Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/11/2016

Le temps de la dissidence est venu !...

Dissidence_Polémia.jpg

Deuxième forum de la Dissidence

Quand les médias travestissent la réalité, quand les journalistes occultent les faits dérangeants, quand tous les moyens leur sont bons pour imposer la novlangue...

Quand les préfets tolèrent les incendies volontaires  et les caillassages à l’encontre de policiers et de pompiers, encouragent à loger et nourrir des envahisseurs étrangers, rebaptisés migrants, tout en interdisant et réprimant les manifestations des patriotes...

Quand les juges trouvent des excuses aux délinquants violents, refusent d'expulser les clandestins  mais condamnent intellectuels et essayistes pour délit d'opinion...

 

ALORS LE TEMPS DE LA DISSIDENCE EST VENU !

 

Face à la dictature du langage préfabriqué par les médias, venez entendre des journalistes indépendants témoigner de leur lutte quotidienne pour montrer le réel. Responsable au Visegràd Post, Ferenç Almassy vous donne des nouvelles de la rébellion hongroise, qui refuse de se soumettre au Grand Remplacement !

Face à la tyrannie des juges, qui condamnent les maires pour leur refus de se conformer au dogme de la pensée unique, venez soutenir ces élus qui résistent. De Marie-Claude Bompard, au tribunal pour avoir refusé de célébrer des simulacres de « mariages » entre personne de même sexe, à Robert Ménard, qui n’abandonne pas sa ville de Béziers aux envahisseurs, venez supporter les maires entrés en résistance !  

Face à la complicité des autorités, accueillant à bras ouverts des vagues allogènes aspirant à faire de la France une terre d’Islam ; à l’heure où les patriotes corses sont enfermés pour défendre leur territoire, la résistance s’impose !  Venez entendre ces nombreux collectifs résistants. De Vigilance Hallal à Pas de migrants en Ile-de-France, de Riposte Laïque au Siel : venez apprendre à résister !

 

Samedi 19 novembre 2016, Polémia vous invite à entrer en résistance ! De 13h30 à 19h, l’Institut vous attend nombreux à l’Espace Cap 15, 13 rue de Grenelle (Paris XV).

Inscrivez-vous dès maintenant sur la plateforme en ligne (https://www.weezevent.com/2nd-forum-de-la-dissidence-pole...) et prenez des nouvelles de la résistance sur nos réseaux en ligne (Polémia : http://www.polemia.com/ @_polemia / Facebook : Polémia). 

 

                

05/11/2016

L'intimidation contre le débat...

« Nous jouissons en principe dans notre pays d’une entière liberté d’opinion et d’expression ; nous vivons en pratique sous un régime de liberté surveillée. Une discipline de parole très contraignante réduit le champ et le nombre des sujets ouverts à une véritable discussion. Les notions, les termes et même les faits les plus nécessaires à l’intelligence du présent sont l’objet d’une censure vétilleuse. Comment échapper à la tyrannie paralysante du politiquement correct sans tomber dans la licence improductive du politiquement incorrect ? 
 
Le livre d’André Perrin nous libère magistralement de cette alternative démoralisante. Qu’il s’interroge sur les relations entre religion et violence, qu’il se demande si « expliquer, c’est déjà excuser », ou qu’il suive dans leurs usages légitimes et illégitimes les notions de race, d’identité ou de civilisation, il éclaire les questions qui nous pressent et nous divisent avec précision, rigueur, humour, et toujours une admirable clarté. Il montre qu’en rassemblant les faits pertinents, en prenant appui sur les suggestions contenues dans le langage usuel, en appréciant selon la raison commune les diverses opinions, qui sont autant de « vues » sur les choses, nous pouvons surmonter nos partialités et éclairer effectivement la complexité du monde politique, social et moral. Dans le désarroi et l’anxiété qui nous assaillent, il est cette chose rare, un livre encourageant. » Pierre Manent

 

Les éditions du Toucan viennent de publier dans leur collection L'Artilleur un essai d'André Perrin intitulé Scènes de la vie intellectuelle en France - L'intimidation contre le débat et préfacé par Jean-Claude Michéa. André Perrin est professeur de philosophie.

