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diversité

  • 25 300 surveillés ou la République Française qui ne croit plus assez à ses peuples pour lui faire confiance...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Balbino Katz, le chroniqueur des  vents et des marées, cueilli sur Breizh-Info et consacré à l'inflation de la surveillance policière administrative et à ses causes profondes...

     

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    25 300 surveillés ou la République Française qui ne croit plus assez à ses peuples pour lui faire confiance

    Je connais Barjols et j’y reviens deux ou trois fois l’an, comme on revient à un poste d’observation familier. Le hasard, qui a plus d’esprit que les ministères, m’avait fait garer ma voiture non loin de la gendarmerie. La Provence, ce matin-là, avait cette gravité solaire des pays où l’on comprend que la civilisation commence par l’art de se tenir à l’ombre. Une terrasse, un verre de rosé, les stores immobiles dans la chaleur, et cette paix apparente des bourgs anciens qui fait encore illusion lorsque l’on vient de lire les journaux.

    En passant devant la gendarmerie, j’ai repensé à l’article du Figaro que je venais de lire sur ma tablette. Il était consacré au dernier rapport de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement. On y apprenait que plus de 25 300 personnes avaient fait l’objet, en 2025, d’une demande de surveillance technique en France. Le journal prenait soin de rassurer son lecteur : non, la France ne serait pas le théâtre d’une surveillance généralisée. La formule est intéressante. Elle dit moins ce que nous sommes que ce que le pouvoir redoute que nous pensions de lui.

    Car enfin, 25 300 personnes placées dans le viseur des services, ce n’est pas rien. Ce n’est certes pas la Chine, avec ses caméras à reconnaissance faciale et sa notation sociale de fourmilière électronique. Ce n’est pas encore le vieux rêve soviétique d’une société où chaque concierge aurait été l’oreille du Parti. Toutefois, pour un pays qui se flatte encore d’être la patrie de Montesquieu, de Benjamin Constant et des libertés publiques, le chiffre devrait faire sursauter davantage. D’autant que l’essentiel n’est peut-être pas dans le nombre des personnes, mais dans la prolifération des techniques.

    Le Figaro rapporte que le cap des 100 000 demandes de techniques de renseignement a été franchi. Identifications d’abonnés, fadettes, géolocalisations, poses de capteurs dans des lieux privés, recueils de données informatiques, algorithmes, boîtes noires : tout l’appareillage du Léviathan numérique se déploie avec une tranquillité de bureau. Le vocabulaire est propre, hygiénique, administratif. On ne surveille pas, on sollicite une technique. On ne pénètre pas l’intimité, on recueille des données. La France a toujours eu le génie de donner aux choses redoutables des noms de sous-préfecture.

    Le plus piquant est que tout cela se fait sous le regard d’une commission de contrôle qui reconnaît elle-même peiner à suivre le mouvement. La CNCTR compte vingt-deux collaborateurs, dont quatorze chargés de mission, face à des services dont les moyens humains et techniques ont fortement augmenté. Autrement dit, la surveillance galope, le contrôle trottine derrière. La bride existe, nous dit-on, mais le cheval a déjà pris la route.

    Étant moi-même fiché S, je confesse garder une certaine distance amusée, et parfois inquiète, devant cette liturgie du danger. Je ne me suis jamais pris pour un péril public. Je n’ai ni cave d’explosifs, ni goût du complot, ni vocation de factieux. Mon crime principal est sans doute d’écrire des choses désagréables à l’époque et de fréquenter des milieux où l’on pense encore qu’un peuple n’est pas une poussière d’individus interchangeables.

