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12/09/2017

La communion dans la communication...

Vous pouvez découvrir ci-dessous une chronique d'Edouard Chanot sur Radio Sputnik, datée du 29 août 2017 et consacrée à la nomination du "journaliste" Bruno Roger-Petit comme porte-parole du président de la République...

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06/06/2016

Le jargon pour tous...

Les éditions Berg viennent de publier un petit dictionnaire de Pascal Maccioni intitulé Les 111 mots incontournables de la communication - Le jargon pour tous. L'auteur est haut-fonctionnaire et a effectué l'essentiel de sa carrière dans la diplomatie.

 

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" Aujourd'hui, dans les médias, dans les discours politiques, dans le monde de l'entreprise, nous sommes abreuvés de mots à la mode. Qui n'a jamais entendu les termes "impacter", "gouvernance", "efficient", "méthodologie", utilisés à toutes les sauces ? Néologismes ou déviations sémantiques, ils constituent le "jargon" de la communication actuelle que Pascal Maccioni, en tant que diplomate et haut fonctionnaire, connaît bien. Il fait ici une recension amusante de 111 mots qu'il juge "incontournables" à la lumière de notre société, en les décortiquant sans concession, revenant aux étymologies pour mieux en révéler leur "customisation". Chacun pourra ainsi apprécier s'il est un bon communicant, un bon politique, voire même un beau parleur. Enfin, comme le dit Pascal Maccioni "nous laissons au lecteur improbable le soin jubilatoire de constituer, dans une optique holistique, sa propre liste incontournable...". Un petit dictionnaire décapant qui nous fait entrevoir l'immense pouvoir des mots, pouvoir de manipulation et de séduction. "

25/01/2015

Les snipers de la semaine... (98)

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Au sommaire cette semaine :

- sur le site de Minute, Julien Jauffret dézingue l'hystérie du « Je suis Charlie »...

La fin d'un monde 

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- sur Nouvelles de France, H16 flingue Hollande et sa politique réduite à de pitoyables opérations de communication...

Hollande ou la dissolution de la réalité dans la communication

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18/12/2014

Notre samizdat...

Nous reproduisons un point de vue intéressant de Bertrand Renouvin, cueilli sur son blog et consacré au contournement de l'oligarchie et de ses intellocrates chiens de garde par les nouveaux moyens d'expression et de diffusion.

bertrand renouvin,hétérodoxes, communication, dissidence, intelligentsia, Jacques Sapir, médias

Notre samizdat

 

En Union soviétique, dans les trente dernières années, les écrits des dissidents circulaient sous forme de dactylographies, dupliquées au papier carbone. Cette auto-édition (samizdat) clandestine a joué un rôle significatif dans le mouvement d’opposition au régime et dans son retentissement à l’étranger.

 

En France et en Europe de l’Ouest, les adversaires de l’ultralibéralisme ont leur propre  samizdat, au sens strict du terme (1). Je m’empresse d’ajouter qu’ils ont, par rapport aux citoyens soviétiques, des avantages incomparables : ils peuvent publier leurs textes en toute liberté et les diffuser massivement. Cette transformation des moyens de diffusion constitue un évènement majeur, que Jacques Sapir illustre en publiant les statistiques de son blog (2). Pour le mois de novembre, le carnet RussEurope a reçu 194 221 visites, provenant de 75 688 visiteurs uniques. Comme les articles sont repris sur plusieurs blogs français et étrangers, il faut compter en moyenne 100 000 visiteurs mensuels. D’autres blogs ont également un retentissement considérable – ceux de Paul Jorion, de Frédéric Lordon, d’Olivier Berruyer – si bien qu’on peut établir l’existence et la vitalité d’un mouvement d’opinion hétérodoxe qui se manifeste hors des cadres partisans.

Ce mouvement est d’autant plus impressionnant que les textes publiés sont d’un abord difficile et exigent de lecteurs qui ne sont pas tous bardés de diplômes – les commentaires postés en témoignent – un véritable travail. Jacques Sapir montre que ses lecteurs viennent chercher des informations factuelles, introuvables dans les médias traditionnels, et qu’ils demandent des analyses de fond.  Cette volonté de savoir et de comprendre est le signe d’une double défaite :

Défaite des médias officiels (radio, télévision, quotidiens nationaux) et de l’idéologie de la communication dont ils sont les vecteurs. La Pensée correcte diffusée par formules-chocs, le moralisme compassionnel et les arguments des experts médiatiques ne parviennent pas à « formater » l’opinion publique. Preuve manifeste : le débat sur le prétendu « traité constitutionnel » et son rejet par référendum à la suite de la première bataille politique menée sur la Toile. Depuis 2005, un nouveau système d’information critique s’est développé et le débat public n’a cessé de s’enrichir, sans pour autant tuer le livre et la presse sur papier qui est en train de se renouveler – je pense à « Causeur » – comme elle l’a toujours fait.

