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  • La droite politique, culturelle comme médiatique doit cesser de tendre la joue...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Yann Vallerie cueilli sur Breizh-Info et consacré à la mode, à droite, de la “vidéo-victimisation”...

     

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    Victimisation ou reconquête ? La droite politique, culturelle comme médiatique doit cesser de tendre la joue

    Il y a une chose que la droite française doit comprendre – vite, et sans se raconter d’histoires : on ne gagne pas une bataille de civilisation en se comportant comme un club de soutien psychologique. On ne rallie pas des hommes debout avec des vidéos de types à terre. Et surtout, on ne bâtit pas une promesse d’ordre en exhibant, en boucle, sa propre impuissance comme si c’était une médaille.

    Je vais le dire sans détour, parce que personne n’ose le formuler clairement : la “vidéo-victimisation” est une drogue. Elle donne des shoots d’indignation, des likes faciles, des “courage !” en commentaires, et ça fait monter l’audience comme une perfusion d’adrénaline. Mais politiquement, culturellement, symboliquement, c’est un poison. À force de montrer qu’on se fait humilier, voler, casser, expulser, bousculer, et qu’on revient la semaine suivante pour recommencer – on imprime dans les têtes un message simple : “Nous sommes faibles, et nous acceptons de l’être.”

    Or la politique, ce n’est pas seulement des idées. C’est une affaire de gravité, de verticalité, de prestige. Les gens ne suivent pas des victimes professionnelles. Ils suivent ceux qui dégagent une énergie d’action, une capacité à tenir, à durer, à encaisser sans pleurnicher, à se relever sans s’exhiber. Une femme, normalement, ne fait pas un enfant avec un homme qui ne lui inspire aucune sécurité. Ce n’est pas un slogan, c’est une loi anthropologique. La confiance naît du sentiment de protection. Et ce qui vaut dans l’intime vaut dans le collectif : on ne confie pas l’avenir de son pays à des gens qui ont l’air de se faire bolosser avec une sorte de jouissance morale.

    Je n’écris pas ceci par haine, ni pour jouer au “plus pur que toi”. J’écris parce que je suis fatigué de voir notre camp saboter sa propre image à coups de contenus “martyrs en 4K”. Il y a une grande confusion : certains croient qu’être “la cible” prouve qu’on est “dans le vrai”. Comme si la violence adverse était un label de qualité. Non. La violence adverse est un fait, parfois inévitable, et qui doit être traité comme tel : avec stratégie, discipline, et organisation. Pas comme un spectacle.

    Car le problème, bien souvent, n’est même pas le courage individuel. Le problème, c’est l’amateurisme. Aller volontairement se jeter dans une nasse hostile, sans service d’ordre, sans repérage, sans plan de repli, sans cadre juridique, puis pleurer devant la caméra quand ça dégénère, ce n’est pas du courage : c’est de l’imprudence mise en scène. Et l’imprudence, en politique, coûte cher aux autres. Elle décourage les sympathisants, elle affaiblit les militants, elle donne aux adversaires la certitude qu’ils peuvent chasser, intimider, confisquer l’espace – sans conséquence.

    Alors oui : la droite doit arrêter de faire les victimes. Mais qu’on s’entende bien sur “rendre les coups”. Je ne parle pas de fantasmes adolescents, de bagarre romantique, de “guerre civile” chantée par des bavards. Je parle de riposte intelligente, légitime, et surtout efficace.

    Rendre les coups, c’est d’abord refuser le récit imposé. C’est nommer, démonter, exposer. C’est cesser de s’excuser d’exister. C’est refuser la position de proie médiatique. C’est apprendre à répondre du tac au tac, à retourner l’accusation, à faire payer le prix symbolique à ceux qui croient avoir tous les droits.

    Rendre les coups, c’est ensuite l’organisation. Pas la bravade. L’organisation. Un dispositif de sécurité adapté, une discipline collective, une préparation du terrain, une maîtrise de la logistique. C’est éviter de livrer des “moments” gratuits à l’ennemi. C’est comprendre que, dans une université, une manifestation, un reportage “dans la fosse”, vous êtes dans un théâtre d’hostilité : si vous y allez, vous y allez pour occuper l’espace, pas pour servir de punching-ball pédagogique. Si vous ne pouvez pas occuper, vous ne venez pas. On ne fait pas de politique en tendant la joue.

    Rendre les coups, c’est aussi l’arme qui fait paniquer nos adversaires : le droit, la procédure, la plainte systématique, la traçabilité, la documentation. Chaque dégradation, chaque intimidation, chaque agression doit produire un coût. Pas un tweet. Un coût. Dépôts de plainte, constitution de dossiers, suivi, publicité méthodique, pression locale. Ceux d’en face ont compris une chose : l’impunité est un carburant. Il faut l’assécher. Et l’assécher demande du sang-froid, pas du cinéma.