    Or chacun sait que, dans ces catégories administratives, se trouvent, à côté de véritables menaces, quantité de militants politiques, d’identitaires, de gens de droite, de dissidents paisibles, dont le principal tort est d’être connus des services avant d’être connus des tribunaux. Un islamiste susceptible de passer à l’acte, un militant d’ultragauche tenté par le sabotage, un trafiquant gravitant dans un réseau criminel, un identitaire surveillé parce qu’il colle des affiches ou organise une réunion, tous peuvent se retrouver dans les brumes voisines de la vigilance administrative. La catégorie rassure le ministre, alimente les statistiques et inquiète le public. Elle ne pense pas. Elle mélange.

    Il faut lire attentivement l’article du Figaro pour voir le mécanisme à l’œuvre. La criminalité organisée est désormais le premier motif de surveillance. Rien d’étonnant : le narcotrafic ronge le pays comme une moisissure d’empire en décomposition. Les services suivent aussi des milliers de cibles au titre de la prévention du terrorisme. Là encore, nul homme raisonnable ne souhaite désarmer l’État face à ceux qui rêvent de tuer. Un pays qui ne se défend plus cesse bientôt d’être un pays. La question n’est donc pas de nier la nécessité du renseignement. Elle est de comprendre pourquoi cette nécessité devient chaque année plus vaste, plus intrusive, plus diffuse.

    La réponse tient en une formule brutale : quand il n’y a plus d’homogénéité, il y a la police.

    Une société homogène n’est pas une société parfaite. Les hommes y mentent, volent, boivent, se jalousent, se battent, héritent mal et se disputent pour des bornes de champ. Les villages provençaux, bretons ou gascons n’ont jamais été des abbayes cisterciennes. Cependant, dans une société relativement homogène, les règles communes précèdent l’intervention publique. Les regards, les familles, les habitudes, la honte, la réputation, le voisinage, le curé jadis, le maire naguère, l’instituteur autrefois, formaient un tissu de contraintes douces ou rudes qui rendaient la police moins nécessaire. La civilité tenait lieu de première gendarmerie.

    La société diversitaire a brisé cette trame. Elle a remplacé la continuité par la juxtaposition, les mœurs communes par le contrat fragile, la confiance par la procédure, l’appartenance par le contrôle. Lorsque les hommes ne partagent plus les mêmes codes, les mêmes pudeurs, les mêmes interdits, les mêmes souvenirs, les mêmes manières de saluer, de parler aux femmes, d’occuper l’espace public, de respecter les morts ou les vivants, il faut compenser par des caméras, des patrouilles, des capteurs, des cellules de veille, des médiateurs, des signalements, des algorithmes et des commissions. L’hétérogène appelle l’agent.

    C’est le prix caché de la diversité. On la vend comme une fête, elle se paie en vigiles. On la chante comme une ouverture, elle exige des portiques. On la célèbre dans les brochures municipales, elle finit dans les rapports de renseignement. On nous promettait la société ouverte ; nous avons reçu la société sous surveillance. Les mêmes qui ont détruit les conditions ordinaires de la confiance s’étonnent ensuite que l’État doive gonfler comme une baudruche policière pour maintenir l’ensemble debout.

    Dans les cafés convenables, on appelle cela la complexité du monde. Au fond, c’est plus simple. Un peuple qui se reconnaît n’a pas besoin d’être surveillé à chaque carrefour. Une foule composite, traversée par des appartenances rivales, des idéologies importées, des fidélités étrangères, des trafics planétaires, des sectes numériques, demande une police toujours plus fine. Là où le lien social disparaît, le renseignement s’installe. Là où l’autorité morale s’effondre, l’autorité technique prolifère.

    Le passage le plus remarquable du papier concerne le séparatisme et l’entrisme. La CNCTR estime qu’en l’état du droit ces phénomènes, lorsqu’ils n’ont pas de dimension violente, ne peuvent pas justifier à eux seuls des techniques de renseignement au titre des atteintes à la forme républicaine des institutions. Voilà un reste de sagesse juridique. Le Conseil constitutionnel avait rappelé que cette notion renvoyait à des réalités lourdes : attentat, complot, mouvement insurrectionnel, levée de forces armées. On n’est pas dans le soupçon mou, dans la suspicion d’ambiance, dans le désaccord culturel. On est dans l’atteinte grave.

