Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 2

  • Baldr au Helheim...

    Les éditions Alexipharmaque viennent de publier un roman d'Olivier Meyer intitulé Baldr au Helheim. Animateur de Nietzsche Académie, Olivier Meyer est déjà l'auteur de Nietzsche hyperboréen (Editions du Lore, 2011), d'un Guide des citations d'Homère (Pardès, 2012) et Conversation avec l'éclair (Bookelis, 2017).

    Meyer_Baldr au Helheim.jpg

    " La lé­gende ra­conte que Bal­dr, dieu nor­dique de la beau­té et de la bon­té, tué par le gé­n­ie du mal Lo­ki, vit au Hel­heim, le royaume des morts. L’homme blanc est Bal­dr au Hel­heim. Le monde mo­derne l’a tué et il vit par­mi les Hel­hei­mer, les hommes morts-vi­vants qui ne savent plus ai­mer et ont per­du le sens du beau et du bien. Bal­dr au Hel­heim est le ré­c­it de la quête de Bal­dr pour re­t­rou­ver As­gard, le royaume des dieux blancs et leur poé­sie su­pé­rieure. "

    Lien permanent Catégories : Livres 0 commentaire Pin it!
  • Éloge de la réciprocité...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Caroline Galactéros, cueilli sur le site de Géopragma  et consacré au bilan accablant de la politique étrangère française de ces dernières années... Docteur en science politique, Caroline Galactéros est l'auteur de  Manières du monde, manières de guerre (Nuvis, 2013) et intervient régulièrement dans les médias. Elle vient de créer, avec Hervé Juvin, Geopragma qui veut être un pôle français de géopolitique réaliste.

     

    Macron_Europe.jpg

    Éloge de la réciprocité

    Moscou commence à se lasser des leçons de démocratie dispensées par Paris ; notamment au regard de la gabegie « Gilets jaunes », de l’autorité de l’État bafouée et des sommets de démagogie que notre démocratie pontifiante et irréprochable déploie pour sortir de cette ornière et espérer laver aux yeux du monde cette humiliation.

    Et puis, à force d’erreurs de jugement, de fautes morales et d’entêtement, nous comptons si peu désormais sur la scène du monde. Au Moyen-Orient comme en Afrique, où nous souffrons d’une telle schizophrénie sécuritaire et d’un suivisme atlantiste aggravé, nous commençons à susciter la pitié plus que la crainte ou l’espoir. A minima, on ne nous attend plus. On discute, on négocie, et on décide sans nous. Qui « On » ? Qui sont ces impudents ? Les États-Unis, la Russie, la Chine, la Turquie, Israël, l’Iran, et même, en Europe, l’Italie ou la Hongrie… Tous ceux qui ne se paient plus de mots depuis longtemps déjà, qui ont décidé de prendre leur avenir et leurs intérêts en main, et nous jugent sans aménité. La France parle toujours haut et fort, mais elle agit peu et mal. Les pays précités lui rappellent que le temps de la préséance occidentale est révolu, que l’Hexagone n’a plus vraiment de poids sur la scène du monde, que l’injonction universaliste ne passe plus et que notre prêchi-prêcha moralisateur est devenu inaudible et même complètement ridicule.

    Pour la Russie – qui voit que Paris reste arcbouté sur ses postures malheureuses concernant l’Ukraine ou la Syrie – est venu le temps des réponses « du berger à la bergère » et de l’application du principe de réciprocité. Puisque les journalistes russes accrédités en France se voient interdits d’Élysée et que Spoutnik comme Russia Today (RT) sont diabolisés et réduits au statut de purs canaux de propagande poutiniens, Moscou envisage de rendre la pareille à Paris en interdisant certains médias français de couverture d’événements en Russie ou en suspendant leurs accréditations. Dans la même veine, il se dit que le Kremlin aurait eu l’audace de faire prévenir Paris que la France ne devait pas s’ingérer dans la situation inflammable en Algérie… L’alliance Moscou-Alger est ancienne, mais une telle audace exprime sans équivoque un nouveau rapport de force régional clairement en notre défaveur. Cela nous apprendra à boire la « repentance » comme du petit lait.

