Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Points de vue - Page 413

  • Guerre en Libye : les questions qui fâchent...

    Vous pouvez voir ci-dessous un extrait de l'émission Ce soir ou jamais du lundi 21 mars 2011, animée par Frédéric Taddeï et consacrée à la guerre contre la Libye, avec le journaliste Michel Collon, et l'ancien président de Médecins sans frontière, Rony Brauman.

     

    Lien permanent Catégories : Multimédia, Points de vue 1 commentaire Pin it!
  • Censure visible, censure invisible...

    Vous pouvez visionner ci-dessous une conférence de l'écrivain et polémiste Pierre Jourde, cueillie sur le site d'Enquête et débat, consacrée à la censure contemporaine en littérature. Pierre Jourde est, notamment, l'auteur de La littérature sans estomac (L'esprit des péninsules, 2002), de Festins secrets (L'esprit des péninsules, 2005) ou dernièrement de C'est la culture qu'on assassine (Balland, 2011).

     


    Conférence Pierre Jourde censure et littérature par enquete-debat

    Lien permanent Catégories : Multimédia, Points de vue 0 commentaire Pin it!
  • Le Camp du diable...

    Nous reproduisons ci-dessous un excellent point de vue sur la menace migratoire de Georges-Henri Bricet des Vallons, qui est l'auteur d'un essai intitulé Irak, terre mercenaire et qui a dirigé l'ouvrage collectif Faut-il brûler la contre-insurrection ?.

     

    Lampedusa.jpg

     

    Le Camp du diable

    « Cinq milliards sinon l’Europe deviendra noire ! » nous faisait chanter il y a peu Kadhafi, qui avait tout compris des frayeurs des gouvernements européens, mais bien peu de celles de son peuple. Ce n’est pour l’heure qu’une hypothèse, que certaines belles âmes s’emploient déjà à disqualifier en fantasme xénophobe et pourtant, son écho est hypnotique et dévastateur. Elle exerce sur l’Occident, capté et perclus depuis si longtemps par la hantise de son propre effondrement, une puissance de fascination sans égale. C’est la rumeur d’un déferlement migratoire formidable, d’une invasion des nécessiteux, enfantée par le chaos insurrectionnel du monde arabe. C’est l’ombre levée du Grand Autre qui nous transit. Le gouvernement italien s’inquiétait il y a une semaine de l’échouage probable d’une vague de 300 000 Libyens sur les côtes européennes. Frontex, l’agence de l’Union Européenne en charge des questions migratoires, nous a livré peu après une dramaturgie plus grandiose, à la mesure d’un exil biblique : non plus des centaines de milliers, mais jusqu’à 1,5 millions de réfugiés s’engouffrant dans le sas béant de l’ex-dictature libyenne. La police aux frontières des Alpes-Maritimes – le bien maigre reliquat de nos feues douanes – se dit déjà débordée par l’afflux de ressortissants tunisiens. Bruxelles, dans l’intimité feutrée de l’oligarchie, réfléchit aux modalités de partage du « fardeau ».

    Coïncidence insolente ou conjuration véritable de l’Histoire, l’hypothèse grandit au moment même où l’on réédite Le Camp des saints, épopée de la masse ravageuse d’un million d’innocents rejetés par l’anarchie du monde sur la Côte-d’Azur ; au moment précis où semble prendre corps la prophétie de Jean Raspail, celle d’une Europe proche de subir la fureur des tectoniques migratoires. Le roman de Raspail, si singulier dans son art de dresser le visage de la catastrophe, nous narrait surtout un dilemme implacable : comment réagir à l’invasion des innocents ? L’accepter et lui tendre les bras, non pas au risque, mais bien au prix d’une altération radicale de notre société et de notre identité ? La refuser et la combattre, commettre un crime de survie pour sauver ce qui peut l’être encore ? Quoi faire donc ? Marine Le Pen est pour l’heure la seule responsable politique à avoir avancé une réponse claire : la mise en place d’un cordon sanitaire de Gibraltar à Lampedusa, appuyé sur un accord trilatéral entre la France, l’Espagne et l’Italie. Une position qui lui vaut d’être vouée aux gémonies par les actionnaires du Bien, toujours à l’aise quand il s’agit de faire peser sur les peuples le poids de leur miséricorde. Mais face à un tel cas de figure où serait le courage ? Où serait la réponse ? Il n’y en a pas de bonne, pas de juste. Un tel cataclysme n’imposerait aucune vérité, autre justement que celle, impitoyable, du choix de civilisation exposé par Raspail.