    Mais je vais plus loin : la droite doit aussi montrer l’exemple. Parce que l’autorité ne se proclame pas, elle se pratique. On ne peut pas réclamer l’ordre et vivre dans le désordre. On ne peut pas exiger la discipline nationale et se complaire dans la querelle de chapelles, la jalousie d’ego, le narcissisme de micro-audience. On ne peut pas dénoncer la décadence en mimant les codes d’un monde décadent : hystérie, indignation permanente, victimisation performative, mise en scène de soi.

    Ce que les Français veulent entendre, au fond, c’est simple : “Nous allons tenir. Nous allons bâtir. Nous allons protéger.” Ils cherchent des gens qui donnent envie de s’aligner, pas de s’excuser. Des gens qui respirent la maîtrise, pas la plainte. Des gens qui inspirent le respect, pas la pitié.

    Aujourd’hui, trop de figures de droite confondent “faire parler de nous” et “imposer une force”. Or la notoriété n’est pas la puissance. La puissance, c’est la capacité à durer, à structurer, à conquérir, à former, à transmettre. La gauche radicale l’a compris : elle protège ses nervis, elle fabrique ses héros, elle transforme ses agresseurs en victimes. Et nous, que faisons-nous ? Nous transformons nos victimes en contenu.

    Stop.

    Il faut une droite qui cesse de quémander. Une droite qui cesse de trembler devant les injonctions morales. Une droite qui cesse de s’exhiber en martyr. Une droite adulte, stratégique, enracinée, disciplinée. Une droite qui ne cherche pas à être aimée par ses ennemis, mais respectée par le peuple.

    Là est le choix : la posture victimaire ou la reconquête. La plainte ou l’exemple. Le buzz humiliant ou le travail de puissance.

    Se faire sciemment bolosser en boucle n’est pas une stratégie politique. C’est une défaite mise en abonnement.

    Yann Vallerie (Breizh-Info, 9 février 2026)

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  • Le droit international, cette fiction qui ne s’applique qu’aux peuples soumis...

    Nous reproduisons un excellent éditorial d'Armand Le Gall cueilli sur Breizh-Info et consacré à la fiction pour enfants sages qu'est devenu le droit international...

     

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    USA, Venezuela… Le droit international, cette fiction qui ne s’applique qu’aux peuples soumis

    On invoque le droit international comme un catéchisme. Comme une morale universelle. Comme une frontière sacrée entre le chaos et la civilisation. Pourtant, à l’épreuve des faits, ce droit n’est ni universel, ni contraignant, ni même respecté par ceux qui prétendent l’incarner. Il est devenu un instrument politique, manié à géométrie variable, toujours contre les mêmes, jamais contre les puissants.

    Les États-Unis violent le droit international depuis des décennies. Guerres préventives, interventions sans mandat, frappes ciblées, changements de régime assumés ou déguisés. Cela n’a jamais empêché les capitales occidentales, avant Donald Trump comme après, d’applaudir, de justifier, de rationaliser. Hier en Serbie, Irak, en Libye, en Syrie. Aujourd’hui encore ailleurs. Quand Washington agit, le droit se tait. Ou se plie.

    Israël, de son côté, agit selon une logique strictement nationale et sécuritaire, en dehors de tout cadre juridique international contraignant. La Chine fait de même, en mer de Chine comme dans sa politique intérieure. La Russie aussi. Les puissances agissent. Les textes suivent, ou sont contournés. C’est la règle réelle du monde.

    La nouveauté n’est donc pas la violation du droit international. La nouveauté, c’est l’effondrement du discours hypocrite qui prétendait encore le sacraliser.

    Les frappes américaines au Venezuela, l’enlèvement d’un chef d’État étranger, l’intervention directe sur le sol d’un pays souverain sans mandat international, ne sont pas un accident. Elles signent le retour de l’histoire avec un grand H. Celle des rapports de force, des blocs, des nations qui décident pour elles-mêmes. Le droit international n’est plus qu’un décor de théâtre que l’on replie quand il gêne l’action.

    Pendant ce temps, l’Europe parle. Elle ne fait que cela. Valeurs. Inclusion. Indignation. Égalité. Normes. Procédures. Déclarations. Mais regardez le personnel politique bon sang : vous avez vu notre ministre des affaires étrangères ? Nos derniers présidents ? Ils ressemblent à quoi par rapport à ceux qui pèsent dans le monde ?

    La diplomatie européenne parle pendant que les autres agissent.
    Elle moralise pendant que les autres imposent.
    Elle se félicite de son impuissance pendant que le monde se réorganise sans elle.

    Personne ne craint l’Europe. Personne ne l’écoute. Personne ne la respecte.

