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20/04/2017

La destruction de l’élection présidentielle par l’idéologie réformiste...

Le 18 avril 2017, Pierre Bergerot recevait, sur TV libertésVincent Coussedière pour évoquer son dernier livre Fin de partie - Requiem pour l'élection présidentielle (Pierre-Guillaume de Roux, 2017). Professeur de philosophie et essayiste, Vincent Coussedière vient de publier Le retour du peuple - An I (Cerf, 2016) et est également l'auteur d'Eloge du populisme (Elya, 2012).

 

                                     

 

" Professeur agrégé de philosophie, Vincent Coussedière est venu nous présenter son dernier ouvrage “Fin de partie, requiem pour l’élection présidentielle” aux éditions Pierre-Guillaume de Roux. Dans cet essai, Vincent Coussedière analyse la perte de légitimité de l’élection présidentielle voulue par le général De Gaulle, devenue la grand messe de la politique partisane corrompue depuis 1974 avec l’idéologie réformiste.

Distinguant 3 niveaux de politique, l’archi politique, la grande politique et la politique ordinaire, Vincent Coussedière constate la primauté de cette dernière. Il établit la généalogie, la nature et les conséquences de l’idéologie réformiste, produit du libéralisme ayant pour but la libération de l’individu de toute entrave à son épanouissement.

Le résultat de la soumission de la République à la politique ordinaire est le délitement du peuple et la guerre organisée de tous contre tous sur les plans économiques et interpersonnels. Dans ces conditions, il est impossible à la classe dirigeante de reconnaître la guerre portée par l’islamisme et d’y répondre. L’élection à venir étant vide de toute légitimité, les grands hommes capables de gouverner ne pourront être issus que de l’élection mystique et historique de la guerre, comme De Gaulle le fut en 1940. Vincent Coussedière voit dans le populisme l’instinct de conservation de vieux peuples politiques qui résistent à leur dissolution dans la mondialisation. Le populisme témoigne non pas des “heures les plus sombres” mais de l’attachement d’un peuple à la question politique. Ca n’est pas le peuple qui se détourne de ses élites, mais celles-ci qui se sont détournées du peuple, qui ont fait sécession. Vincent Coussedière reviendra sur l’essence de l’élection présidentielle de la Vème République, sur le danger que représente l’idéologie réformiste au sein d’un parti et en politique en général. Il expliquera également qui sont les entrepreneurs identitaires qu’il dénonce à plusieurs reprises dans son ouvrage. "

26/01/2017

Le phénomène Macron, entre marche triomphale et bulle médiatique !...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Didier Beauregard, cueilli sur Polémia et consacré au  phénomène Macron...

 

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Le phénomène Macron, entre marche triomphale et bulle médiatique !

La décomposition du Parti socialiste ouvre de nouveaux espaces politiques, avec la montée en puissance d’Emmanuel Macron. Cette marche en avant, pour plagier le slogan du candidat, est-elle irrésistible, ou relève-t-elle d’abord d’un phénomène de bulle ?

La mésaventure de Juppé, ultra-favori des médias et des sondages jusqu’aux derniers jours de la primaire de la droite, invite à la prudence. Il ne suffit plus d’être le candidat choisi par le Système pour gagner à coup sûr.

Face à l’incertitude des perspectives électorales qui semblent jouer en faveur du candidat qui prétend incarner le progrès, il faut, pour retrouver quelques repères solides, revenir aux fondamentaux de la sociologie politique. Cette dernière, sur la durée, se trompe rarement.

Retour aux fondamentaux politiques

Pour schématiser, si nous reprenons les grandes forces sociopolitiques du pays, nous avons une gauche qui évolue autour des 40% et qui se subdivise en 3 courants de force plus ou moins égale, soit approximativement 1/3 de l’électorat chacune :

-l’ « archéo-gauche », incarnée par Mélenchon et les Frondeurs ;

-la gauche « conservatrice » qui tente de trouver une voie de compromis au sein du PS pour permettre à ce dernier de rester le navire amiral de la gauche, représentée aujourd’hui par Montebourg et Hamon ;

-et la gauche « opportuniste », ou sociale libérale, qui lorgne vers le centre et dont le leadership est revendiqué à la fois par Valls et Macron.

