Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/09/2018

Feu sur la désinformation... (198)

Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés, consacrée au décryptage des médias et dirigée cette semaine par Michel Geoffroy, essayiste et membre de la fondation Polémia, avec le concours d'Hervé Grandchamp.

Au sommaire :

  • 1 : Les bobards d’été : la propagande ne prend pas de congés
    C’est la rentrée, mais la propagande n’a pas pris de congés, pendant l’été les médias ont propagé de nombreux bobards, exemple : Poutine aurait chassé le tigre, Mc Cain aurait été un fervent opposant à la guerre en Irak, et la France aurait été condamnée par l’ONU dans l’affaire Baby-Loup.
  • 2 : Le Zapping d’I-Média 
    Le militantisme pro euthanasie fait le tour des médias. Sur le canapé de Kombini, Jacquelin Jencquel explique à Hugo Clément (ex petit journal et Quotidien) qu’elle a décidé de recourir « au suicide assisté » en janvier 2022. L’interview a été très largement reprise dans la presse (le point RTL 20 min etc.). A aucun moment le journaliste n’a précisé que Jacqueline Jencquel était l’ex vice-présidente de l’ADMD, le plus actif lobby mitant en faveur de l’euthanasie.

  • 3: Homosexualité et psychiatrie, le pape est-vraiment il homophobe ?
    « A vomir Honteux », la presse se soulève contre les propos du Pape François qui a préconisé le recours à la psychiatrie pour les enfants ayant des penchants homosexuels. Un mot polémique sorti de son contexte, faisant du pape et de l’Eglise une institution homophobe. 
  • 4 : Les tweets de la semaine
    Absence de neutralité et censure sur les réseaux sociaux : Alors que la suppression de comptes et de publications est désormais monnaie courante. Les principaux réseaux sociaux sont aujourd’hui accusés de partialité, un employé de Facebook déclare « Nous affirmons que nous accueillons tous les points de vue, mais nous attaquons très vite souvent en groupe – toutes les personnes qui présentent une -opinion qui semble contraire aux idées de gauche ».

 

                                    

12/08/2018

Le cinéma d'Hollywood, arme de propagande massive...

Le 3 juillet 2018, Élise Blaise recevait, sur TV libertés, Pierre Conesa pour évoquer avec lui son dernier essai, intitulé Hollywar - Hollywood, arme de propagande massive (Robert laffont, 2018). Chef d'entreprise, ancien haut-fonctionnaire spécialiste des questions de sécurité nationale, Pierre Conesa a publié ces dernières années La fabrication de l'ennemi (Robert Laffont, 2012) ou Dr. Saoud et Mr. Djihad - La diplomatie religieuse de l'Arabie saoudite (Robert Laffont, 2016).

 

                                  

01/06/2018

Loi contre les fake news : le dessous des cartes...

Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par François-Bernard Huyghe au Figaro Vox et consacré au projet de loi du gouvernement contre les fake news. Spécialiste de la guerre de l'information, François Bernard Huyghe, auteur de nombreux livres, a récemment publié La désinformation - Les armes du faux (Armand Colin, 2015) et Fake news - La grande peur (VA Press, 2018).

 

macron-fake-news-bobards-dor.jpg

Loi contre les fake news : le dessous des cartes

FIGAROVOX.- Emmanuel Macron a personnalisé fortement l'annonce de son projet de loi contre les fake news, lors de ses vœux à la presse en janvier. Quel intérêt le président défend-il à travers ce texte?

François-Bernard HUYGHE.- Je vois trois motivations possibles. Il y a évidemment un facteur personnel: le chef de l'Etat a peut-être été sincèrement convaincu que les «forces du mal» (les Russes, les populistes…) essayaient de s'en prendre à lui par tous les moyens, et il a été choqué par ce qui lui est arrivé pendant la campagne. Pourtant, cela ne l'a pas empêché d'être élu! Cela lui a même rendu service: en étant la cible de nombreuses «fake news», Emmanuel Macron passe pour le candidat de la raison attaqué de toutes parts par les extrémismes. Il a d'ailleurs répondu assez finement à chacune de ces attaques personnelles, dont il faut bien dire qu'elles étaient surtout grotesques, comme cette rumeur sur une supposée relation entre lui et Mathieu Gallet.

