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Métapo infos - Page 1059

  • Feu sur la désinformation... (99)

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés, consacrée au décryptage des médias et dirigée par Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, avec le concours d'Hervé.

    L'émission a été enregistrée avant la tuerie de Nice commise par un terroriste islamiste au volant d'un camion.

    Au sommaire :

    • 1 : Sisco, la résistance corse sous le feu des médias

      A Sisco, des Maghrébins agressent des Corses : les médias censurent la voix des Corses pour évoquer « des zones d’ombre » , et même une « rixe motivée par le racisme ». I -Média décrypte et réinforme.

    • 2 : Le zapping d’I-Média.

    • 3 :PQR en guerre contre les maires FN

      Désinformation, refus de droit de réponse quand La presse quotidienne régionale est en guerre contre les maires Front National, tous les coups sont permis. Décryptage dans I-Média.

    • 4 : Tweets d’I-Média.
    • 5 : Malgré la propagande médiatique, les catholiques de plus en plus méfiants vis-à-vis des musulmans

      55 % des catholiques pratiquants pensent que la présence de musulmans est une menace. Un sondage publié le 15 aout, jour de l’Assomption, jour de grande affluence dans les églises, BFM n’a pas réussi à trouver de catholiques méfiants.

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  • L'exemple corse...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Michel Geoffroy cueilli sur Polémia et consacré à la réaction des Corses aux provocations communautaristes musulmanes. En Corse, la résistance identitaire est en marche...

     

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    En Corse c’est la population qui a désormais l’initiative contre les racailles et les islamistes

    Ici les racailles font la loi

    Ici, sur le continent, les racailles et les casseurs font la loi, notamment dans les banlieues prétendument sensibles, zones de non-droit où les forces de l’ordre n’osent quasiment plus intervenir, obéissant aux consignes d’une hiérarchie tétanisée à l’idée du retour des émeutes de 2005. Alors pas de vagues !

    Patrick Kanner, le ministre de la Ville, a courageusement affirmé qu’il y avait « aujourd’hui, on le sait, une centaine de quartiers en France qui présentent des similitudes potentielles avec ce qui s’est passé à Molenbeek » (1).

    Oui, « on le sait », mais on… le tolère. Mieux encore : on finance une apparence de paix urbaine en payant les caïds pour qu’ils calment les jeunes : cela s’appelle la politique de la Ville, sorte de contribution dhimmie payée par le contribuable sefran ou babtou pour que les jeunes n’aient pas « la haine ».

    Mais cela marche de moins en moins et, à la première interpellation qui tourne mal, ce sera l’émeute ; et bien sûr, aussi, l’enquête immédiatement diligentée pour vérifier si, des fois, la police ne serait pas coupable de violences injustifiées, comme aux Etats-Unis. Cela se passe toujours ainsi sur le continent, pour le plus grand profit des racailles.

    La culture de l’excuse

    Car ici les racailles sont toujours des victimes qui font pleurer les bobos et le Syndicat de la magistrature : des victimes du chômage, du racisme ou des « provocations » policières. Sur le continent on en tient pour la culture de l’excuse dès lors que ce n’est pas un Français de souche qui commet un délit ou un crime. D’ailleurs, le racisme antifrançais ou la christianophobie, la justice ne connaît pas.

    Sur le continent la population se tait et rase les murs. Car si d’aventure elle s’exprimait, alors la répression « antiraciste » s’abattrait sur elle. Les ligues de vertu bien pensantes, également financées par le contribuable, sont là pour y veiller.

    Et la classe politicienne, qui ne cesse de courir après le vote communautariste, emboîte le pas : lorsqu’une violence, un crime ou un attentat sont commis, leur première réaction consiste à proclamer « Pas d’amalgame » ! C’est ce qu’Alain Juppé appelle « garder son sang-froid » (2). En clair : la fermer et se soumettre.

     L’impunité c’est fini

    Dans l’Ile de Beauté, où, à la différence du continent, on veille à préserver son identité et sa famille, les choses se passent désormais différemment, comme on le voit depuis quelques mois. En Corse, on ne tolère plus, par exemple, que les « jeunes » caillassent ou agressent les pompiers en toute impunité, comme on l’a vu à Ajaccio en décembre 2015.

    Le journal Le Monde titrait alors « Ajaccio sous le choc après les manifestations xénophobes » (3), jouant ainsi son rôle de pleureuse attitrée défendant les malheureux jeunes. Et le préfet, incapable de protéger les pompiers, d’en appeler évidemment à la « sérénité ». Bref, le bla-bla habituel.

