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Livres - Page 82

  • Rome : chronique d'apocalypse...

    Les éditions Fario viennent de publier un essai de Jean Lauxerois intitulé Rome - Chronique d'apocalypse. Philosophe, élève de Jean Beaufret, l'auteur a également traduit des œuvres de Heidegger, Walter F. Otto, Aristote ou Sophocle.

     

    Lauxerois_Rome - Chronique d'apocalypse.jpg

     

    " « Qui venait habiter à Rome, autour des années quatre-vingt-dix, découvrait une ville bien éloignée des images du traditionnel « Voyage en Italie » comme des clichés de l’actuel tourisme de masse. Âpre, dure, corrompue, somnolente et violente à la fois, à mi-chemin entre mythe et chaos, Rome semblait partagée entre le rêve de sa grandeur passée et la réalité de sa dégradation contemporaine – tout en gardant une beauté secrète dont l’emprise pouvait être hypnotique.

    Célèbres ou anonymes, de souche ou d’adoption, la plupart des Romains continuaient à vivre au jour le jour, avec leur fatalisme légendaire voire leur indifférence ; d’autres tentaient de lire les signes de la catastrophe annoncée… Leur inquiétude engageait à tenir la chronique de cette lente apocalypse, en sondant les profondeurs de la ville pour en déchiffrer les mortels paradoxes.

    D’autant que deux poètes aux destins croisés avaient ouvert la voie menant au labyrinthe : Ingeborg Bachmann, quittant l’Autriche pour vivre à Rome et pour finalement y mourir dans l’incendie de son appartement en 1973, et Pier Paolo Pasolini, sauvagement assassiné sur la plage d’Ostie en 1975. Leur présence vibre dans ces pages, et réveille en écho la mémoire de ceux qui ont contribué à écrire le roman de Rome – tels Michel-Ange, Poussin, Piranèse, Goethe, Chateaubriand, Stendhal, Rilke, Fellini, Moravia, Ungaretti… 

    Thomas Bernhardt, lui, écrit dans Extinction : « Rome est un lieu idéal pour une extinction comme celle que j’ai en tête. Car Rome n’est pas le centre ancien de l’histoire passée du monde, elle est, comme nous le voyons et le sentons chaque jour et à chaque heure si nous sommes attentifs, le centre du monde d’aujourd’hui… » Dans ce sillage, la chronique devenait quête d’un sens : celui du devenir de l’Europe. Car si Rome n’est plus dans Rome, qu’en est-il de l’Europe dont elle a été si longtemps le centre ?  Si nous sommes entrés dans ce qu’Ernst Jünger nomme un « interrègne », si les dieux se sont pour l’heure retirés, en laissant se déployer la puissance des Titans, Rome malmenée, et désormais marginale, serait l’image d’une Europe elle-même reléguée à la marge du monde devenu planétaire. En son apocalypse, Rome serait le miroir de l’Europe contemporaine, et son centre insolite. » "   

     

    « Qui venait habiter à Rome, autour des années quatre-vingt-dix, découvrait une ville bien éloignée des images du traditionnel « Voyage en Italie » comme des clichés de l’actuel tourisme de masse. Âpre, dure, corrompue, somnolente et violente à la fois, à mi-chemin entre mythe et chaos, Rome semblait partagée entre le rêve de sa grandeur passée et la réalité de sa dégradation contemporaine – tout en gardant une beauté secrète dont l’emprise pouvait être hypnotique.

    Célèbres ou anonymes, de souche ou d’adoption, la plupart des Romains continuaient à vivre au jour le jour, avec leur fatalisme légendaire voire leur indifférence ; d’autres tentaient de lire les signes de la catastrophe annoncée… Leur inquiétude engageait à tenir la chronique de cette lente apocalypse, en sondant les profondeurs de la ville pour en déchiffrer les mortels paradoxes.

    D’autant que deux poètes aux destins croisés avaient ouvert la voie menant au labyrinthe : Ingeborg Bachmann, quittant l’Autriche pour vivre à Rome et pour finalement y mourir dans l’incendie de son appartement en 1973, et Pier Paolo Pasolini, sauvagement assassiné sur la plage d’Ostie en 1975. Leur présence vibre dans ces pages, et réveille en écho la mémoire de ceux qui ont contribué à écrire le roman de Rome – tels Michel-Ange, Poussin, Piranèse, Goethe, Chateaubriand, Stendhal, Rilke, Fellini, Moravia, Ungaretti… 

    Thomas Bernhardt, lui, écrit dans Extinction : « Rome est un lieu idéal pour une extinction comme celle que j’ai en tête. Car Rome n’est pas le centre ancien de l’histoire passée du monde, elle est, comme nous le voyons et le sentons chaque jour et à chaque heure si nous sommes attentifs, le centre du monde d’aujourd’hui… » Dans ce sillage, la chronique devenait quête d’un sens : celui du devenir de l’Europe. Car si Rome n’est plus dans Rome, qu’en est-il de l’Europe dont elle a été si longtemps le centre ?  Si nous sommes entrés dans ce qu’Ernst Jünger nomme un « interrègne », si les dieux se sont pour l’heure retirés, en laissant se déployer la puissance des Titans, Rome malmenée, et désormais marginale, serait l’image d’une Europe elle-même reléguée à la marge du monde devenu planétaire. En son apocalypse, Rome serait le miroir de l’Europe contemporaine, et son centre insolite. »    

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  • Céline, le médecin-écrivain...