Au-delà de cet élément personnel, il y a également un intérêt idéologique. Emmanuel Macron est de toute évidence le président des élites, c'est-à-dire d'un camp ouvert, progressiste, qui est persuadé que le monde est globalement satisfaisant, et que ceux qui s'attaquent au système ne peuvent être que des extrémistes délirants. Les peurs de ces derniers ne s'expliquent que par leur démence, et tout doit être fait pour les empêcher de sévir. C'est là qu'est le paradoxe! Au temps du Printemps arabe, ces mêmes élites encensaient l'espace de liberté qu'est Internet, et y voyaient l'outil absolu pour renverser toutes les formes d'oppression. Aujourd'hui, ils s'en méfient beaucoup plus…

Enfin, en troisième hypothèse, Emmanuel Macron voit peut-être là une occasion stratégique de disqualifier ses adversaires. La loi sur les fake news sera applicable au moment des élections européennes, et renforcera sans-doute l'idée d'un partage en deux de l'espace politique, entre d'un côté les pro-européens, raisonnables, et d'un autre les extrémistes de tout poil dont les idées mélenchono-lepénistes prospèrent sur les contre-vérités répandues sur Internet. Toute l'habileté est là: on assimile ainsi l'adversaire idéologique, anti-système, au camp de la folie et du mensonge.

Dans cette dernière hypothèse, tout le problème ne tient-il pas dans l'ambiguïté de la définition? Qu'entend-on exactement derrière le terme de «fake news»?

Ce n'est justement pas très clair, et on y mêle beaucoup de choses! Les contre-vérités ou les mensonges inventés de toutes pièces, mais aussi l'obscurantisme, les théories du complot… Encore qu'on puisse parfois être complotiste sans être nécessairement idiot. Mais le but est sans doute de confondre toutes ces opinions dans une sorte de grand fantasme, de mensonge odieux. La loi s'intitule «loi sur la manipulation», ce qui est en soi un nom critiquable. Elle définit les «fausses nouvelles» comme «une allégation ou imputation d'un fait, dépourvue d'éléments vérifiables permettant de le rendre vérifiable». S'agirait-il, en réalité, d'une loi anti-crétins? C'est en tout cas ce que je comprends: si je crois que les extra-terrestres ont débarqué dans mon champ, et que je l'écris sur Facebook, cela tombe théoriquement sous le coup de cette loi… Si j'affirme en revanche que nous sommes entièrement dirigés par des lobbies financiers, ce qui, après tout, n'est pas nécessairement dépourvu de bon sens, est-ce que cette loi va m'en empêcher aussi?

Par ailleurs, comment va-t-on l'appliquer? Je souhaite bon courage au juge qui devra aller vérifier toutes les fake news potentielles.

La plupart des fake news n'ont pas été relayées par la presse mais au contraire par des plateformes Internet, notamment les fameux GAFA, Google et Facebook en tête! Le projet de loi vise-t-il à responsabiliser davantage ces plateformes numériques?

C'est vrai qu'il existe une inégalité juridique entre les journalistes, qui sont soumis en France à la loi de 1881 sur la liberté de la presse, et les plateformes qui ne sont pas responsables du contenu qu'ils hébergent. Le problème est en réalité beaucoup plus profond et grave que la question que pose le droit français: le véritable pouvoir se trouve entre les mains des plateformes numériques! Le Danemark vient d'ailleurs d'envoyer un ambassadeur… auprès des GAFA: c'est dire l'importance qu'ils ont, si on les hisse aujourd'hui quasiment au même rang que des États. Et on continue malgré tout de saluer leur pouvoir libérateur, on s'est réjoui des «Twitter revolutions», Emmanuel Macron vient encore de participer à un sommet dont le slogan n'était rien moins que «Tech for Good»… Mais il faut arrêter de dire que les GAFA sont le camp du Bien, soyons sérieux deux minutes!