    Elle est devenue la risée diplomatique du monde et, pire encore, sa zone de décharge : migratoire, industrielle, normative, idéologique.

    Le cœur du problème est là : aucun peuple européen n’a jamais voté pour l’ordre juridique international qui le contraint. Aucun n’a choisi les traités qui limitent sa souveraineté militaire, énergétique, migratoire, économique. Aucun n’a validé cette dépossession progressive au nom d’un universalisme abstrait, coupé des réalités historiques, culturelles et civilisationnelles.

    Le droit international n’est plus le fruit d’un consentement des nations. Il est devenu une camisole idéologique, appliquée uniquement aux peuples faibles, jamais aux puissants. Une arme contre la souveraineté, jamais contre l’hégémonie.

    Face à cela, continuer à invoquer le droit international comme une boussole morale relève soit de la naïveté, soit de la soumission. Les autres blocs ont choisi. Ils défendent leurs intérêts, leurs peuples, leur continuité historique. Ils ne demandent la permission à personne.

    L’Europe, elle, s’interdit d’exister.

    Il est temps que nos peuples se libèrent de cet asservissement juridique qui ne protège plus rien, sinon l’impuissance de ceux qui l’invoquent. Il est temps de rompre avec les valets de traités qui nous enchaînent, nous désarment et nous condamnent à l’effacement.

    Un bloc civilisationnel qui renonce à sa souveraineté est un bloc condamné.
    Un peuple qui ne décide plus est un peuple administré.
    Un continent qui ne défend plus ses intérêts est un continent voué à disparaître.

    Le monde a changé. Il l’a fait sans nous.
    À nous de choisir : continuer à réciter des textes morts, ou s’en affranchie enfin totalement, se servir des traités et des lois internationales comme on se sert du papier toilette, et redevenir des acteurs de l’histoire. De notre histoire.

    Armand Le Gall (Breizh-Info, 4 janvier 2026)

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  • Conflits armés et bases économiques : changer notre regard...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Pierre de Lauzun, cueilli sur Geopragma et consacré aux bases économiques de la puissance.

    Membre fondateur de Geopragma, Pierre de Lauzun a fait carrière dans la banque et la finance.

     

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    Conflits armés et bases économiques : changer notre regard

    On connaît l’importance de la base économique de la puissance. Mais plusieurs développements nouveaux conduisent à prendre du recul et à remettre en cause certains schémas établis. Notamment on a eu tendance à oublier que les facteurs économiques de puissance du temps de paix ne sont pas les mêmes en cas de conflit. Cela vaut notamment pour la vulnérabilité aux ruptures d’approvisionnement et embargos, ou pour la capacité industrielle – armement ou construction navale. Inversement la puissance financière ou la présence de multinationales s’avèrent alors moins décisives qu’en temps de paix. Et donc la position des différentes puissances n’est pas la même. Cela concerne en outre plus spécifiquement la France, qui est dans une situation assez différente de celle des autres pays européens.

    La vulnérabilité aux ruptures d’approvisionnement et embargos

    Déjà le Covid avait mis en évidence les graves problèmes que posait la dépendance d’une économie à l’égard du reste du monde, s’agissant notamment des matières premières et des chaînes mondiales de production. Une stratégie d’approvisionnement rationnelle dans un contexte de circulation assurée des biens peut se trouver mise en défaut si un obstacle intervient : une décision politique, un embargo, une priorité donnée par une puissance exportatrice à ses besoins internes, un nouvel antagonisme, une interruption physique des approvisionnements maritimes. Deux événements de la période récente rappellent cependant que les effets de ces ruptures peuvent être variables selon les cas : les sanctions contre la Russie d’un côté, les épreuves de force quelque peu chaotiques auxquelles se livre Donald Trump de l’autre.

    Dans cette dernière affaire, les Etats-Unis de Trump ont pu mesurer plus que jamais leur degré élevé de dépendance industrielle à l’égard de la Chine. Les droits de douane envisagés touchent des flux considérables d’approvisionnements non remplaçables facilement. Et la Chine résiste à la pression, même si elle peut perdre des marchés importants. Cela s’ajoute à la question également bien connue des matières premières, notamment des minerais technologiquement vitaux. La conclusion qui s’en déduit des deux côtés est l’intérêt de réduire cette dépendance réciproque. Cela ne paraît pas insurmontable, au moins sur la durée.

