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multiculturalisme

  • Étrangers dans leur propre pays...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue du journaliste irlandais Robert Bridge, cueilli sur De Defensa et consacré aux conséquence destructrice pour nos société de la conjonction d'une immigration de masse et d'une réduction de la pensée au politiquement correct.

     

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    Étrangers dans leur propre et étrange pays

    Chaque jour qui passe, les Occidentaux sont confrontés à de nouvelles preuves que leur monde est un monde de discorde et de déconnexion constantes. Des concepts étranges ont envahi leurs terres comme des mauvaises herbes envahissantes, menaçant de rendre leur mode de vie superflu dans le meilleur des cas, de le détruire dans le pire des cas. Les enseignements philosophiques de penseurs européens disparus depuis longtemps sont peut-être leur dernier espoir.

    A la recherche d'un peu de lecture pour passer un week-end torrentiel, je suis tombé par hasard sur un livre de mon humble collection intitulé “Conversations avec Isaiah Berlin”. Depuis que, comme d’autres, je réfléchis au sort de la civilisation occidentale qui traverse une période tumultueuse de bouleversements sociaux et politiques, quelques mots d’une page que j'avais ouverte au hasard m’ont presque fait tomber de mon fauteuil.

    « La solitude ne veut pas dire que vous vivez loin des autres. Cela veut dire que les gens ne comprennent pas ce que vous dites. »

    Eureka ! Le dilemme du multiculturalisme forcé était ainsi résumé en deux phrases.

    Berlin citait un ami, originaire des Balkans, qui s'était réfugié au Royaume-Uni une quarantaine d'années auparavant. Bien que l’émigré parlât un anglais parfait, c’était insuffisant pour l’assimiler pleinement à sa nouvelle culture. Il y avait tout simplement trop d’autres facteurs de séparation qui l’empêchaient d'être compris au niveau le plus fondamental par ses hôtes gracieux. Ce n’était pas sa faute, ni celle de ses hôtes ; c’était “comme ça”.

    La citation décrit succinctement le dilemme auquel est confronté l'homme occidental, car on s'attend à ce qu'il absorbe, – sans qu’il ait son mot à dire dans cette affaire, – des millions de personnes venant de pays lointains aux origines très distinctes et différentes. Bien qu'il soit devenu politiquement très incorrect de soulever la question, des personnes ayant des religions, des cultures, des manières et des langues radicalement différentes peuvent-elles trouver un véritable sentiment d’“appartenance” parmi ceux qui pourraient être considérés comme des “étrangers de sang” ?

    La conversation dans le livre évolua vers le philosophe allemand Johann Gottfried Herder (1704-1803), qui aurait anticipé d’autres pensées, dont celles de Fichte, de Hegel, de Otto von Bismarck, et bien d'autres. Alors, qu'est-ce qu’un homme qui a vécu il y a plus de 200 ans pourrait enseigner aux hommes modernes en ces temps turbulents ? Beaucoup de choses, semble-t-il.

    Herder a été l'un des premiers penseurs à reconnaître que l'appartenance à une communauté ou à une tribu est un besoin humain fondamental, tout aussi vital que l’alimentation, la boisson et le logement. Et il s’avère que l’appartenance à part entière à la tribu a ses devoirs et ses privilèges.

    Comme l'explique Berlin, « Pour [Herder] “appartenir” signifie que les gens comprennent ce que vous dites sans que vous ayez à vous lancer dans des explications, que vos gestes, vos paroles, tout ce qui entre dans la communication est saisi sans médiation nécessaire par les membres de votre société. »

    Ayant vécu à Moscou pendant de nombreuses années, j'ai rapidement reconnu ce “don” chez le peuple russe. La société est tellement homogénéisée par de nombreux facteurs, dont la littérature, l'histoire, les coutumes et les traditions, que de parfaits étrangers dans cette société sont capables d'engager librement la conversation entre eux comme s'ils étaient amis d’enfance. Et d'une certaine façon, ils le sont. Le dialogue est rempli de références à la littérature nationale, à l'histoire et à quelques anecdotes salées qui ne nécessitent aucune explication (ou excuses). En même temps, les expressions, les maniérismes et les habitudes idiomatiques font partie intégrante de l’“expérience russe”. On n’a jamais entendu parler en Russie de l’effet paralysant du politiquement correct ; les Russes se moquent d'eux-mêmes, – et des autres, – sans le moindre préjugé. Ce degré élevé de compréhension et de cohésion entre des personnes d'origine similaire, – qu'elles soient citoyennes de Russie, de Chine, d'Israël ou du Mexique, – permet le bon fonctionnement d'une société où la communication entre les personnes se fait naturellement et facilement.

