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  • Démographie et dépendance à la main d’oeuvre immigrée : les deux cancers qui accélèrent le Grand Remplacement...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Jean-Pierre Tredia cueilli sur Breizh-Info et consacré aux effets délétères du recours à la main d’œuvre immigrée...

     

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    Grèves de 1982 à Citroën-Aulnay...

     

    Démographie et dépendance à la main d’œuvre immigrée : les deux cancers qui accélèrent le Grand Remplacement

    Savez-vous pourquoi l’Afrique du Sud n’a jamais connu de majorité blanche en matière de population comme ce fut le cas pour les USA, le Canada, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande ?

    Pourquoi l’Afrique du Sud n’a jamais attiré une immigration de masse européenne

    Parce que l’Afrique du Sud ne représentait pas une destination de choix pour les candidats à l’émigration à faible bagage socio-culturel venant d’Europe. Alors qu’un manœuvre écossais pouvait aisément trouver du travail en Nouvelle-Zélande ou en Australie, en Afrique du Sud, sous l’Apartheid, il entrait directement en concurrence avec les Bantous (les Noirs) à qui les emplois subalternes étaient réservés. En Afrique du Sud, il fallait être commerçant, cadre, ingénieur, chef d’équipe, prédicateur calviniste ou avocat pour pouvoir prétendre émigrer d’Amsterdam ou de Hanovre en ayant la certitude de trouver du travail à l’arrivée. Un cireur de chaussure choisissait, lui, plutôt l’Amérique ou l’Australie.

    Cette spécificité a donné au pays de Verwoord une intelligence hors du commun, ce qui amènera les Afrikaners a avoir une centrale atomique dès 1976 et à pratiquer la première greffe d’un cœur en 1967. Mais à l’inverse, cette spécificité était le ver dans le fruit qui allait abattre l’édifice un jour ou l’autre.

    La politique sud-africaine de création de « foyers nationaux noirs » (bantoustans) pour tous les peuples bantous du pays afin de garder la majorité du pays sous domination blanche aura été un échec car il était trop tard. Toutes les villes réputées « blanches » étaient déjà à majorité noire. Masse de jardiniers, éplucheurs de pommes de terre, mineurs ou pousseurs de brouettes de ciment, car il était impensable pour un afrikaner des années 50-60-70 de devoir couper lui-même sa pelouse ou de vider ses ordures, « les Noirs étaient fait pour cela » disait-on alors. Mais comme ces Noirs avaient une démographie beaucoup plus importante que les bourgeois blancs et que l’immigration blanche n’était réservée qu’aux élites, les villes réservées aux Blancs en théorie sont devenus rapidement noires en pratique.

    Si l’on compare grossièrement Johannesburg à New-York, par exemple, c’est comme si Manhattan était le seul territoire majoritairement blanc d’une ville dont tous les autres quartiers, du Bronx au Queens en passant par Brooklyn et Staten Island étaient composé exclusivement de Peaux-Rouges ou de Métis.

    En campagne, c’était exactement la même chose. Le mythe du fermier blanc afrikaner doit être largement nuancé. L’Afrique du Sud agricole est effectivement historiquement et, aujourd’hui encore, contrôlée par les Blancs. Mais le Blanc est le « Baas » (boss) qui règne sur une cohorte d’ouvriers agricoles noirs. Là encore, la question démographique est imparable. Au lieu d’employer des ouvriers agricoles blancs qui auraient, à travers leurs salaires et les soins médicaux assurés par le pouvoir blanc, engendrés des familles blanches qui se seraient multipliées, les fermiers blancs ont permis à des familles noires de prospérer.

    L’assassinat d’Eugène Terre’blanche, emblématique chef de l’AWB, est l’illustration de ce paradoxe. Leader d’une des branches les plus dures de la politique d’Apartheid et du Baaskap (suprématie blanche en Afrique du Sud), il fût assassiné en 2010 par deux ouvriers noirs qu’il employait dans sa ferme !

    Au final, au pic de l’Apartheid, la communauté blanche, afrikaners et anglophones, n’aura jamais dépassé les 20% de la population.

    Main-d’œuvre étrangère : une solution de court terme aux effets durables

    Ce ne sont pas les sanctions internationales ou la figure de Nelson Mandela qui ont signé la fin de l’Afrique du Sud blanche, ce sont la démographie et la dépendance à la main-d’œuvre noire qui aura multiplié les grèves et les sabotages de l’économie, entraînant une fuite des capitaux et des industries, fuite également encouragée les sanctions internationales, bien entendu.