    En revanche, les sanctions contre la Russie n’ont pas été sans effet, mais pas ceux escomptés, et l’Europe (qui les a décidées) en a souffert elle aussi, tant sur le coût de l’énergie qu’en bradant l’énorme portefeuille d’entreprises qu’elle contrôlait en Russie. L’effet sur la Russie a été une massive réorientation de ses échanges, qui n’était certainement pas dans l’intérêt des Occidentaux. Il est vrai qu’elle a par nature une capacité d’autarcie importante, encore renforcée par le fait que c’est un des très rares pays à technologie militaire relativement complète et autonome – n’étant dépendante que pour certains composants et produits élaborés, qu’elle a pu en l’espèce trouver en bonne partie ailleurs (contrebande, Chine etc.). Quant aux sanctions financières, elles ont rencontré leurs limites, et en réalité minent la crédibilité du système financier global, contrôlé par les Occidentaux : si vous gelez les actifs que vous ont confiés quelqu’un, la confiance en vous diminue.

    Ce que l’on voit dans ces exemples, c’est que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Les grands pays construits pour une relative autonomie comme Chine et Russie partent avec un avantage relatif. Ce pourra être à terme et à nouveau le cas d’autres qui ont quelque peu négligé ce souci, mais qui ont un considérable potentiel de résilience, comme les Etats-Unis. Les pays d’Europe, eux, en sont loin – même si la France se distingue par une certaine capacité d’autonomie, dans ses systèmes d’armement et potentiellement ses ressources maritimes. Très vulnérables sont en revanche d’autres pays, même de taille appréciable ; comme on l’a vu avec l’Iran, très affaibli par les embargos dans sa capacité de résilience – même s’il a résisté. 

    La capacité industrielle et la technologie

    L’importance de la dimension industrielle et notamment de l’industrie d’armement avait été elle aussi un peu perdue de vue ; elle est revenue au premier plan avec la guerre d’Ukraine, énorme consommatrice de ressources, y compris sous la forme la plus simple (munitions). Ce qui suppose une industrie d’armement à très grosse capacité, permanente ou pouvant monter en régime très rapidement.

    A vrai dire, l’histoire avait montré le rôle décisif de ce facteur industriel : la défaite de la marine impériale japonaise face aux Américains était dans une mesure importante la résultante de l’écrasante supériorité industrielle de ces derniers à l’époque, y compris dans la construction navale. Or la désindustrialisation galopante du monde occidental, y compris des Etats-Unis, change radicalement ces données, notamment face à la Chine : celle-ci est désormais bien plus puissante industriellement qu’eux, y compris dans la construction navale. Une éventuelle guerre à propos de Taiwan pourrait donc révéler des surprises : outre le fait que les Américains devraient opérer très loin de chez eux, ils risqueraient de ne pas tenir sur la durée et de se révéler moins puissants qu’on le croit habituellement. Ce à quoi s’ajoutent leurs difficultés à trouver des marins et le vieillissement de leur flotte. Certes, la marine chinoise n’a pas d’expérience de guerre, mais la japonaise n’en avait pas non plus lorsqu’elle a écrasé la marine russe à Tsushima ; et surtout elle peut supporter des pertes bien plus importantes en reconstituant ses forces. Le débat fait d’ailleurs rage aux Etats-Unis sur les moyens de reconstituer des chantiers navals moins étiques.

    Un deuxième est la dimension technologique. Autant il est illusoire de ne compter que sur la technologie dans des conflits où le facteur humain reste crucial, autant elle a montré sa capacité à faire la différence sur des points essentiels, par exemple la couverture satellitaire pour surveiller les mouvements et guider les tirs de tout type. De même quand des technologies nouvelles changent en profondeur les modalités des affrontements ; elles peuvent d’ailleurs parfois être accessibles à des pays de développement moyen : ainsi les drones ont joué et jouent un rôle majeur en Ukraine, même développés en Iran ou en Turquie. Inversement, Israël a montré l’usage qui pouvait être fait de technologies de pointe dans sa lutte contre le Hezbollah et l’Iran. La guerre d’Ukraine a en outre bouleversé toute la problématique militaire, rendant partiellement obsolètes, en tout cas d’usage bien plus dosé, les instruments coûteux qui dominaient autrefois sans conteste (chars, avions, grands navires). Il ne suffit donc pas d’être avancé technologiquement, il faut aussi avoir un appareil de recherche et de production très mobile, et être en permanence sur les bons créneaux du moment.

    Les transports maritimes enfin : on y pense moins, mais ils pourraient être à l’origine de crises, ou de mutations importantes, notamment d’un recul de la mondialisation. Jusqu’à la période récente la liberté de la navigation était très largement assurée, du fait notamment de la domination des Etats-Unis et de leur marine. La situation évolue, par un relatif désengagement des Américains, par développement d’alternatives à commencer par la Chine, et par la montée de menaces multiples, dont les Houthis donnent un avant-goût. La possibilité d’une réduction du transport maritime, par insécurité ou coût élevé, est concevable. D’où l’importance clef de la dimension navale, pour ceux qui peuvent se le permettre. La marine devrait justement être une priorité nationale majeure en France, compte tenu de l’immensité de son domaine maritime, étendu sur toute la planète.

