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  • Décolonisation...

    Les éditons du Château ont récemment publié un nouvel essai de Renaud Camus intitulé Décolonisation.

    Écrivain, Renaud Camus, avec son expression "Grand Remplacement", a mis des mots sur une réalité que  la police de la pensée du système s'acharne à nier, celle du remplacement visible de la population française de souche par une population originaire principalement d'Afrique. Il est notamment l'auteur de plusieurs essais dont Le Grand Remplacement - Introduction au remplacisme global (La Nouvelle Librairie, 2021), Le Petit Remplacement (La Nouvelle Librairie, 2021) ou La Dépossession (La Nouvelle Librairie, 2022).

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    " L’essence de la colonisation, c’est le transfert de population. En ce sens, l’Europe est aujourd’hui vingt fois plus colonisée qu’elle n’a jamais colonisée elle-même.
    L’avantage qu’il y a à reconnaître cette évidence, c’est qu’elle porte en elle la solution du problème.
    D’une part la colonisation implique nécessairement la décolonisation, la libération du territoire ; et de même qu’aucune occupation n’a jamais pris fin sans le départ de l’occupant, aucune colonisation ne s’est jamais achevée sans le retour chez lui du colon, sa remigration.
    D’autre part les concepts imbriqués de colonisation et de décolonisation résolvent la question du droit : de même qu’il ne saurait y avoir libération avec le droit de l’occupation étrangère, il ne saurait y avoir décolonisation avec le droit qui a assuré la colonisation — il est d’emblée totalement caduc, et avec lui les juges qui l’ont fait appliquer, assurant de la sorte de Grand Remplacement, ou génocide par substitution, la destruction des Européens d’Europe."

     

     

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  • L’Europe, zone occupée !...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Michel Geoffroy cueilli le site de Polémia et consacré à l'Union européenne qui se transforme en prisn des peuples européens...

    Ancien haut-fonctionnaire, Michel Geoffroy a publié le Dictionnaire de Novlangue (Via Romana, 2015), en collaboration avec Jean-Yves Le Gallou, ainsi que plusieurs essais, dont La Superclasse mondiale contre les Peuples (Via Romana, 2018), La nouvelle guerre des mondes (Via Romana, 2020), Immigration de masse - L'assimilation impossible (La Nouvelle Librairie, 2021), Le crépuscule des Lumières (Via Romana, 2021), Bienvenue dans le meilleur des mondes (La Nouvelle Librairie, 2023) et, dernièrement Occident go home ! - Plaidoyer pour une Europe libre (Via Romana, 2024).

     

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    L’Europe, zone occupée !

    L’Union Européenne prétend incarner le seul espace de liberté et de démocratie dans le monde. Mais la réalité est tout autre. En Union Européenne, nous vivons en fait en zone occupée, car l’oligarchie néoconservatrice qui a pris le pouvoir gouverne contre nous et organise notre vassalisation et notre disparition. Et c’est bien le reste du monde qui incarne aujourd’hui le vrai monde libre, contrairement à ce qu’affirme la propagande orwellienne de nos maîtres. Il est temps de mettre fin à cette occupation.

    Une zone de souveraineté limitée et de déclin

    En zone occupée, l’État prélève plus de la moitié de la richesse nationale pour la redistribuer à sa guise, au profit de ses clients, pour les enfermer dans la dépendance.
    En zone occupée, en effet, on ne produit quasiment plus rien, car l’industrie et l’agriculture ont été détruites par la mise en œuvre du libre-échange, des délocalisations et par la multiplication des réglementations, notamment écologiques, et des charges. La croissance économique y est donc plus faible et le chômage plus élevé que dans le reste du monde.
    En zone occupée, les gouvernements ne font plus que de la figuration, car les vraies décisions sont prises par des autorités placées hors de portée du suffrage populaire. Les gouvernements ne sont donc plus au service des peuples — ce serait du populisme — mais ils obéissent aux commandements d’une oligarchie néoconservatrice et hors sol.
    En zone occupée, « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » : donc c’est le régime de la souveraineté limitée qui s’applique comme autrefois au sein du Pacte de Varsovie, au temps de l’URSS. Les peuples de la zone occupée n’ont pas le droit de remettre en cause son idéologie ni sa direction. Les élections ne servent donc plus à rien.
    En zone occupée, ce sont les minorités qui imposent leurs préférences aux majorités, réduites au silence.
    En zone occupée, les étrangers qui s’y installent ont les mêmes droits sociaux que les citoyens autochtones, voire des droits supérieurs, s’agissant notamment de la gratuité de certaines prestations. Car la préférence nationale est assimilée à une discrimination interdite.