    Or le ministre de l’Intérieur, nous dit-on, réfléchit à une interprétation extensive. L’expression devrait faire trembler les vitres. L’interprétation extensive, dans la bouche du pouvoir, signifie presque toujours que la liberté va perdre un morceau. Aujourd’hui, ce serait pour lutter contre l’entrisme islamiste. Demain, contre telle association jugée séparatiste. Après-demain, contre ceux qui contestent la société diversitaire, l’idéologie d’État, les catéchismes scolaires ou les dogmes de la République adjectivée. L’histoire administrative de la France enseigne que les instruments forgés contre des ennemis réels finissent souvent entre les mains de fonctionnaires qui les appliquent à des adversaires commodes.

    C’est ici qu’apparaît, dans le vocabulaire critique de certains dissidents, le fameux « bureau des entraves administratives ». L’expression n’est pas, à ma connaissance, le nom officiel d’un service. Elle n’en dit pas moins quelque chose de très vrai. Notre époque préfère entraver plutôt que juger. Elle aime moins condamner que compliquer. Elle ne vous envoie pas toujours un procureur ; elle vous envoie un formulaire, une banque inquiète, une préfecture soupçonneuse, un assureur prudent, un local annulé, un compte clôturé, une autorisation suspendue, une norme oubliée, un contrôle soudain. Courteline a rencontré Kafka dans un couloir du ministère de l’Intérieur.

    C’est ainsi que se dessinera peu à peu une France à deux populations. La première sera conforme à l’idéal diversitaire : mobile, docile, soluble, accompagnée, subventionnée, protégée par le lexique officiel. La seconde sera celle des réfractaires, de ceux qui ne communient pas dans le mythe du vivre-ensemble obligatoire. Celle-là sera marginalisée, surveillée, traquée sur les réseaux sociaux, censurée, privée de salles, interdite de réunion, frappée de clôtures bancaires, écartée des emplois publics, tenue à distance de la vie sociale ordinaire par mille petites barrières invisibles. Elle ne sera pas toujours condamnée ; elle sera empêchée.

    Le procédé est redoutable parce qu’il demeure souvent sous le seuil du scandale. Un procès fait du bruit. Une dissolution se discute. Une interdiction peut être contestée. Une entrave administrative, elle, épuise. Elle isole. Elle coûte du temps, de l’argent, de l’énergie. Le citoyen n’est pas frappé d’un coup ; il est grignoté. L’État moderne, lorsqu’il devient fou, ne porte pas toujours des bottes. Il porte des mocassins, signe des notes, demande des pièces complémentaires et répond dans un délai de deux mois renouvelable.

    Bien entendu, il existe de vrais dangers. Il serait puéril de nier l’islamisme, le narcotrafic, les réseaux criminels, les puissances étrangères, les saboteurs, les fanatiques, les prédateurs numériques. Une société politique digne de ce nom ne se livre pas pieds et poings liés à ceux qui veulent la détruire. La droite aurait tort de se réfugier dans une naïveté libertaire qui n’a jamais protégé personne. Une police est nécessaire. Un renseignement est nécessaire. Une frontière est nécessaire. Un État désarmé est une proie.

    La folie commence lorsque l’État, ayant contribué à produire le désordre par son idéologie, prétend ensuite le résoudre par la surveillance. Il ouvre les portes, puis installe des caméras dans le vestibule. Il dissout les appartenances, puis crée des cellules de prévention de la radicalisation. Il dénigre les enracinements, puis s’effraie des séparatismes. Il affaiblit la famille, l’école, la commune, l’Église, les corps intermédiaires, puis découvre que l’individu nu face au chaos doit être suivi, orienté, contrôlé, fiché, rééduqué. Le pompier administratif se félicite d’éteindre l’incendie que son propre monde a allumé.

