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22/12/2017

Bruxelles, un chaudron multi-ethnique...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Alain Destexhe, sénateur belge de centre-droit, cueilli sur Figaro Vox et consacré aux violences ethno-communautaires qui secouent désormais régulièrement la capitale belge...

 

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Bruxelles, un chaudron multi-ethnique

La publication par toute la presse belge ce jeudi 14 décembre, des portraits de neuf individus recherchés par la police pour leur participation aux émeutes du mois dernier à Bruxelles est une gifle aux journalistes des media traditionnels qui s'obstinent à refuser de voir le caractère ethnique des émeutes à répétition qui secouent la capitale de l'Europe.

Neuf portraits, neuf jeunes, blacks ou de type méditerranéen comme disait encore il y a peu la police, tous d'origine extra européenne et assez peu représentatifs, statistiquement, d'une population d'origine européenne. Tous recherchés pour destruction de mobilier urbain, pillages de magasins et agressions contre des policiers. Des faits criminels d'un nouveau genre, apparus il y a quelques années, qui n'étaient pas concevables, jadis, dans la ville de Jacques Brel.

Impossible cette fois de nier l'évidence de l'origine des auteurs: ce sont les photos communiquées par la police qui l'attestent. Unanime, la presse refuse pourtant de qualifier correctement les faits et leurs auteurs autrement que de «jeunes». Lorsque nos médias emploient ce terme, le commun des mortels comprend désormais et ajoute mentalement «d'origine étrangère». Des jeunes «Belges», sans doute puisqu'on a naturalisé à tour de bras, mais qui ne sont pas perçus par la population majoritaire comme faisant partie de la communauté nationale.

Pourtant, il ne fallait pas faire un grand effort d'imagination pour voir que cette violence est d'origine communautaire ou ethnique. Ainsi le 20 octobre dernier, à la porte d'Anderlecht, ville du célèbre club de football, une centaine de migrants syriens et des jeunes (Belgo-marocains) s'affrontaient dans la rue pour le «contrôle de l'espace public du quartier», notamment la jouissance d'un parc public.

Le 11 novembre, c'est à la suite du match Côte d'Ivoire-Maroc que le centre ville s'enflammait. L'incitateur de ces émeutes avait posté, la veille sur Facebook ce message: «On va tout cramé à Lemonnier Maroc city». Lemonnier, c'est le nom du boulevard en question mais l'expression «Maroc city» peut-elle signifier autre chose qu'une volonté de s'approprier, au moins pour un soir, ce territoire? Cela n'a pas empêché un député écologiste de déclarer le plus sérieusement du monde à la télévision qu'on ne connaissait pas l'origine des émeutiers!

Quatre jours plus tard, sur la place de la Monnaie, un symbole de l'indépendance de la Belgique, de jeunes immigrés semaient à nouveau la panique et pillaient des commerces en plein centre-ville, à l'occasion de la venue de Vargasss92, un Youtubeur français prénommé Mansour («béni de Dieu pour être victorieux»). Le 10 décembre, c'est un jeune roumain de 29 ans qui est décédé au métro Bockstael à Laeken, après une bataille rangée entre bandes rivales dans les couloirs de la station. Plusieurs Roumains ont été arrêtés.

Un peu plus tôt, le 28 novembre, c'est à la suite d'une manifestation contre l'esclavage, rassemblant surtout des Africains dans le haut de la ville, près du quartier de Matongé (du nom d'une commune de Kinshasa), que des «jeunes» s'en sont pris aux commerces et aux forces de police. Arrivé peu après sur les lieux, policiers et témoins me confirmèrent que les fauteurs de troubles - une centaine de personnes - étaient tous des jeunes noirs, mais peut être s'agissait-il d'un groupe de skinheads qui s'était déguisé en pères fouettards pour semer le doute, au moins dans l'esprit des journalistes.

A propos de skinheads, je n'ai aucun souci à reconnaître qu'il s'agit d'un phénomène violent qui concerne presque exclusivement des individus «de race blanche» et je ne me sens nullement offensé, stigmatisé ou victime d'amalgames, pour reprendre les expressions médiatiquement consacrées, si on le décrit comme tel.

