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  • Ce que Trump nous dit...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Bastien Frimas, cueilli sur le site de la revue Éléments et consacré au message de puissance et de volonté politique que Trump adresse à l'Europe...

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    Ce que Trump nous dit

    Il est naturel de vouloir, pour se rassurer, se dire que l’on est bon quand on est faible. Et il est profondément pervers de se complaire dans cette fausse bonté contrainte. Il est, enfin, malsain de vouloir imposer aux forts cette faiblesse déguisée en morale. C’est la grande leçon de Nietzsche.

    C’est aussi ce que nous rappelle Trump dans son dialogue mélien avec l’Europe : « Les forts font ce que peuvent, les faibles ce que doivent », nous dit Thucydide. Est-ce aimable ? Équitable ? Intelligent ? Ce sont des questions que ne se posent, en matière de relations internationales, que ceux qui subissent.

    Le moment schmittien

    Trump nous fait entrer dans un moment schmittien. Depuis cinquante ans, la Nouvelle Droite glose non sans raison Carl Schmitt et Julien Freund, pense le décisionnisme et la distinction ami/ennemi pour récuser certains fondamentaux du libéralisme philosophique ou juridique, conspue le légalisme étriqué, qui étouffe la démocratie authentique et la volonté politique tout en favorisant la tyrannie de l’individu. Trump applique tout ceci. C’est chez lui instinctif, et pour une partie de son entourage c’est même réfléchi et conscient. Il nous force en retour à penser réellement en schmittiens et à être conséquent avec nous-mêmes.

    Mais nous ne l’entendons pas. Parce qu’il est « fou » et « malpoli ». Parce que ses méthodes sont « brutales ». Pourtant, comment croire que la restauration de la primauté du politique et de son autonomie vis-à-vis des autres « activités originaires » selon Julien Freund (telles que l’économie ou la morale) puisse ne pas être brutale et sembler folle ?

    Voyons l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), la police chargée de lutter contre la criminalité transfrontalière et l’immigration illégale. Depuis quelques semaines, une certaine droite reprend sans honte les éléments de langage des Démocrates américains : agents mal formés, violents, surarmés, masqués (car menacés dans un pays où il est facile de se procurer des armes, rappelons-le)… Une police inquiétante. Brutale.

    Elle va même jusqu’à – horresco referens – traquer et expulser les clandestins. Elle obtient des résultats assez spectaculaires certes, avec plus de deux millions d’expulsions ou de départ volontaires, des centaines de milliers de criminels arrêtés et donc de nombreuses vies sauvées. Mais parfois, sur des photos ou à la télévision, des enfants pleurent. Et, parmi les manifestants qui ont interféré avec des opérations visant à arrêter des criminels – certains étant des tueurs et des pédophiles –, deux citoyens américains sont morts dans des circonstances regrettables.

    Ce n’est pas très gentil. Nous ne ferions pas cela en Europe, non Madame. Nous ne détruirions pas non plus les embarcations de trafiquants de drogue avant qu’ils n’aient accosté et peut-être vendu leur cargaison. Il faut un procès, il y a des règles. Les criminels ont le droit d’être convoqués, puis remis en liberté par des juges que personne ne peut tenir responsables. Les clandestins et terroristes ont le droit de rester dans notre pays après un sermon républicain. Nous ne sommes pas des Américains !

    La droite aux mains propres

    Nous, à la vraie droite intelligente et morale, nous sommes scrupuleux. Nous avons des principes et refusons de nous abaisser à faire preuve de violence, même symbolique. D’ailleurs, nous refusons de défaire ce qu’ont fait nos adversaires. Restons purs, gardons les mains propres et restons des oies blanches, ils ne l’emporteront pas au Paradis. Perdons avec honneur ; ou plutôt, mettons un point d’honneur à perdre.

    Ah certes, si nous parvenions au pouvoir… L’école, l’administration, la criminalité, l’immigration, l’économie… Nous avons les solutions. Mais aussi des valeurs. Les solutions seront donc appliquées dans le respect des règles juridiques, médiatiques et morales, bien que celles-ci soient imposées par d’autres.

    Peu importe que ces mêmes règles soient allègrement bafouées par la gauche lorsqu’elle est au pouvoir et veut nous nuire. La gauche est violente, menteuse, injuste. Son indignation est à géométrie variable. Elle ne pipait mot quand Obama était le « déporteur en chef ». Elle ne prend pas la rue quand un conservateur ou un trumpiste sont tués par la police ou un assassin ; elle s’en réjouit même bruyamment.

    La gauche est organisée et cherche systématiquement à entraver l’action de la droite. Elle a un projet total et l’applique au pas de charge. Si elle le pouvait, elle exécuterait les moins soumis d’entre nous et rééduquerait nos enfants dans des camps ; elle l’a déjà fait, et la radicalisation de son discours montre qu’elle n’hésiterait pas à recommencer. Si Trump échouait, la réplique serait bien plus terrible que tout ce qu’il s’autorise à faire.