    Mais ce rideau de fumée politico-médiatique sur fond d’impuissance gouvernementale ne produit plus en Corse les mêmes effets soporifiques que sur le continent.

    En Corse, le message d’Ajaccio était clair : l’impunité pour les racailles c’est fini. On ne va pas continuer à se laisser faire.

    En Corse on désigne les choses par leur nom

    La réaction aux événements qui se sont produits récemment à Sisco est également significative.

    Car pour la première fois dans notre pays les autorités de la collectivité de Corse n’ont pas hésité à désigner les choses par leur nom : « Ce sont des comportements provocateurs et des actes violents de la part de personnes étrangères à la commune qui sont à l’origine des faits… assortis d’une revendication explicitement communautariste voire religieuse. Ces faits ont inéluctablement entraîné une intense émotion et une réaction forte de la part de la population de Sisco » (4).

    Cette déclaration, qui non seulement désigne les responsables des affrontements mais exprime aussi sa compréhension de la réaction populaire, tranche avec le pathos bisounours et padamalgam que les élus nous assènent habituellement sur le continent après chaque fait similaire.

    En Corse on n’a pas peur de désigner l’ennemi : donc on sait encore faire de la vraie politique et on sait encore faire la guerre – alors que sur le continent, déjà en voie de Soumission, on a la trouille de le faire.

    En Corse le pathos bisounours et padamalgam ne marche plus

    Le ministre de l’Intérieur a, bien sûr, comme d’habitude, « condamné les violences », posture officielle et cynique consistant à mettre sur le même plan agresseurs et victimes. On est habitué ici à ce type de fausse symétrie, mais en Corse cela ne marche plus.

    La presse bien pensante cite ainsi avec effroi des déclarations comme celles-ci : « Les agresseurs habitent ici. On veut montrer à leurs frères, à leurs amis et à tous ceux qui les connaissent que nous ne tolérerons jamais ce genre d’actes sur notre terre ! » ; ou bien encore « Agresser un seul Corse, c’est comme agresser toute la Corse. Depuis plusieurs mois, François Hollande nous répète que nous sommes en guerre. Et dans une guerre, quand on est attaqué, il faut répondre. Et pas seulement en allumant des bougies… » (5).

    Face à l’islamisme la dissidence a l’initiative en Corse

    En Corse ce sont désormais les dissidents hors Système qui ont l’initiative face à l’islamisme et aux racailles : c’est-à-dire les indépendantistes et la réaction spontanée de la population.

    Car, en Corse, la réaction populaire l’emporte sur celle des autorités, dépassées parce qu’enfermées, comme en métropole, dans la doxa politiquement correcte.

    Comme l’a montré le FNLC dans sa déclaration diffusée dans Corse Matin le 27 juillet dernier, c’est la dissidence qui incarne désormais la grande politique car elle tient un langage de vérité qui rencontre un large écho dans la population.

    Le FNLC dénonce ainsi une « radicalisation croissante dans le sud de la Corse » correspondant à la volonté des salafistes de « mettre en place chez nous la politique de Daesh ». Les indépendantistes préviennent aussi (6) que toute attaque contre les Corses fera l’objet « d’une réponse déterminée sans état d’âme ». Ils réclament aussi que les musulmans qui vivent en Corse prennent position clairement contre l’islamisme. Enfin, ils affirment qu’ « il faudra que la France cesse sa propension à intervenir militairement et vouloir donner des leçons de démocratie à la terre entière si elle veut éviter que les conflits qu’elle sème à travers le monde ne reviennent comme un boomerang sur son sol ».

    On n’est pas forcé d’approuver en tout le FNLC ni le vocabulaire « anticolonialiste » propre à cette organisation, mais, en quelques mots, tout est dit.

    Où sont les hommes ?

    En Corse on sait manifestement que ce n’est pas en se soumettant à la violence ou en commémorant ses victimes, comme ne cesse de nous le dire l’oligarchie, qu’on retrouve sa liberté et sa dignité, mais en lui opposant la force, qui seule garantit le droit.

    Mais où sont donc passés les derniers hommes ? En Corse manifestement.

    Michel Geoffroy (Polémia, 16 août 2016)

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  • A propos du transhumanisme...

