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  • Bataille culturelle et « wokisme de droite » : affrontement idéologique en vue...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Balbino Katz, le chroniqueur des vents et des marées, cueilli sur Polémia et consacré à la guerre culturelle qui fait rage entre la droite civilisationnelle et identitaire et la gauche, jusqu'ici dominante et incontestée...

     

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    Bataille culturelle et «wokisme de droite»: affrontement idéologique en vue

    La domination de la Gauche

    La vie politique européenne est depuis plusieurs siècles structurée par une opposition fondamentale entre deux visions de l’homme et de la société. D’un côté, une conception héritée des Lumières, selon laquelle l’homme serait naturellement libre mais entravé par des structures sociales qu’il conviendrait de déconstruire afin de lui restituer son authenticité. De l’autre, une vision plus organique de la société, pour laquelle l’homme est l’héritier d’une civilisation historique, constituée de traditions, d’institutions et de normes qui forment à la fois son cadre de liberté et le champ de ses devoirs. Cette opposition, que l’on peut schématiquement résumer par la tension entre l’individualisme émancipateur et l’enracinement civilisationnel, structure depuis deux siècles la confrontation entre les familles politiques que l’on nomme communément la gauche et la droite.

    Dans ce conflit de longue durée, la situation contemporaine présente une particularité notable. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la gauche a acquis une position dominante dans ce que l’on peut appeler l’espace culturel des sociétés européennes et plus généralement occidentales. Cette domination ne se limite pas à l’univers universitaire ou intellectuel. Elle s’étend aux médias, aux industries culturelles, au monde de l’enseignement, à une large partie de la production artistique et aux principales institutions chargées de produire et de diffuser les représentations collectives.

    Face à cette domination culturelle progressive, une partie de la droite a commencé depuis quelques années à modifier son attitude. Là où elle se contentait autrefois de contester les décisions de politique économique de la gauche, elle cherche désormais à remettre en cause les cadres intellectuels et culturels dans lesquels ces décisions deviennent possibles. Autrement dit, la confrontation ne se limite plus au terrain institutionnel ou électoral : elle se déplace vers le champ des idées, des représentations et des normes culturelles.

    C’est précisément cette évolution que certains observateurs analysent aujourd’hui avec inquiétude.

    Vers un « wokisme de droite » ?

    Dans un entretien récent, Thibault Muzergues met en garde contre l’émergence de ce qu’il nomme un « wokisme de droite ». Son diagnostic ne porte pas sur l’existence du conflit idéologique entre la droite et la gauche, conflit ancien et bien identifié, mais sur un phénomène plus récent : le fait qu’une partie de la droite ait décidé d’affronter l’hégémonie culturelle progressiste en utilisant les mêmes instruments de mobilisation idéologique que ceux employés depuis plusieurs décennies par la gauche.

    Selon lui, cette transformation se manifeste notamment par la centralité croissante accordée aux questions identitaires dans le discours politique, par l’usage d’une rhétorique victimaire visant à mobiliser l’électorat autour d’un sentiment de dépossession culturelle, et par une tendance à disqualifier ou marginaliser les opinions divergentes au sein même du camp conservateur. Autrement dit, la droite adopterait progressivement les méthodes de la guerre culturelle telles qu’elles ont été développées par ses adversaires : politisation systématique des identités, construction de récits de domination et affirmation d’une orthodoxie idéologique.

    Dans cette perspective, ce que l’auteur appelle le « wokisme de droite » ne correspond pas simplement à une réaction au progressisme contemporain. Il s’agirait d’une transformation plus profonde du conservatisme, qui, confronté à l’hégémonie culturelle de la gauche, aurait enfin choisi d’emprunter ses instruments d’action idéologique. Une telle évolution constituerait, selon Muzergues, une dérive stratégique susceptible d’affaiblir durablement la droite en la faisant basculer dans les logiques militantes qu’elle prétend combattre

    L’argument mérite d’être examiné attentivement, car il révèle en réalité une incompréhension profonde de la nature des conflits politiques contemporains. L’analyse repose en effet sur l’idée implicite selon laquelle la politique pourrait se limiter à la gestion pragmatique des affaires publiques, tandis que les affrontements culturels constitueraient une forme regrettable de radicalisation idéologique. Cette vision correspond à une tradition bien établie dans une partie de la droite européenne depuis la seconde moitié du XXe siècle. Elle repose sur la conviction que la politique doit avant tout assurer la stabilité économique et institutionnelle, tandis que les débats intellectuels ou culturels relèveraient d’une sphère secondaire.

