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  • Feu sur la désinformation... (505) : Face à la paix de Trump, des médias pro-Zelensky, va-t-en-guerre et irresponsables ?...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés consacrée au décryptage des médias et animée par Jean-Yves Le Gallou et Floriane Jeannin.

     

                                               

    Au sommaire cette semaine :

    L'image de la semaine : les cérémonies des César et des Oscars où l'entre-soi et les navets wokes se côtoient et où le cinéma français semble s'éloigner des préoccupations du public. Avec un focus sur le film qui a retenu toutes les attentions et un grand nombre de prix : “L'Histoire de Souleymane”, un jeune migrant, livreur, qui attend d’être régularisé, mis en abîme par Abou Sangaré, lui-même migrant anciennement sous OQTF...

    Dossier du jour : retour sur le clash entre Trump et Zelensky, et les implications pour l'Ukraine et l'Europe. Décryptage des discours des journalistes et des politiques français va-t-en-guerre qui tentent de façonner l'actualité internationale...

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    Pastilles de l’info:

    • Luchini se paye les médias de gauche
    • L’avocat du policier dans l’affaire Nahel monte au front
    • Homo-politcus et homosexualité : Luc Ferry en roue libre sur LCI !
    • Xavier Niel : les dossiers sur le minitel rose ressortent
    • TPMP se réinvente sur internet, sur les box !
    • Sur France 2 Nagui se fait le chantre de la voiture électrique et de la leçon de morale
    • Dechavanne démissionne en direct

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    Portrait piquant (en partenariat avec l’OJIM) : Gilles Bouleau, un arbitre qui fait parfois du sale boulot !...

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  • Feu sur la désinformation... (504) : Macron face humilié par Trump ?...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés consacrée au décryptage des médias et animée par Jean-Yves Le Gallou et Floriane Jeannin.

     

                                      

    Au sommaire cette semaine :

    L'image de la semaine : Pierre-Alain Cottineau, un scandale pédocriminel à bas bruit médiatique...

    Dossier du jour : Qu’a vraiment obtenu Macron pour la France et l’Europe? Si certains affirment qu’il a “retourné” Donald Trump en le contredisant avec fermeté, d'autres affirment au contraire que cette rencontre révèle les tensions entre la France et les États-Unis...

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    Pastilles de l’info:

    • Roumanie : Calin Georgescu : le candidat populiste sous contrôle judiciaire
    • Élections allemandes : montée de l’AfD, la fin du modèle Merkel ?
    • LCI : guerre et “optimisme"… vraiment ?
    • L’ARCOM dans le viseur de C8 après des propos "off" au restaurant
    • Jean-Michel Aphatie : voix de l’Algérie
    • Des policiers pourchassés… à la Tour Eiffel !

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    Portrait piquant (en partenariat avec l’OJIM) : Jean-Michel Aphatie...

     

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  • Feu sur la désinformation... (503) : Vance, le discours qui dérange...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un nouveau numéro de l'émission I-Média sur TV libertés consacrée au décryptage des médias et animée par Jean-Yves Le Gallou et Floriane Jeannin.

     

                                              

    Au sommaire cette semaine :

    L'image de la semaine : C8 : la chaîne interdite, contrainte de cesser d’émettre...

    Dossier du jour : JD Vance, un vent de liberté face à l’Europe des oligarchies...

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    Pastilles de l’info:

    • La famille et les enfants au cœur de la communication américaine
    • La lutte contre Musk et Trump s’organise…
    • Zelensky : les petites phrases de fin de règne ?
    • Elias : le meurtre à la machette dont les médias ne parlent pas
    • Drogue : députés et journalistes depuis les tests d’Elise Lucet, ça raille

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    Portrait piquant (en partenariat avec l’OJIM) : Daniel Kretinsky, l’oligarque médiatique qui étend son empire à la TNT...

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  • Ukraine : l'Union européenne humiliée ?...