    Ce schéma mortifère de double dépendance est celui que nous connaissons actuellement en France.

    La question démographique est traitée régulièrement dans nos colonnes, je ne reviens pas dessus. Le futur démographique de la France est en train de naître en ce moment même à Saint-Louis du Sénégal ou à Kaboul car Chloë et Matisse ne veulent pas faire d’enfant pour « sauver la planète » ou hésitent à en faire un deuxième car il n’y a pas, autour de chez eux, d’infrastructures de santé, d’accueil ou de scolarité suffisants, sans parler du risque économique et des conséquences sur la carrière de Chloë. A la place, ils adopteront un chien.

    Mais, au-delà de la démographie, la question de la dépendance à la main-d’œuvre immigrée est de plus en plus préoccupante et elle n’est pas du tout abordée dans le débat public. Même dans les cercles conservateurs. Les dernières élections ont montré une situation à la sud-africaine en périphérie des grandes villes. En l’espèce, une présence massive des populations africaines dans les banlieues. Les centres urbains ne conservent que quelques secteurs blancs, le reste étant progressivement gagné par la « diversité » black beur black. Diversité laborieuse ou non mais occupant généralement les emplois les moins qualifiés. « Les métiers que les Français ne veulent plus faire » dit la rumeur populaire. Et celle-ci n’est pas fausse. Car une politique de bas-salaire pratiqué par le grand patronat couplé à un dénigrement systématique des filières d’enseignement technique et professionnel aura donné une université de Rennes 2 ultra-majoritairement blanche (et gauchiste !) et des CFA de la banlieue rennaise de plus en plus colorés.

    La bonne nouvelle, c’est que l’IA va régler une partie du problème en grand-remplaçant certains métiers prisés par les jeunes Blancs (graphistes, développeurs, métiers administratifs, …) alors qu’il faudra attendre encore un peu pour que ChatGPT monte sur les toits pour remplacer les ardoises.

    Autrefois cantonné aux villes, ce phénomène de dépendance à la main d’œuvre immigrée touche désormais les campagnes et notamment la Bretagne confrontée au manque structurel d’employés dans les usines agro-alimentaires. Emplois pénibles, mal rémunérés (quoique, ce n’est plus aussi vrai), mal considérés, où il faut être dans le froid, le chaud, l’humidité, etc…, ces secteurs professionnels sont désormais sous la coupe d’agence d’intérim qui vont directement faire leur marché en Afrique ou en Roumanie. Les dernières élections municipales à Pontivy et l’élection de Soizic Perrault sont indirectement lié à cette question par exemple. Le très industrieux bassin de Pontivy est, en effet, devenu une véritable enclave étrangère entretenue et alimentée par le secteur agro-alimentaire.

    Mais qui blâmer ? Ceux qui ne veulent pas aller y travailler ou les patrons confrontés à de continuels manques de main d’œuvre ? Les deux sans doute car le grand patronat aura lui-même organisé sa pénurie d’ouvriers par diverses stratagèmes et politiques salariales et sociales. Aujourd’hui, avec la multiplication des arrêts maladie, il en paye le prix car même les employés roumains ou mahorais ont désormais des exigences et ont compris « comment ça fonctionne ».

    Idem dans la restauration ou la cueillette de fruits et légumes, secteurs très demandeurs de main d’œuvre immigrée. Il n’y a qu’à voir les annonces des restaurateurs qui promettent des conditions de travail qui s’améliorent par rapport à celles d’autrefois. Seul bémol et il est de taille, une offre d’emploi à 12,2€ brut/heure chez Buffalo Grill avec travail le week-end, coupures, etc… à ce prix-là (environ 1443€ net/mois) et au regard du prix de l’essence, autant rester au chômage, chez soit devant Netflix !

    Partant, une future majorité « nationale » (RN par exemple) devra prendre ces deux problèmes à bras le corps.

    1/ La démographie. Il fût un temps où le RN proposait le « salaire maternel », qu’en est-il de cette proposition qui permettrait aux femmes qui le veulent de rester à la maison élever leurs enfants sans que le couple soit pénalisé pour leur désir de construire une grande famille. D’autres propositions natalistes sont également envisageables.