Aucune de ces gauches n’est assez forte aujourd’hui pour imposer sa domination aux autres, et l’épuisement quasi biologique du PS libère naturellement les forces centrifuges. En clair, un candidat issu de la gauche doit nécessairement capter un électorat hors des familles de gauche pour avoir une chance d’être élu. Et, incontestablement, Macron est la seule personnalité « de gauche » capable d’élargir son électorat sur son flanc droit.

La vraie question, désormais, dans le cadre d’une compétition où trois candidats ont une chance crédible d’être présents au second tour – celui de la droite, la candidate du FN, et l’outsider Macron – est d’évaluer au mieux leur force respective, en sachant, bien sûr, que de faibles déplacements d’électorat d’un candidat vers l’autre peuvent faire basculer les rapports de force entre les trois compétiteurs.

Et c’est là que nous retrouvons les fondamentaux de la sociologie politique. Nous présupposons, dans cette approche fondée sur la relative pérennité des grands courants idéologiques en fonction de la sociologie qui les sous-tend, que chaque famille politique dispose d’un plancher incompressible et d’un plafond indépassable.

L’interrogation soulevée par les sondages actuels est bien de savoir si Macron a une chance d’être présent au second tour, en passant devant Fillon, le candidat, aujourd’hui, le plus à sa portée ?

La droite « classique », avec le centre donc, représente, pour un premier tour, un réservoir de voix incompressible de l’ordre de 25%. En 2002, Sarkozy avait enregistré un score de 31% (Bayrou se situant à 18,7%) ; en 2012, le même candidat se situait à 27% (avec un Bayrou à 9,3%). Le score de la droite le plus bas sur un premier tour fut atteint par Jacques Chirac en 2002 avec un niveau de près de 20%, mais, à côté du candidat majeur de la droite, l’ensemble des « petits » candidats de droite et du centre totalisait plus de 18% des suffrages.

On peut donc légitimement estimer que, dans un contexte global de droitisation de l’électorat, Fillon peut compter sur un score minimal de 25%, ce qui, au demeurant, représenterait une performance médiocre.

Vers un duel Fillon/Marine Le Pen ?

Macron, pour sa part, a-t-il une chance raisonnable d’atteindre la zone des 25% pour venir éventuellement menacer la position du candidat de la droite ? Au-delà de l’euphorie actuelle des sondages qui le portent jusqu’à 20%, les fondamentaux ne plaident pas en faveur de cette hypothèse.

Avec un Mélenchon autour des 15%, il reste environ un volume de 20% de voix de gauche à se partager entre le candidat du PS et Macron. Dans le cadre d’un scénario extrêmement optimiste pour ce dernier, où il réussirait à capter la moitié des électeurs socialistes (soit 10% du corps électoral), où trouverait-il les 15% de voix nécessaires à une qualification éventuelle pour un deuxième tour ?

Sur la base d’une hypothèse, toujours extrêmement optimiste, où le candidat du « progrès » serait susceptible de séduire une part importante de l’électorat de centre droit qui a voté Juppé aux primaires de la droite (disons jusqu’à un électeur sur deux !), il obtiendrait, au mieux, sachant que Juppé a capté environ le tiers des voix de droite et du centre, un score supplémentaire de 4 ou 5% de l’ensemble des suffrages exprimés.

L’étiage « raisonnable et logique » du candidat Macron se situe donc autour des 15%. Un scénario extrêmement positif pour lui peut, peut-être, le conduire dans la zone des 20%, mais, en tout état de cause, le plafond de Macron n’atteint pas le plancher de Fillon.

D’autant que, dans l’hypothèse la plus pessimiste d’un brutal décrochage de Fillon, on peut légitimement penser qu’une fraction non insignifiante de l’électorat du FN se déplacerait vers le candidat de la droite pour éviter à tout prix la victoire d’un candidat issu de la gauche.

