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  • La nécessaire remigration...

    Le nouveau numéro de la revue Réfléchir & agir (n°71 - Automne 2021) est disponible en kiosque. Le dossier est consacré à la remigration...

     

    Réfléchir&Agir 71.jpg

    Au sommaire :

    En bref

    Antipasti

    Xavier Eman

    DOSSIER 

    La nécessaire remigration

    Les précédents historiques depuis 1914, par Klaas Malan

    Un quinquennat pour la remigration, par Klaas Malan
    La dénationalisation des Français de papier, par Eugène Krampon
    Entretien avec Georges Guiscard

    La France pourrait-elle vivre sans les immigrés ? , par Eugène Krampon

    Quelle politique extérieure ? , par Scipion de Salm

    Le nationalisme blanc et son application ethno-démographique, par Eugène Krampon

    Et s'ils ne voulaient pas partir ? , par Klaas Malan

    Grand entretien

    Thierry Marignac

    Fascismes

    Le Parti syrien nationaliste social, par Édouard Rix

    Judaïca

    Le complot des blouses blanches, par Pierre Gillieth

    Histoire

    Le jacobisme, par Christian Bouchet

    Art

    La peinture allemande sous le IIIe Reich, par Scipion de Salm

    Un livre  est un fusil

    Une moto pour Barbara, par Pierric Guittaut

    Notes de lecture

    Musique

    Banquise twist, par Pierre Gillieth

    Disques

     

     

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  • 50 ans d’escroquerie politique, ou le déni français devant l’immigration...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Hervé Juvin, cueilli sur son site personnel et consacré à l'immigration.

    Économiste de formation et député européen, Hervé Juvin est notamment l'auteur de deux essais essentiels, Le renversement du monde (Gallimard, 2010) et La grande séparation - Pour une écologie des civilisations (Gallimard, 2013). Candidat aux élections européennes sur la liste du Rassemblement national, il a publié récemment un manifeste intitulé France, le moment politique (Rocher, 2018).

     

    Travailleurs immigrés_1973.png

     

    50 ans d’escroquerie politique, ou le déni français devant l’immigration

    D’abord, ils sont venus pour repartir. Ils, ce sont ces Maliens, Algériens, Marocains, etc., recrutés parfois par villages entiers par d’anciens militaires français dans les années 1960 pour répondre aux besoins d’une industrie française en plein essor, mais qui refusait d’investir dans les robots et préférait le travail à la chaîne de millions d’OS — ouvriers spécialisés. Certains peuplaient les bidonvilles, d’autres s’entassaient dans les logements insalubres, mais déjà, avec la construction des grands ensembles et des villes nouvelles, il était évident dans les années 1970 qu’ils ne repartiraient pas — mais interdit de le dire ! Ils étaient venus pour travailler, ils repartiraient sitôt leur tâche remplie.

    Fin de l’assimilation, tous Français !

    Après, ils allaient tous s’assimiler, et au nom de quoi douter qu’ils seraient bientôt tous des Français comme les autres ? C’est le moment qui vit le regroupement familial autorisé par le décret du 29 avril 1976 à l’initiative de Jacques Chirac sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, donc sans débat au Parlement. Puisqu’ils avaient acquis des droits — assurance maladie, retraite, logement — pourquoi ne pas permettre à leurs familles de les rejoindre ?

    Certains pourtant parlaient de quotas, de seuils de tolérance, suggéraient que l’afflux de migrants d’autre religion, d’autres cultures, pouvait ne pas garantir leur assimilation à une France encore très majoritairement blanche et chrétienne, à la différence des maçons italiens et des mineurs polonais — mais interdit d’en parler ! Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, et si quelques incidents troublaient la sérénité du discours, c’était la faute des lanceurs d’alerte, des racistes et des beaufs, confondus dans le même opprobre ! Et quand le gouvernement de Raymond Barre voulut stopper pour trois ans le regroupement familial, le Conseil d’État lui barra la route, le 8 décembre 1978, transformant l’immigration de travail en immigration de colonisation (selon Abd el Malek Sayad).