Car ces nouveaux phénomènes d'émeutes, de cocktails Molotov lancés contre des commissariats, de policiers victimes d'embuscades, de pompiers empêchés d'intervenir, de contrôleurs de la société de transport public tabassés, de bandes urbaines, de zones de non droit,… sont tous et toujours reliés aux conséquences de la politique d'immigration incontrôlée que la population belge a subie depuis 30 ans, sans jamais avoir la possibilité d'en débattre. Décrire ces nouveaux types de délinquance sans les relier à l'immigration et à l'échec de l'intégration est en soi une désinformation.

Le système médiatique n'autorise à nommer correctement les choses que lorsqu'il s'agit de le présenter sous l'angle de la victimisation. Ainsi, lors d'une émission de la RTBF (la chaîne publique) consacrée aux émeutes, seule l'invitée voilée d'origine immigrée, a été autorisée à parler de «la jeunesse issue de l'immigration marocaine, maghrébine, disons de confession musulmane» pour dénoncer son «abandon». Le même discours, s'il était tenu par un politique belgo-belge pour caractériser les délinquants aurait été qualifié de «grave dérapage».

Puisqu'il s'agit de faits pourquoi ce refus de parler de «jeunes Maghrébins», de «jeunes noirs», de «jeunes Congolais», lorsque, régulièrement des opposants au régime du président Kabila créent des troubles à Bruxelles?

Sans doute parce que l'intégration des communautés étrangères a totalement échoué, même si beaucoup d'individus l'ont réussie.

Sans doute parce qu'il ne faut pas admettre que Bruxelles, est une poudrière incontrôlable, qui commence a ressembler à ce hell hole (trou d'enfer) décrit par Donald Trump, expression que, curieusement, la presse belge a traduite de manière créative par «trou à rats».

Sans doute parce qu'il faut nier que Bruxelles est une juxtaposition de communautés qui vivent entre elles, sans rien partager, ne lisant plus les mêmes journaux, ne regardant plus les mêmes chaines de télévisions et ne célébrant plus les mêmes fêtes. Et qu'il faut masquer cette triste réalité à grand renfort de slogans comme le «vivre ensemble» ou de couteuses campagnes célébrant la «diversité» ;

Sans doute parce qu'il ne faut pas nommer la grande responsable, l'immigration incontrôlée, tellement massive qu'elle empêche l'intégration, une immigration voulue par des dirigeants de presque tous les partis politiques pressés de vivre dans le paradis multiculturel et de jeter par dessus bord l'ancien monde de la «Belgique de papa».

Sans doute parce qu'il faut minimiser l'exode des classes moyennes d'origine belge (mais aussi d'origine immigrée plus ancienne) qui cherchent par tous les moyens à fuir certains quartiers de la capitale et sont contraintes de s'exiler en Flandre ou en Wallonie.

Sans doute parce que nul ne sait que faire face à la montée en puissance inquiétante de l'islam et de l'islamisme alors que le reste de la société belge est de plus en plus sécularisée.

Sans doute aussi parce que Bruxelles est une ville en voie de paupérisation avec un revenu par habitant qui diminue où 90% des allocataires sociaux sont d'origine immigrée.

Enfin et surtout parce qu'il faut masquer l'échec total de la gestion du Parti socialiste au pouvoir dans la région bruxelloise depuis… 28 ans sans interruption.

Alain Destexhe (Figaro Vox, 20 décembre 2017)

08/06/2017

La fin du multiculturalisme à l'anglaise ?...

Vous pouvez découvrir ci-dessous une chronique d'Éric Zemmour sur RTL, datée du 6 juin 2017 et consacrée aux attentats de Manchester et de Londres, comme signe de l'échec du multiculturalisme à l'anglaise, mais surtout comme marque du choc des civilisations...

 

                               

02/05/2017

«Front républicain»: l’imposture en marche !...

Nous reproduisons ci-dessous ce point de vue d'Anne-Marie Le Pourhiet, cueilli sur Causeur et consacré à la véritable signification du choix entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron que vont devoir faire les Français pour le deuxième tour de l'élection présidentielle. Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit constitutionnel et de droit public à l’Université de Rennes I.

 

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La présence, tout sauf anecdotique, de Jacques Attali parmi les invités d'Emmanuel Macron le dimanche 24 avril 2017, le soir du 1er tour de l'élection présidentielle, au restaurant La Rotonde...