    Les éditions Vrin ont publié en 2015 sous la direction du philosophe Gilbert Hottois une importante Encyclopédie du trans/posthumanisme. Un outil indispensable pour comprendre les concepts et les projets d'une mouvance idéologique techno-scientifique qui a pris naissance dans les universités californienne à la fin du vingtième siècle...

     

     

    "Les préfixes de l’humain sont nombreux (ab- in-, para-, pré-, post-, proto-, sub-, sur-, trans-humain…). Ils invitent à réfléchir à la nature, aux limites et aux transformations de l’être humain ainsi qu’aux réactions intellectuelles et émotionnelles suscitées. Le trans/posthumanisme concerne toutes les techniques matérielles d’augmentation ou d’amélioration (physique, cognitive, émotionnelle) de l’homme, une perspective volontiers située dans le prolongement de l’humanisme progressiste des Lumières. Mais l’homme « amélioré ou augmenté » – « transformé » – pourrait s’éloigner toujours davantage des conditions de l’homme naturel « cultivé » ordinaire. Le transhumanisme risque de verser, brutalement ou imperceptiblement, dans le posthumanisme, référant à des entités qui, bien que « descendant » de l’homme, seraient aussi étrangères à celui-ci que l’espèce humaine est éloignée des formes de vie paléontologiques. Le posthumanisme flirte avec le nihilisme et l’imagination apocalyptique.
    Aux franges les plus audacieuses de la bioéthique, l’Encyclopédie n’écarte pas plus qu’elle ne focalise les questions éthiques. Elle englobe, sans les confondre, l’analyse conceptuelle, l’extrapolation technoscientifique et l’imagination spéculative. La première partie « Philosophie et éthique » est consacrée au débat philosophique relatif au trans/posthumanisme. Les entrées reflètent le vocabulaire conceptuel propre aux principaux auteurs trans/posthumanistes et à leurs critiques directs. La deuxième partie « Technoscience et médecine d’amélioration » parcourt les références actuelles aux sciences et aux techniques biomédicales inhérentes à la problématique transhumaniste. Elle distingue entre ce qui se fait, pourra probablement se faire ou relève du domaine de la projection spéculative et imaginaire.
    La troisième partie « Techniques, arts et science-fiction » est centrée autour des échanges entre technosciences et créations artistiques, spécialement l’imaginaire de la science-fiction où les thèmes post/transhumanistes sont fortement représentés."
     
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  • La France et l'Afrique face à l'offensive islamiste...

    Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par Bernard Lugan au site de réflexion géopolitique Katehon et consacré à la menace islamiste. Africaniste et historien, Bernard Lugan a publié de nombreux ouvrages, dont dernièrement Osons dire la vérité à l'Afrique (Rocher, 2015), Histoire & géopolitique de la Libye des origines à nos jours (L'Afrique réelle, 2015) et Histoire de l'Afrique du nord (Rocher, 2016).

     

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    La France et l'Afrique face à l'offensive islamiste

    Katehon - Prêtre égorgé pendant la messe, tuerie de masse, attentats à l'explosif, la France est frappée par la violence politico-religieuse. Selon vous, pouvons-nous établir un parallèle avec la décennie noire qui a touchée l'Algérie dans les années 90 ?

    Bernard Lugan : Non, parce que durant la « décennie noire », les islamistes algériens avaient pour but la prise du pouvoir afin de faire basculer tout le Maghreb. Il s’agissait d’une guerre civile. En France, primo, nous ne sommes pas en guerre, l’emploi de ce terme est d’ailleurs inapproprié. La guerre c’est ce qui se passe en Syrie ou en Irak alors que la France est en réalité confrontée à une menace terroriste d’ampleur réduite car le pays continue à vivre normalement. Secundo, les islamistes n’y visent pas la conquête du pouvoir. Le risque serait la constitution de zones échappant au pouvoir central et à partir desquelles ils pourraient, dans une phase ultérieure, tenter de créer des califats.

    Katehon - Le régime algérien a écrasé la rébellion islamiste sur son sol par les armes. La France devra-t-elle prendre le même chemin ?

    Bernard Lugan : Une fois encore non. Des mesures de simple police suffiraient en effet à écarter une grande partie de la menace. Le problème est que nos hommes politiques ne se servent pas de l’arsenal juridique que la Constitution leur offre. Leur crainte n’est pas l’islamisme et le terrorisme, mais les réactions que de futurs attentats pourraient produire avec une prise de conscience de la population. Ils savent qu’ils auraient alors des comptes à rendre : pourquoi avoir encouragé le « grand remplacement », pourquoi avoir encouragé le communautarisme, pourquoi avoir sous-traité la paix dans les banlieues aux salafistes, pourquoi avoir aboli les frontières, pourquoi avoir décapité la gendarmerie, pourquoi avoir désarmé moralement et militairement le pays, pourquoi avoir si longtemps refusé de désigner l’ennemi  etc. ?