Alors pour le moment, que fait l'État lorsqu'il veut retirer une fake news de Facebook? Il va voir poliment Mark Zuckerberg, et lui demande «s'il vous plaît, vous seriez bien gentil de…». On ne peut pas dire que ce soit la contrainte légale qui étouffe les plateformes. Ce sont elles qui détiennent le vrai pouvoir, il n'y a qu'à voir comment elles se moquent des contraintes fiscales par exemple. Les seuls qui peuvent vraiment censurer le web, ce sont les GAFA eux-mêmes: c'est l'exemple récent du compte de Génération Identitaire, fermé de façon arbitraire par Facebook.

Justement, comment les GAFA décident-ils des règles de censure?

Il est probable que pour une très large part, ils le fassent par conviction idéologique sincère. Mais l'idéologie au sens de Marx, c'est-à-dire faire ce qui est dans son intérêt tout en étant convaincu que cela sert la condition humaine dans son universalité. Et de fait, tous les dirigeants des principales entreprises d'Internet baignent dans un terreau idéologique complètement uniforme, celui de la Silicon Valley et de ses idéaux progressistes. Il est probable que pas un seul d'entre eux n'ait voté pour Donald Trump! Quelqu'un comme Mark Zuckerberg est entièrement convaincu qu'il rend le monde meilleur.

Il y a aussi un intérêt politique: les GAFA n'échappent pas encore complètement aux États, ne serait-ce que parce qu'il faut bien que leurs serveurs soient localisés quelque part. Et donc, en donnant des gages de bonne conduite comme par exemple en supprimant certains contenus licencieux, ils s'assurent des bonnes grâces des États.

Enfin, et il ne faut pas le négliger, ils y ont un intérêt économique réel, dans la mesure où le business de ces plateformes, ce sont des secondes de cerveau humain vendues à des annonceurs. Tout doit être fait pour faire rester l'utilisateur le plus longtemps possible devant Facebook. Or pourquoi tout le monde aime Facebook? Pour son image «cool»: c'est une icône pop, humaniste et ouverte sur le monde. Donc le réseau social a tout intérêt à bannir les contenus haineux ou violents.

Est-ce que la loi contre les fake news va imposer un contrôle plus étroit sur le contenu hébergé par les plateformes et les réseaux sociaux?

La difficulté tient dans ce que les journalistes appartiennent à une rédaction, ne publient rien sans se concerter, et sont facilement identifiables si certains des propos publiés sont passibles de poursuites! Tandis que les plateformes, qui ne produisent pas de contenu mais qui prospèrent sur le contenu que leurs utilisateurs y partagent, se réfugient derrière une irresponsabilité brandie sans discontinuer depuis les toutes premières polémiques lorsque des objets nazis se sont retrouvés en vente sur Amazon. À l'heure actuelle, la seule responsabilité des GAFA est de faire preuve d'une diligence raisonnable lorsque le juge leur demande de retirer certains contenus, comme des commentaires insultants ou haineux, le tout parfois dans un flou assez complet. Cela donne parfois lieu à des gags: on a censuré des œuvres d'art pour un malheureux téton qui dépasse… En outre, ces plateformes sont présentes partout dans le monde: la censure sur les réseaux sociaux turcs n'est, bizarrement, pas la même qu'en Suisse!

Selon vous, la diffusion de fake news sur ces plateformes est-elle un réel danger pour la vie démocratique?

Je n'en suis pas convaincu! Les GAFA ont leurs algorithmes, ils engagent aussi des modérateurs et même maintenant des journalistes pour traquer ces fake news, et fact-checker le contenu qu'ils hébergent. Je ne me souviens pas que l'on ait vraiment accordé beaucoup de crédit aux grandes fake news qui ont marqué les dernières campagnes électorales! Moi-même, je n'ai appris la rumeur selon laquelle le pape soutenait Trump, que sur un site d'information qui signalait l'intox et rappelait que cette information était mensongère et grotesque. Je pense tout de même que les gens savent garder un esprit critique.