    Une zone de liberté conditionnelle

    En zone occupée, les gouvernements réunis en conseil peuvent décider de placer sous sanction toute personne qui diffuse des informations ou des positions qui leur déplaisent, et cela sans procès équitable. La personne placée sous sanction voit notamment ses comptes bloqués et ses avoirs saisis, ce qui ne lui permet plus de payer ou de recevoir un salaire. Si elle réside à l’étranger, on lui interdit l’accès à la zone occupée.
    En zone occupée, les banques peuvent clôturer les comptes des dissidents, sans fournir la moindre justification.
    En zone occupée, l’État peut fermer une télévision qui lui déplaît et interdire un spectacle ou une manifestation au prétexte d’empêcher que des propos contraires à la loi seraient susceptibles d’être tenus. Car en zone occupée, c’est la loi et le juge qui définissent ce qu’on a le droit de dire, de publier, de montrer, de faire ou de rire : on y vit donc sous un régime de liberté conditionnelle.
    En zone occupée, les droits que les traités européens reconnaissent ne s’appliquent pas à ceux qui contestent les objectifs de l’oligarchie. Toute personne qui conteste les affirmations et les actions des gouvernements de la zone est réputée relever de l’extrême-droite, de l’action souterraine d’une puissance étrangère ou de la désinformation par les réseaux sociaux. Car, en zone occupée, les opinions contraires sont assimilées à des délits ou à des maladies (à des phobies).
    En zone occupée, c’est le juge qui décide de la vérité historique et de ce que les parlementaires ont le droit de voter.
    En zone occupée, on peut poursuivre une personne pour des propos qu’elle aurait tenus dans un cadre privé. On peut aussi la poursuivre pour des messages qu’elle a diffusés ou rediffusés sur Internet et qui critiquent le gouvernement ; la police peut alors perquisitionner son domicile et saisir son matériel informatique. On peut même l’emprisonner.
    En zone occupée, les gouvernements peuvent demander aux fournisseurs d’Internet de censurer certains contenus ou certains mouvements, sous peine de sanctions financières importantes. Ils encouragent pour cela la délation par le biais d’associations militantes qui ont pour fonction de surveiller le net en permanence.
    En zone occupée, les juges peuvent interdire à un candidat de se présenter à une élection locale, législative ou présidentielle. Voire annuler un scrutin qui déplaît.
    En zone occupée, les gouvernements s’efforcent de supprimer la monnaie fiduciaire pour contrôler toutes les transactions de la population. Et de tout numériser pour conserver trace de tout.
    En zone occupée, on peut être condamné à la prison pour un excès de vitesse sur la route, car l’automobiliste individuel y est suspect par principe.

