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25/06/2018

Le Roi du monde...

Les éditions Gallimard viennent de rééditer un livre de René Guénon intitulé Le Roi du monde. Principal représentant de la pensée traditionnelle de la première moitié du XXe siècle, René Guénon est l'auteur, d'essais comme La crise du monde moderne (1927), Autorité spirituelle et pouvoir temporel (1929) ou encore Le règne de la quantité et le signe des temps (1945).

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" Ouvrage unique en son genre, Le Roi du Monde représente également une étude singulière au sein même de l'œuvre de René Guénon (1886-1951). Elle traite en effet de la constitution des «centres spirituels» régissant les religions historiques qui expriment l'ordre cosmique et «traditionnel» (au sens précis que l'auteur donne à ce terme) du monde. À travers les doctrines et symboles communs à toutes les traditions, René Guénon affirme l'existence d'une invisible autorité spirituelle qui culmine avec le «Roi du Monde» et ses deux assesseurs, sommet de la hiérarchie initiatique universelle et médiateurs de la révélation originelle unique qui prend le nom de «tradition primordiale». Loin de toute fantaisie, sur un thème difficile et qui bouscule nos habitudes intellectuelles, René Guénon nous livre ici, avec sa rigueur accoutumée, un exposé sans équivalent sur un ensemble de notions dont la compréhension engage de profonds enjeux traditionnels. Il est permis de penser, de surcroît, que les finalités ayant motivé la publication initiale du Roi du Monde n'ont rien perdu - tout au contraire - de leur pressante actualité. "

16:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tradition, réné guénon |  Facebook | Pin it! |

21/06/2018

Roger Nimier, le hussard pressé...

Les éditions Pierre-Guillaume de Roux viennent de publier Roger Nimier - Masculin, singulier, pluriel, une biographie signée par Alain Cresciucci. Professeur de littérature du XXe siècle à l'université de Rouen, Alain Cresciucci est, notamment, déjà l'auteur d'un essai consacré à ceux que leurs adversaires ont regroupés sous le nom de "Hussards", Les désenchantés (Fayard, 2011), et de biographies de Jacques Laurent et d'Antoine Blondin.

 

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" « Entre sa démobilisation (août 1945) et la publication des Épées, plus question de Sorbonne, tout en travaillant dans le commerce des timbres, il démarra, sa carrière, et dans tous les domaines où il s’illustra par la suite : le roman (il débuta par un refus), l’essai ― il commença Amour et Néant et esquissa les mini essais qui constituent Le Grand d’Espagne ―, le journalisme. À tout juste vingt ans, avec un ami, il s’intronisa directeur-rédacteur d’un journal, La condition humaine, un hebdomadaire de quatre pages, qui n’a connu que trois livraisons ― la référence à Malraux, alors ministre de l’Information, n’était pas innocente, comme le montre un article, assez courtisan, en son honneur. En cinq ans il gravit les échelons de la notoriété : édité chez Gallimard, contributeur aux deux revues concurrentes des Temps modernes, La Table Ronde de Mauriac et La Nouvelle Nouvelle revue française de Paulhan-Arland, sans oublier sa participation suivie aux premiers numéros du gaulliste Liberté de l’esprit de Claude Mauriac. A vingt-cinq ans, rédacteur en chef et chroniqueur dramatique, il mena vaillamment à la chute Opéra en bousculant les bonnes manières du milieu ― on connaît la célèbre manchette (qui n’était, paraît-il, pas de lui) : « Surprise à Marigny. Jean-Louis Barrault encore plus mauvais que d’habitude » ― ; puis chroniqueur à Carrefour, il démissionna parce qu’on lui avait refusé un article. Il devint directeur littéraire du Nouveau Femina au moment de son voeu de silence romanesque… Cinq romans (Les Épées, Perfide, Le hussard bleu, Les enfants tristes, Histoire d’un amour), deux essais (Le Grand d’Espagne, Amour & Néant) publiés à La Table Ronde et chez Gallimard, « Les Essais » ―où il voisine avec Sartre et Camus―, une pièce de théâtre (Les châtelains d’Espagne), qui n’a jamais été jouée, nombre d’articles étonnants de maturité : cinq ans pour publier l’essentiel de son oeuvre ! Ensuite, le journalisme, le cinéma et l’édition l’occupèrent, sans réel souci carriériste, simplement animé par le désir de servir la littérature, de confondre un monde qui avait oublié d’être civilisé et par le plaisir aristocratique de déplaire… et de plaire, car nul ne fut plus que lui séducteur.
Parcours singulier, effarant pour qui aspirerait au grade d’intellectuel en chef. (…) »