 

Scènes de la vie intellectuelle_Perrin.jpg

" Professeur de philosophie, André Perrin constate que dans les débats qui occupent la scène médiatique contemporaine en France, le souci élémentaire de chercher à savoir si les assertions des intervenants sont simplement vraies ou fausses est régulièrement bafoué.
Bafoué de deux façons : en amont en cherchant d’abord à connaître les « raisons » qui ont pu pousser la personne à émettre ces propositions, et en aval en cherchant à disqualifier une thèse en la rapportant aux conséquences néfastes qu’elle est supposée devoir engendrer (en disant cela, vous faîtes le jeu d’untel ou untel). Quelques-uns des sujets de « non-débats » abordés dans ce livre :

-La réception du livre de Sylvain Gouguenheim Aristote au Mont-Saint-Michel (Seuil, 2008)

-La « théorie du genre »

-Toutes les civilisations se valent-elles ?

-Le terrorisme est-il l’arme des pauvres ?

-Expliquer, est-ce un peu « excuser » ? "

06/09/2016

Vous avez aimé le politiquement correct ? Vous allez adorer le narcissisme moral !...

Nous reproduisons ci-dessous un article de Gérald Olivier, cueilli sur Atlantico et consacré au règne du narcissisme moral...

 

narcissisme.jpg

Vous avez aimé le politiquement correct ? Vous allez adorer le narcissisme moral

Voici près de quarante ans, dans un brillant essai, l’historien américain Christopher Lasch inventait l’expression "culture du narcissisme" au sujet des "babyboomers"  (les Américains nés entre 1940 et 1965). Paru en 1979, son  texte examinait les ressorts de la société de consommation – l’acte d’achat est un acte narcissique – ainsi que le comportement des enfants de l’après-guerre, génération nantie qui avait voulu changer le monde avant de se lancer dans une quête du bien-être personnel.  

Pour résumer (schématiquement) son argument, Lasch voyait dans la société de consommation et la culture du "développement personnel" (yoga, bouddhisme, bien être, jeunisme, libération sexuelle, etc)  en plein essor depuis les années soixante, l’expression d’un besoin quasi pathologique d’affirmation et de reconnaissance personnelles au sein d’une société de masse ayant réduit la "poursuite du bonheur" à la satisfaction immédiate de pulsions sans limites. L’effondrement de la structure familiale avait favorisé cette affirmation de l’individu, tout en le rendant plus fragile, de par son isolement.

Le rejet des valeurs traditionnelles, avait interrompu la transmission des croyances et des savoirs d’une génération à l’autre, coupant le lien avec le passé comme avec l’avenir, et condamnant la jeunesse au culte de l’instant présent, au vide moral et à l’errance spirituelle. 

Près de trente ans après, la thèse de Christopher Lasch reste d’actualité.  L’avènement des hautes technologies n’a servi qu’à accentuer certains traits d’alors. Les "selfies", les réseaux sociaux et les émissions de téléréalité ne sont que les manifestations contemporaines de cette volonté éperdue d’affirmation de soi, dans un monde encore plus dénué de repères par le relativisme et le multiculturalisme triomphants. 

