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06/06/2018

Quand les "petits Blancs" bousculent les réseaux sociaux...

Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par François Bousquet à Boulevard Voltaire à l'occasion de la sortie du dernier numéro de la revue Éléments, dans lequel il évoque la contre-culture radicale, percutante et tout sauf politiquement correcte plébiscitée sur les réseaux sociaux par la jeunesse de la France périphérique...

 

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François Bousquet : Cette jeunesse française 2.0 constitue un angle mort… Elle a seulement droit à l’épithète infamante (et, pour le coup, stigmatisante) de « petits » Blancs

Au sommaire de la dernière livraison d’Éléments : les jeunes réacs qui démodent Mai 68. Mais ceux de vos lecteurs qui s’attendent à trouver dans votre dossier un portrait de la Manif pour tous en seront pour leurs frais, c’est à la jeunesse de la France périphérique que vous vous intéressez…

La France des invisibles dans ses tranches d’âge les plus jeunes : les 16-25 ans. Comme leurs parents déclassés, qui votent Marine Le Pen ou s’abstiennent massivement, eux aussi ont fait sécession, faute de susciter l’intérêt des chercheurs en sciences sociales et des journalistes. Pas assez exotiques pour les salles de rédaction parisiennes où le couplet sur « Nos ancêtres les Gaulois ! » a été chassé par celui sur « Nos ancêtres les Africains ! » Sortie des écrans radar médiatiques, cette jeunesse française 2.0 constitue un angle mort statistique, sociologique, politique, médiatique. Elle a seulement droit à l’épithète infamante (et, pour le coup, stigmatisante) de « petits » Blancs. Faute d’appartenir aux « minorités visibles », elle n’a ni les faveurs des médias ni celles des politiques de la ville. Aucun plan Borloo ne lui a jamais été destiné, aucun sociologue pour s’apitoyer sur son sort, aucun crédit budgétaire à son attention, aucune ZEP (les zones d’éducation prioritaire). Même Michel Houellebecq, qui était sans doute le mieux placé pour en dresser le portrait, a fini par avouer, non sans franchise, qu’il ne la connaissait pas. Circulez, y a rien à voir ! Or, elle existe, cette jeunesse, et elle revient de loin. Des années de décérébration scolaire, de déculturation planifiée, de discrimination positive qui ne dit pas son nom, où l’histoire de l’esclavage, de la Shoah, des royaumes africains a progressivement envahi les programmes scolaires. Résultat : on a fabriqué une génération d’amnésiques contraints de reconstruire leur identité à partir de rien, sinon du seul langage que ces jeunes maîtrisaient : celui des réseaux sociaux, du rap, des séries télévisées, des jeux vidéo. Raison pour laquelle ils sont aussi déroutants pour leurs aînés. C’est avec les outils de la culture juvénile et numérique qu’ils se sont réappropriés leur identité. Le Web est devenu leur terrain de jeu, l’exutoire de leurs frustrations sociales et leur champ de bataille.

Comment?

Ils ont colonisé Internet en annexant les forums avec leurs « trolls » (messages polémiques) et en inondant les plates-formes d’hébergement de vidéos comme YouTube et Dailymotion. À partir de quoi ils ont pu diffuser cette contre-culture querelleuse propre à la « réacosphère », encore largement informelle, mais violemment anti-système. À la manœuvre, des youtubeurs et des blogueurs qui cumulent des dizaines de millions de vues, dans le silence assourdissant des médias centraux, du Raptor dissident au Chat patriote, de Papacito au Lapin taquin. « Aujourd’hui, s’enorgueillit ce dernier, l’institution, c’est Canal+, la subversion, c’est nous. » Nombre d’entre eux se font fait connaître via un forum en ligne à la popularité inégalée, consacré aux jeux vidéo : la section 18-25 ans du site jeuxvideo.com, qui se trouve être le 24e site le plus consulté de France (des dizaines de messages y sont postés chaque minute). Ce forum est le premier réseau social chez les jeunes en France. Il n’est pas exagéré de dire qu’il constitue le bruit de fond d’une colère souterraine qui enfle. Ces réserves de colère légitime ne demandent qu’à être canalisées pour trouver un débouché politique.

