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  • Portrait d'un anarchiste conservateur...

    Les éditions de l'Escargot viennent de publier un essai de Kévin Boucaud-Victoire intitulé Mystère Michéa - Portrait d'un anarchiste conservateur. Rédacteur en chef chez Marianne, Kévin Boucaud-Victoire a co-fondé la revue Le Comptoir et est l'auteur de La Guerre des gauches (Cerf, 2017) et de George Orwell, écrivain des gens ordinaires (Première Partie, 2018).

     

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    " A l'instar d'un Alain Badiou, Jean-Claude Michéa est devenu culte de son vivant. Près de trente ans après son premier livre, le philosophe montpelliérain, désormais dévoué à l'apprentissage de la permaculture, a lancé malgré lui une véritable " génération Michéa ". Son plus haut fait d'armes ? Avoir rompu avec la gauche sans jamais donner de gages à la droite. Sa ligne de conduite, revenir à un socialisme des origines, a pourtant été l'objet de nombreux contresens, d'interprétations confuses ou de récupérations opportunistes.
    Entre décroissance, socialisme libertaire, conservatisme, comment percer à jour le mystère Michéa ? Son biographe Kévin Boucaud-Victoire a mené l'enquête et décrypte avec clarté, rigueur et humour les travaux du plus anarchiste des conservateurs. "

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  • L’immigration, une fatalité et une nécessité ? Un énorme mensonge !...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Julien Dir, cueilli sur Polémia et consacré à la question de l'immigration. Julien Dir est un contributeur régulier de Breizh info.

     

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    L’immigration, une fatalité et une nécessité ? Un énorme mensonge!

    À longueur du débat sur l’immigration, on entend les partisans d’un laxisme généralisé à nos frontières (qu’elles soient européennes ou françaises) dire qu’il serait impossible de contrôler l’immigration, que « de toute façon, vous ne pourrez jamais empêcher les gens qui veulent venir en Europe d’y accéder, par tous les moyens ».
    Ces phrases sont énoncées comme des prophéties divines presque, auxquelles il serait impossible de répondre. Pourtant, ce sont des mensonges, car ce que ne vous disent pas ces gens qui vous expliquent à longueur de journée que l’immigration serait à la fois un besoin et une fatalité, c’est que des solutions, concrètes, existent, pour stopper totalement l’immigration et dissuader les immigrés du monde entier de venir en France (et même pour inciter ceux qui sont déjà en Europe à repartir).

    Refouler systématiquement les bateaux de migrants

    Les armées européennes alliées à Frontex ont les effectifs (plutôt que de mettre des soldats avec des armes approvisionnées, mais non armées pour faire Vigipirate) pour patrouiller — cela demande une volonté globale en Europe — en Méditerranée notamment, pour éliminer physiquement les passeurs (qui se soucie que l’on élimine des djihadistes au Mali ? Des islamistes en Syrie ? Pourquoi pas des pirates en Méditerranée ?), repousser les bateaux qui approchent de nos côtes, liquider les esclavagistes en Libye. Tout est une question de volonté politique.

    L’Australie a considérablement freiné les tentatives pour accoster son île. La Hongrie y est parvenue — par la terre cette fois-ci, avec des moyens limités. L’Europe en serait incapable ? Ben voyons…

    Faire pression économique sur les pays de départ

    Vous vous rappelez des embargos contre l’Irak, contre l’Iran ? Vous vous rappelez des pays ostracisés dans le monde ? Pourquoi l’Europe, au nom de la protection et de la sécurité de ses frontières et de sa civilisation, ne pourrait pas faire de même ? Réclamer aux États africains qu’ils agissent, à la fois sur la démographie de leurs nations (pour la freiner) et qu’ils prennent les mesures (cela ne nous regarde pas de savoir lesquelles) pour empêcher l’émigration.

    Vous ne faites rien pour empêcher vos ressortissants de partir ? Arrêt de l’aide au développement, ce résidu post-colonialiste consistant à donner de l’argent, notre argent, à toute la planète, sans demander le moindre compte.

    Vous ne faites toujours rien pour empêcher vos ressortissants de partir ? Gel des comptes bancaires que les dirigeants de ces pays possèdent en Europe. Interdiction pour eux de venir se soigner dans nos hôpitaux. Fin des passeports diplomatiques, fermeture des ambassades.