    Des facteurs surévalués en cas de conflit

    Inversement, d’autres facteurs, importants voire décisifs en temps de paix, se voient fortement relativisés en cas de conflit latent ou ouvert.

    Le premier est la puissance financière. Elle est évidemment appréciable : un conflit ouvert est effroyablement coûteux, et même une politique de défense ambitieuse ; les pays de la péninsule arabique n’auraient pas le poids qu’ils ont sans l’extraordinaire rente pétrolière dont ils disposent. Et la Chine n’aurait pu devenir la deuxième puissance militaire de la planète, et renforcer son influence à travers les « routes de la soie », sans son impressionnant succès industriel et technique. Ni les Etats-Unis maintenir leur rang sans le rôle du dollar et leur finance dominante, malgré un endettement pathologique et la désindustrialisation.  Mais d’un autre côté, comme on l’a vu avec la Russie, l’arme des embargos financiers s’est avérée à double tranchant. Ajoutons qu’en cas de guerre ouverte les mécanismes financiers sont très gravement remis en cause : la finance n’est donc pas un puissant outil en cas de vrai conflit. Par ailleurs, la tendance récurrente à des crises financières est une faiblesse structurelle des sociétés occidentales ; avec éventuellement, à terme, une dislocation progressive d’outils devenus internationaux sous leur contrôle, comme le rôle du dollar, et la montée d’autres mécanismes, d’ailleurs amorcés déjà.

    Le second facteur à relativiser est le rôle des acteurs non-étatiques, les entreprises multinationales. Leur puissance économique est réelle et n’est pas un fait nouveau. Les GAFAM structurent à leur façon la culture commune de la plupart des pays (hors Chine et Russie). Le même effet peut apparaître en matière d’Intelligence Artificielle, actuellement dominée par les Etats-Unis et dans une bonne mesure la Chine. Cela dit, il n’est pas évident que ces influences jouent en dehors du cadre des pays supports de ces sociétés (essentiellement Etats-Unis et Chine aujourd’hui, d’autres peut-être demain). Les multinationales sont vulnérables aux vraies puissances et notamment à leurs pays d’origine, comme on le voit avec Musk face à Trump. Le jeu de tels acteurs, important pour comprendre la problématique internationale actuelle, ne remet donc pas en cause le fait que le déterminant principal reste les rapports entre les puissances souveraines elles-mêmes.

    Conclusion

    Pays par pays, on tend plutôt à conclure sur ces différents plans que pour affronter un conflit un tant soit peu sérieux les Etats-Unis pourraient partir dans des conditions plutôt robustes, moyennant un important effort de redressement (qui peut être rendu difficile par leurs profondes divisions internes et leurs blocages, et le besoin d’agir sur la durée). La Russie probablement aussi sauf crise interne, mais sur un mode rustique et dans la dépendance de la Chine. La Chine enfin a une puissance industrielle dominante et n’est guère vulnérable que dans l’énergie et quelques matières premières et dans des techniques très avancées – dans lesquelles elle investit massivement pour les dominer ; même si elle peut aussi connaître des crises internes.

    En revanche, l’Europe, très hétérogène, est beaucoup plus exposée, et le serait gravement en cas de conflit ouvert. Quant à la France, sa double spécificité dans l’armement et dans le domaine maritime la met à part des autres pays européens. Si elle a intérêt à coopérer avec eux, cette spécificité est trop forte pour qu’elle abandonne son autonomie dans une défense européenne prétendument intégrée, et en réalité à la fois molle, limitée au champ européen et incapable de prendre son autonomie à l’égard des Etats-Unis.

    Quoiqu’il en soit, la diversité des situations paraît a priori considérable. Et donc la multipolarité à venir se révélera pleine de surprises …

    Pierre de Lauzun (Geopragma, 14 juillet 2025)

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  • Machiavel par lui-même...

    Les Presses universitaires de France viennent de publier un essai de Jérôme Roudier intitulé Machiavel par lui-même. Jérôme Roudier est professeur à l'université catholique de Lille. Il est l'auteur de Machiavel, une biographie - L'apport intellectuel de sa correspondance avant septembre 1512 (Cerf, 2019).

     

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    " L'objectif politique qu'a poursuivi Machiavel toute sa vie est simple : rendre sa patrie puissante, forte et indépendante. Si la finalité est claire, la mise en œuvre est loin d'être évidente tant l'Italie de l'époque est divisée entre diverses principautés et républiques et aux prises avec les grandes puissances européennes. L'auteur nous donne à voir l'homme politique en Machiavel et non le théoricien ou le philosophe. Il s'agit de lire Machiavel pour lui-même en le replaçant dans son époque. Patriote florentin avant tout, son programme politique vise l'unification de l'Italie au bénéfice de Florence. Le Prince et les Discours sont les adaptations à des publics différents de cette vision programmatique, qui rendent le Florentin si proche de notre manière moderne de penser la politique et le désignent comme l'un de ses initiateurs. "

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  • La fin des débats : vers une autre révolution...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Richard Dessens, cueilli sur le site d'Eurolibertés et consacré à la fin des débats apaisé et convenus.