    S'il était vivant aujourd'hui, Herder aurait certainement des jugements sévères pour des pays comme le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Suède et la France sur leur philosophie de “société ouverte”, popularisée d'abord par Karl Popper et mise en œuvre par le financier George Soros. Sa critique n’aurait rien à voir avec le nationalisme ou quelque sorte de xénophobie (en fait, Herder condamnait les nationalistes de toutes couleurs) mais parce que cette conception de “société ouverte”  détruit l’“électricité collective” essentielle à la survie d'une nation. Berlin a utilisé l'exemple d'un natif d'un Portugais essayant de vivre comme un Allemand.

    « La façon dont les Portugais mangent, boivent, marchent, parlent... et leurs lois, leur religion, leur langue, tout ce que nous identifions comme “typiquement portugais”, se réfèrent à un certain modèle, une “Portugaisuité” qui ne correspond pas au comportement allemand correspondant. Il se peut que la conception portugaise du droit ou de l'histoire et la conception allemande de ces choses se ressemblent, mais elles appartiennent à des modes de vie fondamentalement différents. »

    Essayez d'imaginer Berlin et Herder exprimer des pensées similaires en ces jours de conformisme politique devenu fou. Pourtant, ce qu'ils disent n’a rien de plus radical que le bon sens le plus élémentaire, facilement retrouvé par tous ceux qui ont fait le tour du continent, peu importe le nombre de voyages effectués. Si les Européens vivant à quelques centaines de kilomètres les uns des autres ont du mal à respecter les coutumes et les traditions, sans parler de la langue, de leurs voisins les plus proches, comment pouvons-nous raisonnablement nous attendre à un afflux massif de migrants (illégaux) d'Amérique du Sud et du Moyen-Orient aux États-Unis et dans l’UE sans problèmes sérieux ? La réponse est simplement que nous ne le pouvons pas. Le tourisme est une chose, l'immigration clandestine massive en est une autre.

    Il faut souligner que ce dont Herder et Berlin discutaient n'était pas du “racisme” au sens de la xénophobie, qui n'existe vraiment qu’à l'intérieur des esprits les plus arriérés et les plus primitifs. En fait, dans la majorité des centres cosmopolites (où le multiculturalisme est un phénomène naturel, non forcé et en constante évolution), c’est un phénomène marginal. A Moscou, par exemple, des dizaines de milliers d’étrangers visitent la capitale russe chaque jour sans incident. Pendant la Coupe du Monde de la FIFA 2018, des millions de supporteurs du monde entier ont pris d'assaut la Russie, qui a organisé avec succès 64 matches dans onze villes russes.

    Peu d'étrangers ont vraiment peur les uns des autres, sauf en temps de guerre ; la plupart des gens sont ouverts d’esprit et saisissent avec empressement l’occasion de rencontrer des gens de cultures éloignées et diverses. Ce dont les gens ont vraiment peur, cependant, c'est d'être contraints d'accepter, – littéralement du jour au lendemain et sans aucun choix démocratique en la matière, – une invasion d'illégaux qui ne partagent aucune de leurs propres valeurs, coutumes et traditions. Il n'est pas xénophobe de l'admettre, même si ceux qui ont leurs propres arrière-pensées pour faire avancer un programme aussi désastreux crieront au racisme dans tous les médias.

    Ce que les philosophes d’antan comprenaient, c’est que les cultures autochtones se flétriront rapidement et succomberont lorsque les gens deviendront des étrangers les uns pour les autres. Dans une grande partie du monde occidental, on considère aujourd'hui que le fait même de reconnaître les différences entre les personnes, et même entre les sexes, équivaut au racisme. Pour survivre à ce tumulte de la folie actuelle, les peuples du monde occidental doivent consulter leurs philosophes d’antan, – Johann Gottfried Herder pour commencer, – qui n'étaient ni racistes ni nationalistes, mais simplement ouverts d'esprit quant à ce que signifie une véritable communauté et ce qu’elle peut contenir et supporter.

    Robert Bridge (De Defensa, 29 juillet 2019)

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  • Macron à mi-parcours...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Eric Werner, cueilli sur le site d'Antipresse et consacré à un bilan de la présidence d'Emmanuel Macron à mi-mandat.

    Penseur important et trop peu connu, Eric Werner est l'auteur de plusieurs essais marquants comme L'avant-guerre civile (L'Age d'Homme, 1998 puis Xénia, 2015), L'après-démocratie (L'Age d'Homme, 2001), Douze voyants (Xénia, 2010), De l'extermination (Xénia, 2013), Le temps d'Antigone (Xénia, 2015) ou Un air de guerre (Xénia, 2017), et de recueils de courtes chroniques comme Ne vous approchez pas des fenêtres (Xénia, 2008) et Le début de la fin et autres causeries crépusculaires (Xénia, 2012). Il vient de publier dernièrement Légitimité de l'autodéfense (Xénia, 2019).

     

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    Macron à mi-parcours

    Plus de deux ans se sont maintenant écoulés depuis l’élection d’Emmanuel Macron. C’était en mai 2017. En novembre prochain, le président actuel aura donc effectué la moitié de son mandat. Le clair-obscur s’est aujourd’hui assez largement dissipé. Et donc il est temps de dresser un premier bilan.

