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  • Enquêtes médiatiques sur le « clan Trump » : quand la géopolitique devient un business familial...

    Nous reproduisons ci-dessous un article de synthèse d'André Archimbaud cueilli sur le site de l'Observatoire du journalisme et consacré aux bonnes affaires du clan Trump...

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    Enquêtes médiatiques sur le « clan Trump »: quand la géopolitique devient un business familial

    La présidence Trump a déjà ses zones d’ombres : errements depuis l’assassinat de Charlie Kirk, affaire Epstein minorée… autant d’ailleurs que l’enquête sur les deux tentatives d’assassinat dont Donald Trump a été la cible. Mais elles ne s’arrêtent pas là : serait-il notamment possible que les politiques américaines, de paix comme de guerre, soient essentiellement alignées sur les intérêts financiers du clan Trump, quitte à contrevenir à ceux des Américains ou même de Benjamin Netanyahou ?

    Pour les opposants au président, la corruption est déjà flagrante. Les médias américains ont commencé à creuser, pour apprécier l’enrichissement du « clan » trumpien et son modus operandi, en particulier depuis la dernière élection. Faute de vérité absolue, une multitude d’indices ou de pistes se sont ouvertes.

    Un enrichissement sans précédent pour une famille présidentielle en exercice

    De 2024 à cette année, le patrimoine net de Donald Trump est passé de 2,3 à 6,5 milliards de dollars, indiquait ainsi le magazine Forbes en mars 2026. Des chiffres analogues à ceux du Wall Street Journal en décembre 2025, et du New Yorker au début 2026, qui évoquent eux aussi quatre milliards de dollars de gains nets en valeur sur papier générés par les seules structures lancées par Trump depuis l’élection de 2024. « Son second mandat, en revanche, s’annonce marqué par une soif de pouvoir insatiable », écrit David K. Kirkpatrick dans le New-Yorker. Et il n’est visiblement pas le seul.

    On constate également depuis l’élection un enrichissement de la fratrie : encore selon Forbes, mais en septembre 2025 cette fois, la fortune de Donald Trump Jr. est passée de 50 à 300 millions de dollars, et celle d’Éric Trump a été multipliée par dix pour atteindre environ 400 millions de dollars.

    De son côté, Barron Trump (le jeune fils de Melania et du président) détenait à l’automne dernier une part estimée à 150 millions de dollars, notamment grâce aux cryptomonnaies, toujours selon le même magazine. Ce levier a été d’ailleurs productif : l’écosystème crypto familial (World Liberty Financial et son stablecoin USD) a ainsi attiré des investissements massifs, dont l’achat de 2 milliards de dollars de jetons par des entités liées aux Émirats arabes unis. Les enquêtes d’Axios en janvier 2026 indiquent que si les petits investisseurs ont subi des pertes sur les « Meme coins » pro-Trump, les structures de la famille ont généré plus de 2,3 milliards de dollars de bénéfices nets.

    Les activités du « business clan » de Trump tracées

    Retracer l’écosystème Trump est pour le moins complexe. Plusieurs médias l’ont fait :

    • « L’empire commercial de la famille Trump s’accroit, nous avons cartographié ses 268 pièces », indiquait le Wall Street Journal en décembre 2025, modélisant ainsi plusieurs centaines d’entités commerciales actives gérées par Donald Trump et ses enfants.
    •  « L’écheveau complexe des accords, des politiques et des richesses de Trump » : L’infographie interactive du New York Times, aussi en décembre 2025, illustre par des schémas de synthèse et des cartes les connexions « explicites » entre les décisions de politique étrangère des États-Unis et les intérêts financiers de la famille.
    • Plus militant, le groupe de pression CREW (Citoyens pour la responsabilité et l’éthique à Washington) ne craint pas d’évoquer des soupçons de « corruption » et propose depuis février 2026 plusieurs graphes pour suivre les projets immobiliers internationaux de la marque Trump depuis 2014. « Les revenus de Trump issus de ses propriétés à l’étranger devraient exploser durant son second mandat », commente l’organisation, les estimant pour l’heure à 430 millions de dollars depuis 2024.
    • L’opposition n’est pas en reste, puisque la Chambre des représentants publie aussi un traçage : les démocrates de la commission de surveillance ont mis en ligne un tableau de bord visuel qui comptabilise l’évolution des gains de la famille. Ils accusent le président de profits issus d’« escroqueries numériques », de portefeuilles crypto et de faveurs accordées aux plus offrants, notamment des grâces présidentielles. Selon leur analyse, ces pratiques auraient généré 2,25 milliards de dollars de profits directs au 1ᵉʳ janvier 2026, et 9,7 milliards de dollars avec la valorisation des actifs numériques, dont jusqu’à 600 millions provenant d’intérêts étrangers. Il est toutefois dommage qu’ils n’aient point songé à suivre la fortune des parlementaires.