    Cela va bien entendu de pair avec l’interdiction, pour les entreprises européennes, de se lancer à la conquête de marchés dans les pays dont les ressortissants veulent immigrer chez nous, pendant une période définie. Il n’y a aucune raison réciproquement à toutes ces mesures, que les Européens se fassent de l’argent sur le dos des Africains ou des Asiatiques…

    Ne dites pas que c’est impossible, d’autres l’ont fait avant l’Europe, et d’autres le feront encore après. La volonté politique qu’on vous dit !

    Expulser automatiquement les clandestins présents sur le territoire, rompre les traités qui nous empêchent d’agir

    Un traité international, une convention, cela se signe. Cela s’efface également. La volonté politique, encore et toujours. Des avocats et des associations obtiennent que des « mineurs isolés » soient maintenus sur notre territoire ? Y compris quand ils commettent des actes de délinquance ? Fin des traités qui les protègent. Les compagnies aériennes ne veulent pas mettre à disposition leurs avions pour des expulsions massives ? Amendes pour entrave à la justice. Suppression d’appels d’offres. Sanctions économiques.

    Des individus ayant obtenu la nationalité française très récemment commettent des actes répréhensibles par nos lois ? Expulsion immédiate et sans discuter dans le pays d’origine.

    Pas besoin de supprimer l’AME et les aides si plus d’immigration

    La suppression de l’AME, l’Aide médicale d’État, et la suppression des allocations familiales, voici deux arguments bien hypocrites sortis par des responsables politiques qui ont la trouille d’aller plus loin dans leurs déclarations sur l’immigration. Pourtant, supprimer l’AME à l’heure actuelle reviendrait à exposer notre population à des maladies que nous avions chassées de notre continent. Ne pas soigner, y compris s’ils n’ont pas d’argent, les malades sur son territoire, c’est se tirer une balle dans le pied.

    Par contre, s’il n’y a plus d’immigration, et si les immigrés qui sont ici ne peuvent plus automatiquement bénéficier d’aides sociales et n’ont pas le droit de travailler, alors par définition, ils ne viendront plus. Fin du problème.

    L’immigration n’est pas une nécessité

    Notre continent vieillit. C’est cyclique, tout simplement. Là encore, ce n’est pas une fatalité. Et les politiques familiales incitant à faire des enfants si besoin est, cela existe aussi. Salaire parental, ouverture de crèches, d’écoles dans la ruralité. Mise en valeur de la famille (il est vrai que dans une société où le mot famille traditionnelle est en passe de devenir une injure, il y a du boulot), et, éventuellement, investissement dans la robotisation, pour éviter à tout le monde de devoir effectuer des tâches pénibles. La fameuse arnaque de « les immigrés font les travaux dont les Français ne veulent pas » doit être balayée. Les Français ne veulent pas bosser à nettoyer les toilettes de ceux qui s’en mettent plein les poches, pour 1 000 euros par mois. Ils ont raison. Ils exigent de la dignité, y compris salariale. Et si un robot pouvait empêcher, à la fois aux Français comme aux autres d’ailleurs, de faire des tâches ingrates, nos sociétés ne s’en porteraient que mieux.

    On voit encore une fois tout le paradoxe à ce que des gens qui se proclament de gauche, humanistes, et tout le tralala, trouvent fantastique que des immigrés fassent la plonge à mi-temps, nettoient les toilettes des aéroports et des gares, ou emballent du poulet halal n’ayant jamais vu le jour dans une usine tenue par un patron suspect. Le tout pour, cerise sur le gâteau, un salaire de misère permettant de se concentrer avec sa famille dans un logement pourri d’une grande agglomération.

    Le vrai humanisme, c’est de respecter chaque individu, chaque peuple, chaque ethnie, chaque civilisation. De permettre à chacun d’avoir un avenir sur SA terre. Nos pays ne sont pas des hôtels. Nous ne sommes pas interchangeables. Nous ne pouvons pas vouloir sauver la planète du réchauffement climatique, protéger les espèces animales en voie de disparition, et dans le même temps vouloir un grand brassage, un grand mélange de peuples qui par ailleurs, se font la guerre dès qu’on les force à vivre ensemble.

    Pas de dictature, du bon sens, de la volonté politique… et pas d’immigration

    Ce sont des mesures, toutes simples à mettre en place, qui ne chambouleront nullement le quotidien de notre peuple. Qui ne feront pas « basculer dans la dictature » comme hurleront quelques responsables associatifs épaulés médiatiquement à qui la France ou l’Europe peut proposer d’obtenir, moyennant accord avec les pays tiers, la résidence dans un des pays d’origine de ceux qu’ils s’acharnent à défendre au quotidien, bien plus que leur propre population, et parfois que leurs propres enfants.