    Une zone de propagande continue

    En zone occupée, la population est soumise à une propagande de tous les instants, notamment via le système médiatique et publicitaire.
    En zone occupée, on doit respecter toutes les religions, sauf le catholicisme. On ne doit pas souhaiter, par exemple, un Joyeux Noël mais de Joyeuses Fêtes.
    En zone occupée, il faut être russophobe, sinophobe et ne pas critiquer l’OTAN, sinon on risque l’accusation d’intelligence avec une puissance étrangère.
    En zone occupée, ceux qui critiquent l’islam, l’immigration ou l’insécurité peuvent être accusés d’incitation à la haine et à la discrimination. Et ceux qui critiquent la politique de l’État d’Israël en Palestine risquent d’être accusés d’antisémitisme et d’apologie du terrorisme.
    En zone occupée, demander à un immigrant de parler la langue du pays peut être assimilé à un « crime de haine ».
    En zone occupée, les races humaines sont réputées ne pas exister ; en conséquence de quoi le racisme anti-blanc n’est pas reconnu par les juges.
    En zone occupée, il est interdit de dire qu’un homme ne peut être enceint, car il faut affirmer que le sexe biologique n’existe pas.
    En zone occupée, avorter est considéré comme un droit de la femme. Et tuer les personnes âgées malades est présenté comme un geste humanitaire. De toute façon, on recommande aux autochtones de ne pas faire d’enfant pour « sauver la planète ». Et pour faciliter l’arrivée de nouveaux immigrants.
    En zone occupée, on encourage à l’école le questionnement des écoliers sur leur sexe et on organise des lectures à destination des jeunes enfants, par des personnes travesties.
    En zone occupée, les politiques et les intellectuels n’ont de cesse d’accuser les Européens de tous les péchés du monde, de diaboliser leur civilisation et d’effacer leur religion. Brandir un drapeau national quand on est autochtone est d’ailleurs de plus en plus assimilé à un geste d’extrême-droite.

    ***

    Ouvrons les yeux.
    L’Union Européenne a trahi les espoirs placés en elle en devenant la prison des peuples européens et en instaurant la dictature d’une oligarchie globaliste qui poursuit un projet néoconservateur qui nous conduit au désastre dans tous les domaines.
    Et en devenant une zone de servitude où les Européens autochtones ne sont plus maîtres ni de leur territoire ni de leur destin.
    Et c’est d’ailleurs bien ainsi que le reste du monde, le vrai monde libre donc, nous perçoit désormais avec une répulsion croissante et justifiée.
    Il est temps de mettre fin à cette mortelle occupation.

    Michel Geoffroy (Polémia, 3 juin 2026)

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  • La grande guerre du Péloponnèse...

    Les éditions Perrin viennent de publier une étude de Luciano Canfora intitulée La grande guerre du Péloponnèse.

    Historien de l'Antiquité et professeur émérite de philologie grecque et latine à l'université de Bari en Italie, Luciano Canfora a notamment publié Jules César - le dictateur démocrate (Flammarion, 2001).

     

    Canfora_La grande guerre du Péloponèse.jpg

    " Si dans l'Antiquité les conflits de grande ampleur n'ont pas manqué (guerres médiques, campagnes de conquête d'Alexandre le Grand, guerres puniques, guerre des Gaules), la guerre du Péloponnèse [-447 / -394] est celle qui a le plus marqué les esprits. Durant la seconde moitié du Ve siècle avant notre ère, elle mit aux prises les deux cités d'Athènes et de Sparte, ainsi que les coalitions formées autour d'elles. Les historiens n'ont, depuis, cessé de s'y pencher, et les spécialistes de géopolitique y recourent volontiers pour déchiffrer les relations internationales, notamment les rapports des États-Unis et de la Chine."

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  • Sur les routes de la guerre à moto...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Paul-Henri Guiter à Charles d'Anjou pour son émission Retex sur Omerta.

    Spécialiste de la sécurité, poète, essayiste, Paul-Henri Guiter connait par cœur les routes du Donbas en guerre pour les avoir parcouru à moto, un fusil d’assaut à portée de main. Il est notamment l'auteur d'un livre remarquable intitulé Chants pour une nouvelle odyssée (L'inventaire, 2025), dont nous vous recommandons chaudement la lecture.

     

                                               

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  • Les hyaines...

    Les éditions La Mouette de Minerve viennent de publier Les hyaines, un recueil de chroniques de Bruno Lafourcade, dont certaines ont paru dans la revue Éléments.

