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Cinéma / Théatre - Page 7

  • La conquête ?...

    Nous reproduison ci-dessous un excellent article de Laurent Dandrieu, cueilli sur Causeur et consacré au film "La Conquête", de Xavier Durringer et Patrick Rotman, avec Denis Podalydès.

     

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    Quand la réalité dépasse l'affliction

    À l’origine, les producteurs de la Conquête étaient venus trouver Patrick Rotman pour lui proposer d’écrire un scénario de politique-fiction sur la mort de Nicolas Sarkozy peu après son élection. « Pourquoi s’embêter à inventer ? La réalité dépasse si souvent la fiction ! », leur a répondu en substance l’auteur de François Mitterrand ou le roman du pouvoir, qui a souvent regretté, en tournant ses documentaires politiques, de ne pouvoir faire incarner les scènes truculentes qu’il faisait raconter à des témoins par des acteurs de cinéma. À voir le tableau qu’il a brossé de l’irrésistible ascension de Nicolas Sarkozy vers l’Élysée, il semble surtout que la réalité dépasse l’affliction.

    « Bien que les personnages en soient réels, ce film est une œuvre de fiction », est-on averti au début du récit de Xavier Durringer. C’est en réalité le première phrase-gag de ce film qui n’en manque pas. Car quiconque suit d’un peu près l’actualité politique reconnaîtra mainte réplique déjà croisée dans l’article de tel ou tel échotier, dans telle ou telle confidence de politicien soigneusement confiée en “off”. Dominique de Villepin (Samuel Labarthe) en con grandiloquent et infatigable ambassadeur de sa propre virilité, filant les métaphores sexuelles comme d’autres enfilent les perles (« Les hommes politiques sont des bêtes sexuelles », assène en passant Nicolas Sarkozy), Chirac (Bernard Le Coq) en tigre assoupi, balançant des coups de griffe entre deux lampées de Corona, Jean-Louis Debré (Gérard Chaillou) en pousse-au-crime débonnaire, Henri Guaino (Michel Bompoil) en scribe laborieux, tout grisé de voir son lyrisme enfin incarné, Claude Guéant (Hippolyte Girardot) en crocodile madré qui savoure en connaisseur tous les coups bas qui se perpètrent devant ses yeux impassibles, tous sont plus vrais que nature. À commencer bien sûr par Nicolas Sarkozy (Denis Podalydès, prodigieux) en petit garçon insatiable et impatient, égocentrique et capricieux, tyrannique et assoiffé d’affection, totalement dénué de surmoi l’empêchant de dévoiler ses arrière-pensées, et qui a fait de ce défaut la plus terrifiante des armes de destruction massive politique.

    La différence est que ces acteurs de la commedia dell’arte du pouvoir, qui apparaissent d’habitude sur nos petits écrans bien peignés et policés, la bouche ronflante de grandes phrases sur la France, l’intérêt général et la survie de la planète, ici ne font plus semblant et nous livrent le fond de leur pensée sans fard ni dissimulation. Et le spectacle n’est pas beau à voir : le fond de ces pauvres hères effraie. De Sarko disant à ses conseillers de la Firme : « Cécilia m’a demandé vos têtes, je vais lui donner vos couilles » ou assénant à un Villepin qui n’en croit pas ses oreilles « Chirac est fini, moi je reste seul et je suis libre. Et vous, Dominique, vous êtes mort ! », à Villepin pestant : « Ce nain va nous faire une France à sa taille », ou « Je vais le baiser, et avec du gravier encore », nous voilà assez loin de la langue de bois d’usage…

    L’ensemble, assez mal construit, filmé plutôt platement et manquant d’un point de vue qui ordonnerait le propos, pourrait paraître assez anecdotique, plus croustillant que pertinent. Sauf qu’on s’aperçoit assez vite qu’il manque un personnage au film, pas un comparse comme Brice Hortefeux ou Patrick Buisson, mais un personnage principal : ce grand absent de La Conquête, c’est la France, dont tous ces beaux messieurs se moquent comme de leur première carte d’électeur, tout occupés qu’ils sont à glisser des peaux de banane sous les pieds de leurs ennemis et à élaborer les chausse-trappes qui devront être fatales à leurs alliés d’hier. Quand par hasard on trouve le temps de réfléchir aux thèmes de campagne, ce n’est pas pour défendre des idées auxquelles on croirait, c’est pour pomper les voix du Front national : « Je ne dis jamais du mal des électeurs du Front national, dit Sarkozy-Podalydès. Je dis que ce sont des victimes. Des victimes de quoi ? je ne sais pas, mais des victimes. » Le grand mérite du quinquennat de Sarkozy aura été de lever définitivement cette hypocrisie, aux yeux des derniers naïfs qui y croyaient encore, selon laquelle les politiques d’aujourd’hui seraient là pour servir le bien commun, quand leur cortex n’est plus qu’un gigantesque plan de carrière.