La génération du baby-boom est, elle aussi, toujours-là. Certes ses tenants  en sont à l’automne de leur vie – ils ont entre 50 et 75 ans -  mais leur influence reste déterminante car ils sont au sommet de la pyramide économique et sociale. La "culture du narcissisme" n’a donc pas disparue. Au contraire. Elle a même pris une nouvelle dimension que l’essayiste  américain R.L. Simon qualifie de  "narcissisme moral", et dont il dénonce les méfaits dans son essai décapant,  paru cet été aux Etats-Unis, "I know Best". ("I know Best : How moral narcissism is destroying our Republic if it hasn’t already", Encounter Books)

Pour Roger Lichtenberg Simon, éditorialiste politique, romancier et scénariste hollywoodien, le "narcissisme moral" est la conviction revendiquée d’œuvrer pour le bien d’autrui et du monde. Il s’exprime dans le titre du livre "I Know Best". C’est le fait d’être persuadé de savoir mieux que les autres ce qui est bon pour eux et de vouloir le leur imposer. Motivé par un généreux sentiment de justice sociale, il se manifeste par une éternelle volonté de faire le bien… Et si l’intention est bonne, l’acte qu’elle engendre devient inattaquable. La fin justifie les moyens disaient les bolchéviques. Le problème est que,  comme le dit le proverbe, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Et  justement,  les "narcissistes moraux" nous entrainent tout droit vers cet enfer.

Le "narcissisme moral" n’est que le dernier avatar du "politiquement correct", et de la "pensée unique", les deux piliers de la conscience de gauche. D’une part, un discours codifié faisant de la liberté d’expression une farce. D’autre part l’inébranlable conviction que les "droits de l’homme" (l’expression anglaise de "human rights" étant fortuitement dénuée de la connotation sexiste de son équivalente française) sont l’aboutissement ultime de l’évolution de l’espèce et constituent une  philosophie de vie à vocation universelle. 

Bref, le "narcissisme moral" n’est que le dernier nom donné à la dictature de la pensée instaurée par les bonnes consciences de gauche depuis un demi-siècle. Il a la particularité de réduire une personne à ses idées. Pas à ses actes. Vouloir le bonheur de l’humanité fait de soi quelqu’un de bien. Prétendre ne pas s’en soucier vous transforme en paria. 

Ses tenants sont légions à Washington, où ils hantent les couloirs, et surtout les alentours, du Congrès. Ils sont à la tête des grandes universités et des principaux médias américains. On les croise aussi à Hollywood. Ils ont pour chef de file Barack Obama et Hillary Clinton, mais ils se reconnaissent aussi dans des stars hollywoodienne comme Léonardo di Caprio et Susan Sarandon, le cinéaste engagé Michael Moore, ou  le journaliste Sidney Blumenthal… 

Le narcissisme moral affecte tous les aspects du débat politique et culturel aux Etats-Unis (et par extension, en occident) : du réchauffement climatique à la lutte contre l’Etat Islamique en passant par les relations raciales, l’immigration et le droit de port d’armes. 

Pour étayer son analyse R.L. Simons revient entre autres sur le sujet du réchauffement climatique. Particulièrement emblématique. 

Parce qu’il ne peut exister d’objectif plus généreux et plus noble que de sauver la planète et l’humanité, le narcissisme moral affirme naturellement qu’il convient de lutter, par tous les moyens, contre ce réchauffement, même si sa réalité est contestable, son origine indéterminée et ses conséquences largement inconnues.  Voici, en effet, un phénomène qui n’a jamais été démontré scientifiquement; un phénomène dont les principales données sont des "projections", et non des "faits observés" ; un phénomène dont les conséquences tiennent au domaine de la spéculation ; mais surtout voici un phénomène qui a été globalement accepté et contre lequel il n’est plus possible de s’exprimer sauf à subir l’opprobre collectif.

Le réchauffement climatique fait l’objet d’un consensus qui n’admet aucune opposition. Le contester équivaut à exprimer son dédain pour le bien être de l’humanité et vous expose à être mis à son ban. Au point d’ailleurs, observe R.L. Simon, qu’au cours des deux dernières décennies, qui ont vu l’émergence de ce consensus, on a assisté à deux glissements sémantiques révélateurs. Dans un premier temps, ceux qui contestaient la réalité du phénomène étaient qualifiés dans les médias de "climat-sceptiques". Aujourd’hui on les appelle en anglais les "climate-deniers", c’est-à-dire les "négationnistes du climat". Ce qui les range dans la même catégorie que les néo-nazis niant l’holocauste ! Dans le même temps, et face à la multiplication de phénomènes dépassant le cadre d’une simple hausse des températures, la presse s’est mise à parler de "dérèglement climatique" (en anglais "climate change", sans préciser la nature du changement). Comme quoi le narcissisme moral a la double faculté de tuer le débat et de s’abstraire des faits. Encore une fois, seules les intentions comptent. 