    Katehon - La France intervient militairement en Afrique parfois pour des raisons de lutte anti-terroriste. Ces opérations ont-elles des résultats contre le terrorisme islamique présent sur le continent africain ?

    Bernard Lugan : Oui et non tout à la fois. Oui parce que la présence militaire française dérange le dispositif islamo-terroriste, non parce que les causes ne sont pas traitées. Ainsi au Sahel, l’incohérence est totale car nos forces luttent efficacement contre les bandes, mais, en même temps notre diplomatie est plus que complaisante avec les pays du golfe qui financent le salafisme.

    Katehon - L'intervention de la France sur des théâtres d'opérations extérieurs n'aggrave-t-elle justement pas la menace terroriste ?

    Bernard Lugan : Ne pas lutter contre le terrorisme reviendrait à accepter de subir. Je pense que la question pourrait être formulée d’une autre manière : par certaines de ses interventions ou prises de position, la France n’a-t-elle pas favorisé le terrorisme ? Et là je répondrais alors que l’absurde intervention contre le colonel Kadhafi et que la stupide politique anti Assad ont effectivement créé des foyers terroristes.

    Katehon - L'état islamique et ses nébuleuses opèrent en Afrique. Le continent peut-il lui aussi basculer dans une "guerre de civilisation" ?

    Bernard Lugan : Dans toute l’Afrique de l’Ouest se livre actuellement une véritable guerre entre un islam enraciné dans des traditions locales et un islam à vocation universaliste et révolutionnaire importé d’Arabie. Ce dernier aurait, selon les estimations, réussi à convertir entre 20 et 40% des musulmans ouest africains.

    Les jihad africains d’aujourd’hui ne concernent donc que les musulmans car nous ne sommes pas (encore ?) en présence d’un front musulman face à un front chrétien, sauf sur certaines périphéries (Nigeria,  Kenya ou Centrafrique). Le phénomène que nous observons est celui d’une tentative de prise de contrôle des populations musulmanes africaines par les partisans d’un islam importé d’Arabie. Pour ces derniers, l’islam traditionnel ouest africain doit être « purifié » car il est considéré comme déviant et hérétique par les wahhabites. La purification passe par le retour au seul Coran et par le refus de toute tradition humaine, par définition polluante du message divin. Pour les wahhabites, tout ce qui n’est pas prescrit dans le Coran doit ainsi être combattu.

    Aujourd’hui, les normes visibles du wahhabisme s’affirmèrent au grand jour : burqa,  séparation des sexes, nouveaux rites mortuaires, prière de nuit (tahajjud) et la plus visible par les musulmans, la prière les  bras croisés,toutes pratiques jusque-là inconnues au sud du Sahara. Ayant désormais pignon sur rue, les imams saoudiens, qataris et pakistanais expliquent aux populations africaines que leur retard est dû à ce que leurs dirigeants ont voulu imiter l’Occident. Le chemin du progrès et de la libération passe donc par le renversement de ces derniers, par le rejet des valeurs impies et par l’adhésion à l’islam authentique.

    Bernard Lugan (Katehon, 15 août 2016)

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  • Les imbéciles...

    Les éditions Allia publient cette semaine un court essai satirique de Giovanni Papini intitulé Les imbéciles. Écrivain italien de la première moitié du vingtième siècle, Giovanni Papini a été proche du futurisme à ses débuts et s'est rapproché du fascisme au cours des années 30. Son oeuvre a été apprécié aussi bien par Julius Evola que par Jorge Luis Borges.