    Ce qui se joue là dépasse donc la querelle technique sur les fadettes ou les algorithmes. C’est une transformation anthropologique. La France est en train de passer d’une société de mœurs à une société de dispositifs. Autrefois, on savait à peu près ce qu’un homme devait faire parce qu’il appartenait à un monde. Désormais, on attend de lui qu’il respecte des procédures parce qu’il n’appartient plus à rien. Le code remplace la coutume. La surveillance remplace la confiance. Le règlement remplace l’honneur. La prévention remplace la vertu. L’algorithme remplace le voisin.

    À Barjols, devant la gendarmerie, cette évidence prenait une forme presque charnelle. La présence de l’uniforme y semblait normale, provinciale, ancienne. La gendarmerie, dans nos campagnes, fut longtemps moins l’avant-poste d’un État soupçonneux que la garde austère d’un ordre partagé. Le gendarme connaissait les familles, les ivrognes, les querelleurs, les mauvais payeurs, les voleurs de poules, les histoires de bornage et les haines de cousins. Il était l’homme de l’État, certes, mais dans une société qui se connaissait encore elle-même. Le renseignement algorithmique, lui, ne connaît personne. Il calcule des signaux. Il remplace la familiarité par la corrélation.

    C’est pourquoi le chiffre de 25 300 personnes n’est qu’une étape. Si la France continue sur cette pente, ce ne sera bientôt plus 25 000, mais 50 000, puis 100 000 personnes surveillées, signalées, entravées, suspectées, classées dans quelque catégorie brumeuse. Chaque crise donnera naissance à une finalité nouvelle. Chaque finalité exigera une technique supplémentaire. Chaque technique créera des données. Chaque donnée appellera son contrôle. Chaque contrôle demandera des moyens. Et l’on nous expliquera, avec ce ton raisonnable qui précède toujours les grandes folies administratives, que tout cela demeure parfaitement encadré.

    Le plus inquiétant n’est pas que l’État voie trop. C’est qu’il comprenne de moins en moins ce qu’il voit. Une société folle de diversité produit des désordres qu’elle refuse de nommer, puis les traite par des catégories abstraites. Elle ne veut pas dire d’où vient la violence, quelles populations la portent, quelles idéologies la travaillent, quels abandons l’ont rendue possible. Elle préfère surveiller large plutôt que nommer juste. Elle accumule les signaux faibles parce qu’elle a perdu les évidences fortes.

    Reste une hypothèse, que l’époque jugera dangereuse parce qu’elle ne comprend plus rien aux forces souterraines de l’histoire. De cette petite population marginalisée, surveillée, censurée, privée d’accès aux salons où l’on distribue les brevets de respectabilité, peut sortir un levain. Les minorités persécutées ne gagnent pas toujours. Beaucoup s’éteignent, se fatiguent, se divisent, se dessèchent. Certaines, pourtant, conservent ce que la majorité conforme a laissé mourir : la mémoire, la fidélité, la langue des pères, le sens de la transmission, le goût de la limite. Il est possible que la renaissance d’une France européenne, conforme à son héritage, ne vienne pas des institutions fatiguées, mais de ces marges où l’on aura gardé, dans le silence et l’opprobre, quelques braises sous la cendre.

    Je quittai la terrasse tandis que le soleil descendait un peu sur les façades. Devant la gendarmerie, rien ne bougeait. Une France ancienne semblait encore tenir dans cette immobilité : un bâtiment sobre, un drapeau, quelques volets fermés, la paix apparente d’un bourg provençal. Pourtant, derrière cette image rassurante, une autre France s’organise, invisible, câblée, procédurale, soupçonneuse, une France qui ne croit plus assez à son peuple pour lui faire confiance, ni assez à son droit pour se passer d’entraves.

    On nous avait promis l’émancipation par la diversité. Nous découvrons la surveillance par nécessité. C’est une vieille leçon politique, et elle n’a rien perdu de sa dureté : plus une société cesse d’être un peuple, plus elle devient un dossier.