 

«Front républicain»: l’imposture en marche!

De Macron ou Le Pen, l’antirépublicain n’est pas celui qu’on croit

Jamais, de toute la Ve République, nous n’avons eu une candidature à l’élection présidentielle aussi parfaitement éloignée des valeurs républicaines que celle d’Emmanuel Macron.

Sarko l’ambigu

Nicolas Sarkozy a sans doute toujours cultivé une ambiguïté exaspérante sur la question du modèle républicain, girouettant en permanence au gré du vent et passant, parfois au sein d’un même discours, des belles envolées lamartiniennes d’Henri Guaino à la promotion des intérêts économiques mondialisés d’Alain Minc, en passant par quelques provocations clientélistes de nature à faire s’étrangler les républicains authentiques. Promotion de la discrimination « positive », de la laïcité « positive », éloge des curés réputés supérieurs aux instituteurs, envoi de Patrick Devedjian  et Roselyne Bachelot à l’inauguration du CRAN (Conseil représentatif des associations noires) pour y décréter l’avènement du droit à la différence et la fin du modèle républicain (et oui !), recherche active et nomination de  « préfets musulmans » et même d’un éphémère et controversé « commissaire à la diversité et à l’égalité des chances ». Nous avons eu le droit à tout et à son contraire, le summum de la versatilité ayant été atteint lorsque l’agité président demanda à une commission présidée par Simone Veil de réfléchir à l’inscription de la diversité, de la parité sexuelle, de la « dignité » (de qui ? de quoi ?) et de l’Europe (laquelle ?) dans le préambule de la Constitution. Ladite commission rendit heureusement et sagement un avis négatif sur ce calamiteux projet. Force est d’admettre cependant qu’en fin de mandat, et dans la perspective de la campagne de 2012, Nicolas Sarkozy sût de nouveau républicaniser son discours face à la gauche Terra Nova qui débarquait en grande parade multiculturelle, avec sa distribution bariolée de « droits » catégoriels « arc-en-ciel » sans limites ni frontières.

En 2017, les primaires de la droite ont d’abord clairement opté, contre le multiculturel et très « accommodant » Juppé, pour le modèle républicain-conservateur de François Fillon s’appuyant solidement sur les deux « jambes » de l’identité française, incarnées par Bruno Retailleau et François Barouin, la rose et le réséda.

Du bougisme de Macron

À  gauche, les primaires ont contribué à clarifier les choses puisqu’Emmanuel Macron s’étant échappé dans un « ni-ni » obscur et Mélenchon s’étant envolé vers une synthèse boîteuse de Marx et Bourdieu, les militants socialistes ont clairement préféré un Hamon multiculturel à un Vals a priori plus républicain, du moins dans le discours.

Mélenchon, Hamon et Fillon désormais éliminés, il reste donc un face à face Macron/Le Pen dans lequel l’on essaye encore de nous faire croire que la République serait du côté du premier alors que c’est exactement l’inverse.

Repentance coloniale allant jusqu’à accuser la République de Jules Ferry de « crime contre l’humanité », généralisation des discriminations positives, déni stupéfiant et répété de la culture française, négation de toute continuité, culte de l’évanescence, de la mobilité, éloge du mondialisme et du sans-frontièrisme, saupoudrage de « droits » distribués à toutes les communautés, et même un programme pour l’enseignement supérieur résumé à la « généralisation d’Erasmus », c’est-à-dire du bougisme jeuniste et du tourisme estudiantin inconsistants. Tout n’est que désaffiliation républicaine et brouillage des repères dans la bulle macroniste.

Au-delà du racolage clientéliste et communautaire distillé au hasard d’une communication désordonnée, c’est la candidature elle-même qui rompt totalement avec la tradition républicaine. La vacuité et la contradiction des propositions sont clairement assumées et revendiquées par un personnage hors-sol qui se dispense d’autant plus volontiers de programme qu’il ignore ce qui sortira des urnes aux législatives et s’en moque d’ailleurs. Sa profession de foi du premier tour est éclairante. On n’y trouve que du bavardage creux sur les deux premières pages et un catalogue désinvolte de commercial paresseux dans la dernière.