    Sarkozy, lui, en assumant totalement son propre arrivisme, agit comme un révélateur des turpitudes des autres ; en cela, il n’est pas différent de ses compétiteurs, seulement plus franc : « Ça fait trente ans que je me prépare, dit-il à Villepin ; pour me déloger, il faudra y aller à l’arme blanche. » En un sens, la Conquête n’est ni de droite ni de gauche : c’est un film monarchiste… La politique réduite à un misérable choc des ambitions, à une dérisoire conjuration des égos : pour le coup, c’est un autre avertissement qu’il aurait fallu inscrire en exergue du film : « Toute ressemblance avec une œuvre de fiction serait purement fortuite. »

    Laurent Dandrieu (Causeur, 25 mai 2011)

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  • Les chemins de la liberté...

    A marche forcée est le titre du récit qu'a fait Slavomir Rawciz, officier de cavalerie polonais, capturé et déporté au Goulag par les Soviétiques en 1939, lorsque l'Armée Rouge a occupé une partie de la Pologne, de son évasion d'un camp de Sibérie et de sa traversée à pieds d'une partie de l'Asie centrale pour rejoindre l'Inde. Cet extraordinaire aventure, qui est à l'origine de l'ouvrage de Sylvain Tesson, L'axe du loup (Robert Laffont, 2004), a été adapté pour le cinéma par le réalisateur Peter Weir. Le film sortira en France fin à la fin du mois de janvier 2011 sous le titre Les chemins de la liberté.

    Le livre de Rawciz a été réédité en 2002 aux éditions Phébus.


    Bande Annonce : Les Chemins de la Liberté de Peter Weir
    envoyé par publikart. - Regardez des web séries et des films. 

     



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  • Fabrice Luchini lit Philippe Muray au théâtre de l'Atelier

    Aujourd'hui à 20 heures 30, dimanche 28 mars à 13 heures et lundi 29 mars à 20 heures 30, l'acteur Fabrice Luchini lira des extraits de l'oeuvre de Philippe Muray au théâtre de l'Atelier, à Paris. Homo festivus s'abstenir !

     

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    "Après Barthes et la Fontaine, l’acteur célèbre le philosophe iconoclaste, disparu en 2006.
    C’est l’époque elle-même, ses travers, son « infantéisme », ses précieux, ses ridicules, ses tartufes qui, par la voix entêtante et le phrasé précis de Luchini se déploieront sur la scène. L’acteur aime la langue française, la drôlerie, la singularité et la liberté. En un mot, la littérature. Avec une préférence pour les moralistes grand teint, surtout quand ils manient l’humour du désespoir. Ces deux-là ne pouvaient donc que se rencontrer."
    Elisabeth Lévy – Le Point.

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  • Dutronc dans le rôle de Louis-Ferdinand Céline ?

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    Le chanteur Jacques Dutronc devrait interpréter Louis-Ferdinand Céline, son auteur préféré, dans un film que Christophe Malavoy va consacrer à l'auteur du Voyage au bout de la nuit et qui devrait évoquer ses pérégrinations à travers l'Allemagne en ruine après son départ de France à l'été 1944.

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  • Un critique de cinéma nommé... Rebatet !

    Les éditions Pardès publient sous le titre Quatre ans de cinéma, un précieux recueil de critiques de films de Lucien Rebatet, publiées à l'origine dans la presse entre 1940 et 1944, à une période où la production cinématographique française était particulièrement riche.

