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20/06/2018

Le retour en force des néoconservateurs américains…

Nous reproduisons ci-dessous entretien avec Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire, dans lequel il évoque la politique moyen-orientale de Donald Trump... Philosophe et essayiste, Alain de Benoist a récemment publié Le moment populiste (Pierre-Guillaume de Roux, 2017), Ce que penser veut dire (Rocher, 2017) et L'écriture runique et les origines de l'écriture (Yoran, 2017).

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Alain de Benoist : « Donald Trump, ou le retour en force des néoconservateurs américains… »

Le monde entier semble critiquer le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, oubliant qu’il s’agissait de l’une des promesses de campagne de Donald Trump. Emmanuel Macron, après avoir tenté de faire changer d’avis le président américain, s’est vu renvoyer dans les cordes. Quelles conséquences ?

La décision délirante de Donald Trump ne peut avoir que des effets désastreux, puisque à court terme, elle va renforcer en Iran la position des plus « durs », qui y voient déjà la confirmation qu’on ne peut jamais faire confiance aux Occidentaux, et qu’à moyen terme, elle peut tout simplement déclencher une nouvelle guerre. (Souvenons-nous qu’en 1941, le Japon avait été poussé à l’entrée en guerre à la suite de l’embargo maritime américain sur son pétrole et son acier.) Trump a, en revanche, été applaudi par Israël, pays qui possède plus de 200 têtes nucléaires braquées en permanence sur Téhéran et qui prétend lui interdire tout accès à l’arme nucléaire alors qu’il s’en est doté lui-même de manière illégale et n’a jamais autorisé le moindre contrôle international de ses propres installations.

Cette décision, qui confirme que la politique étrangère des États-Unis est à nouveau passée sous le contrôle des néoconservateurs, est aussi et peut-être surtout une véritable déclaration de guerre aux pays européens qui se voient intimer l’ordre de violer à leur tour un accord multinational qu’ils ont mis des années à négocier, et que l’Iran a jusqu’ici scrupuleusement respecté, sous peine d’exposer leurs entreprises à d’énormes sanctions. Les Américains montrent ainsi le mépris dans lequel ils tiennent leurs partenaires au sein de l’Alliance atlantique.

Du coup, c’est l’heure de vérité pour une Europe dont les entreprises ont déjà massivement investi là-bas : peut-elle et a-t-elle la volonté politique de tenir le coup face au diktat de la Maison-Blanche ? Tout cela profitera-t-il finalement à Pékin, qui est déjà le premier partenaire commercial de Téhéran ?

L’Union européenne a fait savoir qu’elle envisageait quelques timides mesures de rétorsion et qu’elle allait demander aux États-Unis de bien vouloir autoriser quelques « exemptions ». La vérité est qu’elle n’en fera rien ou que cela ne débouchera sur rien : PSA et Total se sont d’ailleurs déjà couchés, preuve que ces entreprises ne se font aucune illusion sur les dirigeants de l’Union européenne. La seule réponse efficace serait, pour les Européens, d’annoncer solennellement que, désormais, ils ne reconnaissent plus l’extra-territorialité des lois intérieures américaines. Mais personne n’osera le faire. L’affaire est donc pliée d’avance.

La Chine sera sans doute la première à profiter du retrait des entreprises européennes en Iran, ce qui ajoutera encore à sa spectaculaire montée en puissance. En parité de pouvoir d’achat, son PIB est d’ores et déjà supérieur à celui des USA, dont elle est aussi le premier créancier étranger (1.200 milliards, sur les 20.200 milliards de dettes fédérales). La Chine dispose à la fois de l’étendue, du nombre, de la puissance et d’une très active diaspora. Déjà en guerre économique et technologique avec les États-Unis, son alliance avec la Russie est plus solide qu’on ne le dit généralement. Son projet de nouvelle « route de la soie », dit projet OBOR (One Belt One Road), témoigne de sa volonté de se désenclaver de son environnement montagneux et de sa façade maritime limitée pour renouer avec sa tradition d’expansion commerciale vers l’Europe et l’Asie.

Avec Trump, nous assistons au renforcement de l’axe Washington-Riyad-Tel Aviv, à savoir trois capitales n’ayant lutté que de loin contre l’État islamique – quand elle ne le finançait pas, pour ce qui concerne la deuxième. C’est un fait nouveau ?

C’est surtout un éclaircissement des fronts. On a désormais, d’un côté, un axe Washington-Riyad-Tel Aviv (si le jeune prince saoudien n’est pas assassiné à court terme), de l’autre un axe Moscou-Damas-Téhéran. D’un côté les sunnites, de l’autre les chiites. Bien entendu, je simplifie. La Russie n’a pas l’intention d’affronter directement les Israéliens (avec plus d’un million d’individus, les Juifs d’origine russe constituent la première communauté juive en Israël), les intentions de la Turquie restent comme d’habitude labyrinthiques et, d’autre part, le maillon faible de l’axe n° 1 est de toute évidence l’Arabie saoudite. Mais géopolitiquement, cette confrontation a un sens. Dans de telles conditions, l’intérêt politique, stratégique et civilisationnel de la France et de l’Europe serait de toute évidence de se tourner vers l’Est, c’est-à-dire de rompre son allégeance aux États-Unis et de se solidariser de l’ensemble continental eurasiatique. Mais c’est, précisément, le moment que semble avoir choisi Emmanuel Macron pour multiplier les signes d’allégeance atlantiste – ce qui est dramatique.

Le 4 octobre 2016, un mois avant l’élection de Donald Trump, le général Mark Milley, alors chef d’état-major de l’armée américaine, affirmait : « Une guerre future de haute intensité entre des États-nations de grande puissance est pratiquement certaine. Elle sera très hautement mortelle. » Et pour qu’on comprenne bien, il ajoutait : « Ne vous y trompez pas, l’armée américaine détruira n’importe quel ennemi, n’importe où, n’importe quand. » Nous voilà prévenus.

Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 14 juin 2018)

07/06/2018

Le premier guerrier de l'histoire...

Antiquité, le magazine de l'antiquité européenne nous livre un superbe numéro hors-série consacré au hoplite à la période classique. Publiée par les éditions Heimdal, cette revue trimestrielle est dirigée par George Bernage et Damien Bouet.

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Au sommaire : La période classique, de la guerre du Péloponnèse à Alexandre le Grand

La guerre de Péloponnèse

L'hoplite au IVe siècle

Se préparer à la guerre dans le monde grec

Postérité de l'hoplite

L'hoplomachia : un art martial grec

 

 

04/06/2018

La promesse d'Hector...

Les éditions Les Belles Lettres viennent de publier un livre de Percy Kemp intitulé La promesse d'Hector. D'origine anglo-libanaise, spécialiste du renseignement économique, Percy Kemp est, notamment, l'auteur de plusieurs roman sur le thème de l'espionnage comme Le Système Boone (Albin Michel, 2002) ou Le Grand Jeu (Seuil, 2016).

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" « Quand ai-je perdu cette paix de l’âme et cette tranquillité de l’esprit que m’avait longtemps conférée la certitude que le nom d’Hector serait toujours chanté, et sa mort pleurée ? À quel moment me suis-je rendu compte que ce sur quoi j’avais construit mon être et bâti ma vie était l’écho de moins en moins audible et l’éclat de moins en moins visible d’un autre monde et d’un autre temps dans lesquels personne autour de moi ne se reconnaissait plus ? »
Hanté par la figure emblématique d’Hector, un soldat écrit à son fils et s’interroge sur notre manière de mener les guerres, quand drones et missiles balistiques se substituent aux hommes, quand le centre de gravité du monde bascule de l’Atlantique vers le Pacifique, quand la société numérique triomphante sacrifie la Vérité sur l’autel de la Convenance. "

16:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : percy kemp, guerre, hector, homère |  Facebook | Pin it! |

17/05/2018

Cahier de Damas...

Les éditions Léo Scheer viennent de publier les Cahiers de Damas de Richard Millet. Auteur de La confession négative (Gallimard, 2009) et de Tuer (Léo Scheer, 2015), Richard Millet a publié à l'automne dernier, aux éditions Léo Scheer, un roman intitulé La nouvelle Dolorès et, tout dernièrement, son Journal tenu entre l'année 1971 et l'année 1994.

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« Nous avons lu De la démocratie en Amérique et Masse et Puissance, Les Grands Cimetières sous la lune, Si c’est un homme, L’Archipel du goulag : nous ne saurions nous en laisser conter... Sur la guerre de Syrie, la presse occidentale, dans son ensemble, donne un point de vue unique, soumis à la vision politique des États-Unis et de leurs alliés. Je suis de ceux qui refusent ce conte... Rares sont ceux qui se sont rendus en Syrie, depuis 2011 ; rares, aussi, ceux qui connaissent vraiment le Proche-Orient. Quant aux écrivains, ils ne s’y intéressent pas... J’ai passé mon enfance dans cette région ; je suis retourné à Damas, à deux reprises, en 2015 et en 2017. Dans ces notes reprises sous forme de récit et de digressions, je dis ce que j’ai vu et entendu, et je le fais en écrivain, c’est-à-dire en homme libre. »

15/05/2018

A propos de la guerre juste...

Les éditions Apopsix viennent de publier un essai de Jean-François Chemain intitulé Bellum iustum - Aux origines de la conception occidentale de la guerre juste, avec une préface de l'historien Yann Le Bohec, grand spécialiste de l'histoire romaine. Agrégé et docteur en Histoire, Jean-François Chemain a décidé, après une longue carrière en entreprise d'enseigner en ZEP. Il a publié deux témoignages sur cette expérience, Kiffe la France (Via Romana, 2011) et Tarek, une chance pour la France ? (Via Romana, 2017).

 

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" Après sept décennies de paix intérieure et extérieure, le Vieux Continent renoue avec la peur de la guerre civile et étrangère, de la récession économique et de la régression sociale. Chacun craint une catastrophe, mais quelle forme prendra t-elle ? Peut-être toutes à la fois ? La « guerre froide » se ranime, les Anglais quittent le navire européen dont certains prévoient le prochain naufrage, le patron de la D.G.S.I. annonce l'imminence d'une guerre civile en France, les marchés financiers jouent aux montagnes russes ...

L'Empire Romain semble, en temps de désarroi, donner matière à réflexion, par la manière dont ce peuple conçu mentalement la guerre et sut vivre, année après année, avec elle. Car, s'il fut un peuple qui connut la guerre, ce fut bien les Romains, qui n'ont vécu, de la fondation du temple de Janus à la bataille d'Actium (soit pendant 6 siècles) que deux ans de paix.

Ce livre propose de tirer du passé des leçons qui pourraient nous aider à traverser des temps incertains. "

03/05/2018

A qui profitent les crises ?...

Vous pouvez découvrir ci-dessous Le samedi politique de TV Libertés, présenté par Élise Blaise, qui recevait Michel Drac, pour évoquer la rencontre Trump - Macron et les frappes aériennes sur la Syrie. Essayiste non-conformiste et éditeur, mais aussi observateur et analyste rigoureux et mesuré de la situation politique, qui a notamment publié Triangulation - Repères pour des temps incertains (Le Retour aux sources, 2015),  Michel Drac vient de publier un livre intitulé Voir Macron - 8 scénarios pour un quinquennat (Le Retour aux sources, 2017)...