    On dira d’abord que Macron sait ce qu’il fait et où il va. Il a un agenda et n’en dévie pas. C’est du moins l’impression qu’il donne. Il est là pour exécuter un certain nombre de tâches, il les exécute donc. Tout ne se passe peut-être pas aussi rapidement qu’il le souhaiterait, mais il maintient le cap. Il va toujours jusqu’au bout de ce qu’il a entrepris. C’est certainement en soi une qualité. Sauf qu’il n’a peut-être pas le choix.

    Concrètement, Macron est un néolibéral assumé. Tout ce qu’il peut privatiser, il le privatise. Dernièrement encore certains aéroports. Mais on ne peut pas tout privatiser. Il recourt alors à la sous-traitance. Macron est un grand spécialiste de ces choses. La perception de l’impôt est aujourd’hui sous-traitée aux entreprises. La censure également, vous l’aurez remarqué: avec la loi Avia, qui investit les plateformes numériques de compétences importantes en ce domaine. L’État les sanctionne si elles font mal leur travail, mais ce n’est plus lui-même, l’État, qui le fait, ce travail. Il réduit ainsi ses coûts de fonctionnement. La perception de l’impôt coûte en revanche très cher aux entreprises. Mais l’État s’en moque bien. Ce sont les méthodes néolibérales. Le néolibéralisme est là avant tout pour faire des économies. Que fait-on avec l’argent ainsi économisé? C’est un autre problème.

    Ouvrons grand les portes…

    Macron n’a évidemment jamais dit qu’il était au service de la mondialisation marchande (il préfère se réclamer de l’écologie, qui en est l’antithèse exacte), mais on ne prend pas non plus trop de risques en le qualifiant de libre-échangiste. Le libre-échange, rien que le libre-échange, tout le libre-échange. En ce sens, l’arraisonnement à l’Europe n’est qu’une première étape. Mais importante. On a vu que Macron avait adopté la méthodologie allemande en la matière. Le récent traité franco-allemand d’Aix-la-Chapelle et la transformation concomitante des deux départements alsaciens en «région européenne d’Alsace» en sont une illustration. Les Allemands ont toujours pensé l’Europe comme «Europe fédérale des régions». C’est ainsi qu’ils la pensent, car ils y trouvent leur intérêt. Reste à se demander si la France y trouve elle aussi son intérêt. On laissera également ce point de côté.

    L’ouverture à l’Europe, c’est bien, mais l’ouverture au monde extra-européen, c’est mieux encore. Les accords commerciaux sont du ressort de Bruxelles, mais les parlements nationaux ont la possibilité de les refuser s’ils ne leur conviennent pas. Or, il y a quinze jours, le gouvernement français a adopté le projet de loi de ratification du Ceta, le traité de libre-échange avec le Canada, qui ouvre le marché européen à «l’élevage intensif bourré aux antibiotiques, maltraitant les animaux», selon les mots du député européen Yannick Jadot (Le Figaro, 4.7.19). On pourrait aussi parler du futur traité avec le Mercosur, que certains dénoncent déjà comme une menace majeure pour la simple survie de l’agriculture française. En revanche il devrait profiter à l’industrie automobile. Macron n’a pas initié cette dynamique, rien ne nous dit non plus qu’il serait en mesure, s’il le voulait, de s’y opposer. Pour autant le grief qu’on lui fait volontiers de chercher à accélérer encore les choses n’est pas, reconnaissons-le, complètement infondé.

    Macron est libre-échangiste mais aussi multiculturaliste. On se souvient qu’en décembre dernier, en pleine crise des Gilets jaunes, il avait signé le pacte de Marrakech sur les migrations, pacte qui fait désormais de l’immigration un droit opposable. Plusieurs gouvernements européens ont refusé de signer ce texte. Cela n’aurait pas de sens de dire que Macron veut transformer la France en société multiculturelle: elle l’est déjà. Mais elle pourrait l’être davantage encore. C’est ce que pense sans doute Emmanuel Macron. On entend souvent dire que le multiculturalisme ne fonctionne pas. Mais le but de ceux qui poussent à la roue en ce domaine n’est pas nécessairement qu’il fonctionne. C’est peut-être juste l’inverse. On peut ne pas aimer le chaos. Mais le chaos peut aussi s’apprécier positivement. On joue à qui perd gagne. Diviser pour régner, s’appuyer sur les minorités pour faire pièce à la majorité rétive ou rebelle, tirer prétexte de l’insécurité ainsi créée pour justifier toujours plus de lois dans toujours plus de domaines, il faut reconnaître que l’État français, en la matière, a acquis un certain savoir-faire. Là encore, rien de neuf. Macron ne fait que mettre ses pas dans ceux de ses prédécesseurs.

    …Et faisons-les taire!