    2/ Pour que les parents incitent leurs enfants à devenir plâtriers ou mécaniciens, il va falloir plus que des mesures bêtement libérales (« supprimons les aides ») ou des campagnes d’affichage « découpeur de volaille is beautiful », il va également falloir que les conditions de travail s’améliorent encore et que les patrons des grosses entreprises augmentent massivement les salaires. Si un « choc des charges sociales et des normes » libérera l’économie française de ce qui l’empêche d’être concurrentielle à l’international, il ne faut pas non plus oublier les profits records de certaines boîtes. Revenons à Buffalo Grill : 508 millions de chiffre d’affaire et une croissance de 6,5% par an en 2023 pour l’enseigne, on peut applaudir la performance, mais avec des salaires comme celui mentionné plus haut, on comprend que ce succès n’est pas dû qu’à la qualité des steaks et à la bonne stratégie commerciale de l’entreprise.

    Apparemment, une partie du patronat a compris que l’immigration était en train de tuer l’Europe. On découvre chaque jour de nouveaux « patrons patriotes », suivant l’exemple de Pierre-Edouard Stérin ou de Vincent Bolloré. Parfait ! Et bienvenue dans le « cercle du réel ». Mais quel patron osera publiquement mettre en place au sein de sa boîte une audacieuse politique d’entreprise « patriotique » qui incitera les Français a réinvestir certain métiers ? On connaît la musique dans les cercles patronaux : « les Français sont des fainéants, ils ne veulent pas bosser, supprimons les aides ». Eh oui, mais progressivement les employés ont imposé leur loi et leurs exigences aux patrons, grâce notamment à l’arme « arrêt maladie » et « burn-out ». Si un patron augmente significativement ses salariés et cesse de les stresser en permanence (c’est encore le cas dans beaucoup de professions !), les arrêts-maladie fondent bizarrement rapidement.

    Car un certain patronat a oublié que la loi de l’offre et de la demande ça fonctionne dans les deux sens.

    Revenons cependant à un autre patronat : le patronat sud-africain. Celui-ci qui avait construit une partie de sa réussite sur des employés noirs payés 15 fois moins cher que les employés blancs a senti à un moment le vent tourner au mitan des années 80 et, pour ceux qui en avaient les moyens, a déménagé sa production aux USA ou en Australie. Aujourd’hui, cet exil beaucoup plus difficile et les boîtes sud-africaines qui sont restées sont désormais contraintes d’employer deux personnes pour le même poste d’encadrement grâce aux lois de discrimination positive de l’ANC : une (blanche) pour faire le travail, l’autre (noire) pour toucher le salaire.

    Les entreprises françaises devraient réfléchir à cela. Car, quand le basculement démographique et la dépendance à la main d’œuvre sera achevée, elles n’auront nulle part où aller (le Grand-Remplacement touche désormais tous les pays occidentaux) à part en Russie, avec la corruption qui va avec. Et celles qui resteront seront également sûrement contraintes de négocier avec des municipalités, collectivités locales, syndicats ou organisations religieuses d’une autre nature que celles actuelles.

    Il est temps d’ouvrir les yeux camarade patron !

    Jean-Pierre Tredia (Breizh-Info, 2026)

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  • Sacha Guitry, le magnifique...

    Le cinquante-troisième numéro de la revue Livr'arbitres, dirigée par Patrick Wagner et Xavier Eman, est en vente, avec un dossier consacré à Sacha Guitry et un autre à la littérature fantastique...

    La revue peut être commandée sur son site :  Livr'arbitre, la revue du pays réel.

     

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    Au sommaire de ce numéro :

    Éditorial

    Plaisirs solittéraires

    Coups de téléphone

    Marc Alpozzo

    Coups de cœur

    Etienne-Alexandre Beauregard

    Jean Berthier

    Robert Brasillach

    J.-M.-A Paroutaud

    Coups de projecteur

    Stéphane Barsacq

    Max Chaleil

    Julien Green

    Claude Kayat

    Jean-René van der Plaetsen

    Coups de bambou

    Vincent Berthelier

    Coups de gueule

    Agriculture  

    Portrait

    Sacha Guitry

    Julius Evola

    Jean-Pierre Martinet

    Pierre Jourde

    Dossier

    Petite anthologie de la littérature fantastique (Maupassant, Rosny, Machen, Meyrink, Ewers, Hodgson, Ashton Smith, Barjavel, King, Brussolo, Danielewski)

    Entretien

    Samuel Fitoussi

    Frank Leprévost

    Jérôme Leroy

    Jean Rouaud

    Sylvain Roussillon

    Domaine étranger

    Iris Murdoch

    Histoire-panorama

    Le chanoine Groult et 1837

    Les deux Occidents de Bock-Côté

    Carrefour de la poésie

    Peinture en prose

    Poème en prose

    Poème en musique

    Jeux de mots

    In Memoriam Jean Berteault

    Cinéma

    Les Orgueilleux

    Bande dessinée

    Les piliers de la Terre

    Vagabondage

    Entre Vosges du Nord et Palatinat

     

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  • Moyen-Orient, terrorisme, élites : comprendre le chaos mondial...