L’enjeu du climat c’est la survie de l’espèce humaine, il ne peut y avoir de question plus importante. Tout le monde applaudit Leonardo di Caprio quand il sillonne la planète pour dénoncer les méfaits des émissions de CO2. Même si, le faisant à bord de son jet privé, et non d’une compagnie aérienne, il contribue lui-même à augmenter ces émissions… L’ acteur et "éco-guerrier" est lui-même pollueur, mais qu’importe, c’est l’intention qui compte. Personne ne trouve rien à redire non plus quand le président des Etats-Unis, Barack Obama, et tous les candidats à sa succession (sauf Donald Trump, ndla) affirment comme un seul homme que le réchauffement climatique est le plus important défi de la politique étrangère américaine… Alors même que le climat n’a encore fait aucune victime, mais que les guerres au Moyen-Orient, en Afrique  et jusqu’au cœur de l’Europe en font des centaines, voire des milliers tous les jours… 

R.L Simon revient aussi sur le traitement de la question de l’islam par le narcissisme moral. Il s’interroge en particulier sur l’absence de débat médiatique et universitaire autour de la religion musulmane, alors que les évènements des 20 dernières années et l’émergence d’actes d’une barbarie atroce de la part de l’Etat Islamique, justifieraient au contraire une étude approfondie. Mais voilà,  au nom de la lutte contre "l’islamophobie" les tenants du "narcissisme moral" empêchent que la question ne soit abordée. Le président Barack Obama lui-même refuse de parler de "terrorisme islamique" mais convoque des sommets sur "les violences extrémistes" (c’était en février 2015) où il fustige les chrétiens pour les croisades de l’an mille… Ce qui tient à la fois de l’équivalence morale douteuse et du non-sens historique.

Mais qu’importe ! Personne ne lui en tient rigueur. Comment cela serait-il possible ? Barack Obama est la personnification du narcissisme moral triomphant. Sa volonté de changer le monde et le simple fait de dire "c’est possible" (Yes We Can) ont suffi à faire de lui le leader de cette génération. Car, encore une fois, seules les intentions comptent. En 2008, il personnifiait "l’Espoir" (Hope), avec une majuscule mais sans précision quant à la nature de cet espoir. Il était aussi "le reflet flatteur de cette génération". Nombre d’Américains (et beaucoup d’autres par-delà le continent) aimaient l’image qu’il leur renvoyait d’eux-mêmes, (au contraire d’un Bush, ou d’un Romney). Au soir de son élection écrit R.L. Simon "Narcisse était sur scène et dans la salle".

Huit ans plus tard, Narcisse a pris des rides et des cheveux gris. Mais ses convictions n’ont jamais vacillé. Même si les évènements ont, à maintes reprises, démontré les errements du président américain –son soutien aux Frères Musulmans et à Mohamed Morsi en politique étrangère et les difficultés de sa réforme de santé en politique intérieure – lui-même n’a pas changé ses positions d’un iota. Une inflexibilité qui explique en partie la stérilité de ses deux mandats. Mais c’est le propre du narcissisme moral que d’être persuadé de savoir mieux que les autres. "I know best".

Gérald Olivier (Atlantico, 2 septembre 2016)



17/06/2016

Bienséance à la mode : solution ou problème ?...

Nous reproduisons ci-dessous une tribune de Xavier Raufer, cuellie sur le site du nouvel Économiste et consacrée aux effets paradoxaux du "politiquement correct"...