    L’Empire Trump : 540 entités… pour l’instant ?

    Depuis le premier mandat de Trump, le « business clan » trumpien s’est considérablement diversifié. De nombreuses sources évoquaient déjà début 2025 « plus de 540 entités liées à son empire », dont l’immobilier traditionnel représenterait seulement la moitié d’entre elles.

    Cette diversification est notable dans les hautes technologies. Trump a intégré ses plateformes numériques (Trump Media/Truth Social) au sein d’entités spécialisées dans la finance décentralisée, puis en fusionnant fin 2025 ce Trump Media & Technology Group avec une entreprise du secteur de l’énergie nucléaire spécialisée dans l’alimentation des centres de données au service de l’intelligence artificielle. Une fusion alors évaluée à 6 milliards de dollars.

    Les fils Donald Jr. et Eric Trump ont aussi des participations financières directes dans des entreprises de drones de défense militaire cherchant des contrats avec le Pentagone, ce qui n’est pas sans provoquer des critiques.

    Les USA, « capitale mondiale des actifs numériques »

    Le lancement par le clan Trump, en septembre 2024, de la plateforme de finance World Liberty Financial accompagnait une véritable vision géopolitique visant à faire des États-Unis « la capitale mondiale des actifs numériques ». C’est donc en pleine campagne électorale que ce projet familial (avec Donald Trump Jr., Eric Trump et Barron Trump impliqués) a été lancé. WLF s’inscrivait dans un virage, à la croisée de la tech et des enjeux de puissance : dérégulation du secteur crypto, constitution d’une réserve stratégique de bitcoins, et positionnement des États-Unis comme leader mondial face à la Chine et à l’Europe.

    Or, en vue de valoriser les plateformes du clan Trump, les médias et réseaux sociaux du Trump Media & Technology Group (Truth Social), dont le compte X du président lui-même, sont essentiellement utilisés comme un outil mondial de communication politique, ce qui peut avoir un impact sur les capitalisations boursières en général et la valorisation des entreprises du clan en particulier. Soufflant souvent le chaud et le froid, les déclarations géopolitiques de Trump ont pu parfois provoquer une volatilité boursière déterminante. « C’EST UN GRAND MOMENT POUR ACHETER !!! DJT », avait-il notamment tweeté le 9 avril, 4 heures avant d’annoncer une pause de 90 jours sur la majorité des tarifs douaniers qu’il voulait imposer, provoquant un fort rebond des marchés, dont un gain de 10 % pour le Dow Jones. De quoi provoquer des accusations de délit d’initié et de manipulation de marché. Depuis, la guerre avec l’Iran a confirmé l’importance pour les marchés de la parole (numérique) du président américain.

    Bien sûr, valoriser des actifs permet de construire ou d’entretenir des amitiés. Le clan Trump a ainsi explicitement lié la promesse d’une dérégulation environnementale massive à des contributions financières électorales. Notamment le milliard de dollars demandé aux dirigeants du secteur pétrolier en septembre 2024. La libération des forages sur les terres fédérales et le soutien aux infrastructures fossiles favorisent directement les donateurs et partenaires commerciaux du réseau Trump.

    La confrontation commerciale avec Pékin a permis des exceptions « transactionnelles »

    Les intérêts financiers de la famille Trump servent aussi de levier aux puissances étrangères. Pendant les tensions douanières entre 2017 et 2020, le gouvernement chinois avait déjà habilement accordé plus de 40 marques commerciales exclusives à Ivanka Trump et à la Trump Organization, protégeant ainsi leurs lignes de produits sur le marché asiatique.

    Par ailleurs, la politique ciblée de sanctions contre de grandes entreprises technologiques chinoises (comme ZTE en juillet 2018 ou TikTok entre 2020–25) a souvent été modulée en fonction de concessions commerciales ou de contreparties indirectes (tarifs, achats agricoles américains, etc.).

    Le clan Trump, passerelle avec Israël, les pétromonarchies du Golfe et bientôt l’Iran ?

    Au Moyen-Orient, tout a commencé avec les accords d’Abraham, en septembre 2020 lors du premier mandat de Trump. Ce projet de normalisation des relations entre Israël et les pétromonarchies (Émirats arabes unis, Bahreïn, mais aussi le Maroc) a jeté les bases financières d’un nouveau modus operandi. Ces accords ont fait naître l’espoir d’un marché économique régional sans précédent.

