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guerre - Page 61

  • Le nouvel art de la guerre ?...

    Les éditions Lux viennent de publier Dirty wars - Le nouvel art de la guerre, une enquête de Jeremy Scahill. Correspondant de guerre magazine The Nation, Jeremy Scahill est l’auteur de Blackwater : l’ascension de l’armée privée la plus puissante au monde. Après avoir participé à révéler le scandale Prism, il contribue à diffuser les informations révélées par Edwar Snowden.

     

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    " Une armée secrète
      Une mission sans frontières
      Une guerre sans fin

    Dans cette captivante enquête qui prend la forme d’un thriller, Jeremy Scahill braque le projecteur sur les manœuvres clandestines du Joint Special Operations Command (JSOC), ce corps d’armée placé directement sous les ordres de la Maison-Blanche, muni d’un permis de tuer en toute impunité et pour qui le monde n’est un champ de bataille. De l’Afghanistan au Yémen, en passant par le Pakistan, la Somalie et les États-Unis, le journaliste donne la parole aux victimes de cette sale guerre, les familles anéanties, femmes et hommes qui doivent choisir entre la douleur résignée et le djihad contre l’Amérique sanguinaire.

    La lecture de ce chef-d’œuvre d’investigation fait l’effet d’un électrochoc. Scahill nous mène loin des fronts officiels, là où vont trop peu de journalistes et où l’État prend goût à d’inavouables pratiques. "

     

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  • La guerre au nom de l'humanité ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Alain de Benoist, cueilli sur Boulevard Voltaire et consacré aux guerres "humanitaires" d'aujourd'hui... 

     

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    Les guerres idéologiques modernes ont pris le relais des anciennes guerres de religion…

    Autrefois, des princes cyniques se faisaient la guerre afin d’agrandir leurs territoires respectifs. Aujourd’hui, les conflits semblent avoir changé de nature…

    Ils ont changé de nature parce que le regard sur la guerre a changé. Elle était considérée autrefois comme un événement désagréable, mais dont aucune société ne pouvait faire l’économie. Peu à peu, l’idée s’est fait jour, cependant, que l’on pouvait en finir avec la guerre. Cela a abouti en 1928 au pacte Briand-Kellogg, signé par 63 pays qui déclarèrent solennellement qu’ils condamnaient le recours à la guerre pour le règlement des différends internationaux et y renonçaient en tant qu’instrument de politique nationale. Cela n’a évidemment pas empêché la Deuxième Guerre mondiale d’éclater ! À partir de 1945, la guerre d’agression ayant de nouveau été mise hors la loi, on s’est empressé de trouver des moyens de tourner cette interdiction. L’une des astuces à laquelle on a eu recours a été la notion de « légitime défense préventive », dont les États-Unis et Israël se sont faits les théoriciens. Mais la trouvaille majeure a été de décréter qu’il était licite de faire la guerre lorsque les motifs étaient d’ordre éminemment moral : rétablir la démocratie, sauver les populations civiles, éliminer une dictature. Le recours à la force contre des États souverains a donc été justifié par des considérations d’ordre interne. La charte de l’ONU, élaborée au départ en vue du maintien de la paix, a parallèlement été réinterprétée comme devant assurer le primat du « droit international humanitaire », fût-ce par le moyen de conflits armés. Ainsi sont nées les « guerres humanitaires » inspirées par l’idéologie des droits de l’homme.

    Grande est l’impression que, désormais, non content de battre l’ennemi, il faut l’annihiler, le criminaliser, voire le convertir… N’assistons-nous pas à des parodies de croisade, les droits de l’homme ayant remplacé les Évangiles ?

    Dès que l’on se situe sur le terrain de la morale, une telle évolution est inévitable. Les guerres de religion sont par définition les plus meurtrières, parce que l’ennemi n’y est plus perçu comme un adversaire du moment, qui pourrait éventuellement devenir un allié si les circonstances changeaient, mais comme une figure du Mal. C’est pour en finir avec les guerres de religion qu’au lendemain des traités de Westphalie (1648) un nouveau droit de la guerre (jus ad bellum), lié à l’avènement de ce qu’on a appelé le jus publicum europaeum, a vu le jour. Son but explicite était d’humaniser la guerre, de la « mettre en forme », selon l’expression de Vattel. C’était une guerre à justus hostis : on admettait que celui-là même que l’on combattait pouvait avoir ses raisons. Il était l’ennemi, mais il n’était pas le Mal. La victoire s’accompagnait d’un traité de paix, et nul ne cherchait à perpétuer, au lendemain des combats, une hostilité qui n’avait plus lieu d’être.