L’on se souvient qu’il y a quelques années, un fêtard parisien avait parié chez Castel, avec sa bande de noctambules, qu’il réussirait à épouser la célèbre et jolie héritière d’une principauté rocailleuse. Le séducteur parvînt à ses fins, condamnant plus tard la princesse humiliée à plaider à Rome le vice du consentement issu de ce jeu de mauvais garçon. Emmanuel Macron lui ressemble. Il a sans doute parié avec lui-même qu’un Bel Ami pourrait devenir chef de l’État en se payant les électeurs et en se moquant de la République.

Marine Le Pen, une républicaine

On peut assurément discuter de la personnalité de Marine Le Pen et de la qualité de son entourage, ainsi que du bien-fondé et de la faisabilité politique et juridique de plusieurs éléments de son programme. L’on peut même constater qu’elle se propose d’ajouter dans nos lois républicaines des règles qui s’y trouvent déjà et que son idée de garantir les crèches de Noël dans la Constitution est aussi ridicule que le service national obligatoire d’un mois proposé par son rival ! Mais ni l’organisation d’un référendum européen, ni la limitation importante de l’immigration, ni les  mesures accordant une priorité d’embauche aux nationaux (appliquées en Grande-Bretagne bien avant le Brexit) ne sont contraires aux valeurs républicaines. Il n’existe rien, dans la tradition et les principes républicains, qui impose le droit du sol, oblige à ouvrir les frontières sans limites, interdise les quotas d’immigration ou  impose l’égalité entre nationaux et étrangers. Le Conseil constitutionnel le rappelle : « Aucun principe non plus qu’aucune règle de valeur constitutionnelle n’assure aux étrangers des droits de caractère général et absolu d’accès et de séjour sur le territoire national ».  Le droit d’asile est strictement réservé par la République à « tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté » et l’article 5 de la Constitution affirme solennellement que le Président de la République est le « garant de l’indépendance nationale ». Le Conseil constitutionnel en a déduit en 1986 que les privatisations d’entreprise nationalisées devaient se faire dans le respect de ce principe.

Que l’on discute donc, honnêtement et point par point, de la qualité, de l’opportunité, de la faisabilité et de l’efficacité respectives des propositions des deux protagonistes du deuxième tour, c’est un exigence démocratique. Mais que l’on arrête cette imposture consistant à prétendre opposer un prétendu front républicain à une candidate dont les préoccupations sont sûrement moins éloignées de la tradition républicaine que la personnalité et le  catalogue de son rival. Michel Onfray a eu bien raison d’observer, dans Le Figaro du 24 avril, la malhonnêteté intellectuelle et l’hypocrisie phénoménale de tous ceux qui crient à un loup qu’ils ont minutieusement fabriqué pour faire triompher au final l’ectoplasme postmoderne si peu républicain qu’ils appellent de leurs vœux.

Anne-Marie Le Pourhiet (Causeur, 26 avril 2017)

21/04/2017

Quand Emmanuel Macron promet l'instauration de la discrimination positive...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Anne-Marie Le Pourhiet, cueilli sur Figaro Vox et consacré à la politique de discrimination positive préconisée par Emmanuel Macron. Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit constitutionnel et de droit public à l’Université de Rennes I.

 

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Anne-Marie Le Pourhiet: «La discrimination positive est un danger pour la paix civile en France»

« La vraie rupture, ce que je propose pour les quartiers, c’est une vraie politique assumée de discrimination positive et de mobilité », a déclaré Emmanuel Macron le 8 mars dans un entretien à l’AFP. Il s’agit là d’une annonce de grande portée de la part du candidat à l’Élysée.

La discrimination positive, que les Anglo-Saxons appellent affirmative action (« action positive »), consiste à adopter des mesures de faveur (priorités à l’embauche, promotions préférentielles, dispenses de concours, épreuves spéciales dérogatoires, points supplémentaires, emplois, contrats ou marchés réservés, quotas, parité, etc.) pour des catégories de personnes désignées par un critère non social (race, ethnie, religion, langue, sexe, orientation sexuelle, handicap, etc.) et dont on affirme qu’elles ont subi des discriminations passées ou présentes ou qu’elles sont « défavorisées ».