    En première ligne se trouve le gendre du Président, Jared Kushner. Grâce à son fonds d’investissement, Affinity Partners, lancé officiellement en janvier 2021, le mari d’Ivanka avait ainsi levé 2 milliards de dollars auprès du fonds souverain saoudien (PIF), ainsi que des centaines de millions auprès des Émirats arabes unis et du Qatar. Cependant que la Trump Organization se lançait dans des projets immobiliers haut de gamme dans la région. La compagnie a par exemple négocié des contrats majeurs pour le développement de complexes hôteliers et de golf à Oman et en Arabie saoudite, directement soutenus par des promoteurs étatiques locaux.

    Usant de l’approche financière, Jared Kushner a donc démontré sa capacité à tisser des liens « solides » entre Israël et les pays du Golfe. Affinity Partners, son fonds, gère désormais plus de six milliards de dollars provenant principalement de fonds souverains d’Arabie saoudite et du Qatar, selon des chiffres de Bloomberg de mars 2026. Une part de ces capitaux est explicitement destinée à financer et acquérir des participations dans des entreprises technologiques et des projets d’infrastructure en Israël. L’objectif affiché est d’utiliser ces incitations économiques pour souder les pays signataires des Accords d’Abraham.

    Sur le front immobilier, La Kushner Companies a levé en 2020 100 millions de dollars auprès de géants de la finance israélienne (comme l’assureur Menora Mivtachim) pour financer des complexes immobiliers aux États-Unis. La famille a depuis longtemps sécurisé d’importants financements auprès de la Bank Leumi, l’une des principales institutions bancaires d’Israël.

    300 milliards pour l’Iran, et combien pour Jared ?

    La mécanique des accords pourrait en effet être interprétée comme un système que les juristes nomment « pay-to-play ». Il s’agit juridiquement d’une zone grise qui ressemblerait à du trafic d’influence. Par exemple, le fait que des monarchies arabes financent le fonds Kushner (Affinity) qui investit ensuite en Israël et qui lève aussi des fonds dans les pays arabes pour pouvoir financer des plans de reconstruction d’infrastructures dans les zones rasées par les guerres, suscite de vifs débats sur l’achat d’influence politique à Washington.

    La guerre d’Iran pourrait bien accélérer la tendance. Le 21 juin 2026, le vice-président JD Vance a déclaré à la presse que l’idée d’inclure dans le mémorandum signé avec Téhéran 300 milliards d’investissements régionaux pour la reconstruction du pays provenait de Kushner, l’un des négociateurs américains sur ce dossier (comme sur celui de l’Ukraine) avec Steve Witkoff.

    Déjà en mai, le New York Times dénonçait le conflit d’intérêt ou le « business profitable de la paix » mené par ces deux entrepreneurs. Les choses se confirment : ce fonds serait a priori financé par les pétromonarchies qui désormais font partie d’un corridor coordonné par le fonds de Jared Kushner, Affinity Partners, lui-même massivement financé par leurs fonds souverains.

    Une stratégie de l’après-guerre (avec l’Iran) émerge donc : bien que la Trump Organization n’ait aucun projet officiel en Iran à ce jour (ce qui reste encore formellement interdit par les sanctions américaines), la pacification et la réorganisation économique du Moyen-Orient profitent directement à la valorisation de l’empire Trump, présent dans l’ensemble de la péninsule arabique.

    Ukraine et Russie : un contexte différent, mais toujours des intérêts financiers

    Les plans de paix de l’administration Trump pour l’Ukraine et l’Iran diffèrent par leur nature, mais pourraient bien converger vers un même objectif d’accords transactionnels. D’ailleurs, il se réalise selon la même philosophie : celle du « syndic de faillite », chargé d’administrer l’insolvabilité. Kushner et Witkoff envisagent la levée des sanctions, la création de zones économiques spéciales et l’exploitation des ressources locales.

    Si, en Iran, le plan a inclus des négociations sur le programme nucléaire et l’ouverture de fonds d’investissement massifs pour relancer l’économie iranienne, en Ukraine il s’agirait d’abord (pour les émissaires de Trump) de geler les lignes de front. Kiev abandonnerait certaines revendications territoriales et renoncerait à rejoindre l’OTAN. Le clan Trump postulerait que la reconstruction de l’Ukraine et la gestion de ses vastes ressources gazières, pétrolières ou minières seraient confiées à des coentreprises et des investisseurs américains. Les fonds russes gelés en Occident seraient d’ailleurs au cœur de ces mécanismes d’investissement. Le dossier ukrainien n’est donc pas traité par le clan Trump comme une crise de sécurité internationale classique, mais comme une restructuration d’entreprise dont il faut extraire les actifs avant de la remodeler.