    Et la gauche réagit toujours sur un critère simple : quand on ne se soumet pas à ses règles. Faire le choix de n’agir que dans le cadre légal et rhétorique principalement délimité par l’adversaire n’est pas une preuve de raison, mais de soumission. Il est tragique de se persuader que faire preuve de bonne volonté, de modération ou d’ouverture est un choix qui permettra de démontrer, par notre bénévolence, que l’autre a tort car il est plus radical ; on travestit en choix la défaite.

    Comment croire que la remigration sera polie ? Que, quelle que soit la dureté ou la bienveillance dont ferait preuve un gouvernement de droite, la gauche politique et médiatique n’organiserait pas des heurts violents pour l’empêcher ? Il faudra les reins solides pour rendre leur avenir aux Français et aux Européens. Et l’on voit pourtant que, déjà, une partie de la droite chancelle à la vue d’une action déterminée outre-Atlantique. Si, effarouchée, elle combat et délégitime ce qui est nécessaire là-bas, de quel côté sera-t-elle demain ici ?

    De la volonté en politique

    Ce que Trump dit de nous, c’est que nous n’avons plus la volonté, corsetés que nous sommes par des principes et des apparences qui nous sont imposés. Les appels à la puissance se multiplient, mais celle-ci doit toujours rester mesurée, restreinte, encadrée. Or, la puissance est avant tout la capacité à définir de façon autonome le cadre de l’action, à changer les règles pour accomplir des objectifs que l’on peut viser. Il y a une antinomie formelle dans l’aspiration à la puissance pour n’en rien exprimer.

    Le droit international par exemple est largement une fiction : il n’est que le cadre défini par l’hégémon dans lequel s’exprime sa puissance et dont il peut s’émanciper à loisir, précisément car il en est à la fois la force normative (potestas) et le garant (imperium). Il est absurde de vouloir être en capacité de réaliser ce qu’a fait Trump avec Maduro si c’est pour s’interdire de le faire. Les moyens n’existent virtuellement pas s’il n’y a pas la volonté de les employer ; pas plus qu’il n’y a de réel projet de puissance sans velléité impériale.

    Il ne s’agit pas d’admirer Trump, de croire qu’il est un sauveur, un modèle, ou, plus ridicule encore, qu’il nous veut du bien. Aucun Européen lucide ne peut plus le prétendre. En revanche, il faut moquer les cris d’orfraies de la droite molle face au trumpisme, cette réaction d’honnête bourgeois conservateur se pinçant le nez face à la volonté en acte. La propension à se vautrer dans le confort moral et la conviction que nous valons mieux parce que nous sommes prêts à ne rien accomplir caractérisent assez tristement les vaincus et cocus de la droite.

    Trump ne gagne pas sur tout, c’est une évidence. Parfois, il abîme même au lieu de consolider et renforcer sa position. Il lui arrive aussi de reculer. Mais il ose, tente de s’imposer et progresse. Il pratique le pouvoir comme la gauche, avec les mêmes limites. La gauche n’a jamais reculé que temporairement, engrangeant des victoires au passage par effet de cliquet.

    La brutalité de Trump n’est que la réalité nue de la volonté appuyée sur la puissance. Elle ne s’embarrasse d’aucun faux-semblant qui ferait passer la pilule. Que fait-il qui n’ait été fait par ses prédécesseurs ? Humilier, exploiter et contraindre ses partenaires-vassaux, expulser en masse les clandestins même si certains pleurent… Ce que l’on reproche vraiment à Trump est d’avoir brisé une illusion, celle que la force et l’autorité devaient être civilisées et polies pour que les faibles puissent quand même, eux aussi, croire qu’ils sont un peu forts. Il est vain de brandir un cérémonial qui passe avec l’empire qu’il servait, comme si la forme seule suffisait à maintenir la grandeur. La réaction émotionnelle et morale à Trump est une fuite en avant dans l’impuissance et la sortie de l’Histoire.

    La morale ne fait pas une politique

    Est-ce à dire qu’il faut abolir les convenances et tout ce qui fait l’homme civilisé ? Abandonner la noblesse, la décence, la retenue ? Ou bien que nous devons docilement suivre et applaudir Trump en tout car il est l’homme fort du moment ? Certainement pas. Il n’est pas non plus question de vénérer la force excessive, aveugle ou tyrannique, pas plus que la force pour la force, sans frein ni télos.

    Mais il faut prendre conscience du message que Trump nous envoie involontairement. D’abord, il montre la volonté en action car politiquement capable, non entravée par la morale des autres quand elle empêche de faire ce qui est nécessaire ; il s’autorise à faire, à droite, ce qu’a toujours fait la gauche. Ensuite, il dit que l’éthique et l’esthétique auxquelles nous tenons sont elles-mêmes un cadre défini par la force que nous avons longuement possédée. La hauteur morale ne suffira pas à la retrouver. Elle ne pourra que jeter un voile pudique sur des ruines.

