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Livres - Page 376

  • Cioran, une mythologie de l'inachevé...

    Les éditions du Soupirail viennent de publier un essai d'Eugen Simion intitulé Cioran, une mythologie de l'inachevé. Professeur d'histoire de littérature en Roumanie, Eugen Simion est un de meilleurs spécialistes de l’œuvre de Cioran, et notamment de sa partie roumaine...

     

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    " Comment s’approprier les paradoxes de Cioran qui ne dit une chose que pour la contester et semer un doute qui doute de lui-même ? Sinon en acceptant l’invitation qu’il nous fait de nous servir de ses aphorismes pour accéder nous-mêmes aux cimes d’où il regarde, lui, le monde d’un œil si curieux et si désabusé, si confiant et si déçu.

       A la frontière de la littérature et de l’investigation érudite, la « narration critique » d’Eugen Simion est un guide irremplaçable pour celui qui est tenté par cette ascension. Mettant à profit les quelque trois mille pages en roumain d’un auteur qui abandonne la langue de ses écrits de jeunesse pour devenir un maître de la littérature française, Eugen Simion raconte en romancier l’itinéraire de celui qui n’écrit que pour dénoncer les incompétences de l’écriture. Celle-ci n’est qu’une série de panneaux signalétiques destinés à nous conduire vers l’essentiel qui ne peut pas se dire, qui n’est que du vécu. Les compétences exceptionnelles d’historien de la littérature et le talent d’Eugen Simion nous mettent sur la piste de ce pays intérieur que les commentateurs français de Cioran ont trop souvent délaissé, faisant fi de la base, qui donne pourtant le sens véritable de l’ensemble. Facile d’accès et captivant, l’ouvrage d’Eugen Simion comble cette lacune en éclairant les essais français de Cioran par ses écrits de jeunesse et par sa très abondante correspondance. Il enrichit notre appréhension de l’œuvre de Cioran et nous évite les dérives d’une lecture qui risque de situer les enjeux de cette époustouflante démarche intellectuelle ailleurs que là où se trouve leur raison d’être. "

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  • Que signifie la pédagogie ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Laetitia Strauch-Bonart, cueilli sur Le Point et consacré au sens qu'on peut donner à l'inflation du terme "pédagogie" dans le discours public... Normalienne, Laetitia Strauch-Bonart vient de publier un essai intitulé Vous avez dit conservateur ? (Cerf, 2016).

     

    Que signifie la pédagogie ?

    Dans une langue évocatrice et raffinée dont lui seul a le secret, Jean-Christophe Cambadélis déclarait récemment qu'il fallait « commencer maintenant la pédagogie du quinquennat parce que la pédagogie, c'est long à installer ». Le pape n'est pas en reste : selon plusieurs médias, « Amoris Laetitia » (« La joie de l'amour »), exhortation apostolique post-synodale publiée en avril, portant sur l'amour dans la famille, est une « pédagogie » de l'amour. D'aucuns vantent la « pédagogie » des droits de l'homme, d'autres, comme le journal Le Progrès en mars dernier, indiquent que les infractions racistes pourront être « punies par la pédagogie », tandis que Le Parisien nous apprend qu'en matière de sécurité routière, « la police joue la carte de la pédagogie ». Même les agents ERDF s'y mettent : face à la méfiance du consommateur devant le nouveau compteur Linky, ils misent sur « la pédagogie en amont », c'est tout dire.

    L'autorité, dans le monde moderne, a-t-elle perdu de sa superbe ou est-elle devenue sournoise ? D'un côté, il est assez pathétique de voir les puissants réduits à l'art de la persuasion, voire de la séduction. Imaginez un instant le général de Gaulle ou Churchill parler de « pédagogie » – les aurions-nous pris au sérieux ? D'un autre côté, nous assistons peut-être à la mutation rusée d'une autorité qui a compris que pour s'imposer, elle doit avancer masquée. En effet, cette « pédagogie » n'est souvent qu'un cache-sexe miteux : pour les puissants, si le peuple rechigne, ce n'est pas parce qu'il refuse la soupe qu'on lui vend, c'est encore et toujours une erreur de « communication » – ou de « pédagogie ».

    Refus de grandir

    Mais le pire est ailleurs : nous sommes traités comme des enfants, et nous en redemandons. « Pédagogie » signifie littéralement, en grec, diriger un enfant. Nos dirigeants ne le savent peut-être pas, et il faut dire qu'ils trouvent dans les citoyens des alliés de taille : n'aimons-nous pas dire et entendre dire que telle commission « a rendu sa copie », tandis que telle organisation est « la première de la classe » dans son domaine ? L'école nous manque-t-elle ? Quand les adultes pratiquent la trottinette sans complexe, la question est légitime. Je ne sais que trop penser d'une société qui se complaît dans l'enfance, mais une chose est sûre : malheur au pays dont le prince est un enfant.

    Que signifie la pédagogie ? Beaucoup de choses de notre temps. Au-delà de la cuistrerie, une tendance à l'irresponsabilité et un refus de grandir. Rien de très réjouissant, en somme !

    Laetitia Strauch-Bonart (Le Point, 20 mai 2016)

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  • Le Duce en guerre !...

    Les éditions Perrin viennent de publier un essai de Max Schiavon intitulé Mussolini - Un dictateur en guerre. Docteur en histoire, Max Schiavon a dirigé la recherche du Service historique de la Défense et collabore à la Nouvelle Revue d'Histoire. Spécialiste de l’histoire militaire contemporaine, il a publié récemment Le Front d’Orient 1915-1918.