    Retenons la formule magique, désormais omniprésente dans la presse : Kushner dessine les contours politiques et la stratégie de redressement, les fonds bilatéraux captent les ressources physiques, et les cryptomonnaies servent de structure financière hors contraintes afin de maximiser les rendements des investisseurs privés.

    Les contours de la solution qui se dessine en Ukraine semblent se résumer ainsi : Bien qu’il n’y ait pas de mandat officiel attribuant des contrats à la Trump Organization, car il faut éviter des conflits d’intérêts frontaux, la structure de l’accord de reconstruction sert directement le clan.

    L’administration a officialisé la création en mai 2025 du United States-Ukraine Reconstruction Investment Fund. Ce partenariat bilatéral se concentre sur l’exploitation des ressources naturelles (minéraux critiques, hydrocarbures) grâce à la participation d’acteurs institutionnels et privés. La direction de ces projets serait confiée à de grands fonds américains. Le NY Times en janvier 2026 rapportait que BlackRock était « au centre » de la vision du président américain, par son implication dans le plan de relance. L’écosystème de la Trump Organization et de ses partenaires immobiliers (comme Witkoff) pourrait indirectement bénéficier de cette ouverture des marchés ukrainiens aux capitaux privés américains. « Faites de l’argent, pas la guerre », titrait le WSJ en novembre 2025, soulignant l’origine russe de l’idée.

    Les annonces diplomatiques ont aussi un effet sur les cryptos

    Rappelons aussi que le secteur crypto est devenu un outil de spéculation et un vecteur de transfert de capitaux privilégié par l’écosystème Trump (notamment via leur projet familial World Liberty Financial). Non seulement vecteur, mais aussi baromètre des percées diplomatiques, le marché des cryptomonnaies réagit désormais instantanément aux annonces de paix de l’administration. Par exemple, le dénouement des accords parallèles (comme le cadre de paix avec l’Iran) a provoqué une envolée immédiate du Bitcoin au-delà des 63 000 $. Sans oublier la « fluidité » d’un système qui permettrait le contournement des sanctions afin de procéder hors des blocages structurels ou règlementaires. Ainsi, dans l’éventualité du gel du conflit, et d’une levée progressive des sanctions contre la Russie, les crypto-actifs sont compris par le clan d’affaires Trump comme une infrastructure financière fluide qui permettrait de déplacer des capitaux à l’est, sans s’encombrer de la lourdeur des régulations bancaires traditionnelles.

    De plus lesdites cryptos permettent une certaine intégration commerciale : l’utilisation de jetons liés à la galaxie Trump pour des transactions ou des bonus est déjà testée dans d’autres sphères d’influence de la Maison-Blanche, préfigurant leur usage potentiel dans les zones économiques spéciales prévues en Europe de l’Est.

    Conclusion : la géopolitique « transactionnelle » d’une oligarchie

    Si Trump, l’homme d’État, ne mérite pas les félicitations du jury, la diplomatie transactionnelle du « business clan » trumpien ne manque cependant pas de cohérence. Partant du principe que les élites occidentales sont la cause du chaos mondial et non sa solution, le syndic de faillite Trump choisit de les ignorer et de s’enrichir sans retenue, réglant les questions entre tours de passe-passe et passe-droits. Avec lui la géopolitique devient un immense chantier de restructuration d’entreprise. Ce qui d’ailleurs n’est pas sans provoquer certaines fissures entre son clan, pragmatique, et le gouvernement, messianique, actuellement au pouvoir en Israël.

    Or la situation du clan est pourtant doublement fragile. Elle est géographiquement « fixée » dans certains espaces économiques qui sont aussi des zones de guerre (péninsule arabique, Iran, Ukraine, Russie) ; elle dépend de nouveaux secteurs économiques caractérisés par une grande volatilité. Il serait donc aisé, pour une puissance étrangère hostile, d’éradiquer la fortune personnelle du « clan » trumpien, bien plus que de ruiner une population entière. Ceci explique peut-être la récente efficacité de la guerre asymétrique menée par les Iraniens. Car elle frappe aussi au portefeuille.

    André Archimbaud (Observatoire du journalisme, 5 juillet 2026)

     

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  • Notre meilleur ennemi...

    La revue Éléments publie cette semaine son quatrième numéro hors-série, consacré cette-fois-ci aux États-Unis, de l'Oncle Sam au phénomène Trump !... Il propose une anthologie des textes les plus marquants qui leur ont été consacrés dans le magazine depuis 50 ans.