    Écrivain à la plume incisive, chroniqueur de la revue Éléments, Bruno Lafourcade a publié ces dernières années, plusieurs romans, L'ivraie (Léo Scheer, 2018), Saint-Marsan (Terres de l'ouest, 2019), Tombeau de Raoul Ducourneau (Léo Scheer, 2019) et Le Portement de la Croix (Jean-Dézert, 2022), trois pamphlets, Les nouveaux vertueux (Jean-Dézert, 2017), Une jeunesse, les dents serrées (Pierre-Guillaume de Roux, 2019), et La Littérature à balles réelles (Jean Dézert, 2021), un polar, Le Hussard retrouve ses facultés (Auda Isarn, 2019) et trois recueils de chroniques ou de pièces brèves,  Les Cosaques & le Saint-Esprit  (La Nouvelle Librairie, 2020), Sac de frappe (Jean Dézert, 2022) et L'Intervalle entre le marchepied et le quai (La Nouvelle Librairie, 2022).

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    " Il n'y a pas de faute dans le titre : "hyaine" est un néologisme mêlant les mots haine et hyène ; c'est un mot-valise, un terme hybride. L'hybridité désigne le croisement de deux êtres issus d'espèces, de races ou de variétés différentes. On a longtemps cru le phénomène réservé aux plantes et aux animaux ; or nous pensons l'observer désormais chez nos contemporains. Ce volume brosse donc le portrait de certaines de ces figures, fruits d'un croisement inédit. Chaque texte porte un titre situant l'hybridité : l'"égautiste" mélange l'ego et l'autiste comme le "rhinocérat" le rhinocéros et le rat ; l'ensemble forme un bestiaire de militantes sur-indignées, de patriotes sans orthographe et d'adolescentes sans pères. Ces fragiles créatures modernes ont éveillé chez nous une pitié paradoxale ; dans ces chroniques et ces fictions, nous rendons hommage, avec une tendresse inattendue, à leur identité relative, à leur vanité discrète, à leur joie mauvaise."

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  • Le laboratoire britannique de la persécution idéologique. Bientôt chez nous ?

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Balbino Katz, le chroniqueur des vents et des marées, cueilli sur Breizh-Info et consacré aux persécutions idéologiques en Grande-Bretagne...

     

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    Interpellation d'un manifestant anti-immigration à l'été 2024

     

    Le laboratoire britannique de la persécution idéologique. Bientôt chez nous ?

    Il est un peu plus de huit heures au bar des Brisants, à Lechiagat. La nuit s’est retirée sans fracas, laissant derrière elle cette clarté grise et salée que connaissent bien les ports de l’Atlantique. La mer est basse, étalée comme une grande table de métal terne, et les chalutiers, ventrus et silencieux, sont retenus par des amarres fatiguées. Le café est brûlant, presque agressif, et nécessaire. Autour de moi, les habitués parlent peu. On ne parle jamais beaucoup ici le matin. On écoute le vent, on jauge le ciel, on attend.

    Sur la table, mon téléphone éclaire le bois usé. J’y lis The Telegraph. Une lecture qui, d’ordinaire, m’accompagne comme un exercice d’hygiène intellectuelle, cette vieille presse britannique ayant longtemps conservé le goût des faits et le sens de la continuité historique. Ce matin-là, pourtant, l’article me saisit à la gorge. Il raconte l’histoire d’un professeur de sciences politiques, dans un collège anglais, littéralement broyé pour avoir fait son métier, montrer, expliquer, contextualiser. Son crime tient en peu de mots, avoir diffusé à ses élèves des vidéos de Donald Trump, discours d’investiture, extraits de campagne, documents publics accessibles à tous .

    Les faits sont d’une banalité confondante. L’homme, quinquagénaire, enseigne à des élèves de dix-sept et dix-huit ans, des élèves presque adultes, appelés à voter dans peu de temps. Le programme porte sur la politique américaine, la propagande, les mécanismes électoraux. Trump vient de remporter l’élection. Le professeur montre quelques vidéos, y compris des documents issus du camp démocrate. Rien de clandestin, rien d’idéologique au sens militant. Et pourtant, tout bascule à partir de presque rien, deux plaintes d’élèves évoquant un « malaise », un « inconfort émotionnel ».