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    "Textes réunis,présentés et annotés par Philippe d Hugues avec la collaboration de Philippe Billé, Pascal Manuel Heu et Marc Laudelout. Tout le monde connaît le romancier des Deux Étendards, le pamphlétaire des Décombres ou le grand historien de la musique. Mais beaucoup ignorent ou ont oublié que Lucien Rebatet, qui avait d'autres cordes à son arc, fut aussi un très grand critique de cinéma, le plus grand, selon un augure comme l'antifasciste Nino Frank. Sous son pseudonyme de François Vinneuil, longtemps plus célèbre que son nom véritable, il écrivait avant la guerre à L'Action française et Je suis partout et, sous l'Occupation, dans le même hebdomadaire. À sa sortie de prison, et jusqu'à sa mort, il reprit cette activité dans Dimanche-Matin, L'Auto-Journal et Le Spectacle du monde, notamment. L'ensemble représente une masse considérable d articles exceptionnels qui méritent publication. Avec Quatre ans de cinéma, on a commencé par ceux de l'Occupation, à cause de l'intérêt historique de la période et de la qualité particulière de la production cinématographique d'alors. C est aussi le temps où l'influence de Rebatet est à son apogée. Il contribue plus que n'importe qui à révéler les nouveaux talents qui surgissent alors (Autant-Lara, Becker, Bresson, Clouzot, Delannoy) et à défendre, en oubliant tout clivage politique, des maîtres d'avant-guerre comme Carné et Grémillon, ou de bons artisans comme Joannon, Decoin et Christian-Jaque. C est lui qui, le premier, ferraille allégrement pour imposer ces futurs classiques, souvent d'abord contestés et aujourd'hui illus'res: L'assassin habite au 21, Le Corbeau, Goupi Mains-Rouges, Le Mariage de Chiffon, Douce, Les Anges du péché, Les Inconnus dans la maison, La Symphonie fantastique, La Main du diable, L'Assassinat du Père Noël, Le Carrefour des enfants perdus, Pontcarral, et dix autres que dominent deux titres phares: Les Visiteurs du soir et Le ciel est à vous, chevaux de bataille du critique dans son incessant combat pour la renaissance du cinéma français. L'évocation colorée pleine de passion et d animation de ces oeuvres, du contexte politique qui fut celui de leur apparition et de la toile de fond historique qui en constitue l'arrière-plan, les sorties virulentes contre Vichy et Londres, contre les gaullistes, les communistes et les «terroristes»; tout cela donne lieu à une fresque pleine de bruit et de fureur. Livre de cinéma d'une importance majeure, Quatre ans de cinéma offre en creux une image oblique des quatre années les plus tragiques de notre histoire. Voilà qui en redouble l'intérêt et en fait un livre capital et sans équivalent."

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  • Bréviaire de cinéphilie dissidente

    Ludovic Maubreuil, qui tient avec Michel Marmin, la rubrique Cinéma de la revue Eléments, vient de publier Bréviaire de cinéphilie dissidente aux éditions Alexipharmaque.

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    "À une époque où la cinéphilie n’est plus qu’une paraphilie parmi les autres, aussi estimable et inoffensive qu’une autre, en un temps où la sédition installée tient lieu d’horizon, il y a sans doute quelque naïveté à prétendre se démarquer de la modernité en se réclamant d’une « cinéphilie dissidente ». Pourtant sous l’insurrection permanente, des règles intangibles et des principes incontestables demeurent, qu’il est nécessaire d’enfreindre. Derrière l’équivalence des opinions et la relativité des goûts, de nouvelles hiérarchies se sont bâties, qu’il importe de renverser. Cette attitude d’opposition serait à son tour éminemment moderne s’il ne s’agissait par ce refus, de promouvoir une autre attention aux faits, une autre rapport à autrui, que ceux que notre époque favorise. Lorsque nous aurons admis que le cinéma moderne nous a dépossédés de nos mots, en y substituant les siens, qui décrivent de mille feux ce qui s'éteint, lorsque nous aurons saisi que nous ne parlons qu’en son non, ne répétons que ses désordres, ne prions que ses décalogues rafraîchis, nous aurons alors tout le temps de regretter notre silence. Dans ces conditions, c’est bien par l’écriture qu’il s’agit d’instaurer une relation cette fois intempestive avec l’image cinématographique.

    À travers le prisme de plus de deux cents films, mêlant la critique cinématographique et le journal intime, l’analyse et l’aphorisme, cet essai se propose de résister à la cinéphilie officielle, absolument indolore, qui n’est plus qu’une technique parmi d’autres d’embrigadement. Sous la forme d’abécédaire, de A comme Artifices à Z comme Zombies, en passant par l’Enfance, la Honte, le Messie, les Nazis ou la Pornocratie, il n’est autre qu’une tentative de libération."
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