Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Remigration !...

    Les éditions La Nouvelle Librairie, en partenariat avec l'Institut Iliade, viennent de publier un essai de Jean-Yves Le Gallou intitulé Remigration - Pour l'Europe de nos enfants., avec une préface de Martin Sellner, une des figures les plus prometteuses de la mouvance identitaire européenne.

    Ancien haut-fonctionnaire, président de la Fondation Polémia, Jean-Yves Le Gallou a, notamment, publié La tyrannie médiatique (Via Romana, 2013),  Immigration : la catastrophe - Que faire ? (Via Romana, 2016), Européen d'abord - Essai sur la préférence de civilisation (Via Romana, 2018), Manuel de lutte contre la diabolisation (La Nouvelle Librairie, 2020) et Mémoires identitaires (Via Romana, 2025).

     

    Le Gallou_Remigration.jpg

    " La remigration s’impose de plus en plus comme le concept politique central du XXIe siècle.

    Jean-Yves Le Gallou en propose ici une définition, une généalogie et une justification, en articulant arguments historiques, démographiques, politiques et juridiques.

    Loin de n’être qu’un slogan, la remigration apparaît désormais comme une proposition cohérente, argumentée et radicale. Dans une Europe qui a fait de l’immigration permanente une norme non négociable, ce livre renverse la perspective et remet au centre un principe oublié : le droit des peuples à rester eux-mêmes. Or, le temps presse. Chaque année qui passe rend les effets plus difficiles à inverser, les tensions plus coûteuses à contenir et les décisions plus lourdes à prendre.

    Ce livre est donc avant tout un livre de combat qui entend déplacer les termes du débat et proposer, pour l’Europe de nos enfants, une issue à l’impasse du modèle multiculturel."

    Lien permanent Catégories : Livres 0 commentaire Pin it!
  • Après Khamenei, la fin de l’illusion post-1945...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Balbino Katz, le chroniqueur des vents et des marées, cueilli sur Polémia et consacré à l'élimination du Guide suprême iranien, Ali Khamenei ...

     

    Khamenei_Mort.jpg

    Après Khamenei, la fin de l’illusion post-1945

    La mort confirmée de l’ayatollah Ali Khamenei, à la suite d’une frappe israélo-américaine d’une précision inédite, ne constitue pas seulement un tournant iranien. Elle marque un basculement d’époque. L’opération, patiemment préparée, a visé le sommet même du régime réuni en un seul lieu. Ce n’était pas une campagne aérienne classique, mais une décapitation stratégique. La cible n’était pas une infrastructure, mais une cohésion. L’effet recherché ne relevait pas seulement du militaire, mais du politique au sens le plus schmittien du terme : celui de la désignation de l’ennemi et de la décision souveraine.

    La fin de la primauté du droit ?

    Il serait réducteur de voir dans cet événement la simple clôture de la parenthèse ouverte en 1979 par la révolution islamique. Le véritable cadre historique est plus ample. Il remonte à 1945, à la construction d’un ordre international fondé sur la primauté du droit, la centralité des organisations multilatérales et la conviction, typiquement wilsonienne, que l’institutionnalisation progressive des relations internationales neutraliserait la logique tragique de la puissance.

    L’Organisation des Nations unies, les architectures de sécurité collective, le maillage des traités et des conférences permanentes traduisaient cette ambition. Hans Morgenthau, pourtant théoricien du réalisme, rappelait déjà que les institutions n’abolissent jamais la nature conflictuelle des relations internationales : elles n’en sont que l’expression provisoire. Raymond Aron, dans Paix et guerre entre les nations, soulignait que la diplomatie et la stratégie demeurent inséparables, même lorsque les formes juridiques semblent dominer la scène.

    L’opération qui a coûté la vie au Guide suprême iranien consacre le retour explicite de cette vérité. Elle signifie que la puissance technologique, le renseignement et la décision politique convergent désormais sans le filtre paralysant d’un consensus international. L’ordre procédural s’efface devant l’acte. Le monde ne bascule pas dans l’anarchie : il retrouve une hiérarchie fondée sur la capacité d’agir.

    Les BRICS fragilisés ?

