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Décryptage - Page 115

  • Bonne année aux sots !...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Jean-Paul Baquiast, cueilli sur le site Europe solidaire et consacré aux révélations d'Edward Snowden sur la mise au point par la NSA d'un ordinateur quantique, véritable graal dans le domaine de la recherche en informatique...

    Jean-Paul Baquiast est l'animateur du site Europe solidaire, ainsi que du remarquable site d'actualité technoscientifique Automates intelligents

     

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    L'ordinateur quantique de la NSA

    Dès janvier 2004, nous présentions en détail (1) les promesses et les difficultés de réalisation d'un ordinateur quantique pleinement développé. Nous indiquions également que, pour assurer sa cohésion et sa croissance, l'Europe, qui en a les moyens, devait s'inscrire dans cette course au Saint Graal de la science et de la technique. Il n'est pas de difficultés qui ne se résolve quand on fait l'effort nécessaire. A preuve le succès du premier homme sur la Lune, inenvisageable sérieusement au début du 20e siècle. Cet article, bien que lu par plusieurs centaines de milliers de personnes, selon nos statistique, n'avait suscité en France aucune réaction. Sans doute parce que personne n'avait la culture politico-technologique pour en comprendre la portée - encore que cette culture, ne nous vantons pas, était , comme le montre notre exemple, à la portée de presque chacun.

    Aujourd'hui, dans la suite des révélations Snowden/NSA annoncée par le trio Snowden/Greenwald/ Poitras - dont certaines encore plus importantes seraient selon eux prêtes à être divulguées - on apprend que la NSA développe un tel ordinateur quantique. Or quand la NSA et derrière elle le système politico-industriel américain et celui dit de Sécurité Nationale, investissent des trillions de dollars dans un objectif, ils l'obtiennent. Preuve en est que la NSA, la CIA et autres agences de renseignement, associées aux entreprises américaines qui contrôlent le Net, disposent désormais dans leurs serveurs d'un univers de Big Data leur permettant de connaître et de cibler les activités de chacun d'entre nous. Il est vrai que cela ne leur suffisait pas. La découverte, par les gouvernements et les citoyens de ce nouveau « goulag électronique » a relancé les efforts de certains Etats et de certaines entreprises pour développer des investissements de cryptologie encore plus difficiles à « casser » que ceux aujourd'hui disponibles. (2)

    Il était bien évident que la NSA et le Système de Sécurité Nationale américain n'allait pas laisser faire. Nous savions dès 2007 que la Darpa et le ministère de la Défense finançaient des recherches dans le domaine de l'ordinateur quantique, en collaboration avec la firme D.Wave. (3) Clairement, ils n'allaient pas se limiter à réaliser des ordinateurs quantiques de seulement quelques q.bit. Les révélations NSA/Snowden, qui viennent d'être documentées par le Washington Post (4) puis par toute la presse (5), montrent que l'effort est d'une toute autre ampleur, et sans doute déjà en partie couronné de succès.

    Un tel outil, aux mains de la NSA, même s'il n'est pas encore complètement développé (il sera toujours perfectible) constitue déjà une menace pour le reste du monde, si du moins celui-ci veut échapper à l'emprise du Système de Sécurité Nationale américain. Non seulement il pourra ruiner tous les efforts mondiaux de cryptographie, mais il donnera à ce Système, associé au Système politico industriel, des moyens de calculs permettant d'augmenter encore leurs performances et leurs ambitions, tant dans la défense que dans les domaines spatiaux, scientifiques et technologiques. Inutile de dire que l'Europe, pour ce qui la concerne, n'aura d'autres choix que disparaitre en tant qu'entité propre, à moins d'accepter de devenir dans les domaines de faible importance stratégique un simple satellite de l'Amérique.

    Les arguments de l'incompétence

    Comme précédemment, les Européens et en tous cas les Français, gouvernement en tête, estimeront du haut de leur incompétence que le risque est très surestimé, voire illusoire. Un série d'arguments est déjà présentée en ce sens. Evoquons les principaux, en indiquant selon nous leur fausseté :

    L'ordinateur quantique ne sera pas réalisable avec des années. On cite à cet égard les éminents spécialistes que sont Seth Loyd (6) et David Deutch (7). Répondons que ceux-ci ne sont sans doute pas informés des investissements faits récemment dans ce domaine, à coups de milliards de dollars, par la NSA. Quant à notre expert national, le Prix Nobel de physique Serge Haroche, il n'a même pas voulu répondre à notre question sur ce thème.