    Les guerres idéologiques modernes ont pris le relais des anciennes guerres de religion, avec lesquelles elles ont une évidente parenté : il y est toujours question du Bien et du Mal. Ces guerres modernes ressuscitent le modèle médiéval de la guerre à justa causa, de la « guerre juste », c’est-à-dire de la guerre qui tire sa légitimité de ce qu’elle défend une « juste cause ». L’ennemi est, dès lors, nécessairement tenu pour un criminel, un délinquant, qu’il ne faut pas seulement vaincre, mais dont on doit aussi éradiquer tout ce qu’il représente. Les guerres « humanitaires » d’aujourd’hui sont des guerres au nom de l’humanité : qui se bat au nom de l’humanité tend nécessairement à regarder ceux qu’il combat comme hors humanité. Contre un tel ennemi, tous les moyens deviennent bons, à commencer par les bombardements de masse. Dès lors s’effacent toutes les distinctions traditionnelles : entre les combattants et les civils, le front et l’arrière, la police et l’armée (les guerres deviennent des « opérations de police internationale ») et finalement la guerre et la paix, puisque avec la « rééducation » des populations conquises, la guerre se prolonge en temps de paix. Quant au soldat, comme l’écrit Robert Redeker, l’auteur du Soldat impossible, il est « remplacé par un mixte de policier, de gendarme, d’intervenant humanitaire, d’assistance sociale, d’infirmier et de pédagogue », chargé de « convertir, en punissant les récalcitrants, tous les États aux droits de l’homme et à la démocratie ». Ce n’est plus qu’une apparence de soldat.

    D’un autre côté, on ne cesse de nous vanter des « guerres propres » avec « zéro mort ». N’y aurait-il pas contradiction ?

    Dans le meilleur des cas, le « zéro mort » n’est jamais envisagé que pour « les nôtres » ! Les pertes ennemies ne sont pas prises en compte. L’idée est née de l’évolution des techniques de guerre. On est passé du corps à corps à la flèche, puis au carreau d’arbalète, à la balle, au boulet de canon, à l’obus, à la bombe aérienne. En clair : la distance entre celui qui tue et celui qui est tué n’a jamais cessé de croître. L’avion qui lâche ses bombes incendiaires sur des populations civiles ne prend guère de risques si l’ennemi ne possède ni batteries anti-aériennes ni missiles sol-air. On atteint aujourd’hui un sommet avec les drones qui tuent des gens par centaines en Afghanistan, mais sont manœuvrés des États-Unis par des fonctionnaires qui appuient sur des boutons comme s’ils jouaient à un jeu vidéo.

    Cela dit, le recours à des outillages technologiques de plus en plus sophistiqués n’est pas gage de victoire : gagner une bataille n’est pas gagner la guerre. On l’a bien vu en Irak et en Afghanistan : c’est après le succès initial que les problèmes commencent. « À la guerre, chaque adversaire fait la loi de l’Autre », rappelait Clausewitz. En France, où l’armée de terre ne représente plus que 119.000 hommes, on n’a cessé de diminuer les effectifs et de rogner sur le budget de la Défense (aujourd’hui 1,5 % du PIB), avec comme résultat que l’armée française n’a plus les moyens d’intervenir sur plus d’un front. Ce que rappelait récemment le général Vincent Desportes, ancien directeur de l’École de guerre : « Des forces réduites de haute sophistication sont de plus en plus aptes à remporter les batailles et de moins en moins capables de gagner les guerres, adaptées surtout aux conflits que nous ne voulons pas mener. »

    Alain de Benoist, propos recueillis par Nicolas Gauthier (Boulevard Voltaire, 24 avril 2014)

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  • Un film d'homme filmé à hauteur d'homme...

    L'INA vient de publier en DVD La section Anderson, le célèbre reportage de Pierre Schoendoerffer sur la guerre du Vietnam vue au sein d'une section d'infanterie américaine. Vous pouvez découvrir ci-dessous la critique qu'en a fait Michel Marmin dans le mensuel Le spectacle du monde de mars 2014.