    Quoi qu’il en soit, nous affirmons lutter vaillamment contre la propagande et les fake news, pardon « l’infox ». Mais qui décide de ce qui est vrai ou faux, lisible ou devant faire l’objet d’autodafés ? De quelle légitimité supérieure peut-on se revendiquer ? Quand on voit les conclusions du rapport Mueller et le « pschitt » retentissant du Russia Gate ouvrant une phase de représailles vengeresses du président Trump, bien décidé à « enquêter sur les enquêteurs » ; quand on se remémore l’unanimisme médiatique délirant et l’hystérie russophobe qui, pendant deux ans, ont nourri la farce d’un président américain agent du Kremlin pour expliquer l’inexplicable, l’insupportable défaite de l’immaculée Hillary Clinton, on se demande qui, finalement, relaie le mieux l’intox, la manipulation et le complot ?

    Au-delà du tragicomique de nos errances, nous devons prendre garde à cette décrédibilisation massive des médias occidentaux, car elle porte celle des politiques éponymes et sert les desseins de leurs rivaux chinois, russes ou turcs. Le chantage d’Erdoğan envers Washington à propos des Kurdes syriens, envers Paris avec l’affaire du génocide arménien ou envers l’Allemagne avec les migrants n’a plus de limites. Mais nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous-mêmes, victimes de nos inconséquences. On ne peut exiger de la Turquie qu’elle intervienne en Syrie contre le gouvernement de Bachar el-Assad soutenu par Moscou, qu’elle achète des armes américaines plutôt que russes, qu’elle conserve les centaines de milliers de réfugiés syriens sur son territoire et, « en même temps », lui interdire de consolider son influence locale, de rivaliser avec Ryad via Doha, moins encore de réduire l’abcès kurde à ses frontières alors que c’est sa préoccupation sécuritaire et politique n° 1.

    Le néo-sultan mégalomane n’a que faire de nos problèmes et de la dévalorisation stratégique de nos proxys. Il se livre à notre égard, et depuis des années, à un chantage permanent. Nous l’avons laissé faire en toute connaissance de cause, sans jamais l’arrêter, persuadés ainsi de gêner Moscou et impatients de faire tomber la malheureuse Syrie dans l’escarcelle américano-israélo-saoudienne. Nous payons aujourd’hui cette complaisance insensée, cette indulgence a minima envers l’engeance islamiste, envers Daech même, envers Al-Qaïda et ses succédanés, ainsi qu’envers leurs sponsors saoudiens, irakiens, qataris et turcs. Il est un moment où les masques tombent. Ni Washington ni l’Otan ne font plus peur à Ankara qui sait bien que jamais les États-Unis ne l’expulseront de l’Alliance. Quant à nous, Français, nous n’aurions jamais dû en rejoindre le Commandement militaire intégré ni nous soumettre à ses oukases pour quelques étoiles et postes ronflants ; un marché de dupes évident que pourtant, à Paris comme au Quai d’Orsay, on jugea logique et souhaitable puisque l’Amérique a toujours raison, nous protège et ne veut que notre bien… Nous en sommes donc à payer sans délai ni crédit le prix de nos accommodements immoraux, exposés à l’effet boomerang de notre moralisme à géométrie variable.

    Et la Russie dans tout cela ? Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, elle ne se frotte pas les mains face au champ de ruines de son rapprochement (mort-né ?) avec l’Union européenne. Son dépit amoureux face à cette part d’elle-même, qui la relie à l’âme et à l’histoire du Vieux Continent, est toujours là, tout comme son complexe obsidional que nous nous obstinons à nourrir par nos incessantes provocations. Alors, peut-être voit-elle avec une satisfaction amère le village Potemkine européen s’écrouler ; non parce qu’elle l’attaque (en cette matière, l’action d’un Steve Banon est bien plus efficace que celle des pires « idiots utiles » de Moscou), mais parce que ses fondations se révèlent chaque jour plus friables. Une sorte de victoire posthume et triste sur l’adversité. Les avanies, les humiliations, les anathèmes dont elle fait l’objet depuis bientôt vingt ans, depuis qu’elle a repris, contre toute attente, son destin en main, ne sont certes pas réparés. Et la mutation mentale des Européens vis à vis de Moscou n’est pas pour demain. L’Europe ne veut décidément pas de la Russie. Fort bien. Celle-ci s’en passera donc, et se consolera dans une bascule forcée vers l’Asie et Pékin dont nous ferons les frais lorsque la Chine et l’Amérique se disputeront nos reliefs ou s’entendront à nos dépens. Mais cette ostracisation ne portera pas chance aux États européens qui, pour complaire au suzerain américain, tiennent la dragée haute à Moscou sans comprendre l’évidente nécessité et la logique géopolitique d’un rapprochement sur des domaines d’intérêt commun (sécuritaire, migratoire, énergétique, culturel…)