    La NSA est en train d'être reprise en mains par Barack Obama. Il s'agit d'une illusion, comme le montrent les inquiétudes croissantes des milieux « libertariens » américains. Obama et le gouvernement fédéral ne feront rien en ce sens. Même si certaines restrictions de crédit ou d'influence étaient imposées à la NSA, elles n'atteindront en rien le coeur du système de Sécurité Nationale appuyé sur les ressources informatiques immenses accumulées. L'argument de la lutte contre le terrorisme, de toutes façons, découragera tout effort sérieux pour brider la NSA. Merci Allah.

    L'Amérique partagera. L'ordinateur quantique apportera très vite de tels bénéfices, non seulement en cryptologie, mais comme évoqué plus haut dans les domaines scientifiques et technologiques, que la course à la puissance quantique, comme précédemment la course à la Lune, deviendra un enjeu si grand que toutes les forces du pays y seront consacrées, sous la protection bienveillante de l'armée et de la police. De plus, comme dans le domaine de l'Espace, le système de pouvoir américain ne partagera avec personne, même avec les prétendus proches alliés, les succès obtenus. Quant à la Russie, la Chine et les autres BRICs, elles ne doivent se faire d'illusion. Le retard accumulé ne se rattrapera pas.

    Nous ne pouvons donc que souhaiter, en ce début janvier 2014, une bonne et heureuse années aux sots qui ne se rendent pas compte à quel point l'équilibre du monde est en train de changer, au bénéfice non pas de la prétendue Humanité, mais pour les seuls profits de l'étroite minorité qui contrôle cette Humanité, grâce à la puissance financière et scientifique accumulée. Les sots trouvent toujours moyen d'être heureux. Grand bien leur fasse.

     

    Jean-Paul Baquiast (Europe solidaire, 6 janvier 2013)

    Notes

    1) Automates Intelligents. Pour un grand programme européen, l'ordinateur quantique.

    2) Voir The Year in Crypto

    3) Voir sur le site Agoravox, qui n'a pourtant guère d'ambitions scientifiques, un article de février 2007.

    4) Voir Washington Post.

    5) Voir Le Figaro.

    6) Automates Intelligents. Seth Loys, Programing the Universe.

    7) Automates Intelligents David Deutch The Beginning on Infinity.

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  • La caste cannibale...

    Les éditions Albin Michel publient cette semaine La caste cannibale - Quand le capitalisme devient fou, la nouvelle enquête de Sophie Coignard et de Romain Guibert. Grand reporter au Point, Sophie Coignard est déjà l'auteur de plusieurs enquêtes décapantes comme La Nomenklatura française (1986) et L'omerta française (1999), ou, plus récemment,  Le pacte immoral (Albin Michel, 2011) et, avec Romain Guibert, L'oligarchie des incapables (Albin Michel, 2012).

     

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    • Comment l’école de Chicago, qui a réinventé le libéralisme a-t-elle transformé la gauche, de Mitterrand à Hollande ?
    • Par quel mécanisme pervers nos impôts financent-ils ce qu’il y a de plus toxique dans les salles de marché ?
    • Le grand patron de Renault, Carlos Ghosn, sait-il vraiment ce qui se passe dans son entreprise ?
    • Pourquoi le Forum de Davos censure-t-il un grand banquier ?
    • Dans quelles conditions trois hauts fonctionnaires français, tous de gauche, ont-ils accéléré la mondialisation financière ?
    • Que fait Nicolas Sarkozy avec le Washington Speakers Bureau ?
    • Que cachent parfois les décisions stratégiques de certains grands patrons ?

    Dans cette enquête qui mêle reportage et analyse, Sophie Coignard et Romain Gubert, grands reporters au Point et auteurs de L’Oligarchie des Incapables, nous racontent comment, de Londres à Washington en passant par Francfort, Bercy ou Chicago, l’alliance contre nature entre un État immoral et un capitalisme cupide a produit un système cannibale qui peut à tout moment se retourner contre chacun d’entre nous.

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  • Affaire Dieudonné : l'impuissance absolue du système....