    Le 18 février 2025, Liselotte Dutreuil recevait Mériadec Raffray , journaliste à Valeurs actuelles, pour évoquer avec lui les négociations russo-américaines à Riyad sur la question de l'Ukraine.

     

                                           

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  • Qu’est-ce que l’USAID, cette énième agence du « soft power » américain  ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un article de François-Xavier Consoli cueilli sur le site de la revue Éléments et consacré à l'USAID, agence d'influence américaine que compte démanteler l'administration Trump, aux grand désarroi des innombrables organismes et officines qu'elle finançait à travers le monde et notamment en Europe...

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    Qu’est-ce que l’USAID, cette énième agence du « soft power » américain  ?

    Entité typique de la guerre froide, « l'Agence des États-Unis pour le développement international » (United States Agency for International Development), est un peu le visage « humanitaire » du pays de l'Oncle Sam. Créée en 1961 par le président John Fitzgerald Kennedy, l'USAID s'inscrit dans la continuité du Plan Marshall, destiné à l’Europe, mais avec une perspective « d'aide économique et humanitaire » étendue au monde entier. Au cours des décennies qui ont suivi, républicains et démocrates se sont affrontés au sujet de cette agence, des ses objectifs, et de son financement. Elle est désormais sur la sellette.

    Ce mardi 12 février, l’inspecteur général de l’USAID, Paul Martin, s’est fait éjecter manu militari de son poste, sur ordre de la Maison Blanche. Un licenciement intervenant un jour après la mise en garde de l’inspecteur général de l’agence où il s’en prend vertement au président Donald Trump et au nouveau responsable du Département de l’Efficacité gouvernementale (Department of Government Efficiency /DOGE), Elon Musk, notamment quant à la gestion des 8,2 milliards de dollars de fonds humanitaires inutilisés, après cette énorme secousse qui vient frapper l’agence d’aide au développement. Le patron de X s’est d’ailleurs illustré sur son réseau en expliquant : « L’USAID est une organisation criminelle », l’accusant de « mener les basses œuvres de la CIA ».

    Précédemment à ce limogeage tonitruant, l’administration Trump est venue purger plus d’une douzaine d’inspecteurs généraux après la fracassante annonce du gel d’une partie importante de son aide internationale, en ce début de mois de février 2025. Des dizaines de hauts fonctionnaires mis en congé, des milliers de contractuels licenciés, des programmes à l’arrêt, des bénéficiaires poussant des cris d’orfraie… Une véritable bascule dans la logique interventionniste américaine, bouleversant un réseau pléthorique d’associations et filiales installées dans le monde entier.
    Ce gel brutal de l’aide étrangère par l’administration américaine oblige également les fournisseurs et les entrepreneurs américains de l’USAID à procéder à des licenciements massifs, dont 750 dans une entreprise, Chemonics International 1, basée à Washington.

    « On ne saurait exagérer l’impact de cette conduite illégale : sur les entreprises, grandes et petites, contraintes de mettre fin à leurs programmes et de licencier leurs employés ; sur les enfants affamés du monde entier qui n’auront rien à manger ; sur les populations du monde entier confrontées à des maladies mortelles ; et sur notre ordre constitutionnel », ont déclaré les entreprises et les organisations américaines touchées par cette décision. Les « enfants affamés » ont toujours bon dos…

    Recours en justice

    Une organisation représentant 170 petites entreprises américaines, de grands fournisseurs, une association d’avocats, l’American Bar Association 2 et d’autres se sont rassemblés pour un recours en justice. Celui-ci a été déposé devant le tribunal du district de Washington contre le président Donald Trump, le secrétaire d’État Marco Rubio, l’administrateur adjoint par intérim de l’USAID, Peter Marocco, nommé par Trump, et Russell Vought, le directeur du Bureau de la gestion et du budget de Trump.

    Mais au fond, qu’est-ce que l’USAID ?

