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