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29/08/2018

L'Europe en "multicrise"...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Richard Dessens, cueilli sur Eurolibertés et consacré à la crise de l'Europe politique... Docteur en droit et professeur en classes préparatoires, Richard Dessens a notamment publié La démocratie travestie par les mots (L'Æncre, 2010), Henri Rochefort ou la véritable liberté de la presse (Dualpha, 2017) et La démocratie interdite (Dualpha, 2018).

 

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L'Europe en "multicrise"

La mondialisation heureuse des idéologues du bonheur universel et surtout paradis de la haute finance elle aussi apatride, est en berne. L’euphorie du début des années quatre-vingt triomphantes prend fin progressivement depuis les premières années du XXIe siècle. Le cycle fou trentenaire s’est heurté aux réalités politiques, humaines, écologiques et morales qui remettent en cause de manière encore ténue et peu visible les diktats du tout économique. Si la puissance divinisée des GAFA et de leurs nouvelles sœurs chinoises est encore évidente, on ne peut plus aujourd’hui parier sur leur pérennité tant leur fragilité est désormais palpable malgré les apparences. Géants aux pieds d’argile.

La chute de l’URSS, la domination monopolistique des USA, unique gendarme du monde dans les années quatre-vingt-dix, puis le 11 septembre, puis la crise économique de 2008, le terrorisme, la très inquiétante puissance chinoise tentaculaire, les grandes migrations, les mutations climatiques, tout concourt à remodeler un nouveau monde, de nouveaux équilibres précaires – car les équilibres ne sont que des déséquilibres provisoirement stabilisés –, de nouvelles valeurs ou tout du moins un rejet des valeurs droit-de-l’hommiennes et économiques qui dirigent le monde occidental depuis 1945. Nous assistons aux troubles générateurs d’un nouvel ordre mondial, qui risque de voir s’affronter un jour la Chine et l’Asie au reste du monde.

Dans ce bouleversement insidieux d’un ancien monde onirique auquel s’accrochent encore nos élites, l’Europe confirme son effacement en réalité commencé après la Seconde Guerre mondiale. Le fol espoir de l’Union européenne n’a fait que renforcer, contrairement à toute sa logique économique, sa disparition d’un leadership international. Empêtrée dans un apparent progrès fait d’entêtement dans ses erreurs d’appréciation, l’Europe vit toujours dans les conséquences de la IIe Guerre mondiale et dans sa course pour rattraper une mondialisation… qui est déjà en train de tourner la page dans ses formes actuelles. L’Europe a encore une fois une guerre de retard et en porte les terribles stigmates.

Crises politique, économique, morale, humaine, sont le quotidien de cette Europe dévastée par son « Union » idéologique déconnectée des nouvelles réalités mondiales. Incohérence de ses membres, chocs de valeurs contradictoires, replâtrages de façade, absence d’unité politique à l’international. Même sa « puissance » économique qui en fait, sur le papier, le premier PIB mondial, ne signifie rien et ne produit aucun impact sur son rayonnement international. L’Europe est un astre éphémère éteint avec lequel les véritables puissances souveraines peuvent jouer à leur gré : USA, Chine, Russie, pour des motifs et intérêts d’ailleurs différents.

Les partisans du « plus d’Europe » pensent donc avoir trouvé la solution, sans tenir compte du fait que leurs « valeurs » et leur idéologie trouvent de moins en moins d’écho dans la volonté des peuples européens, et sans admettre que les seules puissances qui peuvent survivre sont celles dotées de la souveraineté et d’un sentiment fort d’appartenance à une histoire et à une culture propres. Tout ce qui constitue donc cette « identité » rejetée, voire soigneusement détruite depuis des décennies, par nos élites dont les velléités cosmopolites généreuses sont déjà dépassées, après avoir tant affaibli les peuples européens.