    Sans se penser de façon autonome et sans la Russie, l’Europe n’est pas en mesure de faire masse critique entre les deux nouveaux môles stratégiques mondiaux. La Chine comme l’Amérique appuient sur ses plaies avec une commisération jubilatoire. Ni l’une ni l’autre ne l’aideront jamais pour rien. Les inquiétudes des peuples européens face à la menace migratoire, à l’insécurité culturelle et identitaire, au libre-échange érigé en idole, aux inégalités fiscales entre États et à la béance sociale, sont telles que la mascarade de l’unanimité et de la convergence ne tient plus. Il devient urgentissime de réformer de fond en comble tous les attendus et postulats européens, de même que les mécanismes institutionnels. Les « éléments de langage » d’une technocratie hors sol et autres postures ne suffisent plus. Il faut une évaluation froide et sans concessions de nos intérêts communs véritables et une définition chirurgicale, et non « attrape-tout », des domaines de coopération souhaitables et accessibles. Il faut arrêter de se mentir, de croire aux éléphants roses que sont « le couple franco-allemand », « l’ogre russe » et le gentil génie américain. Il faut cesser aussi de faire comme si une somme de renoncements ou de faiblesses faisait une force collective. Il faut passer aux coopérations renforcées, aux coalitions de projet, au lieu de chercher une unanimité qui produit inertie et paralysie. Il faut qu’à l’intérieur de l’Europe, chacun se mesure pour imposer ses vues et entraîner. La rivalité n’est pas la guerre ! On nous mène, en revanche, une guerre sans merci depuis l’extérieur de l’Union en jouant de notre phobie collective du conflit. Chercher chacun notre place dans la construction européenne provoquera non une guerre, mais un échange infiniment plus sain que ce mensonge permanent de chacun envers tous qui postule l’harmonie et l’identité d’intérêts.

    En conséquence, au lieu de pleurer son couple mythifié avec Berlin, qui n’a jamais vraiment existé que dans son regard embué, Paris doit se lier avec les puissances du sud et de l’est de l’Union (pour chasser sur les plates-bandes allemandes), telle l’Italie, l’Autriche ou la Hongrie, au lieu de les insulter et d’en faire des pestiférés rétrogrades. Il faut enfin oser et non plus procrastiner. Décider par exemple, que l’Europe n’est pas là pour fixer le gabarit de nos fromages de chèvre ou la taille de nos fenêtres, mais pour tenir nos frontières, instaurer une réciprocité commerciale stricte vis à vis de ceux qui prétendent atteindre notre grand marché, faire de l’euro et de la Banque centrale européenne les outils d’une croissance et d’une protection monétaire véritables qui ne se réduisent pas à la lutte contre l’inflation, faire grandir sans états d’âme des champions industriels, technologiques et numériques européens, assumer un « patriotisme économique» sourcilleux, au lieu de laisser des loups entrer dans une bergerie pour la détruire.

    Il faut enfin cesser de rêver à une « armée européenne » ou à un siège européen de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations unies ‒ ce qui revient simplement à donner le nôtre à l’Allemagne et à ses affidés, en espérant que Berlin nous en saura gré. Outre le fait que l’on brade avec une désinvolture inouïe l’un de nos derniers avantages relatifs en termes d’influence, c’est parfaitement irresponsable envers la nation comme envers notre Histoire.

    Pour finir ‒ ou pour commencer ‒ il faut dire que la souveraineté n’est pas un gros mot, qu’à l’instar du « populisme » violent, l’européisme béat est une impasse, une imposture de la « modernité », une fuite en avant suicidaire et infantile. Nous ne parviendrons pas longtemps encore à bâillonner les peuples européens qui refusent leur perdition et la négation dogmatique de leur substrat culturel chrétien et humaniste. Pour survivre face aux ambitions dévorantes des autres, l’Europe doit réarmer tous azimuts, au sens mental, culturel et symbolique du terme. Qu’elle commence par s’affirmer en éliminant les sanctions contre la Russie et en réengageant ses projets d’échanges commerciaux avec l’Iran ! Qu’elle accepte de grandir et de s’affirmer !

    Caroline Galactéros (Geopragma, 24 avril 2019)

    Lien permanent Catégories : Géopolitique, Points de vue 0 commentaire Pin it!
  • Une vie d'historien...

    Les éditions Gallimard viennent de publier Ernst Kantorowicz, une vie d'historien, une biographie écrite par Robert E. Lerner. L'auteur, américain, est spécialiste de l'histoire médiévale et a, notamment, enseigné à l'université de Princeton.