Pourtant, une étude de l'IFOP montre que 79 % des Français croient à au moins une théorie du complot, et même, pour 9 %, que la Terre est plate!

Cette étude a tout de même été très contestée, notamment parce qu'elle mélange tout sous le vocable de «théories du complot». On ne peut tout de même par mettre sur le même plan des erreurs scientifiques qui tiennent de l'obscurantisme (comme le fait de penser que la Terre est plate, ou d'adhérer au créationnisme), et des soupçons sur certains événements historiques pas toujours clairs. Il y a une époque, si vous doutiez de la présence d'armes de destruction massive en Irak, vous auriez pu être rangé parmi les complotistes… Une telle étude a par ailleurs l'inconvénient de s'apparenter fortement à du mépris de classe: elle signifie clairement «le peuple est bête», les couches inférieures, ceux qui ne vivent pas en centre-ville et n'ont pas fait les bonnes études seraient des idiots finis prêts à avaler n'importe quoi…

N'y a-t-il pas aussi une réflexion à mener sur les pratiques d'accès à l'information? Aujourd'hui, la majorité des jeunes ne s'informent plus que sur les réseaux sociaux…

Il est certain que la lecture du journal n'est plus la prière du matin de la plupart des gens. Il y a eu un transfert de la quête d'information vers des supports qui n'ont que des avantages: sur les réseaux sociaux, c'est gratuit, c'est rigolo, on a l'impression d'être plus informé que tout le monde, et la sincérité de l'information est garantie par des pairs. C'est tout de même hallucinant de voir le nombre de personnes qui ne croient pas leur médecin lorsqu'il leur dit que l'homéopathie n'a aucun effet sur la maladie, mais qui sont prêts à croire n'importe quel inconnu sur Internet qui prétendra que certains vaccins renforcent les maladies…

Mais enfin, je ne vois pas en quoi la réceptivité à certaines de ces théories serait directement corrélée à tel vote plus qu'un autre. Puisque c'est tout de même de cela dont il s'agit: la crainte d'une potentielle déstabilisation électorale. L'effet principal peut surtout être de renforcer les convictions de personnes qui sont déjà largement acquises à des idées politiques fortes. Ainsi, selon moi, il n'y a pas de lien clairement établi entre la propagation de fausses nouvelles, même délibérées, et la manipulation politique.

Alors qu'est-ce que ce projet de loi va permettre de changer, concrètement?

Il va d'abord permettre au juge de s'adresser plus facilement à la plateforme, pour qu'elle retire plus vite les contenus incriminés. C'est un processus qui fonctionnerait en cas de diffamation ou de propos insultants par exemple. Le responsable de la plateforme dispose d'un délai restreint pour retirer le contenu. Mais enfin, non seulement les GAFA le font déjà, mais ensuite, certains propos sont hébergés en-dehors du pays où s'applique la loi.

Ensuite, il s'agit d'établir plus de transparence sur le financement des contenus sponsorisés sur les plateformes. Cela me semble, pour le coup, une excellente idée.

Le projet de loi vise également à donner plus de pouvoir au CSA pour empêcher des médias d'opinion étrangers, qualifiés de «propagande», de diffuser du contenu en France. Là encore, il faut être honnête un instant: ce n'est pas Radio Vatican, ni même Al Jazeera, qui sont visés! Dans le collimateur, ce sont Russia Today et Sputnik. Et on ne peut pas dire que ces deux médias sont ceux qui ont l'audience la plus large en France. Si l'effet recherché est seulement de protéger les esprits faibles des affreux mensonges de médias d'influence russe, je crois qu'il est assez ridicule de créer une loi de toutes pièces pour cela.

Ne jugez-vous pas qu'il faille aller plus loin et réglementer les GAFA de la même façon que la presse? C'est-à-dire en les responsabilisant davantage sur le contenu qu'ils publient?