Coincée entre le sillage américain, auquel adhèrent encore la grande majorité des États européens, et ses atermoiements ambigus avec la Russie, l’Europe ne sait plus à quel saint se vouer, puisqu’elle a perdu depuis déjà longtemps son identité propre. L’Europe a besoin économiquement de la Russie mais la déteste politiquement. L’Europe a besoin des USA économiquement et militairement mais déteste Trump, mis dans le même sac que Poutine. Ces positions amènent à des politiques incompréhensibles, contradictoires souvent, en ordre dispersé toujours, qui font de l’Europe un partenaire sans aucune fiabilité pour des États sérieux et sûrs de leurs intérêts. Quant à la France, à l’Angleterre ou à l’Allemagne, seules puissances économiques encore identifiables, la condescendance amusée de la Chine, de la Russie ou des USA est à peine camouflée derrière les sourires de façade et le respect de principe dû à quelques vieilles dames à la gloire passée. Il n’y a plus que M. Macron pour faire croire qu’il est important. Affligeant.

Richard Dessens (EuroLibertés, 13 août 2018)

17/06/2018

Tour d'horizon... (148)

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Au sommaire cette semaine :

- sur Communication & Influence, Pascal Gauchon met en relief la manière dont s'articulent puissance et influence dans les rapports de force géopolitiques...

 

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- sur Storiavoce, Christophe Dickès interroge l'historien Frédéric Le Moal sur le fascisme italien...

Qu'est-ce que le fascisme ?

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09/04/2018

Comment évaluer la puissance ?...

Le nouveau numéro de la revue Conflits (n°17, avril-mai-juin 2018), dirigée par Pascal Gauchon, vient de sortir en kiosque. Le dossier central est consacré à l'évaluation de la puissance globale d'un pays.

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Au sommaire de ce numéro :

ÉCHOS

ÉDITORIAL

Promis, juré, par Pascal Gauchon

ACTUALITÉ

ENTRETIEN

Jean-Vincent Holeindre. Géopolitique de la ruse

PORTRAIT

Berlusconi le phénix, par Meriadec Raffray

ENJEUX

La Somalie, illustration d'une défaillance internationale, par Fabien Herbert

ENJEUX

L'Allemagne change-t-elle ?, par Thierry Buron

ENJEUX

Russiagate. Vers le dénouement, par Jean-Eric Branaa

ENJEUX

Les armes du futur, par Mériadec Raffray

ENJEUX

Union européenne vs GAFAM. Le contrôle du Big Data, par Tancrède Josseran

ENJEUX

Géopolitique des câbles sous-marins, par Jean-Yves Bouffet

ENJEUX

La France périphérique, une malédiction ?, par Jean-Romain Gheysen

ENJEUX

Géopolitique du marché de l'art, par Aude de Kerros

IDÉES

Des "lignes culturelles" aux "frontières de sang", par Florian Louis

GRANDE STRATÉGIE

Cuba 1898. La guerre de la presse, par Patrice Amarger

GRANDE BATAILLE

Gettysburg (1er-3 juillet 1863). Des chaussures hors de prix, par Pierre Royer

GÉOPOLITIQUE ET ENTREPRISE

Faire face à la montée des risques des géopolitiques, par David Simmonet

GÉOPOLITIQUE ET ENTREPRISE

Entretien avec Sylvie Brunel. Marchés africains : retour au réalisme

GÉOPOLITIQUE ET ENTREPRISE

Entretien avec Caroline Galactéros. Pour une géopolitique pragmatique sans limite

L'HISTOIRE MOT À MOT

"Parle doucement et porte un gros bâton", par Pierre Royer

LA LANGUE DES MÉDIAS

Corée. Quand nos médias jouent à se faire peur, par Ingrid Riocreux

BOULE DE CRISTAL DE MARC DE CAFÉ

Pays de l'Est dans l'UE, par Jean-Baptiste Noé

BIBLIOTHÈQUE GÉOPOLITIQUE

Un héros du désert saoudien, par Gérard Chaliand

RECENSION

L'assiette et le territoire de J.-R. Pitte, par Jean-Baptiste Noé

CHRONIQUES

LIVRES/REVUES/INTERNET /CINÉMA

GÉOPO-TOURISME

Vienne, centre de l'Europe, par Thierry Buron

 