    Docteur en droit et professeur en classes préparatoires, Richard Dessens a notamment publié La démocratie travestie par les mots (L'Æncre, 2010), Henri Rochefort ou la véritable liberté de la presse (Dualpha, 2017) et La démocratie interdite (Dualpha, 2018).

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    La fin des débats : vers une autre révolution

    Le débat est fécond dit-on. La confrontation des idées constituerait le moteur d’une démocratie saine et apaisée, même si le débat peut être virulent. C’est en tout cas ce qui s’est passé jusqu’à présent, dans la mesure où le principe même du débat repose sur l’acceptation par les parties en présence de valeurs communes, d’une doxa largement partagée. La représentation nationale reflétait d’ailleurs cette configuration dans laquelle la gauche et la droite s’affrontaient à fleurets relativement mouchetés en se partageant le pouvoir avec toutes les variantes ou les sensibilités qui voulaient laisser croire à des oppositions importantes. Mais, sur le fond, et quelle que soient leurs différences d’approche, gauche et droite raisonnaient sur les mêmes fondements : valeurs démocratiques, droits de l’homme, modération en toutes choses. D’ailleurs sur les « grands sujets » sociétaux notamment, gauche et droite votaient largement ensemble : avortement, abolition de la peine de mort ; car dans la « gauche » on trouvait de nombreuses variantes de même que dans la « droite » sur laquelle les idées de gauche avaient imprégné sur de larges pans. Ainsi, « débattre » devient un exercice de bon aloi, avec parfois des dehors d’une violence affectée, et aboutit à des solutions finalement à la marge, sans jamais remettre en cause la doxa démocratique des Lumières, avec un regard bienveillant sur la Révolution et une admiration pour les penseurs de la IIIème République, plus les droits de l’homme et l’exaltation du capitalisme et de la mondialisation venus compléter ce qu’il faut penser à droite comme à gauche.

    S’agit-il alors de véritables débats dans des conditions qui l’encadrent étroitement ? Le XXIe siècle est en train de prouver le contraire, dans la suite de la théorie d’un « choc des civilisations » qui anéantit toute sorte de débat apaisé et convenu. Au niveau national, l’émergence de LFI rebat les cartes par sa remise en cause les modes de vie et les identités traditionnelles séculaires; en théorisant à l’extrême la mixité et la mondialisation ; en prônant l’immigration massive et le wokisme, entre autres menées révolutionnaires. Comment débattre lorsque les grilles de pensées des débatteurs sont fondamentalement opposées ? Personne ne parle plus alors ni des mêmes choses, ni ne se base sur les mêmes principes de pensée. Le débat devient un dialogue de sourds. Seule une révolution violente peut permettre de sortir d’une telle situation dans laquelle aucun consensus ne peut plus mettre d’accord personne. Le Front National de Jean-Marie Le Pen a été un temps dans cette situation de principe qui remettait en cause les vérités intouchables qui fondaient nos régimes politiques bien équilibrés et consensuels au fond. Sa philosophie, sa conception de la société et de l’identité nationale, de la civilisation, ses valeurs, rien ne correspondait aux règles convenues et censées inviolables au risque d’être rejeté, ostracisé, diabolisé. Par conséquent aucun débat n’était possible. C’est bien ce qu’a compris sa fille qui a su se couler dans le moule des concepts intouchables de la gauche et de la droite traditionnelles.

    Le verrouillage du débat est une réalité qui tient aux tournants radicaux que la pensée politique mais surtout philosophique, conceptuelle, est en train de prendre. Tournants certainement révolutionnaires qui peuvent soit faire peur, soit ouvrir de nouveaux horizons, le tout étant de savoir : quelles sortes d’horizons ? Guerres civiles probablement dans tous les cas, jumelées et renforcées avec une présence très importante d’éléments extra-européens prompts à faire triompher leurs propres valeurs contre celles de leur terre d’accueil. Sauf à conserver la passivité qui permettra d’accepter ou de subir, résigné, le sort promis par les nouvelles révolutions issues d’une immigration invasive et conquérante, et encadrées par les nouveaux penseurs de type LFI.

    Mais, aussi bien, d’autres philosophies, ou concepts, pourraient rejaillir ou émerger, basés, ceux-ci, sur une approche radicalement différente, eux aussi, qui ne serait pas une « contre-révolution » mais une « autre révolution ». Idéal nationaliste ou d’une Europe raciale fondée sur d’anciennes valeurs actualisées ? Ou d’autres encore. Rien n’est plus à écarter à l’occasion du grand chambardement qui s’annonce.