Alain Cresciucci n’a pas écrit une nouvelle biographie de Roger Nimier. Il s’efforce avant tout de percer le mystère de ses multiples talents et n’hésite pas à mettre sa légende à l’épreuve de son œuvre. Jugeant sur pièces en somme. Mieux encore : il comble une lacune éditoriale d’autant plus incompréhensible qu’elle entre en contradiction flagrante avec la notoriété du plus célèbres des hussards. "

20/06/2018

Les Guerriers de la plus grande Asie...

Les éditions Déterna viennent de rééditer un livre de Jean Mabire intitulé Les Guerriers de la plus grande Asie. Décédé en 2006, Jean Mabire est un des grands écrivains de l'aventure, qu'elle soit historique, mythologique ou politique.

 

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" Jean Mabire nous a quitté en 2006. Les guerriers de la plus grande Asie est un livre paru deux avant sa disparition et rassemble des biographies de figures historiques qui ont à des degrés divers participé au programme d’expansion du Japon en Asie qui avait pour ambition de libérer les peuples asiatiques de l’impérialisme occidental.

Les modes de coopération avec les pays asiatiques prit diverses formes allant de la mise en place et l’assistance à des régimes collaborateurs (c’est le cas du seigneur de guerre chinois, Tchang So-Lin) au soutien de partis nationalistes en vue de leur indépendance (l’Indien Subhas Chandra Bose).

Les Japonais qui soutinrent très tôt les mouvements sécessionnistes susceptibles d’affaiblir l’empire russe (puis bolchevique) sur l’Asie orientale apportèrent leur soutien aux Russes blancs, en particulier à Grigori Semenov, le supérieur hiérarchique du célèbre baron Ungern von Sternberg.

Quatre personnalités japonaises tiennent une place centrale dans cet ouvrage, parmi elles les deux héros de 1905 : le général Nogi Maresuke et l’amiral Tôgô Heihachirô qui ont remporté la victoire sur terre (Port Arthur) et sur mer (Tsushima) face à la Russie.

Cette victoire décisive est probablement l’acte de naissance du XXe siècle qui annonce l’entrée de l’Asie dans le concert des nations et l’avènement du communisme mondial. Et, deux grandes figures de la Guerre de l’Asie Pacifique : le général Yamashita Tomoyuki, vainqueur de l’armée britannique à Singapour (1942) et le général Ônishi Takijirô, qui créa le corps des pilotes suicides japonais (tokkôtai). "

19/06/2018

La forêt au cœur de l'imaginaire occidental...

Les éditions Flammarion viennent de rééditer dans leur collection de poche Champs un essai, désormais classique, de Robert Harrison intitulé Forêts - Promenade dans notre imaginaire. Professeur de littérature française et italienne, Robert Harrison enseigne à l'université de Stanford aux Etats-Unis.

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" L’Occident a défriché son espace au cœur des forêts, et fondé contre elles ses institutions dominantes – la religion, le droit, la famille, la cité. De part et d’autre de leur ténébreuse lisière, tenus à distance, deux espaces s’épient, se menacent, s’interrogent. Forêts, monde écarté, opaque, qui dépayse, enchante et terrifie.
Robert Harrison raconte ici l’histoire des forêts dans l’imaginaire occidental. Avec Vico pour compagnon de voyage, il nous mène de l’épopée de Gilgamesh à la poésie contemporaine de Zanzotto. Dans les forêts, nous rencontrons Artémis, Dionysos, Roland furieux, les fées des contes, Rousseau, John Clare, une petite clairière de Constable, les symboles de Baudelaire...
Les forêts tapissent les profondeurs de notre mémoire culturelle. Elles sont les frontières qui nous définissent : sans ces contrées où la civilisation projette ses fantasmes et ses peurs, nous n’habiterions pas notre monde de la même manière. "

18/06/2018

Qui était Georges Bernanos ?...

Les éditions Pardès viennent de publier dans leur collection Qui suis-je ? un Georges Bernanos, signé par Thomas Renaud. Journaliste et critique littéraire, Thomas Renaud collabore à plusieurse de titres de presse.