     

    Lerner_Ernst Kantorowicz.jpg

    " Ernst Kantorowicz (1895-1963) est considéré à la fois comme un spécialiste d’histoire de l’art, de théologie médiévale et de droit canonique, de philologie et de droit patristique, de littérature et de philosophie médiévales. Peut-être le doit-il d’abord à sa nature artiste. Sa biographie de Frédéric II de Hohenstaufen parue en 1927 est devenue un best-seller et Les Deux Corps du roi (publié en 1957), une expression de la science politique et du langage courant.
    Sa vie elle-même traverse les tragédies du siècle. Né dans une famille juive industrielle de Poznán, il débute en ardent nationaliste, engagé volontaire au service du Kaiser, blessé à Verdun, volontaire encore pour la lutte contre les spartakistes. C’est à ce titre qu’après la Première Guerre il est étroitement lié au Cercle de Stefan George – considéré alors comme le plus grand poète vivant – qui avait constitué autour de lui une sorte de secte fanatique d’antimodernisme et d’antirationalisme dévouée au culte du héros et à la recherche d’une Allemagne secrète et souterraine.
    Nationaliste conservateur, Kantorowicz s’engage pourtant dans la lutte antihitlérienne dès 1933, ce qui le conduit à refuser de prêter serment au régime nazi et donc à devoir démissionner de son poste universitaire en 1934. Il échappe de peu à la Nuit de cristal en 1938 et réussit à fuir, par l’Angleterre, aux États-Unis où il trouve un poste à Berkeley. Il s’y attache, fait école jusqu’à ce que le maccarthysme fasse de lui un des défenseurs de l’indépendance universitaire (à l’allemande), un des premiers intellectuels à refuser le serment de loyauté. Déchu de nouveau de son poste universitaire, il est accueilli à Princeton au sein de l’Institute for Advanced Study. Mais c’est sa personnalité qui rend Kantorowicz fascinant : cet érudit avait l’élégance d’un dandy, un charme personnel qui lui valait toutes les conquêtes, féminines et masculines. Il s’est lancé dans des liaisons brillantes avec l’aristocratie allemande et fut tout proche, sa vie durant, du grand historien d’art d’Oxford Maurice Bowra, autour de qui se pressait une cour d’esprits brillants. "

    Lien permanent Catégories : Livres 0 commentaire Pin it!
  • Les preuves de la réalité du Grand Remplacement...

    Nous reproduisons ci-dessous une intervention de Jean-Yves Le Gallou, cueillie sur Polémia et consacrée à la réalité du Grand Remplacement. Ancien haut-fonctionnaire, président de la Fondation Polémia, Jean-Yves Le Gallou a, notamment, publié La tyrannie médiatique (Via Romana, 2013),  Immigration : la catastrophe - Que faire ? (Via Romana, 2016) et Européen d'abord - Essai sur la préférence de civilisation (Via Romana, 2018). 

    Grand Remplacement.JPG

    Les preuves de la réalité du Grand Remplacement

    Si la désinformation est extrêmement répandue, l’immigration est assurément le domaine où elle est la plus forte, notamment sur la question du grand remplacement.  Sur ce point, curieusement, les grands médias tiennent conjointement des propos contradictoires puisqu’ils affirment à la fois que le grand remplacement n’existe pas… mais également qu’il n’est pas voulu !

    I – « Le grand remplacement n’existe pas »

    Pour discréditer ceux qui affirment l’existence du grand remplacement, les médias utilisent, là encore des arguments contradictoires puisqu’ils soutiennent d’une part que la France a toujours été une terre d’immigration mais, d’autre part, que la structure de la population n’a pas fondamentalement changé.

    « La France a toujours été une terre d’immigration »

    Comme il ressort de la monumentale étude [1] dirigée par Dupâquier [2], c’est une contre-vérité. En réalité, pendant 5 000 ans, la population française issue d’un peuplement indo-européen a très peu varié : quelques pourcents en quelques siècles. L’essentiel des mouvements migratoires s’est fait à l’intérieur du continent européen, y compris ce que l’on a nommé « les grandes invasions ».

    Il est vrai qu’à la fin du XIX° et au début du XX° la France a connu des phénomènes d’immigration mais il s’agissait pour l’essentiel de populations catholiques venues de Pologne, d’Italie, d’Espagne ou du Portugal. Cela est resté vrai jusqu’aux années 1960.

    « La population immigrée est stable »

    Même à s’en tenir aux statistiques officielles, c’est faux. En 1911, la population étrangère représentait 3 %, aujourd’hui 5 à 6 %. Cette évolution pourrait sembler minime mais, en réalité, ce chiffre – dont les immigrationnistes se plaisent à souligner la constance au cours des dernières décennies – dissimule une réalité bien différente. A chaque fois qu’arrivent sur le sol français 100 ou 150 000 étrangers, autant sont naturalisés.