DOSSIER : Indice Conflits de la puissance globale

L'indice de la puissance 2018, par Christophe Chabert

Mesurer la puissance ? Conflits l'a fait !, par Pascal Gauchon et Jean-Marc Holz

Où est la puissance aujourd'hui ?, par Jean-Marc Holz

Le classement de la puissance globale : confirmations et surprises

Allemagne, par Jean-Marc Holz

France, par Pascal Gauchon

La puissance française. L’État et son armée, par Hadrien Desuin

Suisse, par Bernard Wicht

Turquie, par Tancrède Josseran

Argentine vs Brésil, par Hervé Thiery

Russie, par Pascal Marchand

L'Afrique, par Sylvie Brunel

Iran vs Arabie saoudite, par Frédéric Pichon

 

21/08/2017

Immigration : les trois politiques...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Laurent Ozon, cueilli sur son blog Centurie News et consacré aux politiques d'immigration envisageables. Chef d'entreprise et essayiste, Laurent Ozon est l'auteur de France, années décisives (Bios, 2015), un ouvrage lucide et stimulant.

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Immigration : les trois politiques

On n’empile pas des peuples issus du monde entier, dans un pays à la culture millénaire, sans fabriquer du conflit. Les sociétés multiculturelles sont instables, on pourrait même dire non viables, car lorsque des tensions historiques surviennent (guerres, épidémies, crises économiques), les différences de religion, de culture, de sensibilité, etc. deviennent des fossés et la société explose sous l’effet de son manque de cohésion, d’unité. Ce constat est celui de tous les réalistes politiques et ne souffre aucune exception dans l’histoire connue.

Ainsi, face aux tensions prévisibles dans notre avenir proche, les politiques devront résorber cette diversité anarchique, en reformant un corps social plus uni et stable. Tous les politiques qui réfléchissent savent que cette « homogénéité relative » est la condition de la stabilité de la société. Si cette question n’est pas traitée, notre société se fragmentera dans la violence dans les trente années à venir, incapable de faire face à son histoire. Notre pays s’embrasera et des foules se jetteront à l’assaut de tout ordre social, les unes contre les autres.

Il y a donc trois façons de résorber politiquement cette diversité sans complémentarité fabriquée par un laxisme suicidaire. La première de ces solutions est libérale et individualiste, la deuxième assimilationniste et républicaine, et la troisième localiste et « remigrationniste ».

La première solution consiste à rechercher une forme d’unité presque entropique par la dissolution de toutes les formes collectives d’appartenance en s’attaquant aux formes sociales non individualisées (famille, religion, etc.) afin de produire une population presque mixée, sans existence de sous-groupes légitimes. Le détricotage de la culture populaire et de ses normes, notamment via le « mariage homosexuel », s’inscrit bien par exemple dans cette logique.

La deuxième consistera à vouloir reformer une collectivité nationale souveraine et protectrice, structurée autour d’un État fort et laïc ayant relégué les religions dans la sphère individuelle. Ce modèle de société sera cimenté par une politique d’assimilation volontariste et par le rejet des communautés non assimilables hors de la communauté nationale. La principale difficulté de ce modèle, c’est sa compatibilité problématique avec les dépendances réciproques d’une société mondialisée dans laquelle les interactions sont nombreuses et les contraintes de co-gouvernance plus contraignantes (autonomie énergétique, monétaire, financière, sanitaire, etc.).

La dernière solution, construite sur le localisme et la « remigration », veut s’appuyer sur des souverainetés politiques retrouvées afin d’organiser la relocalisation des populations par une politique vigoureuse de retour au pays. Celle-ci s’inscrira dans le cadre de partenariats stratégiques ambitieux avec les pays du Maghreb. Elle présente l’avantage d’être compatible avec un exécutif plus « distribué » et des formes de pouvoir plus subsidiaires. Elle peut jeter les bases d’une diplomatie ouverte et dynamique compatible avec les besoins de nos voisins européens et ceux des populations arabo-berbères en situation d’êtres englouties sur leurs terres dans les quarante années à venir par la marée subsaharienne.

La quatrième, qui n’en est pas une, c’est la politique du chien crevé au fil de l’eau, qui débouchera sur l’effondrement et des souffrances que nous n’avons pas connues en Europe depuis la guerre de Trente Ans. Le temps s’écoule. Celui ou celle qui relèvera le défi de la puissance et du réalisme renouera avec le génie politique de la France.