Il s’agit donc de passe-droits accordés aux membres de certaines catégories pour leur permettre d’échapper aux critères du droit commun. L’adjectif « positif » est destiné à gommer le caractère négatif de la différenciation puisque toute discrimination est en l’espèce évidemment positive pour son bénéficiaire mais négative pour celui qu’elle exclut. Une discrimination « en faveur » des femmes ou des Noirs se fait évidemment « au détriment » des hommes ou des Blancs. Et dès lors que l’on prétend ériger la « lutte contre les discriminations » en politique publique, il est incohérent de prétendre parallèlement les encourager « en faveur » de certaines catégories et donc au préjudice des autres. Il s’agit d’une application bien connue de la théorie multiculturaliste consistant à repérer dans la société des catégories de « dominés » qui auraient le droit de bénéficier de traitements de faveur en compensation des oppressions subies. On y retrouve aussi la rhétorique marxiste selon laquelle il conviendrait d’écarter l’égalité de « droits formels » pour parvenir au forceps à une égalité de fait, dite « égalité réelle », à cette différence près que le socialisme s’intéressait aux classes alors que le culturalisme se préoccupe des races, des religions et des sexes.

Ces mesures discriminatoires qui évacuent le critère méritocratique sont évidemment contraires aux valeurs et principes républicains inscrits dans notre Constitution, mais elles sont aussi inefficaces et engendrent de graves effets pervers. Notre Constitution, dans la plus pure tradition républicaine issue de la Révolution française, consacre une stricte égalité de droits entre les citoyens : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits (…). La loi (…) doit être la même pour tous (…). Tous les citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents (…) ». « La loi garantit à la femme dans tous les domaines des droits égaux à ceux de l’homme (…). La France (…) assure l’égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction d’origine, de race ou de religion. » C’est sur le fondement de ces principes que le Conseil constitutionnel a jugé que la Constitution « s’oppose à toute division par catégories des électeurs et des éligibles (…) et à ce que soient reconnus des droits collectifs à quelque groupe que ce soit, défini par une communauté d’origine, de culture, de langue ou de croyance ». Il a ainsi censuré la notion de « peuple corse », les quotas ou la parité sexuels, la charte européenne des langues régionales ou les statistiques ethno-raciales. Il a donc fallu réviser la Constitution pour permettre au législateur d’imposer la parité ou la priorité autochtone dans l’accès aux emplois et professions de certaines collectivités d’outre-mer.

Beaucoup de discriminations positives ethno-raciales échappent cependant au contrôle du juge constitutionnel parce qu’elles n’empruntent pas la voie législative ou réglementaire ou que les autorités compétentes camouflent les critères interdits en utilisant des euphémismes sociologiques ou géographiques. Par exemple : « modalités particulières d’admission destinées à assurer un recrutement diversifié des étudiants ». Ou encore :« à aptitude égale la commission de sélection donne la priorité aux candidats qui résident dans un quartier prioritaire de la politique de la ville ». Ou bien encore : « favoriser l’émergence d’une fonction publique plus représentative du bassin de vie qu’elle administre ».

De surcroît, cette politique de discrimination positive se révèle également inefficace et engendre des effets pervers que les États-Unis ont éprouvés. Au lieu de créer les conditions permettant à tous de concourir à égalité, elle consiste à dispenser de concours ceux que l’on juge incapables de passer les épreuves communes. Il s’agit donc d’un système de « triche » exactement comme le dopage dans les épreuves sportives. Mais celui qui n’avait pas les compétences requises pour entrer dans l’école ou la fonction ne les aura pas par miracle au lendemain de son admission préférentielle et va donc traîner ses insuffisances par la suite, ce qui ne fait qu’accroître le ressentiment. De tels procédés, d’ailleurs, ne sont pas admis dans le domaine des sciences dures (mathématiques, physique). Et ils sont strictement déconseillés lorsqu’il s’agit de former et de recruter, notamment, des chirurgiens ou des pilotes de ligne. Ça serait trop dangereux. Écartant la méritocratie, ces passe-droits ne peuvent, en tout état de cause, concerner qu’une faible minorité d’individus, car leur généralisation conduirait à baisser gravement le niveau de performance d’une école, d’une entreprise, d’une administration (ou d’un festival de cinéma) et à couler sa réputation.