    Kennedy a créé l’USAID au plus fort de la guerre froide qui opposait alors les États-Unis à l’Union Soviétique. Ce dernier souhaitait ainsi mettre en place un moyen plus efficace de contrer l’influence soviétique dans le monde par le biais de l’aide étrangère et considérait que le département d’État était limité dans ses moyens d’action par sa bureaucratie. Le Congrès a adopté la loi sur l’aide à l’étranger et Kennedy présentait alors l’USAID comme une agence indépendante. Cette création s’inscrit dans la continuité du Foreign Assistance Act, promulgué le 4 septembre 1961, une loi régissant la politique d’aide internationale qui vient définir les principes politiques et idéologiques de l’aide étrangère des États-Unis, remanie et réorganise de manière significative la structure des programmes d’aide, établissant une distinction juridique entre l’aide militaire et l’aide non militaire. C’est en vertu de cette même loi que le président Joe Biden, le 16 mars 2022,  a autorisé une nouvelle aide à la sécurité de 800 millions de dollars pour l’Ukraine. Cette disposition juridique subtile est donc d’une redoutable efficacité pour le soft power américain.

    L’USAID a survécu à l’Union soviétique, qui s’est effondrée en 1991. Aujourd’hui, les partisans de l’USAID affirment que l’aide américaine aux pays contrecarre l’influence russe et chinoise tandis que ses détracteurs affirment que ces programmes sont inutiles, et qu’ils ne correspondent plus  à la politique non-interventionniste préconisée par l’administration Trump. Le financement des agences des Nations Unies, y compris les agences de maintien de la paix, des droits de l’homme et des réfugiés, a toujours été la cible des administrations républicaines. La première administration Trump avait déjà pris des mesures pour réduire les dépenses d’aide étrangère, en suspendant les paiements à diverses agences de ces mêmes Nations Unies, y compris ses fonds pour la population et le financement de l’Autorité palestinienne. Au cours du premier mandat de Donald Trump, les États-Unis se sont retirés du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et de leurs obligations financières à l’égard de cet organe.

    Quelques exemples de l’implication de l’USAID au sein de différents programmes de santé, de développement économique, de gouvernance, ou d’environnement pour y voir plus clair :

    -Lutte contre le VIH/SIDA : Via des initiatives comme le PEPFAR (President’s Emergency Plan for AIDS Relief), l’USAID a soutenu des programmes de prévention, de traitement, et de soutien aux orphelins et enfants vulnérables.

    -Planification familiale : projets visant à augmenter l’accès aux services de planification familiale de qualité.

    -Développement de l’énergie : à travers l’initiative Power Africa, l’USAID a soutenu le développement de nouvelles sources d’énergie, notamment en aidant à des transactions énergétiques en Côte d’Ivoire.

    -Promotion des droits humains : soutien à des ONG pour défendre les droits de l’homme, dans les Balkans dans les années 1990 notamment, ou en Russie.

    -Stratégies climatiques : financement de projets pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation au changement climatique.

    Les exemples sont pléthoriques. Personne au monde, évidemment ne s’offusquerait de ses programmes d’aide au développement, qui semblent, à première vue, contribuer à l’amélioration du sort des populations prises en charge. Mais il existe une face sombre à ces aides, car un interventionnisme international sur une durée aussi longue ne peut se garder de quelques critiques. Par exemple :