    Au plan international, une réflexion sur la véritable nature du débat s’impose aussi aux mêmes lumières. Si, par exemple, on prenait le temps, et si on s’intéressait sérieusement à l’histoire de la Russie depuis le 9ème siècle, cela permettrait de comprendre que la position de la Russie actuelle est parfaitement compréhensible, alors qu’un « débat » sur le fondement de la culture politique et historique de l’Europe de l’Ouest, et notamment de la France, est incompatible avec les valeurs d’une Russie aux concepts très différents, à la manière de penser distincte de celle de nos dirigeants européens. Dialogue de sourds là aussi, valeurs et objectifs différents, histoires forgées sur des évènements sans communes mesures. Si la Russie (ou plutôt les trois Russie (approximativement : Russie blanche -ou Biélorussie Est-Pologne aujourd’hui-, Petite Russie -Ukraine d’aujourd’hui- et Grande Russie -Russie centrale européenne) est proche de l’Europe, elle est surtout le trait d’union entre l’Europe et l’Asie, dont elle a subi l’invasion plus de deux siècles en en conservant de nombreuses traces. En outre son histoire et son identité orthodoxe – Moscou est la Troisième Rome- face à une Europe catholique ou protestante, ont pesé lourd dans ses rapports et ses politiques avec l’Europe. Sa position d’aujourd’hui n’est que la continuité difficile, meurtrière et remplie de souffrances terribles de six siècles d’histoire depuis Ivan IV, Pierre le Grand et Catherine II notamment.

    Là encore peut-on parler sérieusement de débat possible, de type UE, sur les critères des démocraties européennes et européistes ?

    N’est-il pas temps de reconsidérer les relations nationales et internationales sur d’autres bases que celles qui ont fait, ou défait, le monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ? Cesser de vouloir imposer la loi et la pensée d’un plus fort, l’Europe, qui ne l’est plus sur aucun plan à commencer par l’ « intelligence » de ses valeurs universelles, ses vérités immuables, son « état d droit ». Au plan national, européen ou international au sens large, le débat est mort et il n’y a plus de solutions acceptables à en attendre aujourd’hui. Au profit peut-être du respect des valeurs des autres, de la compréhension de leurs nécessités vitales, chacun dans sa sphère, ses territoires historiques et civilisationnels, et dans son domaine d’influence. Discussions dans lesquelles la force de la volonté, la fierté de ses identités et la puissance assumée permettent de se tenir à distance et d’établir de nouveaux équilibres qui permettent toutefois d’autres et nouveaux échanges fructueux.

    Richard Dessens (Eurolibertés, 19 mars 2025)

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  • JD Vance à Munich : l’Europe face à son destin...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Bruno Mégret, cueilli sur Polémia et consacré au discours fracassant prononcé par JD Vance, le vice-président américain, à Munich, la semaine dernière.

    Ancien haut-fonctionnaire, numéro 2 et organisateur du Front national dans les années 90, puis fondateur du Mouvement national républicain, Bruno Mégret est retiré de la politique depuis 2008 et a publié en 2016 un roman de politique-fiction intitulé Le temps du phénix.

     

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    JD Vance à Munich : l’Europe face à son destin

    À Munich, les Européens humiliés par les États-Unis

    Le discours tenu par le vice-président américain devant un parterre de dirigeants politiques européens lors de la 61e Conférence de Munich sur la sécurité annonce une modification profonde de la scène internationale qui risque de se faire sans l’Europe. Ainsi, il a été annoncé par de hauts responsables américains présents à Munich que les États-Unis vont se désengager de la défense du vieux continent et que la fin de la guerre en Ukraine sera négociée entre les États-Unis et la Russie lors d’une rencontre à Ryad entre Trump et Poutine, une formule qui exclut donc l’Europe du processus de paix.

    Une Europe dont M. Vance a de son côté dénoncé la décadence, lui reprochant de bafouer la liberté d’expression et les principes de la démocratie. Il a aussi stigmatisé des pays qui se laissent envahir par une immigration massive tout en refusant de prendre en charge leur propre défense.

    L’Union européenne lâchée par les Américains

    Force est de constater que J. D. Vance a raison dans tout ce qu’il affirme à propos de l’Europe. Il est donc logique que Trump, qui agit dans l’intérêt supérieur des États-Unis, en tire brutalement les conséquences : devenue le ventre mou de la planète, l’Europe n’a plus sa place comme acteur dans le monde multipolaire qui se construit sous nos yeux et qui est régi par les règles immémoriales de la géopolitique : le rapport de force et donc la course à la puissance.