Je suis plutôt libéral, et je juge que les gens doivent avoir aussi le droit d'écrire des erreurs, voire des bêtises…

Oui, mais ces «bêtises» peuvent détruire une réputation en quelques clics: une dénonciation calomnieuse sur Internet peut ruiner une vie en un rien de temps...

En effet, c'est d'ailleurs tout le risque d'un mouvement comme #BalanceTonPorc. La présomption d'innocence n'est pas respectée sur Internet, et on a pu assister à des lynchages parfois très durs, dans un laps de temps bien plus court que celui qu'il faut à la justice pour établir rigoureusement la preuve d'une culpabilité. On ne peut en effet pas tout dire, et il faut bien qu'une loi s'applique. Mais je pense malgré tout qu'il faut être très prudent avant de restreindre un espace de liberté.

François-Bernard Huyghe, propos recueillis par Paul Sugy (Figaro Vox, 25 mai 2018)

24/05/2018

Les sept piliers de la crétinisation...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Maxime Tandonnet, cueilli sur son blog personnel et consacré au fonctionnement de notre société médiatique... Ancien haut-fonctionnaire, spécialiste des questions d'immigration, et désormais enseignant, Maxime Tandonnet a été conseiller à l'Elysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Il a donné un témoignage lucide et éclairant de cette expérience dans Au cœur du volcan (Flammarion, 2014).

 

Real-Humans.jpg

 

Les sept piliers de la crétinisation

Sept piliers de la crétinisation globale dans la société médiatique:

  • L’instinct grégaire: de temps à autre surgissent de grandes vagues d’hystérie conformiste auxquelles il faut se confondre sous peine de passer pour le pire des salauds, et qui emportent les consciences comme des brins de paille: par exemple, « Charlie » en 2015, « les migrants »,  le « Fillongate », l’euphorie des JO de 2024, le « balancetonporc » en ce moment.
  • Le mythe du chef : un matraquage permanent autour de l’idée que l’avenir collectif dépend d’une seule personne, d’un visage, d’une silhouette, alors que les ressorts de la décision, dans une société moderne et ouverte sont d’une infinie complexité. Le matraquage permanent autour de « l’homme providentiel », construction médiatique fondée sur la posture et la communication, est là pour nous faire oublier la disparition de l’homme d’Etat au service du seul l’intérêt général.
  • Le mépris des gens: nous revivons l’ère de la « vile multitude », le peuple est supposé stupide et irresponsable: les sans dents, les fainéants, les jaloux… Ses valeurs, ses objectifs, ses ambitions, sont nuls et non avenus. Il doit être éclairé et non écouté.
  • La diabolisation positive: la société médiatique a besoin  d’épouvantails pour imposer ses codes et ses valeurs, de contre-modèle auxquels assimiler abusivement toute pensée ou ressenti divergeant de la norme: tel est le secret du lepénisme et de l’acharnement phénoménal des médias à assurer sa promotion tout en préservant son caractère infréquentable, et le secourir dès qu’il vacille, par une spectaculaire surreprésentation.
  •  La propagande idéologique assumée: l’impartialité, l’honnêteté intellectuelle, le pluralisme et le débat d’idées sont des principes surannés. Toute présentation des choses est forcément partiale ou « engagée », (sur l’immigration, l’Europe, la France, la sécurité, l’économie, l’éducation) la mission du monde médiatique n’est pas de fournir des éléments de réflexion, mais de forger et forcer l’opinion, la mettre sur le chemin du supposé « bien ». Les faits s’effacent devant le message idéologique.
  •   La « table rase« : la manipulation est d’autant plus forte, massive et efficace que les individus sont privés d’un socle de connaissance et de références personnelles. La mémoire est profondément subversive, donc il faut l’éradiquer. La conscience des drames de l’histoire dus au conformisme bêlant (les accords de Munich par exemple), les désastres résultant du culte de la personnalité, doivent être ensevelis et oubliés pour le pas perturber l’ordre nouveau.
  • Les œillères: il ne faut surtout pas se préoccuper pour l’avenir et chacun doit avancer les yeux fermés. Le futur est comme un grand soleil que nul n’a le droit de regarder sauf à se brûler les yeux et celui qui s’y intéresse, s’interrogeant sur l’avenir de la planète au regard des enjeux démographique ou de l’islamisme radical, notamment, qui sont explosifs, est étiqueté pessimiste, c’est-à-dire ringard, maudit, pestiféré.