    Puis vint la marche des Beurs, du mouvement « Ni putes ni soumises », suivi de la grande manipulation montée par SOS Racisme. C’était le milieu des années 1980. Jeunes et moins jeunes musulmans, et une majorité de femmes avec eux, voulaient affirmer la compatibilité de leur Islam avec la République, et proclamaient leur volonté d’être reconnus pleinement Français, ni plus ni moins. Les femmes étaient majoritaires dans un mouvement qui aurait pu changer les rapports entre la France et l’Islam. Mais les socialistes internationalistes, agents de la soumission de la France à la globalisation montante, ne pouvaient supporter un mouvement qui échappait à leur tutelle, et risquait de refonder la lutte des classes en réalisant la solidarité entre classes populaires françaises et descendants d’ouvriers immigrés partageant leurs conditions de vie.

    La faute aux Français

    Il fallait diviser — il leur faut toujours diviser. Monté de toutes pièces avec la complicité d’un État socialiste en mal d’idées, SOS racisme tourna la revendication des Beurs en tout autre chose ; la haine de la France et des Français, présumés racistes, haineux et pétainistes, la soumission à un internationalisme qui détruisait toute possibilité de progrès social français, et enfin, et surtout, l’annonce d’un droit à la différence et l’apologie d’un multiculturalisme qui effectivement, porteraient gravement atteinte à l’unité de la Nation. Ceux qui voulaient être reconnus Français furent mobilisés contre les Français !

    Menaces, intimidations, chantages allaient s’abattre sur les Français résistants ; certains évoqueront une dérive tribale, d’autres une soumission de la France à une minorité nuisible, d’autres encore un abaissement rapide de l’unité de la France — mais interdit d’en parler et même de voir les effets de la manipulation qui fera réélire François Mitterrand en 1988 ; les différences sont une chance, la France est plus belle de toutes les couleurs, la diversité est notre avenir… rien n’a changé! Et certains, qui jouent encore la division des Français, appliquent en 2021 la recette qui a si bien réussi en 1988.

    Il fallut bien reconnaître que tout n’allait pas tout seul. La belle histoire avait des ratés. Longtemps nié, le rapport entre montée de la délinquance et immigration, difficultés d’intégration et seuils quantitatifs, devenait évident. Plus question de dire que tout allait bien dans la meilleure des France possibles ! Il suffisait de dire que ce qui tournait mal était de la faute des Français — des Français de France, cela va sans dire. Dans l’exercice, l’échine courbe d’un conseiller d’État fit merveille. Publié en 2013, le rapport Tuot en vint à commander aux Français de s’adapter aux immigrés, dénonçant « la célébration du passé d’une France chevrotante». Le Conseil est familier de ces hardiesses morales.

    L’immigration, une arme contre les nations

    Le rapport Tuot ne parquait pas encore les Français dans des réserves, mais l’idée y était — confinez ces Français qui se croient chez eux en France, veulent garder leur drapeau, leur langue, leur culture, et continuent de croire en leur Nation ! Remplacez-les vite ! D’ailleurs, les Français éliraient bientôt un Président qui leur dirait que la culture française n’existe pas ! D’ailleurs, la maire de Cologne viendrait, en octobre 2021, déclarer que les valeurs de la diversité qui distinguent Cologne autorisent l’appel du muezzin à retentir sur la ville, chaque jour, à midi ! Et bien peu soulignèrent la logique juridique du rapport ; si nous sommes tous des nomades comme les autres, si dire « chez nous » ou « chez soi » est interdit, alors en effet chacun doit s’adapter à une diversité que nul ne contrôle ni ne prétend contrôler. Qui a parlé d’occupation ?