    Ce tournant a des répercussions immédiates sur l’équilibre global. Les espoirs placés dans un ordre alternatif structuré autour des BRICS apparaissent fragilisés. La capacité de la Chine à convertir sa puissance économique en levier stratégique crédible se trouve mise à l’épreuve. La Russie, engagée sur d’autres fronts, constate les limites d’une coalition de circonstance. Le projet d’un système monétaire parallèle au dollar demeure embryonnaire. Le retour des États-Unis comme acteur déterminé, capable d’une coordination opérationnelle d’une telle ampleur, redistribue les cartes.

    La question de la République de Chine (Taïwan), en ce sens, devient un test historique. Si Pékin s’abstient de toute initiative majeure malgré cette séquence, cela signifiera que la puissance chinoise reste contenue par des calculs de risque plus que par une volonté de rupture. Si elle agit, le monde entrera dans une phase d’instabilité ouverte. Dans les deux cas, le paradigme du monde post-guerre froide, fondé sur l’interdépendance économique comme facteur de pacification, se révèle insuffisant.

    L’Europe face à son destin

    Pour l’Europe, l’enjeu est décisif. Depuis 1945, le continent vit sous la double tutelle stratégique et intellectuelle de l’ordre atlantique. Cette dépendance ne fut pas seulement militaire : elle fut conceptuelle. L’Europe a progressivement internalisé les catégories normatives américaines, qu’il s’agisse des droits de l’homme érigés en étalon universel ou d’une conception procédurale de la souveraineté. Carl Schmitt, dans Le Nomos de la Terre, avait déjà analysé la transformation du droit international moderne en instrument de légitimation de certaines puissances dominantes.

    Le problème n’est pas l’alliance en elle-même, mais la vassalité mentale. Guillaume Faye parlait d’« occidentalisation amputée » pour décrire une Europe réduite à l’état de périphérie morale de l’Atlantique Nord. Alain de Benoist a, quant à lui, insisté sur la nécessité pour l’Europe de redevenir sujet de l’histoire et non simple théâtre des stratégies d’autrui. Ces analyses, souvent caricaturées, retrouvent une acuité singulière à l’heure où l’ordre de 1945 se recompose.

    La seconde entrave européenne est d’ordre psychologique. La repentance permanente, érigée en posture morale, est devenue un outil de désarmement symbolique. Oswald Spengler rappelait que les civilisations ne déclinent pas d’abord sous les coups extérieurs, mais par épuisement intérieur, lorsqu’elles cessent de croire en leur propre forme. Une Europe qui s’enferme dans l’auto-accusation systématique se prive de la légitimité nécessaire pour défendre ses intérêts.

    Le moment actuel ouvre donc une fenêtre d’opportunité. La recomposition du système international offre au continent la possibilité de redéfinir sa doctrine stratégique, de renforcer son autonomie capacitaire, d’assumer une politique de puissance adaptée à ses intérêts propres. Cela suppose de sortir d’une posture purement normative pour renouer avec une pensée géopolitique structurée, au sens où l’entendait Ernst Jünger lorsqu’il évoquait le passage de l’ère bourgeoise à l’ère des titans technologiques.

    La fin d’une illusion

    Il ne s’agit pas de rompre avec les États-Unis, mais de cesser de s’y dissoudre. Il ne s’agit pas d’abandonner les principes, mais de les inscrire dans une vision cohérente de la souveraineté européenne. L’histoire récente rappelle que le droit ne protège que s’il est adossé à la puissance. Une Europe stratégiquement adulte doit être capable d’agir sans attendre l’autorisation morale d’autrui.

    La mort de Khamenei et l’opération qui l’a rendue possible signalent la fin d’une illusion : celle d’un monde gouverné par la seule normativité. Le siècle qui s’ouvre réhabilite la décision, la cohérence stratégique et la volonté politique.

    Dans cet environnement, les peuples qui survivront seront ceux qui accepteront de regarder la réalité sans fard. Les autres continueront à commenter l’histoire au lieu de la faire.

    Balbino Katz (Polémia, 1er mars 2026)

    Lien permanent Catégories : Points de vue 0 commentaire Pin it!