    Bastien Frimas (Site de la revue Éléments, 29 janvier 2026)

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  • Feu sur la désinformation... (547) : ICE, la "police de Trump" qui existait déjà sous Obama...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés consacrée au décryptage des médias et animée par Jean-Yves Le Gallou et Floriane Jeannin.

     

                                              

     

    Au sommaire :

    L’image de la semaine
    L’ICE et Trump : American Panic !
    Après des bavures policières à Minneapolis ayant coûté la vie à deux manifestants opposés à l’action de l’ICE, la police de l’immigration, les médias en France ont décidé de renommer cette police, la “Police de Donald Trump”. L’ICE existe pourtant depuis 2003 et a été bien plus mobilisée par Barack Obama. Mais dans la presse, Démocrates et Républicains ne sont définitivement pas à égalité !

    Le dossier du jour :
    Censure des réseaux sociaux : Contraindre les mineurs avant d’agir sur la majorité ! 
    La loi dite de "protection des mineurs aux risques des réseaux sociaux", a été largement adoptée à l’Assemblée et poursuit son parcours législatif vers le Sénat. Emmanuel Macron qui a ordonné une procédure accélérée pour mettre en application cette loi dès septembre prochain se félicite de pouvoir bientôt protéger les cerveaux de nos enfants des géants chinois et américains pour mieux croire demain en la République et ses valeurs. Il y a un an, Clara Chappaz, l’ancienne ministre du Numérique, demandait déjà le retrait des "fausses opinions". Cette mesure sur les moins de 15 ans est plus que le cheval de Troie d’une nouvelle tentative de censure des réseaux sociaux et la fin de l'anonymat sur internet.

    Les pastilles de l’info :

    Jean-Marc Morandini sur CNews, la crise est déclarée !

    Mélenchon / Marianne : qui est le facho ?

    Macron : son “fore sure” et ses lunettes ridicules font le “Buzz”

    Discrimination au logement : les propriétaires accusés de racisme

    Coup de projecteur sur le magazine Frontière

    Conclusion

    Portrait piquant : Pascal Praud...

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  • Trump contre l'Europe : le piège américain qui humilie et divise la droite européenne...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous la chronique de David Engels sur Ligne droite, la matinale de Radio Courtoisie, datée du 26 janvier 2026 et consacrée aux conséquences très négatives de l'hubris trumpienne sur la droite civilisationnelle européenne...

    Historien, essayiste, enseignant chercheur à l'Instytut Zachodni à Poznan, à l'Institut Catholique de Vendée ainsi qu'au Mathias Corvinus Collegium de Bruxelles, David Engels est l'auteur de trois essais traduits en français, Le Déclin - La crise de l'Union européenne et la chute de la République romaine (Toucan, 2013), Que faire ? - Vivre avec le déclin de l'Europe (La Nouvelle Librairie, 2024), Défendre l'Europe civilisationnelle - Petit traité d'hespérialisme (Salvator, 2024) et, dernièrement, d'un roman, Le retour du roi (Le Verbe-Haut, 2026). Il a  également dirigé deux ouvrages collectifs, Renovatio Europae - Plaidoyer pour un renouveau hespérialiste de l'Europe (Cerf, 2020) et Aurë entuluva! (Renovamen-Verlag, 2023), en allemand, consacré à l’œuvre de Tolkien.

                                                

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  • Trump : le grand piège de la droite française...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Alexandre de Galzain, cueilli sur le site de la revue Éléments et consacré au piège que constitue l'hubris trumpienne pour la droite française...

     

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    Trump : le grand piège de la droite française

    Qui défend Donald Trump aujourd’hui se place de lui-même dans le camp de l’ennemi. Nous sommes la France, nos alliés face au monde sont l’Europe – pas l’UE, l’Europe – et qui nous nuit est notre ennemi. Un an après sa prise de pouvoir, il devient pratiquement impossible pour une personne sensée de contester la dureté des attaques menées par les États-Unis d’Amérique envers notre continent, que ce soit sur le plan diplomatique, économique, stratégique, écologique ou symbolique. Menace d’invasion militaire du Groenland, moqueries constantes, mise à l’écart dans le conflit russo-ukrainien, extractivisme, droits de douane et menaces : on ne compte plus les exemples de manifestations de mépris de Donald Trump à notre égard. Or, une partie de la droite l’applaudit toujours sans réserve.

    L’attaque du Venezuela a créé chez la droite française un nouveau sursaut trumpiste. Un dictateur communiste de moins dans ce bas monde, que demander de mieux ? Enlevé au terme d’une opération presque sans bavures – « seulement » 83 morts a priori –, le kidnapping a réjoui autant les admirateurs de la force brute que les anticommunistes. Pourtant, si la fin de Maduro est un fait positif en soi, trois problèmes majeurs en découlent.