    Si l’hypothèse se confirmait, le scénario en serait assez facile à deviner, la réaction de nos gouvernements aisément anticipable. L’Italie réclame déjà à l’Union Européenne un plan Marshall. On arguerait évidemment qu’un tel accueil ne serait que temporaire, qu’on ne peut de toute façon pas faire autrement. Imaginez-vous les repousser ces miséreux ? Comment ne pas partager leur instinct de survie, ne pas faire vôtre leur légitime volonté d’échapper au chaos, à la pauvreté et à la mort ? Nous voyez-vous tirer, comme le faisaient les gardes-frontières libyens sur les clandestins subsahariens, sur ces hordes de réfugiés ? Il est vrai que la construction d’une ligne Maginot sur le front méditérranéen ne flatterait guère notre humanisme chrétien. Il faudra mutualiser l’invasion, se la répartir, puisque la refuser, par la force, n’est plus possible. De gigantesques camps d’accueil répandus des côtes de l’Italie jusqu’en France. La résorption de l’anarchie migratoire ne sera bien sûr qu’une question de temps, tenteront de nous rassurer nos responsables impuissants, jusqu’à ce que la situation sécuritaire s’assainisse, jusqu’à ce que la démocratie voit le jour. Quelques mois, quelques années tout au plus. Là où la fiction captive davantage encore, c’est que s’il se manifeste dans les proportions annoncées, ce déluge humain surviendra dans la pire conjoncture possible, celle du déclin d’une Europe tuée économiquement par la crise et fragilisée culturellement par une immigration de peuplement vieille de cinq décennies qu’elle n’est déjà plus en mesure de digérer.

    Histoire d’invasion pacifique qui en rappelle une autre, réelle celle-là. En 376, les peuples goths, chassés au Nord par les Huns, demandèrent aux Romains de leur accorder refuge au-delà du Danube. Le massacre de main-d’œuvre n’était plus dans les mœurs de l’empire christianisé qui comptait trop peu d’habitants pour se permettre de sacrifier les barbares qui, de fait, allaient franchir le fleuve avec ou sans accord. Il fallait de plus à l’empereur Valens des bras mercenaires pour servir la guerre en Perse. L’accueil des réfugiés Goths et leur fixation sur les terres de Thrace en fonction du colonat furent donc décidé et une gigantesque opération humanitaire se mit en branle. Las ! La politique d’accueil fit rapidement déroute, alimentée par la corruption des fonctionnaires romains qui ne tinrent pas leur promesse. De griefs en incompréhensions et en trahisons des deux côtés, la guerre fit rage. L’histoire culmina à Andrinople en 378. Les Goths vinrent à bout d’une armée romaine, elle-même largement « barbarisée », qui n’avait rien prévu de leur résistance et qui dut bientôt se mettre à chercher dans les ruines de la bataille le cadavre à jamais perdu de son empereur.

    L’imprévisible est maître. Des détails de l’avenir et de ses ruses, nous ne pouvons rien savoir. Mais la trame, elle, nous pouvons la « deviner » comme l’a fait Jean Raspail. Et cette fiction nous possède.

    Le monde est décidement fascinant dans ses emballements. Le futur qu’il nous trace terrible dans sa symbolique : à la colonisation révolue de l’Europe conquérante répondrait l’élan redoutable d’une contre-colonisation des victimes. Entre une charité suicidaire et une absence de pitié criminelle, entre l’altruisme qui nous tuera à coup sûr et l’égoïsme qui ne nous offrira qu’un salut précaire et coupable, voilà le nœud gordien où pourrait trancher le destin de l’Europe. Ce dilemme est notre diable. Que nous le voulions ou non, nous sommes, envahisseurs et envahis, déjà tous dans son camp.

    Georges-Henri Bricet des Vallons

    Lien permanent Catégories : Géopolitique, Points de vue 0 commentaire Pin it!
  • Défendre le peuple libyen ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Jean Bonnevey sur la guerre contre la Libye, publié sur Metamag, le magazine de l'esprit critique. Bie vu !...

     

    peuple libyen.jpg

     

    Défendre le peuple libyen ? Mais quel peuple libyen ?

    L’approche du président Sarkozy de l’intervention franco- anglo-saxonne en Libye est plus que simple. Elle est simpliste. La France, pays des droits de l’homme et de la démocratie, reprendrait son rôle historique en se portant au secours d’un peuple combattant pour sa liberté et contre un tyran. Ce sont les « gentils », menés par le plus gentil d’entre eux, contre un très méchant, qui tue les siens. 

    A dire vraie, cette présentation fait l’unanimité dans les médias, à quelque réserve près, émise par des spécialistes et consultants. Cette unanimité est spectaculaire, puisque même les journalistes de Marianne, qui ont fait de la démolition de Sarkozy leur ligne éditoriale, se sentent obligés de le féliciter.