Il est étrange de songer à quel point les caractéristiques des régimes totalitaires du XXe siècle, que l’on croyait définitivement abattus, ressuscitent  et se perpétuent au point de constituer les piliers de nos sociétés modernes.

Maxime Tandonnet (Le Blog de Maxime Tandonnet, 6 novembre 2017)

08/05/2018

Hollywood, arme de propagande massive...

 Les éditions Robert Laffont viennent de publier un essai de Pierre Conesa intitulé Hollywar - Hollywood, arme de propagande massive. Agrégé d'histoire et énarque, Pierre Conesa a fait partie dans les années 90 de la Délégation aux affaires stratégiques du Ministère de la défense. Il est l'auteur de plusieurs essais, dont Les Mécaniques du chaos : bushisme, prolifération et terrorisme (L'Aube, 2007), La fabrication de l'ennemi (Robert Laffont, 2012) ou Dr. Saoud et Mr. Djihad - La diplomatie religieuse de l'Arabie saoudite (Robert Laffont, 2016) ainsi que d'un excellent polar géopolitique, intitulé Dommages collatéraux (Flammarion, 2002).

Sur le même thème, on pourra également consulter un ouvrage de Jean-Michel ValantinHollywood, le Pentagone et le monde (Autrement, 2010) et aussi L’Envahisseur américain - Hollywood contre Billancourt (Favre, 1999) de Philippe d'Hugues.

 

pierre conesa,hollywood,cinéma,propagande

 

" Le Noir, le Rouge, le Jaune, le communiste, le barbu... : quand Hollywood fabrique des ennemis, ce n'est pas que du cinéma.

Hollywood est une usine à rêves mais aussi une formidable machine à créer des méchants. À chaque époque sa cible. D'abord incarné par le Noir, représenté comme un illettré, un paresseux obsédé par la femme blanche, l'ennemi a ensuite pris les traits de l'Indien, sauvage et agressif, puis du Chinois cruel, du basané - bandit mexicain, gras et transpirant, ou trafiquant colombien -, du nazi ou du communiste... Plus récemment, lors de la deuxième guerre du Golfe, c'est le " Frenchie " qui a cristallisé la rancœur des États-Unis, avant qu'il soit remplacé par l'Arabo-Irano-terroristo-musulman.
Pour mener l'enquête, l'auteur a passé au crible plus de trois mille films, le plus souvent des objets cinématographiques de consommation courante, ceux qui forgent l'opinion publique bien plus que les chefs-d’œuvre. De manière implacable, il démontre comment Hollywood, en jouant de la confusion entre fiction et réalité, cinéma et géopolitique, est devenu une arme de propagande massive, capable de transformer les ennemis des États-Unis en menaces planétaires. "

21/03/2018

La russophobie, annonciatrice de la prochaine guerre européenne ?...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Michel Geoffroy, cueilli sur Polémia et consacré à l'analyse des causes de la russophobie chronique du Système, qui connait à l'occasion de l'affaire Skripal une nouvelle poussée...

Haut-fonctionnaire et animateur de la Fondation Polémia, Michel Geoffroy vient de publier La Superclasse mondiale contre les peuples (Via Romana, 2018).

 

Skripal_Financial Times.jpg

La russophobie, annonciatrice de la prochaine guerre européenne ?