    J’ai parlé autrefois de ces choses — dans L’Avant-guerre civile —, je ne vais pas ici les répéter. Ce sur quoi, aujourd’hui, il faudrait peut-être insister, c’est sur le fait que les dirigeants contrôlent assez bien la situation. Je dis aujourd’hui. Il n’en sera peut-être pas toujours de même à l’avenir. Mais les néolibéraux vivent au jour le jour. Mangeons et buvons, etc. Au pire, ils feront appel à l’armée. L’armée française n’est pas exactement une armée de guerre civile, mais elle pourrait très bien, le cas échéant, le devenir. Aujourd’hui déjà, on le sait, elle est partie prenante à toutes sortes de guerres civiles à travers le monde: en Afrique, au Moyen-Orient, dans les Balkans, etc. L’actuel chef d’état-major des armées (CEMA) a lui-même participé, il y a une vingtaine d’années, à un épisode de guerre civile, très exactement en 1995 à Sarajevo. Cela a été rappelé lors de sa nomination, en juillet 2017, au poste qu’il occupe actuellement. Faisant allusion à cet épisode, Macron l’a en effet décrit comme un «héros reconnu comme tel dans l’armée».

    Car, contrairement à ce qu’on croit parfois, le néolibéralisme n’est pas, purement et simplement, le laisser-faire, laisser passer. Ce n’est pas en vain qu’une des premières décisions de Macron, après son entrée en fonction, a été la pérennisation de l’état d’urgence instauré en 2015 par son prédécesseur. On peut en effet parler de pérennisation, puisque les principales dispositions de l’état d’urgence sont passées dans la loi ordinaire. C’est un moment important dans l’histoire récente de la France. Impossible, par exemple, de comprendre ce qui s’est passé l’hiver dernier à l’occasion des manifestations des Gilets jaunes sans prendre en compte le fait que les dirigeants peuvent aujourd’hui se revendiquer de la loi ordinaire pour justifier n’importe quelle action ou presque en matière répressive et de maintien de l’ordre: y compris certaines actions qu’on aurait autrefois considérées comme illégales ou contraires à l’État de droit: les arrestations préventives, par exemple.

    Les violences policières de cet hiver sont également à interpréter dans cette perspective. Les auteurs de telles violences et leurs donneurs d’ordre sont aujourd’hui très à l’aise pour envoyer promener toute personne assez mal avisée pour leur adresser la moindre critique ou remontrance. Ils n’en ont rien à faire, et le disent. Ce n’est même pas qu’ils s’estiment au-dessus des lois. Car ils ont la loi pour eux: celle qu’ils ont eux-mêmes concoctée. Étrange situation, à certains égards inédite, où c’est le droit lui-même qui dit qu’on n’est plus dans l’État de droit. Mais je ne sais pas pourquoi je dis inédite. Les totalitarismes du XXe siècle en fournissent toutes sortes de précédents.

    Macron s’était défini lui-même pendant la campagne présidentielle de 2017 comme «chef de guerre». Chef de guerre, peut-être, mais en guerre contre qui? Contre son propre peuple? Ce ne sont pas des choses qui se disent.

    Eric Werner (Antipresse, 21 juillet 2019)

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  • L’héroïsme de pacotille des nouvelles égéries progressistes...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Anne-Sophie Chazaud, cueilli sur Figaro Vox et consacré aux égéries du progressisme, vendues et sur-vendues par les médias du système... Philosophe et haut fonctionnaire, Anne-Sophie Chazaud est l'auteur d’un livre à paraître aux éditions du Toucan consacré à la liberté d’expression.

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    L’héroïsme de pacotille des nouvelles égéries progressistes

    Elles s’appellent Greta Thunberg, Carola Rackete, Megan Rapinoe… Elles circulent avec aisance à travers les airs, les routes et les océans dans un monde qui, d’une certaine manière, leur appartient, afin d’y répandre la bonne parole. Elles font la une des médias, sont portées au firmament par les faiseurs d’opinion «progressistes» (autoproclamés tels), figures de proue de quelqu’improbable armada de la post-modernité bien-pensante. Elles jouent au foot, empochent de prestigieux trophées, pilotent des navires, bravent supposément les interdits, défient les puissants de la planète (surtout occidentale, c’est moins risqué) en décelant paraît-il le CO2 à l’œil nu, alertant sans relâche sur les dangers du réchauffement climatique, du sexisme, de l’homophobie, du racisme atavique de l’homme blanc ou de quelqu’autre grande cause à la mode…

    Ces figures portent des combats, des convictions, qui sont celles du camp du Bien à l’ère politiquement correcte et c’est leur droit le plus absolu: abolition des frontières, écologie, néo-féminisme, luttes pour les minorités, multiculturalisme, rien ne manque et toutes les panoplies du combat sociétal sont représentées comme à la parade.

    Pourtant, si ces égéries sont, pour la plupart, dotées de compétences et de personnalités particulières, ce qui les a conduites là où elles sont, les modalités de leurs interventions et leurs prises de position semblent, sous couvert d’impertinence, bien conventionnelles et bien peu audacieuses au regard de la morale ambiante et dominante dont elles ne font que répandre docilement les poncifs.