    Dès lors, si la réalité administrative ne change pas (la proportion d’étrangers) il est une autre réalité qui change considérablement : la réalité culturelle, politique, sentimentale, civilisationnelle. Aujourd’hui le terme « Français » a perdu beaucoup de son contenu, car on peut avoir la nationalité française sans avoir le moindre attachement à la France, en tous cas en ne participant guère à sa civilisation.

    On peut évaluer à 20 %, la part de la population qui n’est pas originaire de France ou d’Europe. Chiffre que plusieurs sources viennent confirmer. Ainsi, le CSA a reproché aux médias de ne faire apparaître dans les émissions de télévision « la diversité » que pour 18,5%, preuve qu’il considère qu’en réalité son poids démographique est bien supérieur !

    De même l’INED et l’INSEE chiffrent à 19,5 % les étrangers et descendants d’étrangers.
    Certes, ces chiffres prennent en compte les descendants d’européens parfaitement assimilés et donc ce chiffre devrait, dans une certaine mesure, être revu à la baisse. En fait, pour l’essentiel, c’est à la hausse qu’il doit être revu !
    D’abord parce que l’étude en question remonte à la période 2008-2011 et que depuis la situation s’est aggravée.
    Ensuite parce que la population d’origine extra européenne est mal connue. Un rapport parlementaire admet qu’à 30 % près, on ne connaît pas la population de Seine-Saint-Denis !
    Enfin parce que cette étude ne prend en compte que trois générations : les parents, les enfants et les petits enfants d’immigrés, supposant qu’après l’assimilation est complète. Cela était assurément vrai dans le contexte d’une immigration européenne, cela l’est beaucoup moins s’agissant d’une immigration extra-européenne.

    On prétend également que les entrées sont stables alors qu’en 2008 on a recensé 210 000 entrées et en 2018 410 000 [3] entrées soit près du double !

    Ce chiffre de 20 % que j’évoquais plus haut est également corroboré par Jérôme Fourquet dans son dernier livre au titre d’ailleurs très révélateur : L’Archipel français – Naissance d’une nation multiple et divisée [4].
    Le directeur du département Opinion et Stratégies d’Entreprise de l’institut de sondages IFOP constate que 18,5 % des nouveau-nés de sexe masculin ont un prénom musulman. Ce chiffre, il faut le souligner, ne tient pas compte des prénoms ambigus et ne donne une idée que de l’immigration musulmane et non pas extra-européenne dans son ensemble, tant il est vrai que celle-ci n’est pas exclusivement musulmane.

    Autre indicateur : le test de la drépanocytose intéressant parce qu’il est effectué à la naissance et qu’il s’agit d’une maladie concernant essentiellement les extra-européens.
    Ce chiffre assurément est à prendre avec prudence car nos compatriotes antillais et une petite minorité de nouveau-nés européens peuvent être concernés, mais à l’inverse les Chinois par exemple ne le sont pas.  Ce qu’il faut retenir, c’est que ce test qui était positif pour 20 % des nouveau-nés en 2001 en concerne 38 % en 2017.

    Toutefois les chiffres de la démographie, assurément très révélateurs, sont loin de dire toute la réalité du grand remplacement. Ce n’est pas seulement une partie de la population qui change, c’est notre civilisation : la part croissante du ramadan dans la société, la charia qui devient la loi dans certains quartiers, la progression du port du voile, la généralisation du halal (50 % des animaux de boucherie qui sont abattus selon ce rite).

    II – « Le grand remplacement n’est pas voulu »

    Les médias, tout en niant l’existence du grand remplacement, affirment que l’immigration massive n’est pas la conséquence d’une volonté politique, ce qui serait une vision « complotiste ».

    Cette question mérite assurément le débat, même s’il existe des indices difficilement contestables. En premier lieu, chacun peut constater que, à rebours de l’opinion publique (ainsi que le révèlent tous les sondages), le pays légal est infiniment plus favorable aux partisans de l’immigration qu’à ses adversaires. Ces derniers n’auront pas beaucoup accès aux principaux médias ni aux grands éditeurs. En revanche, ils seront souvent accueillis devant les juridictions notamment la fameuse XVII° chambre correctionnelle !
    L’actualité fourmille d’exemples révélateurs. Ainsi, récemment, des identitaires se retrouvent 48 heures en garde à vue pour avoir manifesté pacifiquement. À l’inverse, pour un militant favorisant des entrées illégale sur le territoire, le Conseil constitutionnel fait obstacle à la loi pénale en donnant valeur constitutionnelle au principe de fraternité !