Il ne se passe plus une semaine sans que la Russie soit mise en cause, directement ou indirectement, dans les médias mainstream et par les gouvernements occidentaux. Aujourd’hui, le Premier Ministre britannique accuse la Russie d’être « probablement responsable » (sic) de la mort de l’espion Sergueï Skripal et de sa fille Youlia.
La russophobie devient une composante majeure du politiquement correct occidental.
Mais que signifient en réalité cet acharnement et cette russophobie d’Etat ?

C’est de plus en plus la faute aux Russes !

Hier, on accusait les réseaux russes d’être à l’origine de la victoire du centre droit et de la Ligue du Nord lors des élections générales en Italie. Comme les démocrates américains accusaient les Russes d’avoir déstabilisé la candidature d’Hillary Clinton. Ou d’avoir « désinformé » les britanniques pour les conduire à choisir le Brexit.

La chaîne Arte, dans son reportage du 6 mars dernier sur les mouvements pro-vie, y voyait bien sûr l’influence perverse des oligarques russes. Et on n’oubliera pas la Syrie, où tout est prétexte à mettre en cause le soutien russe au gouvernement de Bachar El Assad, alors qu’il a permis de mettre Daesh à genoux.

A tout instant, la Russie devient le bouc émissaire en Occident. Des attaques de hackers ? Russes évidemment. Des sportifs privés de leur drapeau national par le Comité Olympique ? Des sportifs russes évidemment. Des « fake news » ? Exclusivement russes bien sûr.

La russophobie devient le prêt à penser occidental.

Mais dans quel but en réalité ?

Les russophobes : la voix de leurs maîtres

D’abord, les médias mainstream, propriété de l’oligarchie transnationale, ne font en la matière qu’appliquer la stratégie fixée par les Etats Unis depuis la chute de l’URSS : empêcher par tous les moyens la constitution d’une Europe « de l’Atlantique à l’Oural », pour reprendre la célèbre formule du Général De Gaulle, c’est-à-dire une alliance stratégique entre l’Europe et la Russie, susceptible d’équilibrer et finalement de contrebalancer la surpuissance américaine.

La diabolisation de la Russie, qui est paradoxalement plus importante que lorsque l’URSS existait, sert ainsi à créer un obstacle psychologique à une telle alliance, en présentant ce pays comme un perpétuel agresseur, une perpétuelle menace.  Et par la même occasion, elle sert à diaboliser aussi ceux qui, en Europe, rêvent d’une Europe Puissance, en les accusant d’être des agents« de Poutine ».

La Super Classe Mondiale qui a pris le pouvoir en Occident après la chute de l’URSS s’efforce en effet de maintenir par tous les moyens le leadership américain, car elle a besoin de lui pour faire avancer son projet de gouvernement mondial. Et pour semer le chaos partout, afin d’affaiblir les Etats-Nations qu’elle veut supplanter.

En diabolisant la Russie, les médias et les gouvernements européens n’expriment donc, une fois encore, que la voix de leurs vrais maîtres : la Super Classe Mondiale.

La russophobie : diaboliser ceux qui défendent les vraies valeurs

En outre, la Russie incarne, comme justement nombre de pays de l’ex Pacte de Varsovie, des valeurs qui vont à l’encontre de la doxa libérale/libertaire et cosmopolite qui s’est imposée en Europe occidentale.

Ces pays sont notamment patriotes, hostiles à l’immigration comme à l’islamisation, soucieux de préserver leur identité et leur religion chrétienne et adoptent une politique familiale dynamique et respectueuse des traditions morales. Tout le contraire de l’idéologie occidentale !

La Russie incarne donc, non seulement un adversaire stratégique, mais aussi idéologique pour la Super Classe Mondiale qui règne au Forum de Davos. Elle devient pour cette raison, de plus en plus, un adversaire à abattre.

La russophobie cache en effet l’attitude de plus en plus agressive et belliqueuse qu’adoptent les Occidentaux, et notamment les anglo-saxons, vis-à-vis de la Russie, selon un processus classique d’inversion accusatoire.