    Bolivie, en 2013, le président Evo Morales expulse l’USAID, accusant l’agence de manipuler des dirigeants et de soutenir financièrement des groupes d’opposition, y compris des organisations séparatistes à Santa Cruz. Au Nicaragua, l’USAID a été associée à des opérations de soutien à l’opposition aux régimes marxistes ou « anti-américains », notamment dans les années 1980 avec des projets de pacification qui servaient aussi de couverture pour des actions de contre-insurrection de la CIA. Au Chili, l’agence a été impliquée dans des projets liés à des efforts de la CIA pour soutenir des coups d’État, notamment pendant l’ère Pinochet. En Ukraine, l’USAID a été accusée d’avoir financé des initiatives qui ont contribué aux événements du Maïdan en 2014, avec des accusations de soutien à des groupes politiques pour déstabiliser le gouvernement en place. Des personnalités comme Victoria Nuland ont été mentionnées dans ce contexte par des observateurs. Toujours en Ukraine, mais aussi Serbie ou Kirghizistan, l’USAID, via des ONG comme Freedom House, a financé des formations pour soutenir des « révolutions colorées », visant à renverser des régimes jugés hostiles aux États-Unis. Au Vietnam, durant le conflit, les fonds de l’USAID étaient utilisés pour financer des projets de développement qui faisaient partie de la stratégie de pacification, visant à contrer le soutien populaire au Viet Cong. Ou encore en Russie, qui expulse l’USAID en 2012, accusant l’agence de financer des ONG pour influencer la politique interne russe, notamment dans des régions sensibles comme le Caucase du Nord.

    Au total, selon un rapport publié le mois dernier par le Congressional Research Service, les États-Unis ont dépensé environ 40 milliards de dollars en aide étrangère pour l’année fiscale 2023. Les États-Unis sont le premier fournisseur d’aide humanitaire au monde, bien que d’autres pays y consacrent une part plus importante de leur budget. Dans l’ensemble, l’aide étrangère représente moins de 1 % du budget des États-Unis. Mais elle demeure un levier d’influence non négligeable.

    Une tirelire gouvernementale pour les causes d’extrême gauche

    Après l’annonce du démantèlement de l’USAID, les libéraux sont montés au créneau. Des manifestants versant des larmes de crocodile se sont même rassemblés devant le siège de l’organisation à Washington pour condamner le président Trump. Certains responsables démocrates, comme la députée Ilhan Omar du Minnesota et le sénateur Chris Van Hollen du Maryland ont également dénoncé cette liquidation de l’USAID.

    Pour d’autres, comme Nayib Bukele, président du Salvador, il ne s’agit pas d’y aller avec le dos de la cuillère : « Alors qu’ils sont présentés comme un soutien au développement, à la démocratie et aux droits de l’homme, la majorité de ces fonds sont acheminés vers des groupes d’opposition, des ONG aux agendas politiques et des mouvements déstabilisateurs », a-t-il écrit sur X.

    Selon lui, en 2021, l’administration Biden a utilisé l’agence pour soutenir un mouvement de protestation communiste s’opposant au gouvernement. Il en veut pour preuve des messages WhatsApp de fonctionnaires de l’agence, venant corroborer ses propos quant à l’ingérence américaine dans le processus démocratique de son pays.

    Après une rencontre avec Bukele à San Salvador, le secrétaire d’État Marco Rubio a exprimé la même frustration à l’égard de l’USAID. Il a déclaré que les objectifs de la politique étrangère de l’America first du président Trump étaient sapés par « des agents malhonnêtes au sein de la bureaucratie. »

    S’appuyant sur un audit réalisé par une équipe de jeunes prodiges réunie sous la houlette d’Elon Musk, nombreux programmes et financements de l’USAID ont été mis en lumière. Un écheveau d’associations, groupes et autres partenariats, distribuant pléthore de dollars. Ainsi, la Maison Blanche a pu dresser une liste de ces aides étrangères, dont certaines confinent à l’absurde : 5,5 millions de dollars pour les causes LGBTQ en Ouganda, 1,5 million de dollars pour l’inclusion sur le lieu de travail en Serbie, 7,9 millions de dollars pour lutter contre le « langage binaire » au Sri Lanka, 6,3 millions de dollars pour une étude sur la santé sexuelle des hommes en Afrique du Sud, 20 millions de dollars pour la production d’une version locale du programme télévisé pour enfant, Sesame Street, en Irak, 47 000 dollars pour un opéra transgenre en Colombie, 32 000 dollars pour une bande dessinée transgenre au Pérou, 2 millions de dollars pour « l’activisme LGBT » au Guatemala, ou encore 70 000 dollars pour une comédie musicale « Diversité Équité et Inclusion » en Irlande.