    Dans le monde ancien, ce genre de plainte aurait donné lieu à un échange, un rappel de cadre, peut-être une explication supplémentaire. Dans le monde nouveau, elle devient un signal. Et le signal déclenche la machine. L’émotion, subjective par nature, est immédiatement traitée comme un fait objectif. Puis comme un fait administratif. Puis comme un fait potentiellement pénal. La vérité disparaît au profit de la procédure.

    L’administration du Henley College agit avec une célérité qui force l’admiration, si elle n’était si sinistre. Aucun doute, aucune hésitation, aucune protection de son enseignant. Des courriels officiels tombent, accusant un enseignement « biaisé », « hors sujet », puis un « préjudice émotionnel ». Le vocabulaire est soigneusement choisi, suffisamment flou pour englober tout et son contraire, suffisamment grave pour justifier l’escalade. Le professeur n’est plus un collègue, il devient un problème à gérer.

    Vient alors l’intervention du Local Authority Designated Officer, ce rouage discret mais essentiel de la nouvelle gouvernance morale britannique. Dans son rapport, il n’est plus question de faits, mais de perceptions. Les opinions du professeur « pourraient être perçues comme radicales ». Cette phrase mérite d’être relue lentement. Elle ne dit rien de ce qui est, tout de ce qui pourrait être imaginé. Le conditionnel règne. Sur cette base, la recommandation tombe, un signalement au programme Prevent est jugé prioritaire.

    Prevent. Ce mot, conçu pour désigner la lutte contre le terrorisme islamiste, se retrouve ici mobilisé contre un professeur montrant des vidéos d’un président démocratiquement élu. Le glissement est total. L’outil change de fonction sans changer de nom. Il ne s’agit plus de prévenir la violence physique, mais de neutraliser la dissidence symbolique. L’enseignant est assimilé, de manière implicite mais implacable, à un risque terroriste potentiel.

    À aucun moment l’administration scolaire ne s’interpose. À aucun moment elle ne rappelle l’évidence, enseigner la politique suppose d’exposer à des discours politiques. Elle n’oppose pas la raison à l’absurde. Elle applique, elle transmet, elle se protège. La lâcheté institutionnelle s’avance ici à visage découvert. L’enseignant est poussé vers la sortie, psychologiquement brisé, contraint d’accepter une indemnité dérisoire pour préserver ce qu’il lui reste de dignité.

    Au bar des Brisants, quelqu’un parle du prix du gasoil, un autre d’un coup de vent annoncé trop fort pour les petits bateaux. Je continue de lire. Le professeur raconte les nuits sans sommeil, les consultations chez un psychologue, l’effondrement intime. La bureaucratie, elle, ne voit rien de tout cela. Elle n’a ni yeux ni mémoire. Elle n’a que des cases à cocher.

    Ce qui se joue ici dépasse de loin le sort individuel de cet homme. Le Royaume-Uni fonctionne depuis des années comme un laboratoire avancé de la censure procédurale. La gauche militante, profondément installée dans l’appareil éducatif et administratif, n’a plus besoin d’interdictions brutales. Elle a compris la puissance des dispositifs. Protection de l’enfance, bien-être émotionnel, lutte contre la radicalisation. Des concepts mous, extensibles à l’infini, impossibles à contester sans être aussitôt suspect.

    Carl Schmitt écrivait que le politique commence avec la désignation de l’ennemi. Dans cette affaire, l’ennemi n’est plus celui qui agit, mais celui qui dévie. Il n’est plus combattu, il est pathologisé. On ne débat pas avec lui, on le neutralise pour sa propre sécurité et celle des autres. La morale remplace le droit. La peur remplace le jugement.