    Balbino Katz, Chroniqueur des vents et des marées (Breizh Info, 30 juin 2026)

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  • Feu sur la désinformation... (440)

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un numéro hors-série de l'émission I-Média sur TV libertés consacrée au décryptage des médias et animée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, et Floriane Jeannin

     

                                                 

    Sommaire :

    Les programmes de France TV en lutte contre l’homophobie

    "Un si grand soleil" - "Plus belle la vie" : le service public vous endoctrine

    Films : "Monsieur le Maire", un film français dans l’agenda migratoire

    Disney : un géant dans la tourmente Woke

    Netflix : un cahier des charges pro LGBTQIA+

    BBC - "Horrible History", l’histoire réécrite pour la diversité

    Conclusion

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  • L'esprit français contre le wokisme...

    Les éditions de L'Observatoire viennent de publier un essai de Bérénice Levet intitulé Le courage de la dissidence.

    Docteur en philosophie, Bérénice Levet est déjà l'auteur de plusieurs ouvrages, dont La théorie du genre ou La vie rêvée des anges (Grasset, 2014), Le crépuscule des idoles progressistes (Stock, 2017), Libérons-nous du féminisme (L'Observatoire, 2018) et L'écologie ou l'ivresse de la table rase (L'Observatoire, 2022).

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    " Vous êtes las d’entendre parler à tout-va d’identités, de diversités, de minorités ? Leurs sommations, leurs bûchers, leurs revanches victimaires vous impatientent ? Ce livre est pour vous.

    Il ne s’agit pas ici de dresser un nouvel état des lieux des avancées du wokisme, prête-nom des idéologies diversitaires, en France. Ces ouvrages existent. Ils sont nécessaires et précieux. Mais à quoi bon, objecte Bérénice Levet, multiplier les enquêtes, alerter sur l’extension du domaine des revendications identitaires, si nous n’avons rien de substantiel à leur opposer ? Réalité cruelle peut-être, mais criante : ânonner le catéchisme républicain ou faire tintinnabuler la clochette de l’identité nationale, ces voies empruntées jusqu’ici se sont révélées bien impuissantes à endiguer la déferlante wokiste. 

    La philosophe se propose donc de prendre à bras-le-corps le défi qui nous est lancé. Pourquoi (et au nom de quoi) devons-nous refuser d’entrer dans Eschyle ou Colette comme dans Gauguin ou Balthus, Rameau ou Bizet, par le prisme féministe, lgbtiste ou racialiste ? Pourquoi devons-nous refuser de déboulonner les statues de Voltaire ou de Colbert comme de les escorter de cartels dits pédagogiques ? En quoi les black, gender, cultural studies sont une régression et non une avancée ? Une perte et non un gain ?

    Haut les cœurs !, nous enjoint Bérénice Levet. Si, de tous les pays attaqués par le wokisme, il ne devait en rester qu’un, que la France soit celui-là. Ayons le courage de la dissidence civilisationnelle ! "

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  • Feu sur la désinformation... (315)

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un numéro de l'émission I-Média sur TV libertés consacrée au décryptage des médias et animée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, et Nicolas Faure.

    Au sommaire :

    • 1 : L’image de la semaine
      Joe Biden est désormais président des États-Unis et sa cérémonie d’investiture était… particulière.
    • 2 : Covid-19. Censure, manipulations… Débat impossible ?
      Entre censure de YouTube contre TV Libertés et manipulation possible des chiffres des hospitalisations… le débat autour du Covid-19 et de la vaccination semble devenir de plus en plus compliqué...
    • 3 :  Revue de presse
    • 4 : UE, diversité… Propagande totale du service public
      À France Télévisions, les rédacteurs en chef sont incités financièrement à parler d’avantage de l’Union européenne et de diversité.