 

xavier_raufer.jpg

Bienséance à la mode : solution ou problème ?

La criminologie éclairée exige une large base : le crime n’est-il pas l’un des phénomènes sociaux les plus complexes et intraitables ? Voilà pourquoi elle doit s’intéresser à ce qui jouxte, provoque ou explique le crime, et aux réactions sur celui-ci des idéologies, modes, etc.

Or qui regarde lucidement le crime évoluer dans la société de l’information, constate vite d’étranges, massives et analogues aberrations. C’est cela que nous montrons ici, pour diverses causes célèbres de la bienséance médiatique : racisme, féminisme, “fascisme”, obésité. Notons que tout cela touche au crime et/ou au pénal : il est donc légitime qu’un criminologue s’y intéresse et signale là-dessus ses étonnements.

Racisme : Sur les assassinats d’hommes noirs aux États-Unis, éruption des médias bienséants (d’autant, sans doute, qu’ils sont à la botte de plutôt glauques milliardaires, moralisante compensation genre Tartuffe).

Voyons les faits. Dans la population américaine, les 6 % d’hommes noirs fournissent 40 % des victimes d’homicides. En 2015, 36 Noirs américains désarmés ont été abattus par des policiers. Deux tiers de ces cas relèvent d’une possible (et criminelle) pulsion raciste. Sur les assassinats d’hommes noirs, les dernières données datent de 2014 : il y en a eu 2 451. Dont 2 205 (90 %) commis par d’autres hommes noirs (90 % du total).

Homicides racistes : 1 % (24 sur 2 401) ; guerre de gangs : 90 %. Aujourd’hui encore, (sondage Pew, août 2015), 73 % des Noirs américains considèrent le racisme comme un “grave problème” - alors que clairement, côté crime, leur drame majeur est communautaire. Comment réduire un phénomène aussi tragique, en censurant 90 % de ce qui le génère ?

Féminisme : depuis un quart de siècle, le féminisme enflamme l’Amérique. Parité ! Égalité ! Fin du sexisme et des discriminations. Or si la cause des femmes progresse, si de grands progrès sont accomplis, pourquoi les suicides féminins explosent-ils aux États-Unis ? D’abord chez les toutes jeunes filles, les mieux à même, à l’aube de leur vie, de jouir de ces progrès (+ 200% de suicides de 1999 à 2014 ; chez les garçons d’âge comparable, + 37%). Idem chez les femmes de 45 à 64 ans : + 63% de suicides, de 1999 à 2014.

Obésité (tant provoquée par la malbouffe que la justice y soupçonne une sorte d’empoisonnement de masse). Depuis 1965, l’hygiénisme américain exige, sur tout paquet et emballage, l’inscription de Nutrition Facts avertissant le public des dangers des aliments ; inscriptions obligatoires depuis 1990 et le Nutrition Labeling and Education Act. Or selon le Center for Disease Control, le nombre d’obèse triple quasiment de 1980 à 2014 (de 14 à 38 % de la population adulte)
Antifascisme : depuis la décennie 1980, en France, un bruyant courant antifasciste annonce le retour “des heures les plus sombres de notre histoire”. Fort bien - mais simultanément, l’objet de leur ire passe de 5 % à plus de 25 % des intentions de vote. Cependant, les “antifas” s’acharnent, en une obstination semblable à celle de la mouche contre la vitre.

Pourquoi ? Pour le criminologue, toutes ces démarches contre-productives s’expliquent par la philosophie. On crie au racisme (crime indéniable), mais les assassinats de Noirs ravagent tant et plus les États-Unis. On combat pour des femmes - qui se suicident plus. On promeut l’hygiénisme ET l’obésité explose. L’antifascisme virulent voit le “fascisme” progresser.

Le motif philosophique ce tout cela ? Lisons attentivement : “Ce qui agit de manière réactive pose d’abord ce à quoi il s’oppose et reste donc tributaire de ce qu’il s’imagine avoir révoqué”. Cette sage observation est de Martin Heidegger, philosophe que les “anti” feraient mieux de lire, au lieu de l’injurier.