Entre tous, il y a le dessinateur Marsault, qui fait votre couverture « coup de poing », c’est le cas de le dire, puisqu’on y voit un personnage esquisser un direct du gauche…

« Marsault, c’est la rencontre entre le dessinateur Gotlib, le boxeur Mike Tyson et l’écrivain Charles Bukowski », dit de lui son éditeur, David Serra, le patron de la maison Ring. Comme il est politiquement et graphiquement incorrect, vous ne le verrez ni chez Laurent Ruquier ni à « La Grande Librairie ». C’est pourtant un phénomène de société. Mieux : de contre-société. Plébiscité par la jeunesse, snobé par le Système. Près de 300.000 abonnés sur sa page Facebook. Le dessinateur ne gomme pas, il dégomme. C’est de la bande dessinée gros calibre ! Son personnage emblématique s’appelle Eugène. « Un gars baraqué qui fait 120 kg de muscle et met des tartes aux vieilles gouines socialistes et aux clodos qui portent des dreads », résume son créateur. Le Rambo des ploucs – en plus droitard et en plus franchouillard. Une machine à distribuer des bourre-pif supersoniques. « Breum, breum ! » Breum, c’est la signature balistique d’Eugène et la marque de fabrique de Marsault qui, à 30 ans, affiche un beau palmarès de serial dessinateur : deux volumes de Breum : Attention, ça va piquer (2016) et Blindage et liberté (2016) ; Sans filtre, l’intégrale (2017) ; et Dernière pute avant la fin du monde (2017), tous parus chez Ring. Autant dire que ça décoiffe, même ceux qui ont la nuque un peu raide. Marsault dessine comme on monte un mur de parpaings, ou plutôt comme on le démolit. Entrepreneur de démolitions, disait Léon Bloy. C’est cru, brutal, expéditif. Les 120 kg de muscle d’Eugène mettent rapidement un point final à la conversation. Breum ! À la machette ou à l’AK-47. Ses victimes sortent généralement d’une section parisienne du Parti socialiste, d’une AG de zadistes loqueteux, d’un squat pouilleux au milieu d’une fac de sociologie – occupée ou pas. Que nous dit le succès de Marsault ? Que la subversion a changé de camp et même d’hémisphère, qu’elle s’est installée à droite, chez les « petits » Blancs. C’est là, désormais, que le talent s’épanouit, à la lisière du Système, pas complètement en dehors – sans cela, c’est la mort sociale –, mais surtout pas en son centre – c’est la mort de l’originalité. Et Marsault est assurément un des plus originaux de sa génération. Breum lecture, comme dirait Eugène !

François Bousquet (Boulevard Voltaire, 21 mai 2018)

 

23/02/2018

Mémoires de la Gaule...

Les éditions du Seuil viennent de publier un essai historique de Laurent Olivier intitulé Le pays des Celtes - Mémoires de la Gaule. Archéologue, Laurent Olivier est conservateur en chef des collections d'archéologie celtique et gauloise du musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye.

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" « Conquise, la Gaule a perdu la parole. Sa mémoire était tout entière dans le souvenir inquiet qu’en avaient gardé ceux qui l’avaient soumise. Rome a fait oublier la Gaule. Puis on a cru la reconnaître dans les "Sauvages" de l’Amérique, ou bien reflétant, à distance, notre image : celle de "nos ancêtres les Gaulois".
Les découvreurs qui ont exhumé ses vestiges à partir de la fin du XIXe siècle, ont été surpris de la voir livrer des créations subtiles et magnifiques, que l’on croyait trop belles pour elle. Il a fallu attendre les surréalistes, comme André Breton, pour que l’on prenne la mesure de la force d’expressivité et de l’originalité de l’art gaulois. Nous y reconnaissons maintenant la marque d’une pensée et d’un savoir, voisin de celui de la science grecque. »

Retraçant les réinventions successives dont les « Gaulois » ont fait l’objet depuis l’époque de César, Laurent Olivier remonte le fil du temps pour s’approcher au plus près d’un monde disparu, celui des Celtes. "

 

 

 

16/06/2017

Cernounnos Torque-d'or...