    Or l’histoire politique moderne montre exactement l’inverse. Les transformations politiques durables sont presque toujours précédées par des transformations culturelles profondes. Les sociétés n’adoptent pas durablement des orientations politiques qui contredisent radicalement les représentations dominantes du monde social. Autrement dit, les rapports de force électoraux reflètent en grande partie des rapports de force culturels préexistants.

    La bataille des idées avant la bataille politique

    Cette idée constitue l’un des fondements de la réflexion métapolitique développée en Europe depuis les années 1960, notamment autour du GRECE et de la Nouvelle Droite. Les penseurs qui ont participé à ce courant ont très tôt souligné que le pouvoir politique n’est jamais qu’une traduction institutionnelle d’une hégémonie culturelle préalablement établie. Alain de Benoist rappelait ainsi que la conquête du pouvoir suppose d’abord la transformation des catégories intellectuelles et morales à travers lesquelles une société se pense elle-même. Guillaume Faye insistait de son côté sur le fait que la bataille politique se gagne toujours en amont, dans la formation des esprits et dans la diffusion de nouvelles grilles d’interprétation du réel.

    L’erreur majeure de la droite européenne pendant plusieurs décennies a précisément consisté à ignorer cette dimension culturelle de la politique. Tandis que les mouvements progressistes investissaient systématiquement les institutions éducatives, les médias et les industries culturelles, une grande partie de la droite se concentrait presque exclusivement sur la gestion économique et administrative des États. Cette division implicite du travail idéologique a eu des conséquences profondes. Les catégories morales et intellectuelles qui structurent aujourd’hui les sociétés occidentales ont été largement façonnées par les courants progressistes.

    Les notions de progrès, d’égalité, d’émancipation ou de justice sociale ont progressivement été redéfinies dans un cadre intellectuel largement inspiré par les théories critiques et par les différentes formes de radicalisme culturel issues de la seconde moitié du XXe siècle. Dans un tel contexte, la droite s’est trouvée progressivement privée du langage nécessaire pour défendre sa propre vision du monde. Elle a été contrainte d’évoluer dans un univers symbolique défini par ses adversaires, ce qui l’a placée dans une position structurellement défensive.

    La critique formulée par Thibault Muzergues repose précisément sur cette situation paradoxale. Il observe que certains courants intellectuels conservateurs s’engagent aujourd’hui dans une confrontation culturelle plus directe avec le progressisme et en conclut que cette évolution constituerait une forme de radicalisation idéologique. Une telle interprétation confond cependant la cause et l’effet. Ce que l’auteur décrit comme une dérive correspond en réalité à une tentative tardive de corriger un déséquilibre culturel installé depuis plusieurs décennies.

    La bataille des idées n’est pas une innovation récente introduite par certains courants identitaires. Elle constitue la condition normale de toute vie politique. Carl Schmitt rappelait déjà que la politique repose sur la capacité à distinguer l’ami et l’ennemi, c’est-à-dire à identifier les lignes de fracture fondamentales qui structurent l’espace public. Refuser cette dimension conflictuelle de la politique revient en pratique à abandonner le terrain idéologique à l’adversaire.

    Les transformations culturelles observées dans les sociétés occidentales depuis plusieurs décennies illustrent clairement ce phénomène. Les débats contemporains sur l’identité, l’histoire, les normes familiales ou les questions anthropologiques ne sont pas des accidents idéologiques. Ils constituent l’expression de transformations profondes dans la manière dont les sociétés occidentales se représentent elles-mêmes.

    La guerre culturelle a commencé

    Dans ce contexte, la notion de guerre culturelle ne doit pas être comprise comme une métaphore polémique, mais comme la description d’un processus réel. Les conflits politiques contemporains portent de moins en moins sur des questions strictement économiques et de plus en plus sur des questions de normes, de valeurs et de représentations collectives. Les affrontements idéologiques portent désormais sur la définition même de l’identité des sociétés, sur les limites de la transformation sociale et sur la légitimité des héritages historiques.