    Le 14 avril 2026, Pierre Bergerault recevait, sur TV libertés, Pierre Conesa à l'occasion de la publication de son essai intitulé Petit traité de géopolitique pour les (vraiment) nuls (et les décideurs politiques) (L'aube, 2026).

    Agrégé d'histoire et énarque, Pierre Conesa a fait partie dans les années 90 de la Délégation aux affaires stratégiques du Ministère de la défense. Il est l'auteur de plusieurs essais, dont, notamment, Dr. Saoud et Mr. Djihad - La diplomatie religieuse de l'Arabie saoudite (Robert Laffont, 2016), Hollywar - Hollywood, arme de propagande massive (Robert Laffont, 2018), Le lobby saoudien en France - Comment vendre un pays invendable (Denoël, 2021), Vendre la guerre - Le complexe militaro-intellectuel (L'aube, 2022) et État des lieux du salafisme en France (L'aube, 2023).

     

                                                  

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  • Immigration : mythes et réalités...

    Les éditions Fayard viennent de publier une enquête de Nicolas Pouvreau-Monti intitulée Immigration - Mythes et réalités. L'auteur est directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie.

     

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    " La question de l’immigration reste clivante en France. Pour les uns, elle serait nécessaire afin de sauver nos retraites, soulager les emplois en tension; pour les autres, elle serait coûteuse et fautrice d’insécurité. Un flou entretenu depuis des décennies par les gouvernements successifs qui, refusant d’en faire un objet de débat public, n’ont cessé de l’envelopper dans un coton de mythes rassurants : « Il n’y a pas plus d’immigration aujourd’hui qu’hier », « la France a toujours été un pays d’immigration », « l’immigration n’a aucun impact sur notre société »…
    Où est la vérité ?
    Révélant l’ampleur réelle des flux migratoires, leur impact sur l’emploi, les finances publiques, l’école, le logement, la santé et la sécurité, cet ouvrage met en scène une réalité fragmentée, rarement présentée dans son ensemble. Des villages bretons en pleine mutation aux quartiers où les commerces, la langue, les codes vestimentaires, les pratiques religieuses ont changé en quelques années, il montre comment l’immigration façonne déjà la France de demain – et pose une question centrale : jusqu’où ce changement est-il choisi, maîtrisé, accepté ?"

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  • Onlyfans : l’ubérisation de la pornographie...

    Nous reproduisons ci-dessous un article de César Cavallère, cueilli sur le site de l'Institut Georges Valois et consacré au "phénomène" Onlyfans, plateforme de contenus pornographiques en pleine expansion...

     

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    Onlyfans : l’ubérisation de la pornographie

    Le plus grand proxénète de la planète est mort ce lundi 23 mars. Leonid Radvinsky vient de décéder des suites d’un cancer à l’âge de 43 ans.

    Né en Ukraine d’une famille juive, Leonid déménage rapidement aux États-Unis avec ses parents. Dans les années 1990, Leonid créera plus de dix sites permettant d’obtenir illégalement des mots de passes à des sites et contenus pornographiques. Le principal de ces sites, Ultra Passwords aurait rapporté 1,8 million de dollars par an pendant plusieurs années.

    Il est diplômé d’économie en 2002. Deux ans plus tard, il fonde MyFreeCams, un site de streaming de contenu adulte. Microsoft l’attaque en justice, l’accusant d’avoir envoyé des millions de mails frauduleux à des utilisateurs de boîtes de messagerie hotmail, mais il est relaxé.

    À partir de 2009, il s’occupe d’un fonds de Capital Risque appelé « Leo », avec lequel il investit principalement dans le secteur du numérique, notamment dans la société israélienne B4X. Radvinsky et son épouse ont également donné 11 millions de dollars à AIPAC, un lobby pro-israélien.

