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23/09/2017

Apologie d'Ernst Jünger...

Les éditions Lemieux viennent de publier un essai de François L'Yvonnet intitulé Apologie d'Ernst Jünger. Professeur de philosophie, François L'Yvonnet a notamment publié un essai polémique intitulé Homo comicus ou l'intégrisme de la rigolade, (Editions Mille et une nuits, 2012) ainsi que L'effet Baudrillard - L'élégance d'une pensée (François Bourin, 2013).

 

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" « Une apologie ­d’Ernst Jünger s’impose. Une apologie – ­c’est le sens grec du mot – est un discours (logos) qui vise à lever (apo) une accusation, en montrant son absence de fondement. Comme dans ­l’Apologie de Socrate de Platon. Extirper les vieilles calomnies anciennement enracinées, colportées par la rumeur et la malveillance. »

Telle est la démarche de François L’Yvonnet qui entreprend ­l’exploration ­d’une personnalité sulfureuse : Ernst Jünger (1895-1998). ­L’auteur d’Orages ­d’acier, Sur les falaises de marbre ou de Journal de guerre est associé au nazisme, et notamment à Martin Heidegger et Carl Schmitt dont il fut proche. Ces trois-là illustreraient le « fond obscur de ­l’esprit allemand, dans sa grandeur, mais aussi dans sa dangerosité » (Habermas).

Si les deux intellectuels cités furent des militants encartés, ce ­n’est pas le cas de Jünger. Certes, rappelle ­l’auteur, Jünger a fréquenté les milieux nationalistes de la « Révolution ­conservatrice », des gens parfois peu recommandables qui, pour certains, joueront un rôle important dans le futur État nazi. Certes, il a pu écrire des lignes regrettables, tenir des propos ambigus. Certes encore servit-il, presque ­jusqu’à la défaite, dans les troupes ­d’occupation allemande, en France, sous ­l’uniforme de la Werhmacht. « Mais est-ce suffisant pour le clouer au pilori des pensées maléfiques ? Jünger est à part. Il faut, nous semble-t-il, le prendre tel ­qu’en lui-même : un auteur inclassable, ­contradictoire et déroutant. » "

30/07/2016

Retour sur le parcours intellectuel d'Alain de Benoist...

Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Alain de Benoist au Cercle Kritik, dans lequel il revient sur son parcours intellectuel...

Le Cercle Kritik se décrit comme l'alliance d'un afficionado de Georg Lukàcs et d'un adepte de Friedrich Hayek "mettant de côté leurs divergences sur des questions périphériques pour focaliser leurs attaques et leurs critiques sur un point central : la social-démocratie et la domination de la rente parasitaire; éteindre la démesure des abstractions financières, et redonner sa primauté à la sphère de la production réelle".

 

17/06/2016

Bienséance à la mode : solution ou problème ?...

Nous reproduisons ci-dessous une tribune de Xavier Raufer, cuellie sur le site du nouvel Économiste et consacrée aux effets paradoxaux du "politiquement correct"...

 

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Bienséance à la mode : solution ou problème ?

La criminologie éclairée exige une large base : le crime n’est-il pas l’un des phénomènes sociaux les plus complexes et intraitables ? Voilà pourquoi elle doit s’intéresser à ce qui jouxte, provoque ou explique le crime, et aux réactions sur celui-ci des idéologies, modes, etc.

Or qui regarde lucidement le crime évoluer dans la société de l’information, constate vite d’étranges, massives et analogues aberrations. C’est cela que nous montrons ici, pour diverses causes célèbres de la bienséance médiatique : racisme, féminisme, “fascisme”, obésité. Notons que tout cela touche au crime et/ou au pénal : il est donc légitime qu’un criminologue s’y intéresse et signale là-dessus ses étonnements.

Racisme : Sur les assassinats d’hommes noirs aux États-Unis, éruption des médias bienséants (d’autant, sans doute, qu’ils sont à la botte de plutôt glauques milliardaires, moralisante compensation genre Tartuffe).

