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Métapo infos - Page 1323

  • Portrait d'un petit machiniste du nouvel ordre mondial...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous, cueilli sur le site de Boulevard Voltaire, le portrait éclairant, dressé par Jean-Yves le Gallou, de Jean-Pierre Jouyet, nouveau secrétaire général de l'Elysée et membre éminent de l'oligarchie...

     

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    Jouyet : l’UMPS à la tour de contrôle de l’État

    Sous la Ve République, le poste de secrétaire général de l’Élysée est capital. C’est la tour de contrôle de l’État, le lieu de coordination des ministres, le centre de commandement et d’impulsion de l’appareil d’État.

    Bien souvent, le Premier ministre se montre au Parlement, dans les médias pendant que le secrétaire général de l’Élysée gouverne. Vous avez aimé le couple Guéant/Fillon ? Vous adorerez davantage encore le couple Jouyet/Valls. Le discret Jouyet sera aux machines pendant que Valls s’agitera dans son habit de lumière.

    Jouyet est un homme urbain et courtois parfaitement au fait de la machinerie bureaucratique et financière : ancien patron de la direction du Trésor, de l’Inspection générale des finances puis de la Caisse des dépôts, il est passé par la banque Barclays et l’Autorité des marchés financiers, c’est un serial administrateur ! Il commença même sa carrière comme chef de bureau au service de la législation fiscale, ce qui est de bon augure pour les contribuables…

    Mais surtout, Jouyet est au barycentre de l’idéologiquement correct : européiste, il a servi auprès de Delors, alors président de la Commission européenne ; atlantiste, il préside l’Institut Aspen France qui sélectionne les« young leaders » ; distingué oligarque, il est observateur au conseil d’administration du club « Le Siècle » ; ami des financiers, il a côtoyé, chez les Gracques, Matthieu Pigasse, patron de la banque Lazard et Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d’assurances ; comme patron de l’Autorité des marchés financiers, il a parrainé des réformes aussi timides que respectueuses des intérêts des grandes banques d’affaires. Il pourra cohabiter sans problème avec son adjoint Emmanuel Macron de la banque Rothschild. Jouyet a un profil rassurant pour nos suzerains bruxellois et new-yorkais.

    Allons plus loin. En nommant Jouyet à l’Élysée, Hollande prend un coup d’avance. Il sait que Valls, exposé en première ligne, va s’user. Qu’après avoir été léché par les médias, Valls finira lâché, sinon lynché. Hollande sait aussi qu’il lui sera dur, à lui, entre manifestations à répétitions et déroutes électorales, de tenir jusqu’en 2017. Et que la solution d’une nouvelle cohabitation (éventuellement après dissolution) s’imposera. Quel meilleur organisateur pour une nouvelle cohabitation que Jouyet ?

    Jouyet qui a servi comme (très) haut fonctionnaire sous Raffarin, Villepin, Fillon, Copé. Jouyet qui, à la tête des Gracques, a promu un projet d’alliance PS/UDF. Jouyet qui a été ministre d’ouverture de Sarkozy. Jouyet qui a côtoyé les Lemaire, les Bertrand et les Nathalie Kosciusko-Morizet.

    Jouyet, ce n’est pas seulement le petit machiniste du nouvel ordre mondial, c’est aussi l’incarnation propre sur elle, urbaine et technocratique de l’UMPS.

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  • Les snipers de la semaine... (82)

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur Marianne, Périco Légasse flingue le système ultra-libéral et sa logique mortifère...

    Tout est moins cher mais on est ruiné

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    - sur le Figaro Vox, Jean-Christophe Buisson dézingue la génération 68, celle qui est passée des barricades aux codes-barre...

    Pour en finir avec le conservatisme des soixante-huitards

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  • Ernst Jünger et l'écriture de la guerre...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous une conférence donnée par Julien Hervier le 11 février 2014 au Collège de France, et ayant pour thème "Ernst Jünger et l'écriture de la guerre". Julien Hervier a récemment publié une biographie de l'auteur d'Orages d'acier intitulée Ernst Jünger - Dans les tempêtes du siècle.

    La conférence est présentée par Antoine Compagnon, auteur notamment de l'essai Les Antimodernes - De Joseph de Maistre à Roland Barthes (Gallimard, 2005).

     

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  • La marchandisation de la vie humaine à l'ère de la bioéconomie...

    Les éditions du Seuil viennent de publier Le corps-marché - La marchandisation de la vie humaine à l'ère de la bioéconomie, un essai de Céline Lafontaine. Professeur de sociologie à l'université de Montréal, Céline Lafontaine est notamment l'auteur de La société post-mortelle (Seuil, 2008).