    Les éditions Bartillat viennent de publier un essai de David Labreure intitulé Céline, le médecin-écrivain. Spécialiste de l'œuvre de Céline à qui il a consacré sa thèse, David Labreure est docteur en lettres modernes.

     

    Labreure_Céline, le médecin-écrivain.jpg

     

    " Derrière les rebondissements éditoriaux et les polémiques, on oublie souvent que Louis-Ferdinand Céline fut aussi médecin et un auteur prolifique de textes et d’articles sur les questions d’hygiène et de santé publique. La plupart de ces publications scientifiques étaient signés Louis Destouches, à commencer par sa thèse de médecine sur Ignace Philippe Semmelweis (1924). Toute son œuvre littéraire porte également la trace d’un intérêt profond pour la médecine, tant dans ses romans les plus célébrés que dans ses pamphlets qui en témoignent aussi pour le pire.

    Chez Céline, le statut du médecin et celui de l’écrivain se retrouvent étroitement et perpétuellement mêlés : à l’époque de Voyage au bout de la nuit (1932), celui-ci se présente avant tout en médecin, alors que c’est le romancier que les journalistes viennent interroger. C’est donc bien parce que Céline est devenu écrivain par la suite que les écrits médicaux apparaissent, a posteriori, dignes d’intérêt. Ce dernier ne s’est contenté ni d’être seulement médecin, ni tout à fait uniquement écrivain. Fort d’une connaissance en histoire sociale, médicale et littéraire, David Labreure s’est attaché à retraverser la vie et l’œuvre de Céline sous cet angle original. C’est ce continuel dialogue à trois voix entre l’homme, le médecin et l’écrivain qui sera au cœur de cet essai biographique. "

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  • Pour en finir avec les mensonges du féminisme...

    Les éditions de La Nouvelle Librairie viennent de publier un court essai d'Anne Trewby et d'Iseul Turan intitulé Femmes , réveillez-vous ! - Pour en finir avec les mensonges du féminisme.

    Anne Trewby et Iseul Turan font partie des co-fondatrices des Antigones.

     

    Capture d’écran 2023-02-21 à 15.58.21.png

    " « Depuis que je prends la pilule, mon mari fait ce qu’il veut de mon corps », disait un personnage de Tranches de vie, la BD de Gérard Lauzier. C’est un beau raccourci pour illustrer la pseudo-libération des femmes. Soumission à la technique, disponibilité totale, rythmes effrénés, leur quotidien a vu naître de nouvelles contraintes, d’autant plus lourdes qu’en chassant le mari, les idéologies féministes ont introduit le juge dans la bergerie familiale. À l’heure où le progrès avilit, où le contrôle social s’étend, où les libertés publiques s’amenuisent, que signifie vraiment « être libre » ?

    « Femme, réveille-toi ! » Deux siècles après cet appel d’Olympe de Gouges, Anne Trewby et Iseul Turan tirent les leçons du féminisme et proposent un chemin à rebours de la Modernité et de la course aux « droits à… ». "

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  • Fin du monde et petits fours...

    Les éditions La découverte viennent de publier un essai d’Édouard  Moréna intitulé Fin du monde et petits fours - Les ultra-riches face à la crise climatique. L'auteur est maître de conférence en sciences politiques.

     

    Morena_Fin du monde et petits fours.jpg

    " À l’heure de l’urgence climatique, les ultra-riches ont mauvaise presse. Des trajets Paris-Londres en jets privés de Bernard Arnault au tourisme spatial de Jeff Bezos, les modes de vie carbonifères des élites économiques sont de plus en plus pointés du doigt. Les actions symboliques, les rapports et les articles de presse se multiplient pour dénoncer leur escapisme. À l’image de ces milliardaires qui, en pleine crise Covid, envoyaient des selfies depuis leurs ranchs en Patagonie ou leurs îles privées aux Caraïbes, les ultra-riches sont accusés de fuir leurs responsabilités.
    Or, loin d’être des observateurs passifs et détachés ou des preppers haut de gamme, les élites économiques sont des acteurs clés du débat climatique international. Elles sont les promoteurs acharnés du capitalisme vert, un projet politique taillé sur mesure et qui garantit leurs intérêts de classe dans un monde en surchauffe.
    Ce livre est le premier à en exposer non pas uniquement les mots d’ordre (qui sont déjà assez connus), mais les ressorts, et en particulier les réseaux d’acteurs (ONG, fondations, think-tanks, cabinets de conseil et autres lobbyistes) qui, au cours des vingt dernières années, ont imposé le capitalisme vert – et les élites qui le soutiennent – comme unique issue « réaliste » face à la crise climatique en cours. "

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  • Conduire la guerre...