Les éditions La Différence viennent de publier un roman gaulois de Jean-Paul Savignac, intitulé Cernounnos Torque-d'or. Jean-Paul Savignac est traducteur en latin, grec et gaulois. On lui doit, notamment, la traduction des œuvres complètes de Pindare ainsi qu'un Dictionnaire Français-Gaulois (La Différence, 2014).

 

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" Dans la mythologie gauloise, Cernounnos Torque-d’or est le fils d’Argantorota Grande-Reine et le jumeau de Lougous Longue-Main, ces divinités dont Jean-Paul Savignac a réinventé la vie dans les deux précédents volumes de cette collection.

Dieu forestier, qui arbore des bois de cerf et des torques d’or, Cernounnos meurt et renaît en changeant d’apparence. Il incarne, par ses aventures et ses métamorphoses, le cycle de la vie et de la mort, le cycle des saisons de la nature.

L’histoire des cinq vies de Cernounnos Torque-d’or est révélée au jeune druide Cobrounos – personnage que l’on retrouve tout au long de la saga – et c’est par sa voix que le dieu se raconte. "

05/06/2017

Poursuite de la chasse...

Les éditions Les Moutons électriques viennent de publier le deuxième volet de Chasse royale, la deuxième branche de Rois du monde, la trilogie celtique de Jean-Philippe Jaworski. On y suit les aventures de Bellovèse, le jeune guerrier de haute lignée, que nous avions découvert enfant dans Même pas mort, premier tome de la série publié chez le même éditeur. Professeur de français, Jean-Philippe Jaworski manie une langue superbe et mérite, sans conteste, le titre de meilleur auteur français de fantaisie. Il a également à son actif le roman Gagner la guerre (Les Moutons électriques, 2009) et les recueils de nouvelles Janua Vera (Les Moutons électriques, 2007) et Le sentiment du fer (Hélios, 2015) qui s'inscrivent dans sa série des Récits du Vieux Royaume.

A l'exception de Chasse royale, les ouvrages de l'auteur sont également disponibles en format poche dans la collection Folio SF.

 

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" « Après avoir défié toute l'armée rebelle pour couvrir la retraite du haut roi, j'ai fini par me rendre. Qu'est-ce qu'un captif, sinon un demi-mort ? Dans les deux camps, on le méprise pour sa faiblesse. Même si on ne le massacre pas de suite, on lui ôte l'essentiel de sa vie. Moi, on me retire mon mauvais cheval, on me soustrait mes dernières armes, on m'arrache mes bijoux, on m'entraîne vers la rivière avec rudesse. Je patauge bientôt sur la rive boueuse. On crie autour de moi, j'ai l'impression que personne ne sait vraiment ce qu'il faut faire. Je crains de plus en plus que n'arrive l'ordre de me noyer. La mort par l'eau, après tout, est une sentence que peuvent prononcer les rois comme les druides…

Qui va décider de mon sort ? Articnos, roi des Éduens, que j'ai été à deux doigts de tuer ? Sa sœur, la mystérieuse Prittuse, haute reine déchue de Celtique ? Ou bien ce sorcier redoutable que jadis on appelait le gutuater et qui vient d'usurper le sacerdoce du grand druide ? » "

27/10/2016

Délit de sale Gaule...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Paul-Georges Sansonetti, cueilli sur le site Nice Provence Info et consacré à la polémique autour de nos racines gauloises...