Voyons les faits. Dans la population américaine, les 6 % d’hommes noirs fournissent 40 % des victimes d’homicides. En 2015, 36 Noirs américains désarmés ont été abattus par des policiers. Deux tiers de ces cas relèvent d’une possible (et criminelle) pulsion raciste. Sur les assassinats d’hommes noirs, les dernières données datent de 2014 : il y en a eu 2 451. Dont 2 205 (90 %) commis par d’autres hommes noirs (90 % du total).

Homicides racistes : 1 % (24 sur 2 401) ; guerre de gangs : 90 %. Aujourd’hui encore, (sondage Pew, août 2015), 73 % des Noirs américains considèrent le racisme comme un “grave problème” - alors que clairement, côté crime, leur drame majeur est communautaire. Comment réduire un phénomène aussi tragique, en censurant 90 % de ce qui le génère ?

Féminisme : depuis un quart de siècle, le féminisme enflamme l’Amérique. Parité ! Égalité ! Fin du sexisme et des discriminations. Or si la cause des femmes progresse, si de grands progrès sont accomplis, pourquoi les suicides féminins explosent-ils aux États-Unis ? D’abord chez les toutes jeunes filles, les mieux à même, à l’aube de leur vie, de jouir de ces progrès (+ 200% de suicides de 1999 à 2014 ; chez les garçons d’âge comparable, + 37%). Idem chez les femmes de 45 à 64 ans : + 63% de suicides, de 1999 à 2014.

Obésité (tant provoquée par la malbouffe que la justice y soupçonne une sorte d’empoisonnement de masse). Depuis 1965, l’hygiénisme américain exige, sur tout paquet et emballage, l’inscription de Nutrition Facts avertissant le public des dangers des aliments ; inscriptions obligatoires depuis 1990 et le Nutrition Labeling and Education Act. Or selon le Center for Disease Control, le nombre d’obèse triple quasiment de 1980 à 2014 (de 14 à 38 % de la population adulte)
Antifascisme : depuis la décennie 1980, en France, un bruyant courant antifasciste annonce le retour “des heures les plus sombres de notre histoire”. Fort bien - mais simultanément, l’objet de leur ire passe de 5 % à plus de 25 % des intentions de vote. Cependant, les “antifas” s’acharnent, en une obstination semblable à celle de la mouche contre la vitre.

Pourquoi ? Pour le criminologue, toutes ces démarches contre-productives s’expliquent par la philosophie. On crie au racisme (crime indéniable), mais les assassinats de Noirs ravagent tant et plus les États-Unis. On combat pour des femmes - qui se suicident plus. On promeut l’hygiénisme ET l’obésité explose. L’antifascisme virulent voit le “fascisme” progresser.

Le motif philosophique ce tout cela ? Lisons attentivement : “Ce qui agit de manière réactive pose d’abord ce à quoi il s’oppose et reste donc tributaire de ce qu’il s’imagine avoir révoqué”. Cette sage observation est de Martin Heidegger, philosophe que les “anti” feraient mieux de lire, au lieu de l’injurier.

Xavier Raufer (Le nouvel Économiste, 9 juin 2016)

12/05/2016

Heidegger et l'Herne...

Les éditions de l'Herne viennent de rééditer en grand format le Cahier de l'Herne dédié à Heidegger et publié initialement en 1983, sous la direction du philosophe Michel Haar.

 

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" Lire Heidegger, c’est relire autrement tout ce que nous lisons. Ce Cahier invite à mieux comprendre la pensée heideggérienne autours des thèmes principaux qu’il aborde.

Des essais, témoignages et lettres retracent l’impact de sa pensée dans la culture moderne.