    Vous pouvez découvrir ci-dessous, dans une vidéo de l'agence Info libre, les commentaires de Francis Cousin sur l'affaire Dieudonné. Docteur en philosophie, praticien du « logos radical », Francis Cousin est l'auteur de Critique de la société de l'indistinction (Editions Révolution sociale, 2007) et de L'être contre l'avoir - Pour une critique radicale et définitive du faux omniprésent (Le Retour aux Sources, 2012).

     

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  • L'ombre de Terra Nova...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous une chronique d'Éric Zemmour sur RTL, datée du 17 décembre 2013 et consacrée au rapport sur l'intégration publié sur le site internet de Matignon, et qui a provoqué de nombreuses réactions...

     


    Rapport de l'intégration : ni un couac, ni une... par rtl-fr

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  • La révolution européenne en Ukraine ?...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous une chronique d'Éric Zemmour sur RTL, datée du 10 décembre 2013 et consacrée à une analyse équilibrée de la situation en Ukraine...

     


    La révolution européenne en Ukraine par rtl-fr

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  • Le Point découvre un complot néocons...

    Nous reproduisons ci-dessous une analyse de François Bernard Huyghe, cueilli sur son site huyghe.fr et consacré au dossier du magazine Le Point de cette semaine. Quand Franz-Olivier Giesbert (FOG) et ses petits camarades se livrent à une subtile opération de brouillage idéologique...

     

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    Le Point découvre un complot néocons

    Curieuse stratégie sémantique du Point qui, cette semaine, dénonce sur sa couverture "Les néocons", gens dont on nous révèle qu'ils "détestent" l'Europe, le libéralisme et la mondialisation, qu'ils représentent "le triomphe de l'idéologie du repli" et qu'ils on des "réseaux à gauche et à droite". La photo de la même couverture montre un château de sable, dont la dérisoire fragilité, rassure ceux que le titre aurait affolés et qui songeraient déjà à émigrer avant qu'on n'ouvre des Guantanamo en France.
     
    Des noms ? Outre les inévitables et médiatisés Zemmour ou Polony, sont convoqués au tribunal Chevénement, Marine Le Pen, Montebourg,  Guaino, Debray, Buisson, Michéa, Dupont-Aignan, Cochet, c'est-à-dire des gens qui s'inscrivent sur un arc allant de l'extrême-droite à l'extrême-gauche de l'éventail politique mais à qui le journal prête une triple phobie commune (libéralisme, mondialisation, Bruxelles). Cela les mettrait dangereusement en contradiction avec le sens de l'histoire : leur vrai ancêtre, révèle le Point, est Maginot, constructeur de la ligne du même nom et que symbolisait le château de sable (passons sur le fait que le très modéré général Maginot, ministre de Millerand ou de Tardieu puisse difficilement être considéré comme un ultra-réac en rupture avec les valeurs de son époque). 
    Par ailleurs, si l'on prend le critère du "contre", pourquoi ne pas intégrer Abdelhakim Dekhar qui a attaqué BFM, Libération et la Société Générale - symboles incontestables de la même trilogie libéralisme, EU, mondialisation - dans la liste ? Ou Besancenot ? Ou les bonnets rouges ?

    Cela rappelle un peu l'affaire dite des "nouveaux réactionnaires", un pamphlet ("Le rappel à l'ordre") de D. Lindenberg publié il y a onze ans et qui, d’Alain Finkielkraut à Jacques Julliard, de Philippe Sollers à André Glucksmann, de Michel Houelbeck à Alain Minc, de Luc Ferry à Pascal Bruckner, d'Alain Badiou à P. A. Taguieff, dressait la liste des auteurs coupables du même crime contre l'esprit. Crime dont l'auteur semblait penser qu'il consisterait à trahir leur mission d'intellectuels en prenant fait et cause contre le voile islamique, en s'inquiétant des émeutes de banlieue ou en réclamant de la discipline à l'école. 