     

     

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        La section Anderson de Pierre Schoendoerffer

    En 1966, l’engagement des États-Unis au Viêtnam était monté en puissance (près de 400 000 hommes sur le théâtre), avec pour objectif l’écrasement de la rébellion communiste au Viêtnam du Sud, le Pentagone comptant sur son aviation de bombardement pour mettre le Nord à genoux. La seconde guerre d’Indochine avait vraiment commencé. Les images que les téléspectateurs pouvaient déjà découvrir étaient certes terribles, et l’on sait quel effet dévastateur elles auraient bientôt sur l’opinion publique américaine. Mais elles ne disaient pas comment les soldats américains, de très jeunes appelés pour la plupart, vivaient cette guerre, eux qu’aucun lien historique, culturel ou personnel n’attachait à un pays mystérieux et inquiétant, situé à des milliers de kilomètres de leur foyer, et c’est bien là toute la différence avec la première guerre d’Indochine. Ce vécu, un seul cinéaste au monde était capable de le comprendre, de le partager et de le traduire en images : Pierre Schoendoerffer.

    Auréolé de la gloire que lui avait apportée la 317e Section (1963) où, fort de son propre passé indochinois, il avait exprimé de façon rigoureuse et pudique le drame du corps expéditionnaire français, Schoendoerffer, épaulé par son cameraman Dominique Merlin et son preneur de son Raymond Adam, a accompagné pendant six semaines une section de la 1re division de cavalerie, commandée par le lieutenant Joseph B. Anderson. Soit une grosse trentaine d’hommes, assez représentative de la population américaine : des Blancs de souches très diverses, des Noirs (dont le lieutenant Anderson lui-même), et même un Indien. En réalité, les Français ont fait beaucoup plus qu’accompagner les Américains au combat; ils se sont amalgamés à eux, faisant rapidement oublier qu’ils ne portaient pas de fusil. Le miracle de ce documentaire, c’est d’avoir fait oublier la caméra à ceux qu’elle filmait et, par voie de conséquence, de l’avoir fait oublier aussi aux spectateurs. Réalisé pour le célèbre magazine télévisé Cinq Colonnes à la une, et diffusé le 3 février 1967 sur la première chaîne de l’ORTF, la Section Anderson est un chef-d’oeuvre absolu : près d’un demi-siècle après, il a gardé une faculté d’émotion à laquelle aucun film rétrospectif sur la guerre du Viêtnam, fussent-ils signés Francis Ford Coppola, Michael Cimino ou Stanley Kubrick, n’a pu prétendre. La raison en est que ce film d’hommes est filmé à hauteur d’homme, toujours à l’exacte distance du regard humain. Mais ce n’est pas tout. Schoendoerffer n’a pas seulement évité les pièges du spectacle – et pourtant la Section Anderson est un film où l’on voit des soldats mourir et où un hélicoptère s’écrase sous nos yeux. Il a su donner la juste mesure du temps de la guerre, avec ses phases intenses de combat, ses attentes angoissantes, ses explosions soudaines, mais aussi « avec ses chants ses longs loisirs », comme le chantait Apollinaire. Et au bout, on a une oeuvre que son auteur aurait pu appeler la Condition humaine si le titre n’avait été déjà employé… Car, au fond, de quoi nous parle Schoendoerffer ? De la fraternité, telle que peut la révéler l’expérience initiatique de la peur et du courage, le baptême du feu prenant ici son sens le plus profond. Vingt ans après, Schoendoerffer a pu retrouver aux quatre coins des Etats-Unis une dizaine de survivants de la section, dont le lieutenant Anderson lui-même. Il les a filmés chez eux, puis il les a réunis. Le document qui a résulté de cette rencontre, Réminiscence (1989), est bouleversant. 

    Michel Marmin (Le spectacle du monde, mars 2014)

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  • La chair et l'acier...

    Les éditions Tallandier viennent de rééditer dans leur collection de poche L'invention de la guerre moderne 1871 - 1918, un essai de Michel Goya publié initialement en 2004 sous le titre La chair et l'acier. Officier, responsable du blog de réflexion militaire La voie de l'épée et membre du comité éditorial de la revue Guerre & Histoire, Michel Goya est l'auteur de plusieurs essais comme Irak, les armées du chaos (Economica, 2008)ou Sous le feu - La mort comme hypothèse de travail (Tallandier, 2014).