La russophobie : une propagande de guerre

En effet les Etats-Unis n’ont nullement renoncé à leur traditionnelle politique d’encerclement stratégique de la Russie, malgré la fin de la menace communiste en Europe et la fin des blocs Est/Ouest. Comme ils ne renoncent pas à la déstabilisation ou à la mise en tutelle de tous les pays musulmans anciens alliés de l’URSS. Comme ils multiplient les sanctions économiques vis-à-vis de la Russie. Comme l’ambassadeur américain à l’ONU, Nikki Halley, ne cesse de multiplier les provocations verbales vis-à-vis du « régime de Poutine » comme elle le dit bien peu… diplomatiquement.

Contrairement à ce qu’ils avaient promis au gouvernement russe lors de la chute du mur de Berlin, les Occidentaux n’ont donc eu de cesse d’étendre l’OTAN, organisation dominée par les Etats-Unis, aux pays de l’ex Pacte de Varsovie, par le truchement des révolutions colorées. L’opération Euromaïdan – où les services secrets occidentaux ont joué un rôle des plus troubles – a servi ainsi à empêcher tout rapprochement économique entre l’Ukraine – pays ruiné – et la Russie. Et à renforcer l’encerclement de la Russie.

Les Etats-Unis, non contents de remettre en cause l’équilibre nucléaire en Europe, n’hésitent d’ailleurs pas à vendre des armes antichars sophistiquées aux Ukrainiens, armes qui ne peuvent servir que contre la Russie. De même, l’OTAN multiplie les gesticulations militaires dans les pays baltes, dans une logique d’affrontement avec l’armée russe : une logique belliqueuse présentée évidemment sous l’angle de la protection de ces pays ! Mais une logique qui ravit les Etats-Majors européens puisque ceux-ci n’ont eu de cesse de se préparer à une guerre qui… n’a jamais eu lieu en Centre Europe, au grand dam de l’OTAN.

Sur ce plan, force est de constater que l’élection de Donald Trump n’a rien changé du tout, sans doute parce que la politique internationale américaine relève plus désormais de « l’Etat profond » que des institutions démocratiques de ce pays.

Danger russophobie !

La russophobie occidentale n’est donc pas seulement ridicule. Elle n’est pas seulement une forme de racisme d’Etat, qui fait du peuple russe un coupable ou un danger par essence.

Elle est surtout dangereuse car elle prépare les esprits européens à un affrontement avec la Russie : elle véhicule des bobards de guerre, un « bourrage de crâne » comme on disait pendant la Grande Guerre, qui toujours annoncent la vraie guerre !

En effet, la Super Classe Mondiale n’a nullement renoncé à la guerre pour parvenir à ses fins. Car le monde est en passe de lui échapper. La puissance des anglo-saxons – qui constituait le cœur nucléaire de l’oligarchie occidentale – ne cesse de décliner à l’échelle du monde, dans tous les domaines et pas seulement économiques. Et les oligarques le savent bien.

Les médias mainstream s’efforcent de nous cacher ce grand secret : le monde échappe aux mondialistes parce qu’il devient de plus en plus multipolaire. Parce que de grandes civilisations – notamment en Eurasie – se réinventent et veulent se libérer de la tutelle occidentale. Et qu’elles acquièrent de plus en plus les moyens de le faire.

On ne peut donc exclure que certains oligarques anglo-saxons ne soient tentés, une nouvelle fois, de miser sur un conflit mondial pour maintenir leur leadership, c’est-à-dire leur domination et leur projet liberticide de gouverner le monde à leur seul profit.

Un tel conflit serait évidemment catastrophique pour l’Europe qui serait certainement, de nouveau, un « théâtre d’opérations ». Mais cela n’entrerait-il pas aussi dans les intentions de la Super Classe Mondiale de détruire cette fois définitivement les Européens ?

Il faut donc dénoncer les russophobes médiatiques européens pour ce qu’ils sont : non seulement des imbéciles, mais aussi des fauteurs de guerre au service de la Super Classe Mondiale.

Michel Geoffroy (Polémia, 16 mars 2018)