    Le premier, qui touchera directement les Vénézuéliens, c’est celui de la succession. Pour le moment, il apparaît que le pays n’a pas prévu de nouvelles élections à court terme et que Delcy Rodriguez, la vice-présidente de l’ancien dictateur, veuille en profiter pour conserver le pouvoir. Sans doute sera-t-elle sensiblement plus prudente que son prédécesseur, mais rien ne garantit pour le moment une ouverture démocratique. De même, bien que Maduro ait été largement haï à juste titre par une large part de la population, il est envisageable que la cupidité américaine puisse créer un effet de repli anti-occidental, ce qui nous emmène au deuxième point.

    Ensuite, il y a donc l’interventionnisme pétrolier des États-Unis. Pour rappel, le Venezuela détiendrait les plus grandes réserves d’or noir au monde. Leur exploitation, dans un premier temps, favoriserait sans doute le peuple qui subit la grande faiblesse des infrastructures actuellement en place. Pourtant, nul doute connaissant Donald Trump que son intérêt premier reste l’extraction de cette ressource pour servir son pays : en permettant aux grandes multinationales américaines de mettre la main sur le pétrole vénézuélien, il renforce indéniablement sa puissance commerciale et sa capacité à jouer sur les cours au niveau mondial, accroissant par conséquent la dépendance de l’Europe à son voisin d’outre-Atlantique. Sur ce dernier point, il faudra un jour écrire un article sur le devenir mafieux de l’Amérique.

    Le dernier problème soulevé par cette intervention militaire est celui de la légitimité des États-Unis à mener des opérations militaires extérieures sans le consentement d’aucune autre personne que du « POTUS » – les membres du Congrès n’ont été informés des détails de l’attaque vénézuélienne qu’une semaine après son déroulement. Il incombe donc à un seul homme, qui dit n’obéir à aucune loi sinon celle de sa propre morale, de décider de la légitimité d’un régime à rester en place. Pour ce qui est du mal que représente une dictature communiste, personne de notre camp ne le niera. Mais à ce compte, qu’est-ce qui peut bien empêcher Donald Trump de renverser les régimes cubain, colombien, algérien, égyptien, turkmène ou que sais-je, tout régime qu’il jugera mauvais ? Poursuivons l’exercice de pensée : alors qu’Elon Musk déclare chaque semaine s’inquiéter de la situation démocratique dans tel ou tel pays européen – le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, principalement –, on peut aller jusqu’à imaginer une intervention américaine sur notre sol. De même, les adeptes de la complaisance devant plus fort qu’eux jugeront-ils avec concupiscence l’écrasement de l’Europe sous le talon de la botte des GI, s’il venait à se produire ?

    D’aucuns affirment que Donald Trump serait un adepte de sa « doctrine Donroe » et ne chercherait qu’à intervenir dans sa zone d’influence. Je rappellerai donc à toutes fins utiles qu’il se vantait il y a quelques mois d’avoir mis fin à huit guerres dans le monde, qu’il avait frappé l’Iran il y a quelques mois, que son implication en Israël et en Ukraine a replacé les États-Unis au centre du jeu. Comme isolationniste, on a vu mieux, ce que lui reproche d’ailleurs largement une partie de sa base.

    Le cas du Groenland a ainsi soulevé d’inquiétantes réactions au sein de la droite française. Une part d’entre elle, souverainiste, n’a pas tardé à expliquer que le Groenland était un problème danois et qu’on ne mourrait pas plus pour Nuuk que pour Kiev ou pour Dantzig. Une autre part, libérale-identitaire, a préféré se coucher par instinct, expliquant que puisque Trump avait enterré le droit international, nous devions en faire autant ; que puisque la loi du plus fort régnait et que l’Amérique était plus forte que l’Europe, il fallait se soumettre à l’Amérique. Déjà, Donald Trump a déclaré sanctionner économiquement à hauteur de 10, puis 25 % de taxes douanières les pays qui ne soutiendraient pas son action polaire, sorte de jizya pesant sur ses ennemis.

    On se demande légitimement ce que ces gens auraient fait en 40 devant un envahisseur nazi omnipotent, et comment ils peuvent soutenir une Ukraine bien plus faible que son envahisseur russe. À suivre leur raisonnement, n’eût-il pas mieux valu que M. Zelensky offrit son pays à M. Poutine quand, une semaine après le début de la guerre, les chars russes étaient à Kiev et que l’armée ukrainienne était dix fois moins puissante ? Là, on suggère de marchander les conséquences de la défaite avant même le premier coup de semonce.

    Trump, champion de la droite ?

