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guérilla

  • Techno-guerillas, anatomie de l'ennemi probable...

    Nous vous signalons la sortie du Hors-série 64 de la revue DSI (février-mars 2019) consacré aux techno-guérillas. Le numéro est dirigé par Joseph Henrotin, universitaire et chercheur dans le domaine de la stratégie, qui a notamment publié Techno-guérilla et guerre hybride. Le pire des deux mondes (Nuvis, 2014).

     

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    Au sommaire :

    Editorial

    La guérilla dans l’art de la guerre

    Techno-guérilla : les fondamentaux
    Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

    Des modes de guerre réguliers et irréguliers
    Par Stéphane Taillat, docteur en histoire militaire et études de défense, agrégé des universités et enseignant-chercheur au Centre de recherche des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan

    Irrégularité : se repérer dans la jungle conceptuelle
    Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

    Partisans et centurions : permanence de l’irrégularité
    Entretien avec Élie Tenenbaum, coordinateur du Laboratoire de recherche sur la défense de l’IFRI.

    Quelles évolutions pour la guérilla ?
    Par Michel Goya, colonel des troupes de marine (r), animateur du blog La Voie de l’Épée

    L’évolution des modes d’action

    « L’obligation absolue de l’ingéniosité »
    Entretien avec Gérard Chaliand, Stratégiste, spécialiste des conflits irréguliers

    L’ultime leçon de Brossollet
    Par Christophe Maresca, colonel (Gendarmerie), instructeur à l’Ecole de guerre

    Guérillas dans le désert : l’adaptation des modes d’action dans la BSS
    Par Laurent Touchard, spécialiste des questions de défense

    Tactiques, techniques et procédures djihadistes en BSS
    Par Laurent Touchard, spécialiste des questions de défense

    La centralité des moyens

    La stratégie des moyens, vecteur des techno-guérillas
    Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

    Do-It Yourself : les multiples voies de la techno-guérilla
    Par Philippe Langloit, chargé de recherche au CAPRI

    Face aux mines terrestres, une adaptation permanente
    Par Christophe Lafaye, lieutenant (r), docteur et responsable de la collecte de l’expérience combattante à la Délégation du patrimoine de l’armée de Terre (DELPAT)

    Techno-guérilla et technologies nivelantes en stratégie aérienne
    Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

    Guérilla connectée : 8 applications incontournables sur le champ de bataille
    Par Romain Mielcarek, docteur en sciences de l’information et de la communication, spécialiste des questions de défense, auteur du blog www.guerres-influences.com

    Drones et guérilla
    Par Emmanuel Vivenot, spécialiste des questions de défense

    Techno-guérilla en mer : la mutation d’un phénomène
    Par Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI

    Irrégularité et menaces NRBC
    Par Emmanuel Vivenot, spécialiste des questions de défense

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  • Partisans et centurions...

    Les éditions Perrin viennent de publier un essai d’Élie Tenenbaum intitulé Partisans et centurions - Une histoire de la guerre irrégulière au XXe siècle. Élie Tenenbaum est chercheur à l'IFRI et coordinateur du Laboratoire de recherche sur la Défense.

    Tenenbaum_Partisans et centurions.jpg

    " « Guerre de l’ombre » longtemps en marge des pratiques militaires occidentales, la guerre irrégulière – subversion, guérilla, guerre psychologique ou révolutionnaire – fut réintroduite au cours du second conflit mondial sous l’impulsion de la Grande-Bretagne, avant de se diffuser en France et aux États-Unis. Cette génération de « partisans » va se muer en une communauté de « centurions » avec l’avènement de la guerre froide. En Europe d’abord, puis en Asie et dans l’ensemble du Tiers Monde, ils deviennent maîtres dans l’art de combattre les irréguliers au fur et à mesure que progresse la décolonisation. Au cours des années 1960, les États-Unis prennent la tête de la croisade contre les guerres de libération nationale, en développant leur stratégie de « contre-insurrection ». L’échec de sa mise en œuvre au Vietnam, ses dérives politiques en Amérique latine et ailleurs conduisent à un déclin, plus ou moins discret, jusqu’à sa réapparition au début du siècle, à l’aune de la guerre contre le terrorisme.
     