    L’Union européenne, qui a toujours suivi les États-Unis comme un vassal, se trouve donc lâchée par son maître. Un maître qui, à l’évidence, s’emploie à l’humilier, car si l’Europe ne semble pas devoir être invitée aux négociations portant sur le règlement d’un conflit en Europe, elle sera, n’en doutons pas, sollicitée pour financer la reconstruction de l’Ukraine.

    L’Europe à la croisée des chemins

    Aujourd’hui, avec la politique « America first » menée par Donald Trump, l’Europe se trouve à la croisée des chemins. Elle peut persister à suivre une politique fondée sur l’état de droit, totalement coupée des réalités et de la nécessité de défendre ses intérêts propres, et elle sera de plus en plus marginalisée, moquée, voire méprisée dans le monde entier. Elle sera soumise aux exigences de son voisin russe, qu’elle a stupidement désigné comme un ennemi, en même temps qu’elle perdra peu à peu son identité et son autonomie, entravée qu’elle sera sur son propre sol par des populations islamiques de plus en plus nombreuses.

    Elle peut, à l’inverse, prendre la mesure de sa faiblesse et de l’absurdité des choix idéologiques et stratégiques qui sont les siens pour changer de cap et s’organiser en un pôle de puissance. Mais pour cela, il faudrait que les nations d’Europe refondent leur Union en en changeant la nature même pour créer une confédération dirigée par les seuls États membres. Une confédération qui rendrait aux nations l’essentiel des compétences aujourd’hui confisquées par Bruxelles et qui ne se préoccuperait que de la puissance, de la défense et de l’identité de notre civilisation. Une confédération qui œuvrerait à la solidité de ses frontières extérieures pour arrêter toute nouvelle immigration, pour protéger par des écluses douanières nos économies de la concurrence déloyale des pays émergents et pour assurer ainsi, par la réindustrialisation, notre autonomie stratégique dans tous les secteurs vitaux.

    Renouer avec la puissance militaire

    Et surtout, elle aurait pour charge de donner à notre continent une réelle puissance militaire, non pas en formant une armée européenne, mais en créant une alliance militaire européenne, une sorte d’OTAN sans les Américains. Avec, de surcroît, l’impératif d’augmenter significativement leur budget militaire et celui de doter les armées européennes ainsi coordonnées de matériels et d’armements conçus et fabriqués en Europe.

    Impossible ! dira-t-on. Pourtant, le potentiel économique de l’Union européenne est du même ordre de grandeur que celui des États-Unis (18 000 milliards d’euros contre 22 000 milliards d’euros) et sa population est en nombre nettement supérieure à celle de la Russie (447 millions d’âmes contre 144 millions). Rien de structurel n’empêche donc une nouvelle Europe de se réorganiser pour disposer d’une puissance militaire du même poids que celle de la Russie, voire proche de celle des États-Unis.

    Rétablir l’Europe comme un vrai pôle de puissance est donc possible avec un peu de temps et beaucoup de volonté. Hélas, il n’est pas certain que nos dirigeants ou ceux qui pourraient les remplacer soient prêts à une telle mutation.

    Une occasion historique

    On peut d’ailleurs constater que le président français a manqué une opportunité historique pour la France. Si, au début de son premier mandat, il avait dénoncé la volonté des Américains de provoquer cette guerre, s’il avait affirmé que la Russie n’était pas un ennemi mais un partenaire naturel et qu’il fallait négocier avec elle au lieu de la provoquer avec l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN et dans l’UE, il n’aurait sans doute pas pu empêcher l’entrée en guerre de la Russie puisque telle était la volonté des Américains, et il aurait été bien sûr conspué par les États-Unis et beaucoup de ses partenaires européens.

    Mais aujourd’hui, la France serait en position de force pour avoir eu raison de ne pas désigner la Russie comme un ennemi, et sans doute aurait-elle été admise par les deux grandes puissances à la table des négociations pour représenter l’Europe. Par ailleurs, étant le seul pays de l’Union Européenne à posséder l’arme nucléaire, elle aurait pu prendre le leadership de la refondation de l’Europe comme pôle de puissance.

    Cependant, l’arrivée de Trump à la présidence des États-Unis peut être une nouvelle et sans doute dernière occasion historique pour l’Europe de retrouver son rang. En effet, le vice-président américain n’a finalement rien dit d’autre que ce qu’affirment depuis plus de vingt-cinq ans les partis de droite nationale, et la conférence de Munich a donc en quelque sorte officialisé la marginalisation historique de l’oligarchie mondialiste européenne. Un événement majeur qui pourrait conduire à des bouleversements politiques inattendus.

    En disant leur vérité aux Européens, Trump leur offre en effet la possibilité de se ressaisir. Il leur montre même la voie à suivre, car pour se redresser, les nations d’Europe devraient appliquer les principes et la méthode du président américain.

    Bruno Mégret (Polémia, 20 février 2025)

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