    Dans un discours halluciné prononcé lors du retour victorieux de l’équipe américaine de football dont elle est la capitaine, à New York ce 10 juillet, Megane Rapinoe a probablement, en plus de son trophée sportif, remporté également celui de la célébrité progressivo-compatible ratissant le plus large, afin de ne laisser échapper aucune miette de cet indigeste gâteau revendicatif. Celle qui s’était distinguée en déclarant avec subtilité qu’elle ne se rendrait pas à «la putain de Maison Blanche» dans un grand moment d’élégance (qui n’a pas été du goût de nombreux Américains) ou qui refuse ostensiblement de chanter l’hymne national, n’est jamais en reste pour adopter les postures les plus donneuses de leçons possibles: invitant tel un télévangéliste chacun à «être meilleur» (au football?), la joueuse de Seattle, solidement campée sur ses petits crampons, n’hésite pas à prendre à tous propos son bâton de pèlerin pour défendre tout à trac les homosexuels (dont on ignorait qu’ils étaient encore institutionnellement persécutés aux États-Unis), les différentes communautés qui sont autant de gruyères dans lesquels faire des trous d’un marché lucratif, pour fustiger les bases naturellement perverses et pourries de son pays, et autres combats ou nobles causes se découvrant à marée basse.

    On peut toutefois s’interroger sur le niveau réel de bravoure que cela requiert pour quelque star que ce soit de s’opposer publiquement au président Trump et de relayer en battant sa coulpe le sanglot de l’homme blanc. Cette hostilité affichée ne constitue-t-elle pas au contraire un passage obligé? N’est-ce pas plutôt l’inverse qui serait particulièrement dangereux et risqué? Imagine-t-on le traitement médiatique et la popularité d’une quelconque célébrité se déclarant ouvertement pro-Trump ou hostile aux vagues migratoires incontrôlées, ou considérant que les combats sociétaux ont été assez loin et qu’il est peut-être temps de cesser d’hystériser et d’exacerber les revendications minoritaristes? Celle-ci récolterait sur-le-champ l’opprobre et sa carrière serait barrée. L’originalité, la transgression de ces postures vindicatives, le grand frisson de l’interdit bravé qu’elles représentent sont de pure façade et masquent la vacuité d’un système qui s’autopromeut complaisamment. Ces postures constituent à la fois la bibliothèque rose de l’engagement public mais aussi l’indispensable sésame pour recueillir la précieuse onction médiatico-mondaine laquelle n’est, comme chacun sait, pas décernée par l’électorat populaire de Donald Trump.

    Dans un autre style, la jeune (et légèrement inquiétante) Greta Thunberg, manifestement échappée de quelque thriller scandinave, n’est pas en reste, sillonnant l’espace européen pour sensibiliser les grands de ce monde quant aux méfaits du réchauffement climatique. Elle-même fait d’ailleurs l’objet d’une évidente instrumentalisation de la part de son entourage et de certains militants écologistes et investisseurs experts en greenwashing qui la poussent ainsi sous les feux des projecteurs, sans souci de préserver sa jeunesse ou son évidente fragilité. On peut pourtant se demander si se placer ainsi du point de vue de la jeunesse pour interpeller des adultes dont on postule a priori qu’ils sont fautifs, inconscients et irresponsables est si audacieux, si risqué, si dangereux, si anticonformiste, dans une société où les parents sont systématiquement culpabilisés, où toute forme d’autorité et d’expertise dans la prise de décision est contestée, comme le démontre par exemple la logique théorique inhérente à la récente loi dite «anti-fessée» laquelle vient, précisément, de l’exemple (pourtant désormais contesté) de la Suède qui fut naturellement précurseuse en la matière. L’infantilisation du combat social et l’infantilisme sociétal vont main dans la main depuis une bonne quarantaine d’années: pour l’audace, la nouveauté et la disruption, il faudra donc repasser.

    Carola Rackete, quant à elle, médiatique capitaine allemande du navire «humanitaire» Sea Watch, qui a accosté de force à Lampedusa avec l’onction de toute la bien-pensance européenne, ne prend pas non plus grands risques à relayer la ligne autoritaire et dominante imposée par exemple par le Traité de Marrakech ou par la vulgate libre-échangiste en matière d’acceptation de l’immigration non maîtrisée. C’est contester cette dernière qui constitue une prise de risque au regard de la morale ambiante. S’opposer théâtralement à Matteo Salvini est le plus sûr moyen de se notabiliser, de s’attirer les sympathies du camp progressiste, d’en recueillir là encore l’onction et la reconnaissance. C’est la garantie d’une carrière médiatique assurée. Peu importe que cela se fasse en surfant sur le business des passeurs et autres trafiquants de chair humaine et de main-d’œuvre à bas coût: tous les moyens seront bons pour asseoir la vulgate en vogue et le marché qui l’accompagne.