    Je pense à Guillaume Faye, à sa critique de la tyrannie du Bien, à cette idée que les sociétés terminales préfèrent détruire à bas bruit plutôt que d’assumer la répression ouverte. Ici, rien de spectaculaire. Aucun procès public. Seulement une succession de lettres, de rapports, de recommandations. Une carrière dissoute dans l’acide administratif.

    Depuis la Bretagne, face à l’Atlantique, cette affaire résonne comme un avertissement. Ce que les Britanniques expérimentent aujourd’hui arrive toujours chez nous demain. Les mêmes mots, les mêmes dispositifs, les mêmes lâchetés. La France aime se croire protégée par son esprit critique. Elle oublie que ses administrations et les syndicats d’enseignants partagent la même passion pour la procédure et le conformisme.

    Et l’actualité récente vient donner à cette intuition une résonance plus large encore. Au moment même où je referme l’article du Telegraph, une autre lecture s’impose, celle des déclarations de Pavel Durov, fondateur de Telegram. Dans une série de messages d’une virulence rare, il accuse Emmanuel Macron et l’Union européenne de vouloir instaurer ce qu’il appelle sans détour un « goulag numérique » .

    Le mot est brutal, volontairement excessif diront certains. Il convoque une mémoire lourde, celle de l’enfermement administratif, de la déshumanisation par le système. Durov n’est pourtant ni un marginal ni un provocateur sans poids. Il est un acteur central du numérique mondial, naturalisé français, longtemps célébré par les élites avant de devenir leur accusateur. Son diagnostic est clair. Sous couvert de régulation, de lutte contre la haine et la désinformation, l’Europe met en place un arsenal juridique destiné à surveiller, filtrer, contraindre les discours.

    Le Digital Services Act, le projet Chat Control, les injonctions adressées aux plateformes, tout cela forme un continuum. Le lien avec l’affaire du professeur britannique apparaît alors avec une évidence presque cruelle. Dans les deux cas, le procédé est identique. On ne censure plus frontalement. On encadre, on classe, on transforme l’opinion en risque. À Henley-on-Thames, ce sont les protocoles de safeguarding et Prevent. À Bruxelles et à Paris, ce sont les règlements numériques et les autorités dites indépendantes. Même logique, même finalité.

    Je repense à cette phrase d’Emmanuel Macron, rappelée par Durov, selon laquelle les citoyens auraient tort de s’informer sur les réseaux sociaux et devraient se fier aux médias traditionnels. Elle trahit une défiance profonde envers le jugement des peuples. Une tentation ancienne, confier la vérité à des instances autorisées. Schmitt, encore lui, rappelait que le libéralisme finit toujours par produire son contraire lorsqu’il cherche à neutraliser le conflit. La neutralisation devient domination.

    L’Union européenne, qui se voulait espace de circulation et de liberté, se transforme peu à peu en espace normatif saturé, où chaque parole laisse une trace, chaque contenu appelle une modération, chaque divergence devient suspecte. Le professeur britannique est sanctionné au nom de la protection des élèves. Le citoyen européen de demain sera surveillé au nom de sa sécurité numérique. Les motifs changent. La méthode demeure.

    Au bar des Brisants, je termine mon café. Le vent s’est levé. Les amarres grincent, les coques s’entrechoquent doucement. Ici, en Bretagne, on sait ce que valent les systèmes trop rigides face aux forces profondes. Ils rompent toujours. L’injustice subie par un enseignant anglais et les accusations lancées par un entrepreneur du numérique ne sont pas des anecdotes isolées. Elles dessinent une même ligne de faille, celle d’un pouvoir qui ne supporte plus ce qui lui échappe.

    Guillaume Faye parlait de convergence des catastrophes. Peut-être faut-il aujourd’hui parler de convergence des censures. L’une éducative, l’autre numérique, toutes deux bureaucratiques, toutes deux persuadées d’agir pour le Bien. À ceux qui croient encore que ces dispositifs ne viseront que les autres, l’histoire britannique offre une réponse sans appel. La mer monte toujours plus vite qu’on ne le croit.

    Balbino Katz (Breizh-Info, 27 décembre 2025)

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