    S’il n’est pas conservateur – tout juste anti-trans et anti-woke –, s’il est visiblement assez peu favorable à la liberté d’expression quand elle ne va pas dans son sens, Donald Trump mène indéniablement une guerre farouche à deux menaces qui planent sur l’Europe : le gauchisme et l’immigration de masse. Autre point essentiel : à la tête de la première puissance mondiale, nul ne peut ignorer son action. Une question se pose alors : la guerre que Donald Trump mène contre ces menaces aux États-Unis est-elle bénéfique pour l’Europe ?

    Pour ce qui est de la guerre contre le gauchisme – dans son sens LFIste du terme –, il est vrai que le mouvement MAGA, largement incarné un temps par Charlie Kirk, a mené un véritable travail médiatique, rhétorique et même un peu culturel en développant ses propres « intellectuels » organiques. Le mot est à mettre entre guillemets car le niveau intellectuel des Américains étant ce qu’il est, il serait vain de lui apporter la même exigence qu’en Europe. Cela étant dit, le ralliement d’influenceurs, de personnalités célèbres, de grands patrons influents à une cause appuyée par la formidable machine de guerre qu’est le GOP (Great Old Party, soit les Républicains) a sans nul doute contribué à de nombreuses victoires. Pour le moment, on peine encore à voir les changements structurels (universités et institutions diverses), mais force est de constater qu’entre la classification des antifas comme groupe terroriste, les réformes anti-DEI (Diversity, Equity and Inclusion), l’interdiction des athlètes trans dans les compétitions sportives de leur sexe de destination, la dévalorisation sociale des études très marquées à gauche et la promotion des œuvres conservatrices, du bon travail a été fait. Il faudra sans doute s’en inspirer à l’avenir, sans la violence du langage propre à l’Amérique.

    Le sujet migratoire en revanche, est autrement plus complexe. Depuis un an, Donald Trump a commencé à mettre en place une politique de remigration massive, dont acte. Ainsi, selon le Homeland Security, plus de 600 000 expulsions ont été réalisées en 2025, soit plus du double de 2024. Des résultats satisfaisants qui, en soit, réjouissent les Américains. Ce qui les réjouit moins en revanche, c’est le comportement de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, la police aux frontières).

    Selon les derniers sondages, plus de la moitié des Américains considèrent que l’ICE rend les villes américaines moins sûres quand elle y intervient (51 % contre 31 % qui les voient comme plus sûres). Dans la même veine, la mort de Renee Nicole Good, cette Américaine tuée par un agent de la police aux frontières après un refus d’obtempérer, est vue comme un usage inapproprié de la force par une majorité d’entre eux. Même le podcasteur trumpiste Joe Rogan, écouté par des dizaines de millions de républicains, s’est récemment indigné face aux méthodes employées par l’ICE. De manière générale, la droite américaine elle-même, pourtant peu connue pour sa modération, est de moins en moins convaincue par les méthodes employées.

    Ce qui est en cause ici, ce n’est évidemment pas le principe de l’ICE en lui-même : plus de 80 % des Américains sont favorables à l’expulsion totale (31 %) ou partielle (51 %) des migrants illégaux. En revanche, le soutien à la manière d’expulser les migrants et le comportement de l’ICE s’érode de semaine en semaine, allant même jusqu’à modifier l’opinion des Américains sur la nécessité d’expulser les migrants !

    L’affaire Good est à ce titre assez évocatrice : il est manifestement difficile d’estimer si les trois tirs sont légitimes tant les paramètres à prendre en compte sont nombreux – la possibilité qu’ils le soient n’étant pas à écarter, soyons de bonne foi. Cependant, le vice-président américain JD Vance a coupé court à toutes les spéculations en déclarant péremptoirement que l’agent était dans son bon droit, et qu’il n’y aurait aucune enquête à ce sujet. Pour faire simple, l’État de droit est tout à fait enterré sur ce point.

    Le problème, c’est que cette affaire n’est pas isolée. Sur les réseaux sociaux, des dizaines, voire centaines de cas de violences policières objectives, dans des situations impliquant des agents de l’ICE bien moins litigieuses que pour Renee Good, sont relayées. On y voit des personnes non-blanches sommées de montrer leurs papiers, voire arrêtées sans raison, des « Natives » (Indiens d’Amérique) interpellés à tort, des personnes ne manifestant même pas attaquées par des agents de l’ICE se comportant pour beaucoup comme des cow-boys. Couverts par leur hiérarchie, n’ayant suivi pour certains que six semaines de formation, on les voit officier comme le ferait la police d’un régime autoritaire dans de nombreux cas. Il faut bien sûr soulever la question des manifestations gauchistes, notamment dans le Minnesota, qui gênent l’arrestation des clandestins : la faute est souvent partagée. Cependant, les cas de violences policières sont loin, très loin d’être des cas isolés : ce n’est pas faire preuve de gauchisme que de le dire, à nouveau, même les Républicains se montrent de plus en plus critiques à ce sujet.