    "«Si les hommes de génie n’avaient pas existé, nous serions encore des barbares mais, sans les idiots, le genre humain se serait éteint depuis bien longtemps. Et le fait qu’en tout temps ils soient justement les plus nombreux et les plus puissants représente un argument considérable en faveur de la Providence. Parfois, un demi-siècle a pu s’écouler sans qu’un esprit souverain qui sorte de l’ordinaire ne se manifeste, mais chaque jour qui se lève voit croître et prospérer "l’immense coalition des idiots".»
    "Race prolifique", les imbéciles, en raison même de leur nombre, assurent la survie de l’espèce. Ils sont aussi source d’un divertissement salutaire et autorisent la plus grande paresse. Car si tous les hommes étaient intelligents, que d’efforts il faudrait alors déployer. Qui plus est, sans imbécile, pas de génie non plus. Leur domination, vu la masse qu’ils représentent, assure une classe de oisifs. En effet, l’imbécile accepte volontiers des tâches, voire même des responsabilités, dont l’homme intelligent ne voudrait pour rien au monde. Raison pour laquelle les puissants en sont souvent dotés, d’imbécillité s’entend. D’autant que, comme ses idées, si tant est qu’il en ait, sont courantes, ses semblables ne peuvent que les approuver. Car l’imbécile ne se superpose pas tout à fait à l’ignorant qui, lui, ne pense pas du tout. L’imbécile a ceci de dangereux qu’il se mêle de tout et volontiers d’art et de littérature, quand ce n’est pas de politique. C’est que les imbéciles sont partout. Pis, ils prolifèrent. Mais, comme vous l’apprendrez dans ce petit ouvrage, ce peut aussi être un avantage."
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  • Mais pourquoi nous attaquent-ils donc ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de François-Bernard Huyghe, cueilli sur son site huyghe.fr, qui vient prolonger son texte sur la géopolitique de l'Etat islamique et expliquer les raisons de l'hostilité dont cette entité politico-religieuse fait preuve à notre égard...

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    Pourquoi les jihadistes disent nous haïr

    Pourquoi nous attaquent-ils ? Cette question ressurgit à chaque attentat et suscite en général des réponses types plus ou moins cumulables :
     
    1- ils ne savent pas ce qu'ils font, ce sont des déséquilibrés mauvais musulmans (comme le tueur de Nice : il avait fait une dépression en 2004, était bisexuel et buvait..) donc pas de rapport avec la religion ou alors ces gens prennent le djihadisme comme alibi, donc, ne faisons pas d'amalgame ou de surinterprétation. C'est la théorie de l'erreur. Mais pourquoi tant d'erreurs qui ne se produisent pas chez les athées ou les bouddhistes de notre pays ?
     
    2- ils détestent nos valeurs. C'est la version de G.W. Bush : ce sont des "freedom haters", des gens qui détestent la liberté. Variante de François Hollande répétée à chaque cérémonie funèbre, donc souvent : ils agissent parce qu'ils détestent la République et ses valeurs. Cette théorie du ressentiment n'est pas totalement fausse, en ce sens qu'ils haïssent effectivement nos principes démocratiques et notre liberté de mœurs et de croyance, mais ils ne le font pas par pure méchanceté : il le font au nom d'autres valeurs positives et d'une autre légitimité que le pouvoir du peuple ou le droit de l'individu.
     
    3- variante stratégique de la thèse du ressentiment : ils cherchent à déclencher une guerre de religion ou une guerre civile en France. Ils veulent dresser les communautés les unes contre les autres, brisant ainsi notre très enviable vivre-ensemble. Sauf que pour eux le djihad a commencé il y a quelques siècles et que c'est un combat planétaire, métaphysique et apocalyptique entre les croyants et tous les autres, mécréants ou hypocrites, pas une histoire d'affrontement entre bandes de banlieue et milices cathos (d'ailleurs inexistantes) à la Houellebecq.
     
    4-  dernière version inoxydable : c'est une affaire de frustration, de sentiment d'injustice et de désir inassouvi, c'est psycho-sociologique. La religion n'est qu'un prétexte dans cette affaire ; elle dissimule une révolte contre un monde insupportable donc notre responsabilité. C'est la thèse. "Vous n’avez rien fait contre le terrorisme" puisque ses causes sont ailleurs Ainsi, pour Geoffroy de Lagasnerie et Édouard Louis dans une tribune qui a fait du bruit : "Car rien n’a été entrepris contre les causes de la violence politique et sociale, contre les structures qui l’engendrent, contre les conditions de vie qui font naître chez un individu le désir de destruction... aucun des moyens dont dispose l’Etat, dont vous disposez pour créer un monde plus juste, plus sûr et pour arracher les individus à la logique de la haine, n’ont été utilisés - et l’on pourrait même dire que c’est, dans ce registre, plutôt l’inverse que vous avez fait, et qu’on a plutôt assisté, ces derniers mois, au triomphe de la régression sociale." Ou, mieux encore, la vision de Badiou pour sui il s'agit de crimes de nihilistes fascistes avides de jouissances brutales, d'occidentaux "inversés"... Donc, les acteurs sont inconscients (seul l'intellectuel distinguant les vraies causes structurelles) rien à voir avec ce qu'ils croient ou leurs ambitions proclamées, etc., etc. Les objectifs affichés et les principes de légitimité proclamés ne feraient que dissimuler des motifs réactifs et primaires. Mais sommes nous certains que le jour où nous aurons établi la société parfaite d'égalité, de sécurité, de liberté et de solidarité, ses ennemis cesseront de la combattre au nom de la transcendance ?