Cette hypothèse, plausible sinon certaine, ne menacerait pas pour autant la présence de Marine Le Pen au deuxième tour. Son potentiel électoral est aujourd’hui évalué autour des 25% (personnellement nous le situons plus près des 30%). Dans le cas de figure où elle perdrait quelques points en faveur de Fillon, elle resterait encore, selon la logique de notre analyse, hors de portée de Macron. On peut légitimement estimer que le niveau plancher de la candidate FN se situe également dans la zone des 25%.

Sur la base de ces hypothèses construites sur la réalité des chiffres, il apparait clairement que la seule chance de Macron d’être présent au second tour est de puiser de nouvelles clientèles dans le réservoir des abstentionnistes, soit environ, dans le cadre d’une présidentielle, 20% de l’électorat.

Cette hypothèse ne doit pas être écartée a priori, mais rien ne permet, en l’état, de l’étayer. A la lueur des exemples du passé électoral, la perspective d’une mobilisation soudaine des abstentionnistes relève plutôt de la fiction. On peut noter cependant que, lors des dernières élections régionales de décembre 2015, la campagne anti-FN aurait permis de mobiliser 4 ou 5% de voix qui ne s’étaient pas exprimées au premier tour.

Mais ce scénario suppose déjà une présence au second tour du candidat « anti-FN », quel qu’il soit, et une issue incertaine où le FN est en mesure de l’emporter, ce qui était le cas pour plusieurs régions en 2015. Il est très peu probable que le vote anti-FN soit déterminant lors du premier tour des présidentielles de 2017.

Macron n’a pas encore subi l’épreuve du feu

L’hypothèse la plus réaliste est donc bien de travailler sur un scénario de second tour opposant Fillon à Marine Le Pen, avec la question subsidiaire de savoir quel sera le positionnement respectif des deux candidats à l’issue de ce premier tour ?

Quant à Emmanuel Macron, rien, en l’état, ne laisse sérieusement présumer de sa présence à l’épreuve finale de la présidentielle. On peut même légitimement penser qu’il vit aujourd’hui la phase la plus euphorique de sa campagne. Quand viendra le temps des confrontations brutales, il y a fort à parier que sa cote de popularité fléchisse et que nombre d’électeurs rejoignent leur famille politique traditionnelle. La violente attaque anti-Macron, mais aussi anti-Valls, d’Anne Hidalgo dans les colonnes du Monde montre bien qu’une part importante de la gauche socialiste (au moins 50%) n’accepte pas le recentrage social-libéral du PS.

La force du candidat Macron est de pouvoir « pêcher » des électeurs à gauche mais aussi à droite ; sa faiblesse, en retour, est de pouvoir être attaqué, avec parfois les mêmes arguments, autant sur son flanc gauche que sur son flanc droit. Il bénéfice jusque-là de ce que la sociologie moderne appelle « l’effet de simple exposition ». Le fait même de parler abondamment d’un personnage suffit, mécaniquement, à augmenter positivement sa réputation, quelle que soit la réalité de sa notoriété antérieure.

Intensément et positivement placé sous le feu des projecteurs, le candidat du Système voit « naturellement » grimper sa cote de popularité. Ce phénomène « mécanique » n’est pas totalement probant, car Macron n’a pas encore été réellement et durement attaqué par ses adversaires.

La campagne du chouchou des médias fait penser à une armée qui défile avec brio mais dont la valeur réelle n’a pas encore été mise à l’épreuve du feu : la seule preuve qui compte.

Didier Beauregard (Polémia, 22 janvier 2017)

 

10/10/2012

La présidentielle de 2017 aura-t-elle lieu ?...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Pierre-Henri d'Argenson, cueilli sur Atlantico et consacré à cette explosion politique et sociale qui vient... 