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Georges Bernanos (1888-1948): « Ceux que j'appelle ne seront évidemment pas nombreux. Ils ne changeront rien aux affaires de ce monde. Mais c'est pour eux, pour eux que je suis né. » (Les Grands Cimetières sous la lune.)

Toujours lu, Georges Bernanos n’est ni oublié ni proscrit ni censuré : sa seule pièce, Dialogues des Carmélites (posthume, 1949), est régulièrement représentée, dans la version de l’opéra de Francis Poulenc. Ses deux plus célèbres romans, Sous le soleil de Satan (1926) et le Journal d’un curé de campagne (1936), sont étudiés en classe. Ces trois œuvres ont été portées à l’écran. Il fut, sa vie durant, un homme de combat : dans les rangs des Camelots du roi, sur le front pendant la Grande Guerre, dans sa dénonciation des puissances d’argent (La Grande Peur des bien-pensants, 1931) comme dans les duels de plume contre les « imbéciles » qu’il traquait impitoyablement. Chrétien fervent dans la lignée de Péguy et de Bloy, il n’hésite pas à s’opposer à l’Église lors qu’elle condamne l’Action française ou lors qu’elle bénit les charniers franquistes (Les Grands Cimetières sous la lune, 1938). Homme de l’enracinement, il ne cessa d’errer, jusqu’à s’exiler à Majorque, au Brésil, puis en Tunisie. Ce « Qui suis-je ? » Georges Bernanos invite à une rencontre avec l’un des écrivains les plus marquants du XXe siècle, à l’œuvre diverse, complexe et paradoxale. Au soir de sa vie, Bernanos affirmait ne plus écrire pour ses contemporains, mais pour leurs arrière-petits-fils. Nous y sommes. Il faut tendre attentivement l’oreille à ce qu’il a à nous dire sur la puissance du Mal, le risque de la Liberté et le secours de la Grâce.

16/06/2018

En attendant la fin du monde...

« & il peut venir alors à la pensée que si l’on prenait en axiome, ou en loi divine, loi de l’univers, cet avis que Baudelaire laissa pour qui voudrait s’en instruire : victimes des inexorables lois morales, nous périrons par où nous avons cru vivre, il ne serait pas difficile d’obtenir la notification de par où précisément nous périrons, pour commencer et à défaut d’une date précise. »

Les éditions Fario viennent de publier un essai méditatif de Baudoin de Bodinat intitulé En attendant la fin du monde. Philosophe cultivant l'anonymat, Baudoin de Bodinat est l'auteur de  La vie sur terre (Encyclopédie des nuisances, 1996 et 1999) et de Au fond de la couche gazeuse (Fario, 2015), essais développant une pensée radicalement anti-moderne.

 

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" Il y a ce que l’on constate, ces pôles qui fondent et ces vents d’une violence inconnue, cette vie dont le nombre des espèces si rapidement s’amenuise, ces foules sans horizon et sans boussole, ces eaux qui montent, ces contaminations, ces embrasements inquiétants un peu partout. Il y a également ce qu’on peut lire, lorsque 15 000 scientifiques de toutes disciplines s’alarment et lancent ensemble un rappel de ce qu’il n’y en a plus pour longtemps à continuer à ce train, et que passé un certain seuil il sera trop tard. (Comme si le seuil n’était pas déjà loin derrière nous.)
Et puis tout continue comme si de rien n’était : l’existence confortable administrée et sous vidéosurveillance, l’abreuvement continu au flux des divertissements dispensés par les fermes de serveurs et à celui des idioties récréatives du réseau, l’épanouissement béat de la mondialisation heureuse, son indifférence à tout ce qui n’est pas son propre miroir, la conviction qu’elle entraîne de sa perfection, de son progrès inévitable, de ses roues bien huilées.
C’est cette inertie, ce déni de réalité, ce défaut majeur d’attention, cette indignité morale aussi, qu’examine ce livre, comme si l’humanité suivait un cours écrit ailleurs, ayant manqué le signal des quelques bifurcations qu’il lui aurait été loisible d’emprunter.

Non sans préserver les traces, photographiques ou pensives, de ce qui nous fut laissé en legs, parmi les ruelles à peu près désertes d’un vieux bourg de province où subsistent, entre les pavés disjoints, quelques unes de ces herbes que l’on dit folles - sans doute parce qu’elles n’avaient pas été prévues dans les calculs. "