     

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    " Depuis son accession au pouvoir en 1922, Mussolini n'a eu de cesse de réclamer la révision des traités de paix consécutifs au premier conflit mondial. Lorsqu'en juin 1940 il déclare la guerre à la France, il est convaincu que l'Italie peut, en menant une guerre parallèle à celle de l'Allemagne, devenir à moindres frais la principale puissance du bassin méditerranéen. Le conflit se propageant, le Duce engage son armée sur plusieurs théâtres d'opération, alors qu'elle souffre pourtant de graves carences dont il est informé, mais qu'il minimise. Après quelques mois, les Italiens sont partout en difficulté. La guerre parallèle souhaitée se transforme en guerre subalterne subie, le sort de l'Italie et de son chef dépendant désormais entièrement des résultats allemands.

    L'erreur majeure du dirigeant fasciste fut sans aucun doute d'avoir cru que la participation à la guerre d'Hitler aurait permis de placer l'Italie dans une position internationale en réalité bien trop élevée au regard des moyens dont disposait le pays. Le comportement de Mussolini comme chef de guerre, les choix qu'il a opérés, les directives stratégiques qu'il a données, ou non, son amateurisme, aussi, ne peuvent être compris qu'en étudiant son caractère, la nature exacte de son pouvoir, ses rapports avec l'armée et, surtout, l'idéologie qui l'anime. C'est ce à quoi s'emploie Max Schiavon dans ce livre novateur et original, nourri aux meilleures sources internationales. "

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  • D'ombres et de flammes...

    Les éditions Gallimard viennent de publier D'ombres et de flammes, le nouveau roman de Pierric Guittaut. Chroniqueur pour la revue Éléments, Pierric Guittaut est déjà l'auteur de Beyrouth-sur-Loire (Papier libre, 2010) et de sa suite Marshal Carpentel, (2014) ainsi que de La fille de la pluie (Gallimard, 2013), un excellent polar rural et enraciné...

     

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    " Le major de gendarmerie Remangeon, «le fils du sorcier», est de retour en Sologne. La région de son enfance, pauvre et marquée du sceau de la superstition, s’est muée en source de revenus non négligeables grâce à la chasse, principale activité des propriétaires terriens. C’est aussi là qu’il y a dix ans a disparu Élise, son épouse, que personne n’a jamais revue.
    Dès son arrivée, des cervidés sont braconnés sur le domaine d’un commerçant aisé, et l’élevage de faisans de son amie d’enfance périclite de façon irrationnelle… Puis il aperçoit Élise, sans pouvoir l’approcher… Afin d’éclaircir tous ces mystères, le gendarme va devoir accepter son héritage, et maîtriser enfin ce sang noir qui bouillonne en lui. "

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  • Arno Breker, une biographie...

    Les éditions Séguier publient cette semaine Arno Breker - Une biographie, de Joe F. Bodenstein. L'auteur, qui fut l'ami et le marchand d'Arno Breker avant d'être le fondateur de Museum Europäische Kunst de Nörvenich, en Allemagne, près d'Aix-la-Chapelle, a déjà publié une monographie du grand sculpteur aux éditions Hirlé (2010).

     

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    " Prônant un retour au classicisme et aux valeurs esthétiques de la Grèce antique, Arno Breker est remarqué en 1937 par le ministère de la Propagande du Reich qui devient son principal commanditaire. Le credo de Breker est alors : l’exaltation de l’homme dans la représentation sculpturale d’après la création par Dieu. Joe F. Bodenstein revient sur la collaboration artistique d’Arno Breker avec le IIIème Reich, sa relation avec Hitler, l’année 1945 et la libération, les tentatives de récupération par Staline, et puis enfin, en 1972, la renaissance. Ce livre nous transporte sur les traces du sculpteur et apporte sa pierre au débat que peut susciter «l’art officiel» : le caractère sacré de l’œuvre doit-il survivre aux atrocités de l’Histoire ? "

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  • Penser l'ennemi, affronter l'exception...

    Les éditions La Découverte viennent de rééditer au format poche l'essai de Jean-Claude Monod intitulé Penser l'ennemi, affronter l'exception. Philosophe et chercheur au CNRS, Jean-Claude Monod a travaillé sur la pensée de Michel Foucault, de Max Weber et de Carl Schmitt...

     

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    " Montée en puissance de la figure d’un nouvel « ennemi », le terroriste, « combattant irrégulier » sans territoire, mise en place dans les démocraties de législations attentatoires aux libertés publiques, remise au goût du jour de la notion d’« état d’exception » : notre actualité semble convoquer de manière frappante les analyses du célèbre philosophe et juriste allemand Carl Schmitt (1888-1985). Mais quel sens peut-on donner aux usages politico-théoriques de la pensée d’un auteur dont on connaît bien aujourd’hui le ralliement actif au nazisme ? Dans quelle mesure, et à quel prix, Carl Schmitt nous aide-t-il vraiment à penser notre présent ?
    Jean-Claude Monod s’efforce ici d’apporter des réponses à ces questions. Il montre que des philosophes marqués à gauche ont ainsi puisé, eux aussi, chez le juriste le plus controversé du XXe siècle, les instruments d’une critique du nouvel impérialisme mondial. Mais Schmitt est-il vraiment le meilleur critique des confusions de la « guerre contre le terrorisme » ? N’est-il pas au contraire l’une des sources cachées des raisonnements juridiques qui servent aujourd’hui à légitimer la suspension des normes humanitaires et constitutionnelles les plus fondamentales ? Ce livre montre qu’on ne peut aujourd’hui ni ignorer ni lire naïvement ce penseur des limites de la raison libérale. "

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