    Bien entendu, les critères de Lindenberg (ne dénonçant que des intellectuels et s'appuyant sur des critères plus "sociétaux" pour définir le crime) ne sont pas ceux du Point, plus droitiers. Les premiers conspirateurs (ceux du "rappel à l'Ordre") sont plutôt des anti bobos se réclamant de la République, les seconds, ceux du Point, sont décrits comme des nuls en économie, frileusement repliés sur la Nation. L'hebdomadaire se place surtout du point de vue d'un supposé réalisme économique, même s''il doit concéder qu'il se trouve aussi des économistes sérieux pour contester les bienfaits de l'euro et du lasser-passer. 
    Le Point a parfaitement le droit de chanter les bienfaits du libre-échange, de la commission européenne et de la mondialisation heureuse. Et de considérer tous ceux qui pensent autrement comment destinés aux poubelles de l'histoire (mais en ce cas, pourquoi nous peindre leurs rapprochements supposés comme redoutables ?). On peut moins apprécier  la technique du "Machin à rencontré Truc qui a voté Chose qui, comme lui, est hostile à l'Otan..". Passons... Si l'hebdomadaire s'était borné à s'en prendre aux souverainistes ou au eurosceptiques, et à leur prêter des niaiseries et des connivences, en titrant "tous nuls en économie", il n'y aurait rien à redire, nous resterions dans le cadre du débat, primaire, mais du débat.

    Notre embarras vient l'emploi du terme "néocons" qui a une connotation historique précise : la guerre d'Irak . À l'époque, tout le monde (y compris l'auteur de ses lignes) écrivait sur ces idéologues qui avaient poussé G.W. Bush à  renverser le régime de Bagdad (en attendant, espéraient-ils de s'en prendre à la Syrie, à l'Iran). Passons sur le fait que probablement 100% de ceux qu'épingle le Point aient été opposés à cette guerre.
    Le problème est que les néocons américains sont des partisans affirmés de la mondialisation et du libre-échange planétaire. Quant à l'U.E. c'est une institution dont ils ne cessent de faire l'éloge, le seul reproche qu'ils aient fait  à lui faire  étant que certains États européens (qui n'ont pas suivi en Irak)  profitent  de la protection militaire américaine mais refusent de s'engager dans des conflits qui intéresse le camp des démocraties.
    L’essentiel du discours néo-conservateur est un  mélange de scepticisme et d’idéalisme.  Scepticisme à l'égard du multilatéralisme des concessions, des solutions diplomatiques. Les néocons sont  persuadés de l’excellence des principes de liberté incarnés par l’Amérique et, en ce sens, ils ont bien davantage le culte des droits de l’homme que d’autres situées plus à leur gauche. Surtout, ce sont des wilsoniens musclés : ils pensent qu’ils ont le devoir de faire un usage moral du pouvoir militaire pour combattre ce qu'ils appellent les quatre fascismes : nationaliste, nazi, (brun), communiste (rouge) et islamiste (vert). Quand des néocons emploient des formules aussi niaise que «An end to Evil» (il faut mettre fin au mal, titre d’un best-seller de Richard Perle), ils sont moins utopistes qu’optimistes. 

    Ils croient que les dictatures ne demandent qu’à s’effondrer et les peuples qu’à adopter la démocratie, une fois débarrassés de leurs tyrans. Ils croient que l’adversaire n’est jamais fort que de votre propre faiblesse. Ils croient que l’Histoire leur a donné raison sous Reagan et sous G.W. Bush. Ils croient que l’audace paie toujours et le compromis jamais. Ils croient que leur modèle étant le meilleur tout homme doté de raison et à qui on donne la liberté de l’information et du choix, finira par l’adopter avec reconnaissance.Ils croient qu'il faut affirmer toujours des valeurs universelles démocratiques et lutter contre tous les relativismes.
     Ajoutons que les néoconservateurs ont dit du bien de Sarkozy au moment de la Libye, de Hollande au moment du Mali et de Fabius au moment de la négociation avec l'Iran. Tandis que, pour la presse néoconservatrice Chevénement est un paléo-stalinien et Marine Le Pen, une dangereuse chauvine populiste.

    À ce compte, en jouant sur le sens du mot "liberal" outre-Atlantique, où il est à peu près équivalent de "gauchiste" ou de "soixante-huitard" chez nous, pourquoi ne pas titre "les néo-libéraux attaquent",  pour présenter  un numéro sur Christine Taubira, Nicolas Demoran et Cécile Duflot ?

    François-Bernard Huyghe (huyghe.fr, 29 novembre 2013)

     

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