Laurent Ozon (Centurie News, 25 août 2016)

01/04/2017

Que reste-t-il de la puissance française ?...

Le nouveau numéro de la revue Conflits (n°13, avril-mai-juin 2017), dirigée par Pascal Gauchon, vient de sortir en kiosque. Le dossier central est consacré à une interrogation sur ce qu'il reste de notre pays en tant que puissance.

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Au sommaire de ce numéro :

ÉCHOS

ÉDITORIAL

Une élection très géopolitique, par Pascal Gauchon

ACTUALITÉ

ENTRETIEN

Hubert Védrine. Géopoliticien et diplomate

PORTRAIT

So British Theresa May, par Christophe Réveillard

ENJEUX

Combat de coqs en mer de Chine, par Laurent Gayard

ENJEUX

Les mirages du miracle rwandais, par Ambroise Tourniol du Clos

ENJEUX

Les hackers russes sont-ils vraiment si puissants ?, par Sébastien Sénépart

ENJEUX

L'astroturfing, dernière manipulation informatique, par François-Bernard Huyghe

ENJEUX

Le trafic de médicaments falsifiés, un fléau mondial, par Marc Gentilini et Quentin Duteil

IDÉES

1919 : Mackinder contre Wilson, par Florian Louis

GRANDE BATAILLE

Valmy (1792). La bataille décisive, par Pierre Royer

GEOPOLITIQUE ET ENTREPRISE

Le entreprises et l'intérêt national, par David Simmonet

GEOPOLITIQUE ET ENTREPRISE

Entretien avec Gérard Challiand. Politique étrangère française : pour un retour au réel

GEOPOLITIQUE ET ENTREPRISE

Entretien avec Frédéric Monlouis-Félicité. Dans les zones à risque, les entreprises sont des acteurs politiques

TOUT LE MONDE SAIT QUE...

Daesh, les nouveaux Barbares, par Pierre Royer

BOULE DE CRISTAL DE MARC DE CAFÉ

Intervention française en Libye : le mirage des Syrtes, par Jean-Baptiste Noé

L'HISTOIRE MOT À MOT

"La France, c'est le français quand il est bien écrit", par Pierre Royer

LA LANGUE DES MEDIAS

Bataille propre et bataille sale, par Ingrid Riocreux

BIBLIOTHÈQUE GÉOPOLITIQUE

Clausewitz, un homme d'action ?, par Gérard Chaliand

CHRONIQUES

LIVRES/REVUES/INTERNET /CINÉMA

GÉOPO-TOURISME

Alep : agonie ou libération ?, par Thierry Buron

 

DOSSIER : Que reste-t-il de la puissance française ?

La géopolitique de François Hollande, par Pascal Gauchon

Les horizons de la puissance française

Jusqu'où tombera-t-elle ?

La France, l'autre pays du soft power, par Frédéric Munier

Un désastre militaire, par le général Vincent Desportes

La guerre des guides gastronomiques, Entretien avec Philippe Faure et Jean-Claude Ribaut

Education, la fin d'un modèle, par Anne-Sophie Letac

La France entre États-Unis et Russie, par Maxime Lefebvre

Y a-t-il une politique arabe de la France ?, par Frédéric Pichon

La puissance française en Afrique. État des lieux , par Mériadec Raffray

La France, nouvelle nation malade de l'Europe ?, par Hadrien Desuin

Le "décrochage" de la France au miroir allemand ? , par Jean Kogej

07/05/2016

Sur la guerre économique...

Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien du Cercle Henri Lagrange avec Christian Harbulot, réalisé en avril 2016 et consacré à la question de la guerre économique. Directeur de l'Ecole de guerre économique et spécialiste de l'intelligence économique, dont il a été un des introducteurs en France, Christian Harbulot a récemment publié Sabordage - Comment la France détruit sa puissance (François Bourin, 2014) et Fabricants d'intox - La guerre mondialisée des propagandes (Lemieux, 2016) et a également coordonné l'ouvrage collectif Les chemins de la puissance (Tatamis, 2007).