    La comparaison des moyens dont disposent les différents acteurs est également très révélatrice. L’agence européenne Frontex, en charge de la protection des frontières de l’Europe se voit attribuer moins de 500 millions d’euros, somme inférieure à celle dont disposent les associations immigrationnistes subventionnées par des milliardaires comme Soros mais aussi par des institutions publiques, comme l’Union européenne, des États et des régions.

    Alors, qui veut ce grand remplacement ? Il est vrai que de plus en plus de responsables politiques affirment publiquement vouloir limiter l’immigration mais, en la matière, le droit est pour l’essentiel de nature jurisprudentielle. Il relève donc de la Cour européenne des droits de l’homme, du Conseil constitutionnel, du Conseil d’État, de la Cour de cassation ou encore de la Cour nationale du droit d’asile.
    Cette supériorité des juridictions sur le pouvoir politique a été particulièrement bien illustrée par la question du regroupement familial : instauré par le gouvernement Chirac en 1976, le gouvernement suivant a tenté de l’abroger ; en vain, car le nouveau décret a été annulé par le Conseil d’État. Ainsi, depuis quarante ans, le regroupement familial continue de s’appliquer. De même concernant le droit d’asile prévu à l’origine pour protéger des petites minorités persécutées dans leurs pays. Il est devenu un moyen commode pour s’installer en France car les juridictions construisent, décision après décision, un droit extrêmement favorable aux étrangers. C’est ainsi que contrairement au droit commun, ils n’ont pas à faire la preuve de leurs allégations que ce soit concernant leur identité, ou pour établir la réalité des persécutions dont ils se prétendent victimes dans leurs pays d’origine.

    Est-ce à dire que les pouvoirs politiques sont impuissants ?
    En réalité, sur la question de l’immigration des mesures énergiques sont indispensables : il faut privilégier non plus les droits individuels de l’homme, mais le droit des peuples à leur continuité historique et à leur civilisation ; l’État doit cesser de subventionner les associations immigrationnistes et abroger les lois Pleven et autres qui empêchent le libre débat sur une question aussi vitale pour l’avenir de notre peuple.

    En refusant de prendre de telles mesures, gouvernement et parlement permettent, qu’ils le veuillent ou non, la poursuite du Grand Remplacement.

    Jean-Yves Le Gallou (Polémia, 23 avril 2019)

    Notes :

    [1] Histoire de la population française, Paris, PUF, 4 volumes, 1988

    [2] Jacques Dupâquier, (1922 – 2010) est un historien français et membre de l’Institut (Académie des sciences morales et politiques), spécialiste de l’histoire des populations et de démographie historique.

    [3] 240.000 titres de séjour délivrés, 120 000 demandes d’asile et 50 000 « mineurs isolés ».

    [4] Éditions du Seuil, Février 2019

    Lien permanent Catégories : Points de vue 0 commentaire Pin it!
  • Le continent perdu ?...

    Les éditions des Syrtes viennent de publier un essai de Guy Mettan intitulé Le continent perdu. Responsable du Club suisse de la presse et ancien directeur-rédacteur en chef de la Tribune de Genève, Guy Mettan a notamment publié Russie-Occident : une guerre de mille ans (Syrtes, 2015).

    Mettan_Le continent perdu.jpg

    " Comment la Suisse peut sauver l’Europe après l’avoir tuée ! Les événements de ces dernières décennies ont démontré qu’avec son vote contre l’Espace économique européen le 7 décembre 1992, la Suisse a précipité l’Europe dans un élargissement effréné au détriment de son intégration politique. 25 ans après, l’Europe s’étend du Portugal aux pays baltes et au Kosovo, elle a imposé l’ultralibéralisme anglo-saxon et la libre circulation des biens et des personnes sur l’ensemble de ses territoires. Mais à quel prix ? Brexit anglais et sécessionnisme catalan, hégémonie allemande, guerre larvée en Ukraine, invasion massive de réfugiés économiques en Méditerranée, régressions économiques en Europe du Sud, progression des partis identitaires antieuropéens, inégalités sociales, divorce entre les peuples et leurs élites, création d’une monnaie unique désastreuse pour les pays économiquement fragiles... Dans un moment délicat pour l’Europe, nourri de l’expérience politique et journalistique de l’auteur, l’essai de Guy Mettan, volontairement provocateur et à contre-courant du discours politique ambiant, esquisse les grandes lignes d’un véritable programme de gouvernance européenne. "

    Lien permanent Catégories : Livres 0 commentaire Pin it!
  • La libération de Notre-Dame...