     

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    " Sang, tissus, cellules, ovules : le corps humain, mis sur le marché en pièces détachées, est devenu la source d’une nouvelle plus-value au sein de ce que l’on appelle désormais la bioéconomie. Sous l'impulsion de l'avancée des biotechnologies, la généralisation des techniques de conservation in vitro a en effet favorisé le développement d'un marché mondial des éléments du coprs humain.

    Ce livre passionnant éclaire les enjeux épistémologiques, politiques et éthiques de cette économie particulière. Ainsi montre-t-il que la récupération des tissus humains promulguée par l’industrie biomédicale et l’appel massif au don de tissus, d’ovules, de cellules ou d’échantillons d’ADN cachent une logique d’appropriation et de brevetage. De même fait-il apparaître que, du commerce des ovocytes à la production d’embryons surnuméraires, l’industrie de la procréation assistée repose sur une exploitation du corps féminin. Et inévitablement dans notre économie globalisée, le capital issu de la « valorisation » du corps parcellisé se nourrit des corps des plus démunis, avec la sous-traitance des essais cliniques vers les pays émergents, ou le tourisme médical. Ainsi, ce n’est plus la force de travail qui produit de la valeur, mais la vie en elle-même qui est réduite à sa pure productivité.

    Un livre essentiel sur les implications méconnues de l’industrie biomédicale. "

     

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  • Obama contre Poutine : la parabole de la paille et de la poutre...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Arnaud Imatz, cueilli sur le site du Cercle Aristote et consacré à la vertueuse indignation des Américains après la récupération de la Crimée par la Russie... Docteur en sciences politiques, Arnaud Imatz est l'auteur de deux ouvrages importants, José Antonio : la phalange espagnole et le national-syndicalisme (Albatros, 1981) et La guerre d'Espagne revisitée (Economica, 1993).

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    Obama contre Poutine : la parabole de la paille et de la poutre

    À l’occasion de l’intervention russe en Crimée, le président Barack Obama n’a pas manqué de s’indigner violemment. La Russie « est du mauvais côté de l’histoire », a-t-il  fulminé, condamnant « l’acte d’agression » de Poutine « avec la plus grande fermeté ». Rendons-nous à l’évidence : Obama a une parfaite maîtrise de son rôle. Cela dit, sa leçon de « morale politique », énième illustration de la parabole de la paille et de la poutre, est-elle crédible ?

    Depuis Monroe jusqu’à Clinton, en passant par Wilson, F. D. Roosevelt, Bush et aujourd’hui Obama, les discours des présidents américains se nourrissent de convictions simples : le peuple des États-Unis est « élu et prédestiné », « le destin de la nation américaine est inséparable du Progrès, de la Science, du Bien, de l’Humanité, de la Démocratie et de la volonté de Dieu ».  La démocratie libérale américaine, est le « meilleur des régimes », la « meilleure forme de modernité » applicable universellement. Des articles de foi qui légitiment à eux seuls le « leadership mondial » états-unien et la croisade planétaire en faveur des droits de l’homme.

    Ces idées, ces valeurs, sont partagées plus ou moins consciemment par tous les américanolâtres.  L’histoire des États-Unis se confond, selon eux, avec la liberté, la tolérance, la prospérité, la démocratie et la civilisation. Dès lors, ils interprètent la moindre réserve comme le signe du ressentiment, de l’ingratitude, de l’esprit de décadence, pire, de la haine obsessionnelle du libre marché et de la démocratie libérale. Obsédés et aveugles, ils se condamnent toujours à tordre la réalité pour l’adapter à leur idéologie.

    À coté de ce point de vue moraliste des américanolâtres patentés, il y a bien sûr les analyses des historiens et des géopolitologues qui s’efforcent de circonscrire le débat sur un plan géostratégique. Ceux-là soulignent que, depuis deux siècles, la politique étrangère nord-américaine ne cesse d’osciller entre deux interprétations opposées de la doctrine de Monroe (1823).

    Il y a, disent-ils,  d’une part, ceux qui défendent le concept de « grand espace », de continent américain, délimité et interdit à toute ingérence étrangère, et, d’autre part, ceux qui revendiquent son antithèse, la politique de sécurité des voies de communication et le droit d’intervention dans n’importe quel espace traversé par ces communications. D’une part, le panaméricanisme, l’idéologie supranationale, d’autre part, la politique d’ingérence, instrument de pénétration du capitalisme américain en particulier sur les marchés d’Asie et d’Europe.

    Ce point de vue réaliste permet de voir des analogies étonnantes avec l’attitude des russes dans la crise de l’Ukraine. Mais une différence demeure : Poutine ne veut pas la domination du monde, simplement, il n’a pas envie d’être menacé par des bases américaines à ses frontières.