     

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    Notre meilleur ennemi
    Hors-série n°4

    Jean Cau dit «non» à l’Amérique
    Par Robert de Herte

    Pour en finir avec la civilisation Occidentale
    Par Guillaume Faye

    Mourir pour des pétrodollars ?
    Par Pierre Vial

    L’Amérique c’est Carthage
    Par Robert de Herte

    Quand l’Amérique était belle
    Par Michel Marmin et Paul Masquelier

    L’Amérique que nous aimons
    Par Robert de Herte

    États-Unis le maintien d’une puissance
    Par Alain de Benoist

    Le cri d’alarme de Matthew Crawford
    Propos recueillis par Ethan Rundell

    Washington contre de Gaulle
    Par Christian Brosio

    New York, New York
    Par Marc Hocine

    La fin du dollar roi, rendez l’argent !
    Par Guillaume Travers

    La guerre du droit aura bien lieu
    Par Pascal Eysseric

    Le projet satanique d’Anton LaVey
    Propos recueillis par Pascal Eysseric

    Que reste-t-il de Theodore Kaczynski ?
    Par Pierre Saint-Servant

    Les racines religieuses du wokisme
    Par François Bousquet

    L’OTAN se battra jusqu’au dernier Ukrainien
    Par Hervé Juvin

    Chine-États-Unis : la guerre des infrastructures
    Par Guillaume Travers

    L’antilibéralisme anglo-saxon
    Par Thomas Hennetier

    Qui est Elon Musk ?
    Par François Bousquet

    Yellowstone, la série événement
    Par François-Xavier Consoli

    La séparation plutôt que la sécession
    Par Lionel Rondouin

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  • Quand Washington retire l’échelle, l’Europe s’accroche à ce qu’elle peut...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Balbino Katz, le chroniqueur des  vents et des marées, cueilli sur Breizh-Info et consacré à l’obligation pour l'Europe de penser enfin sa propre défense....

     

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    Quand Washington retire l’échelle, l’Europe s’accroche à ce qu’elle peut

    A la chapelle de la Tréminou, près de Pont-l’Abbé, il existe encore ce vieux calvaire extérieur muni d’une plate-forme de pierre où, autrefois, le prêtre venait instruire les pèlerins. Lorsque j’étais interne au lycée Laennec, nous montions souvent jusque-là lors des longues promenades organisées le mercredi, jour de congé des pensionnaires. Je suis retourné il y a quelques jours dans ce coin du Pays bigouden. Les haies printanières débordaient déjà d’herbes hautes, les aubépines blanchissaient les chemins et une lumière douce glissait sur les pierres anciennes de la chapelle. Après plusieurs heures de marche, je me suis assis sur cette vieille tribune de granit où l’on prêchait jadis les vérités du catéchisme.

    Cette fois pourtant, ce n’était point un missel que j’avais entre les mains, mais Le Figaro.

    Un article de Florentin Collomp sur l’évolution de la défense européenne venait d’attirer mon attention. Et je dois dire qu’en le lisant, je fus frappé par le contraste avec le journalisme plus psychologique, plus mondain et souvent assez superficiel auquel nous a habitués depuis Madrid son confrère Mathieu de Taillac. Là où ce dernier continue souvent de raconter l’Espagne comme une chronique culturelle du progressisme européen, Collomp regarde le monde tel qu’il redevient : brutal, géopolitique, matériel.

    Car enfin, ce qui se déroule aujourd’hui sous nos yeux est peut-être l’un des grands tournants stratégiques du siècle. Donald Trump, volontairement ou non, est en train d’offrir à l’Europe un cadeau historique : l’obligation de penser enfin sa propre défense.

    Naturellement, cette évolution n’a pas commencé avec lui. Depuis Barack Obama au moins, les États-Unis considèrent déjà que leur centre de gravité stratégique se déplace progressivement vers le Pacifique, vers la Chine, vers l’Asie. Trump ne fait finalement qu’accélérer brutalement une évolution engagée depuis plus d’une décennie. La différence est qu’Obama enveloppait ce déplacement d’un langage diplomatique rassurant, tandis que Trump le formule avec la brutalité d’un entrepreneur new-yorkais impatient.

    L’article de Florentin Collomp montre très bien à quel point ce désengagement devient désormais concret : réduction des forces capables d’intervenir en Europe, retards massifs dans les livraisons d’armes, priorité donnée au Moyen-Orient et incapacité même à fournir certains alliés européens pourtant farouchement atlantistes.