    Nous reproduisons ci-dessous un pont de vue de Slobodan Despot cueilli sur son site Antipresse et consacré à l'incendie de la cathédrale Notre-Dame. Éditeur, directeur de la lettre hebdomadaire Antipresse, Slobodan Despot a publié deux romans, Le miel (Gallimard, 2014) et Le rayon bleu (Gallimard, 2017).

    Gargouilles_Notre-Dame.jpeg

    La libération de Notre-Dame

    Notre-Dame de Paris. Le nom sonne si tendre, si incarné qu’on en oublie que c’est un édifice de pierre. Il y a belle lurette que ce nom ne désigne plus une construction, mais un être vivant. Une femme, une déité, une mère, la nôtre qui plus est, qui veille sur Paris, sur la France et par conséquent sur le monde entier. Car le plan qui va de l’église Notre-Dame au Louvre et du Louvre à l’Arc de Triomphe est incrusté dans la géographie intime de toute l’humanité civilisée, par-delà ses langues, ses traditions et ses religions.

    Les Français d’aujourd’hui sont les dépositaires d’un héritage qui les dépasse et qui appartient à l’humanité entière. Quelques générations, bien avant eux, ont touché à ce souffle intemporel et universel de l’être dont l’universalisme intellectuel n’est qu’une pâle transposition. Notre-Dame n’est pas plus française, ni moins, que le Taj Mahal n’est moghol, que Pétra n’est jordanienne ou que Sainte-Sophie n’est turque. Notre-Dame est l’une de ces enclaves de l’absolu qui parlent la langue commune de l’humanité, n’appartenant à personne mais intelligible de tous. C’est pourquoi le sort de Notre-Dame concerne toute l’humanité civilisée. Et c’est pourquoi la jubilation sur ses cendres désigne ceux qui ne méritent d’appartenir à aucune forme de société, tout juste de recevoir leur pitance à travers les barreaux de la cage. Le fait qu’un grand nombre de ces Orques et Gobelins aient été non seulement tolérés, mais encore nourris et protégés par l’Afrance d’aujourd’hui éclaire dans toute sa fatalité la logique de l’immolation de Notre-Dame. Dans l’Afrance d’aujourd’hui, cette nef qui a traversé neuf siècles de troubles avait plus de raisons de flamber que de rester intacte.

    Notre-Dame de Paris. Dans nos têtes, infailliblement, le nom évoque bien plus qu’une architecture. Il rappelle «la double solennité, réunie depuis un temps immémorial, du jour des Rois et de la Fête des Fous». Il réveille le joyeux chahut des escholiers et des moinillons, il anime les silhouettes du bon peuple de Paris s’amassant dans ce qui était alors le plus vaste espace couvert au monde, et qui servit aussi bien, des siècles durant, à célébrer Dieu qu’à abriter les mules et les va-nu-pieds.

    Notre-Dame fut bâtie une première fois par des générations de maçons et une deuxième fois par un seul homme, posté nu devant son lutrin et giclant frénétiquement, en moins de trois ans, à la plume d’oie pâteuse sur d’immenses feuilles de papier, un univers complexe dont ses malingres descendants armés de traitements de texte et de bases de données ne pourraient esquisser la centième partie sans s’y noyer. Notre-Dame de Paris, depuis deux cents ans, est mariée dans sa démesure au génie extravagant du plus grand romancier qui fut.

    Qu’elle s’ancre dans l’obscure persévérance des compagnons ou la fulgurance démoniaque de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris témoigne du passage d’une autre race sur cette terre, d’une race de géants. Échouée au nanométrique XXIe siècle, elle y «brille comme une vieille épée qu’on déterre» (Tsernianski), comme une de ces armes dont on se demande, en les voyant aujourd’hui, quel poignet pouvait les manier. Et quelle chair survivre à leurs coups.

    La négligence est pire que le crime

    Voici des décennies qu’elle gisait là, comme Gulliver à Liliput, entravée d’un réseau de câbles, envahie d’un grouillement de touristes, truffée d’une forêt de dispositifs et de règles de sécurité. Et voici que la grâce des flammes l’a libérée— pour quelques années au moins — de ce servage industriel indigne d’une servante de Dieu.

    «Notre-Dame s’est échappée!» Je roulais ce lundi soir vers ma maison pendant que mon téléphone posé sur le siège passager faisait défiler les images que m’envoyait un ami. Ce n’était pas possible! Ma gorge hésitait entre le rire et le sanglot. «Elle s’est échappée!» ai-je fini par dire, tout haut. «Affranchie!»