    Et enfin, vint le pacte de Marrakech. Rien qui agite les tribunes ; d’ailleurs, la France y dépêcha un obscur secrétaire d’État au tourisme dont nul ne rappelle le nom. Le pacte, vague et « généreux », proclame le droit universel et incontournable de tout être humain à s’installer dans le pays de son choix. La « générosité » invoquée dispense de considérer les effets concrets de l’appel aux migrations, aussi dramatique pour les populations dites d’accueil que pour la majorité des migrants. Selon une méthode bien rodée, le Pacte est présenté comme une déclaration de droits généraux et abstraits, qu’il appartient à chaque Nation de traduire en droit positif. Et c’est là que l’Union européenne entre dans le jeu, une Union qui a toujours utilisé l’immigration de masse comme une arme contre les Nations — comme si dissoudre les Nations était le moyen de renforcer l’Europe ! Car la conséquence est claire ; la droit à la mobilité signe la mort des mutualités nationales. Si les citoyens les plus riches acceptent de payer pour les citoyens plus démunis, c’est parce qu’ils ont la Nation en commun. Faites-la disparaître, et la mutualité disparaîtra avec elle — où se transformera en charité ; qui est autre chose que la justice, bien moins, ou bien plus, mais n’a rien à voir avec l’égalité.

    Le bilan d’un demi-siècle de mensonges et de déni est accablant. Moins par ce qui a été fait que par l’impossibilité constatée de le défaire ; même Valéry Giscard d’Estaing a déclaré que son plus grand regret était d’avoir autorisé le regroupement familial… L’impuissance politique à répondre aux souhaits de la majorité des Français est éclatante. Elle signe un recul de la démocratie. Seule, une volonté majoritaire clairement exprimée par referendum pourrait faire prévaloir le droit du sang, à condition qu’il soit mis fin à la dictature des institutions européennes et des cours dites de justice. À condition surtout que le débat soit ouvert, les chiffres sur la table, et qu’il soit permis de parler-vrai. Chacun connaît de ces brutes de plateau télé qui ont pour parler de l’immigration des pudeurs de jeune fille. Et chacun connaît ces intellectuels qui éclairent avec lucidité nos débats politiques, mais se gardent bien de dire ou d’écrire un mot sur les migrations. Comme Marcel Gauchet récemment, ils trouvent toutes les raisons de disséquer l’échec du Président Emmanuel Macron, sauf la plus évidente…

    L’immigration au cœur de la campagne présidentielle

    Est-ce enfin le moment de rendre justice à ceux qui se sont battus, qui ont été insultés, poursuivis, persécutés pour avoir dit ce qu’ils voyaient et pour avoir donné une voix aux Français qui n’en ont pas ? Car leur heure est venue. C’est sans doute la première vertu du débat présidentiel actuel; le débat sur l’immigration est enfin au centre des propositions, comme il est au cœur des préoccupations des Français. Pour prendre la place qu’il mérite, et surtout déboucher sur les changements décisifs et nécessaires, quatre conditions s’imposent.

    La première est de tenir fermement la boucle qui unit laïcité et citoyenneté. La laïcité rend la République, certainement pas aveugle, mais indifférente à la religion ; chrétien, musulman, juif, bouddhiste, etc., tout citoyen est également français si, et le si est majeur, sa nationalité le relie plus fortement aux Français qu’à ses coreligionnaires. En clair, est Français qui fait passer la France avant Jérusalem, La Mecque ou Rome. Et chacun voit bien que le débat actuel qui tend à désigner l’Islam comme unique problème est largement biaisé. Les musulmans ne sont pas seuls à préférer leur religion à leur patrie.

    La seconde est d’en finir avec l’obsession économique qui fait s’affronter les tenants d’une immigration qui rapporte, et ceux qui font le compte des coûts de toute nature qu’elle entraîne. Évaluer l’immigration en rapport coût-bénéfice ne fait pas honneur à ceux qui se livrent à des calculs d’ailleurs toujours imparfaits, et jamais concluants. Et il faut aussitôt mesurer l’intérêt qu’ont les multinationales à prôner l’immigration ; le déracinement supprime toutes les satisfactions humaines, sauf celle de consommer. L’homme hors sol contribue à la croissance, oui, mais en cessant d’être lui-même. Bel effet de l’humanisme des Gafam et autres escrocs de l’humanisme libéral ; le multiculturalisme signifie la fin de toute culture. Et c’est l’objectif recherché.