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Pourquoi il n'y aura pas d'élection présidentielle en 2017

L’année 2012, baignée de la peur inconsciente de l’apocalypse du calendrier maya, a le parfum des terreurs de l’an mil, avec son cortège de catastrophes naturelles, d’émeutes et de dislocations géopolitiques. Dans cette ambiance millénariste, les guerres de position des leaders de la droite en vue de l'élection présidentielle de 2017 ont quelque chose de surréaliste, en miroir des gesticulations gouvernementales, aussi spectaculaires qu’impuissantes face au chaos des évènements.

Car il faut bien se rendre à l’évidence : il est hautement probable que ces élections n’aient tout simplement pas lieu. Point n’est besoin de faire montre d’un catastrophisme dramatisé pour se rendre compte que nous approchons à grands pas du dénouement final de la crise, celle qui a commencé en 1973 avec le premier choc pétrolier, et qui ne touche pas seulement notre économie mais la plupart des piliers de notre civilisation.

Pourquoi 1973 ? Parce que, depuis 1974, aucun budget n’a été voté en équilibre par le Parlement. Autrement dit, c’est depuis 1974 que la génération 68, toujours au pouvoir, non seulement s’est endettée sur ses enfants et petits-enfants pour maintenir le capricieux niveau de vie auquel elle a exigé avoir droit, mais a prolongé la fausse abondance de la société de consommation grâce aux importations de produits à bas coût venus d’Asie. Quitte à fermer les usines européennes qui produisaient ces mêmes produits, pour rester compétitifs sur les marchés des émergents qui nous vendent aujourd’hui des produits concurrents, et pas seulement sur le créneau manufacturier, mais aussi sur celui des produits et services à haute valeur ajoutée. Quitte à allonger la durée des études pour masquer la hausse du chômage et le tarissement de nombreuses filières, sans parler de l’embauche massive de fonctionnaires. Quitte à continuer d’accueillir à bras ouverts une immigration majoritairement sous-qualifiée, bien au-delà de nos capacités d’accueil et d’intégration, prolétariat de substitution pour la gauche et nouvelle armée industrielle de réserve pour le capital, selon la formule marxiste, juste en l’espèce. Et quitte, enfin, à encourager la destruction écologique planétaire engendrée par nos modes de vie.

Tout a un prix, et celui du consumérisme européen, qui nous appauvrit, se paye par un déclassement durable : selon un rapport[1], les pays membres de l’OCDE, qui réunit une trentaine d’Etats parmi les plus riches de la planète et qui représentaient seulement 51% du PIB mondial en 2010 (contre 60% en 2000), devraient devenir minoritaire, à 43%, à l’horizon 2030. En fait, nous transférons notre appareil productif vers le reste du monde, sous les chaleureux applaudissements d’une Union européenne obsédée par le dogme libre-échangiste et le sauvetage de l’euro, dont on ne voit pas en quoi il pourrait nous préserver de  la déroute économique.

La question qui se pose aujourd’hui est pourtant simple : lorsque nous n’aurons même plus de quoi acheter les produits de nos « partenaires commerciaux », que feront-ils de nous ? Ils commenceront par acheter ce qui reste, comme le font déjà le Qatar et la Chine, qui nous traitent comme un pays du tiers-monde, avant probablement de nous brader au plus offrant. Et nous, Européens, retournerons à l’usine pour confectionner les petits jouets des enfants chinois. Pendant ce temps-là, dans nos banlieues, les policiers se font tirer dessus avec des « mortiers »[2], des fusils de chasse et des kalachnikovs… tandis que nos dirigeants semblent n’avoir pour seul programme que d’accélérer la destruction de la seule institution qui tenait encore bon : la famille.

Bref, en 2017, il serait extraordinaire qu’un effondrement de notre société, doublé d’une crise politique majeure, ne se soient pas produits. « Ca va péter », entend-on un peu partout. Et cette fois-ci peut-être, pour de bon.

Pierrre-Henri d'Argenson (Atlantico, 2 octobre 2012)

Notes

[1] Le basculement de la richesse, rapport de l’OCDE du 16 juin 2010.

[2] « La guerre d’Amiens a bien eu lieu », Gilles Gaetner, Valeurs actuelles du 20/09/2012.

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