    Les Européens découvrent soudain leur propre dépendance militaire comme un homme découvre la faiblesse de ses jambes le jour où on lui retire ses béquilles.

    Et pourtant, la situation européenne n’est peut-être pas aussi désespérée qu’elle le paraît.

    Car nous sommes probablement au seuil d’une révolution militaire comparable à celles qui bouleversèrent autrefois les équilibres des grandes puissances.

    Depuis deux siècles, les nations industrielles ont appris à mesurer leur puissance militaire à l’accumulation de matériels lourds : cuirassés, canons, chars, porte-avions, missiles stratégiques, arsenaux gigantesques exigeant des décennies de production et des budgets colossaux. Or la guerre en Ukraine, comme les conflits récents au Moyen-Orient, montrent déjà qu’un autre âge commence.

    Des essaims de drones produits en quelques jours, à faible coût, capables de saturer des défenses infiniment plus chères qu’eux, commencent à transformer radicalement les logiques classiques de puissance militaire.

    La vieille accumulation quantitative d’armements cesse progressivement d’être la condition unique de la victoire. Et cette mutation historique possède un précédent très clair.

    Au début du XIXe siècle, la Royal Navy dominait le monde grâce à des centaines de vaisseaux de bois, à voiles, fruits d’une accumulation maritime patiente et gigantesque durant les guerres napoléoniennes. Puis, presque du jour au lendemain, l’apparition du premier cuirassé à vapeur français transforma entièrement l’équilibre naval mondial. Une partie immense de la supériorité britannique devint soudain obsolète. Des arsenaux accumulés pendant des générations perdaient brutalement leur valeur stratégique.

    Nous vivons peut-être aujourd’hui un moment comparable.

    Or cette révolution technologique favorise paradoxalement les puissances industrielles intermédiaires capables d’innover rapidement plutôt que les seuls empires disposant d’immenses stocks hérités du passé. L’Europe conserve encore des capacités scientifiques, industrielles et technologiques considérables. Ce qui lui manque surtout, ce n’est pas la matière grise, mais la volonté politique et la conscience historique.

    Et c’est précisément là que Trump agit comme un révélateur.

    En cessant progressivement de traiter l’Europe comme un protectorat militaire permanent, Washington oblige brutalement les Européens à sortir de leur adolescence géopolitique. Les protestations indignées des chancelleries européennes rappellent parfois celles de jeunes aristocrates découvrant soudain que le vieux patrimoine familial ne suffira plus éternellement à financer leur existence.

    Pendant ce temps, au nord de l’Atlantique, la question du Groenland réapparaît déjà.

    Là encore, Trump agit moins comme une anomalie que comme un symptôme du retour des grandes logiques géographiques. Routes arctiques, minerais rares, contrôle des espaces polaires, surveillance des océans septentrionaux : tout cela redevient central dans le monde qui émerge.

    Sous le vieux calvaire de la Tréminou, en regardant les dernières lumières du printemps tomber sur les champs bretons, je songeais qu’une époque entière touche peut-être à sa fin.

    L’Europe découvre brutalement que les empires maritimes anglo-saxons ne protègent jamais gratuitement leurs alliés. Ils les protègent tant que leurs intérêts convergent. Puis les routes changent, les priorités se déplacent, les océans redeviennent dangereux et les vieux protecteurs regardent ailleurs.

    Alors les peuples doivent apprendre de nouveau à se défendre eux-mêmes.

    Balbino Katz, Chroniqueur des vents et des marées (Breizh-Info, 23 mai 2026)

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  • Hystérie collective : comment Trump, Israël et l’Ukraine fracturent la droite...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous la chronique de David Engels sur Ligne droite, la matinale de Radio Courtoisie, datée du 20 avril 2026 et consacrée à la montée des crispations hystériques sur des sujets clivants sur lesquels les Européens n'ont aucune prise...

    Historien, essayiste, enseignant chercheur à l'Instytut Zachodni à Poznan, à l'Institut Catholique de Vendée ainsi qu'au Mathias Corvinus Collegium de Bruxelles, David Engels est l'auteur de trois essais traduits en français, Le Déclin - La crise de l'Union européenne et la chute de la République romaine (Toucan, 2013), Que faire ? - Vivre avec le déclin de l'Europe (La Nouvelle Librairie, 2024), Défendre l'Europe civilisationnelle - Petit traité d'hespérialisme (Salvator, 2024) et, dernièrement, d'un roman, Le retour du roi (Le Verbe-Haut, 2026). Il a  également dirigé deux ouvrages collectifs, Renovatio Europae - Plaidoyer pour un renouveau hespérialiste de l'Europe (Cerf, 2020) et Aurë entuluva! (Renovamen-Verlag, 2023), en allemand, consacré à l’œuvre de Tolkien.