Xavier Raufer (Le nouvel Économiste, 9 juin 2016)

25/05/2016

A propos du politiquement correct...

Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de François-Bernard Huyghe, cueilli sur son site personnel et consacré au "politiquement correct".

Spécialiste de l'information et de la communication, François-Bernard Huyghe est l'auteur de nombreux essais et a publié dernièrement La désinformation - Les armes du faux (Armand Colin, 2016).

Marianne baillonnée.jpg

Politiquement correct

Personne en France ne se dit politiquement correct par plaisir. De même, il est rare qu'un éditorialiste (et je ne parle pas d'un ministre !) avoue diffuser l'idéologie dominante. Il préférera se parer des prestiges sinon de la révolte, du moins d'une pensée dérangeante, sans doute minoritaire, même s'il est quotidiennement en mesure de l'asséner à des millions de gens. Exception, on a vu assumer d'être bien-pensant "et alors ?", comme L. Joffrin. Il réussissait ainsi à cumuler les apparences du courage (Dieu sait s'il en faut pour se dire anti-raciste, pro vivre-ensemble, pour l'Europe et les droits de l'homme dans un quotidien sur un plateau de télévision) et la jouissance de la dénonciation du complot néo-réac.

Initialement conçu dès les années 80 comme un refus des termes insultants envers des catégories présumées minoritaires, né d'une forme de compassion (ce qui, soit dit en passant, permet au "correct" de se sentir supérieur à la fois à celui dont il défend la dignité et à celui qu'il dénonce) le PC ( Political Corectness' made in Usa) fut d'abord une tactique d'évitement sémantique du mot blessant, mais va se transformer en programme pénal. Soit la loi tend à réprimer non plus des incitations publiques mais sentiments privés - or comment prohiber la crainte (phobie) et rendre l'amour de l'autre obligatoire ?-. Soit par l'exclusion sociale et morale de l'excluant présumé. Ce processus ne se traduit pas forcément par la perte d'un travail ou d'une tribune médiatique (encore que...) mais surtout par l'impossibilité de s'exprimer sans se justifier et rappeler quelles valeurs l'on n'entend pas remettre en cause. Donc de dire d'où l'on parle ou où l'on tend, plutôt que d'énoncer une thèse qui se révélera ou bien vraie ou bien fausse. Grâce au PC chacun peut redécouvrir les joies du Surmoi, du péché et de l'auto-répression. Mais attention : la critique du politiquement correct, ou des élites sont devenus de forts marqueurs du populisme, comme la critique des médias de masse (après avoir pendant des décennies représenté le comble du radicalisme de gauche).

Parallèlement, on glisse du politiquement correct comme "index" (liste d'expressions et comportements qui blessent) au politiquement correct comme "logiciel" au sens d'un programme destiné à produire des énoncés conformes, mais aussi à repérer les virus de la pensée (virus dont on craint qu'il ne se répande chez les classes inférieures peu humanistes et susceptibles de se laisser contaminer par des peurs, des nostalgies ou des rigidités). Bénéfice collatéral : même l'ancipenseur celui qui pense comme avant Big Brother) est contraint de pratiquer l'arrêtpensée (autre expression d'Orwell : la faculté intériorisée d'interrompre son raisonnement et a fortiori son expression au moment où il va mener vers des conclusions prohibées).