    Face à ces transformations, la stratégie consistant à éviter la confrontation culturelle apparaît de plus en plus intenable. Une société qui renonce à défendre ses propres catégories intellectuelles et morales finit inévitablement par adopter celles de ses adversaires. L’expérience politique des dernières décennies montre que la neutralité culturelle est en réalité une illusion. Dans un espace symbolique structuré par des rapports de force, l’absence de stratégie culturelle équivaut toujours à une forme de capitulation.

    La question décisive n’est donc pas de savoir si la droite doit mener une bataille culturelle, mais de déterminer comment cette bataille peut être conduite de manière efficace. L’enjeu principal réside dans la reconquête de ce que l’on pourrait appeler l’espace culturel intermédiaire des sociétés contemporaines. Entre les sphères de la sous-culture et celles de la haute culture existe un vaste champ de production symbolique constitué par les médias généralistes, les industries culturelles de masse et l’ensemble des dispositifs qui façonnent les représentations ordinaires du monde social.

    C’est dans cet espace que se forme l’opinion publique. C’est également dans cet espace que se construisent les cadres intellectuels à travers lesquels les individus interprètent les événements politiques et sociaux. La domination culturelle du progressisme tient précisément à sa capacité à structurer cet espace intermédiaire.

    Dans ces conditions, la critique du prétendu « wokisme de droite » apparaît largement décalée par rapport à la réalité des rapports de force culturels contemporains. Ce qui est interprété comme une radicalisation idéologique correspond en réalité à la redécouverte d’une vérité stratégique élémentaire : la politique commence toujours par les idées.

    Les sociétés ne se transforment pas uniquement par les lois ou par les élections. Elles se transforment d’abord par les représentations qu’elles se donnent d’elles-mêmes. Les transformations culturelles précèdent toujours les transformations institutionnelles.

    La bataille des idées n’est donc pas une dérive idéologique. Elle constitue le cœur même de la vie politique.

    Balbino Katz (Polémia, 11 mars 2026)

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  • Gestapo Berger...

    Les éditions Konfident viennent de publier un nouveau polar de Pierre Olivier intitulé Gestapo Berger. Pierre Olivier est déjà l'auteur de Lorsque tous trahiront, qui a reçu le premier Prix du roman d'espionnage.

     

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    " Friedrich Berger : le chef de la Gestapo de la rue de la Pompe, à Paris, pendant l'Occupation.

    Friedrich Berger: le responsable du massacre de la cascade du Bois de Boulogne.

    Friedrich Berger, le pire des criminels de guerre recherchés par les autorités françaises, a disparu. On a perdu sa trace à Milan en 1945. Pour le retrouver, le service de contre-espionnage est résolu à tout tenter. Et pour pénétrer les filières d'évasion mises sur pied par le Vatican afin de venir en aide aux nazis, quoi de mieux qu'un collabo, ancien sous-lieutenant sur le front de l'Est, désireux de se racheter une conduite ?"

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  • Remigration ou disparition...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Jean-Yves Le Gallou à Liselotte Dutreuil et Richard de Sèze sur Ligne droite pour évoquer avec eux son dernier essai Remigration - Pour l'Europe de nos enfants.

    Ancien haut-fonctionnaire, président de la Fondation Polémia, Jean-Yves Le Gallou a, notamment, publié La tyrannie médiatique (Via Romana, 2013),  Immigration : la catastrophe - Que faire ? (Via Romana, 2016), Européen d'abord - Essai sur la préférence de civilisation (Via Romana, 2018), Manuel de lutte contre la diabolisation (La Nouvelle Librairie, 2020) et Mémoires identitaires (Via Romana, 2025).

     

                                                  

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  • En haut de l'affiche...

    « C'est un de ces romans dont on se dit qu'on aurait aimé l'écrire.»

    Bruno Lafourcade

     

    Les éditions Intervalles viennent de publier un roman de Fabrice Châtelain intitulé En haut de l'affiche. Fabrice Châtelain est avocat au barreau de Paris. Il signe là son premier roman.