     

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    " Casque obligatoire pour tous, apparition des tanks, transformation de l'armement individuel... L'année 1916 marque une rupture, un tournant, le passage déterminant de la guerre classique à la guerre moderne. En novembre 1918, l'infanterie se déplace en camion. Elle est encadrée de sections de mitrailleuses, de mortiers et de chars, survolée par des aéroplanes qui harcèlent l'ennemi, l'aveuglent de fumigènes et le signalent à une artillerie omniprésente. Une armée industrielle qui renvoie baïonnette, lance et pantalon garance d'août 1914 à un autre siècle. Sous la pression d'un terrible défi, l'armée française est devenue en quelques années la plus moderne du monde. Mais cette mutation s'ancre dans des origines plus lointaines, au lendemain du désastre de 1870, lorsqu'une génération d'officiers humiliés par la défaite se sont efforcés de préparer scientifiquement la guerre. Face à l'épreuve du feu, cette entreprise s'est révélée une illusion et c'est finalement la terrible école du front qui a permis à des troupes, souvent peu instruites et mal dirigées, de devenir la Grande Armée victorieuse de 1918. "

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  • Ernst Jünger et l'écriture de la guerre...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous une conférence donnée par Julien Hervier le 11 février 2014 au Collège de France, et ayant pour thème "Ernst Jünger et l'écriture de la guerre". Julien Hervier a récemment publié une biographie de l'auteur d'Orages d'acier intitulée Ernst Jünger - Dans les tempêtes du siècle.

    La conférence est présentée par Antoine Compagnon, auteur notamment de l'essai Les Antimodernes - De Joseph de Maistre à Roland Barthes (Gallimard, 2005).

     

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  • Ces guerres qui ne devaient pas éclater...

    Les éditions Michel de Maule viennent de publier un essai de Nicolas Saudray intitulé 1870 - 1914 - 1939 : Ces guerres qui ne devaient pas éclater. Haut-fonctionnaire et romancier, Nicolas Saudray est notamment l'auteur d'un roman d'anticipation grinçant, Voyage au pays des frogs (Balland, 1991), et d'une excellente uchronie, Les oranges de Yalta (Balland, 1992).

     

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    " 1870, 1914, 1939. Trois guerres nées de l’égoïsme, du chauvinisme et de la lâcheté, trois guerres qui n’auraient pas dû éclater.
    Napoléon III et ses conseillers ont déclaré la première alors qu’ils avaient toutes raisons de ne pas le faire. Si l’on efface leur erreur, l’histoire du XXe siècle aurait été différente.
    Malgré cette faute majeure, la probabilité des deux guerres mondiales qui ont suivi restait faible. Un rideau de troupes, à Sarajevo, suffisait à empêcher l’attentat contre l’Archiduc François-Ferdinand à l’origine de la guerre de 1914. Guillaume II aurait sauvé la paix s’il était rentré de manœuvres navales un jour plus tôt… En 1933, les nazis, minoritaires, ne pouvaient accéder au pouvoir ; on le leur a offert. Et leur régime se serait sans doute effondré si l’armée française, en 1936, était entrée dans la zone rhénane pour en préserver la neutralité.
    L’issue des conflits était tout aussi incertaine. De 1914 à 1918, le front occidental a manqué d’être rompu quatre fois par les Allemands. En 1941, ceux-ci ont été à deux doigts de prendre Moscou. Ils auraient été les premiers à disposer de la bombe atomique si Hitler s’y était intéressé. Le Japon pouvait inverser le sens de l’histoire en attaquant l’Union soviétique de concert avec le Reich, au lieu de s’en prendre aux Américains, adversaires bien trop puissants.
    Cet ouvrage est le livre des occasions perdues, des tournants manqués et des décisions absurdes. 1870, 1914, 1939 : une poignée d’hommes seulement a écrit cette suite de mélodies pour un carnage.

    Chef d’entreprise puis magistrat, Nicolas Saudray a présidé, parallèlement, le conseil d’administration de la Bibliothèque nationale. Il a publié dix romans, dont La Maison des prophètes (Balland, 1992, prix Méditerranée), et Les Oranges de Yalta (Seuil, 1984). "
     

     

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