Enfin et surtout, ce type de mesures préférentielles a un coût social, moral et politique très lourd. Il renforce d’abord le communautarisme dont il est issu en incitant les individus à s’inscrire dans un groupe pour pouvoir bénéficier des avantages accordés et en perpétuant ainsi les assignations à identité. Une société qui remplace la méritocratie républicaine par la médiocratie sociétale et instaure un système où les catégories ethno-raciales et sexuelles se « partagent le gâteau » se met en péril et menace gravement la paix civile.

Qu’est-ce qui arrive fatalement lorsque, à un concours de recrutement de pompiers de Los Angeles, un Noir est reçu avec 9/20 et un Blanc collé avec 15/20 ? Que ressent le citoyen qui lit dans un quotidien ces propos du président d’un grand groupe français : « Lorsque nous rencontrons un candidat qui a un prénom d’origine étrangère, il a plus de chances d’être recruté que celui qui porte un prénom français de souche » ? Inutile de jouer les tartuffes devant la « montée des extrêmes » lorsque à longueur d’actes et de discours démagogiques et clientélistes certaines élites dirigeantes ne font que semer les ferments de l’amertume sociale.

Anne-Marie Le Pourhiet (Figaro Vox, 15 mars 2017)

10/04/2017

Des Chinois à Paris...

Nous reproduisons ci-dessous une chronique de Richard Millet, cueillie sur son site personnel et dans laquelle il évoque les manifestations de la communauté chinoise à Paris...

Auteur de La confession négative (Gallimard, 2009) et de Tuer (Léo Scheer, 2015), Richard Millet vient de publier aux éditions Léo Scheer un roman intitulé Province.

 

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Des Chinois à Paris

Les émeutes ethniques qui ont suivi la mort d’un ressortissant de Chine populaire, à Paris, au cours d’une intervention de la police pour un « différend familial », montrent que la « communauté » chinoise n’a rien à envier à la racaille issue d’autres ethnies immigrées : même stratégie de victimisation, même violence urbaine, même refus de laisser la justice suivre son cours, même mise en accusation de la police. A croire que la police est profondément raciste et qu’elle dérange un ordre communautaire dont la transparence n’est pas l’apanage. Que Pékin ait soufflé sur les braises communautaires, c’est évident, selon la DGSI, tout comme pour Alger et d’autres capitales du Tiers-Monde qui vouent à la France une haine « historique » que la repentance officielle n’apaise pas. Après les Gitans, après Adama Traoré et le bon « Théo » (dont les familles sont d’ailleurs en délicatesse avec la justice), voici donc les Chinois, en attendant les Turcs, les Eskimos, les Papous, les crocodiles et je ne sais quelle ethnie minoritaire encore... La rue communautariste, soucieuse de préserver ses privilèges victimaires et ses trafics, dicte sa loi à un personnel politique incompétent, lâche, sourd au désarroi du vrai peuple. Un peuple souverainement méprisé dès lors que Macron fait l’éloge du multiculturalisme, et déclare qu’il n’existe pas de culture française ou que la Guyane est une île. Il en va de même quand un hologramme macronien, l’ineffable Pigasse, propriétaire des Inrockuptibles et du Monde, organes de conditionnement post-civilisationnel, acquiert un festival de rock. L’acquisition, qui est présentée comme un « événement culturel », ne saurait faire oublier que le rock est une arme particulièrement active de la dé-civilisation en cours, tout comme les émeutes ethniques, les prix littéraires, le mariage homosexuel, l’abandon de la grammaire, la prostitution de la langue à la « communication », et le terrorisme à quoi on s’habitue comme aux accidents de la route. Ainsi l’attentat du métro de Saint-Pétersbourg n’a-t-il pas suscité de grand spectacle lacrymal, avec interventions d’« experts », de « héros », de « témoins », d’amis de victimes : après tout, cela se passe en Russie, n’est-ce pas, le pays de Poutine, qui paie ainsi son soutien à Assad… Le mensonge règne ; c’est pourquoi il est tordant de voir le « monde de la culture » (c’est-à-dire une phalange de la boboïtude ordinaire) appeler à « faire barrage » à Marine Le Pen : qu’importe les signataires – interchangeables, increvables, insignifiants ; ils jouent leur rôle d’arroseurs arrosés par un peuple qu’ils passent leur temps à mépriser par leur absence de talent et leur prostitution au système.