    L’immigration n’est pas une fatalité. Les Africains et les Asiatiques ne sont pas de grands enfants que nous devrions prendre par la main, mais des peuples qui doivent apprendre à réguler leur démographie, à développer, s’ils le souhaitent, leur économie, et à vivre selon les préceptes de leurs civilisations. Les immigrationnistes se comportent d’ailleurs très souvent comme des néo-colonialistes, mais il est vrai qu’en matière de colonialisme, la gauche a de l’expérience.

    L’immigration, une fatalité et une nécessité ? Non. Nous n’avons pas besoin d’immigrés. Pas de quotas, rien. Et nous pouvons empêcher ceux qui ne sont pas invités à venir chez nous d’y rentrer. Mesures économiques, mesures militaires, mesures sociales.

    Ce n’est pas compliqué, c’est au contraire très simple… basique. Tout est question de volonté et de courage politique !

    Julien Dir (Polémia, 25 mai 2019)

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  • La France d'hier...

    Les éditions Flammarion viennent de rééditer dans leur collection de poche Champs l'essai autobiographique de Jean-Pierre Le Goff intitulé La France d'hier - Récit d'un monde adolescent des années 50 à Mai 68. Sociologue, vigoureusement critique de l'idéologie de mai 68, Jean-Pierre Le Goff a publié La France morcelée (Folio, 2008), La gauche à l'épreuve : 1968 - 2011 (Tempus, 2011), La fin du village (Gallimard, 2012), Malaise dans la démocratie (Stock, 2016) et La gauche à l'agonie (Perrin, 2017).

     

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    " Pour les nouvelles générations, Mai 68 est devenu un « mythe fondateur » ou, à l'inverse, la source de tous nos maux. Mais par-delà les clichés, comment se représenter la vie dans le monde d'avant ? Comment comprendre l'événement et la « révolution culturelle » qui ont changé la France ? Jean-Pierre Le Goff est né et a grandi dans la Normandie des années 1950. Il a vécu les bouleversements de cette période, les débuts de la grande consommation et des loisirs de masse, des premières machines à laver aux livres de poche, en passant par le rock'n'roll. En reconstituant l'atmosphère de la France d'hier, ce récit historique et sociologique écrit à la première personne entend faire comprendre « de l'intérieur » une époque révolue et renouer le fil de la transmission entre les générations. "

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  • L'islamophobie est une intoxication idéologique...

    Le 27 mai 2019, Martial Bild recevait, sur TV libertés, Philippe d'Iribarne, pour évoquer son dernier essai Islamophobie - Intoxication idéologique (Albin Michel, 2019). Polytechnicien, directeur de recherches au CNRS, Philippe d'Iribarne a notamment publié La Logique de l'honneur (Seuil, 1989), L’étrangeté française (Seuil, 2005) et Penser la diversité du monde (Seuil, 2008).

     

                            

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  • Le crime mondialisé...

    Les éditions du Cerf viennent de publier une étude de Xavier Raufer intitulée Le Crime mondialisé - État des lieux en 99 vérités. Criminologue et auteurs de nombreux essais, Xavier Raufer a publié ces dernières années Les nouveaux dangers planétaires (CNRS, 2012) et Criminologie - La dimension stratégique et géopolitique (Eska, 2014) et a également coordonné l'ouvrage collectif intitulé La première cyber-guerre mondiale ? (Eska, 2015).

     

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    " Fraudes, détournements, meurtres, trafics, esclavages à l'échelle planétaire : en statistiques, tableaux, chronologies, mais aussi récits vrais et portraits révélateurs, c'est la face cachée et noire de la mondialisation, sur l'année 2018, que révèle ce document sans précédent.

    Qui dirige désormais Cosa Nostra ? Pourquoi les prisons françaises sont-elles devenues des passoires ? Où trouve-t-on la cocaïne la plus pure ? Existe-t-il vraiment un lien entre l'afflux de migrants en Europe et la criminalité ? Xavier Raufer livre ici une encyclopédie du crime, étonnante et passionnante, sur toute la surface de la planète. En utilisant les données les plus récentes (collectées par Crimino, sa base documentaire criminologique), il révèle l'autre face de la mondialisation, où les tueries de masse s'exportent des États-Unis au reste de la planète, et où l'Afghanistan est devenu un immense champ de pavot. Chiffres à l'appui, il revient ainsi sur les faits divers qui ont fait l'actualité, et sur ceux dont on a étrangement peu parlé. Des crimes sexuels en passant par les nouvelles mafias, de la piraterie maritime aux trafics d'êtres humains, rien n'est laissé sans réponse dans ce livre-événement qui donne aux lecteurs les clés pour participer au débat public sur la sécurité internationale.
    Une somme indispensable, pour comprendre enfin le monde dans lequel nous vivons. "

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  • Poussée des populistes et montée des écologistes...