    C’est cette histoire méconnue et souvent tronquée que raconte Élie Tenenbaum. En s’appuyant sur des sources inédites et grâce à une approche globale, il conduit à repenser l’opposition entre centurions et partisans. Dans ce combat inégal, où les rôles pourtant ne cessent de s’inverser, les leçons du passé ont trop souvent été oubliées. Alors que la guerre irrégulière frappe à nouveau à la porte de notre quotidien, il convient plus que jamais de les réexaminer. "

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  • Hasta siempre, comandante Che Guevara...

    « J'avais avec toi un compte d'admiration à régler et tu m'as aidé dans cette tâche. En effet, par-delà les idées qui furent les tiennes et pour lesquelles, dit-on, tu es mort, j'ai découvert, en écoutant la musique de ta vie, le rythme sourd d'une Passion. De toi on ne voulut voir que le guérillero, le révolutionnaire et le poster. Ici, je viens dire, sous ces masques, un autre homme - l'aventurier, le héros et le martyr - qui n'eut jamais qu'une unique soif, faute d'orgueil et d'humilité, la soif du sacrifice. »

    Jean Cau, Une passion pour Che Guevara

     

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Gabriele Adinolfi, cueilli sur Geopolitika et consacré à l'emblématique et discuté Che Guevara.

    Figure marquante de la mouvance nationaliste-révolutionnaire italienne, responsable du Centre d'étude Polaris et principal inspirateur du mouvement Casapound, Gabriele Adinolfi est l'auteur de plusieurs livres, dont certains ont déjà été traduits en français, comme Nos belles années de plomb (L'Æncre, 2004), Pensées corsaires - Abécédaire de lutte et de victoire (Edition du Lore, 2008), Orchestre rouge (Avatar, 2013) et Années de plomb et semelles de vent (Les Bouquins de Synthèse nationale, 2014).

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    Hasta siempre, comandante Che Guevara

    Le 8 octobre 1967, tombait dans une embuscade Ernesto Guevara dit le Che.

    Blessé au ventre, il fut laissé à l’agonie jusqu'à ce que la mort le prenne dans les premières heures du jour suivant (1).

    Depuis Che Guevara est devenu un mythe, une légende et, malheureusement, surtout un produit de merchandising.

    Il se retrouve partout : imprimé sur les T-shirts de la bourgeoisie snob, sérigraphié en pin’s, tatoué sur les bras du milliardaire Maradona, imprimé sur les banderoles des groupes de supporter de club de football quand ils se prétendent « de gauche », etc.

    Devenu l’emblème d'une transgression formelle, d'une nostalgie sage, il est assassiné chaque jour que Dieu fait par cette bourgeoisie décadente contre la domination de classe de laquelle il avait décidé, lui, comme un lion indompté, de rugir et de mourir

    Il a été tué une première fois par la réaction qui armait les militaires boliviens.

    Il l'a ensuite été une seconde fois, en devenant la référence d’une jeunesse « progressiste » avec laquelle la révolution du Che, n’a pourtant rien, mais vraiment rien, en commun.

    Entre temps, à contre-courant, discrètement, avec délicatesse, chez beaucoup de ceux qui auraient dû le haïr a mûri une passion pour ce condottiere.

    Aujourd'hui que les temps sont changés, dans le camp de l’ultra-droite, il est de bon ton de détester viscéralement le guérillero parce que on n’envisage pas de pouvoir faire autrement que de mépriser ce que « les autres » encensent. Si tu me dis a, je dis b, si je dis b, tu diras c... C’est une stupidité diffuse bien que compréhensible.

    Pourtant, pour notre génération, pour ceux chez qui les passions étaient de la vie et non pas du virtuel, le Che fit une brèche dans nos coeurs. Il fit une brèche en inspirant à un des plus pointus et des plus brillants penseur de l'extrême-droite française, Jean Cau, le magnifique livre Une passion pour le Che. Un livre qui fut le préféré et le plus fut relu par Walter Spedicato durant son exil  (2). Notre camarade éprouvait d’ailleurs pour le Che une passion qui n’était pas inférieure à celle de Jean Cau.