    En la matière, tout semble affaire de perspective. Pour mes amis historiens et géopolitologues hispano-américains la distinction classique entre les deux interprétations de la doctrine de Monroe, si chère aux politologues européens, n’a pas vraiment lieu d’être. Pour eux, les grands principes énoncés par la diplomatie états-unienne [doctrine de Monroe (1823), idéologie de la Destinée manifeste (1845), politique du Big Stick de Théodore Roosevelt (1901), politique de bon voisinage de Franklin Roosevelt (1932), théorie de la sécurité nationale de Truman (1947), projet de zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) de Bush, etc.]aboutissent tous à une seule et même fin que résume ces mots : « L’Amérique aux Américains… du Nord ».

    Les interventions et les agressions des États-Unis dans le monde luso-hispanique au cours des deux derniers siècles se comptent, ne l’oublions pas, par centaines pour les majeures et par milliers pour les mineures. La bibliographie sur le sujet est considérable. On ne citera ici qu’un seul exemple : le travail encyclopédique de l’historien argentin Gregorio Selser, Chronologie des interventions étrangères en Amérique Latine [Cronología de las intervenciones extranjeras en América Latina, 4 tomes, México, CAMENA, 2010]. Ce livre, produit d’un dur labeur de trente ans, a permis de réunir et d’ordonner des milliers de fiches, chacune sur une intervention ou une agression étrangère dont 90 % a été le fait des États-Unis. Une œuvre qui, en raison de son ampleur, ne sera vraisemblablement jamais traduite en français.

    « La Russie est du mauvais côté de l’histoire » nous dit donc M. Obama. Comme une image vaut mieux qu’un long discours, j’invite le lecteur à observer quelques secondes la photo des quatre tomes de l’œuvre de Selser. La seule vue de ces énormes volumes permet de balayer bien des doutes sur la question et de replacer l’attitude de la diplomatie nord-américaine face à la crise ukrainienne dans sa correcte perspective.

    En matière d’intervention étrangère, à l’évidence la Russie de Poutine a des leçons à prendre outre-Atlantique.

    Arnaud Imatz (Cercle Aristote, 5 mars 2014)

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  • Les grands théoriciens de la géopolitique...

    Les éditions des Presses universitaires de France publient cette semaine un essai de Louis Florian intitulé Les grands théoriciens de la géopolitique. Agrégé d’histoire, Florian Louis enseigne l’histoire, la géographie et la géopolitique en classes préparatoires aux grandes écoles et est déjà l’auteur avec Tancrède Josseran et Frédéric Pichon de Géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Puf, 2012).

     

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    "La géopolitique a une histoire. Faite d’audaces théoriques et de vives controverses, celle-ci n’avait jamais été retracée dans son intégralité. C’est désormais chose faite grâce à cet ouvrage qui en dresse la généalogie intellectuelle en s’attachant à l’œuvre de ceux qui, depuis les fondateurs (Ratzel, Mahan, Mackinder, Spykman) jusqu’aux auteurs les plus contemporains (Huntington, Nye, Lacoste, Luttwak), ont contribué à en infléchir le cours. C’est également l’occasion de mettre en lumière l’apport déterminant quoique largement ignoré d’auteurs comme Jean Gottmann ou Carl Schmitt, et d’introduire le lecteur francophone aux dernières tendances de la discipline (critical geopolitics anglo-saxonne).
    Plus qu’une simple galerie de portraits, c’est donc un véritable panorama critique de l’histoire des idées géopolitiques qui est ici proposé. Grâce à de nombreux extraits traduits pour la première fois en français, ce sont tous les concepts cruciaux de la discipline qui se trouvent explicités et mis en perspective : Heartland, Rimland, Lebensraum, Grossraum, etc. Il en ressort le visage inédit d’une discipline dont le foisonnement n’a d’égal que la diversité."

    Au sommaire :

    Introduction : Pour une histoire critique des idées géopolitiques

    I – Le précurseur – Friedrich Ratzel

    II – Le sea power – Alfred Mahan

    III – Le Heartland – Halford Mackinder

    IV – Le Rimland – Nicholas Spykman

    V – Le monde post-étatique – Carl Schmitt

    VI – Une école française de géopolitique ? – Reclus, Vidal, Ancel…

    VII – Le grand échiquier – Zbigniew Brzezinski

    VIII – Le choc des civilisations – Samuel Huntington

    IX – De la géopolitique à la géo-économie – Edward Luttwak

    X – Le soft power – Joseph Nye

    XI – Penser les guerres du XXIe siècle – Keegan, Walzer, Petraeus…

    XII – La géopolitique critique – Gearóid Ó Tuathail
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