    La troisième est de revenir sur cette condition de la citoyenneté, qu’est la souveraineté. Est citoyen celui qui décide avec les autres citoyens de ce qui les concerne. Eux, et pas d’autre. Eux, sur leur territoire, et pas ailleurs. Autant dire que les cinquante dernières années resteront comme le plus formidable déni de démocratie qui ait été ; de ce qui a été l’une de leurs premières préoccupations, voire la première, l’immigration de masse, les Français n’ont jamais pu débattre, décider, et voter. Et le principe est clair ; une Nation est libre de fixer les critères qu’elle veut à l’accès à son territoire, à sa citoyenneté, aux systèmes de solidarité mutualisés, sinon elle cesse d’exister en tant que Nation, pour devenir une offre où chacun fait son marché — les uns, en devenant exilés fiscaux, les autres, en devenant les clients des guichets sociaux. Nous en sommes là.

    Le quatrième principe est devenu indicible, parce que le seul mot de discrimination condamne celui qui l’emploie. Et pourtant, une Nation prend forme quand elle sépare les citoyens des non-citoyens, quand elle privilégie les uns par rapport aux autres, quand elle fonde cette solidarité nationale qui unit les citoyens entre eux en les séparant des étrangers. Voilà ce qui est en jeu derrière les dérives de l’Union européenne, voilà ce que le pacte de Marrakech veut détruire. Une Nation qui ne préfère pas ses citoyens se condamne elle-même — et si cela s’appelle discriminer au bénéfice de ses citoyens, qu’importe le mot, puisque la chose est juste !

    J’ajouterais un dernier point, crucial parce qu’il touche à la dignité humaine. J’ai connu les pays où toute rencontre commence par ; « d’où viens-tu ? » La question est interdite, parce qu’elle renvoie à des origines et à des territoires, à des déterminations que le nomadisme de rigueur entend faire disparaître — le local, voilà l’ennemi ! La question est interdite, parce qu’elle conduit à interroger l’appartenance ethnique, culturelle, et que la réalité de ces appartenances, leur poids humain comme leur évidence, doivent être niés pour que la société du métissage généralisé puisse advenir — le réel ethnique, religieux, voilà l’ennemi !

    Et qu’arrive -t-il quand plus aucune différence ne fait plus de différence (René Girard) ? L’argent seul fait la différence. Quand la couleur de peau ne fait plus aucune différence, la couleur de la carte de crédit discrimine efficacement — et cette discrimination là, universelle, n’est critiquée par personne. Le capitalisme totalitaire entend régner sans partage, et abolir toute distinction qui n’est pas d’argent.

    A ce compte, le bûcher des identités brûle à grands feux. Et résonne la grande voix de Proudhon ; «  Qui dit humanité veut tromper », pour nous rappeler que les hommes ne sont jamais les mêmes, et que la frontière est le dernier garant de nos libertés contre la loi d’airain de la démographie.      

    Hervé Juvin (Site officiel d'Hervé Juvin, 11 octobre 2021)

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  • Le Doigt de Dieu...

    Les éditions de La Nouvelle Librairie viennent de publier un nouveau polar de Frédéric Rouvillois intitulé Le Doigt de Dieu.

    Professeur de droit public à l’université Paris-Descartes, Frédéric Rouvillois est l'auteur de plusieurs ouvrages d'histoire des idées comme Histoire de la politesse (2006), Histoire du snobisme (2008),  tous deux disponibles en format de poche dans la collection Champs Flammarion, L’invention du progrès (CNRS éditions, 2010), Être (ou ne pas être) républicain (Cerf, 2015) ou Liquidation - Emmanuel Macron et le saint-simonisme (Cerf, 2020). Il a également dirigé avec Olivier Dard et Christophe Boutin, le Dictionnaire du conservatisme (Cerf, 2017) et le Dictionnaire des populismes (Cerf, 2019). Enfin, il a publié récemment un roman, Les fidèles (Pierre-Guillaume de Roux, 2020) et un premier polar, Un mauvais maître (La Nouvelle Librairie, 2020), avec les mêmes enquêteurs.