    Le «progressisme» on le sait fonctionne par oppositions binaires et manichéennes entre le Bien et le Mal. Ce paradigme permet une simplification du débat public mais aussi une stigmatisation prompte de ceux dont on disqualifiera ainsi les points de vue déviants. Cette partition sommaire entre les «déplorables» (comme les avait nommés sans vergogne Hillary Clinton) et les fréquentables se reflète aussi dans le schématisme caricatural de ces égéries, lesquelles finissent par conséquent par ressembler plutôt à des produits marketing. Les marchés de niche des Social Justice Warriors ont tendance à créer des combattants qui s’apparentent in fine plutôt à des têtes de gondoles. Gageons donc qu’elles seront pareillement remplaçables, au gré des évolutions du marché de la revendication, ou en fonction de l’air du temps.

    Anne-Sophie Chazaud (Figaro Vox, 15 juillet 2019)

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  • L'Union européenne, cette maison sans âme...

    Le numéro 20 du mensuel conservateur L'Incorrect est arrivé en kiosque. On peut découvrir à l'intérieur un dossier consacré à l'Union européenne dans lequel on trouvera, notamment des entretiens avec Paul-Marie Coûteaux, Thierry Mariani et Théo Francken, ainsi que les rubriques habituelles "L'époque", "Politique", "Reportages", "Monde" "Essais" et "Culture"...

    Le sommaire complet est disponible ici.

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  • L'empire du politiquement correct...

    Les éditions du Cerf viennent de publier un essai de Mathieu Bock-Côté intitulé L'empire du politiquement correct. Québécois, Mathieu Bock-Côté est sociologue et chroniqueur à Radio-Canada et est déjà l'auteur de plusieurs essais comme Le multiculturalisme comme religion politique (Cerf, 2016) ou Le nouveau régime (Boréal, 2017).

     

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    " Le philosophe québécois, pourfendeur du multiculturalisme, interroge ici le politiquement correct, la pensée unique et l'empire auto-consacré du Bien.

    Et si nous lisions l'actualité du monde à l'envers ? Et si la bienpensance n'était pas l'antidote mais la cause de la crise que traversent les démocraties occidentales ? Et si, par-delà les colères sociales, les silences qu'une minorité impose à la majorité alimentaient la contestation populaire ?
    En observateur averti et en penseur accompli, Mathieu Bock-Côté décrypte ici les lois explicites et implicites qui régentent la vie publique. Il passe au crible les critères de la respectabilité politique. Il analyse le traitement médiatique réservé à un Alain Finkielkraut, un Michel Onfray ou encore un Éric Zemmour en France, mais s'intéresse aussi à la régression de la liberté d'expression dans le monde anglo-saxon. Qu'est-ce qui distingue un infréquentable d'un modéré, un extrémiste d'un humaniste, un analyste d'un polémiste ? La conversation civique est mise à mal, ce qui n'est pas sans effet sur le clivage traditionnel entre la droite et la gauche en plus d'alimenter ce qu'on appelle la révolte populiste.
    Après avoir brillamment révélé les failles et les faillites du multiculturalisme, Mathieu Bock-Côté revient avec un maître-ouvrage sur le grand malaise démocratique d'aujourd'hui où le politiquement correct a remplacé la censure d'hier. "

     

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  • Le progrès, une idéologie d’avenir ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Hervé Juvin, cueilli sur son blog et consacré à l'idéologie du progrès, qui se trouve au cœur de la doctrine politique d'Emmanuel Macron. Économiste de formation, vice-président de Géopragma, Hervé Juvin est notamment l'auteur de deux essais essentiels, Le renversement du monde (Gallimard, 2010) et La grande séparation - Pour une écologie des civilisations (Gallimard, 2013). Candidat aux élections européennes sur la liste du Rassemblement national, il a publié récemment un manifeste intitulé France, le moment politique (Rocher, 2018).

     

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    Le progrès, une idéologie d’avenir ?

    Enrôler le progrès à son usage unique ; c’est la grande idée politique d’Emmanuel Macron. Le combat entre progressistes et conservateurs remplacerait le débat entre droite et gauche.Vieillie, dépassée, la confrontation entre socialistes et libéraux ferait place à une confrontation entre l’avenir et le passé, ceux qui avancent et ceux qui bloquent, la lumière et la nuit. On croirait entendre Jack Lang en 1981… Le simplisme a une force politique. L’avenir, qui est contre ?

    La pertinence de l’opération pose pourtant question. Car tout se complique dès qu’il s’agit de définir le progrès dont l’avenir doit être porteur, cette valeur supposée positive, à laquelle s’oppose le conservatisme, si aisément jugé négatif. Sauf qu’il n’est pas certain que le progrès, celui que désignent les progressistes, soit exactement le futur ; de même qu’il n’est pas certain que la volonté de conserver, attribuée aux opposants, s’enlise dans le passé. Et si c’était le contraire ? Et si « je maintiendrai » était la formule révolutionnaire du futur ?