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    " En attendant qu’une carrière de scénariste s’ouvre à lui, Vincent sillonne la banlieue parisienne pour placer des produits d’entretien en duo avec Joseph, le commercial le plus graveleux qui soit. Pétri de complexes, Vincent a préféré se présenter à la séduisante et cérébrale Noémie sous les traits d’un critique d’art free-lance. Une cascade de quiproquos au cours d’un vernissage d’art contemporain va obliger Vincent à pousser le mensonge un peu plus loin. Et si c’était l’occasion rêvée de faire aboutir enfin son projet de scénario ?

    En haut de l’affiche est une satire facétieuse des milieux du cinéma et de l’art contemporain. À travers une galerie de personnages caméléons, Fabrice Châtelain a composé une comédie désopilante et enlevée qui égratigne furieusement la société et le conformisme."

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  • Trump et Bibi, un seul lit pour deux rêves ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Renaud Girard cueilli sur Geopragma et consacré à la guerre du couple Trump - Nethanyahou contre l'Iran. Grand reporter au Figaro, Renaud Girard est membre du comité d'orientation stratégique de Geopragma.

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    Trump et Bibi, un seul lit pour deux rêves

    Le 28 février 2026, sans daigner solliciter une autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU, le président américain, Donald Trump, et le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, (que tout le monde surnomme Bibi à Jérusalem) ont entamé une guerre préventive contre l’Iran.

    Jamais depuis la création de l’État hébreu en 1948, la coopération militaire n’avait été aussi étroite entre l’Amérique et Israël. Le renseignement, les bases aériennes, les avions ravitailleurs, les munitions, les objectifs, la planification et la conduite des opérations, sont en permanence partagés par les deux puissances amies. Le premier ministre israélien a effectué sept visites aux États-Unis en treize mois du second mandat du président Trump.

    À regarder le couple américano-israélien, on est frappé par un paradoxe, unique dans l’histoire des relations internationales. Ce n’est pas, comme partout, le protecteur qui influence la politique étrangère du protégé, mais l’inverse.

    Sans l’influence que Bibi a réussi à construire sur son vieil ami Trump, jamais l’Amérique ne se serait lancée dans une guerre préventive de changement de régime en Iran. Lors de son discours inaugural du 20 janvier 2025, le 47e président des États-Unis n’avait-il pas promis à son peuple de ne jamais commencer de nouvelle guerre ?

    L’opinion occidentale

    D’une manière qui n’a jamais été aussi flagrante, l’Amérique et Israël couchent dans le même lit. Mais, pour reprendre le célèbre proverbe chinois, ils n’ont pas les mêmes rêves.

    La stratégie de Netanyahou n’a pas changé depuis que ce likoudnik cultivé, admirateur de Jabotinsky, est entré en politique. C’est la sécurité d’Israël, à 100 % et à tout prix. Il y a de la piété filiale chez cet homme d’État, dont le père fut le secrétaire de Jabotinsky et dont le frère aîné est mort en héros dans l’opération de récupération des otages israéliens à Entebbe en juillet 1976.

    La sécurité à 100 % signifie que le gouvernement de Jérusalem s’opposera à l’établissement d’un État palestinien en Cisjordanie et à Gaza, qu’il ne tolérera plus la moindre roquette provenant du nord ou du sud de l’État hébreu, qu’il prendra pour argent comptant la moindre invective d’un État ou d’une organisation appelant à effacer Israël de la carte du Moyen-Orient. Mais le risque du rêve de la sécurité à 100 % n’est-il pas celui d’alimenter une guerre perpétuelle ?

    La sécurité à tout prix signifie quel qu’en soit le prix à payer, pour les nations voisines d’Israël au Moyen-Orient, pour les Israéliens vivant en Terre sainte, pour les Juifs de la diaspora, pour les États occidentaux amis d’Israël. Le risque stratégique de la sécurité à tout prix est bien sûr celui du retournement de l’opinion occidentale contre Israël. Réalisé pendant la première quinzaine du mois de février 2026, un sondage Gallup a révélé que 41 % des Américains déclaraient « sympathiser davantage avec les Palestiniens », tandis que seulement 36 % continuaient à sympathiser davantage avec les Israéliens. En seulement un an, à cause de la situation à Gaza, la cause israélienne a perdu dix points dans l’opinion américaine. 57 % des Américains se disent aujourd’hui favorables à la création d’un État palestinien, idée dont Netanyahou ne veut pas entendre parler.

