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Métapo infos - Page 1120

  • « La société postmoderne n’a pour mots d’ordre que rigoler et consommer, gagner du fric et partir en vacances »...

    Nous reproduisons ci-dessous entretien avec Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire et consacré à la question de la « déradicalisation » des musulmans installés en France et séduits par le discours islamiste...

     

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    « Nous cherchons les moyens d’exister ; eux, des raisons de vivre et de mourir »

    Le gouvernement annonce la création d’un premier centre de « déradicalisation » destiné à nos jeunes musulmans. Vous y croyez ?

    Déjà, je n’aime pas beaucoup le terme, car la radicalité est tout autre chose que l’extrémisme. Mais passons. Que faut-il entendre par « déradicalisation » ? Qu’on va prendre en main de jeunes djihadistes pour essayer de leur faire comprendre qu’on leur a lavé le cerveau et que ce n’est vraiment pas bien de vouloir tuer tout le monde ? Pourquoi pas, puisque dans certains pays cela a donné quelques résultats. Mais il est clair qu’on n’y parviendra pas avec un programme unique, tant les parcours des uns et des autres ont pu être différents, tant la palette de leurs motivations est variée. Quoi de commun entre le salafiste « quiétiste » passé au djihadisme pour des raisons de frustration et de déclassement social – voyez le beau film de Nabil Ayouch Les chevaux de Dieu (2012) – et le petit bandit de droit commun « converti » dans l’incubateur carcéral, qui a décidé de partir en Syrie sans pour autant renoncer à son goût pour les discothèques, les belles voitures, la vie facile et le whisky ? Entre le jeune sociopathe ravi de trouver une légitimation « sacrée » à ses instincts de destruction et celui qui, pareillement dépourvu de toute formation théologique, rêve seulement d’une aventure guerrière qui le fera passer à la télévision ?

    Les termes employés pour présenter ce projet sont à eux seuls révélateurs. Il n’y est question que de la tarte à la crème des « valeurs républicaines » et de l’urgence de créer des « lieux de recherche et d’accompagnement ». Bref, des lieux pour se « reconstruire », grâce à des « cellules psychologiques » qui sauront mettre le « dialogue citoyen » au service de la normalisation. Faudra-t-il pour cela faire intervenir des psychologues ou des théologiens, des assistantes sociales ou des spécialistes du crime organisé ? Le fond du problème, de toute façon, est ailleurs.

    Et quel est le fond du problème ?

    Le fond du problème, c’est qu’une société qui n’est porteuse d’aucun modèle attractif, d’aucune puissante conviction, d’aucun projet collectif, d’aucun idéal est très mal armée pour ramener dans le droit chemin des individus qui se réclament d’un idéal, fût-il criminel et dévoyé. Qu’une société qui ne donne que des moyens d’exister est très mal armée face à ceux qui cherchent des raisons de vivre, lesquelles ne font qu’un à leurs yeux avec des raisons de mourir. Tel est le véritable contraste. Aux « fous de Dieu » qu’on veut sauver d’eux-mêmes, qu’avons-nous à proposer en matière de « réinsertion » ? De devenir d’honnêtes vigiles ou de gentils livreurs de pizzas qui regarderont docilement « Les Jeux de 20 heures » à la télévision ? Et qu’espère-t-on obtenir avec des « modules de citoyenneté » qui font rire tout le monde, assortis d’invocation rituelles à une « laïcité » qui se borne à interdire les crèches de Noël pour rendre invisible dans la sphère publique ce qu’elle ne tolère, provisoirement, que dans la sphère privée ?

