Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par l'économiste Jacques Sapir à Omerta à propos des conséquences économiques de la guerre contre l’Iran.
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Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par l'économiste Jacques Sapir à Omerta à propos des conséquences économiques de la guerre contre l’Iran.
Les éditions Nouveau Monde viennent de rééditer dans une version revue et augmentée Philippe Rondot, maître espion, d'Etienne Augris. L'auteur est agrégé d'histoire et professeur d'histoire-géographie au lycée international Jeanne-d'Arc de Nancy.

" Pendant 40 ans, Philippe Rondot a été de tous les coups. Sans relâche, le maître espion a traqué le terroriste Carlos et les criminels de guerre d’ex-Yougoslavie. Il a négocié avec Abou-Nidal pour faire libérer des otages, il a organisé l’exfiltration du général Aoun bloqué au Liban et celle d’agents de la DSGE arrêtés en Espagne. Par tous les moyens, Rondot a essayé de sauver les moines de Tibhirine, retenus aux mains du GIA algérien… Toute sa vie, l’homme de l’ombre a tâché de faire oublier une mystérieuse aventure qui, dans les années 1960 à Bucarest, a largement terni sa réputation. Prêt à tout pour redorer son image, il restera finalement associé à l’un des plus grands scandales politico-financiers de ces dernières décennies, l’affaire Clearstream.
En s’appuyant sur des témoignages de premier plan et des documents inédits, Étienne Augris retrace ici ce parcours unique qui a bien souvent influencé l’histoire secrète du pays."
Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Balbino Katz, le chroniqueur des vents et des marées, cueilli sur Polémia et consacré à la question du droit du sol...

Citoyenneté sans peuple, la fiction politique du droit du sol
Une querelle juridique qui masque une question vitale
L’audience portée devant la Cour suprême des États-Unis à propos du droit du sol est présentée comme une controverse constitutionnelle. Elle est en réalité d’une tout autre nature. Ce qui s’y joue n’est pas seulement l’interprétation d’un amendement, mais la définition même du corps politique.
Le discours dominant s’efforce de ramener cette question à une opposition morale, ouverture contre fermeture, universalité contre exclusion. Cette rhétorique dispense de penser. Elle évite surtout de poser la question décisive, qu’est-ce qu’un citoyen lorsque le peuple auquel il appartient cesse d’être défini ?
Comme le pensait Pierre Manent, « il n’y a pas de démocratie sans peuple, et il n’y a pas de peuple sans limites ». Or toute extension indéfinie de la citoyenneté tend précisément à abolir ces limites.
La grande confusion, citoyenneté et nationalité
L’un des traits majeurs de la modernité tardive réside dans la confusion entretenue entre citoyenneté et nationalité. Cette confusion n’est pas innocente, elle permet de substituer un statut juridique à une réalité historique.
La citoyenneté, entendue comme participation aux droits politiques, tend à absorber la nationalité, qui désigne pourtant une appartenance plus profonde, culturelle, historique, parfois même anthropologique. Cette substitution permet de faire croire que l’appartenance peut être produite par le droit.
Or l’expérience historique montre l’inverse. Même les régimes les plus universalistes ont été contraints de reconnaître cette distinction. L’Union soviétique elle-même distinguait la citoyenneté, soviétique, de la nationalité, ethnique. Cette reconnaissance implicite d’une pluralité irréductible des appartenances traduisait une réalité que l’idéologie ne pouvait abolir.
La citoyenneté libérale, une construction sans mémoire
La conception libérale de la citoyenneté repose sur une abstraction fondatrice. Elle suppose que l’individu peut être détaché de ses origines, de son histoire, de ses appartenances, pour être reconnu comme sujet de droit.
Cette vision trouve son expression classique chez Ernest Renan. Mais l’interprétation contemporaine en trahit profondément l’esprit. Car Renan lui-même insistait sur le « riche legs de souvenirs » sans lequel aucun plébiscite n’est possible. La volonté ne suffit pas, elle suppose une mémoire.
La modernité tardive, décrite par Marcel Gauchet, tend à dissoudre cette mémoire dans l’universalisme des droits. La citoyenneté devient un attribut, un label, une qualité attribuée indépendamment de toute continuité.