     

                                               

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  • La parité, rideau de fumée du système...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous une chronique d'Éric Zemmour sur RTL, datée du 22 juin 2017 et consacrée à la question de la parité, comme rideau de fumée du système...

     

                                            

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  • Quand le monde occidental ne sait plus qui il est...

    Nous reproduisons ci-dessous un entretien avec Philippe Bénéton, cueilli sur Figaro Vox et consacré au dernier essai que cet auteur vient de publier aux éditions du Cerf, Le dérèglement moral de l'Occident. Philosophe, Philippe Bénéton est professeur émérite à la Faculté de droit et science politique de Rennes.

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    Philippe Bénéton : «Le monde occidental ne sait plus qui il est»

    FIGAROVOX. - Comment expliquez-vous la crise des démocraties libérales que nous traversons? Est-elle liée à ce que vous appelez «le dérèglement moral de l'Occident»?

    Philippe BENETON. - Oui, il me semble. La raison première est celle-ci: la pensée dominante ne reconnaît au fond que deux catégories légitimes d'êtres humains, l'humanité et l'individu. La société politique ne saurait donc s'appuyer sur ce qui est commun à tous ses membres: des mœurs, une histoire, des références. Au contraire la diversité est une richesse comme ne cessent ou ne cessaient de le dire le président Obama, le Premier ministre Trudeau et tant d'autres. Mais plus la diversité s'entend, plus se réduit ce que les hommes ont en commun. Comment alors faire en sorte que des hommes, qui à la limite ne partagent rien sinon une égale liberté, s'accordent pour vivre en paix et coopérer les uns avec les autres? La réponse élaborée par les Modernes et radicalisée à l'époque contemporaine est celle-ci: puisqu'il faut renoncer à tout accord sur les règles de vie, il faut tabler sur des règles du jeu. La démocratie libérale prend alors un nouveau sens, elle devient une simple mécanique, elle se définit uniquement par des procédures.

    Le multiculturalisme suppose que tout le monde peut s'entendre avec tout le monde, l'accord sur les règles du jeu suffit. Tout le monde vraiment? Voyez les Serbes et les Croates, les Israéliens et les Palestiniens, les Flamands et les Wallons, les Grecs et les Turcs, les hindous et les musulmans etc. Prenez par ailleurs l'exemple donné par l'Union européenne telle qu'elle est pensée à Bruxelles depuis les années 2000: ce qui unit les Européens, ce sont seulement les règles qu'impliquent les droits de l'homme et le principe sacro-saint de la «concurrence libre et non faussée». Pour le reste, qui fut une civilisation commune, la table rase s'impose. L'Europe a vocation à devenir l'Europe des individus, elle se doit d'être ouverte à tous les vents. Mais les peuples font de la résistance.

    D'un autre côté, dans un monde où les procédures règnent et les vertus s'effacent (au profit du relativisme des valeurs), les acteurs se sentent moins tenus. La crise morale touche la politique comme elle touche les médias, l'économie, les sciences ou pseudo-sciences, les relations quotidiennes... Certains journalistes sans doute jouent les professeurs de morale politique, mais qui contrôle ces journalistes?

    Dans votre livre, vous critiquez ce que vous appelez la «morale de contrebande». Qu'entendez-vous par là?