    En 2018, Radvinsky achète 75 % d’Onlyfans. Lors de ses deux premières années d’existence (2016-2018), OnlyFans n’était pas du tout centré sur le contenu pornographique. C’était alors une alternative de niche aux plateformes comme Youtube ou Instagram, qui devait permettre aux créateurs de contenus de partager leur passion tout en dégageant un revenu grâce à un système d’abonnement. Leonid Radvinsky en fera rapidement le nouveau géant du porno en le dotant d’un nouveau modèle économique.

    Le Boom OnlyFans : le tournant du porno

    À partir du rachat d'OnlyFans par Radvinsky, les censures sautent et la pornographie explose sur la plateforme. Celle-ci profite alors du confinement pour s’imposer. Tous les acteurs du secteur migrent sur OnlyFans, les camgirls et influenceuses s’y essaient, bientôt rejointes par des jeunes filles cherchant un complément de revenu.

    La nouveauté apportée par OnlyFans, c’est l’interaction directe avec l’utilisateur. Onlyfans est un modèle hybride entre le réseau social et le site pornographique. Les contenus adultes disponibles sur abonnement ne sont en fait que des produits d’appel. L’utilisateur peut utiliser la messagerie pour contacter les créatrices de contenu pornographique, mais elles ne répondent pas gratuitement. Les demandes de messages représentent environ 70 % des revenus, tandis que les abonnements sont d’environ 4%.

    Dans l’univers étrange d’OnlyFans, on appelle « whales » (« baleines ») la minorité d’utilisateurs qui dépensent des centaines ou des milliers d’euros chaque mois en messages, demande de contenus personnalisés et abonnements. La plupart des autres utilisateurs ont entre 1 et 3 abonnements en même temps. C’est à dire qu’ils suivent une minorité d’actrices, se désabonnent d’une d’entre-elles, s’abonnent à une autre, et ainsi de suite. Seuls 4,2 % des membres payent, le reste des utilisateurs ne sortent pas leur portefeuille. Lorsqu’un utilisateur paye, c’est en moyenne une somme d’environ 48,52 dollars à une créatrice.

    La pornographie respectable : le mythe de l’empouvoirement

    À partir de 2021, OnlyFans se lance dans une stratégie de légitimation de son image. La plateforme réalise des campagnes de publicité sur les thèmes « liberté créative » et « débloquez vos fans » en montrant des contenus non-sexuels. Elle se vend comme un outil d’empowerment numérique féminin, qui permet d’acquérir une autonomie économique.

    Elle adopte le langage de la tech et de l’influence, comme s’il n’y avait pas un particularisme de la vidéo pornographique, et met en avant la sécurité numérique. Des figures publiques telles que Cardy B. ont rejoint la plateforme, généralement pour du contenu non-explicite.

    En réalité, le modèle s’appuie sur un marché de la visibilité : la plateforme profite de la viralité sur les réseaux externes (Twitter, Instagram, TikTok). Des coups de communication et de publicité bas pour l'entreprise, puisque ce travail est délégué aux créatrices qui font elles-mêmes leur réclame sur les réseaux sociaux. Cela produit un véritable entrisme de la pornographie sur des plateformes pensées comme tout public et sur lesquelles les adolescents passent une grande partie de leurs journées.

    Nous disposons de peu d’études sur le niveau de revenu et le niveau d’étude des créatrices de contenu. En revanche, le consommateur se situe majoritairement dans les 18 – 34 ans, et 80 à 90 % d’entre-eux sont des hommes1. La croissance de la plateforme semble révéler un sentiment de solitude auquel répond un semblant de contact direct, notamment pendant la période du confinement.

    Les stratégies des créatrices : entre agences et différenciation

    Avec la généralisation de la pornographie sur la plateforme apparaissent des agences. Leurs missions : gérer le contenu à la place des créatrices, promotion sur les plateformes, automatisation des messages et gestion de la relation client. Ce travail est aujourd’hui souvent réalisé par IA, quand il n’est pas externalisé à des indépendants tout aussi ubérisés. Ces agences prennent généralement une commission comprise entre 30 % et 50 % des revenus des créatrices.

    Les actrices font leur publicité croisée sur Reddit, Twitter, TikTok, Discord, Telegram. Elles envoient des messages privés automatisés pour engager l’utilisateur potentiel. Ce tunnel marketing permet de passer d’un réseau social à la plateforme pornographique en quelques clics. C’est le grand génie d’Onlyfans : les besoins en termes de publicité sont minimes, puisque les actrices font la réclame de la plateforme dans leur propre intérêt.