Spécialiste de littérature et de mythologie, Paul-Georges Sansonetti a été chargé de conférences à l’école pratique des Hautes-Etudes. Il est notamment l'auteur de Chevaliers et dragons (Porte Glaive, 1995).

 

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Sisteron, l’antique Segustero, capitale des Segontii

 

Délit de sale Gaule

Suite à l’évocation de « nos ancêtres les  Gaulois » par Nicolas Sarkozy et au tollé provoqué par cette formule, jadis première phrase des manuels scolaires du cours élémentaire, je découvre, au hasard de la presse, un certain nombre de prises de position par des penseurs qui livrent au grand public leur état d’âme oscillant, comme l’aiguille d’une boussole affolée, entre indignation et peur panique. Parmi ces cacochymes, qu’il me soit permis de citer un certain François Noudelmann, philosophe de son état et professeur à Paris 8, qui dénonce, je cite, « le retour du mot “gaulois”… » considéré comme porteur d’une « charge discriminante » car il s’agit de « métonymies (…) censées identifier un peuple mais aussi des comportements et même des physionomies »(1). Ah oui ! Pas de doute, c’est fichtrement inquiétant des physionomies européennes !

Pour un peu on aurait le délit de « sale gueule de Gaulois » ou, mieux encore, « délit de sale Gaule ». Ce qui, on en conviendra, relève du racisme le plus viscéral de la part de gens pratiquant l’antiracisme alimentaire. Il fut un temps où Georges Moustaki avait la liberté de se vouloir, tout à la fois, « métèque », « juif errant » et « pâtre grec ». Trois appartenances qui, du reste, ne sont en rien péjoratives puisque, dans la démocratie de Périclès, « métèque » désignait quelqu’un d’étranger à la cité et que le « juif errant » est un personnage mythique repris par l’écrivain populaire, natif de La Colle-sur-Loup, Eugène Sue (1804-1857)(2). Quant au bucolique « pâtre grec », il vient tout droit de l’Antiquité.
Mais continuons notre sélection des allergiques à la Gaule devenue France. Pour François Jullien, philosophe, « l’identité culturelle n’existe pas ». Tiens, mais on nous assure pourtant que, partout dans le vaste monde, existent des peuples fiers de leur ethno-culture, surtout lorsqu’il s’agit des Papous ou des Kanaks (que, du reste, nous respectons et saluons en tant que peuples bien décidés à sauvegarder leurs origines).

Ça nous change des jeans et tee-shirts américains made in China. Ce personnage est encore autorisé à manifester son appartenance ethnique. Espérons que ce soit vraiment pour lui et les siens et non à destination des touristes.
Il me faut également mentionner François Reynaert, auteur d’un bouquin dont le titre, « Nos Ancêtres les Gaulois et autres fadaises », résume la teneur (épargnant ainsi à votre serviteur le désir de le lire). L’auteur souhaite « forger une France diverse et métissée ».
Ah, le métissage ! Ça les titille tous ces accoucheurs de poncifs politiquement obligatoires.
Enfin, citons Madame la mairesse du bourg de Champtercier (près de Digne-les-Bains, Alpes de Haute Provence), qui plaide pour la venue d’une centaine de migrants (érythréens et soudanais fuyant, probablement, le conflit syrien) en argumentant  qu’« on n’est plus un village gaulois, c’est la mondialisation ! Et ça ne fait que commencer, ces migrations. Il faut qu’on soit “ouvert” » pour « accueillir les gens et “vivre ensemble” ».
Lui faisant écho, une certaine N.K.M., selon le Journal du Dimanche (édition du 23 octobre 2016), aurait lancé aux journalistes « Moi, j’en peux plus des Gaulois ». C’est clair ! La Gaule étant désormais confinée dans un passé rance, acceptons de bon cœur l’air frais du Grand Remplacement.