    L'idée centrale est la suivante: d'un côté notre modernité tardive se targue d'une libération morale: à chacun ses valeurs, chaque individu est souverain, vive la liberté, à bas le vieil ordre moral! Mais de l'autre, elle entend définir la bonne et la mauvaise manière de vivre et de penser. Nous sommes tous innocents sans doute mais à l'exception de ceux qui sont coupables. La faute n'a pas disparu, elle s'est déplacée. Désormais, le «Mal» est clairement circonscrit, il se concentre, il se resserre, il est tout entier dans les atteintes à l'égale liberté, c'est-à-dire dans les formes diverses que peuvent prendre les «péchés» de discrimination ou d'intolérance. Plus précisément, le «Mal» s'incarne dans les mots ou les actes convaincus, à tort ou à raison, de racisme, de sexisme, d'élitisme, de xénophobie, d'«homophobie», ou d'une quelconque attitude critique ou offensive . Ces nouvelles règles pointent vers une division morale de l'humanité: d'une part les représentants du nouveau monde, les hérauts d'une société ouverte ou avancée, les progressistes, les modernes, les féministes..., d'autre part, les rétrogrades du vieux monde, les partisans d'une société close ou tribale, les tenants du vieil ordre moral, les conservateurs ou ultra-conservateurs, les réactionnaires, les populistes, les xénophobes ou pire encore, bref les amis et les ennemis de l'humanité. Cette vision manichéenne ne joue certes pas en faveur de la liberté.

    Vous dénoncez une opinion dominante qui marche à l'intimidation et se refuse à toute véritable discussion. Comment définissez-vous cette opinion dominante et comment opère cette intimidation?

    Par opinion dominante, il faut entendre l'opinion socialement convenable, cette opinion que l'on peut exprimer en public sans avoir à la justifier et sans risquer d'être mal vu. Si Untel dit sur les ondes: «Le populisme est l'un des dangers principaux de notre temps», il est à peu près certain de n'être pas interrompu, mis à la question sur ses intentions, appelé à s'expliquer. En revanche, s'il déclare: «Le populisme est un mot incertain et mal défini, inventé par les Importants pour dire, par sa connotation péjorative, qu'il n'est pas bien de critiquer les Importants», la probabilité est grande que fusent aussitôt des soupçons quant à ses intentions: comment dites-vous? Seriez-vous vous-même populiste ou réactionnaire, etc. L'opinion comme-il-faut fonctionne largement selon ce principe: ne discutez jamais, accusez. Notre temps qui dénonce tant la «morale» ne cesse de moraliser. La mise en cause des personnes remplace le débat des idées. À la limite, un mot suffit pour discréditer l'adversaire: X a dérapé, Y est coupable de dérive, vous restez accrochés à des stéréotypes, vous tombez dans l'homophobie, ces propos sont nauséabonds, ce texte fait le jeu du conservatisme... Celui qui est en cause n'a qu'une voie de salut: récuser cette rhétorique de mauvais joueur. S'il n'est pas disposé ou armé pour le faire, il est pris au piège, il est pris en tenailles: dans quel camp êtes-vous? Exit alors le débat de fond: il y a un accusateur et un accusé, un tribunal et un prévenu. Cette rhétorique est d'une puissance remarquable, elle bloque, intimide, tend à réduire les adversaires ou les réticents au silence. Il s'ensuit que la hardiesse est d'un côté et la timidité de l'autre.

    Une autre arme également est redoutable, celle de la dérision: ne discutez pas, moquez, tournez en ridicule. Les dessins satiriques jouent ce rôle (ils ont gagné, si l'on ose dire, en agressivité ou en méchanceté) et sur les ondes les chroniqueurs-humoristes qui, le plus souvent, tirent toujours dans la même direction. En France, une chaîne de télévision (Canal +) s'est faite une spécialité de cette pratique. Quand un invité pense mal, il est d'usage d'organiser à son intention un traquenard.

    Cette opinion aujourd'hui dominante a gagné en puissance et en radicalité depuis son origine dans les années 1960. Les acteurs, ce sont des minorités actives, les homme d'avant-garde, dont les actions dispersées vont fondamentalement dans le même sens et dont les effets sont sans rapport avec le nombre grâce au relais complaisant des médias. Les hommes d'avant-garde forment une troupe bigarrée. Le philosophe radical, le sociologue critique, l'activiste des droits de l'homme, la féministe militante, le journaliste bien-pensant, le juge partisan... ne constituent pas une classe ou une caste, ils forment quelque chose comme un «parti» informel et fragmenté. Un «parti» puissant qui nous dit comment il nous faut penser, sous peine d'être rangé dans la catégorie des méchants.