    Certaines des réactions, proprement infantiles, aux attentats du 13 novembre ont été très justement stigmatisées sur le site du Point par Gabriel Matzneff, dans un article (« Trois petits cochons ») qui a fait quelque bruit. Il visait ceux qui s’imaginent que la meilleure réponse à apporter aux terroristes islamistes est de continuer à s’amuser comme de si rien n’était. « Le manque de spiritualité, de courage et de profondeur de cette prétendue “génération Bataclan” me fait horreur », écrivait-il, ajoutant que dans la cour des Invalides, haut lieu de l’Histoire de France, ce ne sont pas des chansons de variétés qu’on aurait dû entendre, mais bien plutôt les accents solennels du Dies irae. L’État libéral se fait gloire de sa neutralité en matière de « vie bonne », et la société postmoderne n’a pour mots d’ordre que rigoler et consommer, gagner du fric et partir en vacances sans « se prendre la tête ». Tant qu’au don de soi, on n’aura à opposer que le souci de soi, tant qu’au sacrifice et à la volonté de se battre, on n’aura à opposer que le confort et le calcul de son meilleur intérêt, il ne faut pas s’étonner que certains tentent de donner un sens à leur vie en s’engageant dans les plus folles aventures.

    À sa façon, c’est aussi ce que Christophe Geffroy, directeur de la revue catholique La Nef, dit dans le dernier numéro de cette publication : « Quel est le mode de vie que nous voulons défendre ? Celui consumériste, matérialiste, hédoniste, qui mène droit au nihilisme et qui n’a rien à offrir d’exaltant et d’alternatif aux futurs djihadistes de nos territoires […] Il y a comme une incohérence chez certains chrétiens à prétendre préserver notre mode de vie quand c’est justement ce que les papes nous exhortent à remettre en cause. »

    Quel rôle donner alors à la religion ?

    Régis Debray observait récemment que « ce sont bien des croyants qui, en Syrie, combattent résolument Daech sur le terrain, les Kurdes au nom d’une mystique nationale, les combattants du Hezbollah et les forces spéciales iraniennes au nom d’une mystique chiite ». Mais il disait aussi que deux catégories d’êtres humains menacent le monde actuel : ceux qui ont trop de religion et ceux qui n’en ont pas assez. La « religion » est évidemment à prendre au sens large : croyances, convictions fortes, philosophie de l’existence, conception du monde. Mais l’image est juste : le trop vide attire irrésistiblement le trop plein. Comment une société qui ne veut plus affirmer son identité ni savoir d’où elle vient, qui interdit la valorisation de son histoire nationale, mais s’épuise en repentances et autoflagellations historiques, pourrait-elle susciter un désir d’aimer la France chez ceux qui la haïssent ? Normalement, ce serait le rôle de l’école de s’y employer, mais c’est impossible puisque le « roman national » y est désormais proscrit.

    Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 23 décembre 2015)

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  • Les snipers de la semaine... (118)

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur son site, Michel Onfray mouche les journalistes et la fable du monde qu'ils nous racontent...

    La poussière sous le tapis

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    - sur son blog Confiture de culture, Pierre Jourde dézingue le trio Eribon-Lagasnerie-Edouard Louis. Ça balance à Saint-Germain-des-Près...

    Un cas intéressant d'endogamie intellectuelle

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    - sur La voie de l'épée, Michel Goya flingue le président et son premier ministre pour l'insignifiance de la réponse politique et militaire apportée à l'Etat islamique...

    La revanche du serpent à plume

    michel onfray,médias,pierre jourde,didier éribon

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  • Laurent Ozon fait le point...

    Nous vous proposons d'écouter un entretien entre Martin Peltier et Laurent Ozon dans le Libre journal de la résistance française diffusé le 9 décembre 2015 sur Radio Courtoisie. Laurent Ozon fait avec brio un large  tour d'horizon de l'actualité et aborde, notamment, la situation politique telle qu'elle ressort des élections régionales. Une analyse intéressante et lucide, comme toujours...

     

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  • La puissance allemande : aube ou crépuscule ?

    Le huitième numéro de la revue Conflits, dirigée par Pascal Gauchon, vient de sortir en kiosque. Le dossier central est consacré à l'Allemagne.