Le droit du sol constitue l’aboutissement de cette logique. Il transforme la naissance en fait générateur d’appartenance, indépendamment de toute inscription dans une histoire commune. Le territoire devient un support administratif, non plus un espace vécu.
L’illusion de la citoyenneté universelle
Cette extension indéfinie de la citoyenneté repose sur une illusion, celle d’une communauté politique sans fondement substantiel. Elle suppose que des individus peuvent partager des droits sans partager un monde.
Dominique Schnapper a montré que la citoyenneté moderne repose sur une tension entre universel et particulier. Lorsque cette tension disparaît au profit du seul universel, la citoyenneté perd sa consistance.
Le résultat n’est pas l’unité, mais la juxtaposition. Des individus juridiquement égaux coexistent sans nécessairement former un peuple. Le droit produit une fiction d’unité que la réalité sociale dément.
La conception organique, la citoyenneté comme destin partagé
Face à cette abstraction, une autre conception subsiste, plus ancienne, plus enracinée. Elle considère la citoyenneté comme l’expression d’une continuité historique.
Alexis de Tocqueville soulignait que les institutions démocratiques reposent sur des mœurs. Ces mœurs, produit d’une histoire longue, constituent le socle invisible de la citoyenneté.
Dans une perspective proche, Alain de Benoist rappelle que « toute identité est héritée avant d’être choisie ». Cette formule dit l’essentiel, la citoyenneté ne se décrète pas, elle se reçoit et se transmet.
Le juriste Carl Schmitt apporte une clé décisive. Le politique suppose une distinction, une capacité à dire qui appartient et qui n’appartient pas. Une citoyenneté indifférenciée tend à abolir cette distinction, et avec elle, la possibilité même du politique.
Le droit du sol, moteur de la déliaison
Le débat américain met en lumière une transformation du droit du sol lui-même. Ce qui fut un instrument d’intégration devient un mécanisme de déliaison.
Les critiques soulignent ses effets concrets, attraction migratoire, stratégies d’ancrage par la naissance, transformation de la citoyenneté en moyen d’accès indirect au territoire. La figure des « anchor babies » illustre cette mutation, la citoyenneté cesse d’être un aboutissement pour devenir un levier.
Plus profondément, elle tend à produire ce que l’on pourrait appeler une citoyenneté de circonstance. Elle ne procède plus d’une appartenance, mais d’un événement, la naissance sur un sol.
Cette évolution correspond à ce que Oswald Spengler décrivait comme le destin des civilisations tardives, la survie des formes au prix de la disparition de leur contenu.
Dissocier pour restaurer
Face à cette crise, une piste consiste à rétablir la distinction entre nationalité et citoyenneté. La première relèverait de l’appartenance historique, la seconde de la participation politique.
Une telle dissociation permettrait de reconnaître la réalité des sociétés contemporaines tout en préservant l’existence du corps politique. Elle introduirait une hiérarchie là où règne aujourd’hui la confusion.
Elle suppose toutefois de rompre avec l’illusion selon laquelle le droit peut produire de l’appartenance. Comme le rappelait Guillaume Faye, une société qui ne se définit plus finit toujours par être définie par d’autres.
Une question européenne décisive
L’Europe est désormais confrontée à cette question dans toute son ampleur. Le droit du sol, dans ses différentes déclinaisons, participe à une transformation silencieuse du corps civique.
Cette transformation ne se limite pas à des statistiques ou à des flux. Elle affecte la perception même de l’appartenance, et donc la cohésion politique.
Le débat américain ne fait qu’anticiper des interrogations qui s’imposeront, tôt ou tard, aux nations européennes.
Un révélateur
Le droit du sol n’est pas un simple mécanisme juridique. Il est un révélateur.
Il révèle une mutation profonde, le passage d’une citoyenneté enracinée dans une histoire à une citoyenneté produite par le droit. Entre ces deux conceptions, le choix n’est pas technique, il est existentiel.
Car au terme de cette évolution, une question demeure à laquelle il faudra bien un jour donner une réponse : une communauté politique peut-elle survivre lorsque la citoyenneté n’exprime plus une appartenance, mais seulement une procédure ?
Balbino Katz (Polémia, 1er avril 2026)
Les éditions du Paillon viennent de publier un essai de Gabriele Adinolfi intitulé La révolution silencieuse.