     

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    " Un bon polar, c’est un bon enquêteur. Bien sûr, il faut une trame et un drame, mais c’est l’enquêteur qui les cuisine. On lit d’abord les « Maigret» pour retrouver son commissaire préféré – sa pipe, sa blanquette de veau, sa psychologie. Frédéric Rouvillois a trouvé son enquêteur, ou plutôt son couple d’enquêteurs : le commissaire David Lohmann, bon vivant légèrement réac, et la capitaine Nathalie Morin, sa jolie partenaire, et plus si affinités. Dans Le Doigt de Dieu, nos deux policiers enquêtent sur le milieu – au sens mafieux du terme – de l’art contemporain, suite à la mort suspecte de Charles Verdier, alias Baby Koons, dix-huit ans, l’un des dix artistes vivants les plus chers au monde, élevé au sein de la «Communauté » sous la houlette d’un inquiétant gourou dans un mélange d’amour libre, de « créativité » et de pédophilie. L’occasion de se livrer, tambour battant, à une satire hilarante de l’art contemporain financiarisé – alliance du kitsch et du cash –, et de certains de ses plus troubles prolongements. "

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  • Ils veulent la peau des Européens !...

    Le 13 octobre 2021, Pierre Bergerault recevait sur TV libertés François Bousquet pour évoquer avec lui un essai de Georges Guiscard, Le privilège blanc - Qui veut faire la peau aux Européens ? , qui vient d'être publié aux éditions de La Nouvelle Librairie, qu'il dirige, et qui est consacré à la pensée « décoloniale »...

     

                                               

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  • Les foudres de Nietzsche...

    Les éditions Hors d'atteinte viennent de publier Les foudres de Nietzsche, le dernier essai  écrit par Jacques Bouveresse avant sa mort. On notera le choix pour l'illustration de la couverture du superbe portrait de Nietzsche par Olivier Carré.

    Philosophe, professeur au Collège de France, Jacques Bouveresse était notamment un spécialiste de l’œuvre de Ludwig Wittgenstein.

     

    Bouveresse_Les foudres de Nietzsche.jpg

    " « Étant donnée l’hostilité ouverte, constante, déterminée, et même violente que Nietzsche a manifestée contre la démocratie, le socialisme, le progrès social, l’égalité – y compris, soit dit en passant, l’égalité entre les hommes et les femmes –, il n’aurait jamais dû, semble-t-il, y avoir un Nietzsche de gauche. Et pourtant il y en a bel et bien eu un, et c’est même celui-là qui a occupé dans la période récente le devant de la scène et est devenu plus ou moins le Nietzsche officiel. Il n’en demeure pas moins qu’entre ceux qui ont cherché à faire de lui un penseur nazi et ceux qui ont considéré comme allant au contraire à peu près de soi qu’il était un penseur de gauche, on se demande réellement à qui il faut décerner la palme dans l’art de ne pas lire un auteur. »

    Depuis des décennies, Nietzsche est en France l’objet d’une double méprise : l’invention absurde mais tenace d’un Nietzsche de gauche (Deleuze) et son enrôlement dans une vaste entreprise de reformatage du concept de vérité (Foucault) que toute sa philosophie contredit. Lecteur assidu, resté longtemps discret, Jacques Bouveresse n’a jamais cru à ces fables. Poursuivant la réflexion engagée dans Nietzsche contre Foucault (Agone, 2016), et au terme d’une longue plongée dans les Fragments posthumes, dont il a tiré un trésor de citations, retraduites puis agencées avec soin, il offre ici un double portrait du philosophe : Nietzsche en chercheur de vérité, moraliste ironiste, lucide et passionné ; Nietzsche en penseur politique, défenseur d’un radicalisme aristocratique selon lequel la masse du peuple doit obéir, travailler et être asservie pour que l’élite puisse être libre, commander et créer. "

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  • L'Union européenne contre la liberté des peuples : le cas polonais...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de David Engels consacré aux menaces de l'Union européenne à l'encontre de la Pologne visant à faire tomber le régime actuel.

    Historien, spécialiste de l'antiquité romaine, David Engels, qui est devenu une figure de la pensée conservatrice en Europe, vit en Pologne et est l'auteur de deux essais traduits en français, Le Déclin. La crise de l'Union européenne et la chute de la République romaine (Toucan, 2013) et Que faire ? Vivre avec le déclin de l'Europe (Blauwe Tijger, 2019). Il a également dirigé un ouvrage collectif, Renovatio Europae - Plaidoyer pour un renouveau hespérialiste de l'Europe (Cerf, 2020).