    La belle route du progrès

    L’avenir tel que La République en Marche veut y conduire la France a été écrit en 1990. Libre échange, entreprises mondiales, sociétés multiculturelles, règne du droit et uniformisation du monde sur le modèle américain. La chute de l’empire soviétique promettait l’union planétaire, la démocratie mondiale, et le libéralisme devenait la seule politique possible. C’était la fin de l’histoire, qui s’en souvient ?

    Le libre-échange allait bénéficier à tous ; d’ailleurs, aucun économiste ne peut être protectionniste, affirmaient doctement des experts payés pour leurs discours par les banques et les fonds d’investissement. Les multinationales avaient carte blanche ; délocaliser, c’était l’avenir ! Les leçons du XXe siècle étaient tirées ; le nationalisme c’est la guerre, et la Nation, dans ses frontières, était une forme politique dépassée. Le sort des peuples européens se confondait avec l’intégration de l’Europe. L’euro devait donner à l’Europe sa forme fédérale, appelée à attirer toutes les Nations.

    La société multiculturelle était l’avenir ; elle abolit les frontières ; elle ne connaît la diversité qu’individuelle, et elle nous promet la paix et l’amitié entre tous les hommes unis par le commerce. Ils ne formeront plus des peuples, mais une humanité dans laquelle tous font valoir les mêmes droits, partagent les mêmes désirs, bref, deviennent les mêmes. La croissance allait sauver le monde ; la Chine marchait vers la démocratie à mesure que le bol de riz se remplissait. Le droit et le marché en avaient fini avec la politique ; la puissance, la souveraineté, la Nation, autant de vestiges à mettre au grenier. Ajoutons que le monde est à nous, que nous nous levons chaque matin pour tout changer, que tous les milliardaires du monde n’aspirent qu’à construire un monde meilleur, et que la liberté oublieuse du passé assure que chacune, que chacun se construise lui-même un avenir radieux.

    C’étaient les années 90. Un autre monde. C’est toujours la rengaine du progrès telle que l’entonnent celles et ceux qui n’ont rien vu, rien appris, rien compris depuis plus de vingt ans. Et c’est ce que des dirigeants européens autistes, un Président français vieilli avant l’âge, veulent continuer à nous faire croire comme progrès. Ce que la République en Marche veut faire croire à la France. Et pourtant…

    L’avenir a changé de route. La zone euro est en panne ; non seulement l’Europe recule par rapport à tous les autres continents, mais en Europe, les pays de la zone euro sont derrière les pays qui ont gardé leur monnaie nationale, à commencer par la Grande-Bretagne. Le commerce international est en recul, depuis que les coûts du transport ont cessé de baisser, depuis que les entreprises redécouvrent que l’éloignement est un facteur de risque.

    La part des multinationales dans l’activité mondiale baisse, pour la première fois depuis les années 1980. La dénonciation des pratiques commerciales déloyales est au cœur de tous les débats internationaux, et la hausse des tarifs douaniers, le resserrement des normes et des contrôles, est partout la réponse à des situations où la concurrence est inégale. Plus personne n’oserait dire que « le doux commerce » est la voie de la paix ! Il n’y a pas de marché quand les systèmes de valeurs, les priorités, diffèrent.

    Analysant la perspective de voir les États-Unis couper Huawei de ses fournisseurs occidentaux ou taiwanais, même le très libéral The Economist reconnaît que « la technologie ne peut rien contre la politique » ! Dans les cercles internationaux, et même à Davos 2019, le constat s’impose ; la mondialisation a fait quelques milliers de milliardaires, elle a sorti de la pauvreté 1,2 milliard d’Asiatiques, elle a surtout détruit des classes moyennes occidentales qui devaient l’essentiel de leur pouvoir d’achat, non à leur performance individuelle, mais à la solidité du cadre national et des systèmes sociaux en vigueur, des politiques salariales aux mutualisations internes. Et l’individualisme progresse sur fond de désespoir, avec un Japon, une Allemagne, une Corée du Sud, qui découvrent que l’isolement est la première maladie moderne, et que la réussite économique ne donne pas l’envie de vivre.

    Le nouveau signe du progrès

    Le progrès aujourd’hui n’est pas ce qu’il était en 1990. Les Français l’ont bien compris. Le progrès s’appelle circuits courts, il s’appelle relocaliser, se fournir à proximité, savoir qui produit quoi, et comment. L’avenir est fait d’héritages à conserver et à transmettre, plus beaux, plus riches, plus vivants. Le progrès s’appelle lutter contre l’esclavage et le trafic d’êtres humains qui sont le vrai nom de l’immigration. Le progrès s’appelle frontière, pour ceux qui veulent choisir leurs lois, leurs voisins, et leur destin. Le progrès s’appelle renouer avec l’histoire pour se projeter sans se perdre, il signifie préférer le citoyen à l’individu, parce que lui seul rend possible l’action collective, et que citoyenneté rime avec liberté. Et le progrès s’appelle retour au territoire, retour à la famille, aux liens et aux siens, parce que nul ne survivra seul à l’effondrement de nos sociétés et de la vie.