Les émeutes ethniques sont la version light des attentats. Elles révèlent à quel degré de décomposition politique est parvenue la France. Une décomposition en grande partie liée à la déchristianisation. Une forme de politique qui ne dit pas son nom, mais très active, pourtant, par le biais de l’indifférence. On le voit dans celle qui accueille le caillassage puis la tentative d’incendie d’une église évangélique arménienne, à Alfortville, la semaine dernière. Les Arméniens ? C’est quoi, ça ? Existent-ils en dehors d’Aznavour ? Le génocide de 1915 n’a pas réussi à faire entrer l’abomination turque  dans l’opinion publique : il est déjà oublié. Et puis on a assez de problèmes avec Erdogan. L’islamisme a de bien beaux jours devant lui. La presse officielle, si elle a fait état de ces agressions, s’est bien gardée d’établir des relations de cause à effet entre le discours d’un pasteur arménien sur le sort des chrétiens d’Orient et les musulmans « locaux », dont on sait l’amour qu’ils vouent au christianisme, en général et à celui d’Orient, en particulier. Le même type d’agression contre une mosquée eût engendré des émeutes communautaires qui eussent été considérées par la presse avec toute la bienveillance due à ses maîtres sunnites.

Il est vrai que les chrétiens d’Orient n’intéressent pas même mes amis catholiques, lesquels participent donc, eux aussi, à la déchristianisation puisque, je suis las de le répéter, seuls les imbéciles et les traitres refusent de voir que notre destin de catholiques est lié à celui de nos frères d’Orient, et non aux évêques qui nous enjoignent d’accueillir favorablement les musulmans. Nous sommes las des musulmans en Europe, particulièrement en France. Nous sommes également las des hommes politiques qui leur permettent d’ériger le territoire en proto-califats.

 Je n’accepterai pas davantage de dire, désormais, selon la décision de l’Eglise, «  Ne nous laisse pas entrer dans la tentation » au lieu de « Ne nous laisse pas succomber à la tentation. » D’abord, je ne tutoie pas le Seigneur. Il n’est pas un pote. Ensuite il y a dans le verbe succomber quelque chose de plus fort, de plus subtil, navrant et profond que ce très laid « entrer en tentation », qui rappelle « entrer en conférence » ou « en lévitation », et qui suppose la souveraineté de l’homme face au Démon, donc la diminution de la puissance de ce dernier, voire sa disparition élocutoire au profit d’un psychologisme du mal, évidemment réducteur, et qui fait le jeu du Démon.

« Entrer en tentation », c’est, par exemple, voter pour l’un des candidats à l’élection présidentielle. C’est se faire le zélote du pouvoir culturel et abdiquer toute forme de pensée, d’effort vers la vérité.  Lisons ou relisons donc Tertullien, que les éditions Les Belles Lettres publient, ces jours-ci, sans doute pour se faire pardonner la publication des œuvres complètes de Mitterrand dont la momie n’en finit décidément pas de puer.

Richard Millet (Site officiel de Richard Millet, 4 avril 2017)

 

 

08/04/2017

Pour un droit des peuples à la continuité historique...

Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Bérénice Levet à Charlotte d'Ornellas, pour Boulevard Voltaire, à l'occasion de la sortie de son dernier essai Le crépuscule des idoles progressistes (Stock, 2017). Docteur en philosophie, Bérénice Levet est déjà l'auteur de La théorie du genre ou La vie rêvée des anges (Grasset, 2014).

 

                                  
                                   Bérénice Levet : "Nous devrions énoncer un... par bvoltaire

 

" Dans son dernier livre Le Crépuscule des idoles progressistes, Bérénice Levet dénonce la nouvelle anthropologie mise en place dans les années 70 et fondée sur un « alibi » : l’individu serait d’autant plus libre, original et créatif qu’il serait délié de tout héritage… Cette idéologie a débouché sur un désastre civilisationnel. Nous avons posé un éteignoir sur le processus d’humanisation, qui se fait par la transmission de l’héritage. Il y a un épuisement de ces idoles, mais l’hégémonie culturelle continue de leur appartenir.

Confrontés à un communautarisme islamique toujours plus véhément, nous aspirons, cependant, à nous souvenir de qui nous sommes. Et nous sommes les héritiers d’un génie français : la clé de la transmission est de donner à connaître, mais aussi à aimer, cet héritage."