     

     

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    Le poker autour du Polexit

    Bien que la Cour constitutionnelle polonaise se soit contentée de mettre en question que la CJCE soit vraiment autorisée à remodeler la constitution polonaise même dans les domaines où l'UE n'a pas de compétence sur base des traités européens - doute déjà exprimé par maintes autres cours constitutionnelles européennes ces dernières années, y compris l'Allemagne -, cette décision est stylisée dans les médias occidentaux comme un « rejet des valeurs européennes », voire comme une dénonciation unilatérale de l'adhésion à l'UE. Dans « Der Spiegel », par exemple, Markus Becker a déclaré : « L'UE doit donc riposter avec tout ce qu'elle a, car c'est son existence même qui est en jeu. Cela signifie que la Pologne doit immédiatement couper chaque centime de fonds européens qui peut être coupé », tandis que dans les « Tagesthemen », Markus Preiß a déclaré de manière menaçante : « Depuis trop longtemps, la Commission européenne, mais aussi l'Allemagne en tant que pays le plus puissant, sont restées sans rien faire ». Ainsi, la Pologne menace « l'existence de l'UE » et l'Allemagne, en tant que « pays le plus puissant » du continent, doit enfin mettre de côté sa longanimité légendaire et contribuer à « riposter » avec tous les moyens à sa disposition et à étrangler financièrement son voisin de l'Est. Cela ne ressemble-t-il pas à une hystérie tout à fait inadaptée à la réalité, voire à une gratte dans le disque de l'histoire récente ?

    En apparence, la lutte actuelle porte sur l’accusation selon laquelle la Pologne, par sa réforme juridique, violerait les traités européens et créerait une Europe « à la carte » en ne tenant pas compte des « règles du jeu » générales en continuant pourtant à « collecter l'argent des impôts de l'Europe occidentale ». Tout cela est faux à plusieurs niveaux.

    Tout d'abord, c’est l’UE qui, ces dernières années, par une instrumentalisation inouïe de ces prétendues « valeurs européennes », a déformé les règles du jeu au point de les rendre méconnaissables : la Commission, le Parlement et surtout la CJUE en sont venus à définir des termes tels que « liberté », « égalité », « protection des minorités » ou « État de droit » de manière si large et si idéologiquement à gauche qu'ils en tirent une justification pour presque toute intervention législative dans le droit national – et ce sans aucune possibilité de recours, puisque la CJUE, profondément politisée, sous le prétexte d'une prétendue « séparation des pouvoirs », élude toute objection des autres instances. Cela n'a peut-être pas changé la lettre des traités, mais l'esprit en a été littéralement inversé : légalité ne signifie pas légitimité, comme l'ont tragiquement démontré les régimes autoritaires du XXe siècle.

    Deuxièmement, la soi-disant réforme juridique, comme cela a déjà été suffisamment débattu dans la littérature, n'était pas seulement une réaction du gouvernement actuel à la nomination illégitime et prématurée de plusieurs juges constitutionnels par le gouvernement sortant de Donald Tusk, mais découlait également de la nécessité de gérer l'héritage personnel de l'ère communiste, dont le système de patronage dans le système judiciaire polonais n'avait jamais été soumis à une véritable lustration et s'était entièrement rangé du côté des partis de gauche-libéraux. La démocratisation du système juridique polonais n'a rien fait d'autre que créer des conditions constitutionnelles qui correspondent à celles de la plupart des autres pays européens et ne menacent pas plus l'« indépendance » du pouvoir judiciaire que ce n'est le cas dans l'Allemagne actuelle, mais bien évidemment, tout cela n'a jamais été repris par les médias d'Europe occidentale : Car le vrai problème n'était pas la réforme elle-même, mais sa conséquence, à savoir le renforcement de l'élément conservateur dans le système judiciaire polonais et donc son soutien à la politique intérieure du gouvernement polonais tant détesté par l’Occident.