    Il avait fait une brèche immédiatement après son meurtre barbare dans le coeur du très fasciste animateur du cabaret Bagaglino qui produisit alors un 45 tours qui eut vraiment « une double face ». L’une se composait de Le légionnaire de Lucera (3) et l'autre d’Adieu au Che !

    Il était expliqué sur la couverture, la raison qui avait poussée à rendre cet hommage à deux figures ainsi opposées en apparence : leur identité existentielle. Et le texte de la chanson dédiée à Guevara contenait des phrases qui voulaient tout dire : « Les gens comme toi ne crèvent pas dans un lit, ils ne meurent pas de vieillesse... » et encore « Tu n'étais pas comme eux, tu devais mourir seulement, adieu Che ! ».

    Le Bagaglino avait saisi la raison réelle, c'est-à-dire l'estime et la sympathie existentielle, qui poussaient tant d'ennemis politiques du Che, animés par le feu de l’idéal, à en être des admirateurs inconditionnels.

    Dans les années qui suivirent, la passion hétérodoxe pour le Che fut alimentée par des motivations beaucoup moins valides.

    Pour certains, qui éprouvaient un sentiment d'infériorité vis-à-vis de la gauche extrême, qui était alors médiatiquement et militairement dominante, et qui ressentaient une certaine culpabilité pour notre passé diabolisé, le poster du Che représentait une sorte de voie de sortie, une étape esthétiquement acceptable sur la route du reniement.

    Pour d’autres, la motivation était toute différente. Pour eux le Che n'était pas communiste parce que sa vie niait le matérialisme en étant l’incarnation d'une éthique guerrière.

    Or, ils se trompaient parce que le Che était bien communiste. Il avait combattu et il était mort en communiste, en donnant, certes, au communisme un sens divergent, souvent opposé à celui qu’adoptait l'immense majorité, en l’anoblissant.

    Cependant, il était communiste, et cela en dépit d'une anecdote qu'on racontait à l'époque en Italie. Le Che, disait-on, quelques semaines avant être capturé avait refusé de donner un interview à un journaliste de L'Unita (le quotidien du PCI). « J’ai trois bonnes raisons pour ne pas vous l’accorder, aurait-il dit, parce que vous êtes journaliste, parce que vous êtes communiste, parce que vous êtes Italien ».

    Même si l'anecdote était réelle, il fallait la comprendre autrement qu’il plaisait à certains, à l'époque, de l'entendre.

    Le Che dans son combat pour la guerre révolutionnaire, pour l'affirmation titanesque d'une utopie latino-américaine, était en conflit avec les nomenclatures officielles du communisme.

    Avec celle de Moscou - qui selon certaines versions aurait facilité son élimination - et même avec celle de la Chine, alors alliée objective de la politique étrangère des Etats-Unis.

    Les communistes italiens, par tradition, étaient les chiens de garde du régime soviétique et c’était pour cela, probablement, que le Che les détestait.

    Il est vrai aussi que le Che n'obtint pas de grands appuis des gauches mondiales quand il décida d'abandonner un tranquille fauteuil ministériel pour aller jouer son destin en Bolivie, en espérant y allumer le feu d'une révolution continentale.

    Pour préparer l'entreprise il s'était adressé à de nombreux gouvernants et hommes politiques non alignés, parmi lesquels il y avait nombre d’anciens communistes.

    Chez eux, il ne trouva aucun soutien alors que ce furent des anticommunistes convaincus qui l’écoutèrent et qui lui apportèrent un peu d’aide. Ainsi firent son compatriote, et adversaire politique, Peron qui se trouvait alors en exil en Espagne, le dictateur espagnol Francisco Franco et le président algérien Boumedienne. Pour le reste le ce fut le vide.

    « Tu n'étais pas comme eux, tu devais mourir seulement... ».

    Le Bagaglino, animé de la sensibilité particulière des artistes, comprit la véritable raison qui avait fait du Che une figure chère à beaucoup de ses ennemis politiques, à tant d'admirateurs de Mussolini, de Pavolini, de Skorzeny. Son Che allait à la mort pratiquement tout seul, sans aucune autre perspective possible, au nom d'une passion, renonçant à vieillir riche et puissant dans un fauteuil ministériel.

    Tout ceci fit pour nous, alors, du Che, un noble guerrier et un exemple.