    Près de 200 millions de dollars de dépenses douteuses de la part de l’USAID, ont été ainsi mis à jour par l’administration Trump. Et l’une d’elle, 10 millions de dollars alloués à la distribution de repas destinés à des groupes liés à Al-Qaïda, passe très mal..

    La course contre le gaspillage menée par Elon Musk pourrait donc mettre l’USAID définitivement sur la touche.

    François-Xavier Consoli (Site de la revue Éléments, 17 février 2025)

     

    Notes :

    1 – Chemonics International est une société de conseil et de développement international, ayant reçu certains des plus gros contrats d’aide du gouvernement américain dans les domaines suivants : agriculture, conflits et crises, démocratie, développement économique, éducation, énergie, gouvernance, soins de santé et chaîne d’approvisionnement, commerce international, micro-finance, développement durable, eau, réforme de l’aide sociale et programmes pour la jeunesse. Cette société a travaillé sur des projets dans plus de 150 pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe, d’Amérique latine et des Caraïbes, et du Moyen-Orient.

    2 – L’American Bar Association (ABA) est une association d’avocats dits « bénévoles » et d’étudiants en droit américaine. D’envergure nationale, elle n’est pas spécifique à une seule juridiction. Fondée en 1878, elle se donne pour objectif, comme énoncé dans ses statuts « le progrès de la science de la jurisprudence, la promotion de l’administration de la justice et l’uniformisation de la législation dans l’ensemble du pays… »

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  • Benoît Chervalier : « Ne soyons pas trumpistes, mais soyons courageux et audacieux. »

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Benoît Chervalier, cueilli sur Figaro Vox et consacré à la politique de Trump qui privilégie l’intérêt des États-Unis, pour le service exclusif du peuple américain. Benoît Chervalier est chef d'entreprise et enseignant à l'ESSEC.

     

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    Et si Donald Trump était un gaulliste qui s’ignore ?

    Mettre sur la même photo le Général de Gaulle, personnage emblématique de l’histoire de France, respecté pour son courage, sa droiture et une certaine idée de son pays, et Donald Trump, magnat de l’immobilier controversé et président réélu des États-Unis peu adepte des nuances et de culture, peut paraître osé, voire incongru. Pourtant, à y regarder de près, Trump pourrait bien être gaulliste sans le savoir, avec son discours sur la grandeur (au nom de la grandeur passée : « great again ») et son souci constant de l’intérêt des États-Unis, pour le service exclusif du peuple américain.

    Malgré la violence verbale et la brutalité des premières annonces de Trump, sa présidence amène le monde, l’Europe et la France en particulier, à s’interroger sur des choix fondamentaux dans les domaines constitutionnels, économiques et politiques que les gouvernements successifs ont effectués, consciemment ou non, depuis près de 50 ans.

    Trump a décidé de s’attaquer frontalement, nominalement, juridiquement et financièrement à la Cour pénale internationale, un organe judiciaire supranational reconnu par 126 États, mais ignoré par les nouvelles puissances telles que la Chine, l’Inde, l’Indonésie, la Russie, la Turquie ou les États-Unis. Beaucoup de pays et de juristes s’en émeuvent. Pourtant, cette décision soulève une question politique majeure : les décisions d’une organisation ou juridiction internationale peuvent-elles être supérieures au droit national ?

    La France, avec l’évolution de la jurisprudence du Conseil d’État et le fameux arrêt Nicolo en 1989, a reconnu la supériorité du droit international sur le droit national. Cela s’est accompagné de transferts de souveraineté. De Gaulle, en 1966, n’hésita pas à jouer la chaise vide, estimant que le compte n’y était plus, et s’était toujours opposé à toute forme de supranationalité. C’est le ressort profond du Brexit. C’était l’un des messages du référendum de 2005, qui a été ignoré : reprendre le manche pour que le seul intérêt souverain prime. La montée de tous les populismes en Europe et aux Etats-Unis est la traduction politique de cette mise à l’écart.