    Notre-Dame était une scandaleuse irruption d’éternité dans le poulailler de l’instant-culture. Elle était l’otage d’un temps et d’une population — peut-on encore parler de peuple? — incapables de la comprendre et trop faibles pour la sauvegarder. Avant même d’avoir maîtrisé l’incendie, on l’a proclamé accidentel, enclenchant d’emblée l’appareillage de la restriction mentale devenue obligatoire lors de chaque traumatisme collectif.

    Accidentel, soit! Un avion se crashe par accident: on désigne aussitôt le pilote, le fabriquant, l’aiguilleur — bref quelqu’un. Cinq jours plus tard, à Notre-Dame, c’est toujours personne. La buée de l’émotion est plus dense encore que les sinistres fumées jaunes de lundi. Soupirer tant qu’on veut, ne surtout pas réfléchir: doctrine appropriée pour les humains au «cœur dur et à la tripe sensible» comme Bernanos diagnostiquait ses contemporains.

    Accidentel, nécessairement! Toute autre hypothèse est impensable et, surtout, insoulevable pour les épaules malingres des nains gestionnaires. On a vu l’ex-architecte de la Dame étaler sa stupéfaction chez Pujadas: ça ne brûle pas comme des allumettes, le chêne presque millénaire! «Il faut mettre beaucoup de petit bois pour y arriver!», lâcha-t-il en plaisantant à moitié, créant la gêne sur le plateau. Dès le lendemain, le gouvernement mit en place une «communication davantage centralisée» afin que les architectes et autres gardiens du patrimoine ferment leur bec.

    Les rois foireux

    On fuit comme la peste l’idée du geste intentionnel. Comment affronter des terroristes qui auraient le pouvoir de frapper ce pays en son cœur même? Et que faire si l’analyse rationnelle devait aboutir à un scénario de type «incendie du Reichstag», ou tout du moins à une exploitation cynique d’une catastrophe historique par le pouvoir en place? Prendre les armes? Qui, parmi ces conspirationnistes de réseaux sociaux, aurait la force d’aller au bout de ses conclusions?

    La piste criminelle est un cauchemar, mais la piste accidentelle est pire. D’un côté, on aurait affaire, dans le «système» ou hors de lui, à des criminels hideux mais capables. De l’autre, à des jean-foutre absolus, sans aucune valeur, qui auraient tellement dépouillé et désorganisé l’État qu’il n’est plus capable de veiller efficacement sur le premier monument de France (et son plus gros atout touristique)(1).

    Mais la Dame n’en a cure, de ces discussions académiques. La Dame s’est envolée vers le ciel drapée dans ses volutes jaunes. On peut bien promettre pour dans cinq ans une cathédrale reconstruite «plus belle qu’avant», blanchir les milliards des évadés fiscaux, appeler au «geste architectural contemporain» (= provocation prétentieuse en langue de bois d’énarque), rivaliser de mauvais goût et de transgressions. Rien ne rendra au socle de pierre sa «forêt» de chênes que quatre générations de bûcherons et de charpentiers affinèrent avant d’oser la hisser sur les ogives. Le nom du nain qui l’a laissée partir en fumée est d’ores et déjà gravé — ce seul exploit y suffit — dans la lignée des rois foireux, après celui qui, le jour même de son investiture, fut contraint par la foudre de retourner penaud sur son tarmac au lieu d’aller montrer patte blanche à la reine teutonne, à Berlin (2). Le doigt de Dieu n’est pas une plaisanterie. Notre-Dame de Paris, le roman aussi monumental que le temple, ne s’ouvre-t-il pas sur le mot ANÁΓKH (anankè): fatalité?

    Slobodan Despot (Antipresse, 21 avril 2019)

     

    NOTES
    1. Comme l’a résumé le grand diplomate et militant humanitaire Craig Murray: «Comme d’autres Etats occidentaux, la France possède d’incroyables technologies, amassées à coups de trillions d’euros, capables de détruire des villes entières en un instant. Mais elle a investi dans des échelles et des lances trop modestes pour sauvegarder Notre-Dame et son héritage…»

    2. Élucidant du même coup le quatrain d’Onuphre que je citai dans mon éditorial du Nouvelliste le 18 mai 2012: «Lorsque Hollande Hongroys vaincra/Et tiendra couronne de France,/Ciel son vol foudroyera/Par despit de male alliance.»

    Lien permanent Catégories : Points de vue 0 commentaire Pin it!