    Une revanche médiatique

    Le rêve du premier ministre israélien dans cette guerre est de casser l’Iran militairement, politiquement et économiquement, puis de le fragmenter géographiquement, en suscitant des sécessions kurde, baloutche, arabe, azérie. La politique sécuritaire du Likoud a toujours été d’obtenir la fragmentation des États hostiles à Israël au Moyen-Orient. Cela a été fait au Liban, en Syrie, en Irak et maintenant en Iran.

    La stratégie de Trump est différente : il ne veut pas casser l’Iran, mais plutôt le ramener dans le giron américain, après 47 ans d’errance révolutionnaire islamique anti-occidentale. Il aimerait refaire à Téhéran ce qu’il a réussi à Caracas. Le contrôle du pétrole iranien, ajouté au pétrole vénézuélien, renforcerait grandement l’Amérique dans son bras de fer politico-économique avec la Chine. 20 % du pétrole que les Chinois consomment provenaient d’Iran jusqu’au début de cette guerre.

    Cerise sur le gâteau, il ne déplairait pas à Trump d’offrir à l’Amérique une revanche médiatique par rapport à l’humiliation de la prise en otages des diplomates américains à Téhéran en novembre 1979, et de l’échec de l’opération Eagle Claw d’avril 1980 pour les libérer.

    Tout le monde aurait aimé que l’opération israélo-américaine de décapitation du régime du 28 février 2026 conduise à une révolution de palais à Téhéran, puis à l’instauration d’un régime iranien plus respectueux des droits de l’homme, et plus attaché à se développer économiquement qu’à lancer fatwas et anathèmes contre ses voisins.

    Installations nucléaires

    Mais, comme il était prévisible, le miracle n’a pas eu lieu. Sous les bombes, la République islamique d’Iran semble tenir bon. Pas de défections, pas de trahisons, pas de désertions. Le régime a même procédé à l’élection d’un nouveau guide suprême, qui n’est autre que le fils du guide assassiné.

    Trump avait promis au peuple iranien de lui venir en aide. On ne voit pas en quoi la destruction systématique des infrastructures iraniennes – pas seulement les casernes et les commissariats de police, mais aussi les dépôts pétroliers, les ports, les usines de dessalement d’eau de mer, etc. – va aider la population iranienne. Comme si le régime islamique, qu’elle a voulu lors de la révolution de 1979, et qu’elle rejette aujourd’hui, ne suffisait pas à son malheur.

    C’est la détérioration de l’économie de l’Iran qui a amené son peuple dans la rue en janvier 2026. Trump peut difficilement invoquer le danger des installations nucléaires : il les avait « oblitérées » en juin 2025. Sa guerre a en outre interrompu des négociations qui étaient en train d’aboutir, au dire du médiateur omanais.

    Si on élargit la focale et qu’on se penche sur l’ensemble de la région, on ne voit pas en quoi les pétromonarchies du golfe Persique, alliées de l’Amérique, profitent de cette guerre. Si on élargit encore, on ne voit pas en quoi les consommateurs américains profitent de l’augmentation des prix du pétrole – laquelle profite à la seule Russie, dont les exportations à l’Inde sont désormais encouragées par Washington.

    Si Trump ne parvient pas rapidement à mettre fin à cette guerre, par un de ces « deals » dont il prétend avoir le secret, elle risque de tourner pour lui en cauchemar.

    Renaud Girard (Geopragma, 11 mars 2026)

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  • Les snipers de la semaine... (310)

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    Au sommaire cette semaine :

    - sur le site de la revue Éléments, Nicolas Gauthier allume les influenceurs "français" expatriés à Dubaï pour des raisons fiscales dont le patriotisme s'est brutalement révélé depuis le début de la guerre contre l'Iran...

    Plus fort que la téléréalité : les bronzées à Dubaï

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    - plus sérieusement, sur Hashtable, H16 prend dans sa ligne de mire l'OTAN dont les dernières manœuvres en Estonie ont montré l'inadaptation des moyens militaires terrestres face à la guerre des drones...

    Drones vs OTAN : on a perdu la 7ème compagnie

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