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01/10/2018

Comment l'hyperpuissance d'une élite financière met États et citoyens à genoux...

Les éditions Réorganisation du monde viennent de publier un essai de Liliane Held-Khawam intitulé Dépossession. Suisse d'origine libanaise, économiste de formation, Liliane Held-Khawam fait partie du groupe des Econoclastes, aux côtés de Philippe Béchade, de Jacques Sapir, d'Olivier Delamarche, de Pierre Conesa ou encore d'Olivier Berruyer.

 

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" Le marché global de la dette représente aujourd'hui 230 000 milliards de dollars. Autrement dit, le triple du PIB mondial. À côté de cette dette inconcevable, plus d'un quadrillion de produits dérivés, véritable arme de destruction massive du système financier global, alimentent les circuits de la haute finance internationale. Plus personne ne peut rembourser une telle dette. Plus personne ne contrôle l'émission d'argent scriptural par les institutions financières privées. Les Etats et le secteur public sont dépassés. En clair: ils n'existent plus, sinon lorsqu'il s'agit d'éponger les opérations aventureuses du « casino » planétaire. Illustrant par de nombreux exemples ce constat apocalyptique, DÉPOSSESSION nous plonge dans les mécanismes et les manœuvres de la puissance techno-financière globale. Cette enquête d'une précision inédite nous montre que la dématérialisation, l'abolition des frontières et la démission des institutions politiques ne sont que les multiples noms de l'esclavage de demain. Un ouvrage de choc et d'éveil à lire et à méditer avant qu'il ne soit trop tard. "

17/04/2015

Le banquier du diable...

Les éditions Max Milo viennent de publier Le banquier du diable, une biographie de Hjalmar Schacht signée par Jean-François Bouchard. Haut fonctionnaire, économiste, Jean-François Bouchard est un familier des grandes institutions financières et monétaires internationales. Il a, notamment, publié L'empereur illicite de l'Europe - Au cœur de la banque centrale européenne (Max Milo, 2014).

 

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" Adolf Hitler lui doit son accession au pouvoir. Grâce à lui, la Wehrmacht est devenue l’armée la plus puissante du monde. Il œuvre au service du nazisme et des odieuses persécutions anti-juives. Puis ce financier génial conspire pour renverser Hitler. Jeté dans un camp d’extermination, il survit miraculeusement. Devant le tribunal de Nuremberg qui juge les criminels de guerre, les Soviétiques exigent sa tête. Acquitté, il devient après-guerre le conseiller très écouté des grands pays non-alignés. Un parcours hors du commun qu’il termine dans son lit, à 93 ans.

Hjalmar Schacht, l’économiste le plus génial du xxe siècle, a aussi sauvé l’Allemagne de la ruine. Non pas une fois, mais à trois reprises. Hyperinflation, montagnes de dettes qui étranglent le pays, chômage qui touche sept millions d’Allemands : ce démiurge renverse toutes les situations. Aujourd’hui, nos dirigeants modernes sont impuissants à peser sur le destin de leurs nations et assistent en spectateurs à l’effondrement de leurs économies. Puissent-ils s’inspirer de cet homme exceptionnel à l’inflexible détermination : car rien n’était insurmontable pour le banquier du diable. "

08/04/2015

La dette ?... Une machine devenue folle !...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire et consacré à la question de la dette...

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« La dette ? Une machine devenue folle et proche de ruiner tous les États »

La dette… La dette… La dette ! Elle obsède tout le monde, et c’est sans doute à juste titre. Mais comment en est-on arrivé là ?

La possibilité offerte aux ménages d’emprunter pour couvrir leurs dépenses courantes ou acquérir un logement a été l’innovation financière majeure du capitalisme d’après-guerre. À partir de 1975, c’est ce qui a permis de compenser la baisse de la demande solvable résultant de la compression des salaires et de la précarité du travail. Le crédit a ainsi représenté pendant des décennies le véritable moteur de l’économie. Aux États-Unis, cette tendance a encore été encouragée dans les années 1990 par l’octroi de conditions de crédit de plus en plus favorables, sans aucune considération de la solvabilité des emprunteurs. Quand la crise financière de 2008 a éclaté, les États se sont encore endettés pour empêcher les banques de sombrer. La machine s’est alors emballée de façon telle que les États surendettés sont devenus prisonniers de leurs créanciers, ce qui a limité d’autant leur marge de manœuvre en matière sociale et politique. Aujourd’hui, ils se retrouvent pris dans un système usuraire, puisqu’ils n’ont d’autre alternative que de continuer à emprunter pour payer les intérêts de leur dette (la France emprunte, à cet effet, 50 milliards d’euros par an), ce qui augmente encore le montant de cette dette.