    L’ultime argument brandi sur l’ICE sera qu’on ne peut pas faire d’omelette sans casser des œufs. La chose est évidente, mais il est toujours préférable que les œufs ne soient pas les citoyens et qu’on n’en casse pas trop pour dégoûter son propre peuple de la volonté de faire cette omelette. Ici, il n’est pas question d’excès d’expulsions, mais de chaos et d’amateurisme. Or, si Donald Trump rebute les Américains par sa politique migratoire, la conséquence nécessaire sera un rejet en miroir des Européens de ceux qui se placent dans son sillage. Mieux vaut une remigration ordonnée, efficace et appréciée qu’une action aveugle sous prétexte d’efficacité. Aujourd’hui, quelle valeur d’exemple ont les actes – pas les idées, les actes – de Donald Trump sur le sujet ? Il suffit aujourd’hui de dire : je suis contre l’immigration, pour la remigration des clandestins, mais pas de la même façon que Donald Trump, notre adversaire.

    La droite soumise

    Il y a un peu d’amour de l’humiliation dans notre pays chez cette droite. Oh, personne ne conteste la gravité de la situation de notre pays, bien sûr. Mais l’orgueil du Français ne se réveille-t-il pas en entendant le vice-président JD Vance à Munich faire l’étalage de notre faiblesse, comme le fait d’ailleurs l’ancien président russe Dimitri Medvedev ? Pourquoi se réjouit-on de l’interdiction de territoire de l’infâme Thierry Breton aux États-Unis ? Cette droite n’aime rien tant que d’entendre l’inventaire des catastrophes qu’elle attribue sans réfléchir à la gauche et au centre : il sert bien son discours. Et pourtant, comment ne pas ressentir de la gêne à raconter au monde entier que Paris est devenue une ville-poubelle tiers-mondisée, que nous sommes sur le point d’entrer en guerre civile, que nos finances s’écroulent, que l’industrie s’en va ou que sais-je ? D’aucuns se sentent comme galvanisés par l’étalage de notre décrépitude. Ils répètent à qui veut l’entendre : « Nous sommes faibles. » Or, qu’on le martèle, il n’y a pas un gramme de patriotisme dans ce discours. Lavons notre linge sale en famille. On a parfois l’impression de lire les partisans français de Vladimir Poutine qui, constatant qu’un dirigeant politique mène une action autoritaire partageant certaines de leurs convictions, sont prêts à lui faire allégeance quand bien même il menacerait notre intérêt.

    Donald Trump n’est pas là pour sauver ni l’Europe, ni l’Occident, ni le monde. D’ailleurs, j’attends encore que l’on m’explique quel intérêt les États-Unis ont-ils à annexer le Groenland alors qu’ils ont déjà la possibilité d’y déployer autant de soldats que voulu et d’y extraire des minerais autant qu’ils le souhaitent. Alors, pourquoi Trump veut-il à ce point l’annexer ? Dans un entretien récemment accordé au New York Timesdans lequel on lui demandait pourquoi cette annexion était à ce point indispensable, il répondait : « Parce que c’est ce dont j’ai psychologiquement besoin pour réussir. » Annexer le territoire d’un allié pour des raisons psychologiques, est-ce donc cela, la droite ? Une offre à 700 milliards de dollars a même été proposée au Danemark, ce qui signifie que Donald Trump est prêt à dépenser cette somme pour un « besoin psychologique ». Dans le même style, le 47e Président a tout récemment envoyé une lettre au Premier ministre norvégien, expliquant que puisqu’il n’avait pas reçu son Prix Nobel, il ne se sentait aucune obligation de « penser purement en termes de paix ». Quel modèle pour la droite !

    Le culte de la personnalité qui se met petit à petit en place aux États-Unis est d’ailleurs, au-delà d’être passablement inquiétant, assez évocateur quant aux ambitions réelles de son dirigeant. En fait, Donald Trump ne défend même pas les intérêts des États-Unis : il défend son intérêt propre – encore et toujours, marquer l’Histoire à tout prix, en « rendant sa grandeur à l’Amérique ».

    Le phénomène interroge cependant. Pourquoi autant battre sa coulpe chez les « patriotes », si ce n’est parce qu’on ne se sent aucune responsabilité dans la situation actuelle et qu’on cherche à la fois un coupable et un sauveur ? Or, si la culpabilité appartient aux dirigeants politiques, économiques et culturels de ces dernières décennies, la responsabilité, elle, est collective. Certains ont dédié leur vie entière au combat pour une France meilleure. Ils ne se sentiront pas visés par ces propos.