     

                                                 

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  • Orban, Trump, Poutine et tous les autres... L’idolâtrie politique : ce vice qui ronge et tue de l’intérieur...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Yann Vallerie cueilli sur Breizh-Info et consacré à la confortable idolâtrie de sauveurs aussi lointains qu'illusoires...

     

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    Orban, Trump, Poutine…et tous les autres : L’idolâtrie politique : ce vice qui ronge et tue de l’intérieur

    Alors comme ça, Orbán a perdu. Les groupes Telegram ou  Facebook s’affolent. Les commentaires s’enchaînent. Les analyses tombent en cascade. « C’est la fin de l’Europe souverainiste. » « Bruxelles a gagné. » « On est foutus. » Certains pleurent presque. D’autres ragent. Tous commentent, partagent, réagissent, s’indignent.

    Et pendant ce temps — pendant que vous passez votre soirée à scruter les résultats d’une élection dans un pays dont vous ne parlez pas la langue, dont vous ne connaissez pas un seul habitant, et sur lequel vous n’avez strictement aucune prise — vos enfants grandissent dans une école qui les formate. Votre commune perd ses derniers commerces. Votre voisin agriculteur est à deux doigts de craquer. Votre langue, votre culture, votre territoire se vident lentement de leur substance.

    Mais Orbán. Parlons d’Orbán.

    Vous êtes devenus des groupies du politique mondial

    Soyons honnêtes. Disons ce que personne ne veut dire.

    Une large partie de la droite identitaire française — et bretonne — s’est transformée en fan-club international. Orbán était l’idole. Avant lui, c’était Trump. Demain ce sera quelqu’un d’autre. Modi peut-être. Ou Milei. Ou le prochain homme providentiel que les chaînes Bolloré et les algorithmes de Twitter vous présenteront comme le sauveur de la civilisation occidentale.

    Vous suivez ces hommes comme des adolescents suivent leurs influenceurs. Vous partagez leurs discours. Vous achetez leurs livres. Vous lisez leurs citations sur fond de coucher de soleil. Vous débattez pendant des heures de ce qui se passe à Budapest, à Washington, à Kiev, à Gaza — comme si votre opinion là-dessus allait changer quoi que ce soit à quoi que ce soit.

    Elle ne change rien. Strictement rien.

    Orbán gouvernait la Hongrie. Pas votre commune. Pas votre région. Pas votre pays. Il défendait les Hongrois — ce qui était son rôle, et c’était bien. Mais il ne vous défendait pas. Il ne pouvait pas vous défendre. Personne ne peut vous défendre à votre place. C’est ça, le secret que personne ne vous dit.

    Le confort de la lutte par procuration

    Il y a quelque chose de profondément confortable dans les luttes par procuration. Quelque chose de douillet, même.

    Soutenir Trump depuis votre canapé de Rennes ou de Quimper, ça ne coûte rien. Ça ne demande aucun effort. Aucun sacrifice. Aucune prise de risque. Vous gagnez en revanche le sentiment délicieux d’appartenir à un camp, d’avoir un ennemi clairement identifié, de faire partie d’une guerre globale et épique entre le Bien et le Mal — entre les patriotes et le mondialisme, entre la civilisation et le chaos.

    C’est du cinéma. Du très bon cinéma, parfois. Mais du cinéma.

    Pendant que vous regardez ce film, votre vie réelle se déroule ailleurs. Et dans cette vie réelle, personne ne viendra vous sauver. Ni Trump depuis Washington. Ni Orbán depuis Budapest. Ni Poutine depuis Moscou — et si vous comptez sur lui, vous avez un problème de jugement plus sérieux encore.

    Les chaînes d’info en continu, les plateaux de CNews, les fils Twitter de droite, les groupes Telegram souverainistes — tout cet écosystème fonctionne sur un modèle simple : vous maintenir dans un état permanent d’agitation émotionnelle qui vous donne l’impression de combattre sans jamais rien faire. La colère est entretenue. L’indignation est renouvelée quotidiennement. Et vous restez assis, bien chauds, parfaitement immobiles.

    C’est exactement ce que vos adversaires souhaitent.

    Ce qui se passe chez vous

    Laissez-moi vous poser quelques questions concrètes.