    Bref nous avons peine à croire que les causes soient à rechercher partout sauf dans la religion et la géopolitique, ce qui serait curieux pour des gens qui se réclament a) du djihad b) d'un califat. Et qui, notamment dans leurs cassettes testaments, ne cessent de nous dire qu'ils vont nous punir parce que nous bombardons le califat et tuons des femmes et des enfants musulmans.

    Et si nous allions leur demander ? Car, après tout, ces gens écrivent, et essaient de nous faire comprendre des choses tantôt par des prêches, tantôt par des attentats.

    Pour mémoire, ben Laden s'était expliqué très clairement dans une fatwa de 1998.
    "Premièrement depuis plus de sept ans les États Unis occupent la terre d'islam dans sa partie la plus sainte... Deuxièmement, malgré la grande dévastation infligée au peuple irakien par l'alliance des croisés sioniste et malgré le nombre élevé de tués qui a atteint plus d'un million... malgré tout cela, les Américains sont de nouveau en train de répéter ces massacres horribles, car ils ne sont pas satisfaits du blocus. prolongé imposé après une guerre féroce et dévastatrice.... Troisièmement, si les objectifs des Américains derrière ces guerre sont religieux et économiques, ils servent aussi les intérêts de l'État juif en détournant l'attention de son occupation de Jérusalem et du meurtre de musulmans.".(23 février 1998). Donc : retrait des Américains d'Arabie saoudite, fin de l'embargo sur l'Irak et fin soutien à Israël. Simple et compréhensible.

    Maintenant, pourquoi l'État islamique nous haït-il et nous combat-il ? Allons voir ce qu'ils disent dans le dernier numéro de leur revue anglophone Dabiq. En résumé :
    1 - parce que vous êtes incroyants et que vous rejetez l’unité d’Allah
    2 - parce que vos sociétés libérales sécularisées autorisent ce qu’interdit Allah, vous séparez l’État de la religion et êtes permissifs, incroyance et débauche
    3 - en particulier, pour les athées, nous vous haïssons et vous attaquons parce que vous refusez de croire en l’existence du créateur, en dépit de la splendeur de l’Univers
    4 - vous commettez des crimes contre l’Islam et attaques contre notre religion en vous moquant du Prophète, en brûlant des Corans, etc.
    5 - Vous commettez des crimes contre les musulmans avec vos drones et vos avions. Vous tuez des femmes et des enfants
    6 - Vous envahissez nos terres et nous allons vous repousser. Le djihad reste une obligation individuelle pour chaque musulman

    Et Dabiq de préciser : « Il n’est pas moins important de comprendre que nous vous combattons pas simplement pour vous punir ou vous dissuader, mais pour vous apporter la vraie liberté dans cette vie et le salut dans l’autre, la liberté de ne pas être enchaînés à vos vices et à vos désirs autant que la libération de votre clergé et de vos législateurs et pour vous apporter le salut en adorant votre Créateur seul et en suivant son messager » (le lecteur a bien compris la différence avec la stratégie d'al Qaïda.

    Donc ils nous combattent et pour ce que nous sommes (impies) et pour ce que nous faisons (la guerre, les bombardements, les invasions) et surtout pour ce qu'ils peuvent nous faire -sauver nos âmes-. En gagnant au passage pour eux le salut éternel, la gloire du martyre, la conquête du monde et la satisfaction de punir "les ennemis d'Allah".
    Et l'on s'étonne de la séduction du djihad !
     
    François-Bernard Huyghe (huyghe.fr, 8 août 2016)


    Nota : pour la petite histoire, le dernier numéro de Dabiq est un "Spécial antichrétien" avec longues considérations sur le Christ, certes prophète, mais qui n'est pas mort en croix ou sur le concile de Nicée (dogme de la Trinité), d'où il résulte qu'un authentique disciple de Jésus, s'il est cohérent, se convertira et fera le djihad.
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