Essayiste, théoricien et ancien activiste politique italien, Gabriele Adinolfi, qui est l’auteur notamment des Pensées corsaires (Editions du Lore, 2008), de Années de plomb et semelles de vent (Les Bouquins de Synthèse nationale, 2014) et de Le défi du futur (Éditions Synthèses, 2023), est rédacteur en chef de la revue Polaris et dirige le centre d’études éponyme.

" Se pourrait-il qu’une révolution silencieuse soit en marche, dictée par la nature même des choses, mais que nous peinions trop souvent à la percevoir, prisonniers de réflexes conditionnés et défaitistes ?
Et si les heures de cette minorité au pouvoir qui nous imposent des idées et des choix contre-nature étaient comptées ?
Au final, la démographie serait-elle notre seule véritable problème ?
L’auteur en est persuadé et appelle à une prise de conscience, une révolution de l'esprit fondée sur nos principes ancestraux, afin de devenir les acteurs de ce réveil.
Mythologie, religion, socialité, puissance, technique, économie, énergie, identité historique, ethnique, culturelle et spirituelle : autant de dimensions convoquées dans sa vision d’une régénération.
Nous sommes beaucoup plus nombreux que nous ne le pensons, formons cette avant-garde ! "
Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Régis Le Sommier sur Omerta dans lequel il évoque l'impasse dans laquelle se trouvent les Etats-Unis dans la guerre contre l'Iran...
Le numéro 60 de la revue Krisis, dirigée par Alain de Benoist, avec pour rédacteur en chef Thomas Hennetier, vient de paraître. Cette nouvelle livraison est consacrée au(x) jeu(x)...
Vous pouvez commander ce nouveau numéro sur le site de la revue Éléments.
Bonne lecture !

" Le jeu n’est jamais ce qu’il prétend être. Derrière l’apparente gratuité de l’activité ludique, derrière la suspension feinte des contraintes ordinaires, se cache presque toujours une fonction plus grave : former, discipliner, transmettre, naturaliser. Il n’existe pas de jeu innocent. Toute société joue, mais elle ne joue jamais sans enjeu. Loin d’être un simple divertissement, le jeu est une institution anthropologique majeure, un dispositif de socialisation qui, sous couvert de fiction, donne à voir les règles réelles du monde – ou, plus exactement, celles que la société souhaite voir intériorisées.
Il est en effet des notions que la modernité croit avoir neutralisées. Le jeu est de celles-là. Relégué au divertissement, à l’enfance ou au loisir, il semblerait constituer l’envers inoffensif du sérieux économique et politique. Or c’est peut-être l’inverse qui est vrai : et si le jeu était l’une des matrices profondes de notre civilisation – et même l’un de ses moteurs cachés ?
Ce numéro de Krisis prend cette intuition au sérieux et l’explore dans toutes ses dimensions. Il explore le jeu comme forme anthropologique, comme miroir des civilisations, comme révélateur des fractures sociales, comme moteur économique, comme modèle géopolitique."Au sommaire :
Présentation : Thomas Hennetier / Le jeu comme forme du monde.
Antoine Dresse / Huizinga et le jeu comme matrice de la culture.
Entretien avec Guillaume Dagorret et Thibault de Vésinne-Larüe / L’esprit ludique du capitalisme.
Guillaume Travers / La spéculation financière est-elle un jeu ?
Thomas Hennetier / Le monde comme plateau : le Monopoly et la formation du sujet capitaliste.
Alphonse de Clénay / Extension du domaine ludique : Héraclite, Pascal, Schiller.
Baptiste Rappin / La subjectivité authentique et l’illusion du « je(u) ».
Michel Lhomme / Du jeu comme pathétique suprême.
Document : Charles Maurras / Lettres des Jeux olympiques.
Entretien avec Gérard Dussouy / Le Grand Jeu au xxie siècle.
Sylvain Quennehen / Des échecs et du go.
Guillaume Travers / Dames : l’effacement d’un jeu populaire.
Bernard Rio / La cavalcade millénaire du cheval Mallet.
Alain de Benoist / Le Jeu de l’Oie et la marelle : deux parcours labyrinthiques.
Bernard Rio / Pets de carnaval !
Le texte : Henry de Montherlant / Les Olympiques.