    Personne ne pose la question, qui cependant ne tardera pas à l’être : les raisons cachées de cette précipitation militaire ? Mais pourquoi donc Nicolas Sarkozy a-t-il brusquement décidé de « karcheriser » son » ami » Kadhafi ? Si Sarkozy avait été un dictateur, on aurait déjà dit qu’il tentait, par une opération extérieure, de faire oublier ses déboires intérieurs et de rebondir. Cela viendra. On se demandera si sa dernière chance de changer son image pour se représenter ne passait pas finalement par Benghazi. Pour le moment en tout cas, cette approche critique est quasi absente. Quasi, puisque nous en parlons.

    A dire vrai, on peut tout à fait approuver un soutien militaire aux insurgés, pour débarrasser la Libye de son dictateur, et envisager pour ce pays un avenir meilleur. Encore faut-il ne pas se leurrer et ne pas hésiter a prendre en compte des éléments qui rendent relatifs la présentation officielle par Paris de ce qui se passe.

    On notera d’abord que la position très en pointe de Paris est loin de faire l’unanimité, que les USA traînent des pieds - et d’ailleurs Obama est allé comme si de rien n’était en Amérique latine… si loin de Tripoli - que l’Allemagne nous a lâchés ;  le couple franco allemand a du plomb dans l’aile et Kadhafi n’y est pour rien.

    On notera encore que « la communauté internationale » est très hésitante et, à dire vraie, assez réduite. La Russie, la Chine l’Inde ne sont pas d’accord. Les pays africains ont lâché Paris et ne se sont pas rendu au rendez vous de Paris, préférant se réunir à Nouakchott pour initier une médiation.Et, malgré leur proximité, les deux nouvelles démocraties - la Tunisie et l’Egypte - ne manifestent pas une solidarité très active envers leurs frères de combat pour la liberté. Reste la Ligue Arabe dont l’inefficacité est connue. 

    A l’exception notable du Qatar, dont les relations avec la France sont souvent jugées suspectes, deux soutiens méritent réflexion. L’Irak, occupé et au statut démocratique improbable , malgré la guerre faite paraît-il pour ça, est le plus mal placé pour se manifester. L’Arabie Saoudite, qui a envahi le Bahreïn pour réprimer une partie du peuple de l’archipel, ne manque pas d’air non plus. Il s’agit donc bien d’une nouvelle opération militaire occidentale contre un pays arabo-musulman.

    Reste l’essentiel : protéger le peuple libyen. Mais les opérations militaires engagées visent, de toute évidence aussi, à briser le régime, quitte a faire des victimes civiles chez les pros-Kadhafi. Or ,et jusqu’a preuve du contraire, ils sont eux aussi des Libyens. Parlons-en car le fond du problème c’est qu’il n’y a pas de peuple libyen. Il y a des tribus. Celles de l’Est se sont soulevées contre un régime plus favorable aux tribus de l’Ouest. Présenter des rebelles, qui tirent dans tous les sens et veulent en découdre, comme des civils désarmés est tout de même un peu excessif.

    Enfin que fera t-on d’une victoire? Une fois Kadhafi renversé, mettra-t-on les gens de Benghazi au pouvoir à Tripoli ? Ce serait condamner le pays à une instabilité permanente, à une « somalisation » A-t-on vraiment pensé à l’après-Kadhafi au-delà du dogmatisme démocratique ? Pas sûr.

    D’autant que, derrière notre très actif chef des armées, le ministre des Affaires étrangères est tout de même celui qui pensait sauver le Rwanda par la démocratie, en mettant l’ethnie la plus nombreuse au pouvoir grâce au bulletin de vote. Condamnant la minorité à une soumission permanente inacceptable dans un système tribal. Alain Juppé qui est considéré encore souvent par de nombreuses victimes civiles comme partiellement responsable, par erreur d’analyse, d’un des plus terribles génocides de l’après-guerre. La bonne conscience, surtout dogmatique, est dangereuse pour ceux qui en bénéficient sans vraiment l’avoir demandée.

    Jean Bonnevey (Metamag, 22 mars 2011)

    Lien permanent Catégories : Points de vue 1 commentaire Pin it!
  • La chronique d'analyse politique d'Emmanuel ratier

    Animateur de la remarquable lettre d'information Faits et documents, Emmanuel Ratier nous livre sa première chronique d'analyse politique consacrée à la percée médiatique de Marine Le Pen...

     

    Lien permanent Catégories : Multimédia, Points de vue 0 commentaire Pin it!
  • Chroniques de la modernité tardive...