Se réclamer d’un héritage civilisationnel gaulois, c’est se référer à une appartenance historique et cette dernière option suffit à vous disqualifier aux yeux de l’establishment. Voix discordante, le comédien et écrivain à succès, Lorant Deutsch, dans un entretien accordé ce 16 octobre à Thomas Malher (du Point), n’hésite pas : « Évidemment que nous sommes des Gaulois ! », dit-il. Et ce, à partir du moment où Vercingétorix est la première grande figure du « roman national ».

En fait, pour une hétéroclite cohorte, dans laquelle se côtoient historiens, philosophes, sociologues, journaleux et, enfin, politiques, le passé de notre nation ne commence qu’en 1789. Empruntons au Provençal (puisque né à Marseille) Edmond Rostand pour déclarer « c’est un peu court… » : deux malheureux siècles, alors que la Gaule remonte à mille ans avant notre ère. Et là, ça coince dans les cervelles de l’anti-France à partir du moment où nul n’ignore l’existence des Gaulois (merci Astérix !). « Sale Gaulois » est, du reste, une insulte courante à destination des Français « de souche » (la formule est-elle encore autorisée ?) lancée par certains « jeunes » des quartiers (supposés) « défavorisés » et (parait-il) très « sensibles ». Car au grand dam des mixeurs de cultures, le monde gaulois fascine toujours.

1) D’abord parce qu’on le devine d’autant plus respectueux de l’environnement que plaines, montagnes, fleuves ou rivières formaient aux yeux des Celtes un sanctuaire immense(3). Charles Baudelaire s’en fait l’écho dans un poème commençant par ces mots :
« La nature est un temple où de vivants piliers (… )
L’homme y passe à travers des forêts de symboles ».
L’âme celte incite à une vision magico-religieuse (et non politico-mondialiste) de l’écologie. Je ne prendrai qu’un seul exemple, pour rester en Provence, avec la cité de Sisteron, l’antique Segustero, capitale des Segontii, et dont le nom renverrait aux notions de « force », de « victoire » et de « hauteur ». Devant un tel mont, point n’est besoin de construire une pyramide. On songe à la formule bien connue attribuée à un théologien : « Tout ce qui monte converge ».

2) Puis parce que la Gaule, comme tout territoire celtique, c’était aussi un ensemble de populations ethniquement homogènes. Nous l’avons dit dans un précédent article(4), le « dieu » (le principe) Toutatis gouverne la spécificité psycho-physiologique d’un groupe humain dès lors que ce nom, signifiant « père de la tribu » ou encore « père de la nation », sous-entend la transmission d’un patrimoine génomique.

3) Enfin de par le fait que l’art celte est étonnamment unitaire, ce qui signifie que, comme dans toute société traditionnelle, les créateurs se sont unanimement conformés à un corpus d’images bien précis et dans lequel s’impose une emblématique des plus élaborées. Ainsi, parmi les symboles récurrents, apparaît un tracé identique au Yin Yang de l’Extrême-Orient qui, comme chacun le sait, traduit le concept de deux forces soit antagonistes, soit complémentaires, mais englobées et mises en contact par une troisième, totalisante, que constitue le cercle.
Thèse, antithèse, synthèse, en quelque sorte, plus de deux millénaires avant la dialectique marxiste enseignée à présent à Sciences Po.
Autre symbole, le triskèle toujours présent dans l’iconographie bretonne.

Ce signe montre la dynamique du nombre trois. Les trois points qui entourent celui du centre (invariable milieu) permettent de tracer un triangle équilatéral. Simultanément, on les voit emportés dans le mouvement continu de doubles spirales métaphoriques de la force vitale universelle. Pareil ternaire c’est, au niveau humain, le père, la mère et l’enfant, constitutifs d’une famille, ou encore les trois générations nécessaires à la transmission du savoir. Symbole tournoyant, le triskèle sera repris par l’art gothique. Dans son livre intitulé « L’Art Gaulois », Jean Varagnac, ancien conservateur en chef du Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, affirmait, preuves à l’appui, que le monde celtique s’était prolongé sous un vêtement spirituel chrétien durant tout le Moyen Âge. Contrairement, donc, à ce qu’affirment les histrions actuels pour qui il serait vain de chercher une continuité entre la Gaule et les temps médiévaux.