Défaite des puissances financières, propriétaires de quotidiens, d’hebdomadaires et de chaînes de télévision qui perdent chaque année un peu plus de leur influence. Face à ces médias déclinants, un citoyen peut créer un blog sans grandes compétences techniques et presque gratuitement puis se lancer dans le débat démocratique national et international. Sa notoriété sera fonction de ses qualités éditoriales, et d’elles seulement. Ce n’est pas un changement, c’est une révolution dans la médiasphère : elle contribue au discrédit des dirigeants et des partis politiques qui vivent en osmose avec les médias de la fin du 20ème siècle ; elle fait des intellectuels médiatiques – Bernard-Henri Lévy, Jacques Attali – des colosses aux pieds d’argile qui ne savent pas à quel point leurs postures et impostures sont brocardées.

D’où une situation paradoxale : les intellocrates et les oligarques se croient au centre du monde alors qu’ils sont marginalisés par une nouvelle génération intellectuelle. Ses représentants s’appuient sur des convictions profondes, récusent le Capital et n’ont nul besoin de capitaux. Cette nouvelle intelligentsia savante n’a pas seulement disqualifié les « experts » : elle est la référence du prolétariat intellectuel méprisé et réduit au chômage par l’oligarchie, de militants de tous bords et de nombreux Français qui cherchent à s’engager en politique. Cet ensemble, que j’évoque à gros traits, peut former une contre-société à vocation révolutionnaire…

Je ne dis pas que notre samizdat vole vers la victoire car notre crise peut aussi trouver des issues violentes qui ruineraient ses projets. Mais les nouveaux mouvements qui se manifestent dans la rue ou dans les urnes en Italie, en Grèce, en Espagne, en Belgique… nous incitent à persévérer dans l’effort afin que nous puissions dire à notre tour : Bien creusé, vieille taupe !

Bertrand Renouvin (Blog de Bertrand Renouvin, 16 décembre 2014)

 

Notes :

(1)     Samizdat se traduit par auto-édition à partir du pronom réfléchi sam et de izdatiélstvo, édition – donc sans référence à l’idée de clandestinité.

(2)    Cf. RussEurope et les visiteurs : http://russeurope.hypotheses.org/3095

(1)     Samizdat se traduit par auto-édition à partir du pronom réfléchi sam et de izdatiélstvo, édition – donc sans référence à l’idée de clandestinité.

(2)     Cf. RussEurope et les visiteurs : http://russeurope.hypotheses.org/3095

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18/08/2014

Le royaume des imposteurs...

Nous reproduisons ci-dessous une tribune libre de Natacha Polony, cueillie sur le site du Figaro et consacré à l'imposture dans le monde politique français... Journaliste et agrégée de lettres, Natacha Polony est l'auteur de  Nos enfants gâchés. Petit traité sur la fracture générationnelle (Lattès, 2005), L’Homme est l’avenir de la femme (Lattès, 2008) et de Le pire est de plus en plus sûr (Mille et une nuits, 2011).

 

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France, royaume des imposteurs

Cela commence par un président qui se fait élire sur la promesse d'imposer les plus riches à 75%. Disposition retoquée par le Conseil constitutionnel. Le même se fait écraser aux municipales et promet des baisses de charges salariales. À nouveau retoqué. Ce président prend aussi des airs compassés pour aligner trois mots effarants de banalité sur «le droit à la sécurité d'Israël» avant de se reprendre, quelques jours plus tard, et d'évoquer les morts palestiniens parce qu'un communicant l'a alerté sur l'effet désastreux de son assourdissant silence. Triste figure de composition qui est la même qu'à peu près tous les politiques, de droite comme de gauche, quand ils veulent montrer au citoyen français qu'ils sont impliqués, conscients, déterminés.

C'est cet air d'un ancien président interrogé par deux journalistes et qui évoque ce «sens du devoir» qui seul pourrait lui donner l'envie de mettre fin au feuilleton savamment orchestré de son retour pour annoncer qu'il répond à l'appel du peuple. C'est celui d'un ministre des affaires étrangères au visage de circonstance, voulant faire croire que la France a une quelconque position diplomatique qui serait autre que l'alignement pur et simple sur les volontés américaines.

C'est celui de ces chefs de la droite, grands ou petits, qui proclament à chaque élection leur «conviction européenne» depuis que Jacques Chirac, en 1992, a décrété qu'on ne pouvait avoir de destin présidentiel si l'on avait osé critiquer cette Europe.

C'est enfin celui de tous ces responsables qui parlent la main sur le cœur du déclassement des classes moyennes inférieures parce qu'ils ont - enfin - compris que leur abandon total les précipitait dans les bras du Front national.

Quel rapport entre ces personnages disparates? Cette petite gêne que l'on ressent devant ce qui ressemble fort à une simple posture. Le soupçon qu'il n'y a là aucune conviction, pas l'ombre d'une vision, mais un discours calculé suivant les impératifs supposés de la popularité ou de la réussite. La posture, c'est cette façon de ne se positionner que selon les critères du moment et ce que l'on suppose être l'attente de son public.