    Et pour moi, il est resté tel.

    Pour comprendre l'esprit atypique, spartiate, du Che, voici quelques citations de ses paroles ou de ses écrits : « Il faut être dur sans jamais perdre la tendresse. » « Le vrai révolutionnaire est guidé un grand sentiment d’amour. » « La vraie révolution doit commencer à l’intérieur de nous. » « Le silence est une discussion continuée avec d’autres moyens.»

    J’ajouterai à celles-ci, une autre, pour moi particulièrement significative, que je cite de mémoire et qui est plus ou moins ainsi : « La Révolution c’est transposer dans la vie de tous les jours les valeurs de la guérilla. »

    Comme vous le voyez l'essentiel est dit.

    Peu reste à ajouter, sinon que l’on peut apprécier un communiste décédé sans oublier qu’il l’était.

    Nous sommes assez forts pour cela. Nous l’apprécions parce que dans un monde de somnambules nous aimons ceux qui rêvent !

    « Hasta siempre, comandante Che Guevara ».

    Gabriele Adinolfi (Geopolitika, 8 octobre 2017)

     

    Notes :

    1 - Si le Che tomba dans une embuscade le 8 octobre en essayant d'aider son camarde el Chino , il ne fut pas blessé au ventre mais au pied, et il n'agonisa pas mais fut assassiné le lendemain par le sergent Mario Teran d'une rafale de son uzi dans l'école de La Higuéra , il était 13h10. Comme il n'était pas mort , l'agent de la CIA Felix Ramon lui tira une balle dans le cœur.

    2 - Walter Spedicato, membre de l’Organisation lutte du peuple puis de Troisième position. Poursuivi par la « justice » italienne, il décéda alors qu’il était exilé en France.

    3 - Un chant du répertoire « d’extrême droite » sur un mercenaire parti combattre au Congo.

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  • Tour d'horizon... (129)

     

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    Au sommaire cette semaine :

    - un point sur les nouvelles découvertes en paléoanthropologie qui viennent, peut-être, remettre en cause la théorie sur les origines africaines de l'espèce humaine...

    Out of Europe ? L'homme serait originaire d'Europe et non d'Afrique

    Des origines européennes pour notre ancêtre commun avec les singes ? ...

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    - dans la Lettre de Comes Communication, Gérard Chaliand dissèque pour Bruno Racouchot les liens qui unissent violence, puissance et influence dans les luttes asymétriques...

    Conflits, guérillas et insurrections... violence, puissance et influence

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    - sur Le Monde diplomatique, Jean-Michel Quatrepoint évoque la stratégie d'influence des Etats-Unis en direction des élites européennes...

    Des missionnaires aux mercenaires

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  • La France à l'agonie ?...

    Le 3 octobre 2016, Élise Blaise recevait, sur TV libertésLaurent Obertone à l'occasion de la sortie de son roman Guérilla (Ring, 2016). Journaliste et écrivain, Laurent Obertone est notamment l'auteur de La France Orange mécanique , un essai qui a rencontré un très fort écho en 2013 en mettant en lumière le niveau de violence atteint par la délinquance en France...

     

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  • Pourquoi perd-on la guerre ?...

    Les éditions Odile Jacob viennent de publier un essai de Gérard Chaliand intitulé Pourquoi perd-on la guerre - Le nouvel art occidental. Homme de terrain, spécialiste des luttes de libération nationale et des mouvements de guérilla, Gérard Chaliand s'est toujours intéressé à la stratégie, et on lui doit, outre de nombreux essais, une remarquable Anthologie mondiale de la stratégie, régulièrement rééditée dans la collection Bouquins. Il a raconté son parcours dans La pointe du couteau (Robert Laffont, 2011).

     

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    " Depuis le retrait du Vietnam, le bilan militaire de la puissance américaine et de ses alliés occidentaux est sans conteste négatif : conflits coûteux, résultats militaires médiocres, conséquences politiques désastreuses.

    Conjuguant l’histoire, la géopolitique et l’observation du terrain, Gérard Chaliand rappelle quels étaient les ingrédients de la victoire – et donc les raisons actuelles de l’échec, notamment au Moyen-Orient.

    Voulons-nous vraiment gagner ces guerres ? À quel prix ?"

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