    Nous reproduisons ci-dessous entretien avec Alain de Benoist, cueilli sur Breizh Info, dans lequel il analyse les résultats des élections européennes... Philosophe et essayiste, Alain de Benoist a récemment publié Le moment populiste (Pierre-Guillaume de Roux, 2017), Ce que penser veut dire (Rocher, 2017), Décroissance ou toujours plus ? (Pierre-Guillaume de Roux, 2018) et Contre le libéralisme (Rocher, 2019).

     

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    Alain de Benoist : « Le fait dominant de ces élections européennes, c’est la poussée populiste d’une part, et la montée des partis écologistes »

    BREIZH-INFO. Voyez-vous dans ces élections européennes, en France, une marée verte, ainsi qu’une grande victoire pour le RN ?

    ALAIN DE BENOIST : Un mot d’abord sur la hausse de la participation. Les observateurs y ont immédiatement vu la preuve que les Français s’intéressent plus à l’Europe qu’on ne le dit. Cette interprétation est fautive. La participation a été plus forte tout simplement parce que cette élection européenne a été traitée, plus encore que d’habitude, comme une élection nationale. En personnalisant les enjeux du scrutin, en apparaissant, au mépris de sa fonction présidentielle, comme la véritable tête de liste LREM, Emmanuel Macron en est le principal responsable.

    C’était en outre un pari risqué. Macron l’a perdu, puisque sa liste n’arrive pas en première position et ne retrouve même pas son score du premier tour de la présidentielle. Loiseau ne s’est pas envolée. Le parti macronien avait cru découvrir en elle un aigle, ce n’était qu’une bécasse de couleur.

    Macron n’est toutefois pas le grand perdant de cette élection. Les deux vrais grands perdants sont Jean-Luc Mélenchon et Laurent Wauquiez. Le premier paie de façon tragique son abandon de la ligne populiste qui lui avait permis d’obtenir près de 20 % des voix au premier tour de la présidentielle. Le second se heurte à ce constat terrible que les Républicains ne correspondent aujourd’hui plus à rien. L’avenir des Républicains est le même que celui du PS : tomber à 5 ou 6 % avant de disparaître définitivement.

    Le soir de l’élection, Bruno Retailleau faisait pitié tant il était pathétique. Il parlait encore de « rassembler » pour « convaincre », alors qu’il n’a à rassembler, de Valérie Pécresse à Xavier Bertrand ou Gérard Larcher, que des torchons et des serviettes qui ont déjà beaucoup servi. La liste menée par François-Xavier Bellamy, qu’on disait appelée à faire des miracles, n’a même pas séduit la moitié de la « droite Trocadéro », c’est-à-dire de l’électorat bourgeois de François Fillon. L’autre moitié est partie chez Le Pen ou chez Macron. Avec ou sans Wauquiez, ce qui reste des Républicains finira par en faire autant.

    Quant à la « marée verte », elle reste relative. Une progression des écologistes n’a rien pour surprendre aujourd’hui, mais les Verts ont connu dans le passé des scores supérieurs à 13 %. Au Parlement européen, ils peuvent jouer un rôle d’appoint assez important, mais il ne faut pas oublier que leur électorat est à la fois hétérogène et volatil. A côté des écolos sincères, il y a aussi les bobos que Macron va maintenant s’employer à séduire.

    Le RN n’est-il pas définitivement bloqué à un plafond de verre (d’après mes calculs, il lui manquerait 8 à 10 millions de voix, soit autant qu’actuellement, pour l’emporter aux législatives et à la présidentielle) ?

    Jordan Bardella, âgé de seulement 23 ans, a fait une très bonne performance et le RN peut se flatter d’avoir à la fois remporté l’élection et obtenu l’occasion de se présenter à nouveau comme le « premier parti de France ». Cette victoire n’a toutefois été acquise qu’avec un écart extrêmement mince, ce qui peut surprendre. Le score du RN atteint à peine celui du Front national aux européennes de 2014, alors que la liste Bardella est censée avoir bénéficié d’un apport de voix provenant aussi bien des Gilets jaunes (même si la majorité d’entre eux se sont abstenus), de l’aile « droite » des Républicains et d’une petite partie des électeurs de la France insoumise, auprès de qui l’image de Marine Le Pen s’était améliorée ces derniers temps. Que s’est-il passé exactement ? Il faudra des analyses plus fines pour le savoir.