    L’avenir a changé de sens, et le progrès est l’inverse de ce qu’une politique française entêtée, aveugle et autiste, fait subir aux Français. Partout, l’État Nation est la forme politique de la modernité, et partout, les États Nations cherchent à affirmer leur unité interne, pour mieux faire face aux défis extérieurs qui se multiplient. Partout, la frontière retrouve sa fonction vitale ; faire le tri entre ce qui vient de l’extérieur, qui est utile, choisi, et qui entre, et ce qui est dangereux, toxique, et qui reste à l’extérieur. Partout, l’unité nationale est une priorité.

    Partout aussi, l’État est appelé à redécouvrir son rôle ; protéger, promouvoir, préférer les citoyens. Même Henry Kissinger (Le Débat, nov-déc. 2018) appelle les États à prendre le contrôle d’Internet ! Même Davos sent vaciller ses certitudes mondialistes et témoigne du malaise dans ce qui reste du monde global ! Partout, sous des formes et des contours divers, le besoin de dire « nous » l’emporte sur le « je » de l’isolement et de la détresse. Et partout, être respecté, être associé, être représenté, devient plus important que les bénéfices économiques promis par des experts méprisants, distants et absents.

    Quand le progressisme se confond avec le bougisme — changer tout, tout le temps et pour rien — le progrès s’appelle demeurer. Quand le progressisme signifie sacrifier au court terme un patrimoine, des infrastructures, des traditions, le progrès s’appelle maintenir. Quand le progressisme s’attaque aux mœurs, aux institutions, aux familles, aux corps et à la vie, le progrès s’appelle préserver. Parlez-en à ceux de l’Est européen, ils savent que conserver, maintenir, défendre et préserver peut être la promesse qui fait se tenir debout et qui ouvre toutes grandes les portes de l’avenir !

    Et voilà que la confusion se dissipe. N’en déplaise à Mme Nathalie Loiseau, il n’y a pas et il n’y aura pas de souveraineté européenne parce que la souveraineté est l’apanage des peuples, et qu’il n’y a pas, il n’y aura pas de peuple européen. N’en déplaise à Emmanuel Macron, le libre échange est en recul, comme le commerce mondial, parce qu’ils sont à l’origine de la plus formidable régression sociale que l’Europe ait connue. N’en déplaise à des socialistes qui ont trahi le peuple, les frontières sont de retour parce que leur ouverture détruit les acquis sociaux, le droit du travail et les solidarités nationales plus vite que n’importe quel autocrate illibéral.

    N’en déplaise aux européistes de la fuite en avant fédérale, comme aux nostalgiques d’une grande Europe aux ordres du Reich, l’État Nation est la forme politique de la modernité, et les rêves du multilatéralisme, du post-national et de la démocratie mondiale ont fini dans les poubelles de l’histoire. Qu’elles y restent ! Et n’en déplaise aux donneurs de leçons, le dépassement des Droits de l’individu est en cours, des Droits qui n’ont de réalité que quand les citoyens dans une société organisée et grâce à un Etat fort, décident de les honorer.

    Voilà notre situation historique. Un nouvel obscurantisme nous rend prisonniers. Il s’appelle globalisme, multiculturalisme, individualisme. L’idéologie qu’il constitue est rétrograde, elle répète des refrains qui ont trente ans d’âge, et elle nous bouche l’avenir. Nous devons allumer d’autres Lumières pour faire reculer l’obscurité, et nous libérer des mensonges officiels comme des inquisiteurs qui appellent « fake news » ce qui révèle les mensonges de l’oligarchie au pouvoir. Nous devons suivre l’enseignement de Spinoza, de Kant, et nous libérer de la religion laïque de l’économie, qui a remplacé les religions divines sans rien tenir de leurs promesses ! L’avenir s’appelle Nation, s’appelle citoyen, s’appelle frontières. Le changement s’appelle sécurité, autorité, et stabilité. Et le progrès s’appelle demeurer Français, bien chez nous, bien sûr notre territoire, bien dans nos frontières, pour être à l’aise dans le monde.

    Il est grand temps que la France se réveille du sommeil de plomb dans lequel le socialisme l’a plongé. Il est plus urgent encore que La République En Marche cesse de mettre la France à reculons, de vendre pour changement une rengaine que personne n’écoute plus, et de nommer progrès ce qui a provoqué un recul français manifeste, douloureux, et continuel depuis trente ans. Nous qui défendons la Nation représentons le progrès, le vrai, celui qui est partagé par tous. Nous représentons les libertés publiques, et la première d’entre elles ; la liberté de choisir qui est Français. Nous voulons que la France reprenne sa place dans le monde ; nous allons faire rentrer la France dans l’histoire ; nous allons rendre à la France son avenir, un avenir choisi, pas celui qu’on nous impose, un avenir voulu, pas celui des gérants de fonds, un avenir qui en finisse avec les vieilles recettes et les vieilles illusions, un avenir que nous aurons choisi !

    Hervé Juvin (Blog d'Hervé Juvin, 18 février 2019)

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