    Troisièmement, l'argument d’une prétendue obligation d'obéissance de la Pologne en contrepartie des aides financières reçues par l’UE est incorrect à la fois sur le plan moral et factuel. Moralement, car aucun Espagnol ou Écossais ne supposerait jamais que l'Andalousie ou les Highlands du nord-ouest auraient moins de poids national que les autres régions simplement parce qu'elles génèrent moins d'argent qu'elles n'en reçoivent en raison de leur faiblesse structurelle actuelle. Pourquoi en serait-il autrement pour la Pologne au sein de l'UE ? Objectivement, parce qu'il a été prouvé (comme, par exemple, mutatis mutandis dans le cas de l'Allemagne de l'Est) que ces fonds ne sont guère des dons désintéressés, mais représentent plutôt la contrepartie de l'ouverture de la Pologne au marché intérieur européen, où les produits d'Europe occidentale étouffent aujourd'hui encore dans l'œuf leur concurrence d'Europe orientale par des prix de dumping, où le capital d'Europe occidentale profite du marché du travail polonais, aussi bon marché que hautement qualifié, et où même les grands projets d'infrastructure financés par l'UE sont le plus souvent pris en charge par des entreprises occidentales et permettent le transport de marchandises occidentales. Ce qui en résulte est tout sauf de la charité chrétienne, mais au mieux une situation gagnant-gagnant froidement calculée.

    Mais cela explique aussi pourquoi le spectre du prétendu « Polexit » invoqué par les médias d'Europe occidentale est une déformation soit naïve, soit malveillante de la situation économique et politique réelle. Compte tenu des liens économiques étroits avec l'Ouest et de l'enthousiasme collectif pour l'intégration européenne, il n'y a absolument aucun désir en Pologne, et surtout pas au niveau gouvernemental, de quitter l'UE - et en fin de compte, il en va de même pour l'Europe occidentale et surtout pour l'Allemagne, qui, par un Polexit, perdrait un site central d'exportation, de production et d'investissement et ne peut avoir aucun intérêt à trouver des postes de douane sur l'Oder. Une rupture de la symbiose entre l'Est et l'Ouest ne toucherait finalement pas moins la Pologne que l'Allemagne, puisque les subsides « économisés » ne pourraient guère être investies avec plus de profit ailleurs que chez le voisin le plus proche, qui est après tout le cinquième partenaire commercial de l'Allemagne.

    Alors pourquoi le spectre de Polexit est-il constamment invoqué, non seulement à Bruxelles mais aussi à Berlin, et pourquoi le pays est-il littéralement poussé hors de l'UE par une agitation médiatique sans précédent ? La réponse est simple : il s'agit ni plus ni moins d'une partie de poker dont l'objectif est en « changement de régime » classique. La pression politique, médiatique et financière est destinée à agir comme des grésillons pour obliger le gouvernement polonais à céder et donc à abandonner sa politique intérieure conservatrice - ou bien, par une intimidation progressive, à amener la population à renverser le gouvernement d'une manière ou d'une autre et à provoquer de nouvelles élections. Dans le processus, l'ancien président du Conseil européen, Donald Tusk, qui est revenu à Varsovie il y a quelques mois précisément dans ce but, serait alors réélu Premier ministre polonais et ramènerait le pays sur la voie négociée à Berlin et à Paris. Le seul hic de ce calcul, c'est que tôt ou tard, ces mesures mettraient aussi l'Europe occidentale en difficulté, d'autant plus que l'Europe de l'Est s'est jusqu'à présent très bien sortie de la crise et affiche des taux de croissance extraordinaires, ce qui signifie qu'elle offre des conditions presque paradisiaques aux investisseurs occidentaux. L'UE s'appuie donc d'autant plus sur la pression concentrée des médias pour ériger une toile de fond menaçante dont la véritable cible est la population polonaise qui, après des décennies de domination soviétique, veut à tout prix appartenir à l'« occident ». Varsovie va-t-elle céder avant de se rendre compte qu'elle n'a pas de plus mauvaises cartes que ses homologues de Bruxelles et de Berlin ?

    David Engels (Tysol, 17 octobre 2021)

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