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    Au sommaire de ce numéro :

    ÉCHOS

    ÉDITORIAL

    La plus belle géopolitique du monde ne peut donner que ce qu'elle a, par Pascal Gauchon

    ACTUALITÉ

    ENTRETIEN

    Georges-Henri Soutou. La géopolitique diplomate, propos recueillis par Pascal Gauchon

    PORTRAIT

    Bachar, l'héritier par défaut, par Frédéric Pichon

    ENJEUX

    Frontières inanimées, avez-vous donc une âme ? par Helena Voulkovski

    ENJEUX

    Le nouveau Grand jeu, par Laurent Gayard

    ENJEUX

    La Ryalpolitique n'est pas une realpolitik, par Frédéric Pichon

    ENJEUX

    Myanmar. un changement dans la continuité, par Jack Thompson

    IDÉES REÇUES

    Flou artistique sur le climat, par Jean-Marc Huissoud

    IDÉES

    Du partisan au djihadiste. la guerre insurrectionnelle, par Florian Louis

    GRANDE STRATÉGIE

    La papauté de la renaissance. L'invention du soft powerpar Jean-Pascal Gay

    BATAILLE

    Tarente 1940. Le chef d’œuvre inconnu, par Pierre Royer

    BOULE DE CRISTAL DE MARC DE CAFÉ

    Il y a urgence, le climat se refroidit, par Jean-Baptiste Noé

    BIBLIOTHÈQUE GÉOPOLITIQUE

    Connaissez-vous Kautilya, par Gérard Chaliand

    CHRONIQUES

    LIVRES/REVUES/INTERNET /CINÉMA

    GÉOPO-TOURISME

    Singapour, modèle ou exception ? par Thierry Buron

    DOSSIER : La puissance allemande, aube ou crépuscule

    Empire du milieu ou royaume du centre mou ? Par Pascal Gauchon

    L'Allemagne. Un objet historique non identifié, par Frédéric Munier

    La fin du peuple allemand ? par Julien Damon

    La réunification a-t-elle changé l'Allemagne, par Thierry Buron

    Miracles et mystères de l'économie allemande, par Jean Kogej

    Les Allemands et leur armée, par le lieutenant Pierre Martin

    La France doit-elle se comparer à l'Allemagne ? par David Colle

    L'Allemagne en Europe, par Maxime Lefebvre

    Allemagne et Europe centrale et orientale, par Andreas Hettyey

    L'Allemagne contre la Russie. Tout contre ? par Pascal Marchand

    La vraie "relation spéciale" des États-Unis, par Christophe Réveillard

    L'Allemagne jugée par l'Italie

    L'HISTOIRE MOT À MOT

    "J'aime tellement l'Allemagne que je préfère qu'il y en ait deux", par Pierre Royer

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  • La Libye, bombe à retardement pour l'Europe ?...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien de Philippe Conrad avec Bernard Lugan, au cours de l'émission Passé présent du 15 décembre 2015 sur TV Libertés, consacré à la menace que constitue le chaos libyen...

     

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  • Le soleil reviendra !...

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    " Dans une époque comme la nôtre, il n'y a que quatre types d'hommes. Il y a ceux qui, très consciemment, veulent que l'on s'enfonce toujours plus loin dans le chaos et la nuit. Il y a ceux qui, volontairement ou non, sont toujours prêts à subir. Il y a les diplodocus réactionnaires, qui vivent la situation présente sur le mode de la déploration. De jérémiades en commémorations, ils croient pouvoir faire revenir l'ordre ancien, raison pour laquelle ils n'enregistrent jamais que des défaites. Enfin, il y a ceux qui veulent un nouveau commencement. Ceux qui vivent dans la nuit mais ne sont pas de la nuit, parce qu'ils veulent retrouver la lumière. Ceux qui savent qu'au-dessus du réel, il y a le possible. Ils aiment à citer George Orwell : « Dans une époque de malhonnêteté universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire». "

    Robert de Herte (Éléments n°144, janvier-mars 2013)

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    Bonne année 2016 à tous les lecteurs de Métapo infos !

    Bonne année également aux auteurs et aux responsables de revues ou de sites qui nous transmettent en ces heures sombres la flamme de la résistance et du combat !

    Le soleil reviendra !

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