    Je n’ai jamais beaucoup cru à la notion de « plafond de verre ». On dit couramment que, sauf circonstances exceptionnelles (qu’on ne peut pas exclure), aucun parti ne peut arriver seul à mobiliser plus de 50 % des électeurs. C’est pourtant ce que Macron est parvenu à faire en 2017. C’est en fait la situation politique générale qui est bloquée parce que la recomposition en cours n’est pas encore allée jusqu’à son terme. Si une nouvelle élection présidentielle avait lieu demain, les deux mêmes finalistes se retrouveraient au deuxième tour et le résultat final serait le même qu’il y a deux ans. Face à Marine Le Pen, Macron a des réserves de voix que Marine Le Pen n’a pas face à Macron. Aussi longtemps qu’on ne sera pas sortis de cette situation rien ne bougera.

    Quant à l’« union de la droite », elle est tombée dans les choux avec Nicolas Dupont-Aignan.

    Comment percevez-vous le vote au Royaume-Uni ? Seules l’Écosse et Londres se distinguent par un vote anti-Brexit majoritaire.

    On nous répétait depuis des mois que les Anglais se mordaient les doigts d’avoir décidé de quitter l’Union européenne. Or, c’est le Brexit Party de Nigel Farange qui a raflé la mise, au détriment des travaillistes et surtout des conservateurs. Cela laisse prévoir un « Brexit dur » (no deal Brexit). Comme les Ecossais tiennent à rester à l’intérieur de l’UE, il faut s’attendre à un regain de tension entre Londres et Glasgow qui pourrait très bien relancer les efforts pour parvenir à l’indépendance de l’Ecosse. Les violences en Irlande du Nord vont également reprendre, comme l’indiquent différents signaux enregistrés ces derniers temps.

    Et ailleurs en Europe, que voyez-vous ? Il semblerait au final, hormis en Italie et en Europe centrale, que la gauche sociétale progresse…

    Le fait dominant de cette élection, c’est d’une part la poussée populiste qui s’accentue un peu partout, et la montée des partis écologistes, qui correspond à l’air du temps. Populistes et écologistes, surtout quand ils sont incarnés par des visages nouveaux, voire atypiques, ont en commun de représenter des phénomènes relativement inédits, qui entrent en résonance avec le « dégagisme » généralisé auquel on assiste aujourd’hui. J’entends en ce moment beaucoup de gens « découvrir » que ce sont les grands partis institutionnels (ex-« partis de gouvernement ») qui en font les frais, et que le clivage droite-gauche devient obsolète. C’est exactement ce que j’annonce depuis cinq ou dix ans dans mes articles et dans mes livres.

    Quand on évoque la « gauche sociétale », il faudrait par ailleurs préciser ce dont on parle. S’il s’agit des délires du politiquement correct, du lobby gay, de l’hystérie des théoricien(ne)s du genre, du féminisme « Me-too » et des extravagances de l’« art contemporain », il est exact que, non seulement la droite, mais les classes populaires y sont tout à fait hostiles. S’il s’agit en revanche d’une certaine libéralisation des mœurs, il en va tout autrement. Tous les sondages le montrent, ceux qui votent aujourd’hui pour le RN sont favorables à l’euthanasie ou à la liberté d’avorter dans les mêmes proportions que l’ensemble des Français, c’est-à-dire à une énorme majorité, tandis que les débats sans fin sur la GPA ou la PMA les indiffèrent totalement.

    Qu’est-ce qui pourrait contribuer à sauver l’Europe et sa civilisation, au Parlement européen, dans les prochaines années ?

    Au Parlement européen ? Rien du tout, puisque les députés européens n’ont aucune initiative en matière législative et que leurs avis ne peuvent aller à l’encontre des traités en vigueur. Tout au plus peut-on penser qu’avec les nouveaux venus, les discussions prendront en telle ou telle circonstance une tournure différente. Mais ce n’est assurément pas cela qui va « sauver la civilisation » ! Ce qui la sauvera, c’est la conjonction d’un séisme de première grandeur et d’une volonté des peuples européens de persévérer dans leur être. Ce n’est pas encore pour demain, même si l’on avance dans cette direction.

    Alain de Benoist, propos recueillis par Yann Vallerie (Breizh info, 28 mai 2019)

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