    La pensée libérale-libertaire au cœur de la pensée unique ne semble pourtant plus hégémonique...

    Oui, on peut espérer que le rideau commence à se déchirer. Mais si l'opinion dominante est une pensée faible, elle n'en conserve pas moins des positions fortes - dans les médias, à l'école, à l'Université. Ce qu'il faut d'abord obtenir, me semble-t-il, c'est la restauration d'un débat loyal et donc le discrédit de tous ces moyens sophistiques qui disent: il n'y a pas matière à discuter, vos mauvaises intentions vous condamnent.

    Le féminisme est l'une de vos cibles, le condamnez-vous en bloc?

    Distinguo. Le féminisme qui milite pour l'égalité des droits est parfaitement raisonnable. Ce qui est en cause est ce féminisme radical qui, en accord avec l'esprit du temps, tend à dépouiller la nature pour remplir la corbeille de la volonté. Ce féminisme qui nie des réalités qui crèvent les yeux aboutit de facto à des résultats contraires à ses intentions affichées. Puisque les femmes sont en tout ou presque semblables aux hommes, elles ne méritent nullement des égards particuliers. L'identité fictive entre les sexes lève les scrupules et les coutumes qui bornaient l'esprit prédateur des mâles. La camaraderie sexuelle où le commerce des corps est chose innocente, est présentée comme une libération. En fait, elle satisfait une immémoriale aspiration masculine et elle s'exerce sur un fonds de brutalité.

    Les libertés individuelles et les droits de l'homme sont-ils suffisants pour résister à la menace islamiste?

    Je crois effectivement que notre monde occidental est vulnérable en raison de la crise morale qu'a entraînée la nouvelle «morale». L'un des effets les plus frappants de cette crise est que beaucoup de jeunes gens et aussi d'adultes errent à la recherche de qui ils sont, ou pour parler le langage d'aujourd'hui qu'ils éprouvent une crise d'identité. Qui es-tu? À cette question, un homme d'autrefois n'avait guère de peine à répondre: je suis François M, fils de Jacques M et de Suzanne D, époux de Jeanne D, père de deux enfants, natif de Normandie, citoyen français, de religion catholique (ou protestante, ou juive)… Mais que doit répondre un homme d'aujourd'hui s'il se conforme à l'esprit du temps? Qui je suis, mais je suis Moi, un être qui se fait tout seul et ne doit rien à personne... Mais quel est ce Moi insaisissable? Où s'accrocher quand les rôles traditionnels (de fils, de père, de mari...) ont perdu leur force? À quoi se dévouer, se donner quand tout se vaut? Qu'est-ce qui mérite d'être respecté quand la grossièreté et la vulgarité dégoulinent sur les écrans? Que faut-il opposer aux fanatiques de l'Islam qui dénoncent cet Occident qui n'est que débauche et faiblesse, qui exhibe des corps en rut et ne voit rien qui mérite de risquer sa vie?

    Seriez-vous nostalgique de l'Ancien Régime et du pouvoir de l'Église?

    Je serais tenté de répondre: voilà une question qui porte sur mes intentions ou mes sentiments et donc qui détourne des seules questions qui importent - l'interprétation proposée est-elle juste ou non? Mais puisque nous sommes entre gens de bonne compagnie, j'ajouterai ceci: je n'ai guère de nostalgie de cette sorte, je me définis comme libéral-conservateur, au sens où Tocqueville l'était. Libéral parce que rallié aux premiers principes modernes (l'égalité de droit, les libertés publiques), conservateur parce que soucieux de préserver au sein du monde moderne l'enracinement, l'attachement, les qualités morales et spirituelles. L'idéal libéral-conservateur est celui-ci: la liberté et de bonnes mœurs. Il y a de quoi faire.

    Philippe Bénéton (Figaro Vox, 10 février 2017)

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