    Les créatrices se positionnent sur des niches : esthétique, fétichisme, role-play, “girlfriend experience”. Au cœur de la démarche des créatrices, il y a une stratégie de différenciation. Chacune doit avoir sa marque de fabrique, viser un public, jusqu’à attraper les « baleines » qui lui permettront d’augmenter son revenu, et le cas échéant, il faudra les fidéliser. Si la recherche première est celle de l’authenticité, les clients ne trouveront souvent qu’une actrice, au contenu calibré pour un marché particulier par une agence. Les créatrices peuvent par ailleurs facilement perdre le contrôle de leur image, dont elles cèdent tout ou partie des droits. Plusieurs se sont faites léser de plusieurs milliers d’euros par des agences.

    Dès lors, la promesse d’indépendance économique apparaît hypocrite : la majorité des créateurs gagnent peu, dans les mêmes rapports que sur toutes les plateformes de création de contenu. 55 % des créateurs gagnent moins de 100 $/mois, tandis que les 0,1 % supérieurs captent 76 % des revenus2. Cette asymétrie pousse beaucoup à l’abandon ou à la recherche d’agences pour faire croître leur activité. Par ailleurs, les créatrices de contenus sont selon les législations en vigueur en auto-entreprise, micro-entreprise ou équivalent, ce qui s’inscrit dans la vague d’ubérisation de la période covid avec tout ce qu’elle suppose de précarisation. Aux Etats-Unis, en Angleterre et en Allemagne, elles sont tenues de payer des impôts.

    Un problème éthique : la banalisation de la prostitution numérique

    De nombreuses jeunes filles se sont lancées dans la production amateur de contenus pornographiques avec la croissance importante d'OnlyFans. On comptait 3 millions de créatrices pour plus de 200 millions d’utilisateurs en 2024, soit une créatrice pour 66 utilisateurs environ. Comme l’expliquent plusieurs créatrices qui sont revenu de leur activité pornographique, la société de consommation numérisée créé un pont entre l’utilisation normale des réseaux sociaux et cette prostitution.

    Des études récentes montrent que, chez les utilisatrices, OnlyFans peut représenter la suite logique de leur usage habituel des réseaux3. La transition peut se faire naturellement depuis Instagram et TikTok. Pourquoi ne pas faire payer ce contenu, si elles le produisent (et diffusent) déjà à titre gratuit ? Ce basculement est encouragé par une promesse de revenus rapides, mais aussi par une atmosphère de normalisation de la prostitution en ligne. Des créatrices racontent une trajectoire partant des vidéos de mode de vie et d’humour, pour passer progressivement à l’érotisme et à la pornographie. Cette perméabilité entre les plateformes classiques et ce nouveau type de prostitution devrait nous inquiéter, banalisant la marchandisation du corps et la pornographie.

    César Cavallère (Institut Georges Valois, 4 avril 2026)

     

    Notes :

    1/ https://onlyguider.com/blog/onlyfans-statistics/

    2/ Ibid

    3/ https://arxiv.org/abs/2205.10425?utm

     

     

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  • Vers l'hégémonie ?...

    L'Institut Iliade et les éditions de La Nouvelle Librairie viennent de publier un essai de Benedikt Kaiser intitulé Vers l'hégémonie - Le combat métapolitique vu d'Allemagne.

    Benedikt Kaiser, né en 1987, est une des figures de la Nouvelle Droite allemande. Collaborateur de plusieurs revues ou magazines comme Sezession, Freilich ou Éléments en France, Kaiser est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la stratégie politique (Die Partei und ihr Vorfeld ou Querfront), à la politique sociale (Solidarischer Patriotismus) ou encore à l’actualité politique allemande (Die Konvergenz der Krisen).

     

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    " L’époque des simples réactions est terminée. Pour durer, toute opposition doit s’appuyer sur une vision du monde ample et cohérente. Avec "Vers l’hégémonie", Benedikt Kaiser livre un texte majeur sur le combat métapolitique en Allemagne. S’inspirant de Gramsci autant que de la Nouvelle Droite française, il montre qu’aucune victoire politique n’est possible sans enracinement culturel, sans formation idéologique, sans relais sociaux, ni sans stratégie à long terme.
    À rebours d’un populisme purement protestataire, l’auteur appelle à bâtir une contrehégémonie : créer ses thèmes, imposer ses mots, former ses cadres, structurer son avant-garde, transformer peu à peu le climat intellectuel d’un pays. Un essai de combat, rigoureux et stimulant, pour penser la bataille culturelle du XXIe siècle au cœur du laboratoire allemand."

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