Résultat : le volume total de la dette mondiale atteint aujourd’hui le chiffre faramineux de 200.000 milliards de dollars, soit 286 % du PIB mondial, contre 142.000 milliards de dollars en 2007. Et encore ne tient-on pas compte des dettes contingentes comme la dette bancaire ou celle des retraites à servir !

La dette cumulée de tous les États atteint des niveaux stratosphériques. Les particuliers et les ménages savent bien pourtant que personne ne peut vivre perpétuellement à crédit…

Il semble, en effet, préférable de ne pas dépenser plus que ce que l’on gagne. Mais le problème est qu’on ne peut assimiler le budget d’un État à celui d’un ménage. Un État est tenu de faire des investissements à long terme qui, ne pouvant être financés sur la base des seules recettes courantes, doivent obligatoirement l’être par l’emprunt. Les nations, en outre, ne sont pas des êtres mortels : un pays ne fait pas faillite à la façon d’une entreprise ou d’un particulier. Enfin, quand il emprunte, un État n’engage pas sa propre fortune, mais celle de ses citoyens (il gage une partie de l’épargne des plus aisés plutôt que de la prélever par le moyen de l’impôt). Ce faisant, il se soumet, en revanche, aux marchés financiers. Le montant de la dette indique le degré d’aliénation de l’État.

Tout le monde fait les gros yeux à la Grèce, en affirmant qu’elle « doit payer sa dette ». Michel Sapin dit même que, si elle ne la payait pas, cela coûterait 600 ou 700 euros à chaque Français. Mais que faire quand on ne peut pas payer ?

Rappelons d’abord que, contrairement à ce que prétend la vulgate médiatique, l’envolée de la dette grecque est due pour l’essentiel à des taux d’intérêt extravagants et à une baisse des recettes publiques provoquée par des amnisties fiscales qui ont surtout profité à l’oligarchie. Quant à Michel Sapin, il dit n’importe quoi. Les prêts que la France a consentis à la Grèce sont, en effet, déjà comptabilisés dans la dette publique française, que la France n’a pas plus que la Grèce l’intention (ni les moyens) de payer. Il n’y a, en fait, aucun avenir pour la Grèce à l’intérieur d’une Union européenne qui cherche à constitutionnaliser les politiques d’austérité afin de museler la souveraineté populaire : comme l’a dit sans fard Jean-Claude Juncker, porte-parole des étrangleurs libéraux et subsidiairement président de la Commission européenne, « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » (sic). La Grèce n’a d’autre choix que de passer sous la table ou de la renverser, c’est-à-dire de faire défaut sur sa dette et de sortir de l’euro.

Ceux qui font les gros yeux à la Grèce devraient essayer de comprendre que, si la morale est de mise en matière de dette privée (cf. l’allemand Schuld, « dette », et schuldig, « coupable »), elle ne l’est pas en matière de dette publique. Quand un État emprunte, il ne s’engage pas moralement, mais conclut un simple accord financier. La valeur de cet accord est subordonnée à des exigences politiques, en ce sens qu’aucun État ne peut saigner à mort son peuple au seul motif que les accords signés doivent toujours être respectés (pacta sunt servanda). L’économie de la servitude n’est, en effet, pas supportable : on ne saurait exiger d’un peuple qu’il rembourse une dette contractée dans le passé à ses dépens. Au demeurant, les exemples ne manquent pas qui montrent que l’obligation de rembourser une dette publique n’a jamais été considérée comme absolue. La dette de l’Équateur a été supprimée en 2008, celle de l’Islande en 2011. En Pologne, dès l’arrivée au pouvoir de Lech Wałęsa, en 1990, les créanciers de ce pays ont réduit sa dette de 50 %. Quand ils ont envahi l’Irak en 2003, les États-Unis ont épongé la dette irakienne pour assurer la solvabilité du pouvoir qu’ils venaient de mettre en place à Bagdad. Quant à l’Allemagne, elle ferait bien de ne pas oublier qu’après la guerre, le « miracle économique » allemand n’a été rendu possible que grâce à l’accord de Londres du 27 février 1953, qui a d’un trait de plume supprimé plus de la moitié de sa dette extérieure. C’est la meilleure preuve que, lorsqu’une dette devient insupportable, il n’y a pas d’autre solution que de l’annuler ou de la restructurer.

Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 28 mars 2015)

27/02/2015

Et à la fin, c'est toujours Bruxelles qui gagne ?...

Vous pouvez découvrir ci-dessous une chronique d'Éric Zemmour sur RTL, datée du 26 février 2015 et consacrée à l'accord que le gouvernement grec mené par la coalition Syriza a passé avec les "institutions" européennes. L'analyse est d'une cruelle lucidité. Une leçon à retenir...

 


"Les Grecs se sont couchés", juge Éric Zemmour par rtl-fr

26/09/2014

L'Endettement ou le crépuscule des peuples ?...

Les éditions de l'Aube viennent de publier un essai de Thomas Flichy de la Neuville et de Olivier Hanne, intitulé L'endettement ou le crépuscule des peuples. Docteur en histoire médiévale, arabophone et spécialiste de l'islam, Olivier Hanne est enseignant-chercheur à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, tandis que Thibaut Flichy de la Neuville, spécialiste de l'Asie Centrale et auteur d'un essai sur l'Iran et d'un essai sur la crise ukrainienne, enseigne à l'Ecole Navale.

 

 

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" Pour penser notre dette publique, considérable, les ­auteurs de ce livre se sont lancés dans une démarche inédite : se demander si la situation s’est déjà produite, et si oui, quelles en ont été les conséquences. Ils ­proposent une pensée historique de la dette, de ses violences et de ses ­effets de domination. Ils montrent que depuis ­l’Antiquité, la dette affaiblit les défenses immunitaires des Empire malades.

Or l’homme postmoderne s’étant fixé pour absolu la préser­vation de son confort immédiat, il en résulte une inflation de la dette, opérant une ponction différée sur les générations à venir et entraînant une destruction accélérée de l’environnement. Qui a intérêt à cette situa­tion ? Tout simplement ceux qui tirent un revenu immé­diat d’un assainissement à jamais différé ! Or la fuite par l’endettement se révèle une cause majeure d’affaiblissement géopolitique… "

 

26/05/2014

Gouverner par la dette...

Les édition Les prairies ordinaires viennent de publier un essai de Maurizio Lazzarato intitulé Gouverner par la dette. Philosophe et sociologue, Maurizio Lazzarato est notamment l'auteur de L'homme endetté (Amsterdam, 2011), un essai dont Alain de Benoist avait fait la recension dans la revue Eléments

 

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" « Que devient l’homme endetté pendant la crise ? Quelle est sa principale activité ? La réponse est très simple : il paye. »

Experts, hommes politiques et éditorialistes sont unanimes : la dette qui grève les finances publiques entrave la croissance, fait exploser le chômage. Les États doivent à tout prix se désendetter s’ils veulent rassurer les marchés et retrouver le chemin de la prospérité. Le diagnostic de Maurizio Lazzarato est tout autre : la dette, dans le système capitaliste, n’est pas d’abord une affaire comptable, une relation économique, mais un rapport politique d’assujettissement et d’asservissement. Elle devient infinie, inexpiable, impayable, et sert à discipliner les populations, à imposer des réformes structurelles, à justifier des tours de vis autoritaires, voire à suspendre la démocratie au profit de « gouvernements techniques » subordonnés aux intérêts du capital.
La crise économique de 2008 n’a fait qu’accélérer le rythme de formation d’un « nouveau capitalisme d’État », qui organise une gigantesque confiscation de la richesse sociale par le biais de l’impôt. Dans un inquiétant retour à la situation qui a précédé les deux guerres mondiales, l’ensemble du procès d’accumulation est tout entier gouverné par le capital financier, qui absorbe des secteurs qu’il avait jusqu’alors épargnés, comme l’éducation, et qui tend à s’identifier avec la vie même. Face à la catastrophe en cours et au désastre qui s’annonce, il est urgent de sortir de la valorisation capitaliste, de nous réapproprier nos existences, savoir-faire, technologies et de renouer avec le possible en composant, collectivement, un front du refus. "