Nous pourrions continuer avec le même tracé mais augmenté d’une branche comme le montrent les monnaies des Bituriges (Gaulois de Bourges) et des Suessions (tribu du Soissonais). Il symbolise alors, entre autres choses, la ronde perpétuelle des quatre saisons accompagnant le mouvement du ciel.

Ces quelques et brefs exemples montrent que l’esprit celtique s’est poursuivi bien après que la Gaule fut devenue le royaume de France. Les antiquités gauloises connurent, parallèlement au Moyen Âge, un renouveau à travers le Romantisme et le Second Empire avec, en particulier, la création par Napoléon III du Musée des Antiquités Nationales à Saint-Germain-en-Laye. Il faudrait ajouter que l’Art Nouveau ou Modern Style, en privilégiant des formes végétales composées de courbes gracieuses, avoue un cousinage direct avec l’esthétique celte.

Dans nos sociétés soumises à des élites dirigeantes qui nous imposent le déracinement des peuples, le brassage des cultures, la confusion des concepts, sans oublier la théorie du genre et l’adulation des transgenres (style chanteuse barbue lauréate de l’Eurovision), il est bien évident qu’à travers une Gaule honnie c’est la merveilleuse créativité celte, portée par un désir d’unir le vivant au spirituel, que l’on s’efforce d’assassiner.

Paul-Georges Sansonetti (Nice Provence Info, 24 octobre 20165)

(1) Définition de Métonymie selon Wikipédia : « figure de style qui remplace un concept par un autre ».
(2) Mais aussi par l’auteur Gustav Meyrink dans un prodigieux roman fantastique à caractère initiatique intitulé Le Visage Vert.
(3) Voir ce qu’en disait pertinemment Pierre Lance dans une chronique précisément consacré au thème des Gaulois.
(4) Intitulé Les bachi-bouzouks et Toutatis.
(5) Outre l’appartenance ethnique, l’œil bleu revêt une signification symbolique en reflétant la couleur du ciel pur et, de la sorte, exerce une véritable fascination comme le prouve la toute récente histoire d’un jeune commerçant Pakistanais, Arshad Khan, devenu célèbre du jour au lendemain grâce à ses magnifiques yeux bleus. L’auteur de l’article du Figaro (daté du 20, 10, 2016) écrit que ce succès « met également en évidence des canons de beauté « euro-centrés »… ».

06/10/2016

Des femmes...

Nous reproduisons ci-dessous une chronique de Richard Millet, cueillie sur son site personnel et dans laquelle il observe les signes de la décomposition du système...

Richard Millet vient de publier aux éditions Léo Scheer un roman intitulé Province.

 

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Des femmes

Que la démocratie soit entrée dans un stade de décomposition avancée tout en se survivant comme zombie du discours occidental, on le voit chaque jour, par exemple aux États-Unis où le peuple n’a le choix qu’entre Clinton et Trump, au Proche-Orient où elle tente d’imposer la panacée des droits de l’homme en détruisant des peuples, et en Europe où la guerre civile se poursuit activement par le terrorisme armé ou par le terrorisme migratoire. La décomposition démocratique est plus avancée en France que dans le reste de l’Europe, car son modèle est devenu indéfendable aux yeux de la religion multiculturelle mondialisée.

            Il est vrai qu’avec Hollande et sa troupe de comédiens, la décomposition a l’air d’une farce et que la figure d’Ubu roi s’impose, non seulement parce que Hollande a le physique de l’emploi, mais parce qu’il en a le cynisme. Il serait un Ubu néanmoins sans panache, comme vidé de sa substance fielleuse, flatulente et bravache, mais non de son grotesque ; c’est un Ubu madré, roué, tout aussi inculte que l’autre, mais aimant les femmes – ayant sans doute appris de son maître Mitterrand que le pouvoir est, depuis longtemps, aux mains des femmes, et pour l’éternité, semble-t-il.