    Trump a également choisi de faire du chantage à ses partenaires commerciaux, notamment la Chine, le Canada et le Mexique, en augmentant les droits de douane arbitraires, estimant que le compte n’y était plus pour le citoyen américain. Il provoque ouvertement son voisin en invitant le Canada à rejoindre les États-Unis, ce qui aurait des conséquences politiques et institutionnelles auxquelles l’administration américaine n’a sans doute même pas pensé. De Gaulle ne changea-t-il pas les codes de la communication politique, lui qui parla d’un Québec libre ? La manière de faire de Trump et les mots qu’il choisit peuvent heurter, mais, là encore, l’essentiel réside ailleurs : il défend avant tout l’intérêt de ceux qui l’ont élu. Qui peut nier que les États-Unis affichent de larges déficits commerciaux avec leurs principaux partenaires ? Qui peut dénier le droit de reprendre le volant lorsque la trajectoire n’est plus la bonne ? La méthode et les choix de Trump sont discutables, mais ils ont le mérite de faire bouger les lignes. Les Européens et les Français attendent à leur tour une reprise en main de leur destin.

    Trump a aussi pris la décision de sortir de l’Organisation mondiale de la santé. Bien que cette décision puisse être largement contestée, car cette organisation est par essence au service du bien commun, elle soulève néanmoins une question sous-jacente d’une ampleur tout autre : l’adhésion d’un pays à une organisation sert-elle ou non ses intérêts ? En attaquant également l’Agence de développement américaine (USAID), l’administration Trump invite à dépasser le cadre national et à réfléchir à l’utilité et à l’efficacité du système multilatéral tel qu’il existe aujourd’hui, appuyé sur ces institutions internationales. Servent-elles réellement l’intérêt de la France et de l’Europe ?

    Il serait erroné de considérer que Trump est le seul « bad guy ». Les États-Unis, qu’ils soient dirigés par des démocrates ou des conservateurs, sont mus par leur intérêt national. Ainsi le président Obama avait-il refusé de rejoindre la Banque internationale asiatique pour les infrastructures, créée en 2014 par la Chine, estimant que c’était une organisation alternative aux institutions de Bretton Woods. Les pays européens, quant à eux, ont préféré pour des raisons diverses monter dans ce train. Des pays comme la France ou l’Allemagne ont rejoint cette institution pour un coût élevé (un milliard d’euros fut déboursé à cette fin par les contribuables français), et pour un bénéfice politique et institutionnel qui peut être discuté.

    Au-delà de cette organisation, la France est souvent prisonnière de son universalisme atavique et de son ambition d’être une puissance d’équilibre. En voulant être partout, on finit par être nulle part, surtout dans un environnement budgétaire de plus en plus contraint. Rien ne sert de courir sur toutes les balles, il faut savoir gagner des points (et surtout des matchs). Il est donc essentiel d’évaluer les coûts et les bénéfices de nos décisions, en ayant une vision claire de leurs effets directs et induits. Le tableau global pour la France et pour l’Europe doit être nuancé, mais les évolutions sont rapides et la trajectoire nous est défavorable, particulièrement du fait de notre démographie et de nos performances économiques médiocres.

    Cette approche doit conduire la France, ainsi que l’Europe, à mener une analyse lucide sur les organisations et institutions dont elle est membre ou actionnaire, et qui coûtent cher au contribuable ou génèrent des normes contraignantes. Il ne s’agit sûrement pas de jeter le bébé avec l’eau du bain. La France n’est pas les États-Unis, et Trump n’est pas de Gaulle. « Ne soyons pas trumpistes, mais soyons courageux et audacieux. »

    Il est temps de remettre ces questions fondamentales sur la table, d’affronter la réalité et de faire des choix clairs que nous devons assumer pour dessiner la trajectoire politique et historique que le pays souhaite suivre, et en exposer clairement les enjeux au peuple souverain.

    Benoît Chervalier (Figaro Vox, 14 février 2025)

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