Textes de : Walter Biemel, Hans-Georg Gadamer, Ernst Jünger, Roger Munier, Carl Friedrich von Weizsäcker, Herbert Marcuse, Jean-Luc Marion, John Sallis, David Farrel Krell, Jean-François Courtine, Jean Beauffret, Dominique Janicaud, Otto Pöggeler, Jean-Louis Chrétien, Jean-Pierre Charcosset, F. Wybrands, Jacques Taminiaux, Hubert L. Dreyfus, Marc Froment-Meurice, Jean-Michel Palmier, Reiner Schürmann, Jean-Marie Vaysse, Henri Birault, Jacques Derrida, Gérard Granel, Daniel Charles, Gabriel Liiceanu, Jean Greisch, René Gonner. "

16/01/2016

Martin Heidegger, entre catholiscisme, révolution et nazisme...

Les éditions Perrin viennent de publier Martin Heidegger - Catholicisme, révolution, nazisme, une biographie du philosophe de Todtnauberg signée par Guillaume Payen. L'auteur est docteur en histoire et chercheur associé au CNRS.

 

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" « Le national-socialisme est un principe barbare», écrit Martin Heidegger dans ses Cahiers noirs, ajoutant : « C'est ce qui lui est essentiel et sa possible grandeur. » Révolutionnaire radical, ayant vu et approuvé le caractère destructeur du nazisme, le recteur de Fribourg a réservé d'autres surprises dans ses journaux philosophiques, dans lesquels il évoque par exemple l'« auto-anéantissement du “juif"; ». Alors que le philosophe est devenu un objet d'incompréhension et d'horreur, nombre de spécialistes en appellent désormais à l'histoire. C'est cette réhistoricisation que l'auteur a entreprise dans ce livre. Refusant la polémique, l'adoration et la détestation, il s'emploie à comprendre l'homme et le penseur, de l'intérieur et en son temps, par le biais de toutes les sources disponibles : cours, lettres, textes de circonstance, de même que les Cahiers noirs qui suscitent tant d'émoi.
Excédant largement le IIIe Reich, le cheminement de Heidegger fut heurté : il commença par un catholicisme intransigeant, qui laissa la place, après la Première Guerre mondiale, à une volonté farouche de révolution philosophique, terreau dans lequel son nazisme vint jeter de profondes racines qui survécurent à l'effondrement du régime d'Adolf Hitler. De cette biographie se dégage un portrait fait d'ombres et de lumières : grand philosophe, maître, ami ou amant de juifs ou d'étrangers, Heidegger fut aussi un nationaliste antisémite, inquiet de l'« enjuivement » de son peuple et soucieux de son rôle historique prééminent. "

18/08/2015

La Nouvelle Droite et ses maîtres à penser...

Les éditions Liber viennent de publier Les maîtres à penser de la Nouvelle Droite, un recueil d'essais de Kurt Lenk, Günter Meuter et Henrique Ricardo Otten. L'ouvrage, publié en 1997 en Allemagne après l'émergence d'une nouvelle droite anti-occidentale, se référant à la "Révolution conservatrice", autour de l'hebdomadaire Junge Freiheit et de la revue Sezession, visait à présenter de façon critique les sources intellectuelles de cette mouvance.

 

" Depuis longtemps déjà, des intellectuels qui se revendiquent de droite se font l’avocat d’un courant d’idées que le national-socialisme aurait galvaudé et discrédité. Ce livre met en lumière et déconstruit les motifs centraux de la vision du monde que véhicule cette nouvelle droite. La décadence, l’héroïsme, le mythe, la domination, la violence et la mort sont autant d’exemples que l’on retrouve chez six de ses auteurs les plus importants : Georges Sorel, Oswald Spengler, Hans Freyer, Carl Schmitt, Martin Heidegger et Ernst Jünger. Le regain d’intérêt porté à cette tradition de pensée et l’assurance croissante avec laquelle s’affirment aujourd’hui les nouvelles droites rendent l’étude de leurs sources intellectuelles plus actuelle que jamais. "