    Savez-vous combien d’exploitations agricoles ont disparu dans votre département l’année dernière ? Connaissez-vous le nom du président de votre communauté de communes ? Avez-vous participé à la dernière réunion publique de votre municipalité ? Avez-vous soutenu financièrement un média local indépendant, une association culturelle bretonne, un éleveur en difficulté près de chez vous ? Avez-vous eu une vraie conversation — pas un débat Twitter, une vraie conversation — avec des gens de votre quartier, de votre village, de votre canton, sur ce que vous voulez pour vos enfants ?

    Si la réponse est non à la plupart de ces questions, alors votre engagement politique est une illusion. Un théâtre d’ombres. Vous êtes spectateur de l’histoire du monde pendant que l’histoire de votre peuple, de votre territoire, de vos proches, s’écrit sans vous.

    La Bretagne se vide de ses paysans. Le trafic et la consommation de drogues explosent. L’insécurité aussi, partout, en Bretagne comme en France. La langue bretonne agonise doucement malgré quelques sursauts courageux. Les centres-bourgs meurent commerce après commerce. Les jeunes partent. D’autres populations viennent les remplacer progressivement. Les anciens s’éteignent avec leurs mémoires. La mer monte. Les terres sont rachetées par des fonds d’investissement qui ne mettront jamais les pieds ici.

    Rien de tout cela ne sera résolu par le résultat d’une élection hongroise.

    Le syndrome de l’armchair warrior

    Il y a un mot en anglais — armchair warrior — qui désigne celui qui combat assis dans son fauteuil. Qui a une opinion tranchée sur tout, une analyse définitive sur chaque conflit, une certitude absolue sur qui a tort et qui a raison à dix mille kilomètres de chez lui — et qui ne fait absolument rien de concret à portée de main.

    La droite identitaire et patriote française en est truffée. Et c’est sa faiblesse principale — bien plus que ses adversaires, bien plus que les médias, bien plus que le « système ».

    Vous avez raison sur beaucoup de choses. Votre diagnostic sur la dissolution culturelle, sur l’immigration de masse, sur le nivellement identitaire, sur la désintégration du tissu social — ce diagnostic est souvent juste. Mais avoir raison ne sert à rien si vous ne faites rien de cette raison. La lucidité sans action n’est qu’une forme sophistiquée de confort intellectuel.

    Ce qu’il reste à faire — ici, maintenant

    Alors voilà ce que je vous dis. Éteignez. Éteignez la télé. Éteignez les chaînes d’info. Sortez des boucles Telegram. Déconnectez-vous de Twitter une semaine — juste une semaine — et regardez autour de vous ce qui existe, ce qui manque, ce qui appelle.

    Rejoignez une association de défense du foncier agricole. Oeuvrez pour la sécurité de votre quartier. Empêchez les dealers de nuire autour de vous. Traquez les subventions publiques délirantes. Interpellez vos élus sur ce qui nous vous convient pas. Aidez un producteur local à tenir. Inscrivez vos enfants dans une filière d’enseignement bilingue breton. Participez à une réunion de conseil municipal. Créez quelque chose — une association, un collectif, un réseau, un espace de rencontre, une caisse de solidarité locale. Parlez à vos voisins. Pas à vos followers. À vos voisins.

    Construisez des choses réelles avec des gens réels dans des lieux réels. Des choses qui existeront encore demain, quelle que soit la couleur du gouvernement à Budapest, à Washington ou à Paris.

    La politique électorale compte. Les idées comptent. Mais elles ne comptent que si elles s’incarnent dans des actes, des structures, des communautés. Une idée qui ne produit que des commentaires est une idée morte qui se prend pour vivante.

    Orbán est parti. Trump peut décevoir. Le prochain sauveur décevra lui aussi — parce qu’aucun sauveur ne peut vous sauver de votre propre passivité.

    Le seul endroit où vous pouvez gagner, c’est ici. Le seul moment où vous pouvez commencer, c’est maintenant. Le seul peuple que vous pouvez défendre, c’est le vôtre — celui qui vous entoure, celui que vous regardez dans les yeux, celui à qui vous devez quelque chose de concret.

    Tout le reste est du bruit.

    Yann Vallerie (Breizh-Info, 14 avril 2026)

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  • Guerres à répétition : peut-on isoler Israël ?...

    Le 7 avril 2026, Edouard Chanot recevait, sur TV libertés, Laurent Ozon pour évoquer avec lui les hypothèses de sortie du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran.

    Essayiste et analyste politique, tenant d'une écologie localiste et identitaire, premier promoteur de l'idée de remigration, Laurent Ozon est l'auteur de l'excellent essai intitulé France, années décisives (Bios, 2015) et tout récemment de Les néoconservateurs - Une élite impériale (Géopolitique profonde, 2025).

     

                                                

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