    Que la droite cesse un peu de se passionner pour les dirigeants étrangers. Un siècle plus tôt, des membres d’Action française ou d’autres mouvements nationalistes commettaient précisément l’erreur de regarder avec fascination l’Italie mussolinienne ou l’Allemagne hitlérienne, dépité par la démocratie parlementaire radicale : Trump n’est certes pas Hitler, mais le principe aujourd’hui est le même. Ceux qui se soumettront deviendront les traîtres à la France : déjà, on voit de façon grotesque les centristes se faire les chantres de l’indépendance nationale face à une gauche tiers-mondiste et une droite encore trop soumise. Je rappelle qu’alors, parmi les nationalistes, beaucoup résistèrent. C’est d’eux qu’il faut nous inspirer, pas des « réalistes » d’alors qui nous menèrent au fond du gouffre. Cela, je l’évoquais déjà il y a six mois dans un article écrit chez Causeur.

    Mais revenons à l’essence du problème.

    Le problème du culte de la force

    Depuis quand des États-Unis en bonne santé sont-ils une bonne nouvelle pour les intérêts européens et français ? Voilà des décennies que les souverainistes, à juste titre, condamnaient la mainmise américaine sur notre continent et sur la France, le chantage à l’industrie militaire, l’exemple d’Alstom ou de l’espionnage de la NSA en étant de bons représentants. Un affaiblissement américain signifierait en réalité plus probablement un pétrole et un gaz moins chers, des droits de douane moins élevés, une reprise en main de l’Europe sur ses domaines de prédilection comme l’automobile, l’aviation, le tourisme, le luxe, la défense et bien d’autres. Voilà des décennies que l’Europe peine à reprendre son destin en main, et l’influence américaine manipulatrice ou offensive selon les « POTUS » n’y est sans doute pas pour rien.

    J’entends que l’on se fasse le défenseur de l’« Occident », de l’amitié franco-américaine. Mais alors, comment penser que l’homme qui menace tous les mois notre continent, souhaite s’emparer du territoire d’un allié, nous taxe et impose une jizya soit aujourd’hui un partenaire fiable auquel il faudrait se soumettre ?

    C’est là le problème du culte de la force. La loi du plus fort est un principe simple : plus on est fort, plus on a la capacité d’imposer sa volonté à l’autre. Elle est une évidence en relations internationales. Le culte de la force est autre chose : c’est la mise en place d’une pyramide alimentaire dans laquelle le fort domine le faible. La nuance est importante, car, dans le premier cas, il s’agit simplement d’un constat que l’on peut d’ailleurs retrouver dans toutes les guerres : à la fin, c’est le plus fort qui l’emporte. Dans le second cas, le plus faible doit se soumettre au plus fort. Sur l’exemple de l’Ukraine, la loi du plus fort dispose que l’Ukraine doit devenir plus forte, de façon militaire ou diplomatique, pour l’emporter ; le culte de la force eût exigé qu’elle se rende dès le départ.

    Sur le Groenland, le culte de la force demanderait qu’on le cédât en en tirant quelques avantages, la loi du plus fort voudrait que l’on trouve un moyen d’inverser le rapport de force pour empêcher sa perte. On peut ici relever en embryon de solution une constante chez Donald Trump : alors qu’il refuse toujours de s’enliser dans de longs conflits coûteux comme l’Afghanistan, on a bien de la peine à l’imaginer tuer des soldats européens si faible que soit leur nombre. Les conséquences seraient trop graves. Tous disent : « Cela prouve bien qu’à la fin, il n’y a que la FORCE qui compte. » Or, le fort s’affaiblirait trop ici en nous attaquant : il perd déjà des alliés à mesure que les semaines passent, et ce faisant, il perd aussi des soutiens dans son propre camp. Le mauvais usage de la force rend souvent vulnérable. Cela ne signifie pourtant par qu’il faille rejeter la force, bien au contraire. Pourtant, on aimerait, en temps de crise, entendre la droite appeler au renforcement avant l’asservissement. La réponse à notre faiblesse n’est pas la nécessité de notre soumission, mais l’urgence de notre montée en puissance.

    Passer du campisme à l’espérance

    Nombreux sont ceux qui considèrent qu’il ne faudrait jamais critiquer son propre camp car ce serait l’affaiblir. L’histoire leur donne tort : c’est parce que le camp national a fait son autocritique qu’il est passé de 13 à 20 % aux élections, c’est parce qu’il a fait son autocritique qu’il est passé de 20 à 44 %. D’autres arguent que c’est la radicalité – au sens commun du terme – qui nous permettra de l’emporter. Est-ce en se radicalisant que le RN a triplé son électorat ? C’est en se radicalisant que La France insoumise s’est marginalisée à gauche, que la gauche a perdu l’ascendant moral et intellectuel qu’elle avait. Il ne s’agit pourtant pas de devenir centriste, mais de permettre aux centristes de trouver l’action de la vraie droite suffisamment acceptable pour l’emporter. Ne perdons pas de temps à essayer de convaincre la gauche militante qui nous haïra toujours : consacrons-nous à bâtir un projet – même radical – qui puisse paraître attrayant pour le peuple majoritaire.