            Elles ne manquent d’ailleurs pas de se rappeler à lui avec une constance remarquable. Ainsi, hier, a-t-on lu dans Le Figaro, journal socialiste de droite, que Rihanna (qui est-ce ?) s’indigne sur Twitter que Hollande ne réponde pas au tweet dans lequel elle le somme de « s’investir dans son projet humanitaire », tandis que Diam’s (c’est qui ?) prône la « tolérance » envers le voile et le burkini. Renseignements pris, ces deux femmes sont des chanteuses de variété internationale, l’une convertie à l’humanitaire, l’autre à l’islam – ce qui est la même chose : deux formes soft du djihad planétaire, mené au nom du Bien, qui est en réalité le Mal, comme nous le savons, nous autres, vrais Européens.

            En fin de compte, ces deux saltimbanques moralisatrices se mêlent de la conduite politique d’un pays, la France, qu’on aurait pu croire fort et souverain, mais qui est à genoux devant la Commission européenne (fortement corrompue, comme on le voit encore une fois avec l’affaire Neelie Kroes) et devant l’opinion publique internationale : le président est obligé de se coucher toujours davantage, sans pouvoir lancer le fameux « Merdre ! » d’Ubu Roi à Rihanna et à Diam’s, et comme il aurait dû le faire, il y a quelques années, à Leonarda, cette jeune Rom d’une insigne laideur qui l’avait mis publiquement en difficulté et ridiculisé aux yeux du monde entier. Lorsqu’un chef d’État plie devant une famille d’étrangers en situation irrégulière, le pouvoir démocratique est bel et bien mort.

            Pendant ce temps, Sarkozy a remué l’opinion en en appelant à nos ancêtres les Gaulois : les professionnels de l’indignation orientée se sont insurgés contre ce réductionnisme identitaire à propos duquel ils ont, comme pour la notion de race, convoqué des « experts » (autrement dit des collabos patentés) pour expliquer au peuple, via les médias, que ce n’est là qu’un mythe dangereux, que nos ancêtres sont multiples, « métissés », et que nous descendons tous de Pygmées, de Berbères, de Huns, de Sarrasins, de Papous, de Mongols, de Bouriates… En somme de tout, sauf des Gaulois, dont Jules César rappelait pourtant qu’ils étaient multiples ; mais on ne lit plus La Guerre des Gaules, et on n’enseigne plus le latin. Sarkozy ne faisait que rappeler là, de manière provocatrice, que toute nation a besoin de grands récits fondateurs, et que « nos ancêtres les Gaulois » est un syntagme qui doit être pris au sens large, c’est-à-dire en référence à la puissance assimilatrice qui avait fait la France, pendant des siècles, et que le nombre excessif d’étrangers hostiles à l’assimilation est en train d’anéantir. La jeunesse d’origine immigrée (celle qui est particulièrement à l’œuvre dans la décomposition nationale) n’appelle-t-elle pas, depuis longtemps, les Français de souche des « Gaulois » ?

            On voit donc le multiculturalisme montrer une nouvelle fois son groin : voilà une bête à pendre par les pattes de derrière pour la saigner, comme on le faisait des porcs, dans les fermes limousines de mon enfance. Saigner cette bête, telle est la tâche de l’écrivain qui refuse de s’en laisser conter par l’idéologie dominante, celle qui nous assure que la démocratie repousse chaque jour dans les poubelles de l’Histoire les ténèbres du nationalisme, du catholicisme, de l’homme blanc, de la paysannerie, des mythes fondateurs, d’une culture proclamée rétrograde pour n’avoir pas assez pris en compte le statut des « minorité », clament les brebis de la doxa mondialiste, tandis que les Amazones Rihanna, Diam’s, Leonarda, dansent sur le ventre de François Ubu.

Richard Millet (Site officiel de Richard Millet, 24 septembre 2016)