Le PC instaure donc une censure, mais en faisant croire que tout est affaire de mentalités (de tolérance) et non d’intérêts et de domination, donc qu’il suffirait de bons sentiments pour passer dans le bon camp. À la lutte des classes ou des idéologies se substitue celle des ouvertures et des cultures. Ou des bons ouverts contre les archaïques crispés sur leur refus du monde qui vient, de ses valeurs et de ses impératifs. Les libéraux contre les coincés, les héroïques contre les bloqués. Un adversaire politique n'est plus quelqu'un qui a des intérêts opposés à ceux de votre camp ou une doctrine aux conséquences négatives. C'est un individu, soit abusé (cet ignare a été se faire désinformer sur les réseaux sociaux complotistes, par exemple), soit qui souffre de problèmes psychiques (il a des fantasmes, il cherche des boucs émissaires à son propre sentiment d'infériorité ou de déclin), mais dans tous les cas, il n'émet pas une pensée discutable. Seulement qualifiable d'inqualifiable.

Le P.C. est aussi Puritainement Correct ; ce n’est plus la lubricité qui est condamnée mais l’orgueil des dominants, avec les mêmes hypocrisies et des mêmes indignations que l’on maudissait autrefois la fornication. Il y a sans doute de la volupté à se proclamer si respectueux de toutes les différences et en même temps tant menacé de pécher d’un mot. Le Politiquement Correct joue de la culpabilité : la faute consistant à employer des mots discriminants, donc à exclure de son cœur. Et comme de désigner ou de qualifier (ce qui, on l’admettra, reste une des fonctions normales des mots) on passe à classer, voire à évaluer, tout locuteur vit entre faute et rédemption, toujours en situation d’avoir à s’excuser d’avoir pu penser ce qu’il n’ose énoncer. Le crime est dans l'esprit il faut se rééduquer.

Le pire dans le politiquement correct est qu'il arrive à gâcher même les meilleures causes ou les sentiments les plus évidents. Soit l'affaire Baupin. La réaction la plus spontanée serait de dire qu'il est mal de forcer une femme qui vous repousse ou de l'humilier, que si le Tartuffe écologiste l'a fait, il doit être puni même s'il jouit entre temps de la présomption d'innocence. Décence commune, en somme. Mais voici qu'à la norme de la honte se substitue la dialectique du sentiment impur et de la bonne répression (un exemple) : le crime des tireurs d'élastique et autres frotteurs, serait le sentiment de puissance et d'impunité que leur confère la tradition. Il faudrait donc en faire plus : plus d'avancées, plus de contrôle de la société, moins de zones de non droit.

Ainsi, le logiciel PC oblige le locuteur à évoquer la libération de la parole et les tabous qui nous oppressent encore, à faire planer le soupçon sur les mâles en général et les structures archaïques en particulier. Et à dissimuler en combat de libération une envie de pénal : plus de lois, plus de dénonciations. Un peu d'auto-critique (il y a eu omerta, nous n'avions pas assez pris conscience), quelques exemples cités (le courage de ces femmes d'oser témoigner) et la culpabilisation de ceux qui laissent faire, de ceux qui ricanent, de ceux qui ne sont pas assez ardents au combat et au lynchage.

Le constat de la faute individuelle donne une occasion de rappeler qu'il y a encore des droits à affirmer et des prises de conscience à encourager, que le monde se divise en coupables et victimes, mais que l'air du temps, pourvu que l'on renonce à ses blocages et préjugés, balaiera ces miasmes.
Le politiquement correct politise dans un premier temps (tout est affaire de rapports de force et de dominations établies) mais pour dépolitiser dans un second temps : tout est dans la tête, ouvrez vous à la modernité. C'est là sa pire contradiction.
 
François-Bernard Huyghe (Huyghe.fr, 13 mai 2016)

24/04/2016

Les snipers de la semaine... (126)

 

tumblr_npr2na4fru1qgtm36o1_500.jpg

Au sommaire cette semaine :

- sur le Figaro Vox, Laurent Cantamessi dézingue la frénésie politiquement correcte qui s'est emparée de Sciences Po...

Hijab Day : quand Sciences-Po hisse les voiles du politiquement correct

 

Hijab Day.jpg

 

- sur le Blog de la revue Eléments, Paul Matilion exécute posément Nuit Debout et son déni de la réalité...

Nuit debout ou le royaume de l'illusion

 

Nuit Debout.jpg