    La droite, particulièrement en France, s’attache encore à son idéal d’homme providentiel. Exaspérée par la médiocrité du personnel politique qui la représente, elle agit comme un orphelin battu qui verrait une figure paternelle dans chaque homme qui le gifle. C’est parce qu’elle ne croit plus dans la politique que cette droite adule Trump. Alors, elle se met à genoux. Devant Poutine il y a dix ans, devant la guerre menée par Netanyahou il y a deux ans, devant Trump aujourd’hui.

    C’est d’ailleurs toujours la même phrase : « Lui au moins, il défend son pays. » Dans la même veine, une figure souverainiste déclarait récemment que Maduro avait beau être autoritaire, son taux de popularité était supérieur à celui de Macron. Avec ce raisonnement, nul doute qu’une telle droite aurait défendu Staline en son temps. Mais par-delà ces mots, il y a un désespoir tremblant de ne voir aucun mouvement se dédier tout à fait à la défense du pays, un sentiment d’abandon de la part des « grands serviteurs de l’État » d’autrefois, et toujours sans doute un défaut d’incarnation au sein même de notre camp. Au fond, qui croit vraiment que l’un des partis en lice « sauvera le pays » ?

    Le manque d’espérance conduit au réalisme, à la froideur, à l’amoralité, voire l’immoralité. À quoi bon être les gentils dans l’affaire, si ce ne sont pas les gentils, mais les plus forts qui l’emportent ? À quoi bon les règles, à quoi bon la morale ? Sans espérance, sans esprit de conquête, nous nous enfermons dans un bunker, dans l’esprit de résistance qui autorise tout, et ce alors même que nous ne sommes plus en résistance, mais en conquête.

    On me répondra là encore que la gauche, elle, se permet tout : mais précisément, c’est parce qu’elle se permet tout qu’elle ne l’emporte pas. Sa violence, sa passion du chaos, son affection pour l’outrance permanente sont sans doute jalousables parce qu’ils nous sont interdits à nous, mais aussi une chance parce qu’ils nous interdisent l’inutile excès. Des libertés sont sans doute à conquérir, mais que les militants se souviennent toujours qu’ils sont des militants, et que le peuple n’est pas militant.

    L’idéal aristocratique, essence de la droite, prône la force, l’amélioration constante, le service du faible, la noblesse, la chevalerie, la défense du bien et de sa capacité à faire le bien. Soyons-y fidèles. N’ayant pu faire que le fort soit juste, faisons que le juste soit fort.

    Alexandre de Galzain (Site de la revue Éléments, 22 janvier 2026)

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  • Les lumières sombres...

    Les éditions Gallimard viennent de publier un essai d'Arnaud Miranda intitulé Les lumières sombres - Comprendre la pensée néoréactionnaire. Docteur en théorie politique, chercheur associé au Cevipof, Arnaud Miranda enseigne depuis 2019 l'histoire des idées politiques et la philosophie à Sciences Po, à l'université Versailles-Saint-Quentin et à l'Institut catholique de Paris.

     

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    " Au cours des années 2010 et 2020, aux États-Unis, une nouvelle contre-culture de droite radicale s'est développée sur internet. Ses figures centrales, comme Curtis Yarvin ou Nick Land, écrivent le plus souvent sous pseudonymes, sur des blogs et sur les réseaux sociaux. Ils ont donné à ce mouvement son nom, la "néoréaction", ou encore les "Lumières sombres". Les idées qu'ils défendent sont à la fois anciennes et hypermodernes : détruire la démocratie, établir une monarchie, diriger l'État comme une entreprise, rétablir les inégalités entre hommes et femmes, affirmer les différences entre patrimoines génétiques... D'abord marginaux, ils ont peu à peu obtenu le soutien de certains milliardaires de la Silicon Valley, et leur audience n'a cessé de s'élargir depuis. Avec la victoire de Donald Trump en novembre 2024, ils estiment avoir désormais les mains libres pour faire de l'Amérique le laboratoire de leurs vœux les plus fous. Cette première analyse met en lumière l'originalité des néoréactionnaires tout en les inscrivant dans l'histoire longue des idées. Elle donne à lire leurs textes et permet de prendre la mesure de ce qui pourrait bien, si nous n'y prenons garde, devenir notre futur."

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  • Alain Juillet : Il faut réformer l'Union européenne...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un entretien donné par Alain Juillet à Régis Le Sommier pour Omerta, dans lequel il évoque la fragilité de l'Union européenne.

    Alain Juillet a été Haut responsable chargé de l’intelligence économique auprès des premiers ministres de 2003 à 2009 (Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin et François Fillon), après avoir été, notamment, officier au service Action du SDECE, cadre dirigeant dans plusieurs entreprises du secteur privé et directeur du renseignement à la DGSE.

     

                                             

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