    Les éditions Perrin viennent de publier un ouvrage en forme de dialogue entre Jean Lopez et Benoist Bihan intitulé Conduire la guerre - Entretiens sur l'art opératif.

    Historien militaire, Jean Lopez dirige le bimensuel Guerres et Histoire est en particulier l'auteur, avec Lasha Otkhmezuri, du formidable Barbarossa - 1941 - La guerre absolue (Passés composés, 2019). Historien militaire et chercheur en études stratégiques au profit des Armées, Benoist Bihan a déjà publié La guerre : la penser et la faire (Jean-Cyrille Godefroy, 2020).

     

    Bihan-Lopez_Conduire la guerre.jpg

    " Pourquoi, tout au long des siècles, les généraux ont-ils remporté tant de victoires qui n'amenaient pas la fin du conflit ? Pourquoi le sang versé servait-il si peu les objectifs assignés par le pouvoir à ses armées ? Pourquoi, pour prendre un exemple entre mille, les meilleures armées du monde ont-elles été réduites, entre 1914 et 1918, à un face-à-face aussi désespérant que stérile dans la boue des tranchées ? Conduire la guerre livre les clés de cette impasse et montre qu'un grand penseur soviétique oublié, Alexandre Svetchine, a montré la voie pour en sortir.
    Jean Lopez amène Benoist Bihan à exposer sa pensée sur ce digne héritier de Clausewitz, sa vie, sa pensée et son oeuvre, réflexion mûrie depuis quinze ans et nourrie d'une formidable érudition. Chemin faisant, les deux complices nous offrent une promenade à travers vingt-cinq siècles de conflits. Ils revisitent les batailles dites décisives et l'action de ceux qu'on a présentés comme de grands capitaines. L'ouvrage ne se contente pas d'être historique et critique. En décortiquant l’œuvre de Svetchine, il expose la solution – l'art opératif – pour que les combats deviennent pleinement utiles à la stratégie et s'harmonisent avec la tactique. Original dans son approche, puissant par ses arguments, plaisant à lire de par sa forme dialoguée, cet ouvrage est totalement original et devrait marquer la pensée militaire d'une pierre blanche.
    L’objectif ? Rien moins que le renouvellement de la pensée stratégique, un domaine apprécié du grand public mais qu’il fallait dépoussiérer et mettre à la portée de tous en trouvant le bon équilibre entre théorie et Histoire. "

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  • Morale et hypermorale...

    Les éditions de La Nouvelle librairie, dans leur collection Krisis, viennent de publier la traduction d'un essai, inédit en français, d'Arnold Gehlen intitulé Morale et hypermorale, avec une préface d'Armin Mohler.

    Figure de proue de l'anthropologie philosophique, Arnold Gehlen, dont la réflexion porte sur l'homme en tant qu'"animal inachevé" (Nietzsche) mais "ouvert au monde", est considéré comme un des intellectuels conservateurs les plus importants  du XXème siècle. Son œuvre a été traduite très tardivement en français et donc largement ignorée de ce côté-ci du Rhin. Après la publication de deux recueils de textes intitulés Anthropologie et psychologie sociale (PUF, 1990) et Essais d'anthropologie philosophique (Maison des sciences de l'homme, 2010), les éditions Gallimard ont publié son maître-ouvrage L'Homme - Sa nature et sa position dans le monde en 2021, quatre-vingts ans après sa sortie en Allemagne.

     

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    " Jusqu’où peut s’étendre le règne de la morale? C’est la question que soulève le philosophe et sociologue Arnold Gehlen dans cet ouvrage lucide et pénétrant. Esprit non-conformiste, spécialisé dans l’étude du comportement humain, il s’y livre à une attaque en règle contre les autorités morales, marxistes et chrétiennes, de son temps, ce qui lui vaudra les critiques de l’intelligentsia bien-pensante. À rebours d’une pensée « humanitariste » et universaliste, fondée sur l’hypertrophie des bons sentiments, Gehlen postule que la morale est engendrée par les institutions. Fruit d’un héritage précis, elle ne peut être que plurielle. Plaider en faveur d’une morale unique, c’est ainsi se rallier à un projet d’uniformisation totalitaire. Une traduction française inédite d’un livre capital pour comprendre – et réfuter – l’empire de la moraline qui règne aujourd’hui. "

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