    Sur son Avant-blog, Eric Werner, l'auteur de L'avant-guerre civile poursuit son travail d'observation de notre société post-démocratique au travers de courts textes, des dialogues entre quelques personnages emblématiques, à la manière de ceux qu'il a publié dans Ne vous approchez pas des fenêtres - indiscrétions sur la nature réelle du régime (éditions Xénia, 2008). Nous reproduisons ci-desous les quatres chroniques qu'il  a écrites entre le 27 février et le 13 mars 2011


    Soumission.jpg


    Ayaan Hirsi Ali

    Tu vois qui est Ayaan Hirsi Ali, dit l'Ethnologue. Il y avait un très bon article d'elle l'autre jour dans Le Monde (12 février). Juste ceci: "Les Moubarak et autres Kadhafi du Moyen-Orient ne sont pas des phénomènes tombés de la lune; ils sont le produit de l'absence de liberté inhérente à la culture de masse islamique. On s'accoutume très tôt à la soumission, dans cette civilisation". En attendant, dit l'Etudiante, ce sont eux qui se révoltent: eux et pas nous. Nous n'avons ni Moubarak, ni Kadhafi, dit le Collégien. Certes, dit l'Etudiante. En revanche nous avons les ... au ... de ...; et aussi les ... du ...; les ... ; etc. Ce n'est pas exactement pareil, dit le Collégien. Qu'est-ce que tu crois, dit l'Etudiante: ils nous coûtent bien plus cher encore. Nous sommes quand même en démocratie, dit la Poire. Oui bien sûr, dit l'Etudiante.

    (27 février 2011)

     

    Dépassé

    Si, à l'instar d'Ayaan Hirsi Ali, on caractérise la culture de masse musulmane en référence à la soumission, alors il apparaît clairement que cette culture, la culture de masse musulmane, est aujourd'hui en Europe la culture dominante, dit l'Ethnologue. Nous nous la sommes complètement appropriée. En ce sens, le débat sur les minarets est dépassé. On ne peut pas adhérer à la culture de masse musulmane sans en même temps vouloir construire des mosquées et des minarets. Cela paraît logique. Comme apparaît logique le port du voile islamique (y compris intégral). Ces prochaines années, vous le verrez, de plus en plus d'Européennes en viendront à l'adopter: d'abord (comme c'est le cas déjà maintenant) pour se rendre intéressantes, puis de plus en plus pour afficher leur adhésion pleine et entière à ladite culture, montrer à quel point elles se reconnaissent en elle, etc. Rien ne sert donc de vouloir s'opposer à ces choses, elles sont inséparables d'un mouvement de fond dont on peut raisonnablement penser qu'il ira jusqu'au bout de lui-même.

    (28 février 2011)

     

    Quel rapport ?

    Résumons-nous donc, dit l'Ethnologue. Sur un des plateaux de la balance, vous avez les salaires des dirigeants: ceux des dirigeants mais aussi des bureaucrates des grandes sociétés et banques multinationales, etc. Leurs super-salaires, mais aussi leurs retraites-chapeaux, leurs indemnités de départ, leurs revenus patrimoniaux, etc., bref, tout ce qui leur permet de goûter sereinement et sans trop se culpabiliser aux joies de l'existence. Vous connaissez les chiffres. Et sur l'autre plateau? En France, par exemple, 8 millions de personnes, soit 13,4 % de la population, vivent aujourd'hui avec moins de 950 euros par mois. C'est le cas aussi d'un jeune sur cinq. 20 % des étudiants ne mangent que deux repas par jour. Etc. Quel rapport avec les minarets, demanda le Collégien? Je recommence, dit l'Ethnologue: "Si, à l'instar d'Ayaan Hirsi Ali, on caractérise la culture de masse musulmane en référence à la soumission", etc.

    (9 mars 2011)

     

    Compare

    On peut poser le problème autrement encore, dit l'Ethnologue. Je m'inspire ici d'une remarque de Georges Corm (Le nouveau gouvernement du monde, La Découverte, 2010). Compare ce qu'ils gagnent avec ce que gagnent les gens exécutant, comme le dit cet auteur, "les tâches les plus essentielles à la survie des sociétés (ainsi le personnel infirmier, le personnel enseignant, les médecins généralistes ou les services d'aide à domicile, ou même, dans un autre registre, le balayage des rues, les travaux manuels et pénibles du bâtiment, les travaux de saisie informatique, etc.)". Compare, et ensuite dis-moi ce que tu penses d'un régime qui tolère de tels écarts, et non seulement les tolère mais les laisse se creuser toujours davantage, comme c'est aujourd'hui le cas. D'un tel régime et de son échelle de valeurs. A ton avis?

    (13 mars 2011)

    Eric Werner

    hyperclasse.jpeg


     

    Lien permanent Catégories : Points de vue 0 commentaire Pin it!