C'est ce dommage collatéral généralisé du règne de la communication. Car le phénomène ne frappe pas seulement les politiques. Dans chaque domaine de l'activité humaine, on peut relever ces exemples, non pas d'hypocrisie - ce serait encore un hommage du vice à la vertu - mais de composition d'un argumentaire ponctuel hors sol. Et cela nous raconte un peu de notre monde moderne.

La communication dont on nous rebat les oreilles comme d'un principe d'efficacité a changé de nature sous l'effet d'une extension de la logique marchande. Elle n'a plus rien à voir avec la vieille réclame qui se contentait de vanter les qualités d'un produit, de «faire savoir». Il s'agit désormais de concevoir le produit en fonction de ce qui va séduire. La communication modifie l'essence même des choses.

Dans le domaine des idées? Plus un discours qui ne vante l'action merveilleuse des femmes, tellement «indispensables». Posture. Et que dire de ces proclamations sur la tolérance dont le but est moins de changer les choses que de montrer à ses pairs que l'on se situe du bon côté? Posture. Dans le domaine de l'art? Il y a longtemps que nous sommes habitués à ce discours verbeux qui accompagne des œuvres sans âme pour les positionner sur l'échelle de la «rébellion». Posture encore. Dans le domaine du vin? Il n'y a plus de choix qu'entre des vins passés dix-huit mois en barrique neuve, parce que certains œnologues à la mode n'aiment que le goût du chêne, ou les vins oxydés de ceux qui ont fait du vin «bio» une idéologie.

Le dénominateur commun? Le lecteur, l'électeur ou le buveur sont devenus des clients, plus des citoyens auxquels on s'adresse, des gens à qui l'on offre une émotion ou une vision en partage. Ils sont des parts de marché potentielles. En politique, le tournant date du début des années 1980, quand des publicitaires ont pris en main les campagnes électorales. Un petit village de France sur une affiche et ce slogan: «La force tranquille». Première forfaiture politique. Car malgré l'espoir sincère que soulevait dans une partie du peuple l'arrivée de cette gauche au pouvoir, on entrait dans l'ère du mensonge. Sous prétexte d'aider les politiques à formuler leurs idées et d'offrir un écho à leurs actes, les marketeurs ont peu à peu modifié le discours politique lui-même pour le faire coller aux codes.

Comme dans le vin, c'est maquillage au bois neuf du techno pinard ou vinaigre imposé par les «purs» autoproclamés. C'est un gaullisme de circonstance par des héritiers perchés sur la croix de Lorraine pour mieux s'asseoir sur les engagements et les choix de l'homme du 18 Juin. C'est une invocation ad nauseam des mânes de Jaurès par ceux-là mêmes qui ont désindustrialisé le pays et abandonné la classe ouvrière pour convenir aux sirènes de la mondialisation.

Une société de posture ne peut rien produire de durable, rien qui dépasse le simple cadre de notre existence immédiate, puisqu'elle ne cultive que le court terme et la rentabilité. Quitte, pour cela, à tromper un peu le client. Ainsi de la posture sommes-nous passés à l'imposture.

Natacha Polony (Figarovox, 11 août 2014)

14/05/2013

Une cérémonie cannibale ?...

Un des premiers en France à avoir disséqué la technique du « storytelling » dans la communication politique dans Storytelling - La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits (La Découverte, 2007), Christian Salmon revient avec un nouvel essai publié aux éditions Fayard, La cérémonie cannibale - De la performance politique, pour jeter un regard cru sur la scène politique.

 

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" Le storytelling des hommes politiques et son décryptage compulsif par les médias sont devenus en quelques années les deux mamelles d’une démocratie envoûtée, qui a substitué le récit à l’action, la distraction à la délibération, le stage craft (l’art de la mise en scène) au state craft (l’art de gouverner). La politique est passée de l’âge de la joute à celui de l’interactif. Du storytelling à la performance narrative, de la diversion à la dévoration des attentions. 
L’homme d’État apparaît de moins en moins comme une figure d’autorité, une instance productrice de normes et de plus en plus comme quelque chose à consommer, un artefact de la sous-culture de masse.
C’est là le résultat d’une certaine impuissance à exercer le pouvoir, sous l’effet conjugué du néolibéralisme et des nouvelles technologies. Désacralisé, profané par les médias, ridiculisé par les marchés, soumis à la tutelle des institutions internationales et des agences de notation, l’État est désormais ce trou noir qui aspire ce qu’il reste du rayonnement du politique. L’homo politicus y apparaît non plus comme le porteur du changement annoncé, mais comme un spectre éclairé par les flammes de sa propre dévoration. 
La com’ politique ne vise plus seulement à formater le langage, mais à capter et à plonger les esprits dans cet univers spectral dont les hommes politiques sont à la fois les performers et les victimes… "